La santé avant tout!

Il vous reste encore 15 jours pour présenter vos meilleurs vœux pour l’année 2009. Bonne année et bonne santé !
Surtout, bonne santé…


Hier, je me retrouve à la pharmacie du bled, chose qui ne m’est pas arrivée depuis plusieurs mois. Un bon état de santé général pour toute la famille, couplé à un recul marqué des prescriptions et des remboursements dans le domaine oto-rhino, celui qui nous concerne le plus, voilà qui explique ma bonne pratique d’assurée sociale. Du coup, je me pose de plus en plus la question du maintien de notre couverture complémentaire, laquelle ne nous sert globalement à rien tout en ponctionnant environ 1/15e du budget annuel de notre ménage, bien que j’ai rabattu toutes les garanties au minimum ces dernières années devant l’inflation des cotisations qui est inversement proportionnelle à la constante érosion de nos revenus. L’effet de ciseaux qu’on appelle ça dans le jargon des économistes en chef, ceux qui n’ont pas vu venir l’averse de merde qui se radine au triple galop du large des Açores pour bien nous essorer quelques tours de plus en cette année qui s’annonce donc totalement radieuse et enchanteresse. Ils auraient dû appeler ça l’effet tronçonneuse, vu la tête de notre budget.

Je n’ai besoin que de deux tubes de crème pour ma grand-mère dont les mains, usées par des décennies à nettoyer la merde d’autrui, s’épluchent aujourd’hui comme des oranges. Comme chaque fois que j’entre dans ce genre d’officine, je suis toujours marquée par la foule compacte qui se masse devant les comptoirs, une humanité reniflante et souffrante qui doit serpenter autour des îlots parapharmaceutiques vantant des monceaux de poudres de perlimpinpin avant d’accoster une blouse blanche compatissante que leur délivrera de quoi soulager ses multiples souffrances. Il me faut toujours dans les 15 minutes pour accéder à un dealer légal, il y a toujours devant moi une multitude de goitreux hydrocéphales avec la prescription improbable qu’il faut commander par pigeon voyageur ou broyer sous les aisselles pour que ça marche. En général, aussi, il n’entre jamais personne après moi, ce qui fait que le suivant, quand il finit par arriver, n’attend guère plus de 25 secondes, le temps que je fasse l’appoint.
J’ai toujours eu une sorte de poisse de la file d’attente que nulle étude scientifique ne peut expliquer. J’ai fini par m’en accommoder et par profiter de ce temps volé à la trépidation d’un monde qui court à sa perte pour en faire un point de vue unique sur mes contemporains.

Pour occuper les maudits de la file, la pharmacie a été dotée depuis la dernière fois de petits écrans LCD qui diffusent une médiocre propagande pour les débouche-naseaux, antironflements, aspirateurs de capitons et autres alchimies dispendieuses et totalement inefficaces, en dehors de drainer encore plus d’argent de la poche des crédules vers celles des actionnaires des pharmabarons. Je commence à m’emmerder ferme derrière un couple de petits vieux dont l’ordonnance est plus fournie que la liste au Père Noël de tous les gosses du bled réunis quand une conversation accroche mon oreille et retient mon attention.

  • Vous avez votre carte de mutualiste pour enregistrer vos droits ?
  • Non.
  • Ah, il faudrait l’apporter, sinon, il va falloir payer…
  • Je n’ai pas de mutuelle.

Sur ces mots, la femme sort de son sac un carnet de chèques et un bout de carton déchiré. Elle n’est pas la seule à payer. Je vois aux autres guichets bien des billets changer de mains, malgré le vert bien visible des cartes Sécu.

  • J’aurais aussi besoin de cela.

Le bout de carton est en fait le couvercle d’une boîte de médicaments.

  • Ha, mais c’est sur ordonnance, ce produit.
  • Oui, je le sais.
  • Je ne peux pas vous le délivrer sans ordonnance.
  • C’est pour mon père, il a mal en ce moment et je n’ai que ça à lui donner.
  • Vous savez ce que c’est, ce produit ?
  • C’est l’ophtalmologue qui l’a prescrit la dernière fois. Mon père a 89 ans et il a perdu un œil à cause d’un caillot de sang. L’ophtalmo a dit qu’il ne pouvait rien faire, sauf lui donner ça pour le soulager.
  • Je comprends bien, madame, mais il s’agit d’un produit destiné à faire tomber la pression intraoculaire, je ne peux pas vous le donner comme cela. Votre père continue à avoir mal ?
  • Oui, le docteur m’avait prévenu…
  • Mais il faut l’amener en consultation le plus vite possible.
  • C’est que c’est difficile. Mon père ne se déplace plus que difficilement et…

Eh oui, avec le déremboursement des VSL, ça devient difficile pour les vieux impotents du fin fond du bled d’accéder au minimum de soins. La femme est calme, mais insistante. Modeste. C’est ainsi que je la décrirais : fringues classiques, coupe classique, voix douce et effacée, mais pas assez pour mon oreille. Passe-muraille. La mouise, dignement.

  • Je comprends bien, mais votre père risque de perdre son deuxième œil. Il faut vraiment consulter. Et ce médicament n’est pas du tout approprié. Il n’est pas destiné à être pris au long court, sans ordonnance.
  • Mais comment je fais, en attendant ? Il souffre.

Mon pharmacien se tait et prend le temps de la réflexion. Je me réjouis intérieurement de le voir bien faire son boulot de conseil et d’aiguillage, patiemment, tranquillement.

  • Je vais vous proposer un produit pour limiter la douleur et les irritations, mais il faut absolument que vous trouviez un moyen d’amener le plus rapidement possible votre père en consultation.

Il lui vend finalement un collyre homéopathique dont je me dis qu’au moins, il ne pourra pas faire de mal. La femme règle et s’en va avec son petit sachet. Le pharmacien reste impassible. Nos regards se croisent. Il sait que j’ai tout suivi. Je crois qu’il est arrivé à la même conclusion que moi : elle va tenter sa chance dans une autre pharmacie.

Manque de transports, de fric, de médecins, de place dans une maison de retraite, c’est la chronique de la France qui trime et qui l’a bien profond. Je repense à ma mutuelle. J’ai dû la mensualiser cette année. Je ne sais pas combien de temps je vais pouvoir continuer à banquer. Ça rembourse des clous, mais sans, ça a l’air encore pire. Quand j’étais gosse, ma famille avait une couverture complète. La mienne est à trous et en peau de chagrin. Le recul, en pleine poire.

C’est mon tour d’avancer au comptoir.

  • Bonne année !

Mais le cœur n’y est plus.


La santé avant tout est une expression de la Conversation sinfonietta de Jean Tardieu, expression qui a tourné dans ma tête pendant que je vivais cette scène. Conversation sinfonietta ogg (en ogg, transcodé et vaguement nettoyé du wav original via Audacity) a été réalisé avec une clé USB lors d’une répétition, le 27 décembre 2002… 2002, une autre époque.

Powered by ScribeFire.

33 réponses
  1. pas perdus
    pas perdus dit :

    La santé est marché, et d’ailleurs les pharmacies vendent plus de la paraphamarcie…

    On cotise parce qu’en cas d’hospitalisation imprévue de plusieurs jours, c’est le coup de massue…

    Je te la souhaite bonne et vigoureuse…

    Répondre
  2. Sy
    Sy dit :

    Est-ce que tu penses que c’est intéressant financièrement de prendre une mutuelle ? Cette dernière ne rembourse pas tout. Ma mère a une mutuelle mais elle a dépassé le forfait dent si bien qu’elle a 4000 € à payer pour faire soigner ses dents. Elle va débourser cette somme d’argent car elle souffre tellement.

    Répondre
  3. yasunari
    yasunari dit :

    Si tu recroises la dame, files lui des graines de marijuana… Elle pourra faire des tisanes avec les fleurs qui soulageront son père… Si ça pousse bien dans son jardin, ce sera gratuit.

