A la louche

Étrangement, cette année, la gueule de bois tombe un peu avant les fêtes.


Au sommet

En ce moment, je fais comme tout le monde : je mange ma merde, a déclaré une amie qui s’exprime généralement avec bien plus de précautions langagières.

Manger sa merde, en cette fin d’année, c’est rester dans un job pourri et fermer soigneusement sa gueule en espérant que la tempête passera au large. C’est faire semblant de ne pas voir les coups de sabre répétés contre le Code du travail, les salaires qui font, au mieux, du surplace et la balkanisation totale du monde du travail, où chacun tente de sauver sa peau, quitte à marcher sur le voisin.

On pourrait se dire qu’on est à 2 000 lieues de l’ambiance de franche fraternité qui avait éclos à l’ombre des piquets de grève de cet automne, mais en fait, on est en plein dedans, on paie cash la facture de la solidarité à deux balles. C’était bien sympa de savoir de les 3/4 des Français soutenaient le mouvement contre la réforme, que dis-je, le dynamitage en règle de nos retraites, mais dans les faits, ce que les gens soutenaient, c’est l’idée qu’une bande d’excités allaient se peler les miches, se manger le tonfa, se faire des soirées pâtes à l’eau à leur place tout en sauvant une certaine idée de la sécurité contre la rapacité du patronat financiarisé. La révolution par procuration, en gardant les arpions bien au chaud et en ne compromettant pas ses chances de promotion carriériste, maintenant, on en a la confirmation : ça ne mène nulle part.

Résultat des opérations : c’est 100 % des salariés qui l’ont franchement dans le cul et un patronat avide qui fonce à tombeau ouvert sur l’autoroute de la dérégulation sociale en klaxonnant. Parce qu’on avait, par contre, tous bien compris que l’enjeu des luttes de l’automne dépassait de très loin la simple question comptable de savoir de combien on serait tous plus miséreux au moment où nous ne pourrions plus arquer au boulot. On le savait et on a été petits joueurs. On le savait et maintenant, on bouffe tous notre merde. Dans de grands bols. Pleins à ras bord.

Ces derniers jours, j’ai entendu les médias bruisser de murmures annonçant le début de la reprise. J’aime bien ce refrain. On nous le balance au moins une fois par mois, histoire de voir si cette fois-ci, la mayo va prendre. En vérité, ce n’est pas exactement ce que l’on voit sur le terrain, là où les vrais gens vivent et en bavent, jour après jour. Le meilleur indicateur du contraire, c’est quand les fier-à-bras ont cessé de se la péter et ont sorti la cuillère à soupe de leur poche arrière. Mais si, vous en connaissez tous, de ces gens, pas spécialement plus méchants ou crétins que les autres, mais qui ont toujours fanfaronné qu’eux, ils savent qu’ils retrouveront toujours du taff, qu’il suffit de ne pas faire son difficile, que quand on veut, on peut, que si on les fait chier au boulot, il leur suffit de passer 3 coups de fil et c’est plié, ils gagnent leur croûte ailleurs. Le chômage, la peur du lendemain, ils ne connaissent pas, ce sont des fonceurs, des bosseurs, des acharnés, rien ne leur résiste et personne ne se met en travers de leur chemin.
Et bien, les fier-à-bras, ces derniers temps, ils ont sorti la cuillère à long manche et leur pince à linge, ils ont un peu fait la grimace et ils se sont mis au grand plat de merde comme les copains. Parce que même eux ont bien compris que quand la musique s’arrête, mieux vaut être assis sur un tapis à clous, que le cul entre deux chaises. Ils ont compris que même si ton boulot est pourri, que ton patron a une tête de con, que ton salaire est en peau de chagrin et tes collègues de fieffés connards, des balances, des lâcheurs et des faux jetons, même si tu dois te gaver d’antidépresseurs pour continuer à te lever le matin, c’est quand même mieux que de te retrouver sans rien, parce que le rien, ce n’est plus une transition, un état provisoire, mais c’est un gouffre immonde d’où tu pourrais bien ne plus jamais ressortir.

Donc tout le monde bouffe sa merde et attend.
Certains, faut bien le dire, n’attendent plus rien et n’espèrent plus grand-chose de leur vie. Juste que ça n’empire pas plus que ça. Tout en ayant bien conscience que si, ça y est, on a bien compris, ça ne peut qu’aller de mal en pis. Les boîtes se cassent la gueule. Celles qui tiennent le choc le font en serrant la vis à triple tour. Les seuls qui s’en sortent encore pas trop mal, ce sont les collabos, les salopards, les égoïstes, les sans scrupules, les exploiteurs, les filous, les trous du cul, ceux qui, quoi qu’il arrive, sont toujours prêts à vendre leur mère contre le premier plat de lentilles venu. Autant dire que ce n’est pas la peine de se bousculer dans la file d’attente, cette fois-ci, de la merde, y en aura pour tout le monde, avec même du rab’ pour les plus gourmands.

Et puis, il y a les indécrottables optimistes. Qui pensent vraiment que les exploiteurs, on va se les faire en 2012, en votant utile.
Là, je ne sais pas quoi dire.
En tout cas, rien de plus que je n’ai déjà dit et rabâché.
Est-ce que l’on n’apprend jamais de l’expérience passée ?
Ou est-ce qu’on préfère se raconter des histoires pour ne pas voir arriver le tsunami de merde que certains nous préparent sans même trop de finesse et de doigté ? Franchement, entre la remise en selle de la fille Le Pen et l’inflation sondagiaire ridicule autour de DSK, l’envoyé spécial du MEDEF au FMI, la ficelle est tellement grosse qu’avec on pourrait renflouer le Titanic et le tracter jusqu’à la Lune.

Je ne crois pas aux hommes (ni aux femmes, d’ailleurs) providentiels. Je ne crois pas que le salut puisse être naturellement sécrété par le système qui nous broie depuis des années. Je ne crois pas qu’en se la jouant profil bas, chacun dans notre coin, on aura la moindre chance d’améliorer notre condition.

Je crois seulement qu’à force de bouffer notre merde, on a juste tendance à bien puer de la gueule.

Je crois que tant que nous n’aurons pas pris conscience que notre droit à vivre dignement n’est jamais acquis et que nous devons le défendre nous-mêmes, chaque jour et tous ensemble, nous n’aurons que des lendemains qui déchantent à offrir à nos enfants.
Je crois que nous avons été assez près, cet automne, de retourner la machine à broyer à notre profit, au profit du plus grand nombre contre celui, monstrueux et exorbitant de quelques-uns.
Je crois qu’il nous faudra prendre conscience que notre force réside dans notre capacité à nous révolter et à unir nos indignations contre ceux qui exploitent sans vergogne nos peurs et nos renoncements.
Je crois qu’il nous faudra lutter d’abord contre nous-mêmes, contre notre résignation imbécile pour retrouver le goût du combat et l’envie du progrès social.

En attendant cette illumination, vous pouvez toujours sortir vos louches, les gars !

37 réponses
  1. Richard Heiville
    Richard Heiville dit :

    Tu as mangé un mot dans la phrase:
    "c’est quand mieux que de te retrouver sans rien"

    Autrement, moi je suis tombé dans la bassine quand j’étais petit. (comment ça, je pue la merde?)

    Et pendant ce temps-là en Grèce:
    http://www.youtube.com/watch?v=hUyi

    En ce moment, c’est plus "tous ensemble, tous ensemble grève générale" mais
    "tous ensemble, tous ensemble, crève générale !" (la grippe aura tous notre peau)

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  2. vieille dame
    vieille dame dit :

    tiens, on sent poindre une amertume certaine envers ceux qui ne sont pas allés aux manifs…
    mais avez vous déjà fait l’expérience de perdre une manif ? (bon d’accord à l’époque elles n’avaient pas de trajet prévu de longue date) – perdre une manif, ça donne un coup au moral, parce que, à 10 m, la vie continue… simple et tranquille (enfin, en apparence)… et on prend un grand coup au moral.
    Mais ne voyiez vous pas que vous avez servi de main d’oeuvre à des syndicats qui ont besoin, périodiquement, de refaire un peu d’adhésions (car ils frolent l’invraisemblance dans ce domaine) et les subventions, ça suffit, mais il faut sauvegarder les apparences. Mais de syndicats qui n’ont pas vraiment envie de mettre en place un vrai rapport de force (voir la façon dont ils organisent les transports vers les manifs !) – impossible d’être au courant si on n’est pas syndiqué… Ce ne sont plus que des bureaucrates qui vont chercher dans les caves leurs petits drapeaux tout faits achetés à des professionnels de la banderole (oui, ça existe, un maire de gauche par ici (50 habitants) gagne sa vie avec ça) – et hop, la corvée périodique, et hop retour à la maison, tranquille…
    les gens qui souffrent vraiment n’ont pas les moyens de s’investir dans des actions qui vous foutent le moral à plat pour des années… et qui acouchent de petites crottes… ou caremment de rien du tout.
    Notre grand homme s’est quand même payé le luxe cette fois, de féliciter les syndicats d’avoir fait leur boulot ….
    le peuple n’est résigné que si il n’a aucune perspective avec une tactique bien définie, aucune formation politique… nous ne sommes pas lâches, nous sommes réalistes !
    c’est bien de sortir en hurlant dans la rue, mais si ça doit amener un gouvernement stalinien par exemple ? ou un dictateur tout content d’utiliser la peur des bourgeois ? (ou de ceux qui se croient bourgeois…).
    PS : la retraite, oui d’accord on en parle… mais les minima sociaux (dont le minimum vieillesse…) , oubliés ! pourtant nous sommes de plus en plus nombreux à n’avoir que cela comme perspective… la retraite, un luxe inaccessible…

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  3. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    J’ai déjà dit ce que je pensais des manifs. C’était surtout l’opportunité de bâtir de nouvelles formes de lutte pour instaurer enfin un vrai rapport de force, en zappant, effectivement, les syndicats aux ordres. Le problème n’a pas été tant les syndicats que le manque de mobilisation sur les actions de terrain de ceux qui ne sont vraiment pas contents, mais qui estimaient avoir encore trop à perdre ou que le mouvement n’était pas encore assez mûr.

    Le mouvement de l’automne a justement été autre chose que les manifs et c’est ça qui compte. Maintenant je veux bien faire la mouche du coche pour agacer ceux qui ont baissé les bras avant même de commencer à se battre. Je veux même bien n’être qu’une grosse mouche à merde. Bien chiante. Bien énervante. Même si j’ai encore du boulot pour arriver à être aussi chiante que le MEDEF et les réactionnaires qui lui servent le potage en ce moment!

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  4. toto
    toto dit :

    Toujours aussi bien à lire.
    Je dirais bien chacun sa merde, mais vu qu’on est de plus en plus a bouffer la même…Ballot de partager ca 😉

    @paul, ouais sont pénibles les détracteurs

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  5. Richard Heiville
    Richard Heiville dit :

    Vieille dame:
    Vous devez appartenir au groupe des non-comprenants.

    Vous croyez que la contre-réforme des retraites a oublié les précaires et tous ceux qui n’ont pas (qu’on n’a pas laissé) travaillé assez ?
    Une grave erreur.

    Cette contre-réforme prévoit aussi le recul de deux années pour pouvoir prétendre percevoir le
    "minimum vieillesse". Actuellement c’est 65 ans et demain 67 ans !! . Merci qui?

    Les manifestations n’ont d’intérêt que si elles bloquent l’économie (quand vous êtes gréviste vous ne travaillez pas, vous bloquez à votre niveau l’économie).

    Les blocages interpro et en fait bien au-delà (chômeurs, étudiants y ont participé aussi)
    ont été d’une efficacité redoutable: Ce n’est pas un hasard si la répression s’est abattue comme une nuée de sauterelles sur les bloqueurs.

    Vous voulez avoir des assurances sur ce qu’il en sortira d’une révolution?
    Est-ce bien sérieux?

    La révolution est ce qu’on en fera (si on est capable de la mettre en chantier)

    Le vernis de démocratie est en train de fondre depuis quelque temps en France et en Europe.
    Après les élections de 2012, vous allez comprendre ce qu’est vraiment la régression sociale si vous ne l’avez pas déjà compris. Car je pense qu’ils attendent que la situation politique soit stable pour 5 ans pour y aller franco et ils ne vont pas se gêner car ils voient bien que la résistance est molle.

    Les riches ont déjà un plan A et un plan B (voire un plan C, Mélenchon et un plan D: Marine Lepen) comme à chaque élection me direz-vous.

    Mais là, jamais dans l’histoire de la cinquième république vous n’aurez plus l’impression de voter pour la peste ou le choléra. C’est maintenant qu’il faut se défendre, en 2012, ce sera encore plus difficile.

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  6. paul
    paul dit :

    ah tient !
    c’est marrant !
    j’ai pas senti particulièrment une amertume visant ceux qu’ont pas fait de manif…
    moi je sens juste mon amertume à moi tout seul…

    ce qui m’a fait sourire quand même, c’est qu’agnes dise et vise certains profils de collaborateurs de façon aussi directe…
    sous sa plume, ça passe beaucoup mieux que sous la mienne… vachement trop absconse pour ne pas faire penser à la misanthropie d’un doctor mengélé…

    enfin…
    ça c’est encore parce que j’ai totalement intégré le discours de mes détracteurs à mon compte et que je suis convaincu d’être une merde…

    mais bon, j’ai lu le CV d’agnes : j’vais voir si ça va pas me donner des idées pour m’en inventer un autre que celui que j’ai jusqu’ici…

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  7. Sitting Bull
    Sitting Bull dit :

    « Je crois seulement qu’à force de bouffer notre merde, on a juste tendance à bien puer de la gueule »
    Ça commence à roter salement dans les contrées de la vieille Europe. Les Grecs, les Jeunots Anglais et bientôt les Irlandais, ils éructent à tout va en ce moment…moment qu’à l’heure de la communication rapide comme l’éclair aucun de nos médias grand public n’ose rapporter…au public justement ! À cause de la neige certainement !
    « La résignation imbécile » touche à ses limites et, malheureusement, c’est la « bête » qui s’exprime par la violence…c’est pas sûr qu’on retrouve « le goût du combat et l’envie du progrès social ». On est très « colère » et on casse tout…et on peut se tromper de cible, on l’a vu par le passé.
    Pour retrouver « le goût du combat et l’envie du progrès social », encore faut-il avoir conscience de l’état de dépendance dans lequel on se trouve. Les pouvoirs en place font tout pour laisser leurs « serfs » dans une ignorance crasse de leur propre situation. Y’a qu’à voir ce qui se passe au Gabon où il est tellement facile de manipuler des masses qu’on a tenu hors de portée d’un minimum de réflexion personnelle. Quand le peuple est incapable de jugement, d’analyse et de réflexion propre, il est prêt à suivre le premier gourou-dictateur qui gueule plus fort que l’autre…
    J’ai bien peur qu’il soit de plus en plus difficile « d’apprendre de l’expérience passée ». Mais bon, je me situe encore parmi les « indécrottables optimistes » qui pense virer les « exploiteurs » sans pour autant se vendre à l’ennemi…le vote utile est un non-sens dès lors qu’il est parfaitement inutile, pas vrai ?
    Allez! Bon appétit!

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  8. GdeC
    GdeC dit :

    c’est malin , j’ose plus ouvrir la bouche, maintenant !!!

    Plaisanterie mise à part, j’aime ce texte, Agnès. Et j’aime les gens qui mettent leurs tripes dans ce qu’ils font…

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  9. Égide
    Égide dit :

    Je viens de terminer un livre, « Devant le pays » qui décrit le programme économique de la droite pour les prochaines élections. C’est très rodé comme discours, bien sous tout rapport et cela sonne tellement vrai, si réaliste :

    • Diminuer les dépenses de l’état afin de réduire le déficit public qu’on dit monstrueux; 8 % du PIB * C’est ce qu’on appelle une politique de rigueur.
    • Diminuer les taxes et certains impôts
    • Augmenter les recettes (créer de nouvelles taxes et supprimer les avantages fiscaux précédents)
    • Modérer les salaires, en particulier le SMIC
    • Tenir le cours de la monnaie, qu’elle soit forte, conforte les bons du Trésor ( c’est embellir la rente)
    • Contenir l’inflation, enfin, un peu, sur les produits nécessaires
    • Prendre un certain nombre de mesures de protection des marchés nationaux, c’est du patriotisme économique
    • Prévoir un plan de soutien pour la relance mais modeste, faudrait pas que ça coute trop cher,finacé par une émission d’emprunts d’état à haut rendement (pour les prêteurs)

    Enfin que du très classiquement conservateur à la française, défense du patrimoine, bienveillance à l’égard des créanciers, et très petit budgets sociaux, en ces temps de vaches maigres, il faut que chacun fasse un effort, pour le pays. Vous avez reconnu, je pense, la politique économique du gouvernement, moi aussi. Merde, je viens de voir l’année d’édition du bouquin, 1932, c’est pas du Fillon, c’est du Tardieu ! Bordel, la droite fait la même politique depuis les années 30 ?!? Bah, oui ! C’est quand le Front Populaire ? Hé, c’est passé. Merde, je l’en doutais qu’on s’en tirerait pas aussi facilement. Que faire ? (Léééniniste !)

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  10. Révolution pacifique impossible, révolution violente inévitable
    Révolution pacifique impossible, révolution violente inévitable dit :

    Ça me fait penser à la Guadeloupe… Que même avec un vrai rapport de force (etc.) j’ai l’impression que ça ne suffit pas.

    On a affaire à quelque chose d’organisé, qui peut compter sur des dirigeants politiques, et qui est préparé financièrement à la lutte ("caisses noires", etc.) ! Alors si, en plus en face, on a une majorité de gens qui préfèrent se mentirent à elles-mêmes, croire aux mensonges, croire que "si on veut on peut"…

    Et puis je crois que rien n’y changera : une majorité de gens n’ont pas de conviction politique, et sont plutôt idiots. Et c’est ce qui pose problème avec scrutin majoritaire aussi. Et ce n’est que quand on touche le fond du fond que cette majorité réagit, et encore… Et j’ai l’impression que cette réaction est souvent plutôt chaotique.

    Oui, j’ai aussi l’impression que le "système" a été organisé, adapté, etc. pour que rien ne change. Il n’y a rien à espérer de ce côté-là.

    Mais, j’ai l’impression que, malgré tous ces efforts (pour que rien ne change), le "système" montre ses limites : J.-M. Le Pen au second tour, le 21 avril 2002, par exemple. Comme une sorte de sabotage, au lieu de rester dans le bipartisme comme prévu. D’ailleurs, je me demande ce qui pourrait se passer si, en 2012, il y avait Le Pen face à Sarkozy…

    La question, c’est de savoir "quand" et "comment" ça va se passer.

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  11. Canis Familiaris
    Canis Familiaris dit :

    Pour approfondir l’analyse "à la louche" de ce truculent (et coutumier du fait) billet, l’on peut par exemple se (re)plonger dans la lecture (et surtout la décantation) de "Souffrance en France, La banalisation de l’injustice sociale" de l’incontournable Christophe Dejours : http://www.pedagopsy.eu/livre_souff

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  12. kaos
    kaos dit :

    "Que même avec un vrai rapport de force (etc.)"

    Quel vrai rapport de force ? Où ? Qui ? Quand ?
    Le problème, c’est pas le système, le problème, c’est ce qu’on ne fait pas contre lui.

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  13. Anta is back
    Anta is back dit :

    A propos du com 13

    "Et puis je crois que rien n’y changera : une majorité de gens n’ont pas de conviction politique, et sont plutôt idiots. Et c’est ce qui pose problème avec scrutin majoritaire aussi"

    Je suis bien d’accord. Revenons a un systeme censitaire, les prolos n’y connaissent rien en politique de toute facon. La preuve, le FN a longtemps ete (je sais pas si c est toujours le cas aujourd’hui) le premier partie chez les ouvriers!

    🙂

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  14. smolski
    smolski dit :

    "Bouffer notre merde en commun."
    Depuis la nuit des temps, rien de changé là.
    🙂
    Ne nous trompons pas dans la manœuvre.
    Les mouvements d’expression habituels (manifs, grèves, votes…) ne sont pas destinés à modifier la société, ce sont des luttes ponctuelles, poussées par la nécessité de l’instant.
    N’attendons pas d’eux le changement des mentalités sociales que ce billet déplore.

    Et pourtant…
    Et pourtant, le développement des technologies n’est pas que du profit destiné aux privateurs. Il permet tout autant l’engagement personnel vers d’autres façons de vivre et d’en répandre plus largement les fruits.
    C’est ainsi, par ces nouveaux combats, que la mentalité sociale pourra prétendre à sortir de son ornière barbare native.
    Ainsi, et l’évidence d’avoir à survivre ensemble sur cette Terre devenue soudain unique et commune.
    Quoi que l’on soit.
    Où que nous soyons.

    Rien n’est fini, tout est possible.
    TOUS ENSEMBLE, TOUS ! 😀

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  15. erasmos
    erasmos dit :

    C’est drôle cette image de coprophages. Elle m’était déjà venu à l’esprit lors d’un précédent mouvement : échec cuisant d’une mobilisation qui s’étiole à l’approche des vacances d’été, trahisons des principales centrales syndicales, Retour à la normalisation avec des discours du genre "il va bien falloir faire avec, il n’y a pas pas d’alternative, il faut être réaliste". Donc je m’étais dit : "il va falloir avaler toute cette merde mais (indécrottable optimisme de ma part), surtout ne pas oublier le goût que ça a". Las ! Nous oublions. Pis, nous nous y habituons à cette merde. Il faut bien en bouffer sinon, comme le dit si justement Mme Monolecte, c’est" rien". Et "rien", ça n’a pas de goût mais c’est pire que tout !

    Répondre
  16. Alter-Oueb
    Alter-Oueb dit :

    Je viens de découvrir ce blog, et je retrouve, en bien mieux écrit, ce que j’exprime dans le mien, en ligne depuis mai 2010 (http://www.alter-oueb.fr)… J’ai depuis longtemps choisi mon camp (chapeau bas pour ce post aussi), je paie très cher ma solidarité, mais à aucun moment, je ne le regrette.
    Moi aussi, surtout depuis mai 2007, j’ai un arrière-goût omniprésent qui m’empêche de vivre, qui pollue au sens propre mon quotidien. Mais le seul fait de savoir qu’on est pas tout à fait isolé, qu’il existe encore des gens de conscience me suffit. Pour l’instant. Mais jusqu’à quand ?
    Et rappelons nous "La haine". Jusqu’ici, tout va bien. L’important, ce n’est pas la chute, c’est l’atterrissage…
    On en est plus très loin.
    J’espère.

    Merci Agnès.

    Répondre
  17. lou passejaire
    lou passejaire dit :

    euh … vous avez cru sincérement que l’agité de neuilly et sa bande du MEDEF allaient reculer sur les retraites ?

    C’est pas de l’angélisme à ce point, c’est de l’aveuglement !

    Mais n’en déplaise à ceux qui pleurnichent, ce conflit c’est achevé par une victoire politique, au delà de la "défaite" syndicale … Il a illustré la nécessité d’une victoire politique ! donc l’impérieuse nécessité de réintroduire la politique dans les luttes sociales … c’est diffcile, compliqué , mais c’est une fantastique avancée !

    Sans compter que le mouvement syndical n’a justement pas poussé les salariés à s’étrangler financiérement dans des actions jusqu’au boutistes inutiles ( voir la maniére dont les gréves et blocages ont alterné dans certains secteurs ) .

    Répondre
  18. Sitting Bull
    Sitting Bull dit :

    Rectif commentaire N°9: il s’agit bien sûr de la Côte d’Ivoire et non du Gabon à laquelle je fais allusion. Encore que "Gbagbo / Bongo" hein…
    C’est sans doute le visionnage des 2 docus de Patrick Benquet "Françafric" qui m’amène à me mélanger les pinceaux mais j’ai l’impression que ça n’est pas bien grave!

    http://www.pluzz.fr/infrarouge–fra… (en principe visible jusqu’au jeudi 23/12)

    Répondre
  19. Folcoche
    Folcoche dit :

    Je n’attendais pas grand chose des mobilisations de l’automne : les médias avaient déjà fait leur boulot, et l’idée selon laquelle l’âge de la retraite allait être relevé était déjà bien ancrée dans tous les esprits, après plusieurs années de propagande ultralib et d’éditocratie "réaliste" – y compris dans des officines qui se réclament "de gauche".

    Mais je fonde énormément d’espoir dans des initiatives comme Wikileaks. Cette plateforme a déjà retourné toutes les ambassades du monde, le Pentagone est en dance et les ministères de tous les pays se retrouvent à poil… cette même plateforme va bientôt s’attaquer aux multinationales, aux lobbies et aux banques. On a eu beau démontrer les turpitudes des banques depuis 2008, c’est l’obscénité des salaries des traders qui a le plus marqué les esprits (alors qu’il ne s’agit que d’une conséquence, ni la plus exorbitante ni la plus coûteuse). Mais quand Wikileaks va peu à peu illustrer de quoi est capable la finance, de quoi est capable l’Oligarchie mondiale des possédants et des spéculateurs, alors les complexes politico-industriels vont commencer à trembler réellement. Et les premiers pavés vont voler. Et très franchement, en dépit des blessés et des morts que cela promet, la perspective de défoncer la chaussée commence vraiment à séduire.

    Répondre
  20. Georges
    Georges dit :

    Joli papier!
    La merde à la louche, c’est que l’entrée, j’attends la surprise du plat de résistances… et le dessert, hhhhmm.
    Joyeux Noël! Bon Nadau!

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  21. un peu perdu
    un peu perdu dit :

    suis-je le seul à voir DSK/marine en 2012?
    A ne plus voir de renouveau possible par les urnes?

    A me dire que la petite phrase" quand il y a des manif on ne s’en apercoit pas" officialisait la fin du pouvoir du peuple par la rue?
    Bloquer l’économie…. Mais yaura pas besoin de flics pour nous déloger je crois. Les consommateurs/travailleurs/citoyens s’en chargeront…

    Enfin bref, je me sens un peu acculé, et toutes les grandes idées, grandes déclaration de principe… ne me semblent pas porter à conséquence.
    Bref, je trouve que tout cela manque de concret…

    Ou trouver des solutions concrètes?

    Au demeurant, mis à part les 4 dernières lignes, votre post exprimme bien mon ressenti.

    Du plaisir à vous lire, encore une fois 🙂

    Cdlt

    Répondre
  22. Chris
    Chris dit :

     »’L’important, ce n’est pas la chute, c’est l’atterrissage…
    On en est plus très loin.
    J’espère."""

    Bé non…

    Au Mexique : 24000 morts déjà, et il en pourra y en avoir 100 000 l’an prochain que cela ne changera strictement rien au fait que dans les deux camps, un combattant remplacera celui qui vient de tomber.

    Ce ne sont les révolutionnaires aux banderoles CGT qui sont en train de changer le monde et faire tomber le principe même d’état souverain, mais ceux là : les desperados ayant fait le choix de vivre pas longtemps mais intensément.

    En Côte d’Ivoire, certes, ils ont appris à réfléchir posément sur les conditions de la démocratie, mais cela leur sert à quoi, ne disposant pas d’armes devant des gens pointant les leurs sur eux.

    En France, on réfléchit beaucoup pour certains, en attendant de mourir, mais le plus tard possible…

    Répondre
  23. Chris
    Chris dit :

    On dit que c’est l’argent du narcotrafic qui sauva les banques par le biais du cash flow des banques off shores (filiales des banques "propres"), et non point la misérable planche à billet des états souverains.

    Une méchante rumeur sans nul doute ( ne pas effrayer les braves gens chargés de compenser la planche à billet et donc de rembourser de l"argent sale avec intérêt), faudrait demander à DSK .

    En attendant, le cours de l’or n’en finit plus de monter…

    Répondre
  24. Richard Heiville
    Richard Heiville dit :

    "En attendant, le cours de l’or n’en finit plus de monter…"

    Des gens achètent de l’or sous forme papier. Ils ont de beaux certificats qui disent qu’ils ont de l’or et pourtant la quantité d’or disponible sur terre est inférieure à la quantité totale d’or vendue.

    Vous avez dit gogos?

    (si le système s’écroule, l’or papier vaudra autant que le dollar et le papier wc)
    (et d’autres ont des lingots d’"or" fourrés au tungstène)

    Répondre
  25. Serge LEFORT
    Serge LEFORT dit :

    "Je ne crois pas aux hommes (ni aux femmes, d’ailleurs) providentiels." C’est pourtant ce que beaucoup attendent encore… Il suffit, par exemple, qu’un acteur (enfin c’est paraît-il son nouveau job) disent qu’au lieu de faire la révolution ou même seulement de descendre dans la rue y’a qu’à… pour que tout le monde applaudisse… D’autres se convertissent au culte de Julian et Cie en versant leur obole au nouveau Messie (pas folle la guêpe). D’autres encore transforment (ici même n°23) les défaites en victoire – magie des mots qui ne se mangent pourtant pas en salade. Tout ce petit cirque hexagonal est à pleurer… de rire. Ça donne envie de relire "Le Maître et Marguerite" de Mikhaïl Boulgakov (http://www.masterandmargarita.eu/).

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  26. Chris
    Chris dit :

    @29

    Très juste, et c’est sans nul doute pourquoi les chinois achètent les métaux précieux de récupération comme des forcenés, ceux que nous leur vendons à vil prix tel la corde à pendre son capitaliste.

    Par contre, le lingot fourré au tungstène à de très beaux jours devant lui sur l’instant.

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  27. paul
    paul dit :

    euh Agnes, vous dites :
    "Et bien, les fier-à-bras, ces derniers temps, ils ont sorti la cuillère à long manche et leur pince à linge, ils ont un peu fait la grimace et ils se sont mis au grand plat de merde comme les copains. Parce que même eux ont bien compris que quand la musique s’arrête, mieux vaut être assis sur un tapis à clous, que le cul entre deux chaises. Ils ont compris que même si ton boulot est pourri, que ton patron a une tête de con, que ton salaire est en peau de chagrin et tes collègues de fieffés connards, des balances, des lâcheurs et des faux jetons, même si tu dois te gaver d’antidépresseurs pour continuer à te lever le matin, c’est quand même mieux que de te retrouver sans rien, parce que le rien, ce n’est plus une transition, un état provisoire, mais c’est un gouffre immonde d’où tu pourrais bien ne plus jamais ressortir.
    "
    z’êtes vraiment sûre que même les fiers à bras ont compris ça ?
    moi j’ai des doutes heins…

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  28. vieille dame
    vieille dame dit :

    On sent poindre (euphémisme) (dans certains commentaires) un certain mépris pour les pauvres (les non-comprenants urf urf urf) qui votent en grand nombre pour LesPen !
    Je me situe personnellement à l’extrême gauche non-conformiste… (suivez mon regard pour les conformistes de gauche… ils pullulent).
    un siècle de luttes et d’échecs et de capitulations (avec avantages pour les fonctionnaires et assimilables) à la clef….(quand le rapport de force penche légèrement en leur faveur, ce qui n’est pas le cas actuellement)

    Il faut, pour obtenir du peuple bannal (dont vous vous excluez par votre "intelligence") une mobilisation et une prise de conscience un travail bien différent de celui que font les gens de gauche et d’extrême gauche actuellement (genre : s’égarrer dans la lutte contre le voile… ).
    Oui, il y a replis vers la religion, et beaucoup plus grave, vers l’extrême droite, mais à qui la faute ?
    une idée : créer des écoles révolutionnaires apprenant à se défendre d’abord juridiquement, puis scolairement (là j’aurais beaucoup de chose à dire sur la machine à exclure qu’est l’éducation nationale), puis politiquement… un vrai travail pour un militant, pas une rigolade de vente de journaux et de réunions de cellules théoriques… (relisez LONDON – ça vous donnera peut-être des idées).

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  29. toto
    toto dit :

    @vieille dame. Of, moi j’ai pas vu dans dans les comms (pourtant souvent je remarque), mais par contre c’est vrai que y’a des endroits ou souvent ca pullule, faut dire que c’est facile aussi, hein, zont tellement (vous en faites pas je suis dedans) l’habitude, une fois de plus une fois de moins, on a bon dos aussi. M’enfin, hein, y’a des fois on laisse courir parce que sinon on y passerais tout son temps et quand ca veut pas comprendre ca veut pas comprendre (non mais perso je crois qu’un gueux est bien moins con qu’un avocat ou un fiscaliste (que ça ça vote…) , au hasard hein, m’enfin moi ce que j’en dis…)
    😉

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  1. […] Si l’ont devait prendre 20 minutes pour résumer le marathon électoral de ces 10 derniers mois, rien ne serait plus efficace que de comparer tout ce cirque au choix épineux entre la poire à lavement et la tartine de merde. […]

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