Ta gueule!

Et oui, les saisons du Web se suivent et se ressemblent, ou pourquoi il vaut mieux éviter d’avoir des vélléités d’écriture quand on est salarié de quelqu’un!

Cette fois, c’est un prof qui s’est fait serrer le kiki par sa chère et tendre hiérarchie. Même que c’était un prof de ZEP, un prof de maths qui racontait son quotidien dans une sorte d’asile de fous dirigé par des guignols.
L’un de ces derniers billets est des plus éloquents sur la qualité d’encadrement de son établissement!

Une dictée

13/02/2007 par Le Prof

Une collègue a reçu une lettre (anonyme, évidemment) dont le contenu était, en gros : “Mme Truc, cette grosse pute”. Le principal adjoint a eu une excellente idée. Il est venu voir la classe, pendant le cours de Mme Truc, et a fait la dictée à la classe.

“Prenez une feuille, dictée! Tout le monde est prêt, c’est parti : Mme Truc virgule je répète Mme Truc virgule cette grosse pute cette grosse pute point final.” (je brode, je n’étais pas là).

La collègue a eu l’impression de se faire insulter 24 fois en plus de la fois précédente, et a fait savoir au principal adjoint qu’elle ne voulait plus jamais le voir. On ne peut pas dire qu’il ait eu une grande idée sur ce coup là. Il aurait pu faire écrire, par exemple : on ampute Mme Truc qui est trop grosse. Quoi que. Pas très élégant non plus. Bref…

Et le coupable n’a pas été trouvé.

Merci au cache de Google!

Cela fait donc un petit moment que ce jeune prof de maths racontait ses espoirs, ses combats, ses défaites (bien trop nombreuses à son goût!) contre l’ignorance, la violence, la bêtise. Tout comme notre ami Béréno, notre jeune prof de ZEP faisait œuvre utile en témoignant régulièrement des conditions d’exercice de son métier dans des circonstances, un environnement, qui ne sont pas des plus favorables.
Il le faisait dans le plus parfait respect de son devoir de réserve : depuis tout ce temps, je n’ai jamais pu deviner où il pouvait bien enseigner. Certains diront en banlieue parisienne, mais je sais que les périphéries de bien des métropoles régionales, voire même de simples préfectures de province, accueillent aussi des publics difficiles.

Ceci dit, le directeur de l’établissement est arrivé à se reconnaître dans le fil des récits et n’a guère apprécié le miroir qu’on lui tendait. Et hop, une sanction disciplinaire qui n’a probablement pas lieu d’être.

Liberté d’expression pour tous!

Dans la mesure où l’anonymat du prof était respectée et à travers lui, celui de son établissement et de ses collègues, notre prof de collège n’a-t-il pas moins accès à la liberté d’expression que tout un chacun, non? Le fait qu’il soit fonctionnaire n’est pas une circonstance aggravante : n’est-il pas salutaire que les contribuables que nous sommes tous (je rappelle que les plus miséreux d’entre nous contribuent au budget de l’État à travers le paiement de la TVA!) puissent avoir accès à des infos de première main sur le fonctionnement de nos administrations et encore plus particulièrement  de leurs dysfonctionnements? À l’heure où on nous demande de nous prononcer sur un modèle de société, une ligne politique, et ce pour 5 ans, n’est-il pas sain que les citoyens puissent mesurer l’état des nos institutions les plus stratégiques?

Le prof de Zep ne dénonçait rien directement, il témoignait de son travail, de la vie de son établissement. Quelque chose de sain et d’indispensable dans une bonne démocratie, à des années-lumières de la trash TV ou des polémiques haineuses.
Mais voilà, la liste des interdits s’allongent : interdit d’avoir des orientations sexuelles non standards, interdit de témoigner de la vie des salariés, interdits de témoigner de la vie de nos gosses, interdit, interdit, interdit.
Du coup, la liberté d’expression est portée en étendard par les diffuseurs d’iconographie exprimant le rejet! On hérite de la liberté d’expression que l’on mérite…

Bref, ne peut-on désirer la liberté d’expression que pour ceux avec lesquels nous sommes d’accord? Doit-elle se limiter à ceux qui ne sont pas sous contrat avec une administration ou une entreprise? La liberté d’expression est-elle en train de devenir un métier, un privilège réservé à un panel de bons citoyens, juste parce qu’ils pensent dans le sens du vent?

Bref, un salarié perd-t-il sa citoyenneté sur le seuil de son lieu de travail?

Et peut-on accepter la généralisation de la chasse aux bloggers?
A vous de voir si vous êtes prêts à fermer votre gueule ou à l’ouvrir toute grande!


Pétitionnez!

59 réponses
  1. bruno
    bruno dit :

    Un glissement supplémentaire vers la société de la censure, de l’interdit et du flicage tous azimuts.

    Pourtant, au-delà du quotidien parfois effrayant raconté dans ses billets, le prof du ZEP semblait plutôt d’accord avec certaines orientations ministérielles, comme les collèges Ambition Réussite.

    Tout récemment, on a essayé d’interner en psychiatrie un syndicaliste :

    http://roland-veuillet.ouvaton.org/

    Un ministre protège un déblateur du Figaro en l’incorporant au CNRS et ignore (voire pire) la grève de la faim d’un syndicaliste.

    Ce ministre fait partie de l’UDF, parti de Bayrou (le candidat préféré des internautes) qui, je crois, n’a pas dit un mot de cette affaire (alors qu’il a été professeur dans une autre vie).

    Nos grandes gueules intellectuelles médiatiques sont muettes là-dessus.

    Répondre
  2. ragnvald
    ragnvald dit :

    "Devoir de réserve": j’aimerais bien qu’on en parle un peu de ce devoir de réserve, qui semble faire consensus, et de son contenu.
    S’agit-il d’une limite à la "liberté d’expression", ou bien d’une limite à la transparence du fonctionnement des institutions en démocratie ?
    Où commence la délation ?

