Et la politesse? Bordel!

L’humanité a besoin d’exécrer ses victimes…

Tout commence par une simple discussion amicale entre chômistes. On y parle du coût des télécommunications, qui plombe le budget des précaires sans qu’ils puissent réellement s’en passer et des moyens de réduire la facture globale au minimum. Bien sûr, on y parle des services dont on peut se passer, et des choses que l’on aimerait éviter, quand le sujet revient sur le sempiternel harcèlement téléphonique des boîtes de marketing direct.
Bien sûr que c’est chiant quand un gars coupe votre élan créateur pour tenter de vous fourguer assez lâchement une véranda ou une cuisinière. Mais je commence à m’agacer quand un autre chômiste parle de la joie qu’il éprouve à vider les télémarkéteux comme des étrons fulminants.

Quelle étange perversion fait que les plus mal lotis d’entre nous se plaisent à rembarrer méchamment ceux qui sont globalement dans la même galère qu’eux? Ayant bossé 8 mois dans une société de sondages par bigophone, j’ai vraiment beaucoup souffert de la constance de l’agressivité des gens, qui pensaient avoir un permis de se défouler sur plus misérables qu’eux-mêmes :

Je ne suis plus chez FT et j’ai demandé à ce que mon numéro ne soit pas utilisé à des fins de marketing. Le problème, c’est qu’il y a des sociétés pouilleuses qui n’ont pas de quoi se payer un listing de numéros et se le constituent à l’arrache en pompant les annuaires en ligne, sans se soucier des recommandations de non harcèlement.

Sachant que les mecs qui appellent sont des crevards comme nous, qu’ils ne sont généralement payés qu’à la com’ ou à l’entretien validé, les laisser débiter l’argu qu’on leur force à lire n’est pas très sympa : ça leur fait perdre du temps.

En plus, toujours être poli : parce que se faire insulter par les inters[1] est une agression à ajouter à des conditions de travail vraiment pourries. Ce n’est pas parce que ces gens sont traités comme des esclaves que nous devons nous comporter comme des négriers. Juste deux phrases aimables pour leur dire que nous ne correspondons pas au profil recherché et que nous leur souhaitons une bonne continuation et plus de chance auprès du suivant, c’est un baume revitalisant dans ce genre de job que vous ne pouvez pas imaginer. Et c’est en plus une manière de refuser les rapports de force que l’on nous impose entre gueux!

Le pire, c’est que ceux qui se font les griffes sur le lupemprolétariat[2] ne sont pas des salauds sans coeur, comme on aimerait à le croire. Ils ont juste trouvé encore plus stigmatisés, plus faibles et plus vulnérables qu’eux, et la nature humaine est ainsi faite que c’est toujours sur les plus faibles que l’on se libère de nos propres frustations amassées au fil des jours et des rebuffades sans fin.

Aussi, chaque fois qu’un galérien du phoning parvient jusqu’à moi, j’ai à coeur de lui répondre courtoisement, poliment, même si je compte bien faire dans la brièveté. Souvent, même, en prenant congé, je glisse un petit mot gentil d’encouragement, un petit rien qui peut potentiellement soulager quelques instants la tension cumulée tout au long d’une longue journée d’humiliations diverses et variées. Parce que je me souviens très bien des mes huit mois de phoning. Parce que même sans avoir vécu ce genre de boulot difficile le plus souvent exercé dans une ambiance hiérarchique malsaine, il y a toujours moyen de se tenir informé des conditions de travail dans ce secteur, ne serait-ce qu’en allant lire cet excellent papier de Ron l’infirmier[3].

L’agression

Bien sûr, il n’est pas nécessaire d’avoir connu dans sa chair et dans son sang un métier difficile pour se sentir solidaire de ceux qui y sont encore enchaînés. Même si ça aide bien. Même si, un peu comme les anciens fumeurs, il y a d’anciens galériens parvenus, à force d’abnégation et de soumissions, à se sortir de leur basse extraction et qui deviennent eux-même des petits chefs haineux et revanchards, comme si maltraiter ceux dont ils ont la responsabilité peut abolir leur propre passé d’esclave, les rendre innocents par avance de toute connivence malvenue d’avec leur anciens compagnons de misère.

Cette haine du faible, finalement, est une chose plutôt bien partagée dans notre société prétenduement avancée et civilisée.

Il faut dire que j’ai aussi bossé dans la restauration rapide. Et la rudesse des clients y est une constante, comme si le petit uniforme étriqué qui sent la frite était un permis de molester. Bourgeois ou intérimaires, jeunes ou vieux, hommes ou femmes, noirs ou blancs, tout le monde s’y entends tacitement pour traîter les employés comme des chiens. Participant ainsi d’eux-même à la machine à broyer les hommes et les femmes. Bourreaux occasionnels pour s’oublier comme victime permanente.
Parce que ce monde, cette organisation sociale nous agresse, nous ne trouvons rien de mieux que d’agresser en retour, comme une défense nécessaire contre la rugosité des échanges en milieu socialisé.

Car la politesse, fondamentalement, n’est pas qu’une sorte de convention un peu rigide qui sert surtout à faire chier les enfants, c’est le nécessaire fluide qui rend les relations humaines possibles, qui nous permet de mettre en oeuvre, chaque jour, le vivre-ensemble nécessaire au bon fonctionnement de la vie sociale, alors même que la densité de population dans bien des mégapoles met nos organismes à rude épreuve.
Le bruit, la foule, la pression constante des autres, les odeurs intrusives, les coups d’épaules involontaires dans la file d’attente perpétuelle, tout cela n’est qu’agression constante qui soumet notre corps et notre psychisme à rude épreuve. La permanence de l’agression de la masse rend continu l’impact du stress sur nos organismes et affaiblit l’ensemble de nos défenses, pourtant si bien conçues.

La politesse ritualise l’intrusion permanente de l’autre dans notre espace intime et relativise l’agression, la désamorce. Le simple fait de bredouiller une vague excuse après avoir bousculé quelqu’un par inadvertance désamorce son agressivité. Un sourire, même embryonnaire, est un signal pertinent de non-agression et l’adrénaline qui prépare à la réaction reflue presque naturellement. Le simple fait de sourire quand vous parlez à quelqu’un, même si ce sourire n’est pas sincère, diffuse une bonne dose d’endorphine dans vos organismes respectifs. Grimacer un sourire en cas de stress ralentit le rythme cardiaque…

Être poli permet de vivre en société à moindre coût en terme de stress.

Autrement dit, la politesse n’est pas qu’une simple convention obsolète appartenant à un monde disparu, aujourd’hui phagocyté par la religion de l’ultra-concurrence, c’est un mode de survie particulièrement efficace.
Finalement, je suis polie parce que cela me fait du bien. Parce que distribuer des sourires et des phrases gentilles, non seulement ne me coûte rien, mais en plus me fortifie. Parce que provoquer un reflux d’adrénaline chez mon interlocuteur est la manière la plus efficace d’assurer une certaine forme de paix sociale. Parce que cela me permet aussi de résister concrètement à l’emprise d’un mode de vie délétère fondé sur la compétition la plus sauvage. Car plus j’apaise mon esprit et celui des autres autour de moi et mieux mon organisme fonctionne. Et un organisme qui fonctionne bien, sans stress, sans tension peut abriter une pensée fluide, efficace et claire. Ce qui est la pire des choses que nous pouvons faire. Penser par nous-même. Nous respecter les uns les autres. Ne plus avoir peur. Nous parler. Nous comprendre.

Il est amusant de noter que la politesse, la gentillesse, sont concidérées comme des marques de faiblesse dans notre société de l’absolue efficacité. Il y a l’idée étrange que le respect s’obtient par la crainte, que le harcélement est le mode de management le plus efficace, qu’il faut presser le citron pour en sortir le jus. La politesse serait l’arme des faibles et l’agression celle des forts. C’est une pure perversion de notre organisation sociale et l’attaque est la défense de ceux qui ne se sentent pas à la hauteur.
Parce que finalement, entre celui dont les cris et les grognements traduisent le manque d’assurance et le besoin de dominer par la peur et qui vit, logiquement, dans la peur de l’insurection et celui qui soulage les tensions et peut obtenir des autres, non pas le jus, mais le nectar, volontairement, et non sous la contrainte, dans une coopération mutuelle et librement consentie, d’après vous, qui est le fort et qui est le faible?

