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L’ultralibéralisme a ceci de particulier qu’en dehors d’être la religion des égoïstes rationnels, c’est aussi une sorte de doxa circulaire dont la principale force est d’enfermer toute réflexion dans des choix impossibles et des alternatives de merde précalculées — des faillites de la pensée — et de nous claironner ensuite à la face jusqu’à preuve du contraire, c’est encore nous les moins pires !.

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Prenons la question des caissières, un boulot dur, déconsidéré, payé au lance-pierre et voué à disparaitre… ce qui serait une bonne chose, donc, sauf que le destin des caissières vouées à l’obsolescence programmée, lui, n’est même pas évoqué, tant il est évident qu’elles passeront directement en pertes et profits… surtout en perte, si l’on se penche deux secondes sur la dimension sociale du métier.

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La caissière est souvent la dernière personne avec laquelle les délaissés de la société peuvent encore échanger quelques mots. Pas de quoi embellir la journée — encore que… —, mais bien assez pour ne pas laisser se momifier les cordes vocales. Dans l’Aldi du bled, c’est souvent le dernier espace de socialité avant la barbarie du tous contre tous. Tout le monde se connait au moins un peu de vue, on prend des nouvelles des gosses, des chats, du temps qu’il aurait dû faire. On n’idéalise pas non plus le lubrifiant social. Les très pauvres, très moches, pas du coin ou qui puent un peu sont à peu près unanimement méprisés, on ne s’invite pas à prendre un pot en sortant, on ne mélange surtout pas les classes sociales, mais nous sommes bien dans une sorte de zone démilitarisée. Même avec l’impératif de productivité qui brise les corps à la longue, chacun participe d’un ballet informel qui consiste à voler des pauses de convivialité au cœur de la machine.

Au-dessous de la danse des emballages, on collecte des bribes de vie bien plus précautionneusement que les autocollants à gagner des casseroles au prix du platine. Ce n’est rien, mais c’est beaucoup. Et quand la blague prend, la file d’attente s’en empare avidement, qui opine du chef, qui esquisse un sourire, qui reprend la balle au bond et y va de son anecdote. Et bien sûr, on en profite pour prendre le pouls des autres, des discrets, des différents… Deux phrases sur la grève du moment, pédale douce sur les gilets jaunes, ça râle en cœur quand on évoque les portemonnaies en peau de chagrin ou la réforme des retraites.

Il y a aussi accueillir la petite nouvelle, savoir si elle se plait au bled, si elle vient de loin. Souvent, c’est presque une promotion sociale : un CDI, pensez donc !, parfois le bout du tunnel, du chômage, des bouts de boulots et de la peur du lendemain. Un salaire, même petit, un revenu sur lequel on peut compter, dont on n’a pas à se cacher, à se justifier sans cesse. Il n’y a que la morgue du bourgeois pour oublier cette réalité-là. Certaines en profitent pour s’autoriser un avenir, avoir des projets : un enfant, de vraies vacances, un vrai logement. Parfois, c’est le salaire d’appoint, celui qui va payer la maison sur 20 ans au lieu de 30. Souvent, c’est le revenu principal, celui sur lequel on va compter et recompter, celui qui va permettre de mettre de la nourriture sur la table et peut-être — bientôt — d’échapper à la trop pesante solidarité nationale.

Pénibilités

Discuter avec les caissières, c’est aussi prendre le pouls de leurs conditions de travail. Savoir que la plupart du temps, bosser les dimanches matin et les jours fériés pendant les sempiternelles ouvertures exceptionnelles de mes deux, c’est exceptionnellement… sur la base du volontariat. Ceux qui viennent ces jours-là, des jours de repos ont choisi leur camp et ce n’est pas le mien. D’ailleurs, ne pas se plaindre (sauf du bout des lèvres) des clients qui se comportent mal, qui viennent juste prendre leur revanche de dominés sur encore plus exploitées qu’eux. Écouter comment Carrefour s’est débarrassé d’une grosse palanquée de ses Market, ce qui a eu pour conséquence de priver ces caissières-là non seulement du CE de groupe, mais aussi des intéressements et même de l’ancienneté. Comprendre qu’elles ont toutes perdu pas mal de fric, pour longtemps, mais qu’elles continuent quand même, parce que c’est mieux que rien. Haïr les encostumés qui pleurnichent leur ISF et qui leur ont fait ça.

Il y a aussi le management de rapiat, voire de criminels, les chefs aux aguets pour vider les vieilles à la première erreur, parce que tout ce qui dépasse du SMIC horaire doit disparaitre. Le SMIC, c’est l’ennemi du profit. L’autre ennemi, c’est le corps. Je ne sais pas en combien de temps s’use un corps de caissière, mais ça a l’air d’aller d’autant plus vite que la pénibilité n’est pas reconnue dans ce métier. Toutes les caissières du bled qui ont plus de 40 ans ont des problèmes médicaux. De gros. De ceux qui appellent le bistouri : canal carpien, souvent la paire, articulations des épaules, les coudes, le dos… Elles ont des sensibilisations pour avoir les bonnes postures pour décharger les palettes. Des recommandations pour alterner le scan debout et assis, mais il y a la sainte productivité qui chapeaute le tout et qui dicte le rythme des corps. Et quand ça lâche, c’est pour leur gueule : jamais en accident du travail ou maladie professionnelle, comme pour la vraie pénibilité, celle des bonhommes. Donc, 50 % du salaire, payé par la Sécu, un demi-salaire pour celles qui grattent déjà les fonds de tiroir, alors oui, elles y retournent et elles continuent à se péter le corps.

L’autre jour, il y en avait une, en temps aménagé entre deux opérations. Elle ne peut plus prendre que les caisses à gauche. Parce que dans l’autre sens, ses articulations sont bloquées…

Alors oui, avoir un corps de vieille à 40 ans pour un salaire collé au plancher gluant, sans autre perspective que la misère en invalidité, je dois avouer que ça donne envie de voir disparaitre ce boulot de merde… sauf que non, parce que l’alternative, ce n’est certainement pas une meilleure vie pour qui que ce soit. Ni pour les caissières qui vont rejoindre les rangs de plus en plus fournis des surnuméraires, des laissées pour compte, des passées en pertes pour elles et profits pour toujours les mêmes. Ni pour les cons-sommateurs, eux-mêmes appauvris, en attente de leur propre obsolescence programmée, sommés de faire le boulot des caissières (mais gratos, bien sûr), avec pour seule compagnie les bips et les couinements des machines.

Les choix de merde

En fait, tu sais qu’on se fout allègrement de ta gueule quand on ne te laisse arbitrer qu’entre deux choix de merde. Il y avait un sketch de Pierre Palmade qui illustrait bien ce propos :

— Alors, qu’est-ce que tu préfères : avoir une tête de veau ou des bras de neuf mètres de long?

— Non, mais en fait, aucun des deux, parce que…

— Ce n’est pas la question : tu dois choisir!

Pile : tu perds ; face : je gagne. Parce qu’en fait, le projet, ça n’a jamais été d’améliorer quoi que ce soit aux conditions de vie des unes ou des autres, de rendre le boulot moins pénible ou l’approvisionnement des familles plus simple ou agréable. Non, le projet, c’est le profit. Les corps qui cassent, ce n’est pas un problème tant que ça ne grignote pas sur la productivité, donc sur le profit, tant qu’on peut regarnir les troupes à moindre cout et démerdez-vous, les solidaires et autres humanistes, pour vous occuper des blessés sur vos fonds perdus, sur les miettes qu’on a de plus en plus de mal à vous concéder.

Et si vous nous faites trop chier avec vos plaintes, on vous remplacera juste par des robots. Les robots, c’est plus cher que vous, mais au moins, ça ne pète pas les couilles, ça ne se met pas en grève, ça ne tombe ni malade ni enceinte (à peine en panne et on s’en fout), ça ne fait pas chier avec les conventions collectives, les dimanches et les jours fériés, ça ferme bien sa gueule et ça produit du profit en flux tendu jusqu’à ce que ça casse (aussi), sauf que là, on en fabrique un autre1, on balance le tout pété à la décharge sans s’emmerder à lui payer une retraite et/ou une pension d’invalidité perdant des années alors qu’il ne nous sert plus à rien.