    Répondre
  3. ragnvald
    ragnvald dit :

    "Devoir de réserve": j’aimerais bien qu’on en parle un peu de ce devoir de réserve, qui semble faire consensus, et de son contenu.
    S’agit-il d’une limite à la "liberté d’expression", ou bien d’une limite à la transparence du fonctionnement des institutions en démocratie ?
    Où commence la délation ?

    Répondre
  4. chris
    chris dit :

    le devoir de reserve ,c’est ce qui permet a l’etat sous pretexe de securité …de tout planquer ,les methodes et la forme de ce qui devrait pourtant etre le fond dans une democratie digne de ce nom .

    je pense a cet exemple tres revelateur concernant l’editeur blogueur Guy Ribenbaum ,dont l’un des auteurs ,le sieur
    Martinet plus connu pour son passage a Canal plus ….fut trainé devant un tribunal par Alliot-Marie pour avoir decrit sa formation initiale d’agent secret ….details connus de tas de gens qui ont suivis ces phases de recrutement , facilement recoupables sur des sites traitant de la chose …mais les secrets de polichinelle ont encore valeur d’exemple pour l’institution etatique ..faut croire .

    il est la , le veritable but du devoir de reserve ,censurer la partie immergée de l’etat et dans ce sens ,l’application aux medias de cette valeur donne une idée de la conception qu’ a cet etat la de la democratie .

    Il est plus que probable que le Sarkozisme debouchera sur cette forme tentaculaire du pouvoir dans son expression …..pour les autres ,on peine encore a apercevoir leurs orientations veritables dans ce domaine .

    Répondre
  5. Gastiflex
    Gastiflex dit :

    "Pourtant, au-delà du quotidien parfois effrayant raconté dans ses billets, le prof du ZEP semblait plutôt d’accord avec certaines orientations ministérielles, comme les collèges Ambition Réussite."

    On a pas dû lire le même blog alors. Prof avait fait un billet où il montrait, résultats du brevets à l’appui, que ce n’étaient pas les collèges qui en avaient besoin qui avaient été classés ambition réussite mais que la sélection s’était faite en fonction du degré de copinage des maires des villes concernées avec le gouvernement.

    Répondre
  6. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Bon, c’est vrai, ne chargeons pas le directeur adjoint s’il n’a fait que couler une bielle!
    Donc, autre billet! 🙂

    M’énerve

    19/12/2006 par Le Prof

    Avec mes troisièmes, encore le bordel, par la faute de 5 élèves. A la pause (je les avais 2 heures), je décide de les virer et envoie une élève me chercher la CPE (ils refusaient de sortir). Elle arrive avec un surveillant, fait un petit discours moralisateur et m’annonce qu’elle ne peut pas me les prendre par manque de surveillants.

    Et elle me propose de me laisser le surveillant dans la classe pour l’heure suivante! Je refuse évidemment (elle s’y attendait, c’est pour ça qu’elle me l’a proposé) et elle repart. Les élèves ont eu très peur après le discours et la fin de l’heure a été telle que vous l’imaginez.
    J’ai donc rédigé une fiche d’incident, la plus violente de ma carrière, où après avoir relaté les faits, je demandais des explications sur cette proposition de la CPE, qui aurait pu me mettre les 5 perturbateurs dans une salle avec le surveillant, puis où je demandais quels moyens on mettait à ma disposition pour faire mon boulot. Tout ça sans prendre de gant. Avec copie au principal.

    Je vois le principal 2 heures plus tard en salle des profs. Il n’avait pas lu la fiche. Je lui fais un résumé et il me répond : “vous verrez ça jeudi”. Je ne comprends pas et il précise : “avec l’inspecteur” (notre inspecteur revient jeudi pour une réunion). Je fais remarquer au principal que ce n’est pas vraiment du domaine de l’inspecteur et il me répond qu’il pourra donner des conseils pour la gestion de classe. Et il part avant que j’ais eu le temps de répondre.

    Je règlerais donc le problème avec l’inspecteur jeudi, mais je ne mets pas le problème au même endroit que mon principal.

    Sinon pour ce qui est de l’élève qui a poussé un collègue vendredi, aucune sanction, et pour la classe qui s’est barrée d’un cours, aucune sanction.

    Un collègue est allé voir le chef aujourd’hui pour demander une sanction pour un élève qui avait lancé une balle de tennis en cours, il s’est vu répondre, en gros, “si c’est pour qu’elle soit contestée comme la dernière fois, ce n’est pas la peine.”

    Il est temps que les vacances arrivent, tout le monde fatigue.

    Répondre
  7. Le prof
    Le prof dit :

    Pour le billet cité, je précisais bien en commentaire et pour répondre à des commentaires virulents sur le principal adjoint que celui-ci abat un énorme boulot au collège, plutôt bien la plupart du temps. Mais ça arrive à tout le monde de craquer, même aux meilleurs.

    Répondre
  8. jicé
    jicé dit :

    une remarque sur la notion de "devoir de réserve" qui me semble -dans les nombreuses réactions au billet sur la fermeture du blog de prof- très sacralisée, engoncée dans nouveau "sens commun" des normes. Je rappelle que nous n’avons de devoir qu’envers la vérité, le reste (discrétion, délicatesse, respect ou mensonge, diffamation, intention de nuire etc) relevant soit de l’humanité de chacun soit de la loi.

    Répondre
  9. jicé
    jicé dit :

    une remarque sur la notion de "devoir de réserve" qui me semble -dans les nombreuses réactions au billet sur la fermeture du blog de prof- très sacralisée, engoncée dans nouveau "sens commun" des normes. Je rappelle que nous n’avons de devoir qu’envers la vérité, le reste (discrétion, délicatesse, respect ou mensonge, diffamation, intention de nuire etc) relevant soit de l’humanité de chacun soit de la loi.

    Répondre
  10. les marques
    les marques dit :

    euh, désolé de contredire hein, mais un salarié est pas un citoyen … plus depuis bien longtemps …
    enfin, si, ceux qui sont assez souples pour lécher le c… de ceux qui les enc…
    voyez , même moi qui suis plus je m’autocensure …
    quelle démocratie ou ça ??

    Répondre
  11. speedy
    speedy dit :

    sur http://www.fonction-publique.gouv.f

    "Le principe de neutralité du service public interdit au fonctionnaire de faire de sa fonction l’instrument d’une propagande quelconque. La portée de cette obligation est appréciée au cas par cas par l’autorité hiérarchique sous contrôle du juge administratif.

    L’obligation de réserve est une construction jurisprudentielle complexe qui varie d’intensité en fonction de critères divers (place du fonctionnaire dans la hiérarchie, circonstances dans lesquelles il s’est exprimé, modalités et formes de cette expression)."

    pour simplifier : le devoir de réserve est à géométrie variable.

    Répondre
  12. speedy
    speedy dit :

    sur http://www.fonction-publique.gouv.f

    "Le principe de neutralité du service public interdit au fonctionnaire de faire de sa fonction l’instrument d’une propagande quelconque. La portée de cette obligation est appréciée au cas par cas par l’autorité hiérarchique sous contrôle du juge administratif.

    L’obligation de réserve est une construction jurisprudentielle complexe qui varie d’intensité en fonction de critères divers (place du fonctionnaire dans la hiérarchie, circonstances dans lesquelles il s’est exprimé, modalités et formes de cette expression)."

    pour simplifier : le devoir de réserve est à géométrie variable.

    Répondre
  13. Mario tout de go
    Mario tout de go dit :

    C’est la fin pour un blogue de prof…

    Il s’agit de «La vie palpitante d’un prof en ZEP». Je ne connaissais pas. Par l’entremise de Laurent, j’ai pu prendre un peu d’information sur le contexte entourant cette autre fermeture de blogue animé par un fonctionnaire de…

    Répondre
  14. Fin de partie
    Fin de partie dit :

    "je décide de les virer et envoie une élève me chercher la CPE (ils refusaient de sortir)."

    Ca me rappelle le mauvais vieux temps, il y’a une quinzaine d’années où j’occupais le même poste que ce prof, même matiere enseignée avant de me faire virer pour incompetence apres m’être fait humilié par une IPR (inspecteur pedagogique regional, fonctionnaire de l education national qui en tout dernier recours statue sur la titularisation ou le licenciement d un eleve-professeur un an apres que celui-ci ait passé et reussi un concours de recrutement d’enseignement (CAPES dans mon cas) ca doit encore s appeler comme ça j imagine)

    Je me rappelle le cirque qu’était d’exclure un élève d’un cours, au point que le "remede" m’apparaissait pire que le
    "mal" parfois.
    1) rédiger un mot signé pour justifier l’exclusion
    2) donner du travail à faire à l’élève pendant la permanence pour que le passage en permanence ne soit pas vécu comme un instant de recreation
    Tout cela devant les autres eleves qui ne se sentant pas concernés, (donc negliges) ou se croyant au spectacle, en profitent pour transformer l heure de cours en cour de recreation.

    3) Faire accompagner l’élève par le délégué de classe
    (probleme de responsabilite de laisser l’eleve perturbateur sortir seul, il peut tomber dans l escalier , se blesser ou faire une fugue.

     et vous n'avez pas l'assurance qu'il ne va pas s'octroyer une 

    recreation dans le couloir en attendant la prochaine heure.

    Si le fait d’exclure quelqu un de classe pour l envoyer en permanence devient synonyme de prolongation de la recreation, au lieu d en avoir quelques uns, vous risquez de susciter des vocations pour profiter de ce surplus de recreation 😛

    En agissant de la sorte, vous vous debarassez du "probleme" sur la salle de permanence du college qui n’est parfois (ou souvent?) qu’une annexe à la cour de recreation quand la salle est ouverte s’ il y a un adulte pour assurer le service.

    Pas de permanence, ou qu’elle est mal assurée et c’est vous qui vous vous retrouvez à faire un travail de garderie et en meme temps à essayer de professer le programme que l on vous demande d’enseigner, deux taches inconciliables.

    Un "detail" qui montre que dès qu un rouage ne fonctionne pas ou fonctionne mal, c est rapidement le bordel
    dans un collège.

    (Je suis persuadé que dans un college où la direction et l equipe enseignante sont à couteaux tirés on en perçoit les effets sur le comportement des eleves, ca aurait tendance à les exciter au lieu de les apaiser)

    Contrairement à ce prof, si on m’avait fait le coup de refuser des eleves en permanence mais qu’un pion/cpe se soit proposé de rester dans la classe je n aurais pas refusé.

    Je ne vois pas pourquoi une classe de college devrait rester un endroit confiné. certains profs sont tres orgueilleux et independants et voient d un mauvais oeil qu un second adulte soit present dans leur classe pendant qu ils font leur cours.
    (peur du jugement des autres, peur d’etre evalué etc)

    On encourage les enfants à briser la loi du silence et à parler, mais les enseignants continuent de se taire et à travailler pour une bonne part d entre eux dans leur petit coin refusant d’ouvrir leur classes et par là même, souffrent seuls en silence.
    C’est vrai que même s’ils le voulaient ils ne le pourraient pas si facilement: lorsque j etais eleve-professeur et que donc j effectuais mon "stage" (le mot n’est pas bien approprié du tout) en responsabilite , j avais voulu faire entrer pendant mes cours l autre "stagiaire" qui exercait dans le meme etablissement que moi (eleve-prof aussi, meme iufm) pour qu il me donne des conseils/avis.
    refus du chef d etablissement, sous des pretextes de probleme de responsabilité, par contre, j avais des tas de gens qui venaient regulierement me visiter, avec un statut de juge-conseilleur dans le processus de decision de titularisation ou de licenciement, et en cas d avis negatifs , inspection en dernier recours d’un(e) IPR comme deja mentionne dont l avis l’emporte à la fin, mais qui a bien sur lu les rapports de vos juges-conseilleurs)

    Un candidat à l election presidentielle avait , me semble t il proposé que dans certaines classes il y ait deux adultes. Peut être que c’est une bonne idée s il ne s agit pas de mettre en concurrence les deux adultes.

    Pendant qu un prof ecrit au tableau (quand j etais à l iufm on se racontait cette legende urbaine de ce prof’ qui avait recu dans le dos un compas ;)) il tourne le dos à ces eleves, cela peut etre dangereux pour sa securite, et c est perçu par certains eleves comme un signe pour faire les cons puisque les etres humains n ont pas d’yeux dans le dos 🙂

    Avec un deuxieme adulte , situé au fond de la classe, il serait plus difficile aux perturbateurs de se cacher au sein du groupe (qui ne les denoncera jamais bien entendu) pour exercer leur pouvoir de nuisance, voire les obliger à se tenir tranquille car le courage n’est pas forcement leur plus grande qualité pour certains.

    Je m’eloigne un peu du fil je m en rends compte.

    Je crois que l’education nationale n’a pas tellement envie que la societe civile mette les mains dans les affaires de l’education nationale et je pense que c’est vrai presque à tous les niveaux de cette institution meme si les raisons de ne pas vouloir trop exposer les vrais problemes sont differentes pour chacun de ces niveaux.

    A quand une vraie transparence dans l education nationale?
    Par exemple, pourquoi un parent d’éleve n’aurait il pas le droit de venir s’asseoir au fond de la salle dans laquelle est donné un cours à son gosse?
    Pas pour que le parent critique la façon d’enseigner mais que les enfants sentent que l’école est un prolongement de l’education de leur parent.

    (bien sur, cela supposerait que les parents se sentent concernes ou aient le temps de se sentir concernés, alors que ,selon mon experience (courte) personnelle, j ai plutot eu l impression que les parents sous-traitent totalement l’enseignement à l’education nationale presque aveuglement)

    Répondre
  15. Fin de partie
    Fin de partie dit :

    "je décide de les virer et envoie une élève me chercher la CPE (ils refusaient de sortir)."

    Ca me rappelle le mauvais vieux temps, il y’a une quinzaine d’années où j’occupais le même poste que ce prof, même matiere enseignée avant de me faire virer pour incompetence apres m’être fait humilié par une IPR (inspecteur pedagogique regional, fonctionnaire de l education national qui en tout dernier recours statue sur la titularisation ou le licenciement d un eleve-professeur un an apres que celui-ci ait passé et reussi un concours de recrutement d’enseignement (CAPES dans mon cas) ca doit encore s appeler comme ça j imagine)

    Je me rappelle le cirque qu’était d’exclure un élève d’un cours, au point que le "remede" m’apparaissait pire que le
    "mal" parfois.
    1) rédiger un mot signé pour justifier l’exclusion
    2) donner du travail à faire à l’élève pendant la permanence pour que le passage en permanence ne soit pas vécu comme un instant de recreation
    Tout cela devant les autres eleves qui ne se sentant pas concernés, (donc negliges) ou se croyant au spectacle, en profitent pour transformer l heure de cours en cour de recreation.

    3) Faire accompagner l’élève par le délégué de classe
    (probleme de responsabilite de laisser l’eleve perturbateur sortir seul, il peut tomber dans l escalier , se blesser ou faire une fugue.

     et vous n'avez pas l'assurance qu'il ne va pas s'octroyer une 

    recreation dans le couloir en attendant la prochaine heure.

    Si le fait d’exclure quelqu un de classe pour l envoyer en permanence devient synonyme de prolongation de la recreation, au lieu d en avoir quelques uns, vous risquez de susciter des vocations pour profiter de ce surplus de recreation 😛

    En agissant de la sorte, vous vous debarassez du "probleme" sur la salle de permanence du college qui n’est parfois (ou souvent?) qu’une annexe à la cour de recreation quand la salle est ouverte s’ il y a un adulte pour assurer le service.

    Pas de permanence, ou qu’elle est mal assurée et c’est vous qui vous vous retrouvez à faire un travail de garderie et en meme temps à essayer de professer le programme que l on vous demande d’enseigner, deux taches inconciliables.

    Un "detail" qui montre que dès qu un rouage ne fonctionne pas ou fonctionne mal, c est rapidement le bordel
    dans un collège.

    (Je suis persuadé que dans un college où la direction et l equipe enseignante sont à couteaux tirés on en perçoit les effets sur le comportement des eleves, ca aurait tendance à les exciter au lieu de les apaiser)

    Contrairement à ce prof, si on m’avait fait le coup de refuser des eleves en permanence mais qu’un pion/cpe se soit proposé de rester dans la classe je n aurais pas refusé.

    Je ne vois pas pourquoi une classe de college devrait rester un endroit confiné. certains profs sont tres orgueilleux et independants et voient d un mauvais oeil qu un second adulte soit present dans leur classe pendant qu ils font leur cours.
    (peur du jugement des autres, peur d’etre evalué etc)

    On encourage les enfants à briser la loi du silence et à parler, mais les enseignants continuent de se taire et à travailler pour une bonne part d entre eux dans leur petit coin refusant d’ouvrir leur classes et par là même, souffrent seuls en silence.
    C’est vrai que même s’ils le voulaient ils ne le pourraient pas si facilement: lorsque j etais eleve-professeur et que donc j effectuais mon "stage" (le mot n’est pas bien approprié du tout) en responsabilite , j avais voulu faire entrer pendant mes cours l autre "stagiaire" qui exercait dans le meme etablissement que moi (eleve-prof aussi, meme iufm) pour qu il me donne des conseils/avis.
    refus du chef d etablissement, sous des pretextes de probleme de responsabilité, par contre, j avais des tas de gens qui venaient regulierement me visiter, avec un statut de juge-conseilleur dans le processus de decision de titularisation ou de licenciement, et en cas d avis negatifs , inspection en dernier recours d’un(e) IPR comme deja mentionne dont l avis l’emporte à la fin, mais qui a bien sur lu les rapports de vos juges-conseilleurs)

    Un candidat à l election presidentielle avait , me semble t il proposé que dans certaines classes il y ait deux adultes. Peut être que c’est une bonne idée s il ne s agit pas de mettre en concurrence les deux adultes.

    Pendant qu un prof ecrit au tableau (quand j etais à l iufm on se racontait cette legende urbaine de ce prof’ qui avait recu dans le dos un compas ;)) il tourne le dos à ces eleves, cela peut etre dangereux pour sa securite, et c est perçu par certains eleves comme un signe pour faire les cons puisque les etres humains n ont pas d’yeux dans le dos 🙂

    Avec un deuxieme adulte , situé au fond de la classe, il serait plus difficile aux perturbateurs de se cacher au sein du groupe (qui ne les denoncera jamais bien entendu) pour exercer leur pouvoir de nuisance, voire les obliger à se tenir tranquille car le courage n’est pas forcement leur plus grande qualité pour certains.

    Je m’eloigne un peu du fil je m en rends compte.

    Je crois que l’education nationale n’a pas tellement envie que la societe civile mette les mains dans les affaires de l’education nationale et je pense que c’est vrai presque à tous les niveaux de cette institution meme si les raisons de ne pas vouloir trop exposer les vrais problemes sont differentes pour chacun de ces niveaux.

    A quand une vraie transparence dans l education nationale?
    Par exemple, pourquoi un parent d’éleve n’aurait il pas le droit de venir s’asseoir au fond de la salle dans laquelle est donné un cours à son gosse?
    Pas pour que le parent critique la façon d’enseigner mais que les enfants sentent que l’école est un prolongement de l’education de leur parent.

    (bien sur, cela supposerait que les parents se sentent concernes ou aient le temps de se sentir concernés, alors que ,selon mon experience (courte) personnelle, j ai plutot eu l impression que les parents sous-traitent totalement l’enseignement à l’education nationale presque aveuglement)

    Répondre
  16. Obob
    Obob dit :

    Cher Monolecte,

    Voici un lien vers un papier de Denis Robert à propos de la condamnation du dessinateur Placide.

    http://www.davduf.net/Bienvenue-a-S

    Cet article entre vraiment en résonnance avec vos derniers posts. Une mise en perspective avec l’épisode des caricatures et le soutien de Sarkozy à Charlie Hebdo, nous donnera un certain vertige à l’idée de ce qui nous attend si le fâcheux est élu.

    J’attends avec impatience la non-réaction de nos élites bien pensantes.

    Répondre
  17. bruno
    bruno dit :

    gastiflex : "On a pas dû lire le même blog alors. Prof avait fait un billet où il montrait, résultats du brevets à l’appui, que ce n’étaient pas les collèges qui en avaient besoin qui avaient été classés ambition réussite mais que la sélection s’était faite en fonction du degré de copinage des maires des villes concernées avec le gouvernement."

    C’est la sélection des établissements qui est critiquée, pas le principe des collèges Ambition Réussite, qui rappelons le, cassent le statut des professeurs (entre autres). Dispositif qui est à présent étendu aux lycées.

    Mais bon, ce n’était pas là l’essentiel, je voulais juste souligner que la décision de sanction était absurde, on avait là un exemple de blog constructif qui, tout en mettant en évidence ce qui ne va pas sur le terrain, peut trouver intéressantes certaines choses.

    Je dérive, mais il est fascinant (est-ce le terme approprié ?) d’observer le rouleau compresseur gouvernemental, qui, dans tous les domaines (économique, social, éducatif, santé, droit de l’Internet, etc.), accomplit sa tâche de démolition des derniers acquis avant les prochaines élections. Tout va toujours plus vite, une "réforme" en suit une autre, allant plus loin, plus fort.. Sans doute pour rendre irréversibles les changements effectués, faire en sorte qu’il soit trop coûteux pour l’éventuelle prochaine majorité (si tant est qu’elle ait la velléité de le faire) de revenir en arrière. Si on regarde le programme de Royal, on notera la disparition (par rapport au programme du PS pour les élections présidentielles) de la "suppression de la réforme fillon" (un f minuscule pour ce nettoyeur) ou de la renationalisation d’EDF-GDF.

    La démolition va continuer jusqu’en avril, sans faiblesses. Ne pas céder, être sans pitié, aussi bien vis-à-vis des manifestants ou d’un gréviste de la faim.

    Quelle cruauté. Et quelle sinistre farce que cette élection de 2002 !

    Répondre
  18. Le Professeur Carbure
    Le Professeur Carbure dit :

    Très remonté par cette nouvelle affaire de collègue censuré, je parcours les blogs de liens en liens avec l’espoir que l’affaire enfle et dépasse celui qui croit pouvoir se placer au dessus de la loi.

    A la lecture du lien http://www.fonction-publique.gouv.f… donné dans un commentaire précédent, il apparaît que : « La réserve n’a pas trait uniquement à l’expression des opinions. Elle impose au fonctionnaire d’éviter en toutes circonstances les comportements portant atteinte à la considération du service public par les usagers. »

    Hors, qui plus que le pouvoir actuel porte atteinte à la considération du service publique ?

    Tout ceci m’écoeure et pourtant, pour avoir passé plus de 20 ans dans cette institution, je ne suis pas surpris.

    Comme pour Garfield, ne laissons pas passer ça ! Il en va de même pour une autre affaire non moins écoeurante, celle de Roland Veuillet.

    Répondre
  19. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Disons que face à 30 gaillards dont certains cherchent l’affrontement, la priorité, c’est peut-être juste de limiter la casse. En plus, notre prof ne manque pas d’imagination, justement. Il a inventé des sortes de rédactions de problème, pour que les élèves expliquent comment ils cherchent les solutions, par quel cheminement. Démarche intéressante!

    Pour moi le soucis, c’est moins les profs que l’ensemble du système qui, effectivement, redéploie ses bras cassés dans les établissements les plus en perdition. Y a des lycées où les proviseurs vont en pénitence et se tiennent à carreau pendant 2 ou 3 ans, en attendant leur mutation vers des cieux plus rieurs.
    Comment chopper des points et être un bon proviseur aux yeux de la hiérarchie EN? C’est simple : pas de vagues. Donc, ton lycée doit avoir l’air calme (ce qui incite à rapporter le moins de problèmes possible, quitte à planquer toute la poussière sous le tapis) et ne pas coûter cher : tu ne demandes pas de nouveaux crédit, donc tu gères à l’économie et tu réfreines tous les projets pédagogiques qui demandent du flouze ou du personnel.
    Ensuite, tu te casses!
    Et au suivant! Même problème, mêmes objectifs, même néant pédagogique!

    La plupart des proviseurs-pénitence, sachant qu’ils sont "punis" considèrent leur établissement de passage comme une source de soucis possible à circonscrire à tout prix. Et les gosses qui y sont comme des sortes de bêtes fauves. Des ratés. Les déchets de l’EN. Et les gamins qui sont loin d’être cons connaissent parfaitement leur statut chez les adultes.
    Alors, quand un gamin sait qu’il est condamné d’avance, après, son prof peut bien se la jouer Cercle des poètes disparus ou L’esquive, le môme sait très bien que cela ne changera pas grand chose à son destin scolaire et au-delà, à sa trajectoire sociale!

    Normal de ne pas danser au son du pipeau, non?

    Répondre
  20. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Disons que face à 30 gaillards dont certains cherchent l’affrontement, la priorité, c’est peut-être juste de limiter la casse. En plus, notre prof ne manque pas d’imagination, justement. Il a inventé des sortes de rédactions de problème, pour que les élèves expliquent comment ils cherchent les solutions, par quel cheminement. Démarche intéressante!

    Pour moi le soucis, c’est moins les profs que l’ensemble du système qui, effectivement, redéploie ses bras cassés dans les établissements les plus en perdition. Y a des lycées où les proviseurs vont en pénitence et se tiennent à carreau pendant 2 ou 3 ans, en attendant leur mutation vers des cieux plus rieurs.
    Comment chopper des points et être un bon proviseur aux yeux de la hiérarchie EN? C’est simple : pas de vagues. Donc, ton lycée doit avoir l’air calme (ce qui incite à rapporter le moins de problèmes possible, quitte à planquer toute la poussière sous le tapis) et ne pas coûter cher : tu ne demandes pas de nouveaux crédit, donc tu gères à l’économie et tu réfreines tous les projets pédagogiques qui demandent du flouze ou du personnel.
    Ensuite, tu te casses!
    Et au suivant! Même problème, mêmes objectifs, même néant pédagogique!

    La plupart des proviseurs-pénitence, sachant qu’ils sont "punis" considèrent leur établissement de passage comme une source de soucis possible à circonscrire à tout prix. Et les gosses qui y sont comme des sortes de bêtes fauves. Des ratés. Les déchets de l’EN. Et les gamins qui sont loin d’être cons connaissent parfaitement leur statut chez les adultes.
    Alors, quand un gamin sait qu’il est condamné d’avance, après, son prof peut bien se la jouer Cercle des poètes disparus ou L’esquive, le môme sait très bien que cela ne changera pas grand chose à son destin scolaire et au-delà, à sa trajectoire sociale!

    Normal de ne pas danser au son du pipeau, non?

    Répondre
  21. Petit-taf
    Petit-taf dit :

    je m’interrogeais sur l’imaginaire des professeurs, je veux dire, c’est sûr, ils doivent suivre un programme, ils ont des comptes à donner, mais face à des jeunes imperméables à l’apprentissage des matières essentielles, la réponse des profs est-elle de l’exclure ou de faire avec, d’imaginer d’autres moyens pour toucher le jeune…

    Répondre
  22. Jo
    Jo dit :

    Depuis hier je prends cette histoire très à coeur. J’en ai parlé sur mon blog également : http://autrui.over-blog.com/article

    Professeur Carbure, je parcours aussi les sites ctés en lien, dont le tien, mais je n’ai pas réussi à te laisser un commentaire.

    Je découvre également avec stupéfaction que les cas similaires ne sont pas rares. Je suis de plus en plus inquiète quant au devenir de la liberté d’expression dans notre pays.

    Répondre
  23. mc
    mc dit :

    Le fameux devoir de réserve….
    La question, c’est jusqu’où fermer sa gueule? Et à partir de quand, estimant que trop c’est trop, nos accordons-nous le droit de l’ouvrir?
    De plus en plus de gens, justement, tentent de se libérer de ça, malheureusement ils attendent souvent d’être à la retraite…

    Si tous ceux qui étaient au courant de quelque chose concernant l’amiante avaient envoyé aux orties leur devoir de réserve, combien de morts auraient été évitées? Ceux qui se sont tus sont nombreux, chercheurs, ingénieurs, médecins du travail ou autres, chacun possédait une parcelle d’information, un morceau du puzzle dont ils n’ont pas toujours compris l’importance. La mise en commun de tous ces savoirs…. Pour l’amiante, c’est trop tard, mais pas pour tout ce qui se passe ailleurs et maintenant.

    Et j’ai oublié les syndicats, au nom de la défense de l’emploi…

    Répondre
  24. les marques
    les marques dit :

    le mal de l’éducation nationale est bien plus ancien que ce que l’on pense ..
    il date des années 80, de la déstructuration des contenus d’enseignements, et de la juridicisation des rapports au sein de l’institution, de la cogestion instaurée, de la désignation auprés de parents persuadés d’avoir pondu la 8ème merveille du monde des membres de la communauté scolaire comme d’affreux violent pédophiles, de la destruction des outils de recrutement populaire des enseignants au profit d’une voie de garage pour petits bourgeois ratés, de la reconnaissance du statut de "victime, forcément victime" de l’enfant, de la transformation des chefs d’établissement en managers, etc …
    chuis dans une journée no future …
    mais des fois y a de quoi

    Répondre
  25. KaTeznik
    KaTeznik dit :

    Agnès > Bref, un salarié perd-t-il sa citoyenneté sur le seuil de son lieu de travail?

    Réponse : Oui : le salariat est un lien de subordination entre l’employeur et l’employé. Comme disait jaurès : la rome antique avait l’esclavage, le moyen-âge avait le servage, le monde moderne a le salariat.

    Répondre
  26. Florence
    Florence dit :

    Question : qui peut raisonnablement croire qu’il soit possible d’assurer la sécurité, l’éducation et le suivi d’enfants et d’adolescents à la limite de la rupture de ban en les parquant dans des collèges et lyçées "usines" tant ils regroupent un nombre d’élèves sidérant.

    Face à tant de déni, de mépris, ramenés au statut de "gêneur inapte à se couler dans le moule", il est malhonnête de s’étonner de leurs tensions et réactions, entre eux et envers les adultes.

    On transforme des jeunes en loups et on les regroupe en meutes.
    Et cette mutation n’est pas réservée aux quartiers dits diffciles.

    Répondre
  27. les marques
    les marques dit :

    florence, faut pas déconner, j’ai fait toute ma scolarité , de la 6eme à la terminale dans un de ces bahuts caserne ( et en plus c’était effectivement une ancienne caserne ) avec 3000 élèves …
    mais dans une société qui avait un rapport extrémement différent à l’intelligence … dans une société qui ne valorisait pas la prédation … et avec un système d’enseignement qui privilégiait l’acquisition d’outils d’utilisation de connaissances, et pas le zapping mélasse déstructuré si en vogue … et si pratique pour ne plus stimuler que le système limbique ….
    leur apprendre à ne plus comprendre, c’est un métier ça , madame !!!!
    petites grenouilles dont "on" a détruit le lobe temporal median …

    Répondre
  28. les marques
    les marques dit :

    florence, faut pas déconner, j’ai fait toute ma scolarité , de la 6eme à la terminale dans un de ces bahuts caserne ( et en plus c’était effectivement une ancienne caserne ) avec 3000 élèves …
    mais dans une société qui avait un rapport extrémement différent à l’intelligence … dans une société qui ne valorisait pas la prédation … et avec un système d’enseignement qui privilégiait l’acquisition d’outils d’utilisation de connaissances, et pas le zapping mélasse déstructuré si en vogue … et si pratique pour ne plus stimuler que le système limbique ….
    leur apprendre à ne plus comprendre, c’est un métier ça , madame !!!!
    petites grenouilles dont "on" a détruit le lobe temporal median …

    Répondre
  29. Florence
    Florence dit :

    Mais justement "les marques"!
    Moi aussi j’ai fait une partie de ma scolarité dans des grands bahuts…
    Sauf que, comme vous le dites vou-même, le rapport à l’intelligence n’est plus le même.

    Réfléchir, c’est pas tendance. Ecouter pour (éventuellement) comprendre, apprendre, se confronter avec des notions et des concepts complexes, non plus.
    Quant au système d’enseignement correctement centré que vous décrivez, c’est l’Educ Nat elle-même qui l’a liquidé. Les pauvres chéris aux prises avec l’aridité de l’orthographe et du calcul…pour les intéresser il fallait faire dans le ludique.

    Maintenant il faut faire avec les jeunes tels qu’ils sont et face à cette réalité, des établissements de 500 élèves me semblent plus appropriés pour la résolution des problèmes tels qu’ils se manifestent.

    Je suis sûrement réac, élevée aux humanités classiques, et je reste convaincue que le goût de la médiocrité et de la facilité sont équitablement réparties entre l’EN et les enfants…

    PS J’avais écrit "usine" pas "caserne", j’aurais pas osé…

    Répondre
  30. mc
    mc dit :

    Tout simplement on a fait semblant de démocratiser l’enseignement, mais on n’a rien fait pour accueillir les nouveaux élèves, ceux qui auparavant allaient à l’usine à 12 puis à 14 ans.
    Les collèges, et même les lycées sont devenus des zones d’attente, quelque chose comme des centres de rétention, pour une partie de leurs élèves.

    Mission impossible pour les profs, attente insupportable pour les élèves, mais l’avantage (?) c’est qu’ils se rejettent la faute les uns sur les autres, sans compter les parents, et tout le reste de la société, dans un superbe et gigantesque "Café du Commerce"

    Et pendant que nous nous battons entre nous pour trouver le coupable, kicéki rigole?

    Répondre
  31. Anta
    Anta dit :

    @ KaTeznik

    Que de citations erronées, détournées sur ce blog. Jaurès n’a pas dutout dit ce que tu viens de reprendre. Tu as probablement mal compris le discours qu’il a tenu en décembre 1894:
    "Il ne suffit pas de dire qu’une forme de la production succède à une autre forme de la production ; il ne suffit pas de dire que l’esclavage a succédé à l’anthropophagie, que le servage a succédé à l’esclavage, que le salariat a succédé au servage, et que le régime collectiviste ou communiste succèdera au salariat. Non, il faut encore se prononcer. Y a-t-il évolution ou progrès ? Et s’il y a progrès, quelle est l’idée décisive et dernière à laquelle on mesure les diverses formes du développement humain ? Et encore, si l’on veut écarter comme trop métaphysique, cette idée de progrès, pourquoi le mouvement de l’histoire a-t-il ainsi été réglé de forme en forme, d’étape économique en étape économique, de l’anthropophagie à l’esclavage, de l’esclavage au servage, du servage au salariat, du salariat au régime socialiste, et non pas d’une autre façon ? Pourquoi, en vertu de quel ressort, je ne dis pas en vertu de quel décret providentiel, puisque je reste dans la conception matérialiste et positive de l’histoire, mais pourquoi, de forme en forme, le développement humain a-t-il suivi telle direction et non pas telle autre ?
    Pour moi la raison en est simple, si l’on veut admettre l’action de l’homme comme homme, l’action de ces forces humaines initiales dont j’ai parlé.
    C’est que, précisément parce que les rapports économiques de production s’adressent à des hommes, il n’y a pas une seule forme de production qui ne renferme une contradiction essentielle, tant que la pleine liberté et la pleine solidarité des hommes n’aura pas été réalisée.
    C’est Spinoza qui a démontré admirablement la contradiction intime de tout régime tyrannique, de toute exploitation politique ou sociale de l’homme par l’homme, non pas en se plaçant au point de vue du droit abstrait, mais en montrant qu’on se trouvait là en présence d’une contradiction de fait. Ou bien la tyrannie fera à ceux qu’elle opprime tant de mal qu’ils cesseront de redouter les suites que pourrait avoir pour eux une insurrection, et alors les opprimés se soulèveront contre l’oppresseur, ou bien celui-ci, pour prévenir les soulèvements, ménagera dans une certaine mesure les besoins, les instincts de ses sujets, et il les préparera ainsi à la liberté. Ainsi, de toute façon, la tyrannie doit disparaitre en vertu du jeu des forces, parce que ces forces sont des hommes."

    Répondre
  32. Tizel Web Blog
    Tizel Web Blog dit :

    Encore un blog de prof vicitime du syndrome de l’autruche

    J’exprime toute ma solidarité et mon soutient envers Lulu, victime de sa trop grande liberté de ton. On lui oppose aujourd’hui son devoirs de réserve. N’aurait-elle pas du, elle aussi depuis longtemps démissionner et exercer son droit de retrait ?…

    Répondre
  33. Tizel Web Blog
    Tizel Web Blog dit :

    Encore un blog de prof vicitime du syndrome de l’autruche

    J’exprime toute ma solidarité et mon soutient envers Lulu, victime de sa trop grande liberté de ton. On lui oppose aujourd’hui son devoirs de réserve. N’aurait-elle pas du, elle aussi depuis longtemps démissionner et exercer son droit de retrait ?…

    Répondre
  34. Tizel
    Tizel dit :

    J’exprime toute ma solidarité et mon soutient envers Lulu, victime de sa trop grande liberté de ton. On lui oppose aujourd’hui son devoirs de réserve. N’aurait-elle pas du, elle aussi depuis longtemps démissionner et exercer son droit de retrait ?

    Répondre
  35. La vie d'un prof de lycée
    La vie d'un prof de lycée dit :

    Acte isolé ou cas général

    Pour revenir aux sanctions qui planent sur "Prof" à propos des articles parus sur son blog (lien vers un autre article très bien fait avec un exemple ), nous pouvons dire que celles-ci font grands bruits dans la blogosphère et scandalisent pas mal…

    Répondre
  36. Fremen10
    Fremen10 dit :

    @ Fin de partie : J’ai moi aussi vu pas mal de personne venir au fond de ma classe pour m’inspecter dans un établissement difficil (alors encore en formation bien sur) et me dire que c’était comme cela ou bien comme ci qu’il fallait être. J’ai essayé de faire au mieux ce qu’on me demandait sans me pervertir.
    Aujourd’hui je fais cours la porte ouverte la plupart du temps. Je vais voir mes collègues en cours ils viennent me voir, on discute avant pendant après sans aucun problème. Je le faisais également quand j’étais stagiaire, je n’ai jamais demandé l’avis de mes principaux sauf si les personnes étaient extérieurs à l’établissement.
    Cela fait déjà un moment que j’explique que peu importe la manière employée à partir du moment ou l’objectif fixé est atteint.

    Je soutien également l’excellent Blogprof

    Répondre
  37. Fremen10
    Fremen10 dit :

    @ Fin de partie : J’ai moi aussi vu pas mal de personne venir au fond de ma classe pour m’inspecter dans un établissement difficil (alors encore en formation bien sur) et me dire que c’était comme cela ou bien comme ci qu’il fallait être. J’ai essayé de faire au mieux ce qu’on me demandait sans me pervertir.
    Aujourd’hui je fais cours la porte ouverte la plupart du temps. Je vais voir mes collègues en cours ils viennent me voir, on discute avant pendant après sans aucun problème. Je le faisais également quand j’étais stagiaire, je n’ai jamais demandé l’avis de mes principaux sauf si les personnes étaient extérieurs à l’établissement.
    Cela fait déjà un moment que j’explique que peu importe la manière employée à partir du moment ou l’objectif fixé est atteint.

    Je soutien également l’excellent Blogprof

    Répondre
  38. Fleur
    Fleur dit :

    Je viens de lire en 2008 et par hasard cette page de votre blog, et j’ai cliqué sur le lien vers blogprof… des petits malins en ont fait un site porno (ou je rêve?)… j’ai cliqué deux fois, non je n’ai pas rêvé, mais alors, nous avons affaire à la pédagogie par le sexe? ou à de la provocation envers des profs qui résistaient?

    Répondre
  39. Fleur
    Fleur dit :

    Merci pour la redirection, Agnès, j’ai pu ainsi lire les remarques pertinentes de "La Vie palpitante d’un prof". J’y reviens seulement maintenant (message de réponse au vôtre écrit il y a deux semaines et demie) en raison des infos évoquant la surveillance -voire l’espionnage des profs-, et en raison de l’actualité d’après grève des enseignants, résistant malgré le mépris de Darcos: ayant entendu quelques reportages sur les Rased (j’ai signé la pétition pour réclamer leur sauvegarde) et les raisons expliquées des enseignants (notamment pendant "Là-bas si j’y suis"), ainsi que les analyses ô combien pertinentes de la journaliste Muriel Fitoussi, j’ai eu envie de me précipiter sur le livre qu’elle avait sorti avec un enseignant, Eddy Khaldi: "Main basse sur l’Ecole publique". Comme je vous lis de temps en temps (et pas régulièrement donc) seulement, je ne sais si vous en avez parlé: je voulais signaler ce livre dont j’ai lu des extraits et que j’ai commandé (sans doute un peu en retard sur vos lectures à tous…), car les tenants et aboutissants des vues darcosiennes et droitistes sur l’Education en vue de sa privatisation très étendue à long terme me semblent devoir être surveillés de près (à leur tour!). La main mise de la droite (de cette droite) sur les enfants (par l’école et par les médias, même ceux qui sont destinés aux enfants) semble ne jamais admettre de pause…
    Bonne soirée
    Fleur

    Répondre

Répondre

Se joindre à la discussion ?
Vous êtes libre de contribuer !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *