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Scène du film de Gérard Miller — 3000 ans à t’attendre — où Tilda Swinton trouve dans un bazar une vieille fiole poussiéreuse.
6 juillet 2024

Il était une fois un gus qui trouve une vieille fiole un peu crasseuse dans un coin et se met bêtement à la nettoyer.

Donc, bien sûr, voilà le gus qui se retrouve avec un génie sur les bras qui lui fait le coup des vœux à réaliser. Et toujours avec des conditions pourries1.

Dans cette version, le génie propose d’exaucer un seul vœu, mais fait savoir au gus que tout ce qu’il demandera sera donné en double à son voisin qu’il déteste.

Le gus réfléchit longuement2 : plein de pognon, pour faire tout ce qu’il veut ? Mais dans ce cas, le voisin aurait deux fois plus de pognon. Bah non, alors. Une grande maison avec vue sur la mer… mais l’autre aurait deux maisons et s’il faut deux fois plus grandes, on ne sait pas. Même s’il voulait faire le tour du monde, le voisin en ferait deux et son chien serait deux fois plus véloce que le sien ou son boulot deux fois plus cool, etc.

Finalement, au bout d’une semaine d’intenses réflexions, il refrotte la fiole pour convoquer le génie :
C’est bon : crève-moi un œil !

 

 

Notes

  1. Il faut vraiment arriver à Georges Miller pour s’inquiéter de qui peut bien se retrouver coincé dans un récipient moche à attendre un benêt pour lui faire un coup de Jarnac.
  2. Il n’est pas si con, il se doute bien qu’il y a une couille dans le potage et il sait qu’il est un gros malin et qu’il va niquer le génie.

1 Commentaire

  1. Content de te relire Agnès, après tout ce temps…

    Quel cynisme… toujours aussi noire. 🙂 .

    Cette idée selon laquelle avoir plus que son voisin prévaut sur son propre être est étrange.
    La question initiale ne serait-elle pas biaisée?
    L’idée – au delà du matériel (avoir une maison plus petite mais mieux que celle des autres plutôt que d’avoir tous la même chose) – ne serait-elle pas plutôt l’idée de la distinction? Se distinguer des autres par une singularité qui te met en valeur (d’où le choix d’avoir « mieux » plutôt que « moins bien »).

    J’ai dû mal à croire – du moins, je ne l’observe pas autour de moi – à un degré de mesquinerie si important, généralisé chez mes congénères.
    Par contre, oui, chacun essaye d’exister à sa manière. Et, vu notre modèle de société, c’est l’avoir qui prévaut aujourd’hui.
    Mais ce n’est pas nécessairement une fatalité.
    Si chacun pouvait se mettre en valeur par sa créativité, son rayonnement, sa capacité d’écoute ou que sais-je, cette question de la mesquinerie généralisée pour exister n’aurait sûrement plus lieu d’être.

    Réponse

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