Ce que deviennent les surnuméraires, on s’en fout complètement, tant que ça ne nous coute rien, voire que ça nous rapporte un peu. Car avec un peu d’imagination, on peut quand même tirer un peu de profit des gueux avant de les balancer dans les poubelles de l’histoire. Parce que, finalement, si on était 10 fois moins sur Terre, on ne s’en porterait pas plus mal. Voire même 100 fois moins. À 75 millions, élus sur leur capacité à faire du pognon, on pourrait carrément continuer à vivre et penser comme des porcs, sans ne plus risquer l’extinction de l’espèce.

Alors, vos problèmes de caissières, dans le fond, ça fait un petit moment que ça ne nous concerne plus.

Notes

  1. ce qui fait du PIB sans générer des trucs chiants et couteux comme un système éducatif ou une politique de soins médicaux
69 réponses
  1. Abie
    Abie dit :

    Commentaire à effacer après usage : je crois avoir repéré deux coquilles.
    « chacun participe d’un balai informel » > ballet ?
    « on collecte des brides de vie » > bribes ?
    Mais je peux me tromper !
    Et encore merci pour ta plume.

    Répondre
    • paul
      paul dit :

      ello
      ah ben je trouve ce relevé très intéressant.
      ballai ou ballet ?
      ça danse, ça tourne, ou : c’est nettoyé ?
      j’pense que c’est nettoyé, qu’on cherche à faire disparaître, détruire de l’intérieur…

      bribes ou bride ?
      ben je pense qu’on bride, on met des freins, on inhibe… on détruit on provoquant la dépression, on espère même le suicide lent, involontaire…
      et le relevé de ces corps qui progressivement ne vieillissent pas de façon naturelle, mais de façon pathologique pour ne pas dire de façon exagérée, quoi que ?, traumatique, va dans le sens de ce qui se révèle là : des vies balayées, des vies bridées, des vies « surnuméraires »… dans le quotidien, dans le cadre d’un commerce ordinaire permettant à tout un chacun son approvisionnement en produits de première nécessité, en plus de ce qui est aussi relevé là, d’une sociabilité qui pour de plus en plus de gens, et pas que les « vieux », une sociabilité qui devient la seule « nous » restant encore dans le quotidien, le local, celui à portée de nos jambes autant que de nos pauvres véhicules qui nous seront bientôt interdits, par obligation de les remplacer par des « neufs », alors qu’on n’a plus les moyens d’en acheter, faute de travail rémunéré…
      etc…

      Répondre
  2. Olivoud Chingom
    Olivoud Chingom dit :

    C’est dur de prendre conscience de la vraie nature du capitalisme dans sa version ultra-libérale.
    Dans le système qui domine le monde aujourd’hui, l’humain, et plus largement le vivant, ne compte plus pour rien. S’il y a du fric à faire, on le fera, quel qu’en soit le coût. Ce n’est pas du cynisme, c’est un simple constat. La pollution nous tue mais « on » est ravis de vendre plein d’Airbus, ça fait plein d’emplois…et Peugeot se porte super bien donc tout va bien…mon smartphone a besoin des terres rares du Congo où des enfants-esclaves marnent au fond des mines (et parfois y meurent), je le sais mais je m’en fous, je surfe sur internet dans le TGV…Je suis un pion de ce système de merde mais que dois-je faire ? La cote de la morale est très basse par les temps qui courent.
    L’avenir des caissières est celui des poinçonneurs du métro. Faut-il le regretter ? Faut-il garder des boulots de merde juste pour occuper des gens ? juste pour leur fournir un micro-revenu qui leur tient tout juste la tête hors de l’eau ? Pour ma part je crois qu’il faut mettre des machines partout où elles peuvent remplacer des jobs durs et/ou sans aucun intérêt. Je n’ai jamais croisé une fillette qui me dise que son rêve est de devenir caissière chez Lidl. Alors se pose évidemment la question du fric. Comment distribuer de quoi vivre décemment à une population qui ne peut plus trouver d’emploi ? Là, on va vite arriver à la question de la répartition du travail (pourquoi certains bossent 10 heures par jour quand d’autres qui voudraient bien participer au bouzin aussi restent indéfiniment sur la touche), et du revenu universel (ou peut-être plutôt du salaire à vie de B.Friot), et au bout du compte à la question de la monnaie qui est finalement celle à laquelle toutes les autres nous ramènent (qui crée et gère la monnaie, et au bénéfice de qui ? Qu’est-ce que la monnaie d’ailleurs ?) Questions qui nous emmènent très loin…
    Je voudrais finir par la question du lien social. Devoir aller chercher du lien à la caisse du supermarché du coin, voilà qui en dit long sur l’état de notre belle société libérale avancée ! Ce constat, je le fais moi aussi dans ma campagne profonde. Reste plus qu’un bistro formica-néon tout pourri qui n’incite pas à s’installer pour papoter avec l’inconnu qui passe par là (d’ailleurs il aurait plutôt tendance à partir en courant, l’inconnu !). Comment (re)crée-t-on du lien social quand on est poussé dans la marge comme la neige par un chasse-neige ? quand on ne rencontre plus de collègues travail, quand pour des raisons financières on ne peut participer à aucune activité qui demande un tant soit peu de pognon ? Bon ben voilà, la boucle est bouclée, pour avoir une vie sociale il faut de l’argent, pas une montagne d’argent, mais suffisamment, décemment. Il faut donc définir et procurer à chacun un « revenu » décent (sans parler de l’effet que ça aurait sur la petite délinquance).
    Il est clair que ce n’est pas le projet de maîtres du monde d’aujourd’hui.
    A nous d’inverser le rapport de force mais c’est pas gagné quand on entend comment on parle des gilets jaunes dans les chaumières…
    Bon je crois que je n’ai pas fait tellement avancer le schmilblik, mais c’est venu comme ça .

    Répondre
      • Olivoud chingom
        Olivoud chingom dit :

        J’étais à l’université d’été du revenu de base du côté de Périgueux en 2014. j’avais suivi ton intervention, celle de Chouard et de G.Foucher entre autres. J’avais également participé à un atelier de stéphane Laborde sur sa fameuse TRM, et je crois que c’est là-bas que j’ai pris conscience du rôle fondamental de la monnaie dans le dysfonctionnement dramatique de notre société. Tant que le clampin de base – que je suis moi-même – ne comprendre pas cela, rien ne pourra changer.
        On attribue au fondateur de la dynastie Rothschild – et qui ne devait pas être un crétin – cette phrase : « Donnez-moi le pouvoir de créer la monnaie et je me moque de qui fait les lois ! ». Plus de 200 ans après sa mort, alors que la banque, la finance, le grand capital dirigent le monde, on ne peut que constater à quel point il avait raison.

        Répondre
        • nicod_
          nicod_ dit :

          @olivoud et Agnès,
          connaissez vous la monnaie libre ?
          https://monnaie-libre.fr/
          Le réseau est assez actif dans le sud ouest, Toulouse, Gers, Couserans par exemple, il y a peut être moyen de se rencontrer pour en parler, et créer du lien social autour de ça (c’est un peu le but aussi).

          Répondre
        • smolski
          smolski dit :

          Olivoud chingom :
          « c’est là-bas que j’ai pris conscience du rôle fondamental de la monnaie dans le dysfonctionnement dramatique de notre société. »

          Que nous produisions une monnaie ou une autre, l’effet mortifère financier fonctionnera toujours dans son principe d’exclusion/exclusivité/propriétariste, c’est à dire par la possibilité pour certains à la « privation » de biens communs, des plus élémentaires aux plus superficiels.
          De fait, il apparaît clairement que, historiquement, la monnaie « est » le vecteur instituant la « religion privative » propre aux impérialismes sociaux esclavagistes. Religion genre la foi dans le « méritocratisme » ou celle du « ruissellement financier », foi qui s’applique commodément à tous les genres de monnaies.
          Réfléchissons au pourquoi l’instituer dans un système qu’on veut égalitariste sinon pour se rassurer en reproduisant le fondement des inégalités du système actuel.
          De fait, seul un monde sans monnaie d’aucune sorte permet de créer et pratiquer un monde libre en tout point.