Notes

[1] Petit nom doux pour désigner les personnes contactées

[2] En gros, ceux qui bossent comme des cons dans des conditions indignes pour des salaires qui ne leur permettent jamais de se sortir de la pauvreté. Il existe aussi une autre définition, plus proche des représentations sociales actuelles sur cette classe laborieuse ultra pauvre : Le lumpenprolétariat forme une masse strictement différenciée du prolétariat industriel recruté dans les bas fonds, voleurs et criminels de toutes sortes, vivant en marge de la société, des gens sans travail défini, sans foi ni loi. (K. MARX – « Les luttes de classes en France – 1848/1850 » page 216 – tome 1 œuvres complètes – édition anglaise), cité dans Les classes sociales.

[3] Dans ce registre, il faudra bien un jour que je vous raconte mon édifiante expérience de vacatrice d’enquêtes téléphoniques. Le pire, c’est que j’ai appris depuis que je ne faisais pas partie des plus malchanceux de la profession

92 réponses
  1. Swâmi Petaramesh
    Swâmi Petaramesh dit :

    Je partage en partie, mais en partie seulement, ton point de vue ci-dessus. Certes, je reconnais sans peine que les employés faisant du télémarketing en centre d’appel sont exploités dans des conditions à peine meilleures que celles de l’esclavage. Néanmoins, ils ont accepté ce job – pour bouffer, certes – et ce job consiste essentiellement à faire chier chez eux des gens qui ne leur ont rien demandé. Ils ne peuvent donc ni s’étonner, ni se plaindre, d’en subir les conséquences.

    Quand on me fait chier chez moi alors que je n’ai rien demandé à personne, je ne me sens lié par aucune obligation de politesse vis-à-vis de l’emmerdeur, car quelle qu’en soit la raison, il empiète sans autorisation sur mon espace personne et privé, et ça me suffit pour me sentir autorisé à décrocher le calibre 12, au moins verbal.

    Quand tu as beau figurer en "liste rouge", ou "chamois"", ou "faites pas chier les marketeux", et que tu te fais sortir des chiottes la crotte au cul sans même avoir le temps de t’essuyer, ou de la douche plein de savon laissant derrière toi de grosses flaques, ou réveiller pendant la sieste (Murphy veut que ce soit toujours à ces moments-là que le téléphone sonne, et ça ne rate jamais…), et que tu te précipites attendant plus ou moins un coup de fil important, pour tomber sur une c***asse qui veut te vendre des cuisines équipées, ça te donne envie de tuer, et tant que ça reste verbal, ça t’en donne également le droit, à mon humble avis. Et je ne m’en prive pas.

    Le fait de faire un boulot chiant et mal payé n’excuse pas, et n’autorise pas tout. Le premier à manquer de politesse, c’est celui qui te dérange à domicile.

    Je me remémore le cas, quand ma gamine était encore bébé, et qu’elle avait des douleurs gastriques et du mal à s’endormir, où on l’avait bercée une fois pendant plus d’une heure avant de parvenir à finalement l’endormir, à l’heure de sa sieste, et là, alors qu’on y est enfin arrivé, Drrrrringg !!, téléphone, et la connasse des cuisines S… Et le bébé qui se réveille aussitôt en hurlant. Franchement, là, tu restes polie ?

    (L’autre variante, c’est le voisin qui dégaine à ce moment précis la perceuse à percussion…)

    La question des employés de McDo est toute autre, puisque là, tu as réellement un rôle de client, que tu leur demandes quelque chose, et que tu dois donc les traiter avec la politesse et le respect dûs à tout être humain avec qui tu es en relation normale.

    Encore que là, aussi, conformément à l‘Observation de Zenone (L’autre file va plus vite), au McDo comme ailleurs, tu as des employés efficaces et d’autres mollasses parfaitement abruti(e)s qui font trois voyages pour aller chercher trois trucs l’un après l’autre à la vitesse d’un escargot neurasthénique, qui te foutent des cahuètes quand tu as demandé "sans", qui te servent un client pendant que la caissière d’à côté en sert quatre, et que ça aussi, ça peut finir par énerver un petit peu, parfois.

