Photos'>Un manifestant en gilet jaune poing levé avec les pomper et l'Arc de Triomphe au fondD’Ignazio

C’est une véritable apocalypse en jaune fluo qui a déferlé sur la France et qui a résisté, jour après jour, semaine après semaine, au froid, au découragement, à la violence, à la haine et quelque part, aussi, à la tentation du pire et du chaos. C’est une apocalypse au sens premier du terme : la révélation !

Parce que c’est cela qui s’est réellement passé et que plus rien ne pourra effacer : ce qui était invisible est devenu visible, ce qui était nié s’est imposé à tous, ce qui était caché a été exposé de manière irrévocable.

Un manifestant en gilet jaune poing levé avec les pomper et l'Arc de Triomphe au fond

Manifestation du 8 décembre par ©D’Ignazio Serge Photos

La France invisible

Pendant toutes ces années, je me suis demandé si je ne vivais pas dans une autre dimension. Il y avait la réalité sociale, officielle, incontournable, celle qui se montre dans les journaux, sur les écrans, dans les livres, ce récit collectif de ce que notre monde est et la manière dont nous devons nous résigner à y vivre. Et puis il y avait une autre réalité, brutale, vertigineuse, impossible et impensable, celle de ma vie, de celle de mes voisins, de mes proches, des collègues, des relations, d’un monde à la fois énorme, omniprésent, concret et en même temps indicible, parce que considéré comme marginal, non significatif, déjà passé en perte et profit.

Ça a été ça, la première révélation : celle de notre multitude, la fin de la solitude, de la conviction de son seul échec personnel, de sa seule responsabilité, de notre terrible normalité. Nous n’étions pas seuls, pas l’exception qui confirme la règle, mais bien la règle, la réalité un peu déplaisante que l’on planque sous le tapis, que l’on balaie d’un revers de la main. Les fins de mois qui commencent le 5, le 10 ou le 15, ce n’est pas parce qu’on est juste un mauvais gestionnaire, un type un peu raté, un salarié un peu moyen, un chômeur pas très adaptable, une femme pas assez flexible, mobile ou bosseuse. Non, la pauvreté, c’est-à-dire cet état de manque un peu permanent, c’est massif. Et la menace d’y sombrer un jour par accident est en fait le lot commun.

La guerre des classes

Ce que nous révèle ensuite la révolte des gilets jaunes, ce sont les fractures sociales béantes de notre société, c’est l’inconsistance de la fameuse classe moyenne, gros fourretout à visée électoraliste. Il n’existe en fait aucune communauté de destin entre le couple de cadres dynamiques qui profitent des bienfaits de la ville-monde hyperconnectée par TGV et avions et leur femme de ménage, famille monoparentale en manque chronique de tout et sans aucune perspective de dépasser un jour le seuil de pauvreté et un horizon de privations sans fin.

La guerre des classes ne s’est jamais dissoute dans le concept nébuleux de la classe moyenne, elle s’est même intensifiée sous le couvercle qui cherchait à l’invisibiliser et il est enfin évident que les classes possédantes n’ont plus d’autre objectif que l’accumulation sans limites pour eux et l’austérité perpétuelle pour les autres, selon le bon vieux principe des vases communicants qui, lui aussi, était passé sous le boisseau, remplacé par la théorie non moins fumeuse du ruissèlement. Toutes les politiques de ces 35 dernières années ont toujours servi les intérêts des nantis, détruisant pour ce faire les classes populaires les unes après les autres, les dépouillant consciencieusement, jusqu’à l’os. La politique de Macron n’a rien de nouveau en ce sens, elle est juste encore plus intensive, pressée, avide et il devient de plus en plus évident pour tous que les classes possédantes ne font plus de prisonniers.

L’imposture démocratique

Ce n’est pas une révélation pour la plupart d’entre nous, la part croissante de l’abstention parle d’elle même, mais la vacuité du personnel politique, son impuissance organisée et son total manque de scrupule ont enfin éclaté au grand jour. Que cela a dû être troublant pour les thuriféraires de l’urne sacrée que de voir les responsables politiques mépriser le peuple avec tant de morgue et lui mentir avec tant de désinvolture. Que c’est stupéfiant, quand on y pense, que de voir le discours solennel d’un président ne pas tenir 24 heures à l’épreuve des faits et montrer la profonde duplicité d’un pouvoir tout entier dédié au maintien des privilèges des 10 % les plus riches contre toutes les autres composantes de la nation.

Tweet qui démonte la fausse augmentation du smic

Nous le savions, nous l’avons dit, mais c’est purement apocalyptique que de voir ces gens mentir au plus haut niveau et continuer à espérer que nous allons adhérer au cirque électoral et à ses promesses qui n’engagent que ceux qui y croient. Que reste-t-il d’une démocratie quand la tromperie et le mépris s’y expriment au grand jour ?

La duplicité syndicale

Cela faisait quelques années que les militants les plus convaincus commençaient à se poser des questions sur l’encadrement syndical de toute contestation des politiques régressives en cours. Alors qu’il y a eu une époque où les syndicats poussaient à la roue pour obtenir des avancées significatives dans le traitement de millions de salariés — avec ou sans emploi —, voilà que depuis quelque temps, ils n’avaient plus l’air que de se battre le dos au mur, uniquement sur la défensive, à négocier essentiellement un peu de retenue dans la brutalité des réformes réactionnaires qui dépouillent les prolétaires de leurs fameux avantages acquis en peau de chagrin. Le tout avec un scénario devenu immuable : le gouvernement annonce un nouveau recul social qui vise les premiers déciles de la population, les syndicats organisent une promenade sur un parcours bien balisé tel jour pendant tel créneau horaire, on marche en rang derrière les sonos qui empêchent toute discussion politique, puis ils sonnent la fin de la récré avec option tonfa pour ceux qui n’auraient pas bien compris le message. Ou comme le disait l’ex-princident revenu aux manettes dans les coulisses : maintenant, quand il y a une grève, une manif ou un conflit social, ça ne dérange plus personne, on ne se rend plus compte de rien.

Ensuite, on fait mine d’avoir négocié la quantité de vaseline et voilà un nouveau pan de la loi ou de la solidarité nationale qui s’effondre, effacé d’un trait de plume et entériné par une direction syndicale qui a déjà négocié ses subventions et ses prébendes pour le retour à la vie civile.

Le comportement syndicaliste pendant la révolte des gilets jaunes a été tout bonnement exemplaire en exposant radicalement ses élites dans leur rôle à présent quasi officiel de garde-chiourmes des perdants récalcitrants de la guerre des classes. Rarement il nous a été donné d’entendre un silence plus éloquent que celui des centrales syndicales alors même que le soulèvement populaire qu’elles prétendaient appeler de tous leurs vœux fleurissait à tous les rondpoints comme des gerbes de boutons d’or après l’ondée printanière. De-ci, de-là, certains glosaient sur ces gueux qui se réveillaient maintenant plutôt que sur ordre des encartés, ce qui semblait justifier de les laisser croupir dans leur merde et leur inorganisation. Tantôt, d’autres se déclaraient contre toute participation à un mouvement populaire massif sous prétexte qu’on y aurait vu graviter quelques chemises brunes à la manœuvre, l’évitement et l’abandon créant pourtant ces espaces vides où prospèrent les agitateurs et manipulateurs politiques professionnels.

Courrier de l'union départementale CGT 59 au sujet de la déclaration confédérale du 6 décembre 2018

Mais avouons que toute ambigüité sur l’état réel du dialogue social à la française a été levée lors de l’appel pour une fois collectif des syndicats à bien tous rentrer dans la niche et à cesser de geindre sur les problèmes de précarité et de fin de mois difficile en dehors du calendrier syndical dument tamponné par l’exécutif et le patronat. Cette révélation-là a donné envie à bien des militants sincères et engagés de bruler leurs amarres syndicales, leurs cartes et leurs représentants au milieu du feu.

La voix de son maitre

Pancarte réclamant l'abolition du contrôle des médias par les riches

Liberté de la presse, manifestation du 15 décembre 2018, par Serge ©D’Ignazio Photos

Si tout ce qui précède n’avait pas suffi à révéler la décrépitude profonde de notre démocratie, le traitement médiatique honteux et pourtant pratiquement unanime du mouvement des gilets jaunes par les nouvelles caisses de résonance du pouvoir a dû faire tomber bien des peaux de saucissons qui scellaient encore les paupières. Jamais il n’a été aussi évident que la presse, les éditocrates, les journalistes de terrain ou de salon, porte-crachoirs de la république en marche arrière étaient totalement dévoués et voués à servir jusqu’à la glotte le discours et la vision du monde des classes dominantes. Voilà que ceux que l’on ne montrait point, dont on ne parlait jamais, voilà que les invisibles de la république avaient l’outrecuidance de vouloir envahir l’espace public, de vouloir occuper le calendrier médiatique des marronniers et des pantoufles fourrées de leurs complaintes, de leur réalité, de leur lutte et de leurs revendications !

Quelle révélation pour ceux qui voyaient le monde à travers les lunettes déformantes du petit bout de la lucarne que de s’y voir ainsi caricaturés, niés, vilipendés, moqués, dénaturés ! Quelle dissonance ils ont pu éprouver dans la confraternité de leurs rondpoints et de leurs rassemblements joyeux, féroces et désespérés à la fois alors qu’ils voyaient en temps réel sur les écrans connectés de leur téléphone quels mauvais procès d’intention, quels mensonges et autres faux décomptes on leur faisait dans ces médias qu’ils croyaient impartiaux, indépendants et garants de l’équilibre des pouvoirs de la démocratie !

Tweet sur les mensonges médiatiques

Appelés dans un premier temps pour couvrir les actions, les journalistes couchés aux pieds de leurs maitres sont devenus eux-mêmes gibier d’une population ulcérée de se voir ainsi méprisée et falsifiée à longueur de temps. Voilà que ceux qui appellent sans cesse à la vérification des sources, à l’éradication des fake news en étaient en fait les plus grands dealeurs, les garants d’une désinformation massive qui n’aurait pas déparé du temps de la Pravda.

Plus de carotte, seulement le bâton !

Les indigènes de la république, les bannis, les racisés, les sans-grades, les classes dangereuses, tous n’avaient de cesse de dénoncer une police de plus en plus violente et un maintien de l’ordre qui n’était plus que répression. Mais voilà, tant que les victimes de la police s’appelaient Mouloud et non Jean-Eudes, il y a toujours eu l’idée un peu méprisante et franchement raciste que même s’il est déplorable que des gens meurent sous les coups de ceux qui sont censés les protéger, c’est quand même un petit peu parce qu’ils ne marchaient pas droit et qu’ils l’avaient bien cherché quand même. Massacrer du gueux de cités, c’est comme cela que l’on maintient dans le temps les nécessités d’un ordre injuste, exploser des étudiants écolos qui protègent des arbres et des grenouilles, c’était déjà un peu plus compliqué à justifier, mais d’un autre côté, vous savez, ces gauchistes, c’est quand même un peu des extrêmes, voire de la graine de terroristes !

Mais quand il s’est agi de Marcel et Ginette gazés et tonfés sur la plus belle avenue du monde, au milieu des vitrines qui dégueulent de luxe et de fric tellement abondant qu’on ne sait plus comment le dilapider, quand c’est monsieur et madame tout le monde et leurs enfants du lycée pro qui se sont fait exploser la gueule pour avoir osé protester contre la vie chère et les fins de mois à perpétuité, on a commencé à avoir des doutes affreux sur les missions réelles de la police. Doute affreux qui s’est confirmé au fur et à mesure des reportages des médias couchés qui ne parlaient que des casseurs en jaune fluo et jamais des gueules cassées à grand coup de flash-ball et autres armes défensives, destinées en réalité à mutiler et à soumettre le droit de manifester à la possibilité de finir handicapé à vie.

Tweet Allo place Beauvau pour dénoncer les violences policières

Allo, place Beauvau est la recension par le journaliste David Dufresne sur les violences policières exercées sur les gilets jaunes et généralement tues par les médias.
Attention avant de cliquer, il y a des images difficiles

Et qu’ils ont été surpris, aussi, les gilets jaunes de découvrir que ces flics qu’on ne trouve jamais pour lutter contre les incivilités et l’insécurité quotidiennes vécues par les gueux dans leur milieu ordinaire, loin des yeux et loin du cœur, étaient par contre déployés en abondance pour protéger les vitrines de luxe et les quartiers discrets et somptueux où l’on a pour habitude de péter dans la soie dans le plus parfait entre-soi.

La révélation

Manifestation du 24novembre 2018 à Paris, des hommes allongés sur la chausséerefusent de partir.

Nous ne rentrerons pas dans la nuit sans combattre, par Serge ©D’Ignazio Photos

Oui, c’est une apocalypse que cette révolte des rondpoints, des contrées d’outre-périphérique, des zones de relégation, de ceux qu’on avait passés en pertes et profits depuis si longtemps. C’est une apocalypse pour les classes dominantes et leurs laquais qui ont su donner le change si longtemps et noyer tant d’injustices, tant d’iniquités, de mensonges, de pillages que cela avait fini par paraitre la marche normale du monde, une civilisation d’autant plus pacifiée que ses perdants et surnuméraires avaient le bon gout de crever à petit feu et dans le silence, toujours plus loin des centres du pouvoir. C’est une apocalypse parce qu’elle a révélé de manière absolument incontestable la nature profondément corrompue du pouvoir, la déliquescence démocratique, les soumissions médiatiques et syndicales et toute la machinerie sociale immense et avide qui n’a pas d’autres justification ou objectif que de pressurer le plus grand nombre pour ne gaver qu’une toute petite poignée de nantis bien décidés à préserver leurs privilèges honteux par tous les moyens et à tout prix.

Le Gendre prend littéralement les gens pour des cons

Ce que les gilets jaunes ont appris en sortant de chez eux, de leur isolement et de leurs peines, en osant le rassemblement, l’entraide, la discussion et la solidarité, en confrontant leurs quotidiens, leurs expériences et leurs vécus avec les faux miroirs dans lesquels ils s’éteignaient à petit feu, quoi qu’il arrive à présent, rien de tout cela ne sera ni perdu ni oublié.

Les gilets jaunes se sont détournés des ombres de la caverne et ils ont été blessés par l’implacable clarté du monde. Ils ont vu ce qui était caché, ont entendu ce qui était tu, ont appris ce qui n’était pas transmis. De fait, aucun retour en arrière ne sera plus possible, même si les dominants croient sincèrement que les coups de pied au cul suivi d’une poignée de biscuits devraient largement suffire à rétablir leur ordre injuste et à rabrouer la chienlit dans sa niche.

Sauf que le clébard a bien compris qu’il n’a rien à perdre à mordre la main qui le dépouille et le dérouille quand il se rebiffe !

30 réponses
  1. Léonie
    Léonie dit :

    Super article résumant bien la situation. « Apocalypse », oui en effet. En fait j’avais déjà constaté en bavardant avec les gens qu’ils n’étaient pas dupes, c’est juste qu’on ne leur donnait pas la parole. C’est fait.

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  2. Geneviève
    Geneviève dit :

    Merci pour cette façon claire et précise d’analyser ce que nous ressentons. Toute la rage éprouvée à ce foutage de gueule permanent de nos ploutocrates va s’intensifier encore… Vive l’apocalypse !

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  3. smolski
    smolski dit :

    Retour limpide de ce qui se passe réellement sur les ronds-point des gilets jaunes losqu’on les approche, surtout la solidarité qui s’y soude.
    Venir discuter avec eux sur les ronds-points permet de se rendre compte du haut niveau de leur détermination à exister par eux-mêmes.

    Merci Agnès, Lien partagé fait.

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  4. Sébastien P.
    Sébastien P. dit :

    Un article magnifique, immédiatement partagé autour de moi.
    J’ai retrouvé tout mon ressenti, tous les mots sont justes. La phrase de conclusion est magistrale !

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  5. saxo
    saxo dit :

    Les gilets Jaunes, ces révolutionnaires qui défendent le petit peuple aux fins de mois difficiles. Symbole de la lutte des classe, les relégués du pouvoir d’achat qui s’invitent en politique par la grande porte.
    C’est bien gentil, enfin, joli, plutôt, mais, hormis la contestation légitime du pouvoir, je reste dubitatif sur le fond.

    Des gilets jaunes, j’en ai vu fleurir sous les pares-brises d’un bon tiers des habitants de mon village et des villages environnants. Dans le fin fond de l’Essonne. Des copains parents d’élèves, des agriculteurs, des artisans… pas des miséreux, non. Certes, pas les gens les plus nantis du coin, mais enfin…

    Personnellement, j’ai jeté ma télé il y a 20 ans, je n’achète pas ou (très peu) de fringues, je fais tenir mes voitures (achetées d’occasion) jusqu’au bout, et quand il s’agit d’acheter un meuble ou autre, soit on récupère, soit on épluche le « bon coin ».
    Si je pouvais me passer d’argent, je le ferais.
    Les plaisirs de l’existence, je les trouve ailleurs. L’argent et la dépendance qu’il induit ne sont pour moi qu’une vague source d’emmerdes. Donc, je ne tiens ni à en gagner beaucoup, ni a en réclamer d’avantage. Certes, je bosse, et ma compagne aussi (on doit être autour de 36 000 € déclarés à l’année pour 2 + un enfant), donc je ne fais pas partie des moins bien logés, mais certainement pas des plus nantis non plus – par rapport à ts les gilets qui ont fleuri autour de chez moi.

    Je n’ai aucune envie de gueuler contre les taxes, les impôts et autres prélèvements obligatoires. Ils me semble nécessaire de cotiser au pôt commun (l’Etat, c’est nous comme disait mon grand père) si on veut avoir quelques chances d’assurer une équité quelconque – précision importante, je juge ce que fait l’Etat des cotises obligatoires aujourd’hui déplorable, mais ça n’entrave en rien la nécessité de cotiser . Ma démarche de citoyen, d’humain est une ode à la vie, certainement pas une gueulante mortifère contre des oppresseurs supposés.

    Il suffit d’un accord (musical) joué à 15 un soir au cours d’un répète pour que toute mon existence soit justifiée. Le simple bonheur éprouvé au cours de cet unique instant de grâce justifie le simple fait de vivre – ou d’avoir vécu jusque là. Mais ce bonheur, je le trouve dans le sourire de ma fille, de ma compagne, des gens que je croise tous les jours. Je passe pour un allumé à l’école, à faire la bise à tous les parents d’élèves, à être heureux de les rencontrer. Oui, pour moi la vie est un bonheur de tous les instants. Et j’essaie, tant que faire se peut de communiquer autour de moi cet état d’Amour quasi perpétuel.

    Nos souffrances sont en nous.

    Je ne nie pas les fin de mois difficiles, l’absence de revenus et toutes les merdes que l’absence de fric peut induire, mais je constate surtout que ceux qui ont un peu veulent plus, plutôt que mieux. Et c’est un sentiment que je ne partage pas.
    Je ne regarde pas le pouvoir, ni les « possédants », ils sont pour moi tout aussi prisonniers de leurs passions et de leurs mode de vie que les autres. Je ne les envie pas.

    Il me semble au contraire nécessaire d’aller tous ensemble vers une vie ou la consommation serait réduite à sa simple part nécessaire, et où la raison l’emporterait sur la publicité pour envisager nos besoins.
    Cette onde de choc des gilets jaunes, c’est celle d’une souffrance bien réelle, mais lorsqu’elle s’exprime pour réclamer moins de taxes, et plus de pouvoir d’achat, il me semble que la vague va dans le mauvais sens. C’est le contraire qu’il faut quérir.
    Vue d’Afrique ou d’Asie, ces protestataires qui font partie des 5% les plus fortunés de la planète et qui la détruisent sans vergogne, ça doit être quelque chose d’assez vertigineux…

    Dernière remarque.
    Ce qui me plait dans cette vague de fond, c’est la délégitimisation d’un pouvoir qui se croit au dessus de tout mais qui au fond est aussi misérable que la politique qu’il soutient. Pour le reste, on n’y est pas encore.

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    • smolski
      smolski dit :

      « Je n’ai aucune envie de gueuler contre les taxes, les impôts et autres prélèvements obligatoires. »

      Mais non, la demande n’est pas contre l’impôt en soi mais son manque de justesse dans la répartition.
      De plus, cette iniquité est multipliée par le comportement indigne des classes dirigeantes à leur égard.

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  6. Philippe (LVPC)
    Philippe (LVPC) dit :

    Très beau décryptage du mouvement des GJ, et à quoi il s’oppose.

    Et en effet, la pauvreté ce n’est pas tant de ne pas « avoir à manger », mais plutôt l’impossibilité de… tout le reste. L’angoisse, la solitude, l’impression de vivre sur un astéroïde glacé aux confins de la ceinture de Kuiper.

    Alors que c’est tout le contraire : ce sont les dirigeants d’un nouveau jacobinisme à la solde de Bruxelles et du néolibéralisme, ainsi que leurs petits toutous bobos qui sont ultra-minoritaires.

    Du coup, la France est vraiment « en marche », et chacun peut bien sentir cette ineffable ambiance de fin de règne qui s’est installée : pas qu’en France d’ailleurs, le problème étant avant tout d’ordre macro-économique, nous ne faisons que nous prendre les conséquences de la crise de 2008 dans la gueule avec un peu de retard… en attendant la suivante.

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  7. Verneret
    Verneret dit :

    Bonjour,
    Je partage votre vision du consumérisme et le bon goût de la décroissance mais pas votre analyse du mouvement.

    Je n’ai pas de voiture, pas de permis, je me débrouille autrement, j’ai la chance d’avoir ce choix, et comme pour tous ceux qui l’ont ça tient beaucoup de la chance même quand il y a du mérite.

    Je me préoccupais de la fermeture de la maternité du Blanc quand l’annonce de la hausse des taxes sur le carburant est tombée, aussi j’étais en pleine empathie envers des femmes qui seraient sensées être plus en sécurité avec leurs contractions en bagnole dans des zones pas toujours couvertes par le réseau téléphonique que dans une maternité que les gens du coin refusent de laisser fermer… et une petite surtaxe pour la route, allez !

    Et j’ai lu aussi sur les pages du Monolecte les galères du transfert sur les particuliers du rôle de navettes administratives liées la scolarité… d’autres témoignages sur les conséquences des fermetures de bureaux de postes etc… qui ont un effet très lourd sur la dépendance à la voiture, et même si ça nous incombe parce qu’on a joué le jeu de cette politique libérale déjà trop longtemps, cette dépendance (entre autres) n’est pas le résultat d’un choix délibéré et éclairé des Français !

    Cette taxe au petit-tiny pourcentage écolo émet de vieux relents de coercition absurde (malfaisante et vaine) qui s’ajoutent à ceux du nouveau code du travail et autres trouvailles…

    Je pense plutôt aussi que les gens ouvrent les yeux, font le choix de prendre conscience d’une réalité qu’on a besoin de connaître pour y résister alors qu’on ne peut pas se réjouir d’en découvrir les entrelacs foireux. C’est déjà un renoncement au confort : celui du confort du storytelling politico-médiatico-financiaro-économique. Encore que ce confort laisse réellement de plus en plus à désirer pour de plus en plus de personnes.

    Réduire les attentes au cliché moins de taxes plus de pouvoir d’achat, c’est tout bénef pour le consumérisme : même en réduisant les revendications au seul pouvoir d’achat, est-ce que ça se borne vraiment à plus de pouvoir d’achat pour consommer aveuglément ? c’est parfois juste plus de pouvoir avoir un minimum de choix, de liberté dans ses dépenses, ça peut être aussi plus de pouvoir investir pour une information alternative, pour des comportements écolos et décroissants ? parce que sans investissement faut vraiment une sacrée chance pour réussir à vivre dans cette société sans polluer, même avec de bonnes pratiques et un savoir faire.

    Et oui, il y a des revendications qui me hérissent, mais il y en a aussi beaucoup qui me surprennent vraiment positivement, notament le rejet de l’injustice fiscale et non de la fiscalité.

    Et ça ne me choque pas que le savoir y voir clair ne précède pas l’ouverture des yeux… collectivement j’ai l’impression qu’on apprend plutôt vite

    Répondre
      • ti suisse
        ti suisse dit :

        bien; j’agrée, disons partage votre « chance » (et Saxo) évidemment avec ses nuances, éléments ou sentiments différents; ainsi par ex, équipé naturellement d’une bonne dose et notion économe (pas dit radin!) je constate qu’elles ne faiblissent pas, au contraire, ..l’âge n’aide pas je suppose,
        bonne fin d’année à tous,

        Répondre
        • verneret
          verneret dit :

          C’est un sacré atout de savoir acheter judicieusement, moi j’ai dû apprendre (et je continue)… aucun regret
          😉 bonne fin d’année à vous et à tous aussi

          Répondre
    • saxo
      saxo dit :

      Merci Verneret pour ta réponse.

      Il y a quelque chose de jubilatoire à voir les ronds points devenir des Agoras, à voir des gens, habituellement parqués chez eux en famille, sortir pour aller défier le pouvoir et s’initier à la politique au contact direct des autres.
      Finalement, sur beaucoup de plans, le mouvement des gilets jaunes est réjouissant, ne serait-ce que parce qu’il s’est formé tout seul, s’émancipant des partis des syndicats et de toutes formes de récupérations.
      Ok.
      Non, ce qui me fait sourire jaune, c’est le ressort initial, comme je l’explique plus haut. Pour voir un mouvement d’une telle ampleur prendre naissance, il faut taper au porte monnaie. Et ceux qui réagissent le plus vite ne sont pas ceux qui n’ont pas, mais bien ceux qui possèdent déjà plus que de raison, pour l’immense majorité. (Attention, plus que de raison ne veut pas dire beaucoup, hein? simplement dans un partage équitable à l’échelle planétaire… Argument qu’on peut balayer d’un revers de la main – genre « c’est pas parce qu’ils ont rien à bouffer qu’on doit crever de faim nous aussi » – mais qui n’en est pas moins fondé. On ne peut se permettre de continuer cet immense gaspillage duquel on est tous complices).

      Répondre
      • Verneret
        Verneret dit :

        C’est sûr que la consommation actuelle n’est pas tenable écologiquement.

        Je ne suis pas (entièrement) d’accord avec le sens que vous prétez à l’argent dans la problématique des gilets jaunes. Si les français étaient si près de leurs sous, il y aurait bien moins de non recours aux aides sociales, beaucoup font passer l’honneur (même s’il sont les seuls à le voir) avant l’argent.

        Quand l’état demande un geste (pour les retraites, soutenir les banques etc…) aux citoyens c’est de la solidarité et c’était cohérent dans le cadre d’un système de protection social solidaire. Mais c’est plus le cas, ce qui est pris d’une main par solidarité (en plus les taxes indirectes sont indolores… il parait) est redistribué plus parcimonieusement et par charité selon un concept du mérite incompatible avec les valeurs de solidarité.

        Pour compenser la solidarité des usagers dépendant socialement de leurs voitures l’état propose de faire d’eux un nouveau genre d’assistés ! Les entreprises vont faire un geste (sur la base du volontariat), quel esprit de charité, quelle générosité, baisons leurs pieds… Même le chômage qui relevait plutôt d’une assurance et vous couvrait selon votre durée de cotisation, préservant un peu votre honneur, est en passe de devenir une machine à prosterner le peuple devant la bienveillante toute puissance des entreprises.

        Je pense que c’est pour beaucoup le mécanisme de se différencier des « assistés » qui fait bouger les masses, plus encore que le porte monnaie ou plutôt à travers le porte monnaie. « On veut vivre de notre travail… » Je pense aussi que ce mécanisme génère beaucoup de pollution consumériste, des achats « marqueurs sociaux » dont beaucoup ne sont pas prets à renoncer pour le confort psychologique qu’il leur apporte, et qui sont plus le fait de la manipulation des masses que le propre de l’imbécilité des gens.

        Je crois que dans l’engouement pour cette forme de solidarité active, directe des gilets jaunes, et dans la formulation de certaines revendications il y a un fort rejet de cette manipulation de masses laquelle est à mon sens l’obstacle majeur pour un avenir politico économique en harmonie avec l’enjeu écologique.

        C’est une lecture que je vois au mouvement, parmis d’autres et celle que vous proposez est pertinente, mais j’aimerais bien qu’elle se révèle juste, et pas par vanité intellectuelle 😉

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  8. Jean-Claude Monatte
    Jean-Claude Monatte dit :

    Dommage, dans un texte si bien ficelé, d’avoir appelé à la rescousse un groupuscule raciste et antisémite : les Indigènes de la République.
    Monolecte, encore un effort pour sortir de la confusion !

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    • Philippe Huysmans
      Philippe Huysmans dit :

      Heuh, vous parlez de la madame qui a écrit le bouquin « comprendre l’antisémitisme » ? Agnès Maillard ?

      Vous pas comprendre ? Référence antisémitisme possiblement ridiculesque ?

      Je fais partie des gens qui ont republié l’article et qui sont également heureux de voir le magnifique accueil qui lui est fait sur Agoravox, par exemple. Peu de gens écrivent bien, et moins encore écrivent vrai. Quand ces deux qualités sont sont là, c’est du bonheur, merci de ne pas le gâcher.

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  9. François FLORENTY
    François FLORENTY dit :

    Merci Agnes pour ce très beau texte que je vais diffuser autour de moi !

    Très belles photos qui illustrent ton texte.

    Putain ça fait du bien !

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    • Agnès Maillard
      Agnès Maillard dit :

      Il y a les références des photos dans les légendes. J’en profite pour souligner la richesse du travail de Serge d’Ignazio et pour le remercier, une fois de plus, pour m’avoir donner l’autorisation d’utiliser ses photos pour souligner mon propos.

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  10. Jean-Claude Monatte
    Jean-Claude Monatte dit :

    M.Huysmans manque de références bibliographiques : je parlais, bien entendu, de l’égérie des Indigents de la République, la dénommée Houria Bouteldja, auteur de l’abject pamphlet antisémite « Les blancs, les juifs et nous. » Faire référence à de telles ordures, c’est plus qu’une faute de goût, c’est une erreur.

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    • labellebleue
      labellebleue dit :

      j’ai sursauté quand j’ai lu cette référence aux indigènes de la République. Je suis rassurée de voir que je ne suis pas la seule. Une petite réponse explicative d’Agnès serait la bienvenue. Parce que tout le reste est super.

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      • Agnès Maillard
        Agnès Maillard dit :

        Depuis leurs débuts, je trouve le combat des Indigènes de la République indispensable contre le racisme d’État et le racisme ordinaire qui rongent notre pays. Je sais qu’au grand jeu des chaises musicales qui est la condition sociale de notre pays, les racisés sont les perdants d’office et à priori, même pas éligibles à un strapontin. Nous-mêmes, les blédards de la République, subissons aussi un déclassement automatique dans l’immense compétition qu’est devenu notre pseudodémocratie.

        Il est vrai que je n’ai pas réellement suivi la polémique dont ils ont fait l’objet à travers le bouquin d’Houria Bouteldja, que je n’ai pas lu non plus.

        Maintenant, la première question est : qui l’a vraiment lu ?

        Parce que penser que les éditions de La Fabrique puissent sortir un livre antisémite, voilà qui m’étonne grandement. Donc, devant votre insistance, j’ai regardé ce qui justifie que l’on puisse ne plus citer ce mouvement politique → oh là là : une tribune dans Le Monde, Le Figaro et Marianne, signée par les éditocrates de service, pourtant bien connus, eux, pour leurs faits d’armes et une tribune sans droit de réponse.
        Sérieux ?
        Et encore plus aujourd’hui, à la lumière de la manière dont ces mêmes médias maltraitent systématiquement la révolte des gilets jaunes, alors même que nous avons les preuves accablantes chaque jour de leur duplicité ?

        Dénoncer la politique coloniale et raciste de la France et la manière dont le capitalisme instrumentalise le racisme pour maintenir les classes dominées divisées est d’intérêt public. On ne peut évacuer d’un revers de la main les plus dominés d’entre nous : les racisés.

        Je propose donc que chacun se fasse une opinion en lisant le droit de réponse de la principale intéressée, texte qui a bien sûr été refusé.

        J’ai moi-même expliqué dans mon bouquin qu’il existe actuellement une instrumentalisation de la critique de la politique raciste de l’État d’Israël que l’on assimile abusivement à de l’antisémitisme pour mieux discréditer les détracteurs, tout en sachant que les antisémites bien revendiqués utilisent ce même antisionisme comme faux nez pour exprimer leur haine raciste de manière détournée. Il existe aussi une instrumentalisation de l’idée même d’antisémitisme pour faire taire toute personne dont le discours dérange par ailleurs et ça, c’est non seulement dégueulasse, mais en plus dangereux. Certains des signataires de cette tribune sont même des habitués de ce genre de procès d’intention, destiné à masquer leur indigence intellectuelle qui, elle, n’est plus à démontrer.

        Dans mon texte présent, je parle des indigènes de la république comme d’un ensemble de personnes qui sont spécifiquement ciblées par les violences policières, qui subissent chaque jour un surcontrôle systémique (voire mortel) et dont tout le monde se fout assez royalement. C’est dans ce sens que j’utilise cette expression.

        Mais grâce à vos interpellations, j’ai creusé un peu le sujet et je maintiens leur présence dans mon texte.

        Il ne me reste plus qu’à lire le bouquin et non les resaucées qu’en ont faites des gens dont la crédibilité devrait être sérieusement interrogée et de voir s’il y a quelque chose dedans qui pourrait me faire changer d’avis, tout en sachant que je ne me laisse jamais aller à cette paresse intellectuelle qui consiste à jeter le bébé avec l’eau du bain.

        J’espère aussi que tout le monde a bien été interloqué par la tentative assez honteuse de notre gouvernement de vouloir remettre la question raciste sur le tapis pour nous diviser et de nouveau interdire toute pensée et tout débat sur les inégalités grandissantes et le fonctionnement de plus en plus totalitaire de notre société.
        Et que cela incitera tout le monde à réexaminer les chasses aux sorcières qui ne cherchent qu’à nous morceler, nous isoler et nous faire perdre du temps dans des polémiques montées de toutes pièces.

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        • ti suisse
          ti suisse dit :

          Merci Agnès pour cette rèp, propos et liens (m’avaient échappé) aussi il est probable (velléitaire) que j’en puise qql élément afin d’illustrer, disons étayer un texte, un sujet trottant de la tête aux doigts,
          – « la violence », une aporie spatiale (ainsi éternelle) incurable,
          ou pavée de dialectique et sémantique; no mercy homo sapiens.

          Dans ‘résoudre’ il y a ‘résolution’ (toutes saisons) ..bidon, fake !
          A moins-que, reprenant le koan: bébé + bain chassés, mon « moi enfant » (sioniste par ex.) et sa rebellion (sacrilège etc.) deux comportements essentiels, barbotent ensemble !
          L’aversion et la culpabilité peuvent-elles coopérer ?
          sinon arbitrées qql violence, (j’en suis là; zen ni urgence)

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  11. Jean-Claude Monatte
    Jean-Claude Monatte dit :

    J’ai bien entendu lu l’ignoble pamphlet de la Bouteldja, en retenant à chaque page une envie de vomir.
    Je n’ai aucune envie de discuter des clichés et des approximations véhiculés par les racialistes.
    On trouvera ci-dessous un lien pour un petit livre en pdf (la lecture à l’écran est pénible et je vous conseille de l’imprimer, la dépense en papier est amplement récompensée.) Un livre réjouissant, et, ce qui ne gâche rien, bien écrit.
    https://www.fichier-pdf.fr/2017/07/01/juliette-race/juliette-race.pdf

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    • Manac'h
      Manac'h dit :

      Je vous prie de donner les passages que vous dites antisémites. J’ai lu ce livre, il n’y a rien d’antisémite là dedans! Ou bien est-ce antisémites d’écrire le mot  »juif »? Des arguments et des exemples, merci.

      Répondre
  12. smolski
    smolski dit :

    Restant à me mêler aux ronds points des gilets jaunes (sans en porter un par aversion de tout uniforme…) lors des discutions autours du brasero, j’ai approché les idées des anarchistes et notamment le système de l’entraide qui les désigne principalement en tant que tel.
    Historiquement, le mot même de l’entraide est issu des écrits de Kropotkine où le mot s’écrivait : « l’entr’ aide ». 🙂

    De là, j’envisage d’attacher les Gilets Jaunes à l’écologie de combat, notamment devant la précipitation du dérèglement climatique.
    Proposer des slogans genre :

    « L’être humain n’est pas une marchandise.
    – Aujourd’hui des peuples souffrent de la croissance anti-écologique.
    – Demain ce seront nos enfants.
    – Dans 10 ans nous commencerons tous à en mourir. »

    Répondre
    • saxo
      saxo dit :

      « L’être humain n’est pas une marchandise.

      Bien

      – Aujourd’hui des peuples souffrent de la croissance anti-écologique.

      Bien (mais un peu lourd)

      – Demain ce seront nos enfants.

      C’est déjà le cas

      – Dans 10 ans nous commencerons tous à en mourir. »

      Moi j’ai commencé en naissant et ça ne m’empêche pas de vivre 😉 .
      Plus sérieusement, trop « religieux » si tu veux toucher. L’apocalypse, même écologique reste « l’Apocalypse ».

      Répondre
    • smolski
      smolski dit :

      Effectivement saxo, difficile de parler d’apocalypse et de rester les pieds sur terre, trop de connotations font barrages.
      Il reste que le mouvement gagnerait à lier le dérèglement climatique avec la perte de pouvoir d’achat qu’il subi.

      Je vais revoir les éléments… Merci 🙂

      Répondre
  13. smolski
    smolski dit :

    Hier soir je suis passé auprès des gilets jaunes de mon coin.
    Ils m’ont témoigné que les violences policières augmentent, notamment des provocations depuis celles-ci, les relevés d’identités, enfin tout le barnum répressif qui a été utilisé pour contrer la révolution arabe.
    Le fait qu’ils utilisent tous leurs téléphones portables pour communiquer les rend d’autant plus vulnérables, en plus d’animer le site fessebouc d’où tous les renseignements sont transcrits au gouvernement encore en place.

    Il y a aussi de très jeunes enfants dont je pense que les parents sont isolés pour la garde, dans le froid, ils en bavent les petits et se demandent certainement ce qu’ils foutent dans cette galère…

    Sinon, un groupe de gilets jaunes du bourg voisin est venu faire de la musique et partager des galettes dans la soirée. 🙂

    Répondre
  14. smolski
    smolski dit :

    En ajoutant le film Scarface de Howard Hauwks à ma cinémathèque, voilà-t-y pas que je tombe sur une affiche illustrant ce film en VO avec ce texte de présentation en tête :
    « The rise and fall of a power hungry mobster. »
    Soit, en VF :
    « L’ascension et la chute d’un truand affamé de pouvoir. »

    « tu t’en remets au puissant pour qu’il exerce son autorité sur le « petit homme ». Mais tu ne dis rien. tu confies aux puissants ou aux impuissants animés des pires intentions le pouvoir de parler en ton nom. Et trop tard tu t’aperçois qu’une fois de plus on t’a trompé. »
    Wilhelm Reich

    https://booknode.com/ecoute_petit_homme_032067/extraits

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