          Désolé, je radote cela depuis de nombreuses interventions, mais bon, le sujet est récurent, je suis donc cette redondance.

          Répondre
          • Agnès Maillard
            Agnès Maillard dit :

            La monnaie est un instrument. Si tu as des visées égalitaires, alors tu pars sur une monnaie fondante.

          • smolski
            smolski dit :

            Agnès :
            « La monnaie est un instrument. Si tu as des visées égalitaires, alors tu pars sur une monnaie fondante. »

            Quand on veut l’égalité, à quoi sert la monnaie sinon à te situer par rapport à maintenant et non dans un but d’agir différemment. 😉

            Un monde sans monnaie est un monde qui assemble les compétences, d’évidence, il n’y a pas besoin de monnayer cela.
            Les ZAD sont un exemple pratique, même si elles s’exténuent du fait de l’environnement coercitif où elles se situent plutôt que d’elles-mêmes pour la plupart.
            C’est aussi une expérience perso acquise en la vivant concrètement en couple avec des enfants dans des communautés telles.
            Il n’est pas non plus nécessaire de nous fixer quelque par, le nomadisme est la source naturelle propre à l’enrichissement de l’Humanité toute entière.
            Je le redis : la revendication d’établir un système monétaire vient directement de notre foi en sa nécessité et de nos craintes d’y perdre un appui qui nous a forgé plutôt que de la liberté de nos raisonnements de nous en trouver débarrassés.

          • smolski
            smolski dit :

            Agnès : « La monnaie est un instrument. »

            Marshall Mac Luhan a montré en son temps (pour comprendre les médias) que les outils nous rendaient esclaves d’eux-mêmes le temps que nous nous en servions.

          • Olivoud Chingom
            Olivoud Chingom dit :

            Concrètement comment fait-on pour faire le plein de son frigo ou de sa voiture sans monnaie ? Le troc à des limites atteintes très rapidement. Alors quoi ? On partage tout gratuitement ? Si je suis boulanger, je passe ma nuit à faire du pain et le lendemain matin chacun vient se servir gentiment et repart avec un sourire ? On voit bien où ça va coincer très vite. Je ne suis pas spécialiste de la chose, mais il me semble que la gratuité, le don et le contre-don de Mauss risque de ne pas être parfaitement efficients dans une société moderne et nombreuse. Mais peut-être suis-je trop pessimiste.
            La monnaie me paraît donc être un outil incontournable pour le fonctionnement d’une société humaine évoluée. Le tout, c’est qu’elle soit considérée comme un bien commun géré dans l’intérêt du plus grand nombre, et non pas accaparée par un petit club de profiteurs. Dans ce sens la monnaie est une pure convention dont il faut écrire les règles comme on le fait pour n’importe quel jeu. Quand on utilise l’euro aujourd’hui (comme le franc hier), on accepte de jouer à un jeu dont les règles nous désignent d’office comme perdants. Qui peut accepter décemment de jouer à un tel jeu ? Personne, sauf à ne rien comprendre à la règle. Et c’est le cas de l’immense majorité de la population à qui « on » explique que c’est bien trop compliqué pour elle et qu’elle est incapable d’y comprendre quoi que ce soit. Alors qu’en fait il suffit d’y consacrer quelques heures, de lire quelques bouquins, d’écouter quelques conférences de personnes qui savent à peu près de quoi elles parlent, et de croiser les sources (car là aussi c’est nécessaire parce que ce n’est pas une science exacte). Qu’il y ait des problèmes pas simples à régler, c’est sûr. Par exemple comment limiter la fonction de réserve de valeur de la monnaie pour éviter son accumulation dans certaines poches et son « absence » dramatique dans d’autres ? Je crois que la règle qui permettra de réguler parfaitement une monnaie fondante attend encore son inventeur. D’autres solutions sont sûrement imaginables. Il suffirait que notre gros cerveau collectif se mette vraiment en branle…
            Mais si la monnaie est un élément incontournable, elle n’est qu’un élément parmi d’autres qu’une constitution écrite par et pour le peuple, à mode « Chouard », se doit de régler. Le chantier est vaste, mais si on ne l’attaque pas très vite, ils (les profiteurs du système actuel) nous feront crever à feu doux sans le moindre remord. [ Voilà qui, aux yeux de certains, doit commencer à puer le conspirationnisme…tant pis]

          • Agnès Maillard
            Agnès Maillard dit :

            Dans son dernier ouvrage (1), Bernard Lietaer, l’un des architectes originels de l’ECU, le mécanisme qui a mené à la monnaie unique européenne, fait remonter les monnaies locales complémentaires à l’époque des Pharaons, entre 3 000 et 1 000 ans avant Jésus-Christ. Les Egyptiens commerçaient ainsi, pour le lointain, avec des monnaies faites de matières précieuses, émises par l’autorité. En parallèle, pour les achats locaux de leur vie quotidienne, ils utilisaient une monnaie à surrestaries (fondante) sans valeur propre : des tessons de poterie.

            Par ailleurs, au Moyen Age, en Europe, entre le Xème et le XIIIème siècle, autre grande période de prospérité, on retrouve l’équivalent de ce qui fut en Egypte ancienne une monnaie pour les échanges à distance et une autre, fondante et sans valeur, pour les échanges quotidiens locaux. Elles sont réapparues suite à la grande crise de 1929, notamment en Allemagne (Schwanenkirchen) et en Autriche (Wörgl) ainsi qu’en Suisse, en 1934, année de création du WIR qui est toujours en circulation.

            Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur les monnaies locales, la Gazette des communes, 7 décembre 2011

          • smolski
            smolski dit :

            Olivoud Chingom
            « Concrètement comment fait-on pour faire le plein de son frigo ou de sa voiture sans monnaie ? »

            Eh ben voilà ce que j’indique précédemment, la vertu que nous nous entêtons religieusement d’appliquer au principe monétaire et du propriétarisme qui l’entretient.

            Lorsque les ressources nécessaires à chacun sont libres, la société n’est plus la même, elle s’organise différemment, notamment dans la production et la redistribution des ressources nécessaires entre tous.

            Visitez les ZAD par exemple et vous y verrez une économie de partage en action. Il y a aussi la région du Chiapas qui fonctionne ainsi depuis des années.
            Des articles nombreux paraissent à ce sujet, le monde diplomatique a aussi beaucoup communiqué sur le sujet, ainsi que Siné et bien d’autres journaux d’information libres.

            J’ai connu enfant un telle société de quartier, solidaire entre tous, où on partageait de l’entr’aide plus que de la monnaie en son absence parmis les pauvres. Boulangers, épiciers et tous les habitants du quartier avec de multiples peuples immigrés d’europe et d’afrique se trouvaient à survivre ainsi ensemble sans que cela pose de problème dans les redistributions.

            Et franchement, franchement, entre tous crever prochainement, ou bien tous vivre ensemble, le choix nous porte vers des réalités qui ne peuvent plus être issues du principe consumériste actuel. D’ailleurs, sur la base de ce réalisme convainquant entre tous, nombre de personnes en sortent sans que cela soit la panique ni la déraison dans leur pratique.

          • Olivoud Chingom
            Olivoud Chingom dit :

            Une monnaie fondante fluidifie et accélère sa circulation, on est d’accord, mais comment fait-on alors pour « économiser » sur une longue période pour l’achat d’un bien important, une maison par exemple ? Si la fonction de réserve de valeur de la monnaie disparaît totalement n’aboutit-on pas à une remise à plat inévitable de la notion de propriété privée ? Parce que : impossibilité de thésauriser=>impossibilité de se constituer un capital =>impossibilité d’être propriétaire. Je suis favorable à une distinction (à la Friot) entre propriété lucrative et propriété d’usage, mais encore faut-il pouvoir accéder à cette propriété d’usage. Alors, comment faire ? là je sèche. Faut-il créer un nouveau concept à côté de la monnaie ?

            Sur les monnaies locales je reste très sceptiques. Je ne nie pas qu’elles puissent avoir un effet économique favorable localement, mais je les vois plutôt comme une espèce de zone limitée de protection dans un univers hostile (celui des banques centrales) que comme une solution générale pacifique et favorable à tous. J’aurais plutôt tendance à pencher vers un système sans attache locale et totalement inconvertible en monnaie légale afin d’en faire un véritable embryon de système alternatif. (Et honte à moi, mais je n’ai pas encore pris le temps de percer tous les mystères de la Ğ1 à laquelle fait référence nicod plus haut, qui pour le coup, de part sa définition rigoureusement mathématique, ne paraît pas accessible au premier clampin venu que je suis (pour ce qui est du concept tout au moins).

            Mais, mille excuses, je crois qu’on s’éloigne un peu beaucoup (!) du sujet de ton billet.

          • Olivoud Chingom
            Olivoud Chingom dit :

            smolski,
            J’ai rédigé mon dernier post où je répondais à Agnès avant d’avoir vu le tien (déblocage des messages par lot après modération ?).
            Je conçois bien qu’une société telle que tu la décris puisse exister dans le cadre de ce que certains appellent la sobriété heureuse. Mais celle-ci demande un niveau de sagesse que je crois impossible à atteindre pour la plupart d’entre nous actuellement (trop de pessimisme encore ?).
            Je crois que c’est la nature qui va nous imposer brutalement sa loi et que c’est contraints et forcés qu’on devra s’adapter… ou disparaître selon la célèbre formule. La société de consommation – pour ceux qui y ont vraiment eu accès – nous a profondément abîmés. Plus qu’un piège, c’est une drogue. Et le sevrage risque d’être violent. Lorsqu’on cherche des alternatives au système actuel, on fait comme si le précipice n’était pas là, juste devant nous, histoire de continuer à croire qu’on y peut encore quelque chose, qu’on ‘maîtrise’ comme dirait l’autre. Mais le précipice est bel et bien là et je crois qu’on a déjà levé le pied pour faire le dernier grand pas en avant… En fait, maintenant je vois plutôt l’Homme comme un parasite de la terre, et comme tous les parasites imbéciles il est en train de détruire son hôte, ce qui, il faut bien l’admettre, va résoudre radicalement un certain nombre de problèmes.
            Ceci dit, bonne et joyeuse année à tous !

          • smolski
            smolski dit :

            Olivoud Chingom :
            « La société de consommation – pour ceux qui y ont vraiment eu accès – nous a profondément abîmés. Plus qu’un piège, c’est une drogue. »

            Le consumérisme est une foi en la monnaie qui dispense le sentiment clivant de la propriété. Exactement comme les religions le font dans l’exclusivité de leurs créneaux mortifères respectifs.
            En ce sens, les athées ne manquent de rien parce que leur soutien physique et moral est en eux.
            Il suffit donc de ne pas croire à la nécessité du propriétarisme, pour l’éradiquer de la société et, par ailleurs, sauver au possible l’Humanité de la catastrophe climatique en cours, ce qui ne manque pas non plus de raison en soi. 😉

  3. smolski
    smolski dit :

    J’ai tendance à ne pas voir plus loin que l’immédiat, le problème social de notre planète ne dépend pas des individus mais des évènements qui vont survenir.
    Dès lors, s’inquiéter de notre quotidien devient une farce à ne pas suivre.
    Il y a suffisamment de mouvements sociaux dans le monde pour nous permettre d’y co-vivre non dans un seul but mais dans une pluralité d’intentions salvatrices entre tous.

    Entr’aidons-nous et nous serons les vainqueurs.

    Banzaï !

    Répondre
    • paul
      paul dit :

      wouai, bravo… c’est la même structure de discours que celui des néolibéraux…
      y’a de ça longtemps, y’avait un ponte capitaliste qu’avait préviendu que y’avait bien une lutte des classes et que c’est eux qui étaient en train de la gagner…
      entraidons-nous,nous serons les vainqueurs… dis-tu…
      ben, c’est ce qu’ils font tout en rivalisant…
      maintenant, effectivement, ils achêtent des guichets automatiques dans plein de trucs où avant il y avait des gens pour faire pas forcément un boulot minable… de caissière, de guichetiers on disait avant et ça dans plein de trucs comme les transports, les banques,…
      et si t’as même plus de quotidien… tu vas faire comment ?

      Répondre
    • smolski
      smolski dit :

      Agnès :
      « Le « grand remplacement » des caissières, ce n’est pas du fantasme »

      Je ne le nie pas, reste que prétendre à conserver des emplois mortifères pour tous l’est devenu.
      Rien ne sera donné, il faut tout prendre, tout et tout de suite.

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      • paul
        paul dit :

        ce ne sont pas les emplois qui sont mortifères, mais les conditions dans lesquelles les personnes sont employées qui sont devenues mortifères.

        quant à ta réponse sous forme de slogan, il faut tout prendre, tout et tout de suite, c’est aussi très exactement ce que font les libéraux.
        même entre eux car c’est leur « valeur » essentielle, de domination viriliste qui s’y exprime.
        or, en introduisant aussi le rien ne sera donné… ben voilà… ça aussi c’est un discours inducteur d’état d’esprit de conquête… qui fait fi, par idéalisme, irréalisme, des conditions dans et par lesquelles ceux qui sont dans le besoin de vivre, de se nourrir… vont être dans un paradoxe à s’inscrire dans des conditions mortifères, où toutes les pulsions de morts seront réactivées comme cela a été maintes fois constaté lors de toutes sortes de révolutions, alors qu’avant tout, ils ont besoin de ce que par exemple leur petit emplois de guichetier entretien de rapport à son « prochain », en plus de répondre à un service utile à tout un chacun en terme de productivité sociale, économique, technique. ce n’est pas l’emploi de guichetier qui est mortifère, c’est le mépris des représentations sociales dominées par l’habitus de la classe dominante à l’égard de la personne du guichetier et ce qui va avec ce mépris, celui des conditions à la fois matérielles, techniques et rémunératrices qui sont plaquées sur cet emploi autant que sur l’identité sociale de cette personne…

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    • smolski
      smolski dit :

      Paul :
      « bravo… c’est la même structure de discours que celui des néolibéraux… »

      Quand on fait pipi dans les toilettes plutôt que dans la rue, là aussi c’est faire dans la même structure que celle des libéraux.
      😀

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      • paul
        paul dit :

        il y a eu une époque où les moeurs des gens, y compris des classes sociales dominantes ne définissaient ni la pudeur, ni l’hygiène, comme depuis deux siècles environ. on déféquait et pissait, femme comme homme, au bas d’un mur tout en poursuivant une conversation…
        sauf que… on s’est aussi aperçu à ces époques,que les villes en devenaient insalubres et que les épidémies s’y faisaient plus fréquentes et plus meurtrières encore…
        faire pipi dans les toilettes, d’abord pour toute personne féminine, c’est une précaution de sécurité. et quand on ne peut pas trouver de toilette dans les rues, de toilettes hygiéniquement ou sanitairement « acceptables », parce que ruinées par les invectives et les pratiques fécales et autres mollards, traces de sperms… sensiblement identifiables à l’égard d’un état d’esprit fâcheusement plus développé par des corps porteurs d’une quéquette… ben, on souffre dans son appareil urinaire et fécal, puis dans tout son corps si ça dure…
        et y’a pas que pour toute personne féminine que faire ses besoins intîmes est parfois douloureux en dehors de son logis, ou de sa planque, (y’a aussi des sdf délicats).

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  4. Un partageux
    Un partageux dit :

    Caisses automatiques ? Tu prends la denrée très chère de ton choix (champagne, grand cru, ordinateur ou que sais-je ?) et tu vas au rayon fruits et légumes. Tu pèses ton article après avoir sélectionné la touche pommes de terre. Tu colles l’étiquette « 1,3 kg de patates » sur ta boutanche à 130 euros. La machine automatique va contrôler que ton champagne scanné pèse bien 1,3 kg et te fera payer 0,92 euros. Sans sourciller. Et la caissière préposée à la surveillance de 5 ou 10 caisses ne va pas s’amuser à vérifier chacun de tes articles pour traquer tes patates électroniques ou éthyliques.

    Mes preux, boutons bravement les caisses automatiques hors du royaume !

    Répondre
  5. smolski
    smolski dit :

    Aujourd’hui (depuis toujours en tant qu’anar…), je ne pense pas à atteler les gens pauvres aux pauvres boulots de leur survie, d’autant plus maintenant que le dérèglement climatique est « en marche » accéléré sur toute la planète !

    Nous avons d’autres complications que l’emploi des nécessiteux dont je fais pleinement parti pour survivre ensemble. C’est en ce sens que je prône l’entr’aide, c’est à dire la fin du capitalisme en tant que société d’extermination :
     » – Si nous ne pouvons être les vainqueurs, emportons le monde dans l’abîme avec nous. »

    Dans le monde entier les mouvements de rue sont les prémisses d’une économie qui ne sera plus politique mais efficiente pour tous, et plutôt que de courir après les leurres du méritocratismes qui nous appâtent, nous enferment et nous rassurent, il faut choisir dès maintenant notre nouvelle façon de vivre ensemble, qu’elle soit pleinement égalitariste ou à tous nous perdre très prochainement.

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  6. saxo
    saxo dit :

    Salut les amis d’Agnès et Agnès!
    Etrange comment ton billet, Agnès, se transforme en tribune « pour ou contre les caisses automatiques ».
    Moi, je trouve que la question de fond qu’il soulève, c’est celle du sens du travail.
    Ma compagne, a été caissière juste après avoir fini ses études avant de passer à un autre boulot. Déjà, elle n’en n’a pas gardé un si mauvais souvenir. Elle a plein de connaissances – clients, collègues, bouchers, fromagers et autres – qui datent de cette époque là. Et elle a même observé un certain lien social crée par le supermarché de proximité dans lequel elle a bossé.
    Bon, je vais pas défendre le boulot de caissière, ni les supermarchés ces temples de la consommation qui structurellement finiront par nous faire la peau. Mais je note que le titre de ton billet est plus ouvert que les commentaires… le « paradoxe » – tout est là.
    Y’a-t-il, seulement, des boulots pleinement épanouissants?
    Moi, je pense que non. La vie, c’est pas le travail. C’est une multitude d’activités dont le travail prend une part essentielle, souvent centrale, mais certainement pas suffisante.
    Alors caissièr(e) ( e entre parenthèse, je connais aussi des caissiers) pourquoi pas. Y’a pas de sot métier. Mais à la condition de ne pas arrêter son horizon au delà du tapis roulant…
    Pour les caisses automatiques… c’te question. c’est bien gentil les robots partout, mais tant que ceux qui les possèdent (au sens actuel du terme, parce qu’à mon sens, ils ne possèdent rien) se mettront tous les bénefs dans les poches sans les redistribuer à ceux qui n’ont plus d’emploi à cause de l’automatisation du travail, il va sans dire qu’on n’en veut pas.
    C’est du simple bon sens.

    Répondre
      • paul
        paul dit :

        oui, c’est ce que je me suis dit aussi… or, avec la reconnaissance faciale, s’ils n’ont plus besoin de l’agent de sécurité en présence des personnes à « surveiller », ils vont les replacer dans la mission « brutale » de : … »veuillez nous suivre sans faire d’histoire… » bardés d’une armure et de matériels issus de l’ensemble des contrats commerciaux permettant l’augmentation des flux financiers et des écoulements de capitaux… bref, de se faire encore plus de fric en faisant tabasser les gens… exactement ce que font les gouvernements actuels en écoulant des trucs prétendument non létaux par l’intermédiaire des « forces de l’ordre », sur les manifestants et autres…

        Répondre
  7. hourral
    hourral dit :

    « Et quand ça lâche, c’est pour leur gueule : jamais en accident du travail ou maladie professionnelle, comme pour la vraie pénibilité, celle des bonhommes. »
    => Le secteur de la grande distribution est celui qui a l’un des plus forts taux, sinon le plus fort taux, de maladies professionnelles (et notamment les troubles musculo-squelettiques), ce qui génère de très forts taux AT. Cf. CARSAT à ce sujet. Ce que vous affirmez est totalement faux.

    « Parce qu’en fait, le projet, ça n’a jamais été d’améliorer quoi que ce soit aux conditions de vie des unes ou des autres, de rendre le boulot moins pénible ou l’approvisionnement des familles plus simple ou agréable. Non, le projet, c’est le profit. Les corps qui cassent, ce n’est pas un problème tant que ça ne grignote pas sur la productivité, donc sur le profit, tant qu’on peut regarnir les troupes à moindre cout et démerdez-vous, les solidaires et autres humanistes, pour vous occuper des blessés sur vos fonds perdus, sur les miettes qu’on a de plus en plus de mal à vous concéder »

    => Le projet de qui ? De la grande distribution, sans doute. De la société ? Si c’est ce que vous voulez dire, cf. l’histoire du droit européen et l’évolution de la législation sur l’hygiène, la sécurité, la santé, la protection sociale depuis les années 60. L’Europe sur laquelle on crache continuellement.

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    • paul
      paul dit :

      ok, évidemment, ici on est une bande de gôchistes pour qui les employeurs sont tous affreux, méchants, très malins,voire mâl-hein…

      maisquand même, à l’observation de terrain,un peu partout, on observe quand même que les gens… sont en piteux état ! et que si déjà la grande distribution bat des records statistique en matière de maladie « professionnelles »… on peut se demander si ça serait pas encore plus élevé comme record si tous les employés esquintés, se faisaient porter pâles dès les premiers signes…

      quant au second argumentaire… nan sans déconner ! c’est du parti pris ou de la naïveté ?
      parce qu’entre autre, ce qu’on vit en tant que perpétuel chercheur d’emplois, perpétuellement sur-qualifié, perpétuellement trop vieux ou sans expérience significative sur un des nombreux métier dont on a le bac+5, (voire le bac+3 déjà ça craint), et pire encore, le manque de motivation pour le projet de salvatrice du monde de l’entreprise… c’est que les contrats permis pas les lois européennes font qu’on embauche du viendu d’ailleurs au prétexte d’un moindre coût « social »… et ça, je l’ai vécu y compris avec un employeur agricole (genre…mais tu vaux mieux que ça : ma réponse : ben du coup, tu m’emploies plus et j’ai rien…)
      alors non hein…
      le « plein emploi », ça n’a même pas été le cas dans les années soixante certaines années, où des gens comme pompidou craignaient que ce soit la révolution si on dépassait un certain taux de chômage, qui paraîtrait ridicule actuellement…

      quant aux notions de sécurité et d’hygiène… nan sans dec’… c’est de la provoc’ là ou quoi ?
      me souvient de ma grand-tante regardant les « nouvelles » sur sa télé que je supportais pas (la télé) dans les années début 90. un soir, elle a insisté pour que je regarde un reportage rediffusé, où était filmé comment ça s’organisait la « sécurité » en particulier dans le métro. (on est parisien de banlieu à l’origine). elle m’a demandé s’il y avait vraiment autant de flics, de caméra et de militaires et de barrières, que ce qu’on voyait dans le reportage. je lui ai répondu que oui. et elle m’a dit avec une certaine inquiétude que y’en avait moins que ça sous l’occupation de « bosh » pendant la guerre !!! et depuis, ben y’en a encore plus.
      etc…
      quant à la misère des trucs prétendument « d’aide sociale »… j’vais pas m’éterniser hein : c’est dégueulasse !
      et j’reste poli hein, parce que les termes que j’ai dans la tête hurlent autre chose.