    Ca a été utilisé pendant 8000 ans, il n’y a pas de raison que ça ne marche plus.

    Mais j’ai entendu dire que comme ça n’engraissait pas les labos, ça avait peut etre ete interdit…

    Répondre
  4. jardin
    jardin dit :

    La mutuelle, c’est surtout au cas où il t’arrive un vrai gros pépin. Sinon, bien sûr que ce n’est pas "rentable". C’est même le principe de base de la sécu, c’est "rentable" que si tu es vraiment très malade. Si t’as la "malchance" (?) d’être en bonne santé, tu paies pour les autres. C’est comme ça qu’ils avaient vu les choses, à la libération, ceux du CONSEIL NATIONAL DE LA RESISTANCE.

    Et ils avaient bien vu.

    Mais pourquoi des mutuelles si la sécu continuait à faire son boulot? Je rappelle que la sécu aussi, c’est nos sous. pas une largesse de notre saigneur. C’est nos sous, et on nous en a volé la maîtrise.

    Répondre
  5. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Je connais le principe de la mutualisation des risques et j’y souscris, le problème, c’est que le mutualisme bascule tranquillement vers l’assurantiel et que la gros des sous que tu files ne sert plus qu’à remplir les poches des racketteurs. Le principe fondateur, à savoir chacun cotise selon ses moyens et reçoit selon ses besoins est de plus en plus battu en brèche par le principe de rentabilité, celui-là même qui fait du système de santé américain le système le plus coûteux, inégalitaire et peu efficace du monde développé. La mutuelle n’est pas indexée sur ce que notre foyer gagne et comme elle n’a cessé d’augmenté tout en rationnant toujours plus les remboursements, elle devient hors de prix pour les foyers modestes comme le mien.

    La réflexion sur l’iniquité du prélèvement vaut aussi pour la redevance TV, dans un tout autre domaine : un truc qu’on cherche à t’imposer même si tu n’as pas de télé et qui n’a pas le même poids dans les budgets selon les revenus. Je trouve étonnant que personne ne parle du caractère profondément injuste de cette taxe qui, bien qu’adossée au paiement de la taxe d’habitation, n’est pas, comme elle, modulé selon les revenus.

    Répondre
  6. David.A
    David.A dit :

    Effectivement, tout ça sent bien mauvais. Et on n’a qu’une toute petite idée de la dangerosité qu’une généralisation de la version américaine apporterait en France ou en Europe.

    Outre l’exclusion pure et simple de dizaines de millions de personnes du système de santé, on assisterait pour ceux qui restent, comme ça se passe là-bas depuis 2 générations, à une modification des comportements et des perceptions. Je lisais le blog d’un vulgarisateur économique y’a pas longtemps. Il s’était mis en tête de faire un billet sur son expérience personnelle dans ce domaine. En gros, il partait d’une rage de dent, qu’il avait décidé volontairement de ne pas soigner pendant 2 ans (!), faute de moyens et d’assurance. Jusqu’à ce que la douleur (et/ou une pub attrayante pour un dentiste, au tarifs défiant toute concurrence), il se décide à consulter. Arrivé sur place, on lui fait signer 2 trois formulaires (c’est la règle là bas), mais c’est seulement quand il est dans les vaps de l’anésthésie qu’on lui en fait signer un qui précise que ce sera 300 dollars de plus. Il a quitté la cabinet pour finir par s’arracher deux dents lui-même deux mois plus tard.

    C’est une anecdote, mais elle illustre assez bien comment de plus en plus d’américains décident, sciemment, soit de ne pas acheter des médicaments prescrits, soit carrément de ne pas se faire soigner, voire de se soigner tout seul.

    Parfois même, quand il est encore plus ou moins possible d’aller voir un médecin, une hiérarchie est de plus en plus souvent établie entre les affections traitables ou non. Des dizaines de maladies se retrouvent d’un seul coup dans la catégorie "on n’as pas les moyens / pas d’assurance / ça passera tout seul / on va essayer ces médoc qui traînent dans l’armoire depuis 10 ans". Deviennent ainsi secondaire une série de maladies plus ou moins non-handicapantes, que l’argent empêche de faire examiner, quitte à ce qu’elles empirent.

    C’est le destin inévitable d’un système d’assurance privé (sans parler de toutes les autres conséquences). Alors merci, mais non merci.

    Répondre
  7. monsieur_raoul
    monsieur_raoul dit :

    un peu d’histoire, quand même …
    qui, voilà 20 ans et des brouettes, au pouvoir dans presque toute l’europe, a, comme l’ecrit agnés "fait basculer le mutualisme vers l’assuranciel" ???

    Répondre
  8. pas perdus
    pas perdus dit :

    Je suis bien d’accord avec le 1er paragraphe du post n° 8 quant à la dérive des mutuelles. Ces dernières proposent différents niveaux de "couverture santé" , ce qui est contraire au principe de solidarité entre adhérents… et ce qui les rapprochent des assurances privées.

    Répondre
  9. herve_02
    herve_02 dit :

    Bonjour,

    Maintenant, je ne vais plus chez le médecin, mais je paie toujours une mutuelle au cas il y ait un truc grave car mes enfants sont encore jeune et la perte d’un papa jeune est très préjudiciable.

    Mais lorsque j’avais une ordonnance et que sur celle-ci il y avait un médoc pas remboursé, je ne le prenait pas et je disais au pharma :
    => "si c’est pas remboursé c’est que sa soigne pas."
    Il fallait voir sa tête, c’est orgasmique. Alors il tentait un
    = >"mais c’est pour votre confort"
    => "je veux pas de confort, juste être soigné" (deuxième orgasme).
    S’i il tentait encore de me fourguer sa merde je partais pour l’orgasme ultime :
    => "Comme les syndicats des pharmaciens ne se sont pas battus contre le dé-remboursement des médocs – car ils seraient en prix libres et ils auraient une meilleure marge – il n’est pas normal de continuer à les faire vivre. Qu’ils crèvent, comme les gens qui ne peuvent pas se soigner."

    C’est assez pédagogique, quoique peut être un peu violent… mais personne n’est parfait.

    Je reviens aux remèdes de grands mère au maximum.

    Répondre
  10. herve_02
    herve_02 dit :

    Re

    D’ailleurs ça pourrait bien être une bonne idée un grand buzz autour d’une campagne marketing :

    "si c’est pas remboursé, c’est que ça soigne pas !"

    Répondre
  11. Krysalia
    Krysalia dit :

    la santé ça coûte tellement cher sans mutuelle, surtout les hospitalisations en cas de pépin, que personnellement je la garderais tant que c’est possible (ou je ferais jouer la concurrence, ou, ou ou, mais en gardant des garanties complémentaires).
    L’autre chose qui m’arrêterait aussi, ce serait de devenir une espèce de paria administratif, refusée chez les medecins et surtout les spécialistes parce qu’ils ne pourront plus faire *ce qu’ils veulent* (entendez facturer sans réfléchir) si un pépin se déclare.
    quand on voit le bordel que c’est pour simplement qu’un medecin nous laisse devenir son patient quand on est en CMU, sans mutuelle du tout je crois que ce serait le pompon…

    je ne dis pas que tu ne dois pas la lâcher en revanche, je dis juste que je suis effarée à cette idée pour moi même.

    question somme toute idiote, mais as tu vérifié si tu n’as pas une aide disponible pour le maintien d’une complémentaire ou ce genre de choses ?

    Répondre
  12. toptop
    toptop dit :

    mes médicaments contre les allergies sont "de confort" en effet ils ne soignent pas car c’est pas une maladie et donc ne sont que très peu remboursés
    mais bon je ne tenterai pas de m’en passer, à moins de vouloir crever d’une crise d’asthme!

    Répondre
  13. chomon
    chomon dit :

    Il y a des aides pour ceux et celles qui ont des bas revenus pour payer leur complémentaire. Il faut demander le dossier a remplir à la sécurité sociale. L’aide est versée directement à la mutuelle.

    Bonne année et surtout bonne santé.

    Pour ceux et celles qui aimeraient que.2009 soit l’an 01 de la décroissance un site intéressant.

    http://www.utopimages.org/index.php

    Le premier DVD sur la décroissance et la simplicité volontaire est très bien. Les principaux apôtres de la décroissance s’y expriment.

    Répondre
  14. faribole
    faribole dit :

    chez l’opticien ("mutaliste"). mon homme doit changer de lunettes et aussi de montures (trop serrées, c’est ça, de réfléchir à l’état du monde, peut-être ?)
    pour ne pas risquer d’y laisser un bras ou un enfant en paiement, on précise qu’on veut le moins cher, le plus remboursé, le ras des paquerettes. On se tape d’ailleurs un peu la zone au guichet, car c’est noir de monde.
    nous apprécions de patienter 1 h, alors que les clients "normaux", arrivés après nous, défilent sous notre nez !
    N’y aurait-il qu’un seul vendeur pour pauvres ?

    Comme la moutarde commence à bien me monter au nez, une guichetière finit par nous indiquer un présentoir pourri, dans un coin, avec quelques montures à 30 € (les autres sont dans les 100 €), en nous expliquant de choisir là-bas… et elle nous fait un calcul savant expliquant les qq misérables euros qu’ils nous remboursent… (je casque 85€/mois pour 5 personnes)

    et là, et bien… on se regarde, et on pouffe ! et puis on se prend un bon fou-rire, carrément. On assume, on rigole, je trouve mon homme est très beau avec ses montures en plastique nases. Il n’y a quasiment aucun choix, heureusement qu’elles lui vont !
    Comme il est vraiment serré dans un modèle, on s’aperçoit qu’il s’agit d’une monture "enfant pauvre", elles sont rangées en vrac au même endroit, ainsi que les montures "femme pauvre". Tout mélangé, le pauvre n’ayant qu’à se démerder.
    Bien fort, on fait remarquer que vu l’état des finances du bon peuple, y’a intérêt à revoir leur marketing, car bientôt tout le monde ira piocher dans ce présentoir. Et comme on se défoule bien, une dame venue choisir aussi dans ce dépôt à malheureux binoclards, finit par se détendre et rigole avec nous.
    Au final, on est tout content de ne pas avoir besoin de montures dispendieuses pour suivre une mode débile et de toutes façons hautement fluctuante.
    Anecdote : ma fille de 1 an a attendu 1 h avec nous et a déposé un cadeau très odorant dans sa couche. Laquelle a fui sur la jolie moquette. Je ne suis pas intervenue. Un peu embêtée pour la femme de ménage, mais carrément heureuse de l’odeur qu’allaient supporter les vendeurs toute la journée. Gnark. Ah, et ma fille a bavé par terre et sur les murs, aussi, elle avait mal aux dents. Ces pauvres sont vraiment dégueulasses.
    F&J, bac+8 à eux deux, pauvres et presque fiers de l’être, puisqu’en ce moment, pour être riche, faut supporter des trucs immondes ou en faire subir à d’autres

    Répondre
  15. Henry Kanaan
    Henry Kanaan dit :

    La redevance tv c’est comme une mutuelle, quand tu seras trop vieux (vieille) pour sortir de ton lit, de ton fauteuil, et que tu voudras te distraire entre deux changement de couches, entre deux piqures tu repenseras que grâce à tes cotisations la tv continue d’exister. 🙂

    Répondre
  16. Neb
    Neb dit :

    Simple témoignage.
    Les petites sociétés de services informatiques "ToutBénef" qui ont poussées de 1997 à 2003 pour absorber le passage à l’An 2000 et du même coup à celui de l’Euro, n’avaient aucun avantage (pas d’indemnité de transport pour la province, ni de frais d’hébergement, pas de tickets restaurant, ni de mutuelle…).
    Donc obligé de tout couvrir.
    J’ai opté pour une mutuelle à titre privé avec mon épouse (53a et moi-même 56a).
    En 2001, assureur A.A et une prime mensuelle d’environ 100 euros.
    En 2003, mon épouse a subit une opération et les frais à notre charge se sont montés à 480 euros (chambre individuelle…).
    La plupart des actes importants ont été couverts à 100% par la CPAM.
    L’assureur a mis plus de 3 mois pour me rembourser, le temps d’encaisser 3 cotisations passées à 126 euros.
    Le bilan a été rapide : 1500 – 480 = 1020 euros.
    Nouvelle prime de 140 euros au 01/2004.
    –> Je n’ai plus de mutuelle depuis fin 2003 mais de l’épargne en 2008.
    Je conserve presque tous les mois l’équivalent et l’épargne tous les 3 mois.
    Cette trésorerie est parfois utile pour les chevauchements de factures ou les imprévus.
    Mon épouse voit moins les toubibs et pour ma part, une visite de contrôle tous les 5 à 6 ans.
    J’ai une petite assurance décès-invalidité depuis 1972 pour 110 euros en 2008.
    C’est un risque assumé et mesuré. Certes difficile avec un ou plusieurs enfants.

    Répondre
  17. Farid
    Farid dit :

    Dommage que le billet effleure une des plaies de notre système mais passe à autre chose. Le manque de médecins avec son cortège de longues listes d’attentes est à prendre en compte mais le transport en VSL qui nous vaut en ce moment un vrai jugement à la Salomon, est une vraie plaie.

    Les VSL ne sont plus remboursés que de manière forfaitaire pour ceux qui en ont le plus besoin (les malades au long court et les handicapés) laissant les valides (malades un instant mais pas handicapés au point de ne plus pouvoir se déplacer en transport en commun ou véhicule personnel) la possibilité d’en bénéficier …

    Je continue de signer des bons de transport totalement abusifs sans rien pouvoir y faire parce que les gens viennent en VSL et régularisent après coup … Il nous est difficile de elur refuser vu le prix PROHIBITIF appliqués par ces spécialistes es gasoil en col blanc. Il m’arrive de prévenir à l’avance mes patients qu’une fracture de mâchoire ou de l’orbite ne justifie en aucun cas une prise en charge de leur transport en ambulance ou VSL. Mais ce n’est pas si simple … parce qu’on vous répond toujours ben pourquoi, c’est un droit ?

    Répondre
  18. Chris
    Chris dit :

    Et la santé à Gaza ?
    Ils ont la sécurité sociale ? Il est étrange qu’il n’ y ait pas d’avis sur ce qui s’est passé pendant 20 jours. La boucherie à Gaza… Oui c’est pas le sujet, c’est vrai.Le sujet c’est la Santé et ce pays qui se désagrège un peu plus. Mais c’est ça le truc, on se demande où ça tient ? La crise ne fait que commencer.

    Répondre
  19. AGNES MAILLARD EST FOLLE
    AGNES MAILLARD EST FOLLE dit :

    AGNES MAILLARD EST FOLLE !!!!!!!
    IL Y A PLUS DE 31 PAGES DE SOMMAIRE POUR SES ARTICLES SUR CE SITE, SUR TOUS LES SUJETS, dES PLUS DIVERS AUX PLUS DEBILES.
    AGNES MAILLARD EST FOLLE ET N’A RIEN A FAIRE DE SON TEMPS
    NAVRANT ces mégalos
    (AGNES MAILLARD se revendique …. GasCONNE, pas étonnant)

    Répondre
  20. Hervé Milaire
    Hervé Milaire dit :

    Cela en dit long sur la santé d’esprit du profanateur d’intelligence incapable de faire autre chose que de mettre en CapLock son clavier pour proférer son pathétique diagnostique de comptoir.

    Avec les couilles qu’il mérite, aucun nom…

    Répondre
  21. Yogi
    Yogi dit :

    Le coup de la file d’attente résume très bien mon problème avec ce blog : des analyses sociales souvent fulgurantes, mais décrédibilisées par un misérabilisme obsessionnel. Comment accorder du crédit à votre critique de la société puisque de toute évidence c’est le monde entier qui intrinsèquement vous veut du mal ?

    Répondre
  22. Atchoum
    Atchoum dit :

    Le système de santé à la Française..un monde dans lequel je vis depuis des années, des générations même si je considère mes parents (médecin et pharmacien), mes grands parents, mes oncles, mes tantes, ma femme, mes cousins, mon frère ma etc.

    Une profession dans laquelle on entre par passion, vraiment.
    Une profession dans laquelle on reste par passion, vraiment.

    Un système dans lequel on vit des déceptions sur bien des plans :

    -Un système inégalitaire :
    -vous êtes en CMU? tout vous est "offert" si le médecin veut bien de vous bien sûr. Arrogance, mépris, incompréhension : c’est ce qui caractérise la relation CMU/Soignant et le mépris n’est pas toujours du soignant vers le soigné.
    -Vous êtes de classe moyenne : "petit" salaire? Galère garantie, mutuelles hors de prix qui mutualisent les risques mais pas les profits. Elles offrent rarement une politique de santé en favorisant le préventif et elles préfèrent sur taxer les malades que détaxer les biens portants.
    -Vous êtes fortuné? Mais qu’est ce donc que ce système où vous devez malgré tout payer? Pourquoi la consultation n’est elle pas comme partout "offerte"? les habitudes sont là…nanti!

    -Un système frustrant :
    -un pédiatre (devrais je dire "une"?) qui travaille 50 heures par semaine gagnera le smic s’il fait son travail consciencieusement.
    -un radiologue à mi-temps ne verra qu’un malade ou deux par jour (le reste il n’en verra que la radio) et gagnera de quoi être à l’ISF en moins de cinq ans de pratique.
    -un médecin généraliste qui veut gagner sa vie devra accepter de faire un travail stupide : suivre les règles de prescription de la sécu issues de conférences dépassées le jour où elles sont proclamées, faire payer le certif de sport de la petite, faire payer le renouvellement du produit d’hypertension tous les trois mois, faire payer la moindre ordonnance ou conseil au prétexte que c’est légal…et seule manière de rentabiliser son travail.
    -un pharmacien qui doit délivrer des granules 25CH, 50CH, 100CH ou autres "médicament" sans ordonnance tout en sachant que ça ne sert à rien qu’à satisfaire un besoin de consommer, d’avoir, de se rassurer…

    -Un système ubuesque :
    -Où l’on crée un dossier médical informatisé que l’on centralise sur des serveurs dédiés en arguant que c’est pour la sécurité des informations que l’on fait cela.
    -Où l’on fait accepter tacitement à tous les assurés qui déclarent un médecin traitant pour être "bien" remboursés l’adhésion à ce fameux dossier médical partagé…qui ne sera pas sécurisé mais qui enrichira des hébergeurs choisis par le GIP sesam vital.
    -Où des médecins aux revenus conséquents se permettent de faire du black sur le dos des malades en demandant qui des dessous de table pour vous opérer (chirugie) qui une petite magouille pour faire de l’acupuncture ou autre technique non remboursée (tarif sécu de la consultation + un complément "en liquide").

    Un système dans lequel on regarde parfois la minorité de ses confrères qui ont de telles pratiques comme des extra-terrestres qui ont oublié que la seule raison qu’ils ont d’être médecin, c’est d’essayer de soulager la misère du monde et éventuellement d’en vivre.

    Soigner n’est pas un métier.

    Répondre

Répondre

Se joindre à la discussion ?
Vous êtes libre de contribuer !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *