La force de l’évidence
Fut un temps, j’étais capitaliste. Je veux dire que j’étais vraiment capitaliste. Je l’étais déjà sous le signe de l’évidence, parce que c’était quelque chose qui s’imposait à tout le monde, un peu comme le fait que les autres, c’étaient les Soviétiques et que, chez eux, tout était nul. Mais vraiment nul à chier.D’ailleurs, très régulièrement, on nous montrait des reportages très convaincants...
L’attrape-rêve
La plupart du temps, ça m’arrive en voiture. Même quand j’étais gosse et que j’étais reléguée à l’arrière, là où les roulis de la route projetaient mon cœur au bord des lèvres, il me suffisait de laisser mon regard se perdre sur le paysage qui défilait derrière les vitres pour décoller dans un autre monde.
Le syndrome du poisson rouge
Qui contrôle le passé contrôle l’avenir
. Aldous Huxley.
Un peuple qui oublie son passé se condamne à le revivre
. Winston Churchill
Bienvenue chez les Gascons
Samedi soir, on remet le couvert pour la grande nuit des morts, pour la troisième année consécutive. Si Halloween a perdu pas mal de terrain en France ces dernières années malgré son implantation commerciale forcenée, il y a au moins un petit quartier rural qui résiste encore et toujours au reflux mortuaire… mais c’est à la sauce gasconne.
L’insoutenable légèreté de l’être
Juste une poignée de mots, quelques inflexions de voix qui tintent aux oreilles et résonnent longuement en notre for intérieur comme une petite musique de l’âme, l’intimité incroyable d’une formule, d’un titre avec ce qu’il y a de plus secret en nous, une familiarité étrange et insaisissable, une pointe de jalousie pas franchement assumée face à l’un des plus beaux titres de la littérature mondiale, une quête intérieure et puis, un jour, la synchronisation parfaite, l’éclat de la compréhension, le moment où l’on acquiert la certitude que l’on sait exactement à quoi pensait l’auteur en écrivant ce titre à la puissance évocatrice incomparable : l’insoutenable légèreté de l’être
.
Marie à petit prix
Une fois par semaine, c’est l’heure parentale avec les autres éleveurs de nains montés sur batterie inusable qui s’adonnent aux joies des arts martiaux.
L’exemple, c’est nous
Son petit minois tourné vers le ciel, ma fille ne perd pas une miette de ma patiente reptation verticale. Elle aime l’escalade parce que je la pratique tout comme elle réclame régulièrement des épinards à table, parce que je lui ai dit que j’adorais ça.
L’implacable érosion de l’indignation
Si tu t’écoutais deux minutes, tu passerais ta vie en Sarkoland ordinaire à éructer, vitupérer, gueuler, beugler, hurler ta colère et ton indignation permanentes. La constance de la saloperie ordinaire est telle que tu te pèterais une coronaire en moins de temps qu’il n’en faut pour remplir une cuvette de chiottes de toute la bile qu’un journal de Pernaut peut te faire remonter du gosier.
Ce n’est pas parce qu’ils n’en ont rien à foutre qu’on va se priver de leur donner notre avis!
Ou comment une abstentionniste convaincue, voire forcenée, en vient à faire de la retape pour inciter à se rendre en masse dans des bureaux de vote sauvages. Et comme d’hab’, moins ils veulent qu’on y aille, plus il est important d’y aller.
Parrainage
C’est en scannant de vieilles photos de famille ce WE pour les soustraire aux outrages du temps que je suis tombée sur lui. Je crois que c’est la seule photo où il apparait, le jour de mon baptême, alors qu’il tient ma version bébé dans ses bras. Je me suis juste demandé s’il savait au moment de cette photo ce qu’il allait me faire, près de 12 ans plus tard.










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