L’Homme circonstanciel

L’habit fait probablement le moine tout comme l’occasion fait le larron.


RécessionLa question demeure : que faire du monstre humain ? Dans quelle case ranger l’assassin de vieilles dames, le salopard à la machette, l’ogre tueur de petits enfants, le pervers assoiffé de la souffrance de ses petites victimes, le dépeceur de jeunes filles en fleur ou celui qui bouffe son colocataire? Le bestiaire humain est riche de ces figures quasi légendaires qui font pratiquement autant frissonner les grands que les ombres du placard terrifient les petits enfants. Comment expliquer autrement que par la monstruosité de certains êtres la capacité génocidaire sans limites de nos congénères ? Comment supporter qu’Auschwitz ou le Rwanda ou le Kosovo aient pu exister sans tenter de circonscrire les cercles concentriques du mal à un petit foyer d’êtres infrahumains ?
On ne peut durablement disserter sur la condition humaine sans finir immanquablement par buter sur notre propre part de ténèbres. Et aussi étrange que cela puisse paraître, Amiens-Paris dans la voiture de JBB en devisant sur la banalité du mal, c’est passionnant et enrichissant.

Quand on aborde frontalement la problématique du monstre, on se pose forcément la question de savoir ce qui fait de nous ce que nous sommes. L’angle d’attaque le plus confortable consiste à se réfugier illico presto derrière l’idée que le monstre n’appartient pas à la communauté humaine, qu’il en est une sorte de prédateur extérieur et qu’à ce titre, une très large gamme de mesures de rétorsion sont envisageables, dont la mise à mort, laquelle coule alors de source. La figure du monstre fait l’impasse sur sa nécessaire genèse et ne retient finalement que le processus de traque et d’élimination, sans autre forme de procès. Le monstre n’est pas mon alter ego, il n’est pas autre parce qu’il ne me renvoie pas à moi-même, il est l’externalité mauvaise et incontrôlable comme les forces du destin qui, tapies dans l’ombre, sèment leurs embuches sur le plat chemin de l’existence humaine. La figure séculaire du monstre rassure sans rien expliquer et rend nécessaire la justification scientifique de sa non-humanité, de son exclusion de fait.

Dire qu’on est natural born pédophile n’a rien d’anodin. Car le pédophile, c’est le croquemitaine contemporain. Maintenant que le Petit Chaperon Rouge ne risque plus de se faire bouffer par Canis lupus, on lui a trouvé un autre prédateur, autrement plus dangereux et inquiétant, parce que ressemblant outrageusement à notre voisin de palier. Le pédophile est un pervers. La pédophilie, c’est Le Mal! Il n’est même pas besoin d’avoir des enfants soi-même pour comprendre cela avec ses tripes. Et c’est bien là qu’on devrait commencer à se méfier.

Un gars qui est attiré par les enfants pré-pubères est naturellement mauvais. Et Nicolas Sarkozy exprime bien son sentiment là-dessus :

J’inclinerais, pour ma part, à penser qu’on naît pédophile, et c’est d’ailleurs un problème que nous ne sachions soigner cette pathologie. Il y a 1 200 ou 1 300 jeunes qui se suicident en France chaque année, ce n’est pas parce que leurs parents s’en sont mal occupés ! Mais parce que, génétiquement, ils avaient une fragilité, une douleur préalable. Prenez les fumeurs : certains développent un cancer, d’autres non. Les premiers ont une faiblesse physiologique héréditaire. Les circonstances ne font pas tout, la part de l’inné est immense.

Il incline à penser comme le saule pleureur courbe naturellement sa ramure souple vers la surface ondulante des flots limpides de la rivière. Sarkozy n’a pas besoin de démontrer, de justifier ou de prouver. Il assène sa vérité en sachant qu’elle touchera facilement sa cible alors que les dénégations construites des scientifiques et des experts se perdront dans le brouhaha médiatique. L’essentiel, c’est de toucher les gens, pas de les faire réfléchir.

Le pédophile est donc né monstrueux.
La messe est dite.
Nul besoin de se poser de questions, de chercher à comprendre.
Il est un nuisible qu’il convient de neutraliser efficacement et de manière définitive.
Le mal existe.
Il est inscrit dans les gènes.
Notre place dans la société ne dépend pas de nos efforts, de notre mode de vie, de notre conduite. Elle est inscrite dès le départ. C’est marqué au fer rouge au cœur de la machinerie génétique. Ce n’est plus Dieu qui nous assigne un destin. Ce sont les gènes !

Et maintenant que l’on applique avec aisance le déterminisme aux violeurs d’enfants et aux suicidés, le reste ne sera qu’un fil logique que l’on déroule : tout est déterminé. Il n’y a donc rien à corriger.

Nous sommes tous des pédophiles ! 10 avril 2007

L’explication génétique satisfait à bon compte tous ceux qui ne s’attardent guère sur la question ou qui sont dévoués corps et âme au corpus idéologique de la prédétermination des êtres humains, mais supporte assez mal une quelconque mise en perspective, comme l’épineuse question de l’enfance des pédophiles ou la manière dont une population jusque-là fort civilisée peut brutalement plonger dans la barbarie. La figure du monstre suffit à peine à évacuer la question des déviances individuelles et reste totalement inadaptée comme grille de lecture des mouvements collectifs, de la saloperie sans bornes de la foule en colère. Comment se satisfaire de la présupposée monstruosité de quelques-uns quand l’Histoire nous enseigne que la barbarie est éminemment collective, qu’elle transcende mieux que tout les différences sociales, unissant l’esprit collectif des foules dans un immense raptus démentiel.

Chaque fois que je réfléchis à la question de la monstruosité humaine, je suis toujours frappée par les récits de guerre civile. Voilà donc des sociétés humaines organiques qui ressemblent terriblement à la nôtre, avec des villages, des familles, des amis, des collègues, toute une petite humanité qui se côtoye, vit, travaille, nait et meurt ensemble. Voilà le frère qui fait sauter tes gosses sur les genoux et les regarde grandir, voilà le voisin qui fait péter l’apéro avec toi, le soir, à la fraîche, voilà ta femme qui a porté vos enfants en son sein, voilà le docteur qui a soigné les petits bobos comme les grandes douleurs. Et puis, presque soudainement, ce sont tes ennemis. Voilà maintenant le barbare qui surgit de la nuit, qui explose ta porte d’un coup de pied fracassant, qui tire tes gosses par les cheveux dans la cour avant de leur exploser le crâne contre l’arbre auquel tu avais accroché la balançoire avec laquelle il compte te pendre. Voilà le monstre qui va violer ta femme et ta fille sous tes yeux. Voilà ta mort immonde et inimaginable, avec laquelle tu jouais à la pétanque, il y a encore quelques semaines.
Comment tous ces gens parfaitement normaux, tellement semblables à nous ont-ils pu faire cela ? Comment pouvons-nous nous faire cela à nous-mêmes ? Et comment, toi-même, en entendant le hurlement animal de ceux que tu aimes en train de mourir de façon ignoble, comment toi-même, quand tes yeux ont débordés de toute cette saloperie, quand tes oreilles ont sifflé de trop de fracas, comment toi-même as-tu pu devenir cet exécutant froid et monstrueux qui a semé la mort et le désespoir autour de lui sans aucun état d’âme ?
Il n’y a pas de monstres naturels planqués au milieu des justes, il n’y a que notre part d’ombre qui attend, tapie au fond de chacun d’entre nous, les circonstances qui seront propices à son éclosion.
Ni meilleur, ni pire que les autres.

JBB trouve ma vision de l’humanité particulièrement noire.

  • Si chacun de nous peut devenir un monstre au gré des circonstances, alors comment espérer améliorer l’humanité ?

Il préfère penser que l’éducation, la culture, la volonté peut-être aussi, sont des remparts suffisants, des préalables nécessaires qui rendent le cœur des hommes insensible à la possibilité de la barbarie.

  • Mais dans ce cas, il n’y aurait eu que des abrutis incultes chez les nazis, chez les dictateurs, les tortionnaires ou les tueurs en série. Or, tu sais très bien que ce n’est pas le cas. De la même manière que les sectes recrutent dans l’ensemble de la société, la saloperie s’épanouit sur tous les terreaux. Et l’erreur suprême, c’est de te croire à l’abri, toi-même, de ne jamais devenir le monstre de quelqu’un.
  • Ben non, je le sais, je ne pourrais jamais sombrer dans la barbarie.
  • Facile à dire, ici et maintenant, au moment où tu ne risques rien ou pas grand-chose, dans une vie confortable où tu as le vital, l’essentiel et quand même pas mal de superflu. Tu as vu The Mist, à propos ?
  • Heu non.
  • Et bien, c’est un film de genre qui raconte justement comment, plongée dans des circonstances exceptionnelles, une petite communauté humaine glisse en quelques heures dans la barbarie.

Quand les repères normaux ne sont plus là, quand la routine stabilisante et fiable du quotidien vole en éclat, quand une menace terrifiante et inconnue rôde juste à côté, des gens ordinaires, complètement ordinaires, peuvent se transformer en meute assoiffée de sang tout aussi dangereuse que les pires créatures lovecraftiennes. C’est le propos de ce film, hors normes, qui prend un à un tous les poncifs du film américain pour leur tordre le cou et montrer que l’horreur n’est pas qu’à l’extérieur : elle vit aussi dedans, et ne demande qu’à sortir.
The Mist, CSP, 3 avril 2008.

Parce que finalement, Hannah Arendt ou Milgram n’ont jamais rien dit d’autre : attention, le monstre est en nous, il suffit d’un environnement favorable pour qu’il sorte. La différence entre le bourreau et le résistant est tellement infime que bien malin celui qui pourra prédire qui deviendra quoi.

  • Ce que l’on sait, c’est que quand ça chie, en gros, tu as trois profils qui sortent du bois : la grosse majorité silencieuse et passive qui rentre la tête dans les épaules, regarde ailleurs et attend que l’orage passe, chronique de la lâcheté humaine ordinaire, la grosse minorité active qui s’épanouit dans le merdier et qui voit dans le chaos une formidable opportunité de se goinfrer et de dominer tous les autres et une toute petite minorité riquiqui de gens exceptionnels qui refusent tout ça, relèvent la tête et deviennent des héros. On a tous envie d’être des héros, mais en vrai, on a nettement plus de chances de finir dans la peau d’un salaud qu’autre chose quand l’Histoire bascule.
  • Oui, mais tu ne nies pas qu’il y a des justes.
  • Non, heureusement d’ailleurs. Ce que je trouve aussi fascinant, c’est qu’ensuite, tu te rends compte que les justes, ce ne sont jamais les gens que l’on pouvait attendre au tournant. Ce sont souvent des gens terriblement ordinaires, eux aussi, pas spécialement forts, courageux ou intelligents, des comptables, des instit’, des boulangers, exactement comme les mecs d’en face. Ce sont juste les circonstances qui nous révèlent à nous-mêmes. Tant que ça ne chie pas, tu ne peux pas savoir ce que tu as vraiment dans le bide.
  • Je crois qu’on sera dans les justes.
  • Personnellement, j’espère juste faire partie des lâches, ce ne serait déjà pas si mal s’en tirer… Parce que je connais ma part de sauvagerie, parce que je la sens, là, bien au fond, mais toujours prête à sortir, en fonction des circonstances.
    Quand tu te retrouves avec les genoux derrière les oreilles à pousser comme un animal pour sortir un enfant de ton ventre, tu prends la juste mesure du prix à payer pour donner la vie, tu fais connaissance avec ta part d’animalité et tu comprends soudain que tu pourras être capable du pire pour sauvegarder cette petite étincelle de vie que tu viens de mettre au monde. Ça te rend plus humble, quelque part, quant à ta propre humanité et ta part de monstruosité.
  • Quel pessimisme !
  • Ne crois pas ça. Je suis au contraire une incurable optimiste. Je parlerais plutôt de lucidité.
    Si la société peut flatter les plus bas instincts, nous pousser à l’avilissement, faire sortir de qu’il y a de pire en nous, alors, cela signifie aussi qu’avec une autre construction sociale, on peut également tirer l’ensemble des gens vers le haut, valoriser le meilleur en chacun de nous, museler le monstre qui dort et nous pousser au dépassement de soi. C’est en ça que je crois vraiment. Non pas en un monde meilleur, mais dans la volonté commune de faire un monde qui nous rend meilleurs.

Et c’est pour cela que je ne baisse pas les bras.

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102 réponses
  1. cpolitic
    cpolitic dit :

    Encore le débat sur l’inné et l’acquis. Et oui. Une conjonction d’événements sur ces deux plans ont engendré l’être humain – question ADN – mais inhumain – question morale – que vous qualifiez de "monstre".

    Alors soyez un peu optimiste: pensez aux virtuoses et aux génies engendrés par les mères de Marie Curie, Soeur Emmanuelle ou Einstien et Pasteur…

    Répondre
  2. cpolitic
    cpolitic dit :

    Encore le débat sur l’inné et l’acquis. Et oui. Une conjonction d’événements sur ces deux plans ont engendré l’être humain – question ADN – mais inhumain – question morale – que vous qualifiez de "monstre".

    Alors soyez un peu optimiste: pensez aux virtuoses et aux génies engendrés par les mères de Marie Curie, Soeur Emmanuelle ou Einstien et Pasteur…

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  3. JBB
    JBB dit :

    Eheh… Je me disais bien que le sujet me disait quelque chose… 🙂

    Plutôt d’accord avec ton billet, en fait. Même si je reste convaincu qu’on n’est pas tous pourvu en part de barbarie. Je ne parle pas spécialement de moi (ça fait un brin présomptueux, sinon), mais de tous ceux qui ne se sont jamais trompés de combat. Dont les Justes, effectivement. Il me semble que ceux-là n’auraient jamais pu verser dans la barbarie. Et inversement, je ne crois pas qu’un Goebbels (pour tomber direct dans le point Godwin) eut pu, en une autre situation, se révéler un humaniste compréhensif et tendre.
    Où je te rejoins, c’est sur le partage de tout groupe entre une grande masse de faibles, quelques gens particulièrement dégueulasses et quelques gens particulièrement remarquables (à l’image de ce qui ressort de l’expérience de Milgram, aussi citée dans la conversation). Et tout l’objectif d’une vie ne me semble devoir être que tendre vers cette fraction qui s’en tire avec les honneurs. Mais je voyais davantage ça comme un travail quotidien que comme une certitude.

    Hop, vives salutations

    Répondre
  4. pati
    pati dit :

    Hannah Arendt et la "banalité du mal", théorie que tout ça! Basé sur le procès Eichmann à Jérusalem où le tortionnaire nazi s’est présenté comme un"simple exécutant" quasiment un minable.
    Normal, il y jouait sa peau.
    La recherche historique récente a montré qu’il était tout sauf banal ! N’est pas Eichmann qui veut ! Et l’excuse par les circonstances est un peu trop facile.
    Votre article fait penser au Ruanda sauf qu’au Ruanda les "bourgeois" (médecins, avocats, etc …) payaient leur personnel pour aller commettre leurs crimes à leur place, ils savaient donc ce qui se passait et son immoralité profonde.
    J’ai rencontré des dizaines de réfugiés qui m’ont raconté des histoires horribles. Cela m’a rendu plus optimiste que vous sur la nature humaine. Je sais que d’infâmes salopards rodent parmi nous, et que mieux vaut ne pas leur donner le pouvoir. Mais si par malheur cela arrivait, je sais aussi qu’il y aura en face des êtres humains qui feront face.
    Toujours.

    Félicitations pour votre blog que j’aime bien lire

    Répondre
  5. pati
    pati dit :

    Hannah Arendt et la "banalité du mal", théorie que tout ça! Basé sur le procès Eichmann à Jérusalem où le tortionnaire nazi s’est présenté comme un"simple exécutant" quasiment un minable.
    Normal, il y jouait sa peau.
    La recherche historique récente a montré qu’il était tout sauf banal ! N’est pas Eichmann qui veut ! Et l’excuse par les circonstances est un peu trop facile.
    Votre article fait penser au Ruanda sauf qu’au Ruanda les "bourgeois" (médecins, avocats, etc …) payaient leur personnel pour aller commettre leurs crimes à leur place, ils savaient donc ce qui se passait et son immoralité profonde.
    J’ai rencontré des dizaines de réfugiés qui m’ont raconté des histoires horribles. Cela m’a rendu plus optimiste que vous sur la nature humaine. Je sais que d’infâmes salopards rodent parmi nous, et que mieux vaut ne pas leur donner le pouvoir. Mais si par malheur cela arrivait, je sais aussi qu’il y aura en face des êtres humains qui feront face.
    Toujours.

    Félicitations pour votre blog que j’aime bien lire

    Répondre
  6. caleb irri
    caleb irri dit :

    bonjour,

    je suis pour l’essentiel pleinement d’accord avec vous, et si vous permettez j’aimerais y ajouter un élément.

    si certains considèrent que les pédophiles, les homosexuels ou les meurtriers naissent tels quels, que ne vont-ils pas plus loin dans leur raisonnement en établissant, selon l’ennemi à la mode, qu’il serait en définitive plus simple soit de le tuer à la naissance, ou carrément ne pas le faire naître du tout. ainsi, en pratiquant l’eugénisme (qui découle directement de la "Foi" en l’inné, en la génétique), l’homme serait alors capable de se débarrasser à la fois des malades, et des gêneurs…

    bizarrement, j’ai l’impression que certains des monstres que vous évoquez dans votre article ressurgissent à cette évocation : Hitler n’avait-il pas procédé de manière analogue?

    Répondre
  7. caleb irri
    caleb irri dit :

    bonjour,

    je suis pour l’essentiel pleinement d’accord avec vous, et si vous permettez j’aimerais y ajouter un élément.

    si certains considèrent que les pédophiles, les homosexuels ou les meurtriers naissent tels quels, que ne vont-ils pas plus loin dans leur raisonnement en établissant, selon l’ennemi à la mode, qu’il serait en définitive plus simple soit de le tuer à la naissance, ou carrément ne pas le faire naître du tout. ainsi, en pratiquant l’eugénisme (qui découle directement de la "Foi" en l’inné, en la génétique), l’homme serait alors capable de se débarrasser à la fois des malades, et des gêneurs…

    bizarrement, j’ai l’impression que certains des monstres que vous évoquez dans votre article ressurgissent à cette évocation : Hitler n’avait-il pas procédé de manière analogue?

    Répondre
  8. chris
    chris dit :

    Comme j’aime bien répondre à un texte ..par un texte !

    """ C’est l’heure où St Tropez revêt ses masques au fur et à mesure que le champagne noie les flonflons des rythmes disco. Jets de lumières glauques qui reflètent sur les bronzages et les uniformes blancs qui font dire à Ludo que la nuit se remplit d’infirmiers et d’infirmières ivres et hallucinés. Seuls les serveurs semblent partager une lucidité indifférente avec les quelques prédateurs qui guettent dans l’ombre des colonnes le niveau des proies. Parfois eux-mêmes hypnotisés par le spectacle, comme Alex qui vient de remarquer les couples suisses de la plage naturiste. Une intuition lui fait hésiter entre prédateurs où victimes. Parfois les deux selon les règles bizarres de cette échelle naturelle et invisible qui fait s’affronter l‘argent et le savoir. Les deux luttant l’un contre l’autre tout en bénéficiant des revenus de ces pouvoirs sans se soucier de ceux qui doivent survivre entre les deux.
    Alex est ainsi parfois fasciné par ses proies, il ne lui suffit pas de les connaître s’il veut en maîtriser la prédation. Il se doit en plus de comprendre les choses au-delà des individus, de ce qui en fait l’essence, ce qui les pétrit, les formate, pour savoir ce qui les fait rire ou les touche. Il pourrait y passer des heures sans qu’ils se méfient tellement il parait naturel son verre à la main ; l’air semblable.
    Autrefois, à ses débuts, il lui arrivait de faire demi-tour pour suivre une voiture qu’il venait de croiser. Après s’être tapé la journée du gars ou de la femme, il s’arrêtait un peu avant le porche où la voiture venait de s’engouffrer, puis il investiguait pour savoir à qui il avait affaire. Quel serait le meilleur endroit et moment pour dérober la voiture, tout en s’en étant assuré la revente par avance. Il avait continué à fignoler la technique au niveau d’un art lorsqu’il avait s’agit de fourguer du tapis, de la statuette de jade. Aujourd’hui, il cherchait comment faire encore mieux.

    Deux heures du matin, les campings dorment depuis longtemps et l’autre partie de St Trop s’éveille tandis que Ludo Steiner et Alex Monte rentrent en devisant. Sans refaire le monde, mais en s’interrogeant sur ce qui le fait. Ils n’ont pourtant rien de situationnistes en sandalettes dans leurs jeans coûteux sur des mocassins Weston en croco. Sans compter la grosse BWW 3.0 qui enfourne maintenant les voies encore illuminées des phares des nombreux fêtards se rendant d’un bout à l’autre bout de la côte. Dans quelques minutes, Ludo se glissera silencieusement dans la chambre entrouverte à son attention au fond du Tabbert et comme d’habitude, il écoutera un moment les grillons, emmêlant ses pensées à ses rêves, se demandant si les enfants, dont il entend les souffles légers à coté, vivront un monde différent du sien.

    ********

    Répondre
  9. Shining
    Shining dit :

    Je crois que ça commence souvent par la déshumanisation de "l’autre" : ils font passer "l’autre" pour un animal, un monstre ou un barbare… Une fois que les gens commence à y croire, une bonne partie du travail est fait, et c’est le début de la fin… la route vers la barbarie !

    Diviser, encore et toujours, diviser ! Convaincre que c’est "l’autre" le mauvais. Et comme cela, chacun est convaincu de faire le "bien"… alors qu’il a été barbare et monstrueux, en faisant "le bien"…

    Note : c’est "amusant" de remarquer que Nicolas Sarkozy s’est justement récemment vanté d’être inhumain, et aussi de l’entendre dire qu’il "ira jusqu’au bout" (c-a-d admettre qu’il est "jusqu’au-boutiste" donc) … pas très rassurant ça !

    Répondre
  10. Shining
    Shining dit :

    Je crois que ça commence souvent par la déshumanisation de "l’autre" : ils font passer "l’autre" pour un animal, un monstre ou un barbare… Une fois que les gens commence à y croire, une bonne partie du travail est fait, et c’est le début de la fin… la route vers la barbarie !

    Diviser, encore et toujours, diviser ! Convaincre que c’est "l’autre" le mauvais. Et comme cela, chacun est convaincu de faire le "bien"… alors qu’il a été barbare et monstrueux, en faisant "le bien"…

    Note : c’est "amusant" de remarquer que Nicolas Sarkozy s’est justement récemment vanté d’être inhumain, et aussi de l’entendre dire qu’il "ira jusqu’au bout" (c-a-d admettre qu’il est "jusqu’au-boutiste" donc) … pas très rassurant ça !

    Répondre
  11. Monsieur Poireau
    Monsieur Poireau dit :

    Putain de sujet !
    On pourrait imaginer un juste qui s’est opposé aux nazis et qui était, par ailleurs pédophile ?
    Le mal a aussi plusieurs visages ! :-))

    C’est courageux d’aborder ce débat, je suis d’ailleurs en majorité d’accord avec ton point de vue mais il faudrait des heures pour y répondre en détail.
    Robert Antelme qui a réchappé des camps résumait tout en une seule phrase : n’excluez personne de l’humanité.
    Les nazis aimaient aussi leurs enfants…
    :-))

    [Le monde n’est simplement pas binaire et les frontières ne sont pas rectilignes…].

    Répondre
  12. Monsieur Poireau
    Monsieur Poireau dit :

    Putain de sujet !
    On pourrait imaginer un juste qui s’est opposé aux nazis et qui était, par ailleurs pédophile ?
    Le mal a aussi plusieurs visages ! :-))

    C’est courageux d’aborder ce débat, je suis d’ailleurs en majorité d’accord avec ton point de vue mais il faudrait des heures pour y répondre en détail.
    Robert Antelme qui a réchappé des camps résumait tout en une seule phrase : n’excluez personne de l’humanité.
    Les nazis aimaient aussi leurs enfants…
    :-))

    [Le monde n’est simplement pas binaire et les frontières ne sont pas rectilignes…].

    Répondre
  13. Valere
    Valere dit :

    Mettre le Ruanda (500 000 morts) et le Kosovo (moins de 3000 morts, dans des circonstances mal établies) sur le même plan (sans parler d’Auschwitz !) , est-ce vraiment sérieux ?

    Répondre
  14. Valere
    Valere dit :

    Mettre le Ruanda (500 000 morts) et le Kosovo (moins de 3000 morts, dans des circonstances mal établies) sur le même plan (sans parler d’Auschwitz !) , est-ce vraiment sérieux ?

    Répondre
  15. bonjour
    bonjour dit :

    Shining a écrit : "Je crois que ça commence souvent par la déshumanisation de "l’autre" : ils font passer "l’autre" pour un animal, un monstre ou un barbare… Une fois que les gens commence à y croire, une bonne partie du travail est fait, et c’est le début de la fin… la route vers la barbarie !"

    Pour illustrer ce propos, je vous présente un jeune homme qui a fait la guerre en Indochine en tant que légionnaire, a qui ont a persuadé qu’accomplir viol et barabarie sur des femmes et enfants asiatiques étaient normal. De retour dans la vie civile une fois qu’il a fondé une famille, que croyiez-vous qu’il s’est passé avec sa propre petite fille, dans un contexte de déchirure famililae, d’exil et de précarité ?

    Sinon, d’un point de vue personnel, je pense que la barbarie, outre l’environnement facilitateur et déclencheur de peur et d’amoralité, il y a une sorte de sentiment interne sado-masochiste parfois à combattre, ce qui peut arriver dans la journée : aider quelqu’un dans la difficulté au lieu de la regarder tomber, par exemple. Et ce n’est pas toujours facile d’en prendre conscience, parfois entre la pensée qui doit arriver à la conscience et l’action, il y a au moins trois stades qu’il faut traverser jusqu’à prendre une décision espérée juste.

    Répondre
  16. bonjour
    bonjour dit :

    Shining a écrit : "Je crois que ça commence souvent par la déshumanisation de "l’autre" : ils font passer "l’autre" pour un animal, un monstre ou un barbare… Une fois que les gens commence à y croire, une bonne partie du travail est fait, et c’est le début de la fin… la route vers la barbarie !"

    Pour illustrer ce propos, je vous présente un jeune homme qui a fait la guerre en Indochine en tant que légionnaire, a qui ont a persuadé qu’accomplir viol et barabarie sur des femmes et enfants asiatiques étaient normal. De retour dans la vie civile une fois qu’il a fondé une famille, que croyiez-vous qu’il s’est passé avec sa propre petite fille, dans un contexte de déchirure famililae, d’exil et de précarité ?

    Sinon, d’un point de vue personnel, je pense que la barbarie, outre l’environnement facilitateur et déclencheur de peur et d’amoralité, il y a une sorte de sentiment interne sado-masochiste parfois à combattre, ce qui peut arriver dans la journée : aider quelqu’un dans la difficulté au lieu de la regarder tomber, par exemple. Et ce n’est pas toujours facile d’en prendre conscience, parfois entre la pensée qui doit arriver à la conscience et l’action, il y a au moins trois stades qu’il faut traverser jusqu’à prendre une décision espérée juste.

    Répondre
  17. Vince
    Vince dit :

    Pour continuer joyeusement dans le point Godwin, mais sans aucune provocation, il y a une uchronie que j’ai vu au détour d’une gare, sans toutefois l’acheter (j’étais pressé et les nouvelles érotiques que la jeune fille à côté de moi tenait en main m’ont quelque peu distrait…) où l’auteur se demandait ce qu’il se serait passé si le jeune Adolf avait fini par être un peintre de renom au lieu de virer petit-chef.
    Les différentes écoles de pensée en psychologie nous montrent l’humain comme une balance perpétuelle entre le fondamentalement bon et le fondamentalement mauvais.
    Lors d’une récente discussion avec des amis dans la même branche que moi (donc psy), on aura pu disserter que l’homme n’était fait que de nuances, et qu’il ne peut exister d’être fondamentalement bon, ou fondamentalement mauvais. Chacun a toujours sa part sombre, aussi minime soit-elle, qui empêche de se lever le matin, ou qui fait confiner à l’horreur absolue. Tout était déjà question de mesure, selon Paracelse.
    Freud disait de l’enfant qu’il était un pervers polymorphe… (et en travaillant dans des maternelles, j’en ai des exemples à la pelle 😉 )
    Pour vous faire à ça, je conseille l’ouvrage d’un de mes professeurs, également maître de pensée Gérard Pommier, "Comment les neurosciences démontrent la psychanalyse, Flammarion, Paris, octobre 2004."

    Et pour répondre à la mise en perspective Rwanda/Kosovo/Auschwitz, est-ce qu’il faut vraiment parler de morts en termes de quantité pour que l’atrocité de la mort violente et crue ait un sens en comparaison d’une mort naturelle ?

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  18. chris
    chris dit :

    Dites en parlant de barbares et de gens civilisés ….c"est pas Voynet l’écolo qui vient de faire charger les SDF de sa mairie au flash ball.

    Finalement le premier écolo de service qui me fera une réflexion sur ma bagnole, j’ai plus de raison de me géner niveau bourre pif…il pourra directement porter plainte à la mairie de Montreuil.