      Répondre
    • smolski
      smolski dit :

      hourral :
      « l’histoire du droit européen et l’évolution de la législation sur l’hygiène, la sécurité, la santé, la protection sociale depuis les années 60. L’Europe sur laquelle on crache continuellement. »

      C’est nier tous les combats sociaux qui ont permis les avancées que vous décrivez. Jamais les capitalistes n’ont accordé quoique ce soit aux ouvriers sans combat de ces derniers pour les obtenir, et ce n’est toujours pas aujourd’hui qu’on voit la moindre équité poindre venant des grands capitaux, que ce soit les salaires des femmes et les retraites.

      Je me souviens d’une réunion où l’enfant d’une famille de nanti interpellait les ouvriers qui dénonçaient l’immensité du pactole de sa famille par rapport à leurs salaires :
      « – Mais cet argent, nous l’avons gagné, il est à nous ! »

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  8. Sid
    Sid dit :

    Oui, combien de fois je l’ai entendu, cet argument… «Mais caissière c’est un boulot de merde, tu veux les mettre à leur caisse toute leur vie, mais tu es méchant»… Bien évidemment oui, leur avenir n’est jamais évoqué: le fameux revenu universel tarde à venir, et c’est pas comme si une caissière allait se reconvertir en C++. On l’oublie souvent, mais ces métiers qui disparaissent, remplacés par la mécanisation, sont aussi les dernières chances des sans diplôme, de ceux qui n’aimaient pas les études, bref les «inutiles» de Laurent Alexandre, qui pourtant ont à la fois les boulots les plus pénibles et les plus nécessaires…

    Le pire est sans doute ceux qui affirment que la robotisation ne va pas favoriser le chômage car après tout, faudra toujours des caissières pour aider les gens et des gens pour fabriquer des machines… 9 emplois supprimés pour 1 créé, ça fait pas de chômage, eh bé, on n’a pas la même notion des maths…

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  9. smolski
    smolski dit :

    Sid :
    « Mais caissière c’est un boulot de merde, tu veux les mettre à leur caisse toute leur vie, mais tu es méchant »

    Dans tous les travaux on aura toujours besoin de petites mains, ces mains de gens de rien, il faut juste permettre à celles-ci de vivre correctement et de ne pas se briser physiquement et moralement avec ces emplois.
    Pour les caissières, des aménagements sur leur situation dans les magasins. Par exemple, abriter celles qui sont près des portes d’entrée en hiver, l’ergonomie les sièges sur lesquels elles se tiennent, les bips qui pourraient être des clignotements, etc… etc… etc…

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  10. Robert Spire
    Robert Spire dit :

    Les entreprises externalisent ou délocalisent les tâches pénibles « non robotisables » sauf quand il ne le peuvent pas, c’était le cas des caissières mais plus pour longtemps. L’économiste Erik S. Reinert l’explique trés bien en prenant l’exemple de la production des balles de baseball dans son livre « Comment les pays riches sont devenus riches, pourquoi les pays pauvres restent pauvres ». Lire le sous chapitre « Le changement technologique et son absence », de la page 153 à 157: https://ekonomidevlopman.files.wordpress.com/2019/03/comment-les-pays-riches_reinert.pdf

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    • smolski
      smolski dit :

      Je reste étonné quant au but de ce principe de redistribution des productions depuis les humains aux machines.
      Par exemple, le tissu coupé en pile par un laser réduit les frais de la main-d’œuvre utilisée avant l’avènement de cette technologie, il reste que la fabrication et la maintenance de tels robots demandent des ressources importantes et du personnel très évolué salarié en conséquence et je doute qu’au bout du bout, cela soit plus rentable.
      j’imagine qu’en fait se recompose ainsi une société esclavagiste, ultime raison d’être du capital.

      Répondre
      • paul
        paul dit :

        maaaaiiiiiiiiiissss naaaaaaaaannnnnnnn…..
        c’est les machines qui se développement et progressivement s’émancipent des humains…. leur conception se fait par fascination et colonisation des psychismes humains, et là maintenant, enfin depuis quelques années hein quand même, ben y’a même des Intelligences Artificielles partout pour concevoir les machines, leur développement et leur maintenance… voilà, elles sont en passe de tout remplacer, avec une superbe indifférence à l’égard des colonisés… c’est même pas elles qui décident d’éliminer comme dans les terminator les humains, les humains ont toujours fait ça entre eux, par virilisme et fascination pour des objets phalliques… donc bon, ça continue quoi hein… c’est même déjà préssenti dans la mythologie grecque avec l’histoire de Jason, la toison d’or et Médée… Médée tue ses enfants pour les retirer à Jason pour s’en venger, avant de retourner dans sa famille, et Jason est écrasé par son bateau à l’ombre duquel il s’était endormi… mais bon, y’en a plein d’autres qui prennent la relève ensuite hein, c’est comme dans les séries Marvel ou D.C. ça ne s’arrête jamais…

        Répondre
        • smolski
          smolski dit :

          paul :
          « des Intelligences Artificielles partout pour concevoir les machines, leur développement et leur maintenance… »

          C’est un conte pour dédouaner les assassins sociaux qui les possèdent.
          L’informatique ne traite que de l’information, elle ne crée rien par elle-même. C’est effectivement un redoutable outil de pouvoir au service de ceux qui les utilisent à leur avantage exclusif et c’est déjà bien assez dangereux comme ça pour pas fantasmer davantage à son propos.

          Répondre
          • saxo
            saxo dit :

            « L’intelligence Artificiel(le) n’est pas un mythe, c’est une propagande mensongère. »
            Ah?
            Les caisses auto, c’est de la propagande mensongère? C’est pas une forme d’I.A. ?
            Les robots « tueurs » (et autres drones), c’est de la science fiction?
            Les algos de deep learning qui te sortent des résultats hallucinants, c’est du bluff?
            Note, je n’émets ici aucun jugement, c’est seulement ta phrase, Joël, qui me fait réagir.

          • paul
            paul dit :

            nan, mais lui, il pense que Sarah Connor est folle… donc y’a pas de jugement dernier…
            et puis les IA sont pas « liiiiiibres »… donc forcément…

            finbon, moi j’préfère quand même Daisy du SHIELDS à Sarah hein, mais bon… c’est pareil, c’est encore plus de la propagande… qui quand on reconnaît que c’est de la propagande, ben ça perd ça qualification iso qualité de mensonge hein… il me semble…

            ce qu’il y a à voir dans tout ça, c’est que ce sont des schémas répétitifs des structures anthropologiques, donc des fondations des cultures, des sociétés, des psychismes. Les mythes, comme ceux d’Hépaïstos, de Dédale, du Golem, parlent de ça, de cette tentation humaine à se fasciner sur l’outil « libres » faisant « à la place de » et donnant au teneur, inventeur ou propriétaire, de « l’objet pouvoir » une « aura » particulière.
            la différence entre les dieux et les humains dans les myrthologies, qui fait aussi la sortie, la leçon de morale, mythologique, c’eest que le propre du dieu est d’être une forme de jouissance et que cette jouissance, l’humain doit apprendre à la réguler, donc, accepter de ne pas en être libre. Prométhée comme Sysiphe, sont condamnés d’avoir usurpé une nature non-humaine. Dédale, paie ses erreurs d’apprentissage d’une maîtrise et de la patience de la condamnation de son apprenti Talos, puis de la chute d’Icare. le Golem, immaîtrisable, détruit tout. Le monstre du docteur Frankenstein va se perdre dans les glaces polaires pour éteindre cette folie immaîtrisable…
            etc…
            c’est ce genre de truc que la recherche de métaphore permet de construire…
            L’I.A. n’est pas un mythe, mais rien de plus que la répétition prométhéenne de la tentation de l’ivresse du pouvoir, ambivalente, faisant autant peur qu’espérer…

          • smolski
            smolski dit :

            saxo : « Les caisses auto, c’est de la propagande mensongère? C’est pas une forme d’I.A. ? »

            Dans l’I.A, ce qui n’est pas vrai c’est : intelligence.
            La caisse du bar du coin ou du supermarché, aussi connectées soient-elles, ne sont pas intelligentes, elles reçoivent des informations pour les calculer comme une voiture fait un plein d’essence dans son réservoire pour rouler, pas pour aller n’importe où à son gré…
            😉

            Paul : « les IA sont pas « liiiiiibres »… »
            Sais-tu que la station spatiale internationale utilise debian pour sa maintenance, parce que debian se répare et se transforme sans être connecté à internet. C’est donc par souci de sécurité informatique que le système libre est utilisé dans le programme spatial.

            WHaouuuuuu… 😀

          • paul
            paul dit :

            nan sans dec’… t’as vraiment l’impression d’impressionner ton interlocuteur là avec une propagande genre debian se répare tout seul dans la station machinchose… on t’a déjà fait remarquer que tu te fixais sur des mots, puis on te demande plusieurs fois si t’as une idée de l’utilité de la métaphore, etc… outre que debian s’il se répare tout seul, c’est pas vraiment tout seul hein, mais probablement avec quelques additifs genre précisément « I.A. », parce que sur terre, n’importer quel administrateur de server sait combien ça peut être chiant d’attendre la réponse debian à un bug debian… le temps que les bénévoles pas payés mais passionnés fassent le tour de la question… etc…
            nan mais à part ça, c’est de l’open source qu’on utilise pour faire de gros bénefs pas que dans la station machin chose qui sert que la gloire des connards au pouvoir…

          • smolski
            smolski dit :

            paul :
            « debian s’il se répare tout seul »
            Non pas tout seul, il a besoin de techniciens sur place et bien formés pour fonctionner au mieux, mais pas nécessairement d’internet, ce qui, pour un engin spacial, n’est jamais tout à fait garanti…

            debian tu peux le modifier jusqu’à créer ton propre système indépendant morceau par morceau, juste en modifiant l’écriture des codes qui le composent. On peut dire en ce sens que c’est un système propre, par rapport aux quincailleries propriétaires bâties sur des bugs à répétitions.
            😀

      • saxo
        saxo dit :

        @ Smolski
        « Par exemple, le tissu coupé en pile par un laser réduit les frais de la main-d’œuvre utilisée avant l’avènement de cette technologie, il reste que la fabrication et la maintenance de tels robots demandent des ressources importantes et du personnel très évolué salarié en conséquence et je doute qu’au bout du bout, cela soit plus rentable. »

        C’est bizarre ton raisonnement.
        J’ai vu des ouvrières fabriquer des tapis au Cachemire…

        Fabriquer 1 tapis, c’est des jours et des jours de boulot.
        En fabriquer cent, c’est 100 ouvrières et le même nombre de jours.

        La machine à fabriquer des tapis, c’est un investissement, certes conséquent, mais derrière, un ouvrier de maintenance et des centaines de tapis par jour. Une fois l’investissement remboursé (et ça va vite!) question rentabilité y’a pas photo. D’autant que l’O.S. son boulot il est encore moins compliqué que celui des ouvrières de départ… et qu’il intervient une fois de temps en temps.

        On pourrait parler de qualité, de surproduction, de pousse à la conso excessive, de monopolisation du capital par le proprio de la machine (si elle n’est pas d’utilité publique) mais de doute sur sa rentabilité, t’exagères un brin. Non?

        Répondre
        • smolski
          smolski dit :

          « l’O.S. son boulot il est encore moins compliqué que celui des ouvrières de départ… »

          Tu penses que l’informatique est un hobbit plus qu’une science demandant des années d’études et d’expériences acquises pour « dépanner » un système informatique en perdition ?

          Répondre
        • paul
          paul dit :

          wouai, sans compter que la machine, s’il lui faut quelques ouvriers de maintenance, vu quelle fabrique en un jour ce que cent ouvriers fabriquaient en xxx jours… combien d’ouvriers n’ont plus à fabriquer de tapis ? et donc… sont sans revenus ?
          alors biensûr, ils ont la solution de deviendir apt-get partageux qui se répare tout seul, en passant des nuits blanches les unes derrière les autres à apprendre la maintenance d’un système d’exploitation liiiiibre… sauf que, comment font-ils pour acheter des ordinateurs… nan rien hein…

          Répondre
          • smolski
            smolski dit :

            Paul :
            « la machine, s’il lui faut quelques ouvriers de maintenance, vu quelle fabrique en un jour ce que cent ouvriers fabriquaient en xxx jours… combien d’ouvriers n’ont plus à fabriquer de tapis ? »

            La richesse se crée sur la pauvreté d’autrui.
            Une machine ne produit pas de richesse, bien au contraire.

          • saxo
            saxo dit :

            … »Comparer à moins d’un euro par jour pour une esclave qu’on viol à son envie »…

            De quoi qu’est-ce qu’on discute là?
            J’ai pris exemple sur un truc que j’ai vu au Cachemire. La fabrique de tapis (à l’ancienne) que j’ai visitée n’était pas un entrepôt d’esclaves.
            Ca remonte à 98, mais ça reste d’actualité.

            C’est un peu comme les caissières, en mieux et pire à la fois.
            Mieux, parce que chaque tapis était différent, qu’une dimension artistique, un savoir faire précis et au bout la conception d’un objet étaient en jeu.
            Pire, parce que la fabrique de tapis de Shrinagar, ben les ouvrières en 98, elles avaient pas la sécu, la sécurité de l’emploi, pas la cotise retraite et que leur salaire devait pas être mirobolant, rapport au boulot de malade qu’elles faisaient.

            Plutôt qu’émettre un jugement hâtif et général, faut considérer le truc dans son ensemble. Après, possible, et même probable que le patron s’en mettait plus dans les poches que les ouvrières – je dis le patron et pas le proprio, parce que je sais même pas si la fabrique n’appartenait pas à la ville – mais je ne porte, ici, aucun jugement sur le sens/l’éthique même de cette usine.

            Je parle de rentabilité.

            Il va sans dire qu’investir dans une machine à tisser – c’est pas une conception si monstrueuse d’automatiser un rouet pour qu’il fasse des allers retours à vitesse grand V. Y’a pas besoin d’être un génie en informatique pour programmer la machine. Je dis pas que ça demande pas du boulot ni des ressources, mais rien que la conception des métiers à tisser (gigantesques) sur lesquelles elle bossaient demandait déjà pas mal de ressources.
            Lorsqu’avec un seul métier automatisé tu fabriques autant en un jour qu’avec dix en dix jours, bah, même si l’investissement de départ est assez conséquent (un métier automatisé – contre dix métiers à tisser traditionnels, l’énergie nécessaire pour le faire fonctionner et l’ingénieur capable d’en assurer la maintenance sur un jour – contre le salaire de dix ouvrières sur dix jours + la maintenance aussi, d’ailleurs), bah, d’un point de vue arithmétique, tu gagnes méchamment en productivité.

            On pourrait discuter de la conception des dessins etc… Mais même à ce niveau, l’automatisme fait des miracles (il suffit simplement de programmer les dessins, non plus de les concevoir maille par maille).

            Bref.

            Pour moi la question est ailleurs. La rentabilité est elle une nécessité? ou au contraire, cette recherche de productivité (même basée sur de bon sentiments) ne va-t-elle pas à l’encontre de notre humanité?

            Les indiens précolombiens ne comprenaient pas notre façon d’opter pour les solutions jugées les plus efficaces. Ils avaient 15 (chiffre au hasard, je ne me rappelle plus exactement) techniques de pêche qu’ils utilisaient alternativement pour l’art que représentait chacune d’elle. Plutôt que d’utiliser la plus efficace et d’oublier les autres histoire de garantir une meilleure productivité.
            Je pense qu’il y a là une forme de clef de voute dans ce qui déconne fondamentalement dans notre manière de concevoir la production. Cette idée du toujours plus, au détriment du mieux.

          • smolski
            smolski dit :

            L’idée que j’avance est que la production de richesse se base non sur la rentabilité mais sur l’idéologie qu’elle développe dans la société.

            Je suis sûr que le coût d’une machine avec tout ce que cela implique d’investissement pour la conceptualiser, l’élaborer, la mettre en œuvre, lui fournir une énergie (de plus en plus rare), la maintenir et la faire évoluer, etc… tout ça ne compte pas (comme tu l’indique toi-même dans ton post précédent) il faut donc voir que seule l’idéologie prédatrice que les machines impliquent dans notre société propriétariste et inégalitariste justifie ce choix abracadabrantesque…
            Comme aurait dit l’autr’ . 😉

          • saxo
            saxo dit :

            Yep, Joël

            « la production de richesse se base non sur la rentabilité mais sur l’idéologie qu’elle développe dans la société »

            Ca, à peu près d’accord avec toi. Après faut définir précisément ce qu’on entend par richesse. Parce que là, ça peut mener à des dialogues de sourds.

            Maintenant, je répondais initialement à une autre de tes assertions :  » je doute qu’au bout du bout, cela soit plus rentable. »
            Et, là, tu parlais bien de rentabilité. 😉 .
            C’est l’objet de mon développement.

          • smolski
            smolski dit :

            jojo : « la production de richesse »
            J’entends par là le point de vue du capital, c’est à dire de la monnaie.
            J’imagine mal le capital engranger les multis-tonnes de blé pour les emmagasiner et ainsi les raréfier afin qu’ils prennent plus de valeurs.
            Par contre une ligne dans un compte bancaire informatisée, ça le fait pareil pour tous ceux qui appliquent bon gré mal gré cette idéologie propriétariste en diable. 😉

          • smolski
            smolski dit :

            Saxo :
            « Plutôt qu’émettre un jugement hâtif et général, faut considérer le truc dans son ensemble. »

            Ben oui :

            « Qu’importe que les marchés de toutes sortes – en particulier les fameux marchés financiers – soient truffés d’inefficacités, d’absurdités et d’injustices ! Il suffit d’ouvrir les yeux pour les voir. Et pourtant, pour les néolibéraux, le Marché c’est la Justice. Avec un grand M et un grand J. »

            Source :
            https://prototypekblog.wordpress.com/2020/01/23/romaric-godin-et-le-neoliberalisme-dans-les-tetes/

            Aujourd’hui, ce ne sont donc plus les coûts et bénéfices mais la structure sociale qui est « en marche »…
            😉

          • smolski
            smolski dit :

            Pour suivre la même idée, voici l’antécédent historique se rapportant aux modifications idéologiques et sociales en cours de désactivation :

            « Repenser la « grande transformation » de la première moitié du XXème siécle
            chap 10 p490

            Entre 1914 et 1945 […] une multitude de décisions politiques qui
            furent prises dans l’urgence, mais dont le point commun est qu’elles visaient à réduire l’emprise sociale de la propriété privée : expropriation d’actifs étrangers ; nationalisations ; contrôle des loyers et des prix immobiliers ; réduction du poids de la dette publique par l’inflation, par l’imposition exceptionnelle des patrimoines privés, ou son annulation pure et simple.
            chap 10 p490

            […] l’invention de progressivité fiscale de grande ampleur au cours de la première moitié du XXème siécle, avec des taux supérieurs à 70%-80% sur les plus hauts revenus et patrimoines, qui se sont maintenus jusqu’aux années 1980-1990.
            Avec le recul dont nous disposons aujourd’hui, tout laisse à penser que cette innovation historique a joué un rôle central dans la réduction des inégalités qui s’est produite au XXème siécle.
            […]
            ces décisions renvoient également et surtout à des transformations profondes et durables des perceptions sociales du système de propriété privée, de sa légétimité et de sa capacité à apporter la prospérité et à protéger des crises de guerres. Cette remise en cause du capitalisme privé était en gestation depuis le milieu du XIXéme siècle, avant de se cristalliser en opinion majoritaire à la suite des conflits mondiaux.
            chap 10 p491 »

            Source : Piketty : Capital et idéologie.

            Aujoud’hui, nous revenons directement à l’économie guerrière des temps anciens, telle que la pratiquait attila jusqu’à hitler, et que pratique trump, macron et consœurs aujourd’hui :
            « L’herbe ne repousse plus sous les sabots de mon cheval. »

            Dans sa finalité, le capitalisme n’est ni protecteur, ni juste, il est destructif par nature et ne peut être considéré/calculé autrement.

        • smolski
          smolski dit :

          Le coût d’une machine c’est le coût de sa conception, celui des ressources vitales pour la constituer et l’activer, celui des personnes pour la manœuvrer, et celui des blouses blanches (comme on dit dans les usines) pour diriger tout ça du mieux possible…

          Comparer à moins d’un euro par jour pour une esclave qu’on viol à son envie.
          Me too n’est pas seulement du cinéma !
          😉

          Répondre
  11. paul
    paul dit :

    waoui
    les caissières aux dos cassés et aux escarres pas bien placés, ben elles ont qu’à apprendre à hacker les machines pour reprendre « le pouvoir » sur leur emploi… avec debian évidemment, et des années de fac en formation continue financée par on sait pas quoi entre les administrations nationales et régionales…

    Répondre
  12. smolski
    smolski dit :

    paul :
    « reprendre « le pouvoir » sur leur emploi… »
    Le travail est subi, c’est tout l’inverse de ce qu’est le pouvoir.

    Tant que nous utilisons le langage de ceux qui nous possèdent, nous forgeons nos propres chaînes, nous fermons le cadenas de nos licols (liens qu’on met aux cou des bêtes de somme pour les attacher, les mener) et perpétuons notre esclavage.

    Répondre
    • paul
      paul dit :

      en observant comment tu réponds aux gens à partir de juste quelques mots parmi d’autres… me demande si en fait, tu serais pas un vieux système de traitement automatique de langage qui se ballade sur les forum à cause d’une inadaptation de ton code aux nouveaux environnements… nan parce que ça ressemble à du tac au tac qui se référencie sur des bibliothèques de citations, avec une relation vaguement bijective…
      en tout cas, c’est vachement marrant j’trouve…
      peu de fôtes d’orthograffe, une grammaire souvent très correcte… enfin moi j’dis ça, j’suis disorthographique et j’ai jamais vraiment intégré la grammaire , comme plein de névrosés tendance hystérique hein parce que notre désir va trop vite et nous fait dire les choses depuis la fin vers le précambrien…
      alors que là, c’est impec de logique… waouuu
      ou alors, c’est une expérience des équipes google ou fessebouc pour tester des infiltrations sur les forums bobos… j’sais pas…
      bon, j’vais r’tourner r’garder des séries : tiens y’en à une, belge, de flic informatique là, unité 42, que j’trouve sympa… bon, le casting est moins esthétique que chez oliwoud, mais pour une fois, les acteurs jouent bien la comédie…

      Répondre
      • smolski
        smolski dit :

        Paul :
        « en tout cas, c’est vachement marrant j’trouve… »
        Je t’en remercie, c’est aussi un peu le but de mes interventions, ne pas chagriner et proposer un point de vue le plus concis possible, d’où le choix de mes réponses dans la partie des interventions qui m’intéresse et à laquelle il me semble pouvoir ajouter un point de vue différent ou une précision plus étendue.
        Agnès est là pour développer le thème.

        Pour l’orthograffe, autodidacte, je suis fou-dingue de la langue française et lui rends le meilleur du possible.

        Paul :
        « ça ressemble à du tac au tac qui se référencie sur des bibliothèques de citations, avec une relation vaguement bijective… »
        Les références sont là pour que chaque personne construise ses propres idées plutôt que de se perdre dans le formalisme.
        En ce sens, j’aime bien le terme « bijective », il situe exactement mes intentions :
        – Composons et dirigeons-nous selon nous-mêmes. 😉

        Répondre

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