Quand la merde monte…

Ils n’ont toujours pas honte, pas honte…


Sur la plageHa ! au fait, c’est la crise ! Si, si, je vous jure ! Même que ça passe à la télé. En boucle. D’ailleurs, si c’est à la télé, c’est que c’est vrai. Dans les journaux, on n’est jamais sûr, avec tous ces copains et coquins de journaleux, mais à la télé, il y a des visages qui portent les mots et des regards bien droits, bien francs, bien assurés, qui traversent le salon, escaladent le plateau-repas et se vissent directement dans notre rétine. Les mêmes pupilles hypnotiques qui soulignaient il y a encore bien peu que tout allait bien dans le meilleur des mondes, les mêmes voix posées qui prédisent aujourd’hui, tranquillement, la fin de la zone de turbulences, avec encore plus d’aplomb et de douceur qu’une annonce sur un long courrier d’Air France.

Parce que c’est ça une crise : une série de remous bordéliques avec un début et une fin. Ensuite, tout rentre dans l’ordre et les cochons seront bien gardés. Il suffit de serrer les dents un petit moment, la ceinture aussi, et ça devrait finir par passer, comme une mauvaise lampée d’huile de foie de morue.

Sauf que…

Comme le décrit avec une belle précision l’ami Patrick des Suiveur(s) de Choses, la fameuse crise n’a rien d’un gentil rouleau compresseur qui nivellerait gaiement le tissu social comme une belle bande bitume tiède. Elle est sélective, la bougresse! Elle n’a d’ailleurs pas le même début, selon la place que l’on occupe dans la société en général et sur l’échelle des salaires en particulier. Elle n’a pas non plus la même dureté pour tous et du coup, on ne peut qu’être circonspects quant aux prédictions assurées de nos Madames Soleil de l’économie. Si, déjà, ils avaient pu la voir arriver…

D’un autre côté, il faut les comprendre, quand la mer monte, nous n’avons pas tous les pieds mouillés en même temps. En 30 ans de politique économique libérale, les premiers qui ont bu la tasse étaient ceux qui avaient déjà le cul dans l’eau : le lumpenprolétariat, les gagnent-misère, les torchent-culs, les sans-grade, les chiens perdus sans collier, ceux qui ne sortent pas du moule et ne rentrent pas dans les bonnes cases, les petits bras de l’entresol, les mangent-merde, ceux pour qui la crise est une seconde nature. Ceux-là, ça fait un bon moment qu’ils pataugent sous la ligne de flottaison, un bon moment qu’ils ont même cessé d’appeler à l’aide, tant les passagers de l’entrepont s’en tamponnent de leur sort, de leur peine, de leur malheur. Que voulez-vous, ma bonne dame : ils n’avaient qu’à mieux bosser à l’école, tous ces bras cassés. Regardez, moi, je me suis faite toute seule, à la force du poignet. Quand on veut, on peut.

Le naufrage d’un monde en perdition, c’est surtout quand la foule des deuxièmes classes a les arpions qui trempent, qu’on commence à s’en préoccuper vraiment, quand les rats mouillés et affolés remontent de la cale et investissent les cuisines.
Mais quel est donc ce scandale ? Nous avions payé un bon prix pour un confort minimum !
Petites lâchetés quotidiennes, renoncements en cascades, le gros de la troupe, la fameuse classe moyenne, a fermé les yeux à s’en fendre les paupières sur toutes les petites saloperies qui tombaient drues sur le dos de ceux qui échouaient dans la grande course à l’échalote. Salauds de chômeurs, salauds de pauvres, enfoirés de malades, les cassos’ pourrissent la vie des gagnent-petits, à toujours prélever cette indigne petite miette de survie sur le fruit de leur labeur, sur cet argent si cher et si durement gagné.
C’est donc tout naturellement quand les classes moyennes ont commencé à s’enfoncer dans la merde à leur tour que le concept de crise a pu sembler pertinent. Pas de panique, mes amis ! Enfilez vos plans de sauvetage ! Pataugeons quelque temps ensemble, avant un bien mérité retour à la normale. Quand la mer monte, elle finit toujours par redescendre, non ? Enfin, sauf en cas de réchauffement climatique global, mais ces écolos ne sont que de fâcheux paranoïaques, n’allons pas nous pourrir nos prédictions de lendemains qui chantent pour si peu.

Ainsi donc, l’orchestre continue de jouer en première classe, là où les rubans froids de la marée peinent encore à déferler.
Et pendant ce temps-là, la mer monte toujours…

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35 réponses
  1. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    En fait, c’est une collision entre trois métaphores qui filent doux : le Titanic, effectivement, Quand la mer monte (la chanson ch’ti pour le rythme, le film de Yolande aussi) et les sombres héros de l’amer des Noirs Désirs. Le tout sert à illustrer le propos de départ, à savoir que ceci n’a rien d’une crise. Quand un bâteau a fini de couler, il ne se renfloue pas tout seul pour reprendre son chemin, il reste au fond.

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  2. Céleste
    Céleste dit :

    pareil en Italie, où le parti Berlusconi vient de fusionner avec A.N., le parti de Fini, histoire de ratisser encore plus large!
    Fini qui arrive direct du fascisme et qui a tenu un discours…centriste, histoire de récupérer avec de belles paroles quelques électeurs du PD (centre "gauche", enfin gauche c’est eux qui le disent, pas moi)

    toujours est-il qu’à Bologne, ville riche, la crise n’affecte visibliment pas la majeure partie de la population. Certains notent ,avec surprise, qu’ils ne la sentent pas.

    Mais ce n’est pas le cas partout, loin de là, au sud les licenciements d’ouvriers se multiplient.

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  3. frep
    frep dit :

    Article saisissant , notamment quant aux manifestations de la crise . . Le titre m’interpelle : ils n’ont pas honte . .La honte est un sentiment inconnu ou une catégorie sans importance pour un certain nombre de nos hommes politiques et élites dirigeantes ,pour lesquels l’intérêt personnel, le cynisme passent avant toutes choses ; vulgairement parlant , ils n’ont pas de figure ,tels les responsables de la crise qui jouent maintenant les moralisateurs . .

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  4. speedy
    speedy dit :

    Le dernier décile (b. de mille) continue de se goinfrer de stock-options et de boni et le lumpenprolétariat n’y trouve pas grand chose à redire. Donc tout va bien, pourquoi s’inquiéter ?

    Quelques bombes à retardement tout de même : le déficit abyssal et la solidarité avec les nouveaux membres de l’UE dont les économies s’effondrent et que quelqu’un va bien devoir renflouer.

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  5. jan
    jan dit :

    Jean Paul Fitoussi "madame soleil de l’ économie" :

    «L’équipe Obama injecte tellement d’argent contre la crise qu’on se dit qu’il finira bien par se passer quelque chose….Quant à la date de sortie de crise, la réponse ne peut être qu’intuitive. On touche le fond en 2009, mais la sortie sera forcément décalée par rapport aux prévisions. Contrairement aux années 1930, les gouvernements font quelque chose. Alors il se passera quelque chose.»

    Ça me rappelle quand j’ avais 12 ans et que je bricolais avec ma boite "chimie 2000" : je mélangeais les produits au petit bonheur la chance en me disant « il va forcément se produire quelque chose »

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  6. speedy
    speedy dit :

    @jan 6 : en effet, on sent le gars qui maîtrise ! il travaille aussi sur des modèles pour prévoir les "non-linéarités de l’économie" : trop fort le gars ! quand il aura son modèle, on sera sauvés et la crise derrière nous. ya plus qu’à attendre…

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  7. J.D.
    J.D. dit :

    Euh… si je peux mettre mon grain de sel. Les "premiers qui ont bu la tasse", c’est plutôt tous ces jeunes qui rentraient sur le "marché de l’emploi". Ou, pour reprendre l’image : ceux qui voulaient monter à bord (du bateau "emploi") et dont on ne voulait pas à bord… et qui essayaient de s’accrocher tant bien que mal à la coque du bateau…

    Mais bon, ça commence à être du détail tout ça. Si ça continue encore, il n’y aura plus aucune différence…

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  8. fao
    fao dit :

    Ils n’ont ni honte ni complexes, un logiciel c’est comme ça, à moins de le démolir il continue du pareil au même. Voilà comment c’est.

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  9. alain maronani
    alain maronani dit :

    Un superbe texte c’est incontestable. Ceci n’est pas évidemment une crisette à la papa et il n’y aura pas de redémarrage, pour qui d’ailleurs ni en 2009,2010 ou 2011, malgré les modèles de Fitoussi ou de machin chose. C’est la structure, la disorganisation, le modèle du système actuel qui est mortellement touché d’ou l’incapacité de ceux qui font ou défont l’opinion publique à imaginer un autre avenir et à porter un autre espoir.
    L’histoire nous enseigne, hélas, que la sortie de ce type d’impasse permet la mise en place de régimes autoritaires voire fachistes car il faut continuer à faire saigner la bête et nous pouvons parfaitement imaginer Talonette 1 er dans le rôle d’un Bonaparte de remplacement Tant qu’a Berlusconi son rapprochement avec les groupes facistes italiens ne l’empechera surement pas de dormir !!!!!

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  10. Joëlle BAGRY
    Joëlle BAGRY dit :

    Ca fait plaisir quelqu’une qu’a pas peur des mots; pour reprendre de la métaphore marine, j’emprunte souvent un vieux vers à Bashung, "là j’ai pied, là j’ai pas pied, là…" et bien, quand je lis un article je reprends pied, et je me réargumente, ça remet en marche mes circuits , je prends de l’énergie là où y en a, distribuée généreusement, suivant le principe du "bien commun". MERCI
    j’aime bien ce petit film http://www.dailymotion.com/video/x7
    qui reprend "l’effet domino"; Si on se décide pas à réagir, on sera beaux tous là, devenus fous à chanter ‘"dansons la capucine" dans un champ de mines!!!

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  11. Patrick
    Patrick dit :

    Salut miss Monolecte ! je me doutais bien que quelqu’un ferait un beau texte sur la chose 😉

    A part ça, et pour Speedy#5 : le "dernier décile" commence à 3.000 Euros par mois et ne se goinfre pas nécessairement de stock-options. Le creusement monstrueux des inégalités, ces 20 dernières années, a crée cette situation un peu bizarre : les mecs à 3.000 boules par mois, dont les gamins viennent de plonger au chômage ( c’est le cas des miens depuis la semaine dernière), barbotent dans la même catégorie statistique que les milliardaires dont les gamins terminent de brillantes études dans de forts élitistes institutions étrangères.

    Et c’est pas parce que nous sommes tous les deux dans "le dernier décile" qu’on se tape la belote à l’heure du pastis.

    La courbe des salaires est devenue une exponentielle dont la pointe supérieure a siphonnée, comme jamais dans l’histoire du capitalisme triomphant, les ressources de la base. Base qui est devenu tellement plate que les mecs qui sont au tout début de la pente (les 3.000 par mois, l’ancienne "classe moyenne" en voie d’extinction) n’ont jamais été autant pris en tenaille : coincés entre la demande de solidarité avec le "plat" de la courbe, et l’exigence d’exploitation à outrance du haut de la pointe.

    Voilà la situation du "bas" du fameux dernier décile : tu es solidaire avec ceux qui coulent et tu finis en pompiers mort dans le naufrage. Donc inutile. Où tu marches sur les autres en espérant sortir par le haut. Espoir vain, bien sûr : il y a si peu de place dans le haut de la pointe qu’elles sont toutes réservées depuis longtemps. Il suffit de les regarder agir en ce moment pour t’en convaincre : ils jouent à guichet fermé.

    Elle est pas belle, la vie ?

    Répondre
  12. Jean-Christophe
    Jean-Christophe dit :

    Les gagnent-misère peuvent peut etre se faire un peu de blé en proposant des cours de survie à la crise à ceux qui n’en ont pas l’habitude…

    Répondre
  13. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Ha bon?!? Tu penses qu’il y a quelque chose à en attendre? Les pays les plus riches se font un club entre eux et tu espères quelque chose pour résoudre la crise qui leur remplit si promptement les poches?

    Répondre
  14. John
    John dit :

    Patrick, voir Frédéric Lordon pour une description chiffrée et détaillée :

    Il est utile pour commencer d’indiquer qu’on entre dans ce décile le plus aisé avec un revenu annuel de 33 190 euros en 2006 [8] … donnée de nature à relativiser la notion de « richesse » que suggère spontanément l’idée des « 10 % les plus riches ». C’est bien parce que ce décile a perdu toute homogénéité, et que les moins riches des plus riches ne sont pas si riches, que le ratio décile supérieur / décile inférieur en termes de revenu moyen n’a pas explosé. Mais à l’intérieur du décile supérieur, la variance est devenue extrême. Entre ceux du bas – à 33 000 euros l’an – et ceux du haut, il n’y a plus aucune commune mesure. Il faut en fait commencer à regarder le décile supérieur du décile supérieur (soit le centile supérieur, les 1 % les plus riches) pour commencer à apercevoir quelque chose de significatif, et encore. Pourvu qu’on dispose d’une optique de précision il est préférable de scruter les 0,1 %, voire les 0,01 % les plus riches pour voir vraiment ce qui se passe et comprendre ce qu’inégalité veut dire. Pour qui douterait que des évolutions s’y produisent à grande vitesse et que l’intérieur même du décile est en train de s’étirer prodigieusement, Camille Landais rappelle que, là où le revenu fiscal déclaré de 90 % de la population française a augmenté de 4,6 % entre 1998 et 2006, celui du 1 % supérieur a augmenté de 19,4 %, celui du 0,1 % de 32%… et celui du 0,01% de 42,6 % [9] !

    http://blog.mondediplo.net/2009-03-

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  15. damien
    damien dit :

    "Attendons… ". Attendre quoi, et de qui ?

    Il y a UNE et UNE seule chose à faire, et nous le savons TOUS ! mais nous sommes des larves, des imbéciles …

    Répondre
  16. chris
    chris dit :

    L’on ne pourra m’empecher de penser que la crise, enfin l’invention de la crise a du bon ; or dégats collatéraux bien sur.

    D’autant qu’il va m’étre difficile de pleurer sur les malheurs de la classe moyenne – je l’ai toujours considéré comme le principal vecteur du nivellement par le bas , de l’assise des monopoles et du résultat éloquent de chaque election quinquénale.

    Tous le comme le piratage de l’oeuvre artistique sur le web aura du bon pour l’artiste inconnu qui lui y aura gagné en visibilité, qu’il pourra rattraper en quelques concerts….tous comme l’auteur Rmiste peut enfin accéder la vente de ses livres, le produit de son travail, sans étre exploité par un éditeur …

    La crise est une opportunité pour les petites boites de la crise qui peuvent enfin bénéficier de la visibilité sur leur offre…

    Pour une grosse boite qui plonge avec 700 ou 800 licenciements, c’est combien de de petites structures qui galéraient qui reprennent vie sur le marché.

    Le salariat dans sa lente dégradation à suivre du pacte de la résistance , n’est plus qu’un statut scélérat hormis pour ceux en mesure de le négocier.

    Doit-on défendre cela au nom de la maison de ses rêves, des vacances au sports d’hiver ou se dire que se réapproprier de façon la plus indépendante possible son moyen de subsistance, de survie …

    L’on arrive à ce jour au seuil de l’imposture syndicale, doit on participer à une manif de plus, entamer une gréve pour obtenir des miettes comme en Guadeloupe – ou préférer que la crise fasse son oeuvre le plus vite possible.

    Cette crise est factice, bien entendu ; a-t-on-vu un constructeur d’automobile haut de gamme reporter la sortie d’un modéle, non ! l’on encourage juste les pauvres anciens ou nouveaux à se rapprocher du concessionnaire Dacia.

    Répondre
  17. Patrick
    Patrick dit :

    @Chris : "Pour une grosse boite qui plonge avec 700 ou 800 licenciements, c’est combien de de petites structures qui galéraient qui reprennent vie sur le marché." A vue de nez sur les premières salves de fermetures, je dirais : aucune. Mais je peux me tromper. Le "marché" étant structuré pour que les petites boites fonctionnent en sous-traitance des grosses, ce sont les premières à tomber. Et celles qui ne sont pas sous-traitantes n’ont aucune capacités à proposer une offre "de crise", pouvant s’adapter à une clientèle désargentée. Résultat : elles ne vendront rien non plus.

    De même que l’artiste qui "gagne en visibilité" devra probablement se contenter de ce "gain", vu que les acheteurs potentiels de ses oeuvres auront les poches aussi trouées que les siennes.

    La logique du "regarde-tomber-les-boites" que tu proposes conduit, au mieux, à l’instauration d’un marché marginal pour les produits de première nécessité, où les petits producteurs encore debout se tailleront, en effet, la part du lion (plutôt de la hyène, d’ailleurs). Ce marché porte un nom connu, d’assez sinistre mémoire : le marché noir.

    Le "grand vide" en marche actuellement dans le système d’échanges marchands est sans aucun doute une bonne occasion pour nous d’en repenser les bases, mais certainement pas un "appel d’air" pour tenter d’en changer les pratiques. C’est un trou noir d’où ne sortira aucun lapin. Aussi jubilatoire en soit le spectacle qu’il offre (" j’irai pisser sur vos tombes !"), il n’est que mortifère. En aucun cas objet d’auto-re-création.

    Va falloir se casser un peu le cul si on veut trouver mieux.

    M’enfin, si tu décides que la crise est "factice-bien-entendu", ces questions n’ont plus guère d’intérêt. On va attendre un peu qu’"ils" se calment, en rentrant les épaules et en éviter surtout de céder aux champs des sirènes du concessionnaire Dacia. Ce sera effectivement beaucoup plus simple.

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  18. dom
    dom dit :

    Moi j’dis qu’il faut pas stigmatiser un mec qui te raconte une histoire histoire de surtout faire passer qu’il est thuné et fréquente donc des gens plus que bien comme il faut même si z’ont pas tout à fait les idées raccord avec ses idées à lui que c’est forcément un mec vu sa situation de mec qui cotoie des grands et qu’a déjà bien tout soupesé et surtout définitivement non faut pas le stigmatiser il a le droit lui aussi à son ressentiment tout humain qu’il est donc à toute notre attention. Attention.

    Répondre
  19. pierre jc allard
    pierre jc allard dit :

    Je tente de vous rejoindre pour vous demander de m’autorisiez a reproduire certains de vos articles sur "Les 7 du Québec", dans le cadre d’une chronique permanente qui mettra "en vedette" 6 blogueurs français sous la rubrique "Les 6 de l’Hexagone".

    Nous sommes un site contestataire, mais bien poli. Vous pouvez voir … http://les7duquebec.wordpress.com

    Pierre JC Allard

    Répondre
  20. Patrick
    Patrick dit :

    @Chris : je note que ta remarque est vraie pour moi : je me contente aussi de constater. En essayant de ne pas trop renoncer, ni commettre trop de ces lâchetés dont parle Agnès.

    Le parallèle que tu établis entre la contrefaçon et le marché noir de l’alimentation me parait un raccourci un peu audacieux. La contrefaçon nait, me semble-t-il, d’un marché d’abondance, et vise à satisfaire une demande compulsive d’achats superflus. Les "produits" de ce marché sont certes moins chers que les originaux, mais seront toujours "trop" chers dans un marché en récession : s’acheter une fausse Rolex quand son frigo est vide ? je vois pas bien.

    La voler, peut-être ? 😉

    @speedy : ouaip, j’avais vu, pour le décile. Un truc rigolo, tiens, d’ailleurs : c’est quelques jours après avoir lu l’article pointé par John#17 que le truc que je raconte m’est arrivé. Il était encore frais dans ma tête quand mon pote m’a sorti sa connerie. D’où mon réflexe : j’étais en train de nettoyer mon neurone, le coup est parti tout seul :-))

    Répondre
  21. chris
    chris dit :

    """"La logique du "regarde-tomber-les-boites" que tu proposes conduit, au mieux, à l’instauration d’un marché marginal pour les produits de première nécessité, où les petits producteurs encore debout se tailleront, en effet, la part du lion (plutôt de la hyène, d’ailleurs). Ce marché porte un nom connu, d’assez sinistre mémoire : le marché noir."""

    Mouai, la contrefaçon aussi, ainsi que tous les trafics de matiéres premiéres marchent trés fort …

    Ce qui laisse fatalement réveur quant à un changement des pratiques ( j’attends d’ailleurs la prochaine grande manif pour voir trembler Sarko, mais bon si ça défoule le citoyen de défiler en rangs serrés ).

    C’est comme lorsqu’ils parlent de s’attaquer au narcotrafic ou aux paradis fiscaux : les seuls fonds disponibles où ils pourront emprunter bientôt.

    Pis bon , je propose rien ! Je me contente de constater.

    Répondre
  22. speedy
    speedy dit :

    @patrick : mea culpa, l’article pointé par Agnès parlait de décile mais je me suis planté, je voulais dire centile. D’où l’allusion aux stock-options. Ça m’apprendra à vouloir faire un (pauvre) jeu de mots avec Cecil Billet de Mille.

    Notez, que les salaires des commissaires européens sont maintenant dans le collimateur. Il serait presque tant. Celui des fonctionnaires européens devrait aussi être regardé de près : à responsabilité/fonction égale, un fonctionnaire EU gagne entre 3 et 5 fois plus qu’un fonctionnaire belge. A quel titre ?

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  23. floreal
    floreal dit :

    "C’est comme lorsqu’ils parlent de s’attaquer au narcotrafic ou aux paradis fiscaux : les seuls fonds disponibles où ils pourront emprunter bientôt."
    Chris n’a pas tort, là.
    C’est le genre de chose qui me laisse toujours sceptique. Selon moi, les gens sauteront sur leur voisins qui ont à peine plus qu’eux avant que quiconque réussisse à démanteler les paradis fiscaux…
    Chris a cependant oublié deux fonds disponibles non négligeables: l’islam et le vatican.
    Si vous faites bien votre prière quand on vous le dit, vous aurez des gros sous.

    Répondre
  24. Michel
    Michel dit :

    "Quand l’eau de la rivière monte,
    les poissons mangent les fourmis.
    Quand elle descend jusqu’au fond,
    les fourmis mangent les poissons."

    Pierre Perret

    Répondre
  25. Farid
    Farid dit :

    Je ne sais pas vraiment où commence et ou elle finit la classe moyenne mais une chose est sure, je la sens bien monter cette crise comme un suppositoire au piment de Cayenne.

    Quand on a viré tout le superflu et qu’on reste en négatif plusieurs mois de suite, c’est qu’on ne peut plus la nier cette putain de crise et ce d’autant plus qu’on gagne l’équivalent de plusieurs SMIC par mois. Je me demande juste ce que ce serait si je n’en gagnais qu’un seul !

    Mais bon avant de toucher à l’alimentaire ou à l’essentiel, on peut faire sauter un tas de trucs couteux et pas forcément indispensables, comme l’équitation de la grande ou la danse de la petite … ou la musique pour les 2.

    C’est vrai que cette crise ne touche pas tout le monde avec la même acuité.

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  26. Claudia
    Claudia dit :

    Monolecte , tu casses tout , c’est vraiment mortelle classe .
    Je ne te parle pas du fond de ton texte , on connait ….mais de cette façon magistrale de l’enrober qui fait qu’on ouvre tous grands nos yeux horrifiés tellement tu nous le fais redécouvrir , tout neuf , tout hideux.
    Tu es douée , celà devient fatigant de te le dire à chaque fois grrr

    Répondre
  27. ou si peu
    ou si peu dit :

    Je cite:
    "Si, déjà, ils avaient pu la voir arriver…"

    Cette phrase est totalement fausse, c’était annoncé depuis des mois.

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  1. […] pour ceux que la pompe en fleur de cuir et à talon ferré du capitalisme triomphant et prédateur écrase chaque jour un peu plus dans leur merde. Non, pas d’amélioration sociale en vue. Ni pour eux, ni pour nous. D’où la […]

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