Conférence de rédaction à Fakir

Le ch’ti gars à l’Assemblée

Si l’on devait prendre 20 minutes pour résumer le marathon électoral de ces 10 derniers mois, rien ne serait plus efficace que de comparer tout ce cirque au choix épineux entre la poire à lavement et la tartine de merde.

 

En tout état de cause, nous avons à présent un gouvernement de forcenés qui comptent bien aller dans le mur (social, environnemental et économique) et en klaxonnant. C’est dommage quand on pense qu’on a réussi à avoir le parlement le plus féminin de notre histoire… dont l’écrasante majorité a signé un accord de soumission totale aux désidératas du roitelet.

L’opposition au rouleau compresseur libéral — qui a déjà annoncé bien clairement qu’il comptait vendre notre protection sociale à la découpe, enfoncer les pauvres et épargner les riches (à peu près comme d’hab’ depuis 35 ans!) — risque d’être, au mieux, symbolique, plus probablement inaudible.

Cela n’a pas empêché Mélenchon de se réjouir d’avoir, de justesse, de quoi créer un groupe parlementaire qu’il nous promet discipliné.

C’est à ce moment que j’ai éclaté de rire. Parce qu’en dehors du discours férocement optimiste qui tendait un peu au ravi de la crèche (il est vraiment si difficile d’admettre que La France Insoumise a été incapable de mobiliser ceux qu’elle prétend représenter, les prolos?), je me suis dit que pour le coup du groupe discipliné, il allait être salement surpris et que selon toute vraisemblance, il ne connait pas vraiment François Ruffin.

Ruffin, tu sais, le gars qui a démonté les arcanes de l’école de journalisme dont il venait à peine de franchir le seuil, Ruffin, l’auteur remarquable des sublimes chroniques sociales de la merde ordinaire chez Mermet, Ruffin, enfin, l’enragé froid qui a propulsé son petit canard d’empêcheurs de truander en rond de sa Picardie natale à l’échelle nationale, en y mettant ses billes, ses potes et pas mal de ses tripes, et bien, ce journaliste-là n’a pas acheté sa carte de presse à la braderie de Lille
Source : Le Fakir sort des clous – Le Monolecte

 

Itinéraire d’un sale gosse

Conférence de rédaction à Fakir

Conférence de rédaction à Fakir

Je ne sais plus qui a écrit que pendant longtemps, les journalistes vivaient juste un peu mieux que leurs voisins, les ouvriers et les employés, alors que maintenant, ils vivent juste un peu moins bien que leurs voisins, les avocats et les architectes, mais c’est exactement à ça que je pensais pendant ces journées passées à Amiens. Ruffin a toujours fait les pires choix, la trajectoire qui fait blêmir les winners qui nous gouvernent à présent et pour qui, tout ce qui compte, c’est de faire les choix qui te catapultent le plus haut possible dans la pyramide alimentaire.

À côté, Ruffin, c’est la tête de lard, le bucheur de fond, le gars qui fait tout ce qu’il ne faut pas faire. Il décroche un diplôme de l’école de journalisme qui ouvre les portes des jobs à quatre 0 minimum dans les médias obséquieux? Il se dépêche de cracher dans la soupe avec son bouquin conspuant la fabrique de journalistes couchés et se ferme alors toutes les portes du succès. Il faut aller à Paris pour réussir? Il s’incruste comme une tique dans le tissu local picard. Il faut parler des riches et des puissants? Il raconte et vit au milieu des victimes de la désindustrialisation du Nord. Rien ne vaut les cocktails et les pince-fesses pour se faire bien voir des puissants? Il respire la merguez grillée des piquets de grève CGT du coin.

Et quand enfin il touche un art noble, le cinéma, au lieu de parler des affres sentimentales de la bourgeoisie du 16e, il défend le prolo et se paie la fiole d’une des plus grandes fortunes de France. Et s’offre le luxe d’avoir un véritable succès public.

Le besogneux

À Fakir, il y a des plumes, des gens qui ont un talent d’écriture que j’envie, parce que moi, je suis un besogneux. Un texte ne sort pas facilement pour moi, il faut que je bosse beaucoup pour sortir quelque chose de correct.

Couverture du Fakir d'août 2009

Un Fakir d’il y a 8 ans, toujours tristement d’actualité

C’était marrant d’entendre François parler ainsi de son travail, que dis-je, de son sacerdoce. Parce que j’avais été frappée par la justesse de ses chroniques, de sa vision, de ses reportages qu’il écrivait au cordeau pour Mermet. C’était tellement bon, de rencontrer un petit gars qui ne se la pétait pas et qui vivait comme il pensait, avec opiniâtreté, constance et humilité.

Parlant de son élection comme d’un « miracle » (il comptait 4000 voix de retard sur LREM au soir du premier tour), Ruffin a estimé que « c’est le travail de terrain qui a payé ». « Ce sont des dizaines voire une centaine de militants qui ont arpenté les villes, les villages et qui, au porte-à-porte, sont allés arracher les gens, non pas au vote Macron puisqu’on savait que, dans le coin, les gens ne voulaient pas de ça, mais simplement sont allées les arracher à l’abstention, à la résignation, à l’écœurement », a-t-il analysé.

« On dit que je suis spécialiste des coups médiatiques, mais d’abord je suis un gros bosseur », a-t-il par ailleurs prévenu. Soucieux d’être « un point d’appui pour tous ceux qui veulent que ça change dans le pays », il n’a concédé qu' »une légitimité partielle » à une majorité élue avec un taux record d’abstention.

« Si on ne trouve pas des voix pour porter nos paroles à l’intérieur de l’Assemblée nationale, si c’est un bloc monolithique qui avance avec ses lois, sûr de soi, dominant, eh bien, c’est à l’extérieur de l’Assemblée nationale que ça se passera », a-t-il averti.

Source : Le député François Ruffin se paiera bien au SMIC

Alors oui, ça m’a fait plaisir que le besogneux l’emporte hier soir sur le marcheur de service, d’abord, parce que c’est bien la première fois que je suis dans le camp d’un gagnant, mais aussi parce que, non, cette victoire n’a rien d’un miracle, c’est une étape logique dans la vie d’un ch’ti gars engagé qui a fait de sa vie son combat.

Je lui ai envoyé des félicitations qu’il n’aura jamais le temps de lire, en espérant qu’il saura se prémunir des sirènes corruptrices du pouvoir, mais à la lecture de ses engagements dans les médias nationaux aujourd’hui, je me dis que c’est bon, je n’ai pas à m’inquiéter pour lui. Il tiendra le cap et, comme à son habitude, il va mettre le souk dans le ronronnant entre-soi bourgeois de l’Assemblée nationale.

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28 réponses
  1. Paule
    Paule dit :

    J’espère…. parce que quand même jusqu’ici la politique c’est ce qui démolit le plus la cohérence des empêcheurs de tourner en rond, c’est le rouleau compresseur le plus puissant que je connaisse. D’ailleurs c’est simple, tous les gens à peu près droits que j’ai vu y entrer, et parmi eux un certain nombre pour qui je n’aurais pas voté parce que leur parti c’est pas le mien, et bien ils sont partis, vidés, écoeurés, parce qu’ils ont vite vu que c’était pas « tu gueules ou tu pars », c’est « pas la peine de gueuler, tu te détruis ou tu pars ». Et comme personne n’en a rien à f… , dans ce milieu, de voir quelqu’un se détruire, ils sont partis. Même les UMP pourtant pas violemment anti-bourgeois au départ. Juste honnêtes.

    Mais pour le bordel, je compte sur lui, et j’ai la faiblesse de croire qu’il aura la tâche facilitée par le bazar qui va assez prochainement naitre au sein de LREM. Parce que des députés novices mais pour autant pas plus con que la moyenne (ça m’insupporte ce truc de penser que sous prétexte que tu débarques, tu es manipulable. Dans n’importe quel autre contexte, notamment l’entreprise, le petit jeune qui débarque, c’est celui qui pose les questions qui fâchent), qui sont nombreux, qui sont souvent portés par un idéalisme assez énorme, et qui surtout n’ont jamais eu à faire de choix politiques, vont vite voir de quoi il s’agit vraiment : de faire des choix qui ont des conséquences. Et là, charte ou pas charte, ça va péter : ceux qui viennent de la gauche vont bien constater tout ce qui les oppose à ceux qui viennent de la droite, la discipline partisane quand on n’a jamais été dans un parti et qu’on s’est engagé justement parce que En Marche n’était pas un parti, c’est pas naturel. Le pouvoir c’est sympa et ils vont le prendre, et tant mieux. Et quand on est 370 à refuser de se faire piquer le pouvoir et à désobéir discrètement à la « Charte », c’est le bazar. Alors je ne sais pas si ça va bloquer, ou si ça va devenir de plus en plus dictatorial, mais on n’est pas au bout de nos surprises.

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    • smolski
      smolski dit :

      Paule : « la discipline partisane quand on n’a jamais été dans un parti et qu’on s’est engagé justement parce que En Marche n’était pas un parti, c’est pas naturel. Le pouvoir c’est sympa et ils vont le prendre, et tant mieux. »

      Vu la liste d’embourgeoisés de ces fameux élus macroniens nouvellement politisés, je crains fort que ton optimisme envers leur degré de rebellion ne soit plus fantasmé que réel…

      La bête est en eux comme elle l’était dans les candidats nazis des années 1930…

      No pasaran

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  2. Sitting Bull
    Sitting Bull dit :

    Abonné de longue date à Fakir, je me fais une fête tout seul entre mes 4 murs pour saluer la performance de François. Je me régale à l’avance des tronches des Ciotti, Woerth et cie face au trublion Insoumis. Puissent quelques jeunes pousses d’En Marche trouver l’inspiration avec ce génial représentant de nous autres! « On peut rêver »!
    Il pourra toujours embaucher Cambadélis comme attaché parlementaire, paraît qu’il cherche un job!

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  3. chris
    chris dit :

    Je me demande néanmoins si le camarade Mélenchon compte suivre l’exemple du chti Ruffin, à propos des exigences salariales ( il me semble qu’en Espagne, tous les Podemos se soient alignés).

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  4. lik
    lik dit :

    Macron me fait penser au soûlard cherchant ses clés sous le lampadaire alors qu’elles sont tombées ailleurs. Le mec est totalement aveugle sur le plan économico-social, donc logiquement il va se prendre un parpaing dans la tête :

    http://www.huffingtonpost.fr/frederic-farah/la-recette-de-macron-pour-lutter-contre-le-chomage-est-elle-vrai_a_22355004/?ncid=tweetlnkfrhpmg00000001

    Et puis avec des grognards comme la Lebec aux dents de laits qui raclent le parquet, ça va être cirque Pinder tous les jours :

    http://lelab.europe1.fr/cette-nouvelle-deputee-lrem-qui-admet-penser-forcement-a-lelysee-3365546

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    • smolski
      smolski dit :

      comme macron, lebec est de la classe sociale des affaires, ils ne se mangent pas entre eux.

      « Marie Lebec est née au sein d’une fratrie de 3 enfants. Elle effectue ses études à Louveciennes, Saint Germain et Chatou, dans des établissements privés catholiques, puis en Angleterre dans une Public School. Elle est diplômée de l’Institut d’études politiques de Bordeaux en Affaires Publiques et Représentation des Intérêts, et de l’Université de Cardiff en Affaires Européennes et Internationales où elle passe la moitié de ses études1 »

      Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Marie_Lebec

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  5. Gavroche
    Gavroche dit :

    Son élection est la seule bonne nouvelle du jour.
    Puisse-t-il être le grain de sable dans la machine assemblée nationale.
    Même si j’espère, nous tous allons un peu l’aider en mettant le ouaï partout.
    Bref, en un mot comme en cent, Ruffin, on l’aime !

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  6. Rémi Begouen
    Rémi Begouen dit :

    Oui, Gavroche, tu as bien raison!… Ruffin à l’Assemblée, ça va être cocasse… avant peut-être qu’il se casse de là…
    Parce que s’il y a UN insoumis réel dans ce fan-club de soumis à JLM nommé « FI », c’est Ruffin!

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    • smolski
      smolski dit :

      Rémi Begouen : « ce fan-club de soumis à JLM »

      La déclaration de melenchon devant les grilles de l’assemblée nat infirme qu’il soit le cheffaillon mais simplement le plus apte à entamer les premières responsabilités collégiales du groupe, ce qui est évident pour démarrer le fonctionnement de l’ensemble et il s’effacera dès les premières matûrités acquises par la plupart.

      Ceci dit, je ne partage pas l’ensemble idéologique du mouvement, loin de là, je suis plus proche de ruffin bien sûr, mais à l’heure actuelle c’est le groupe le moins éloigné de mes propres vues anarchistes, alors je le suis dans sa campagne, rien de plus.

      Répondre
    • smolski
      smolski dit :

      lik : « RDV dans la rue »

      Si c’est la guerre que tu veux, les exemples précédents montrent que c’est toujours la bourgeoisie qui en tire le profit, effaçant du même coup tout ce qui avait contribué à la révolte populaire, les idées et les personnes qui les portaient.

      Menont une révolte qui se déroule sur d’autres bases que le combat de rue où nous restons toujours les moins bien lotis.
      On l’a vu lors des dernières luttes populaires, internet permet de mener des batailles inciviques, pourquoi ne pas s’y entraîner davantage ?

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      • smolski
        smolski dit :

        lik : « Le clavier comme arme »

        D’acco dac avec ce point de vue imagé, mais les armes de destructions sont-elles une solution ?
        Depuis le temps qu’on les utilise tout en manquant le but à chaque fois, il y a de quoi s’interroger sur leur prétendue efficacité à nous libérer, non ?

        De tout temps, chercher et proposer des solutions pour l’humanité vient du dedans des boyaux de nos têtes et seul le partage de ce qui en résulte s’est montré déterminant dans notre conduite commune à tenir ensuite.

        D’ailleurs, ce même clavier est aussi celui qu’utilisent les banques pour conduire l’humanité entière à la sauvagerie et l’auto-destruction sous l’impact de la monnaie dématérialisée !

        Alors, ce fameux clavier, si nous nous l’approprions aussi, il peut ne plus être une grisante béatitude massive mais se montrer la volonté propre de chaque personne connectée (surtout en utilisant le libre et en bannissant les gafam : « Les services en ligne toujours plus centralisés de géants tentaculaires comme Google, Amazon, Facebook, Apple ou Microsoft (GAFAM) mettent en danger nos vies numériques ».) vers une lutte constructive et participative opposée et différente de celle menée sans volonté propre avec les armes, les polices, les armées et les propagations belliqueuses ritualisées.

        Aujourd’hui, en vrai, sous nos claviers se cache la plage de nos espérances. Les pavés sont les mots que nous y déterrons contre les pouvoirs en place et surtout la parole induite car, effectivement écrire ne suffit pas, il y faut l’instruction par le témoignage distribué généreusement autours de nous avec tout l’effort empathique possible de nos convictions libertaires et identitaires.

        Nota :
        Pourquoi le bashing anti-melenchon se crée et se répand, sinon pour empêcher la propagation d’une lutte par internet ?
        Et au contraire, c’est quoi ces informations débiles en continue dans les medias à propos des tweets de trump sinon de la pub à son avantage ?

        No pasaran sur internet

        Répondre
        • lik
          lik dit :

          Concernant Trump, ses tweets le ridiculisent plus qu’autre chose, le gus finit même par faire rougir de honte les membres de son parti qui ne sont pourtant pas des enfants de chœur.

          Répondre
        • herve_02
          herve_02 dit :

          Internet comme arme ? laisse moi rire. Le ‘peuple’ est une armée mexicaine de décérébré par une éducation de merde portée par les gouvernements successifs depuis plus de 50 ans. Bien entendu, il y a quelques profs qui résistent mais perdus dans la masse de ceux qui ont baissé les bras, ils sont quantité négligeable.
          Bien entendu que l’on peut trouver les infos et ? tu as l’impression que l’effet vampire marche : mettre en lumière pour combattre, cela ne fait, au mieux, que reculer de quelques mois, au pire juste sauter un fusible. Les gens se battent pour des broquilles, de qui la féminisation des mots, de qui l’abattage rituel sans douleur, de qui la défense du scarabée ou du triton ponctué. Bien entendu tous ces combats sont légitimes, mais ils ne servent à rien : ils passent à coté de principal : la domination d’une petite caste et ses affidés sur la majorité qui impacte toute la société. Mais qui veut lutter ? quelques libertaires et anarchistes ? Qui est capable de ne pas consommer pendant juste 5 jours : le minimum en circuit local ? personne.

          Le clavier n’est qu’un instrument de plus pour décérébrer le crétin de base qui passe sa journée sur fb à nous raconter sa vie de merde et se fait scorer par gmel pour lui fournir des pubs bien ciblées, des résultats de recherche tout autant ciblées : rien de subversif. Et ce n’est pas les quelques péquins qui ne sont pas d’accord qui vont faire le poids.

          Répondre
        • lik
          lik dit :

          Alors, de mon point de vue, le web m’a apporté pas mal de choses, trouver des infos sur les sujets qui m’intéressent, fini la paperasse à stocker et envoyer pour les démarches administratives, trouver du boulot… en revanche la lecture des commentaires d’articles publiés sur le net m’a révélé l’immensité intersidérale de la stupidité humaine, ça a été une révélation, une sorte de Nirvana à l’envers, même si on trouve aussi du bon parfois.

          Répondre
        • smolski
          smolski dit :

          lik : « Concernant Trump, ses tweets le ridiculisent plus qu’autre chose »

          C’est justmement le principe, parler de lui évite de parler contre lui, de mettre en lumière tout ce qu’il détruit, et surtout, de ne pas parler de tous ceux qui le combattent et qu’ils méprisent.

          Répondre
          • smolski
            smolski dit :

            Oui, une décérébration mais qui n’est pas dû au net mais au manque de propagation d’alternatives convainquantes.

            Ce lien par exemple :
            http://jenairienacacher.fr/

            et là :
            https://framablog.org/2017/01/23/si-on-laissait-tomber-facebook/#comment-67422

            Comme je l’indique, il ne s’agit pas seulement de poser des liens, il faut en ouvrir le contenu et s’en servir dans des débats hors d’internet, sinon, c’est vrai, tout cela ne sert à rien.
            Ni chacun de nous ne servons à rien.
            Ni rien ne sert plus à rien.

            C’est juste un peu stupide comme raisonnement, au final, non ?

          • herve_02
            herve_02 dit :

            Parce que pour se l’approprier, il faut des outils, des compétences, du temps et de la volonté. les ‘nantis’ (qui ne sont pas les cadres à 3000 euros par mois) ont ces 4 choses. Nous, nous n’avons pratiquement rien.

            Qui est ici capable de développer des sites d’infos en continue capable de produire de la propagande à grande échelle, avec experts menteurs reconnus ?
            Qui est ici capable de développer un site de résosocio réellement indépendant qui marche?
            Qui est capable ici de n’utiliser aucun des gafa et réussir à ne pas être en contact avec ?

            Rien qu’en visitant ce blog, nos données de navigation sont partagées avec 13 autres sites dont viadeo, flickr, instagram, google, paypal, facebook.

            Oui, on pourrait…. mais comme pour tout le reste ce n’est pas possible car les dés sont pipés dès le départ, comme en politique : si tu dois gagner ta vie, tu n’as pas assez de temps et de cerveau disponible pour le reste. Et je ne parle même pas des connaissance techniques nécessaires.

          • smolski
            smolski dit :

            herve_02 : « comme pour tout le reste ce n’est pas possible car les dés sont pipés dès le départ »

            Bien sûr que d’une façon absolu cela n’est pas possible, j’indique bien qu’il faut y ajouter de soi et de prolonger internet dans la vie réelle avec toutes ces infos et contre-infos dont chacun de nous possède des parcelles.

            Le peuple est minoritaire en accès au savoir et majoritaire en quantité d’individus, c’est cela qu’il faut utiliser, cette majorité de personnes que les possédants s’efforcent d’étreindre dans les lumbes médiatiques.
            Se refuser à considérer l’effort de s’entendre et s’unir comme une ineptie, juste parce que le capital intellectuel le déclare sur son avantage.

            En ce sens, la candidature de ruffin, le mouvement initié par melenchon et quelques autres ont des points communs à étendre plutôt qu’à les fustiger les uns contre les autres sans but.

            Le monde dessiné par le peuple n’est pas le monde imposé par ceux qui les oppriment, un peu comme le monde des incarcérés n’est pas ce que leurs gardiens prétendent garder en place. Il s’y dessine maints mondes parallèles, nouveaux, différents… Des mondes singuliers de résistance auxquels nul séïde de l’autre bord ne peut prétendre accéder par sa raison ni par sa fonction.

            Des mondes qui terrifient les bourgeois ankylosés de certitude.

            « J’aime tout ce qui vous fait peur,
            La douleur et la nuit… »

            Renaud

            No pasaran

  7. gigi
    gigi dit :

    Je rêve, on a une poignée de députés de gauche et vous espérez qu’ils ne vont pas s’entendre ?
    Ou alors vous avez coupé dans la petite intox montée à partir d’une interview de Ruffin, pour faire croire que la division couve à FI : Ruffin déclare «  »La discipline de groupe, ce n’est pas pour moi, mais on n’a pas besoin de discipline quand on est d’accord sur l’essentiel. » mais seule la première partie de sa phrase, soufflée d’ailleurs par Calvi, a été reprise à l’envie dans tous les JT. Joli coup sur RTL !
    Je me permet de vous rappeler que le combat à mener c’est plutôt contre Macron et ses amis haut placés. Ils rigoleraient bien en cas de zizanie à FI de voir se chamailler les trois pelés qui prétendent les empêcher de se goinfrer !

    Répondre
    • smolski
      smolski dit :

      gigi : « Ils rigoleraient bien en cas de zizanie à FI de voir se chamailler les trois pelés qui prétendent les empêcher de se goinfrer ! »

      Qu’ils rigolent donc…
      L’esprit d’insoumission est dans les gènes de la lutte contre les possédants, il n’y a que pour les autocrates que cet esprit est contraire à leurs lois parce qu’il est le souffle du renouveau constant en faveur de la redistribution des ressources et des pouvoirs, la seule véritable liberté commune accessible !

      « Le mal dans sa forme extrême et dans sa forme banale devient un refus de communiquer avec l’autre, de le reconnaître comme tel, comme si l’identification à la loi se substituait à l’identification au semblable. C’est d’ailleurs ainsi qu’Arendt délie volonté et responsabilité. On peut faire le mal sans le vouloir, avoir le sentiment de faire son devoir et pourtant être responsable. »
      Anna Arendt

      Contrairement à l’esprit de caste du Maque croniste, cet esprit individuel éclairé est nécessaire dans le mouvement d’opposition.
      Qu’il soit déclaré par les partisans de la france insoumise est plutôt rassurant pour la suite à venir et que cela soit décrié par les pouvoirs en place est le gage que la lutte se fera non par soumission et compromission mais par la volonté du peuple et sous son regard.

      Je note que melenchon va en ce sens dans ses premières interventions, invitant les co-élus de son groupe à prendre eux-mêmes les initiatives des luttes à venir dès qu’ils auront cernées les outils disponibles à l’Assemblée pour les utiliser.

      No pasaran

      Répondre
  8. Kaa
    Kaa dit :

    C’est vraiment la seule bonne nouvelle, c’est vrai.
    Je m’y accroche.
    Et s’il a besoin d’un coup de main, je serai là.
    Parce que parfois, une seule personne peut changer beaucoup de choses.

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