    Répondre
  19. chris
    chris dit :

    Dites en parlant de barbares et de gens civilisés ….c"est pas Voynet l’écolo qui vient de faire charger les SDF de sa mairie au flash ball.

    Finalement le premier écolo de service qui me fera une réflexion sur ma bagnole, j’ai plus de raison de me géner niveau bourre pif…il pourra directement porter plainte à la mairie de Montreuil.

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  20. Neb
    Neb dit :

    Il faudrait de longues heures pour tenter d’approfondir ce thème et ses dérivés.

    Le maître mot qui m’apparaît, c’est : L’Éducation.

    Puis une épitaphe, au cimetière du Père-Lachaise, à Paris (du coté des communards) :

    La liberté ne se donne, ni se prend mais elle s’apprend.

    En fin, la citation du Dr Isaac Rubin, cité par Bruno Bettelheim dans "Dialogues avec les mères" (La première tâche : éduquer les parents) :

    Si nous voulons cesser d’être des " victimes de victimes qui engendrons des victimes", il faut commencer par notre propre éducation. Éduquer un enfant n’a de sens que si cette éducation est saine, si elle ne transmet pas les préjugés, les blocages et les angoisses dont nous ne sommes pas nous-mêmes libérés.

    Bruno Bettelheim, libéré des camps concentrationnaires à dédié sa vie aux emmurés vivants – Les autistes.

    Les personnes profondément ancrées dans leurs convictions le resterons. Sinon, ce n’était que de la façade. Et l’on en voit énormément depuis trente ans dans la classe politique.

    Je suis étonné que notre président ne se soit pas encore occupé des crottes de chien, lui qui s’occupe de tout. M. Lefebvre et toute la clique non plus d’ailleurs.

    Bref, diviser en dénonçant les uns et les autres. Le mensonge, la trahison sont devenues des valeurs de ce pays. Pendant ce temps là, la classe de dessus en profite, mais c’est normal.

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  21. Seb M
    Seb M dit :

    Ce genre de débat peut rester stérile si l’on ne l’élève pas à une approche sociologique ou politique. Je me souviens de Bourdieu parlant d’une étude (d’une sociologue) sur la presse pendant l’occupation : les journaux qui étaient passés à la clandestinité pour résister, ceux qui avaient pris parti totalement pour Pétain et Hitler, et les entre-deux qui se taisaient ou collaboraient mollement. Quels éléments pouvaient être corrélés à ces choix et les laisser prévoir avant-guerre ? Eh bien la capacité à collaborer ou à résister était directement fonction de la dépendance ou de l’indépendance à l’égard des pouvoirs (économique et politique) du journal en question avant-guerre. C’est une leçon qui peut être extrapolée : les petites compromissions du monde ordinaire préparent les grandes compromissions des épisodes extraordinaires ; la capacité d’un individu à se placer dans sa vie du côté du pouvoir le placera du côté de la barbarie lorsque le pouvoir sera barbare ; la capacité d’un autre à résister au quotidien aux petites barbaries le fera sans doute résister à la la grande barbarie si elle advient. Il n’y a rien d’étonnant à voir figurer dans les rangs des Résistants de nombreux syndicalistes, et quasiment aucun patron…

    Répondre
  22. Seb M
    Seb M dit :

    Ce genre de débat peut rester stérile si l’on ne l’élève pas à une approche sociologique ou politique. Je me souviens de Bourdieu parlant d’une étude (d’une sociologue) sur la presse pendant l’occupation : les journaux qui étaient passés à la clandestinité pour résister, ceux qui avaient pris parti totalement pour Pétain et Hitler, et les entre-deux qui se taisaient ou collaboraient mollement. Quels éléments pouvaient être corrélés à ces choix et les laisser prévoir avant-guerre ? Eh bien la capacité à collaborer ou à résister était directement fonction de la dépendance ou de l’indépendance à l’égard des pouvoirs (économique et politique) du journal en question avant-guerre. C’est une leçon qui peut être extrapolée : les petites compromissions du monde ordinaire préparent les grandes compromissions des épisodes extraordinaires ; la capacité d’un individu à se placer dans sa vie du côté du pouvoir le placera du côté de la barbarie lorsque le pouvoir sera barbare ; la capacité d’un autre à résister au quotidien aux petites barbaries le fera sans doute résister à la la grande barbarie si elle advient. Il n’y a rien d’étonnant à voir figurer dans les rangs des Résistants de nombreux syndicalistes, et quasiment aucun patron…

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  23. speedy
    speedy dit :

    @ Seb M : "Il n’y a rien d’étonnant à voir figurer dans les rangs des Résistants de nombreux syndicalistes, et quasiment aucun patron…"

    Intéressant et mériterait d’être creusé. Quelques exceptions quand même dont Schindler, même s’il a bien profité de la main d’oeuvre.

    @agnès : …des gens ordinaires, complètement ordinaires…"

    Ou peut être simplement avec un vernis qui leur permet de vivre en société comme des gens ordinaires. Parmi eux, combien ont des rancunes, des jalousies, des haines ou des peurs cachées qui ressortent donc dans des situations hors norme ?

    Répondre
  24. Valere
    Valere dit :

    Agnès,

    Entre Auschwitz, le Ruanda et le Kosovo, il ne s’agit pas tellement de comptabilité des morts que de qualification des faits. Leur caractère génocidaire est évident pour les 2 premiers. Dans le cas du Kosovo, il me semble que même le TPIY avait abandonné l’accusation de génocide contre Milosevic pour les évènements du Kosovo (à ne pas confondre avec ceux de Bosnie). C’est pour cela que je dis qu’on ne peut pas sérieusement classer tout cela au chapitre unique de la barbarie humaine en compagnie de crimes "individuels". Sinon on peut aussi y ranger la révolution française, comme le font certains politiciens de la droite extrême, du fait des massacres de Septembre et de la Vendée.
    Ceci dit je ne doute pas un instant qu’il n’y ait pas de guerre exempte d’actes de barbarie.
    Parce qu’ "au milieu des armes les lois se taisent".

    Salutations Pyrénéennes.

    Répondre
  25. Tal
    Tal dit :

    Notre part d’ombre est souvent sollicitée, combien de fois j’ai imaginé occire un ahuri me collant au pare choc avec son camion, le sentiment que l’écrabouillage de soi n’était pas loin. Alors on fait des scenari, fusil de chasse, coup de poing américain, je n’ai ni l’un ni l’autre. Et puis finalement, le film n’aboutit sur aucun passage à l’acte, parce que on a une culture, chrétienne ou autre, que la violence c’est un problème, qu’il faut gérer la sienne et aussi celle des autres.

    Dans des conditions sociales violentes alors toute la part d’ombre qui est en nous peut être amenée à l’éruption. Alors on se raisonne, la seule branche de laquelle on tente d’éviter le pire.

    Répondre
  26. lulu
    lulu dit :

    un petit texte de mon cru sur le sujet de la résistance :

    Qu’êtes vous prêt à perdre ?

    Dans un combat pour la vérité, la liberté, la justice
    Qu’êtes vous prêt à perdre ?
    Du temps, de l’argent ? Prendrez-vous des risques ?
    Risques d’intimidation, d’humiliation, de torture
    Le vie bouleversée, votre avenir incertain

    Mais lorsque notre honte ne nous suffira plus,
    Ne faudra-t-il pas que l’on soit prêt, pour éviter de perdre encore, à tout perdre ?
    Faudra-t-il que l’on soit prêt à tout perdre, pour accepter de perdre encore ?
    Faudra-t-il que l’on soit près de perdre l’honneur pour n’avoir pas résisté ?

    Répondre
  27. jon
    jon dit :

    Excellent questionnement pour le citoyen. Merci Agnès !
    Et qui donne envie de te répondre, sans avoir lu tous les commentaires cependant.

    Je suis aussi de l’avis que nous avons tous les mêmes parts d’ombre et lumière "tapies en nous", plus ou moins développées par l’acquisition et/ou les événements.

    Mais ne serait-ce pas là quand même abordable sous l’angle génétique ou inné ? en considérant (et c’est mon cas) la nature humaine dans son ensemble – expliquant que nous sommes globalement faibles et sujets à la domination, comme par ex. chez certains groupes sociaux animaux – et non des exemples individuels – ce qui explique tous les cas extrêmes, si effrayant et monstrueux qu’ils puissent être, dont l’émergence est favorisée par un environnement particulièrement inductif. Qu’il y ait des "justes" (comme il y aurait des "dominants" et des "monstres") qu’un certain contexte a tendance à faire émerger n’empêche pas une explication basée sur l’inné : il y en a une certaine proportion statistique parmi la population.

    Partant de là, à charge ensuite pour l’Homme (politique) de définir et mettre en place des systèmes éducatifs et sociaux coercitifs ayant pour but de "renforcer" une forme de culture universelle, collective et solidaire, en espérant à terme faire évoluer notre nature par atavisme. Pour que certains comportements soient au mieux marginalisés. Si tel est le souhait.

    Je dis ça, je dis rien. Je n’ai aucune compétence en la matière… ce qui rend d’autant plus hasardeux ce raisonnement, dont je mesure l’aspect plutôt froid.

    Répondre
  28. dominique
    dominique dit :

    La bête est en chacun de nous d’accord…mais elle ne s’exprime que dans certaines circonstances….et côté pédophilie je pense aussi que ce n’est pas génétique mais que les sensations et les pulsions sexuelles s’inscrivent tôt…ceux qui acceptent leurs choix s’en sortent peut-être mieux….
    L’histoire et la rencontre font que certains tueront…d’autres non…
    et puis certains iront plus loin encore vers l’horreur sans s’en rendre compte vraiment…..(affaire alimi ! la barbarie…)

    Répondre
  29. Croa
    Croa dit :

    Les cultures humaines ont été et sont presque toutes manichéenne car l’homme est un animal grégaire et qu’il y a toujours eu des clans avant que ne soient inventés les nations. Notre culture, soit disant civilisée, ne fait pas exception.

    Il y a aussi la vie qui n’est pas manichéenne, juste imparfaite!

    Il y a 2000 ans les braves gens craignaient ceux qu’ils appelaient «barbares», peut-être parce qu’au cirque les romains (de braves gens, vraiment?) occupaient les gradins. Il y eu dans l’Histoire une parenthèse grâce à la notion de pêché, notion qui n’engageait, hélas, que les crédules !
    Il n’y a plus aujourd’hui qu’un «méchant» dans les arènes, une bête ayant la tête de l’emploi, un «fauve» herbivore (quoique?) et un danseur averti mais la bonne conscience du beauf reste inchangé et conforme aux leçons d’immuables propagandes.

    Lire cette histoire de la tauromachie, ces spectacles emblématiques de la connerie humaine :
    http://croa33.club.fr/Histoire.htm

    Répondre
  30. Sam Lowry
    Sam Lowry dit :

    Quand tu parles d’homme circonstanciel, d’übermensch, de surhomme…
    Tu veux dire que Nicolas Sarkozy serait plus fort que Chuck Norris ?

    http://www.chucknorrisfacts.fr/inde

    😉

    Hummm…

    D’après les saintes écritures, évangile "Nicolas Sarkozy facts" :
    "La dernière fois que Nicolas Sarkozy et Chuck Norris se sont battus en duel pour savoir qui était le plus fort, c’était il y a environ 13,7 milliards d’années, personne n’a survécu au combat, et on a appelé ça Big Bang."

    LOL

    Répondre
  31. okina
    okina dit :

    Nice to meet you Miss Maillard,
    After reading the comments posted, I am pleased to see that your ticket is already showing some monsters. As for me, I see every morning in my mirror all the people that I am and I try to choose one I think the more human. But I know, from my own experience, what kinds of monsters are in me and how easily they can get out.
    I was pleased to read you.

    Répondre
  32. ti_cyrano
    ti_cyrano dit :

    Je ne sais pas … peut-être pourrait-il exister des circonstances tellement extraordinaires qu’elles puissent engendrer un acte monstrueux et démentiel, mettre un bulletin PS dans l’urne en croyant voter à gauche par exemple ?

    Non, je n’arrive pas à l’imaginer, je n’aurais pas du arrêter le 20h00.

    Répondre
  33. ti_cyrano
    ti_cyrano dit :

    Je ne sais pas … peut-être pourrait-il exister des circonstances tellement extraordinaires qu’elles puissent engendrer un acte monstrueux et démentiel, mettre un bulletin PS dans l’urne en croyant voter à gauche par exemple ?

    Non, je n’arrive pas à l’imaginer, je n’aurais pas du arrêter le 20h00.

    Répondre
  34. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Les survivants des camps de la mort continuent sans relâche ce qu’ils ont défini comme étant leur mission, le témoignage sur la barbarie. Pourtant, la barbarie est toujours là et la vraie dérision serait de croire que l’information qui nous est offerte autour de la shoah a suffi à l’écraser définitivement. C’est pour cela qu’il faut continuer à apporter le témoignage de sa propre réflexion sur ce sujet, aujourd’hui et demain, surtout demain, quand les derniers témoins de cette histoire se seront éteints et que l’on aura la tentation de reléguer cette mauvaise conscience à l’arrière ban de l’Histoire, celle avec un grand H, celle que l’on oublie allègrement.

    Comme on nous le dit lors du premier cours de sociologie à l’université, nul travail de recherche n’est le fruit du hasard. Il intervient souvent au terme d’une longue réflexion, de grandes interrogations que notre trajectoire personnelle nous amène à nous poser. Il en est de moi comme des autres. Je suis issue d’une famille de Français dits "moyens". J’ai été élevée par mes grands-parents maternels qui avaient, tous deux, vécu la seconde Guerre mondiale, des gens simples et ordinaires.
    (…)
    J’ai connu l’antisémitisme très tôt. Peut-être pas comme un enfant juif qui s’entend dire "sale Juif" à l’école sans toujours bien comprendre ce qui, d’un coup, peut bien provoquer ce rejet, mais plutôt comme beaucoup de petits goyim, en écoutant d’un air distrait les conversations du soir qui s’étirent à la salle à manger, au-dessus des reliefs d’un bon repas, copieux et bien arrosé. Là, dans la torpeur du soir qui s’installe, les langues des gens que vous connaissez depuis toujours, des proches, des amis, des membres de la famille se délient ; et vous entendez, sans comprendre qu’ "Hitler aurait bien pu finir son boulot". Le midi, devant le journal télévisé, parfois, quelqu’un laisse échapper que "c’est encore un coup des Juifs" ou des mots qui blessent l’oreille comme "youpins", "youdes", et bien d’autres encore qui m’ont fait la bonne grâce de disparaître de ma mémoire. Toutes les analyses, tous les travaux de réflexion ne changeront rien à la terrible réalité : ce n’est pas dans les livres, dans les discours extrémistes que s’apprend l’antisémitisme aujourd’hui, mais à la maison, à l’âge tendre, quand on entend de telles atrocités tomber de la bouche de ceux que l’on aime, de ceux en qui on a confiance, de ceux qui sont nos modèles pour se construire notre vie d’adultes. On peut être antisémite et bons parents, l’antisémite est rarement un monstre, c’est le plus souvent quelqu’un que l’on côtoie régulièrement, que l’on apprécie, qui n’est franchement ni bon, ni mauvais, quelqu’un de terriblement ordinaire, comme peut l’être la voisine de palier, et c’est bien tout ce qui fait la difficulté de lutter contre ce type de comportement

    .

    De la judéophobie à l’antisémitisme, réalités historiques et représentations sociales, Agnès Maillard, Centre d’Etudes Juives, Paris IV, Sorbonne, 1995, Introduction.

    Répondre
  35. campusliber
    campusliber dit :

    Tout ceci me ramène au propos principal du film "La chute", dont le manque de succès s’explique à mon sens par ce fait dérangeant : pour la première fois, Hitler n’est plus un héros romantique, mais un homme banal.
    Car toute la vision que nous avions du nazisme, comme d’ailleurs celle que nous avons des "monstres", est romantique.
    Nous les voulons différents pour nous différencier.
    Si l’on nous montre qu’ils sont comme nous…

    Répondre
  36. campusliber
    campusliber dit :

    Tout ceci me ramène au propos principal du film "La chute", dont le manque de succès s’explique à mon sens par ce fait dérangeant : pour la première fois, Hitler n’est plus un héros romantique, mais un homme banal.
    Car toute la vision que nous avions du nazisme, comme d’ailleurs celle que nous avons des "monstres", est romantique.
    Nous les voulons différents pour nous différencier.
    Si l’on nous montre qu’ils sont comme nous…

    Répondre
  37. jules césar
    jules césar dit :

    Le vocable de monstre ne me paraît pas heuristique dans ce contexte. Il faut trouver un autre terme, mieux approprié. Il y a dans le mot monstre, ainsi employé, un effet "miroir", à mon avis : il sent un peu la "projection"inconsciente, au sens psychologique ; il parle aussi de celui qui l’emploie et de ceux qui le lisent, il est chargé d’une insupportation et d’un jugement de valeur implicite sur la personne qui se voit ainsi qualifiée et, à cause de cet implicite, me paraît nuire à l’analyse.
    J’ai lu cet été le livre "Des hommes ordinaires" (Les Belles Lettres) sous-titre: "Le 101ème bataillon de réserve de la police allemande et la Solution finale en Pologne", de l’historien Christopher R. Browning. Il s’agit d’une enquête sur la Shoah par balles dans le Gouvernement général de Pologne sous le Reich nazi.
    Extrait de la 4ème de couverture; "L’auteur établit le bilan incontestable de l’activité d’extermination de ce bataillon, et accorde un soin minutieux à analyser l’environnement social et les actions personnelles des individus qui le composaient : il nous offre ainsi la preuve la plus accablante jamais établie à ce jour de l’ordinaire aptitude humaine à une extraordinaire inhumanité."
    Autre terminologie dans ce livre, à lire, mais le couple "aptitude humaine/inhumanité " ne me satisfait pas non plus ?
    Quand voudra-t-on interroger le langage et définir le côté éthique que l’on attache implicitement au vocable "humain". L’homme n’est pas forcément humain, c’est sous-entendu : mais qu’est-ce qui définit l’humain ? A suivre…

    Répondre
  38. jules césar
    jules césar dit :

    Le vocable de monstre ne me paraît pas heuristique dans ce contexte. Il faut trouver un autre terme, mieux approprié. Il y a dans le mot monstre, ainsi employé, un effet "miroir", à mon avis : il sent un peu la "projection"inconsciente, au sens psychologique ; il parle aussi de celui qui l’emploie et de ceux qui le lisent, il est chargé d’une insupportation et d’un jugement de valeur implicite sur la personne qui se voit ainsi qualifiée et, à cause de cet implicite, me paraît nuire à l’analyse.
    J’ai lu cet été le livre "Des hommes ordinaires" (Les Belles Lettres) sous-titre: "Le 101ème bataillon de réserve de la police allemande et la Solution finale en Pologne", de l’historien Christopher R. Browning. Il s’agit d’une enquête sur la Shoah par balles dans le Gouvernement général de Pologne sous le Reich nazi.
    Extrait de la 4ème de couverture; "L’auteur établit le bilan incontestable de l’activité d’extermination de ce bataillon, et accorde un soin minutieux à analyser l’environnement social et les actions personnelles des individus qui le composaient : il nous offre ainsi la preuve la plus accablante jamais établie à ce jour de l’ordinaire aptitude humaine à une extraordinaire inhumanité."
    Autre terminologie dans ce livre, à lire, mais le couple "aptitude humaine/inhumanité " ne me satisfait pas non plus ?
    Quand voudra-t-on interroger le langage et définir le côté éthique que l’on attache implicitement au vocable "humain". L’homme n’est pas forcément humain, c’est sous-entendu : mais qu’est-ce qui définit l’humain ? A suivre…

    Répondre
  39. Marcus Brutus
    Marcus Brutus dit :

    « Le vocable de monstre ne me paraît pas heuristique dans ce contexte. »
    (Caesar dixit).

    À moi non plus.

    Heuristique :Adj. Qui sert à la découverte. Hypothèse heuristique : dont on ne cherche pas à savoir si elle est vraie ou fausse, mais qu’on adopte seulement à titre provisoire, comme idée directrice dans la recherche des faits.

    Dans contexte, n’y a-t-il pas « texte » ?

    Répondre
  40. Marcus Brutus
    Marcus Brutus dit :

    « Le vocable de monstre ne me paraît pas heuristique dans ce contexte. »
    (Caesar dixit).

    À moi non plus.

    Heuristique :Adj. Qui sert à la découverte. Hypothèse heuristique : dont on ne cherche pas à savoir si elle est vraie ou fausse, mais qu’on adopte seulement à titre provisoire, comme idée directrice dans la recherche des faits.

    Dans contexte, n’y a-t-il pas « texte » ?

    Répondre
  41. jules césar
    jules césar dit :

    Je ne saisis pas bien la portée de la remarque de Marcus Brutus.

    J’employais "heuristique" dans le sens de "qui aide à trouver" et je trouve que le vocable de "monstre" n’aide pas à trouver "les racines du mal".

    Euréka, avec esprit rude s’il vous plaît, donc heuréka.

    Ce mot apparaît plusieurs dans ce texte et dans son titre même…

    Répondre
  42. Pierre Meur
    Pierre Meur dit :

    Les racines du mal sont dans le regard unidirectionnel que l’on pose sur ce qui n’est pas nous. Il est dans ce paradoxe de l’individu face au monde et pourtant inscrit dans ce monde. Cette incapacité que nous avons à sortir de nous-même et cette même incapacité que nous avons à "rentrer" en l’autre.

    La communication est biaisée, parce que les mots ont besoin des mêmes référentiels pour être compris par l’autre. C’est devant cet écueil que certains abandonnent l’idée de communiquer pour devenir des "monstres". On devient monstre par facilité, parce que cela permet de n’avoir pas à tenir compte de l’autre, mais uniquement de ses propres besoins, donc de satisfaire à ses propres désirs.

    Je me suis souvent interrogé sur mon humanisme. Je sais que l’on rentre en humanisme comme on rentre en religion. Il faut en accepter le dogme pour arriver à se contraindre soi-même à l’adoption de règles implicites qui sont contraire à notre désir absolu de liberté. L’autre existe par delà nous-même. La grosse difficulté est de s’en convaincre, et d’accorder ipso facto à l’autre les mêmes droits qu’à nous-même.

    Mais que faire alors, quand l’autre veut plus de droits que nous-mêmes ? Quand il veut nous contraindre à notre corps défendant ? Ce qui est terrible dans le viol, ce n’est pas tant l’acte que la négation de la dignité d’être humain de la victime. La victime n’est plus rien, elle est juste l’objet du désir de l’autre, un "préservatif" vivant que l’on jette après usage.

    Le viol sexuel est un acte extrême qui nous parle et qui nous choque. C’est un abus de rapport de force. Mais il y a des viols anodins dont nous nous rendons coupable quotidiennement.

    – Quand nous mangeons, par exemple. Nous soucions-nous de la détresse animale qui est à l’origine de la tranche de jambon que nous glissons dans notre tartine ?

    – etc, etc … Cherchons bien, les exemples de "viols" anodins sont nombreux, et le plus terrible, c’est que nous devons chercher pour les débusquer en nous-mêmes.

    – Quand nous écrivons dans ces forums d’expression, nous soucions-nous de celui qui se trouve derrière l’écran, qui a accouché, parfois avec difficulté, des lignes que nous consommons pour satisfaire notre appétit "intellectuel" ou notre désir d’être, et que nous rejetons par simple envie d’être plus que l’autre ? De l’écraser intellectuellement, de nier sa valeur ? Viol, violence !

    Le viol est une attitude, pire même, c’est une habitude que l’on prend progressivement, et dont on ne se rend plus compte, parce que l’on a déjà justifié nos viols, nos actes violents, en nous-même.

    Quand le chirurgien incise pour la première fois un corps humain, il se rend compte de la portée de cette violence faite à autrui. Il sait que son acte est justifié par sa finalité. Quand il incise pour la millième fois, a-t-il encore un être humain sur sa table d’opération ou juste un objet auquel il applique le protocole opératoire ?

    Pour le monstre, c’est pareil. C’est la première fois qui compte. Il lui suffit de poser une justification à son acte, et il pourra le recommencer indéfiniment.

    Le terroriste ne poserait pas sa bombe sans se justifier son acte à lui-même. Les conséquences de son acte ne sont plus le mal puisque l’acte est justifié. Le mal fait à l’autre devient son bien, sa raison d’être. Pourquoi devrait-il en convaincre ses victimes, puisque celles-ci sont dans l’incapacité de comprendre ce qui le motive, et qu’il perçoit dans les réticences, qu’elles pourraient lui opposer, un viol qui lui est fait ?

    La forme, le fond … et surtout la motivation … justifient la violence de nos actes, et le viol fait à l’autre.

    La "règle d’or" existe dans deux versions :

    – Ne fais pas à autrui ce que tu n’aimerais pas que l’on te fasse.
    – Fais à autrui ce que tu aimerais que l’on te fasse.

    C’est dans le choix ou dans la perception "absolue" de la règle d’or que le mal se définit, parce que c’est une vision binaire. Le mal, dans son acceptation courante, est le contraire du bien. La réalité, elle, est dans une perception "relative" du bien et du mal.

    La réalité s’inscrit dans une dynamique spatiale et temporelle, qui consacre sa relativité. À la question, "la violence se justifie-t-elle ?", vouloir répondre, c’est faire preuve d’une volonté de retour à la vision dogmatique. La question est une superposition d’états. Répondre, c’est briser cette superposition d’états.

    La superposition d’états, c’est comme le bloc de marbre avant que le sculpteur ne s’y attaque. Le bloc de marbre contient, en potentiel, une infinité de statues. Quand le sculpteur a finit, il n’en reste qu’une seule.

    Ce qui fait la grandeur, mais aussi la médiocrité, de l’être humain, c’est sa capacité à faire des choix, mais aussi à ne pas les faire. L’unité de l’humanité, ce n’est pas l’individu, l’unité de l’humanité, c’est la relation.

    C’est cette qualité de "relation" qui est la substance de l’article premier de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (DUDH). C’est cette qualité de "relation" qui est mise en avant dans la devise de La France : "Liberté, Égalité, Fraternité".

    La liberté n’a de valeur que si elle pose la question de ce qui est équitable, mais également de ce qui est fraternel (humain). Il n’y a pas d’autre dogme, mais c’est un dogme.

    Pierre Meur,
    Belgique

    Répondre
  43. le chafouin
    le chafouin dit :

    Je pensais à faire un billet sur ce thème car je travaille actuellement sur des vieilles affaires criminelles et je me suis farci toutes les archives du journal sur une affaire de pédophilie assez scabreuse, dans laquelle un homme a violé six enfants, dont trois qu’il a tués.

    A son procès, les experts ont tous raconté ce qu’on entend toujours sur ce genre de cas: des banalités : égocentrique, pervers, haine née de l’enfance… Son avocat, dans sa plaidoirie, a dit quelque chose d’immense : "Cet homme vous semble un monstre, mais c’est un humain". Et il a ajouté : "pourquoi sur 10 000 personne qui ont connu un désert affectif dans leur enfance, un seul devient comme lui?"

    Je pense que la réponse, c’est que nous sommes tous des pédophiles en puissance, puisque cette déviance est considérée aujourd’hui comme le mal absolu. On le devient après une série de renoncement. Comme CSP, je crois qu’il n’y a pas d’individu mais des personnes qui sont moulées certes par ce qu’ils ont vu, par leur éducation, par ce qu’ils ont vécu, mais j’ajoute que nous sommes aussi ce que nous voulons être.

    Pas plus que nous ne naissons pédophile, nous ne devenons pédophile du jour au lendemain.

    Devenir pédophile, et plus généralement, devenir mauvais, c’est à mon avis la conséquence d’une suite de renoncements. De mauvais choix. Quand on se laisse glisser sur la pente, on est responsable de sa propre déchéance.

    Voilà pourquoi je pense qu’il faut soigner les pédophiles, mais surtout commencer par les condamner : ils sont responsables d’être devenus ce qu’ils sont.

    Je me permetrs de citer ce commentaire sur mon propre blog, pour faire naître le débat.

    A bientôt!

    Répondre
  44. Pierre Meur
    Pierre Meur dit :

    Et oui, yelrah @38, la monstruosité s’inscrivait déjà dans le choix du rouge ou du blanc. Mais elle s’inscrivait déjà également dans le choix de Maria d’avoir des enfants pour les jeter dans un monde dont la confusion est la norme.

    A posteriori, il est tellement facile de déterminer qui est responsable, mais ce qui est fait est fait. C’est a priori qu’il faudrait être capable d’estimer l’enchaînement des effets de nos actes, et c’est malheureusement impossible.

    Nous devrions être figé d’horreur devant les conséquences potentiellement terribles de nos actes. Mais si nous n’agissions pas, nous n’apprendrions pas de nos erreurs.

    Jean Ferrat à traiter son sujet sous un angle morbide, mais il eut été possible de le traiter sous l’angle de la dérision et d’en rire, tant cette situation tient du ridicule. Le ridicule est également humain. L’être humain est universellement mortel, et rire c’est aussi faire un pied de nez à la mort.

    Voici une blague sur la mort :

    "Qu’est-ce qui est vert et qui pue au fond des bois? Réponse: Un scout mort depuis 1 mois".

    Ce qui nous fait rire, c’est le côté anodin de l’énoncé, et la disproportion qui n’a plus rien d’anodin dans la réponse. Mais un scout mort ne fait pas vraiment appel à un référentiel en nous. Si on remplace "scout mort" par "juif mort", le référentiel existe et notre rire s’étrangle dans notre gorge.

    Peut-on rire de tout ? L’humour juif est maître en la matière, mais il surtout de lui-même. Nous devrions apprendre à faire pareil. Jugez plutôt :

    "Pourquoi les femmes juives américaines veulent être incinérées et faire disperser leurs cendres au-dessus du magasin Bloomingdale’s? – Parce qu’elles veulent s’assurer la visite de leur fille au moins deux fois par semaine".

    L’énormité de la monstruosité dont l’homme est capable doit nous porter à rire et à pleurer, mais surtout à ne pas nous laisser indifférent. Parce que c’est dans l’indifférence que nous perdrions notre âme.

    Pierre Meur,
    Belgique

    Répondre
  45. Pierre Meur
    Pierre Meur dit :

    Et oui, yelrah @38, la monstruosité s’inscrivait déjà dans le choix du rouge ou du blanc. Mais elle s’inscrivait déjà également dans le choix de Maria d’avoir des enfants pour les jeter dans un monde dont la confusion est la norme.

    A posteriori, il est tellement facile de déterminer qui est responsable, mais ce qui est fait est fait. C’est a priori qu’il faudrait être capable d’estimer l’enchaînement des effets de nos actes, et c’est malheureusement impossible.

    Nous devrions être figé d’horreur devant les conséquences potentiellement terribles de nos actes. Mais si nous n’agissions pas, nous n’apprendrions pas de nos erreurs.

    Jean Ferrat à traiter son sujet sous un angle morbide, mais il eut été possible de le traiter sous l’angle de la dérision et d’en rire, tant cette situation tient du ridicule. Le ridicule est également humain. L’être humain est universellement mortel, et rire c’est aussi faire un pied de nez à la mort.

    Voici une blague sur la mort :

    "Qu’est-ce qui est vert et qui pue au fond des bois? Réponse: Un scout mort depuis 1 mois".

    Ce qui nous fait rire, c’est le côté anodin de l’énoncé, et la disproportion qui n’a plus rien d’anodin dans la réponse. Mais un scout mort ne fait pas vraiment appel à un référentiel en nous. Si on remplace "scout mort" par "juif mort", le référentiel existe et notre rire s’étrangle dans notre gorge.

    Peut-on rire de tout ? L’humour juif est maître en la matière, mais il surtout de lui-même. Nous devrions apprendre à faire pareil. Jugez plutôt :

    "Pourquoi les femmes juives américaines veulent être incinérées et faire disperser leurs cendres au-dessus du magasin Bloomingdale’s? – Parce qu’elles veulent s’assurer la visite de leur fille au moins deux fois par semaine".

    L’énormité de la monstruosité dont l’homme est capable doit nous porter à rire et à pleurer, mais surtout à ne pas nous laisser indifférent. Parce que c’est dans l’indifférence que nous perdrions notre âme.

    Pierre Meur,
    Belgique

    Répondre
  46. Str4nge_Look_85
    Str4nge_Look_85 dit :

    Tout d’abord on ne devient pas pédophile, "on se fait toper ou pas" est plus juste,hahaha…
    J’inclinerais, pour ma part, à penser que le sexe fait tumescer quelque soit la tranche d’age qui le représente (ceci est voulu par la libération servicetroispiècesuelle).
    L’homme est responsable ou il n’est pas.
    Responsable dans une société qui peut se projeter dans l’avenir et qui a autre chose à proposer que diviser pour mieux regner.
    Irresponsable dans une société dérèglementé à outrance et diviseuse et qui utilise toujours le même fond de commerce des grandes catastrophe du passé (catastrophe concentrationnaire,communisme,etc…)
    La pédophilie a toujours existé,c’est un fait intégralement irréfutable.
    C’est incroyable,d’entendre tout et n’importe quoi à sont sujet,incroyable de subir encore aujourd’hui,le terrorisme intellectuel de ceux qui décide de ce qui est bien ou pas,de ce qui est hors sujet ou pas.
    Ils sont prévisible au point d’apparaitre tel qu’ils sont ce qui me fait tres peur,je suis terrorisé aussi bien par l’élite intellectuel qui les représentes que par l’élite politique qui les accompagne et qui ne s’opposent qu’en apparence.
    Ce jeu a asser durer,je ne vous dit pas gare au retour de manivelle ou boomerang et vous salut,cordialement.

    La direction des resources iconoclastes

    Répondre
  47. Pierre Meur
    Pierre Meur dit :

    Chafouin @41 : "Pas plus que nous ne naissons pédophile, nous ne devenons pédophile du jour au lendemain".

    Si la pédophilie est considérée comme le mal absolu, c’est parce qu’elle s’attaque à l’innocence absolue.

    Devenir adulte, c’est peu à peu devenir coupable, c’est apprendre à se corrompre. Il faut être capable de comprendre le mal pour le détecter. Quand on comprend le mal, on devient responsable de ses actes.

    "Pourtant la pédophilie était dans les mœurs dans la Grèce antique, et bien des philosophes que nous admirons encore aujourd’hui s’y adonnaient".

    Lorsque j’écris cette phrase, je me rends compte que je donne de l’eau au moulin de la pédophilie, et j’en frémi. Pourtant, combien de fois ai-je lu ou entendu cette phrase.

    Quel était le regard de la société grecque antique sur les enfants ?

    Pierre Meur,
    Belgique

    Répondre
  48. Pierre Meur
    Pierre Meur dit :

    Str4nge_Look_85 @42 : "La pédophilie a toujours existé,c’est un fait intégralement irréfutable. C’est incroyable,d’entendre tout et n’importe quoi à sont sujet, incroyable de subir encore aujourd’hui,le terrorisme intellectuel de ceux qui décide de ce qui est bien ou pas,de ce qui est hors sujet ou pas".

    Que la pédophilie ait toujours existé, je ne le nie pas. Après tout le meurtre a toujours existé également. Je crois qu’il est bon également de préciser qu’il y a une gradation dans la pédophilie. J’adore pincer les joues et les cuisses des bébés comme on tâte un gigot vivant et de voir leurs mimiques. Ma "pédophilie" s’arrête-là 🙂

    Là où la pédophile devient répréhensible, c’est dans l’abus d’autorité qu’elle représente. Quand cet abus d’autorité en vient à exploiter sexuellement les enfants, on est plus dans l’acceptable, parce qu’il est tellement facile d’abuser de l’innocence. Personnellement, je ne limite pas la pédophilie aux rapport avec les enfants pré-pubères ou aux adolescents non-majeurs. Je crois qu’une différence de plus de dix ans entre un homme et une femme est une relation malsaine, parce que cet homme et cette femme ne sont pas dans la même génération, pas dans le même temps.

    Par exemple, je pense qu’il y a outrance quand le chanteur Johnny Hallyday épouse la fille d’un de ses amis (que faut-il penser de ce père qui livre sa fille à un ami), alors qu’il la connu depuis toujours et même assisté à son baptême. Si l’homme était connu pour sa constance, je dirais encore, mais comme il est également connu pour ses nombreux mariages. Je désapprouve. Ceci dit, Johnny Halliday n’est pas une de mes références de prédilection. Ce n’est qu’un interprète du talent des autres, et rien qu’un show-man (je vais me faire lyncher).

    Qu’est-ce qui est acceptable et qu’est-ce qui ne l’est pas ? La tolérance est un consensus variable dans la société. Le contenu de ce consensus également. Vivre en marge de son temps est un choix. En fait, on adhère jamais complètement à ce consensus, et on est jamais complètement en marge du consensus. C’est bien pourquoi le consensus change régulièrement.

    L’exemple le plus criant de cette dynamique est la tendance à critiquer le politiquement correct. Comme cette tendance est devenu le consensus actuel de la société, tous le monde se croit en marge, mais, en fait, tous le monde est devenu consensuel, et c’est le consensus précédent qui est vraiment en marge, lui, qui est critiqué.

    On échappe pas à la dynamique de groupe. L’être humain est un animal grégaire, et c’est un fondement de ce que nous sommes. Que celui qui n’est pas d’accord me dise pourquoi il écrit ici, si ce n’est pour que son propos obtienne l’adhésion des autres. Le véritable marginal vit caché, et c’est un HANDICAPÉ SOCIAL.

    Les monstres sont de véritables marginaux, justement, parce qu’ils ne se soucient que d’eux-mêmes. C’est également le cas des pédophiles dans ce que la pédophilie a de plus extrême comme comportement. Le monstre est un prédateur, par définition.

    Pour rentrer dans le point Godwin, Hitler et le régime nazi n’était pas monstrueux en Allemagne, parce que justement son point de vue était le consensus de l’époque. Ce point de vue nous choque parce que notre consensus porte d’autres valeurs, mais prenons garde que les groupes d’influence qui représentent les valeurs d’un fascisme "néo", c’est-à-dire, la critique violente de toutes valeurs humanistes pour crime de "pensée correcte" (parce que consensuel) au profit de l’appel viscéral à un rapport de force populaire et populiste, n’inverse le consensus et crée l’objet d’un futur régime dont les opportunistes s’empareront.

    J’ignore si je me fais bien comprendre, mais quand le consensus est justement dans la confusion des genres, plus rien n’est clair et on assiste à une babélisation de la société. Le danger est justement dans la division, parce que cette division affaiblit la société, donc également ceux qui en font partie : nous tous.

    Par exemple, l’anti-sarkozisme primaire me débecte autant que Sarkozy, parce que Sarkozy est visible, et que cette visibilité omniprésente et l’opposition qui lui est faite, nous empêche de nous préoccuper des véritables problèmes de la société qui ne se trouve globalement pas à Paris, mais LOCALEMENT dans toute la France, dans toute l’Europe, et dans le monde entier : la valeur de la relation humaine perd pied au profit d’un discours virtuel porteur de confusion.

    La société commence d’abord dans notre propre famille, et s’étend jusqu’où porte le regard et les relations possibles. Au delà, on est dans le fantasme, et plus dans la réalité. N’en déplaise aux médias qui nous abreuvent d’une information dont nous n’avons pas le moindre besoin.

    Internet est libérateur de la communication directe, mais les dérives de cette communication seront les mêmes que celles qui tuent nos médias actuels. N’écrivez pas sous pseudo, sinon vous participez de l’évanescence de la réalité de la communication et du contenu de l’information.

    Un être humain sur internet doit s’adresser à un autre être humain qu’il doit pouvoir retrouver dans la réalité quel que soit le danger qui peut provenir de cette rencontre réelle. La liberté d’expression et la valeur réelle de la communication sur internet sont à ce prix. Nous sommes des êtres humains réels, nous ne sommes pas des corbeaux qui s’amusent à écrire des lettres anonymes. Ayez le courage de vos opinions et de vos convictions.

    Je sais, je m’emballe et je suis trop long. On ne se refait pas. Mille excuses.

    Pierre Meur,
    Belgique

    Répondre
  49. Pierre Meur
    Pierre Meur dit :

    Str4nge_Look_85 @42 : "La pédophilie a toujours existé,c’est un fait intégralement irréfutable. C’est incroyable,d’entendre tout et n’importe quoi à sont sujet, incroyable de subir encore aujourd’hui,le terrorisme intellectuel de ceux qui décide de ce qui est bien ou pas,de ce qui est hors sujet ou pas".

    Que la pédophilie ait toujours existé, je ne le nie pas. Après tout le meurtre a toujours existé également. Je crois qu’il est bon également de préciser qu’il y a une gradation dans la pédophilie. J’adore pincer les joues et les cuisses des bébés comme on tâte un gigot vivant et de voir leurs mimiques. Ma "pédophilie" s’arrête-là 🙂

    Là où la pédophile devient répréhensible, c’est dans l’abus d’autorité qu’elle représente. Quand cet abus d’autorité en vient à exploiter sexuellement les enfants, on est plus dans l’acceptable, parce qu’il est tellement facile d’abuser de l’innocence. Personnellement, je ne limite pas la pédophilie aux rapport avec les enfants pré-pubères ou aux adolescents non-majeurs. Je crois qu’une différence de plus de dix ans entre un homme et une femme est une relation malsaine, parce que cet homme et cette femme ne sont pas dans la même génération, pas dans le même temps.

    Par exemple, je pense qu’il y a outrance quand le chanteur Johnny Hallyday épouse la fille d’un de ses amis (que faut-il penser de ce père qui livre sa fille à un ami), alors qu’il la connu depuis toujours et même assisté à son baptême. Si l’homme était connu pour sa constance, je dirais encore, mais comme il est également connu pour ses nombreux mariages. Je désapprouve. Ceci dit, Johnny Halliday n’est pas une de mes références de prédilection. Ce n’est qu’un interprète du talent des autres, et rien qu’un show-man (je vais me faire lyncher).

    Qu’est-ce qui est acceptable et qu’est-ce qui ne l’est pas ? La tolérance est un consensus variable dans la société. Le contenu de ce consensus également. Vivre en marge de son temps est un choix. En fait, on adhère jamais complètement à ce consensus, et on est jamais complètement en marge du consensus. C’est bien pourquoi le consensus change régulièrement.

    L’exemple le plus criant de cette dynamique est la tendance à critiquer le politiquement correct. Comme cette tendance est devenu le consensus actuel de la société, tous le monde se croit en marge, mais, en fait, tous le monde est devenu consensuel, et c’est le consensus précédent qui est vraiment en marge, lui, qui est critiqué.

    On échappe pas à la dynamique de groupe. L’être humain est un animal grégaire, et c’est un fondement de ce que nous sommes. Que celui qui n’est pas d’accord me dise pourquoi il écrit ici, si ce n’est pour que son propos obtienne l’adhésion des autres. Le véritable marginal vit caché, et c’est un HANDICAPÉ SOCIAL.

    Les monstres sont de véritables marginaux, justement, parce qu’ils ne se soucient que d’eux-mêmes. C’est également le cas des pédophiles dans ce que la pédophilie a de plus extrême comme comportement. Le monstre est un prédateur, par définition.

    Pour rentrer dans le point Godwin, Hitler et le régime nazi n’était pas monstrueux en Allemagne, parce que justement son point de vue était le consensus de l’époque. Ce point de vue nous choque parce que notre consensus porte d’autres valeurs, mais prenons garde que les groupes d’influence qui représentent les valeurs d’un fascisme "néo", c’est-à-dire, la critique violente de toutes valeurs humanistes pour crime de "pensée correcte" (parce que consensuel) au profit de l’appel viscéral à un rapport de force populaire et populiste, n’inverse le consensus et crée l’objet d’un futur régime dont les opportunistes s’empareront.

    J’ignore si je me fais bien comprendre, mais quand le consensus est justement dans la confusion des genres, plus rien n’est clair et on assiste à une babélisation de la société. Le danger est justement dans la division, parce que cette division affaiblit la société, donc également ceux qui en font partie : nous tous.

    Par exemple, l’anti-sarkozisme primaire me débecte autant que Sarkozy, parce que Sarkozy est visible, et que cette visibilité omniprésente et l’opposition qui lui est faite, nous empêche de nous préoccuper des véritables problèmes de la société qui ne se trouve globalement pas à Paris, mais LOCALEMENT dans toute la France, dans toute l’Europe, et dans le monde entier : la valeur de la relation humaine perd pied au profit d’un discours virtuel porteur de confusion.

    La société commence d’abord dans notre propre famille, et s’étend jusqu’où porte le regard et les relations possibles. Au delà, on est dans le fantasme, et plus dans la réalité. N’en déplaise aux médias qui nous abreuvent d’une information dont nous n’avons pas le moindre besoin.

    Internet est libérateur de la communication directe, mais les dérives de cette communication seront les mêmes que celles qui tuent nos médias actuels. N’écrivez pas sous pseudo, sinon vous participez de l’évanescence de la réalité de la communication et du contenu de l’information.

    Un être humain sur internet doit s’adresser à un autre être humain qu’il doit pouvoir retrouver dans la réalité quel que soit le danger qui peut provenir de cette rencontre réelle. La liberté d’expression et la valeur réelle de la communication sur internet sont à ce prix. Nous sommes des êtres humains réels, nous ne sommes pas des corbeaux qui s’amusent à écrire des lettres anonymes. Ayez le courage de vos opinions et de vos convictions.

    Je sais, je m’emballe et je suis trop long. On ne se refait pas. Mille excuses.

    Pierre Meur,
    Belgique

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  50. Pierre Meur
    Pierre Meur dit :

    pom @40 : "C’est pas la première fois que je remarque qu’on pense plus large en Belgique ! Le fond de l’air y serait-il plus propice ?"

    On pense différemment en Belgique, parce que le pays est plus petit et que l’on y est confronté à trois langues, donc à trois cultures différentes. Nos problèmes prioritaires sont différents de ceux de la France, et croyez bien que le problème linguistique est un véritable poison.

    En France, seul un parti a le pouvoir. En Belgique, les élections ne consacrent que la différence d’influence des partis qui sont au pouvoir, puisque le pouvoir est toujours partagé entre plusieurs partis. Et je ne vous parle même pas des subtilités du gouvernement fédéral et des trois gouvernements régionaux, car vous y perdriez votre latin, si ce n’est déjà fait.

    Les francophones belges font partie intégrante de la culture française (je parle de la langue, pas du pays), c’est pourquoi ils s’intéressent également à ce qui ce passe chez leur grand voisin, entre-autres. L’inverse n’est pas vrai, et je pense que les français ont tort de ne pas s’intéresser à la Belgique, ou aux autres pays où le français est parlé. La langue française est en perte de vitesse dans le monde. Il est important que l’ensemble des pays francophones cherchent à avoir une politique commune, non pas de défense de la langue française, mais surtout de propagation de l’héritage culturel francophone dont nous ne sommes tous que les humbles gestionnaires.

    Personnellement, je ne crois pas être le "phénix des hôtes de ce bois" parce que je serais belge, j’ai juste envie de réagir. Il ne m’appartient pas de me juger compétent, mais de participer au débat d’idées. Ma conviction est que c’est le débat d’idées qui est important, pas ceux qui y participent, mais il est clair qu’il n’y a pas non plus de débat d’idées sans participants.

    Dès que les mots sont écrits, ils n’appartiennent plus à leur auteur. Ils rentrent dans l’enchaînement des causes et des effets. Les mots décrivent des idées qui forniquent ensemble pour alimenter la dynamique de "la" culture.

    L’être humain et sa culture sont dérisoires et nous devons rire humblement de ce que nous sommes. Si l’être humain n’existait pas, l’univers ne s’en porterait ni mieux, ni plus mal. C’est bien à cause de cette évidence, que je me suis permis cet hors-sujet qui n’avait pour but que de me fatiguer au milieu de cette nuit afin que je puisse trouver quelques heures de sommeil réparateur.

    "Être ou ne pas être, tel est la question". Si je ne suis pas croyant, c’est que je crains ce que peut être le paradis éternel pour un insomniaque. Mais j’ai de grosses craintes qu’il existe, puisque je suis et que je n’avais pas demandé d’être.

    Bordel ! On ne maîtrise vraiment rien, et je ne suis même pas fatigué.

    Lecteur, passe ton chemin, ce post n’existe pas. Ce n’est qu’une illusion.

    Pierre Meur,
    Belgique (au milieu de la nuit)

    Répondre
  51. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Si maintenant je te poursuis jusqu’en vacances…

    La prochaine fois, viens dans les Pyrénées pour marcher un bout avec moi. D’ailleurs, plutôt qu’un RDV dans un bistrot à Paris, je vais finir par organiser une rando de lecteurs dans les Pyrénées. On m’accusera peut-être de vouloir mon Solutré, mais on risque d’avoir des amateurs et de passer un super bon WE! 😉

    Répondre
  52. Fred., de L.
    Fred., de L. dit :

    En Suisse le WE prolongé dernier, j’ai pensé à ce billet. On marchait sur un chemin, on passe devant un chalet. Deux ados (limite pré-ados) regardent par terre, semblant trouver le temps long. Je les regarde, pour leur dire bonjour, on passe vraiment à côté d’eux, et en montagne, tout le monde se sourit, se dit bonjour. Ils ne lèvent pas les yeux, je ne dis pas bonjour. Puis. Les ayant dépassés, ils disent bonjour une fois. Je réponds légèrement en souriant… ils n’entendent pas. Un des deux dit bonjour encore plus fort : je suis pris en flagrant délit d’impolitesse justifiant qu’on me reprenne. L’acte de se dire bonjour devient l’objet d’un début de conflit. Et pourquoi pas, de coupage de tête, pour cause de crime de lèse-bonjour… En fait, en montagne, je dis bonjour avec un grand sourire, et à condition de recevoir à peu près l’équivalent… et tant pis si l’autre n’est pas dans le même trip… ce n’est pas bien grave… sauf là. Où finalement, ces ados… oui… la prochaine fois, ils pourraient probablement décider de me trucider. 🙂 En lisant Agnès, je me demandais comment on pouvait passer de la joie à l’horreur. J’ai trouvé cela pendant mes vacances dans un des endroits les plus tranquilles que je connaisse 😀

    Répondre
  53. Fred., de L.
    Fred., de L. dit :

    En Suisse le WE prolongé dernier, j’ai pensé à ce billet. On marchait sur un chemin, on passe devant un chalet. Deux ados (limite pré-ados) regardent par terre, semblant trouver le temps long. Je les regarde, pour leur dire bonjour, on passe vraiment à côté d’eux, et en montagne, tout le monde se sourit, se dit bonjour. Ils ne lèvent pas les yeux, je ne dis pas bonjour. Puis. Les ayant dépassés, ils disent bonjour une fois. Je réponds légèrement en souriant… ils n’entendent pas. Un des deux dit bonjour encore plus fort : je suis pris en flagrant délit d’impolitesse justifiant qu’on me reprenne. L’acte de se dire bonjour devient l’objet d’un début de conflit. Et pourquoi pas, de coupage de tête, pour cause de crime de lèse-bonjour… En fait, en montagne, je dis bonjour avec un grand sourire, et à condition de recevoir à peu près l’équivalent… et tant pis si l’autre n’est pas dans le même trip… ce n’est pas bien grave… sauf là. Où finalement, ces ados… oui… la prochaine fois, ils pourraient probablement décider de me trucider. 🙂 En lisant Agnès, je me demandais comment on pouvait passer de la joie à l’horreur. J’ai trouvé cela pendant mes vacances dans un des endroits les plus tranquilles que je connaisse 😀

    Répondre
  54. ti_cyrano
    ti_cyrano dit :

    #46 "la prochaine fois, ils pourraient probablement décider de me trucider. 🙂 "

    Absolument, c’est syndical ! Dans le même registre il est d’usage de se saluer entre motards (sauf à Paris). Tu DOIS le faire, même en virage quand ton genou frotte le sol alors que t’essaies de faire l’inter passque t’as pas pu taxer au freinage. Tu dois saluer, pas d’échappatoire, sinon le lésé est en droit de faire demi-tour et de venir t’exploser la face 🙂

    Imagine de jeunes motards ne se saluant pas en montagne, des guerres ont été déclenchées pour moins que ça. C’est montagneux les balkans ?

    Répondre
  55. Tcho
    Tcho dit :

    # 46 : Fred., de L. "je ne dis pas bonjour"
    Il faut savoir qu’en Suisse, on dit assez facilement bonjour. C’est pas à tout le monde dans la rue, mais je dirais que c’est une façon de dire qu’on n’ignore pas la personne… (c’est amusant l’étiquette, les codes, etc. en fonction des pays, des régions… et pas facile à expliquer)

    Répondre
  56. Tcho
    Tcho dit :

    # 46 : Fred., de L. "je ne dis pas bonjour"
    Il faut savoir qu’en Suisse, on dit assez facilement bonjour. C’est pas à tout le monde dans la rue, mais je dirais que c’est une façon de dire qu’on n’ignore pas la personne… (c’est amusant l’étiquette, les codes, etc. en fonction des pays, des régions… et pas facile à expliquer)

    Répondre
  57. Albert Cohen
    Albert Cohen dit :

    Desole de te contredire mais quelle que soit la construction sociale:
    "…alors, cela signifie aussi qu’avec une autre construction sociale, on peut également tirer l’ensemble des gens vers le haut, valoriser le meilleur en chacun de nous, museler le monstre qui dort et nous pousser au dépassement de soi. C’est en ça que je crois vraiment. Non pas en un monde meilleur, mais dans la volonté commune de faire un monde qui nous rend meilleurs."
    Il sera impossible de museler " le monstre en nous" car il est inherent a la creation meme, structuree de l’infiniment grand a son oppose, par la dualite.
    La seule construction possible, pour reprendre ta terminologie reste exclusivement philosophique et consiste en la maitrise et le depassement de la dite dualite.
    Seule et unique solution a l’epineux probleme de son insolubilite supposee.
    Une philosophie a l’honneur en des temps Vedantiques que l’on peut qualifier d’heroiques; mais parfaitement expliquee et developpee dans la Mandukyapanishad grace aux Karika de Gaudapa.
    Une vision que l’on retrouve chez de grands penseurs contemporains ethnologues et scientifiques, tels que Heinrich Zimmer, W Heisenberg, ou encore N.Bohr
    Une litterature qui malheureusement interesse bien peu de monde dans nos societes psychopathiques, et certainement pas ceux qui y sont eriges en " philosophes" et qui ne sont que des philou-sophes!
    Merci pour un article aussi inattendu que remarquable.
    En conclusion : la construction de l’etre face au monstre qu’il est, ne peut etre que philosophique, et non pas la resultante d’une structure sociale, car meme si les meilleurs sentiments y contribuent, rien n’empechera le jaillissement des forces destinees a l’aneantir(car tel est le principe cosmique de construction destruction), et dont la dualite(de bon aloi) inherente a sa propre creation se nourrit de toutes eternites!
    A.C.

    Répondre
  58. Albert Cohen
    Albert Cohen dit :

    Desole de te contredire mais quelle que soit la construction sociale:
    "…alors, cela signifie aussi qu’avec une autre construction sociale, on peut également tirer l’ensemble des gens vers le haut, valoriser le meilleur en chacun de nous, museler le monstre qui dort et nous pousser au dépassement de soi. C’est en ça que je crois vraiment. Non pas en un monde meilleur, mais dans la volonté commune de faire un monde qui nous rend meilleurs."
    Il sera impossible de museler " le monstre en nous" car il est inherent a la creation meme, structuree de l’infiniment grand a son oppose, par la dualite.
    La seule construction possible, pour reprendre ta terminologie reste exclusivement philosophique et consiste en la maitrise et le depassement de la dite dualite.
    Seule et unique solution a l’epineux probleme de son insolubilite supposee.
    Une philosophie a l’honneur en des temps Vedantiques que l’on peut qualifier d’heroiques; mais parfaitement expliquee et developpee dans la Mandukyapanishad grace aux Karika de Gaudapa.
    Une vision que l’on retrouve chez de grands penseurs contemporains ethnologues et scientifiques, tels que Heinrich Zimmer, W Heisenberg, ou encore N.Bohr
    Une litterature qui malheureusement interesse bien peu de monde dans nos societes psychopathiques, et certainement pas ceux qui y sont eriges en " philosophes" et qui ne sont que des philou-sophes!
    Merci pour un article aussi inattendu que remarquable.
    En conclusion : la construction de l’etre face au monstre qu’il est, ne peut etre que philosophique, et non pas la resultante d’une structure sociale, car meme si les meilleurs sentiments y contribuent, rien n’empechera le jaillissement des forces destinees a l’aneantir(car tel est le principe cosmique de construction destruction), et dont la dualite(de bon aloi) inherente a sa propre creation se nourrit de toutes eternites!
    A.C.

    Répondre
  59. Albert Cohen
    Albert Cohen dit :

    Il n’y donc pas d’etres circonstanciels, uniquement des sujets conscients ou des "JE" objets de l’inconscient collectif; objets par ailleurs forts biens decrits dans l’article de Agnes Maillard, et dont les trois figures (archetypales d’ailleurs!) sont celles du lache, du heros et du bourreau.
    Amicalement
    Albert Cohen

    Répondre
  60. Albert Cohen
    Albert Cohen dit :

    L’expression "Philou-sophe" necessite un minimum d’explications pour eviter la categorie : mauvais jeu de mots!

    En effet les pretendus philosophes qui tiennent le haut du pave dans notre beau pays de France sont certainement des noircisseurs de feuilles blanches mais n’ont certes rien a voir avec l’honorable confrerie des penseurs.
    En effets leurs lecons de philosophies consistent a enseigner l’ignorance et la vision etriquee autant que sectaire, des plus mediocres penseurs que l’humanite ait connue.
    Leur connaissance de la philosophie est celle d’une hegemonie colonialiste represente par la maigre pensee occidentale sans envergure veritable a l’exception de quelques uns. Il faut d’ailleurs se tourner vers les anthropologues pour avoir une vision plus juste de la pensee.
    Il serait temps de revisiter la philosophie, en oubliant l’occident et sa racine grecque, et etre capable d’en retrouver les veritables : indo Europeenne et semitique Premieres.

    Répondre
  61. Albert Cohen
    Albert Cohen dit :

    L’expression "Philou-sophe" necessite un minimum d’explications pour eviter la categorie : mauvais jeu de mots!

    En effet les pretendus philosophes qui tiennent le haut du pave dans notre beau pays de France sont certainement des noircisseurs de feuilles blanches mais n’ont certes rien a voir avec l’honorable confrerie des penseurs.
    En effets leurs lecons de philosophies consistent a enseigner l’ignorance et la vision etriquee autant que sectaire, des plus mediocres penseurs que l’humanite ait connue.
    Leur connaissance de la philosophie est celle d’une hegemonie colonialiste represente par la maigre pensee occidentale sans envergure veritable a l’exception de quelques uns. Il faut d’ailleurs se tourner vers les anthropologues pour avoir une vision plus juste de la pensee.
    Il serait temps de revisiter la philosophie, en oubliant l’occident et sa racine grecque, et etre capable d’en retrouver les veritables : indo Europeenne et semitique Premieres.

    Répondre
  62. Albert Cohen
    Albert Cohen dit :

    Genetique et Pedophilie:

    La lecture du dernier ouvrage de Monsieur M. Onfray eclaire surtout sur son ignorance de la science en particulier et de son enfermement dans la dualite.
    Si donc la genetique est deterministe, quel est le phenomene scientifique ayant determine la genetique?
    C’est la un gouffre insondable ou ne s’aventure ni l’homme neuronal cher a Mrs Onfray et Changeux, ni l’homme circonstanciel pedophile ou president au choix, car bien entendu personne( ni les adeptes de l’atheisme, ou autres ismes fussent-ils entaches de dimension divine) ne peut s’y aventurer pour cause d’incomprehension… Ce qui n’empeche pas que les theories les plus farfelues soient emises…
    Point donc de determinisme, pas plus que de Puissance d’Exister ( Sauf pour les monstres!) dont la seule affirmation signe son contraire.
    Il n’est pas etonnant donc que PhiloMag ait offert une affiche Onfray/Sarkozy en pature a leurs semblables.
    On comprend pourquoi l’enfance vecue par "les monstres" est si importante…
    A propos la terminologie de monstre n’inclue pas que les tueurs en serie ou les pedophiles, mais tout autant les " nouveaux monstres " mediatiques" car ceux la creent en realite bien plus de souffrance et sont les tortionnaires du corps social dans son ensemble.
    Heureusement le voile de l’illusion est la pour masquer la terrible realite qui opere dans notre monde post moderne et exclusivement occidental: pour preuve la guerre de la honte en Afghanistan menee par les pretendues Democraties modernes…
    Y a-t-il un determinisme de la honte et un pilote dans l’avion?

    A.C.

    Répondre
  63. Albert Cohen
    Albert Cohen dit :

    Genetique et Pedophilie:

    La lecture du dernier ouvrage de Monsieur M. Onfray eclaire surtout sur son ignorance de la science en particulier et de son enfermement dans la dualite.
    Si donc la genetique est deterministe, quel est le phenomene scientifique ayant determine la genetique?
    C’est la un gouffre insondable ou ne s’aventure ni l’homme neuronal cher a Mrs Onfray et Changeux, ni l’homme circonstanciel pedophile ou president au choix, car bien entendu personne( ni les adeptes de l’atheisme, ou autres ismes fussent-ils entaches de dimension divine) ne peut s’y aventurer pour cause d’incomprehension… Ce qui n’empeche pas que les theories les plus farfelues soient emises…
    Point donc de determinisme, pas plus que de Puissance d’Exister ( Sauf pour les monstres!) dont la seule affirmation signe son contraire.
    Il n’est pas etonnant donc que PhiloMag ait offert une affiche Onfray/Sarkozy en pature a leurs semblables.
    On comprend pourquoi l’enfance vecue par "les monstres" est si importante…
    A propos la terminologie de monstre n’inclue pas que les tueurs en serie ou les pedophiles, mais tout autant les " nouveaux monstres " mediatiques" car ceux la creent en realite bien plus de souffrance et sont les tortionnaires du corps social dans son ensemble.
    Heureusement le voile de l’illusion est la pour masquer la terrible realite qui opere dans notre monde post moderne et exclusivement occidental: pour preuve la guerre de la honte en Afghanistan menee par les pretendues Democraties modernes…
    Y a-t-il un determinisme de la honte et un pilote dans l’avion?

    A.C.

    Répondre
  64. Pierre Meur
    Pierre Meur dit :

    Albert Cohen @52 : "Il sera impossible de museler " le monstre en nous" car il est inherent a la creation meme, structuree de l’infiniment grand a son oppose, par la dualite".

    Ce qui fait la particularité de l’être humain, c’est sa capacité d’adaptation. Ce qui rend la capacité d’adaptation si efficace, ce sont les choix que l’on se pose, la causalité qui en résulte, et les enseignements que l’on en retire.

    Désespérer parce que l’on est faillible, c’est nier le rôle de l’expérience, et des choix futurs que nous serons menés à faire.

    L’univers est plus grand que l’humanité qui s’y inscrit. Faut-il tout connaître de l’univers pour être un être humain cohérent avec ce dans quoi il évolue ?

    L’important, c’est de fixer des buts même utopiques, de se planter en sachant que l’on s’est planté, mais de redresser la barre sans cesse et de garder le cap.

    Si je devais utiliser une métaphore, je dirais que l’être humanité est un voilier dans une tempête. La tempête impose les choix à faire, mais la tempête ne définit pas l’être humain. Que l’être humain puisse être le pire ennemi de l’être humain, soit, mais nous avons le nombre pour nous. Tant que l’humanité existe, ses chances d’arriver au port restent entières.

    Ce n’est pas l’individu qu’il faut sauver ou, au contraire, tuer le monstre en lui, c’est la notion d’humanité pleine et entière, responsable de ses progrès mais aussi de ses dérives : le voilier.

    L’individu est mortel, mais l’humanité a un potentiel d’immortalité. L’individu n’est que le moyen de la survie pour l’humanité. Ce n’est pas l’individu qu’il faut définir, c’est l’humanité. C’est la survie de l’humanité qui est la finalité de l’humanité. C’est ainsi que la nature l’a voulu. Pour la nature, la manière importe peu, c’est le résultat qui compte.

    La conscience intelligente n’est qu’un des essais de la nature, ce n’est pas la finalité de la nature. Le monstre en nous, c’est la nature brute. Mais la nature nous a également prévu grégaire, c’est donc dans le groupe que se trouve la solution.

    Un groupe cohérent a des règles qu’il impose de gré ou de force à ceux qui composent le groupe. Soit l’individu comprend le pourquoi de ces règles et les accepte, soit il ne les comprend pas et ne voit que les contraintes que ces règles lui imposent. La liberté a un prix qu’il faut payer. Ce prix, c’est la responsabilité solidaire.

    La liberté responsable et solidaire, c’est comme le reste, ça doit s’apprendre, ça ne s’impose pas. Le meilleur système, c’est l’anarchie, mais l’anarchie implique cette liberté solidaire qui n’est encore qu’à l’état d’embryon dans l’être humain. Pour l’instant nous avons encore besoin de la Loi pour contraindre notre liberté.

    Pierre Meur,
    Belgique

    Répondre
  65. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    @ Pierre Meur : moi aussi, j’apprécie bien ce que tu dis dans ton dernier commentaire.

    Cela dit, je ne pense pas qu’il faille tuer la bête qui est au fond de nous. Elle fait partie de nous et elle a forcément un rôle dans la survie de l’espèce. Je pense qu’il faut parvenir à vivre avec, qu’il faut pouvoir regarder en face notre insondable part d’ombre, c’est la meilleure façon de la contrôler. Le rôle de la bête, selon moi, c’est de nous fournir les armes nécessaires à la survie en conditions extrêmes. Il ne faut donc pas tuer la bête : la chute de la civilisation est toujours une certitude et il nous faut alors traverser les âges barbares pour espérer reconstruire quelque chose d’encore plus beau derrière.

    Répondre
  66. Albert Cohen
    Albert Cohen dit :

    @ P Meur

    L’image du voilier est excellente, mais vous semblez oublier la probabilite de son naufrage dans les profondeurs insondables de l’ocean… de l’inconscient collectif; quand ce dernier dechaine les incommensurables forces archetypales "endormies en lui" et resurgies brutalement pour le broyer.
    Amicalement

    Répondre
  67. Albert Cohen
    Albert Cohen dit :

    @ P Meur

    L’image du voilier est excellente, mais vous semblez oublier la probabilite de son naufrage dans les profondeurs insondables de l’ocean… de l’inconscient collectif; quand ce dernier dechaine les incommensurables forces archetypales "endormies en lui" et resurgies brutalement pour le broyer.
    Amicalement

    Répondre
  68. valerie
    valerie dit :

    Ce qui moi me fascine dans la vision qu’on a des meurtriers, pédophiles, c’est cette capacité à les sortir de leur condition humaine. Ce sont "des monstres", "des barbares", "des animaux" comme s’il fallait à tout prix se différencier d’eux et dire très fort qu’ils ne font pas partie des humains.
    C’est justement en admettant que ce genre de comportement est parfaitement humain, civilisé – au sens constitutif d’une civilisation – qu’on arrivera, peut être à les juguler.

    Le propos de sarkozy est somme toute assz logique ; il déplore, comme tout un chacun, qu’il y ait des pédophiles et qu’on n’arrive pas à endiguer ces crimes; se dire qu’ils sont nés ainsi, c’est se dire qu’on aurait rien pu prévoir, et que "ce n’est pas de notre faute".

    Répondre
  69. Albert Cohen
    Albert Cohen dit :

    La question du monstre est donc un vrai faux problème, dans la mesure ou il est à la fois l’autre et soi même, mais aussi, indispensable à la nature créative pour qu’elle s’exprime.
    Il faut pour résoudre ce paradoxe insupportable rappeler la seule ligne de défense qui soit : L’unité des contraires.
    La solution ne jaillit pas soudainement et sans effort elle se recherche de l’intérieur individuellement, et n’est efficace que pour soi. Elle peut servir d’exemple, s’enseigner, mais également n’intéresser personne, d’autant plus si le sujet en question est emporté par les tourments de l’illusion de son propre ego.

    Le Tsunami de 2005, authentique tueur en série : 270.000 morts et 150.000 disparus, fait partie du décors naturel de notre environnement, tout comme les épurations ethniques connues et inconnues ou oubliées, la Shoah, et autres génocides Khmer ou Chinois, les camps de concentrations de tous poils et de toutes les directions, etc…

    Sommes-nous meilleurs que les assassins de Tienanmen ou Prague, nous qui pour notre confort négocions avec eux sans scrupules ni retenues ?

    Sommes-nous meilleur qu’un Poutine qui extermine son opposition fut-elle journalistique, mais à qui, malgré la Russophobie chronique enfantée de la guerre froide, nous déroulons le tapis rouge ?

    Sommes-nous meilleur qu’un Colonel K, qui viens piétiner les jardins de la République, et donne des leçons aux « petits – grands » de ce monde qui a l’outrecuidance de se prétendre démocratique ?

    La liste est loin d’être exhaustive.

    Finalement il n’y a pas que moi qui suis monstrueux, je suis un monstre dans un monde construit par les monstres… Toutes les sociétés qui en seront issues seront par conséquent monstrueuses.

    Chacun des monstres que nous sommes doit dans un éclair de lucidité tendre vers cet opposé qu’il n’est pas. Pieux souhait ! Demandons à Pol Pot de faire un effort dans ce sens… Á l’évidence les détenteurs du « pouvoir » quel qu’il soit, sont dans une difficulté plus grande de prise de conscience.

    L’adage du TAO est approprié à l’effort souhaité :
    Un chemin de mille lieux commence par un pas.

    Il faut donc, en plus de l’essence philosophique, deux ingrédients supplémentaires, le courage du premier pas et la confiance en cette capacité potentielle à couvrir les mille lieux. Mais rien n’est moins sûr.

    Reste la question de savoir pourquoi nous avons conscience de notre monstruosité?

    Il est certain que c’est une disposition naturelle pour nous guider vers la non dualité, (du moins de mon point de vue) mais aussi pour comprendre que contrairement au crocodile "programme génétiquement" pour l’être, notre conscience et notre réflexion sont en mesure de contrôler et donc de définir comme erroné le présupposé « déterminisme génétique » cher aux matérialisme neurobiologique.

    La monstruosité résulte donc d’un acte de conscience qui s’enracine dans notre inconscient comme dans celui de notre collectif.

    Revenons à la préhistoire et songeons un instant que nous fûmes des gibiers charognards avant d’être des prédateurs cueilleurs chasseurs, et que notre dimension monstrueuse est inhérente à notre existence dans ce que nous fûmes comme dans ce que nous continuons d’être ; à l’exception près du fait qu’à l’origine cela s’imposa par nécessité adaptative, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui, où notre préoccupation principale devrait être notre interdépendance psychologique avec notre prétendu alter – ego : l’humain.

    Nos comportements psychiques n’ont pas changés depuis l’âge de la pierre, seules quelques inhibitions sont venues les freiner, du moins pour certains. Il n’est donc pas étonnant que pour un bon nombre, elles soient sans effets, ce qui explique la prolifération des monstres, mis à part la surpopulation.

    Le sujet, que nous n’avons qu’effleuré, est d’une importance capitale pour l’avenir de l’humanité comme l’entend P. Meur, et je remercie Agnès Maillard, d’avoir eu l’intelligence de l’amener en surface, car à l’évidence il occupe une place considérable dans l’inconscient collectif de l’humanité, ce qui explique pourquoi d’ailleurs nous en ayons si peur.

    J’ai fais l’effort de programmer les accents tout spécialement pour me faire absoudre par Mister John et m’excuser de ne pas l’avoir fait plus tôt.
    A.C.

    Par nature la conscience englobe l’intelligence, et rien ne montre quelle ne soit pas " l’univers comme volonté et comme représentation », la forme et l’énergie la plus élaborée de la nature dans notre dimension.

    Répondre
  70. Albert Cohen
    Albert Cohen dit :

    La question du monstre est donc un vrai faux problème, dans la mesure ou il est à la fois l’autre et soi même, mais aussi, indispensable à la nature créative pour qu’elle s’exprime.
    Il faut pour résoudre ce paradoxe insupportable rappeler la seule ligne de défense qui soit : L’unité des contraires.
    La solution ne jaillit pas soudainement et sans effort elle se recherche de l’intérieur individuellement, et n’est efficace que pour soi. Elle peut servir d’exemple, s’enseigner, mais également n’intéresser personne, d’autant plus si le sujet en question est emporté par les tourments de l’illusion de son propre ego.

    Le Tsunami de 2005, authentique tueur en série : 270.000 morts et 150.000 disparus, fait partie du décors naturel de notre environnement, tout comme les épurations ethniques connues et inconnues ou oubliées, la Shoah, et autres génocides Khmer ou Chinois, les camps de concentrations de tous poils et de toutes les directions, etc…

    Sommes-nous meilleurs que les assassins de Tienanmen ou Prague, nous qui pour notre confort négocions avec eux sans scrupules ni retenues ?

    Sommes-nous meilleur qu’un Poutine qui extermine son opposition fut-elle journalistique, mais à qui, malgré la Russophobie chronique enfantée de la guerre froide, nous déroulons le tapis rouge ?

    Sommes-nous meilleur qu’un Colonel K, qui viens piétiner les jardins de la République, et donne des leçons aux « petits – grands » de ce monde qui a l’outrecuidance de se prétendre démocratique ?

    La liste est loin d’être exhaustive.

    Finalement il n’y a pas que moi qui suis monstrueux, je suis un monstre dans un monde construit par les monstres… Toutes les sociétés qui en seront issues seront par conséquent monstrueuses.

    Chacun des monstres que nous sommes doit dans un éclair de lucidité tendre vers cet opposé qu’il n’est pas. Pieux souhait ! Demandons à Pol Pot de faire un effort dans ce sens… Á l’évidence les détenteurs du « pouvoir » quel qu’il soit, sont dans une difficulté plus grande de prise de conscience.

    L’adage du TAO est approprié à l’effort souhaité :
    Un chemin de mille lieux commence par un pas.

    Il faut donc, en plus de l’essence philosophique, deux ingrédients supplémentaires, le courage du premier pas et la confiance en cette capacité potentielle à couvrir les mille lieux. Mais rien n’est moins sûr.

    Reste la question de savoir pourquoi nous avons conscience de notre monstruosité?

    Il est certain que c’est une disposition naturelle pour nous guider vers la non dualité, (du moins de mon point de vue) mais aussi pour comprendre que contrairement au crocodile "programme génétiquement" pour l’être, notre conscience et notre réflexion sont en mesure de contrôler et donc de définir comme erroné le présupposé « déterminisme génétique » cher aux matérialisme neurobiologique.

    La monstruosité résulte donc d’un acte de conscience qui s’enracine dans notre inconscient comme dans celui de notre collectif.

    Revenons à la préhistoire et songeons un instant que nous fûmes des gibiers charognards avant d’être des prédateurs cueilleurs chasseurs, et que notre dimension monstrueuse est inhérente à notre existence dans ce que nous fûmes comme dans ce que nous continuons d’être ; à l’exception près du fait qu’à l’origine cela s’imposa par nécessité adaptative, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui, où notre préoccupation principale devrait être notre interdépendance psychologique avec notre prétendu alter – ego : l’humain.

    Nos comportements psychiques n’ont pas changés depuis l’âge de la pierre, seules quelques inhibitions sont venues les freiner, du moins pour certains. Il n’est donc pas étonnant que pour un bon nombre, elles soient sans effets, ce qui explique la prolifération des monstres, mis à part la surpopulation.

    Le sujet, que nous n’avons qu’effleuré, est d’une importance capitale pour l’avenir de l’humanité comme l’entend P. Meur, et je remercie Agnès Maillard, d’avoir eu l’intelligence de l’amener en surface, car à l’évidence il occupe une place considérable dans l’inconscient collectif de l’humanité, ce qui explique pourquoi d’ailleurs nous en ayons si peur.

    J’ai fais l’effort de programmer les accents tout spécialement pour me faire absoudre par Mister John et m’excuser de ne pas l’avoir fait plus tôt.
    A.C.

    Par nature la conscience englobe l’intelligence, et rien ne montre quelle ne soit pas " l’univers comme volonté et comme représentation », la forme et l’énergie la plus élaborée de la nature dans notre dimension.

    Répondre
  71. John
    John dit :

    @ Albert Cohen 62
    « J’ai fais l’effort de programmer les accents tout spécialement pour me faire absoudre par Mister John et m’excuser de ne pas l’avoir fait plus tôt. »
    J’ai fait

    Allez en paix 😉
    Ça n’était pas si difficile !

    Ne vous excusez pas auprès de moi. Excusez-vous auprès de ceux qui se sont donné le mal de vous lire. Ce n’est pas mon cas, je me suis contenté de la première et de la dernière lignes du premier commentaire et j’ai zappé les autres. Pas maso.

    Après tout, j’ai peut-être raté quelque chose d’intéressant.

    Répondre
  72. Albert Cohen
    Albert Cohen dit :

    @ Mister John 65
    Dommage,cela semble pourtant vous concerner : le courage du premier pas, et la confiance en cette capacite pour accomplir l’effort et atteindre au but en sont le sujet!

    Répondre
  73. Albert Cohen
    Albert Cohen dit :

    @ Mr Yelrah

    Les camps de concentrations de tous poils et de toutes les directions, etc…
    Ne décrivent pas une singularité « basanée ( !), ou communiste. »
    A.C.

    Répondre
  74. Albert Cohen
    Albert Cohen dit :

    @ Mr Yelrah

    Les camps de concentrations de tous poils et de toutes les directions, etc…
    Ne décrivent pas une singularité « basanée ( !), ou communiste. »
    A.C.

    Répondre
  75. Pierre Meur
    Pierre Meur dit :

    Agnes @61 : "Le rôle de la bête, selon moi, c’est de nous fournir les armes nécessaires à la survie en conditions extrêmes. Il ne faut donc pas tuer la bête …"

    Effectivement, il ne faut pas tuer la bête, il faut la contrôler, Et le meilleur contrôle ne peut s’effectuer que par celui qui a la bête en lui.

    On n’impose pas la sagesse, elle doit s’accepter. L’éducation est une proposition, mais c’est l’individu qui doit intégrer son éducation de manière cohérente.

    J’adore cette citation de John Heywood : "Un homme peut tout-à-fait amener un cheval à l’abreuvoir, mais il ne peut pas le forcer à boire".

    Si on ne comprend pas ça, on ne comprend rien.

    Agnes @61 : "… survie en conditions extrêmes"

    Autre aspect très important. Il ne viendrait pas à l’idée à quelqu’un de rouler avec un tank dans une ville pacifiée. Pourtant la phobie sécuritaire nous amène à adopter de tels comportements.

    Les médias nous affolent, mais nous ne sommes en danger que statistiquement. À la limite, la potentialité d’être agressé dépend du nombre de personnes qui "roulent en tank" dans leur tête. Nous ne sommes pas en guerre, mais à force de craindre la guerre, on se crée de véritables ennemis.

    Il faut savoir dans quelle société on veut vivre. Moi, j’ai choisi de faire confiance. Jusqu’à présent, personne ne m’a encore cassé la tête. L’espoir est contagieux, le désespoir aussi. Je la trouve pas trop mal ma société. Ce sont les cassandres qui m’emmerdent.

    L’esprit doit être un oiseau en vol dont le regard porte au delà de l’horizon. Quand l’esprit atterri, il n’a plus accès qu’à ce qui lui est adjacent. Ce n’est pas d’atterrir qui est le véritable problème, c’est de ne plus pouvoir redécoller.

    Vive la libre-pensée qui nous permet de sortir de nous-même et d’aller à la rencontre de ce qui n’est pas nous. Ce qui m’a fait le plus plaisir, ces dernières années, c’est le mouvement "free hugs" (étreinte gratuite ou/et libre).

    Free hugs, les gars et les garces 🙂

    http://www.dailymotion.com/video/x1

    Si ça ne vous tue pas, cela vous fera vivre de vrais moments de bonheur.

    Bisous Agnès

    Écris-nous un free hugs, Agnès. Prends-nous dans tes bras. Le sein de notre mère nous manque à tous. Cela nous rend nerveux. On a peur et on est si fragile.

    Pierre Meur,
    Belgique

    Répondre
  76. Pierre Meur
    Pierre Meur dit :

    Valerie @63 : "Ce qui moi me fascine dans la vision qu’on a des meurtriers, pédophiles, c’est cette capacité à les sortir de leur condition humaine. Ce sont "des monstres", "des barbares", "des animaux" comme s’il fallait à tout prix se différencier d’eux et dire très fort qu’ils ne font pas partie des humains".

    Entièrement d’accord. La notion d’humanité veut que l’on en exclu aucun être humain. C’est comme si dans une famille on jetait les enfants qui tournent "mal". Tout est affaire d’éducation, et si l’éducation ne porte pas ses fruits, c’est la pédagogie qu’il faut revoir, pas les enfants à qui on enseigne.

    Si on revendique les progrès de l’humanité, il faut également assumer ses dérives. Quand j’analyse à posteriori, l’époque nazie, je ne dis pas "comme ils étaient méchants ces gens-là", je dis "sur ce coup-là, on a vraiment merdé".

    L’expérience doit porter. C’est si l’expérience ne porte pas, et que l’on remet dix fois les pieds dans la même merde, que l’on doit se dire, comme Agnès, "que doit-on faire du monstre ?". Faut-il promouvoir la ligature des trompes et la castration (pas seulement des monstres, mais de tou(te)s) ?

    Valerie @63 : "C’est justement en admettant que ce genre de comportement est parfaitement humain, civilisé – au sens constitutif d’une civilisation – qu’on arrivera, peut être à les juguler".

    C’est clair, Valérie, si vous venez me chatouiller constamment le menton, il y a des chances que je me méprenne sur vos intentions, et qu’un mètre plus bas le double-décimètre (soyons ambitieux) se mette en action et te frappe entre les deux yeux (toujours un mètre plus bas, bien entendu). On est pas de bois, et il n’est pas toujours aisé de se contrôler, surtout quand l’instinct de la bête s’en mêle. L’occasion fait le larron (et parfois le lardon). C’est l’expérience et parfois les mauvaises expériences qui nous enseignent la nécessité d’une éthique individuelle et collective. On peut remplacer éthique par morale, cela signifie exactement la même chose, mais "morale" a un connotation péjorative ces temps-ci.

    Valerie @63 : "Le propos de sarkozy est somme toute assz logique ; il déplore, comme tout un chacun, qu’il y ait des pédophiles et qu’on n’arrive pas à endiguer ces crimes; se dire qu’ils sont nés ainsi, c’est se dire qu’on aurait rien pu prévoir, et que "ce n’est pas de notre faute".

    Oui, mais, pour Sarkozy, lutter contre la pédophilie est une affaire de survie personnelle, car il a sa propre rondelle de nain à sauvegarder. Ce n’est pas de sa faute s’il mesure moins d’un mètre cinquante, et si sa taille empêche qu’on le prenne au sérieux. Alors il saute sur tout ce qui bouge, pour compenser ce que ses talonnettes ne parviennent pas encore à compenser. La lectrice intelligente que vous êtes aura compris que je me moquais gentiment du Président de la France, mais il est clair qu’il a des côtés caricaturaux. Ce n’est pas chez les belges que les politiciens prêtent à rire (mouarf).

    Veuillez pardonner mon humour scabreux, je suis un monstre et parfois j’aime ça 🙂

    Pierre Meur,
    Blgique

    Répondre
  77. Aka75
    Aka75 dit :

    A lire : Science Nazie, Science de mort de Benno Müller-hill (http://mange-ta-soupe.over-blog.com…)

    Il est facile de résumer l’idéologie des nationaux-socialistes qui a conduit à l’eugénisme :

    La diversité des être humains a un fondement biologique. Ce qui rend les Juifs juifs, les Tziganes tziganes, les Asociaux asociaux et les Malades mentaux malades mentaux réside dans le sang, et donc dans les gènes. Tous les groupes susmentionnés, et d’autres encore, sont inférieurs. Il ne peut donc pas y avoir d’égalité de droits entre les être inférieurs et les supérieurs. La possibilité de voir les êtres inférieurs se reproduire plus vite que les supérieurs existe. Il faut donc sélectionner, stériliser, éliminer, écarter, c’est-à-dire tuer les êtres inférieurs ; ne pas le faire, c’est porter la responsabilité de la disparition de la culture. Le meurtre des différents : tel est le message mystérieux et secret. C’est une idéologie de la destruction, du mystère et de l’adoration du sang. (p. 15)

    Analyse des étapes

    – Création dans un premier temps du simple cadre général, sans communiquer sur la finalité
    – Détection et sélection : des "non-Allemands inférieurs" (Juifs, Tziganes, Slaves et Noirs) par les anthropologues et, des "Allemands inférieurs" (schizophrènes, épileptiques, idiots, psychopathes) par les psychiatres (on faisait entrer les opposants au régime dans cette catégorie)
    – La "loi sur la rénovation du corps des fonctionnaires" : Licenciement massif de Juifs et demi-Juifs
    – Loi sur la transmission des maladies héréditaire : stérilisation forcée des "malades mentaux" et autres "anormaux"
    – Stérilisation des enfants de couleurs
    – Dans les hôpitaux psychiatriques, en phases successives : Travail forcé et non payé – traitements de choc (électrochocs), mise à mort des patients par la faim et la maladie (dans certains établissements), opération euthanasie, euthanasie des enfants des malades survivants
    – Solution globale et finale de la question Juive
    – Solution finale au problème tzigane
    – Nouveau programme "évaluation spéculative des jeunes asociaux", et stérilisation
    – Épuration des camps de leurs prisonniers inaptes au travail, malades et psychopathes
    – Mort généralisée par dénutrition, maladie et froid des patients de longue durée des hôpitaux psychiatriques

    Un cadre général sans finalité, nous y revenons maintenant. C’est les lois sécuritaires et le danger désincarné. La video-surveillance en est l’illustration parfaite, on met en place les outils pour traquer (ou créer de toutes pièces) un ennemi n’ayant pas de consistance. Ces caméras ne servent qu’à créer un danger immatériel.

    Reste plus qu’à trouver le bouc émissaire qui ne réveillera pas les inquiétudes car trop éloigné du quotidien de la majorité et la traque basculera dans l’élimination. Communément, c’est les jeunes, les banlieues, l’"ultra-gauche" ou l’islam (pas l’islamisme intégriste mais bien l’islam tout court) qui sont préparés par l’UMP à ce rôle par propagande. Rien de bien définis mais suffisament pour chacun se disent, c’est eux (et pas nous). Mais rien ne garanti le basculement dans l’horreur avec le président qui est en place et ses ministres lâches et sans consciences.

    C’est contre ça à la racine que je me bat et la première étape est de s’opposer aux outils mis en place .

    http://www.paris-sans-videosurveill

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  1. […] n’était pas forcément l’œuvre de « Monsieur Plus ». Je ne me souviens plus où j’avais raconté mon effroi de découvrir comment, en si peu de temps, la vie de ces gens si semblables à nous, avait pu […]

  2. […] qu’est-ce qu’il reste quand on oublie ? Un humain circonstanciel qui surfe sur le mascaret du temps. Quelqu’un qui n’existe pleinement que sur la vague […]

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