    Là aussi, le fait de faire un boulot chiant et mal payé ne dispense pas du devoir de le faire correctement, avec un minimum d’application, de célérité et d’intelligence : Ce n’est pas parce qu’un boulot est idiot qu’il faut le faire comme un con.

    Dans ce genre de situation, on porte toujours la double casquette :
    a/ Un humain en relation avec un autre humain
    b/ Un client en relation avec l’entreprise X, fournisseur.

    Si l’entreprise X me rend un service de merde et que je gueule contre son préposé, ce n’est pas le préposé que j’engueule (en tant qu’humain), mais l’entreprise X que j’engueule par le truchement de son représentant, le préposé, qui est mon seul point de contact.

    Et a priori, les relations existant entre l’entreprise et son employé ne me concernent en rien, en tant que client. Bien entendu, je schématise. On a parfaitement le droit d’être humain, mais il ne faut pas franchir la ligne où "être humain avec l’employé" devient "être bonne poire vis-à-vis du fournisseur qui ne fait pas bien son boulot".

    Bien souvent, quand je suis insatisfait du service que me rend une entreprise, je précise d’abord à son préposé que cela n’a rien de personnel, et que c’est de l’entreprise que je suis mécontent, mais ça ne m’empêche pas ensuite d’ouvrir grand ma gueule et de botter autant de culs que nécessaire jusqu’à obtenir satisfaction en tant que client de l’entreprise X…

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  2. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Refuser de participer à l’agression généralisée est, à mon sens, la forme la plus subversive de résistance.
    Envoyer chier le mec dont on s’attend que tu l’envoies chier n’est que de la soumission au système. Traîter comme un chien celui que l’on place au sous-sol de la pyramide hiérarchique, c’est cautionner à 100% le système pervers des castes, c’est s’inscrire soit-même dans la pyramide.
    Je refuse de m’essuyer les pompes sur celui que l’on me désigne comme paillasson. En agissant de la sorte, je modifie aussi mon interlocuteur. Je suis l’aiguillon, parce que je prouve qu’un autre monde est possible, avec d’autres rapports entre les gens.

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  3. Ashram de Swâmi Petaramesh
    Ashram de Swâmi Petaramesh dit :

    Bonjour, ici l’emmerdeur de service…

    Depuis plusieurs années, Swâmi Petaramesh n’était plus jamais emmerdé dans son ashram par les spammeurs téléphoniques qui, sous prétexte de pseudo-sondage à la con, essaient régulièrement de vous fourguer quelque chose. Hélas……

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  4. arno
    arno dit :

    D’accord sur les conditions de travail inhumaines des gens qui bossent dans des call-centers. C’est de l’esclavage pur et simple. Avec en prime, une mise en compétitions des plus dégueulasse mais à laquelle se plient certains, les plus cons surement.
    Ces "certains" sont tellement cons, qu’il m’est arrivé de me faire raccrocher au nez par une nana qui tentait veinement de me fourguer des fenêtres dont je n’ai pas besoin et à qui je venais de couper la chique, remarquablement poliment, sur le thème "Je vous coupe tout de suite car je ne suis pas intéressé mais je vous souhai…" Ma phrase a été interrompu par un clic, précédé d’un "Ouais allez c’est ça !! " pas même un peu étouffé…
    Elle devait croire aux balivernes débitées par son call-manager qui lui promettait une photo au tableau d’honneur…
    Pour se consoler et comprendre, la lecture du "Principe de Lucifer" d’Howard Bloom est quasi vitale…

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  5. Popol
    Popol dit :

    Papier qui n’est absolument PAS pertinent ma foi … que les esclaves du phoning en soient, n’empêche pas qu’ils sont les premiers agresseurs ! Devrait-on accepter ce harcellement sous prétexte que ce sont des pauvres qui le font pour vivre? Pourquoi n’accepte-t-on pas alors d’être détroussés par des pauvres sous prétexte qu’ils sont souvent sous la coupe de gros poissons du milieu qui les exploitent aussi ?

    Tu prêches la soumission à un système d’exploitation et justifies par la même l’existence de ce système … doit-on accepter toute activité néfaste sous prétexte qu’il nourrit quelques uns en plus d’engraisser certains?

    Que penses-tu de la fabrication et de la vente de mines anti-personnelles ? elles nourrisent pas mal de prolétaires ma foi, et enrichissent quelques actionnaires …

    Mon point de vue est totalement inverse, même si je peux comprendre que l’on accepte les tâches les plus avilissantes pour survivre, je refuse de cautionner une activité néfaste sous-prétexte qu’elle rémunère chichement une armée d’exploités … Dans un autre registre, plus important, mais sur le fond strictement similaire, n’oublions pas que c’est toujours parmi le lumpen prolétariat que les classes dirigeantes recrutent les milices dont elles se servent pour écraser le reste du peuple … Demanderais-tu au peuple de sourire aux plus pauvres d’entre eux qui tiennent la matraque ?

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  6. les marques du plaisir
    les marques du plaisir dit :

    sur le marketinge téléphonique, la méthode la plus simple est le bref, mais rapide, "désolé, je ne suis pas intérréssé bonne journée", et je raccroche … pas laisser le temps de placer un mot … mettre un terme rapide à cette intrusion non sollicitée, pour ne pas avoir à entrer dans des discussions pénibles qui finissent généralement par l’explosion de colère de l’agressé …. parceque désolé, mais le démarchage téléphonique est en soi une agression, donc il est normal que les réactions soit des réactions de défense … même chez des gens qui, en régle générale font montre de politesse …
    Pour le reste, tenter d’humaniser le rapport avec le robot que devient rapido le vendeur de Hamburgers, c’est pas de la tarte … ils sont tellement fliqués par leur hiérarchie de sous-kapos sous payés eux aussi, et opprimés eux aussi … ils débitent leur discours comme une sorte de capote contre les agressions des "clients rois" …
    fa&udrait un jour que la commission d’enquète parlementaire sur les dérives sectaires s’intéresse aux formations données à tous ces sous esclaves …. toutes les techniques de manipulation mentale à l’oeuvre chez les sectes sont la norme dans ces boites … l’entreprise "moderne" ne serait elle qu’une secte ?

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  7. Popol
    Popol dit :

    "Je refuse de m’essuyer les pompes sur celui que l’on me désigne comme paillasson."

    Personnellement j’envoie ballader celui qui m’agresse chez moi en connaissance de cause et qui accepte d’être rémunéré pour cela !

    Encore une fois, il est hors de question d’accepter n’importe quoi de la part de n’importe qui, sous le prétexte qu’il le fait pour vivre … il n’est pas bien difficile d’imaginer ou cela aboutit !

    C’est cela la soumission absolue au système !

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  8. walken
    walken dit :

    Hmmmm, je partage l’opinion de Swami, c’est a dire que c’est clair que les gens qui passent leur journee a appeler se font exploiter, mais bon, il n’empeche qu’ils font chier. Ca ne me derange absolument pas de leur faire perdre leur temps, au moins pendant ce temps ils n’emmerdent pas quelqu’un d’autre. Rien de personnel, mais je souhaite juste que leur employeur cesse d’utiliser ces methodes.

    Typiquement, je continue ce que j’etais en train de faire, je dis "oui" de temps en temps, et au bout de 3 minutes je dis "ooooh mais c’est tres interessant tout ca attendez je vais chercher ma carte de credit", je pose le telephone et voila.

    Agnes, je sens que tu n’aurais pas aime m’appeler…

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  9. Swâmi Petaramesh
    Swâmi Petaramesh dit :

    @Incanus : parce que merde, ils font un boulot pénible voire trés pénible et c’est pas facile du tout

    Le boulot pénible de faire chier le monde :-DDD

    > Tu veux un sandwhich à 6 euros et en plus tu voudrais qu’il te soit servi rapidement et dans des conditions correctes ?

    Tout-à-fait. Quel que soit le produit que j’achète, et quel que soit son prix, quand je suis client d’une entreprise (et ce n’est pas moi qui fixe le prix des produits qu’elle me vend), j’attends que ce produit me soit livré ou servi dans des "conditions correctes" de célérité, de propreté, d’amabilité, oui.

    (Et si ce n’était pas le cas, en renversant ton raisonnement de manière amusante, le fait que j’aie éventuellement pu gagner mes 6 Euros dans des conditions pénibles m’autoriserait à me montrer infect avec un serveur de restaurant ?)

    Et je ne bouffe pas sur un plateau sale ou mouillé, parce que ce n’est pas parce que je bouffe au McDo que je suis un chien ou un porc. Et quand la fille me donne un plateau trempé ou plein de ketchup, j’exige qu’elle le nettoie et qu’elle l’essuie. Parce que je suis le client, et que je suis là pour bouffer et que je paie pour ça. Et qu’en l’occurrence, je me fous pas mal de ce qu’elle est payée et de la pénibilité de son boulot. Je me montre poli et souriant, mais j’exige d’être traité poliment et convenablement. Et ce n’est pas parce que son boulot fait chier l’employé que cela justifie en quoi que ce soit que le client en pâtisse ou "doive comprendre".

    Je suis un client con et qui ne comprend rien : L’employé, il fait son boulot correctement, ou il se casse. En tant que client, ce n’est pas mon problème.

    Et quand c’est moi qui suis "l’employé", eh bien, vis-à-vis du client, je fais mon boulot correctement, ou je me casse. Aussi. Et les problèmes que je peux avoir avec mon employeur ne regardent pas le client. Il s’en fout, et il a raison.

    Si les employés ne sont pas heureux de la manière dont ils sont traités, c’est par la lutte collective, la solidarité, la grève, le syndicalisme, qu’ils pourront obtenir satisfaction. Pas par la compassion du client pour un travail merdique fait dans des conditions de merde.

    Seulement l’action collective et la solidarité sont en perte de vitesse, chaque employé essaie de sauver son cul sans se préoccuper de celui du voisin. Gouvernements et patronat ont bien compris depuis des décennies comment miner la solidarité sociale et professionnelle, et la remplacer par une compétition effrénée où les employés de tous niveaux sont les premiers à se marcher dessus les uns les autres.

    Il ne faut pas attendre de la compassion du client qu’elle compense l’incapacité des salariés à s’organiser collectivement pour exiger que leurs soient faites de meilleures conditions.

    Ugh.

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  10. yves
    yves dit :

    Je reste toujours poli, mais désormais je suis brutal: un simple ‘je n’ai pas envie de répondre à vos questions et je vous souhaite une bonne journée." suivi d’un raccrochage rapide me suffit.

    Il faut dire qu’une fois je me suis fait agressé par un type qui a essayé de me culpabiliser sur le mode du "Et ça vous gène pas qu’il y ait des gens qui se retrouve au chomage parce que vous ne voulez pas répondre ?" et que j’ai pris
    1 min a expliquer au gars que quelque soient les conséquences pour lui j’avais moi, le droit à ce qu’on respecte ma vie privée.

    La dernière fois j’avais été sélectionné pour partciciper à un grand tirage pour gagner une voiture, et à la question sur mon adresse j’ai répondu: "je répondrai quand j’aurai vraiment gagné la voiture!" et j’ai raccroché.

    Rester poli sous prétexte que les esclaves du télémarketing subissent des pressions? Je vais aller relire l’expérience de Milgram et me demander jusqu’ou on peut pousser ce résonnement (de la sonnerie du téléphone). Je trouve quand même que c’est un poil simpliste, la déresponsabilisation des exécutants.

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  11. Fred., de L.
    Fred., de L. dit :

    Je partage l’avis d’Agnès. Sur tout.

    Les gens là, au bout du fil, ils ne comprennent pas ma formule genre : "Je vous remercie pour votre appel, mais je ne suis pas intéressé/je n’ai pas le temps/je ne correspond pas. Bonne journée". Certains ne comprennent tellement pas qu’ils persévèrent… L’autre fois, pour me faire gagner de l’argent sur mes impôts, avec la nana qui demande : "mais vous n’êtes pas intéressé par des économies sur vos impôts ?" et moi de répondre que non… Parce qu’en fait, elle voulait me forcer à accepter un RDV avec un mec, etc.

    Bref. Toujours poli. Oui. Partout. Tout le temps. Avec le sourire. Au point que ma femme l’autre jour a rigolé en écoutant une des dernières chansons de Pagny "un fou à lier qui sourit tout l’temps"… Elle a pensé à moi.

    A propos de l’agression (relative) que ces gens nous font subir. Il y a un esclavage auquel il faut savoir résister. C’est celui du téléphone. Aucun appel téléphonique ne justifie qu’on sorte des chiottes ou de la douche en urgence. Quand on a compris ça, on relativise tout le reste. J’ai appris ça d’une époque où j’étais surmené et que je devais gérer 10000 choses à la fois, du commercial, de la gestion, du management… Au bout du rouleau, je suis resté une semaine sans répondre, et le monde ne s’est pas écroulé pour autant. Désormais, le téléphone portable est en mode vibreur en permanence. Si je l’entends et que j’ai envie de répondre… Je réponds… Sinon, il y a la messagerie… Ca vire tous les gêneurs.

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  12. Incanus
    Incanus dit :

    Bravo pour ce billet que je partage entièrement!

    Bien sur que parfois on peut avoir envie d’agresser les gens (coups de phone ou autre) parce qu’ils nous "dérangent" ou parce qu’on trouve que ceci cela. Ben dans les conditions que tu décris, je suis d’accord, faut se controler, parce que merde, ils font un boulot pénible voire trés pénible et c’est pas facile du tout :/.

    Ca ne coute pas grand chose de garder son calme, et un sourire non plus. Mais ca aide beaucoup ceux à qui c’est adréssé!

    Donc je partage entièrement ton avis, et ta conclusion sur l’interprétation de ta politesse dans notre civilisation.

    Certains commentaires sont vraiment décevants.

    Je suis RMIste, j’ai des journées de merde et des responsabilités familiales, eh bin, c’est pas pour ca que je me défoule sur les phonistes ou que je trouve merdeux un gars qui fait "trois allers retours pour aller chercher un truc". Même si parfois j’ai envie d’envoyer chier un gars qui me casse les pieds au tel, je me retiens.

    Moi je dis, vazy mon gars, va travailler chez MCdo, tu vas voir ce que ca donnes! Je te souhaite BIEN du plaisir. Si en plus les clients font la fine bouche eh bien moi je dis, qu’ils aillent se faire foutre, les employés c’est pas des robots. A partir du moment ou ils sont un minimum poli, je m’en branle qu’ils soient efficaces ou non: je les comprends, ils font un boulot pourrave, mal payé et dans des conditions de merde, pourquoi y mettre du zèle? Faut pas déconner non plus.

    Tu veux un sandwhich à 6 euros et en plus tu voudrais qu’il te soit servi rapidement et dans des conditions correctes? Et tu veux pas que l’employé te fasse la bise aussi? Et puis qu’il soit aussi dynamique que dans Working Woman? ET cent balles et un mars avec ca?

    EH bin c’est pas possible, voila. Parce que mcdo à 6 euros veut dire employés sous payés, traités comme de la bouse, donc quand tu vas chez Mcdo soit t’acceptes les conditions, soit t’es un gros hypocrite.

    Répondre
  13. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    J’évite d’étaler mes opinions politiques avec le gars qui m’appelle pour une bonne raison : je sais par expérience qu’ils sont écoutés (et nous avec, soit dit en passant) et que s’il fait mine d’être d’accord avec nous quant à la saloperie des négriers qui l’exploitent, il risque surtout d’avoir le superviseur qui lui tombe sur la gueule à peine raccroché. Là, je ne lui rend pas service.

    Maintenant, sur le syndicalisme et tout ça, c’est bien gentil, sauf que les syndicats ne s’intéressent pas du tout aux supers précaires, qu’ils sont bannis de toutes les structures d’exploitation sauvage, qu’un vacataire qui se syndique est juste suicidaire : il n’aura plus de contrat et basta pour sa gueule et tant pis pour ses gosses si c’était tout ce qu’il avait pour bouffer. Il est temps de comprendre que les règles du jeu ont changé et que la lutte a elle aussi changé de visage.

    La clé de voute du système est le chômage de masse.

    Si tu n’es pas content de ton taff et de tes conditions de travail, tu fermes ta gueule, tu courbes l’échine. Grâce aux horaires décalés, aux contrats de vacataires, aux temps partiels qui font dépendre ta paie du bon vouloir de ton chef quant aux heures sup. que tu peux espérer, tu ne peux plus lutter au sein de la boîte. C’est un temps révolu. Si t’es pas jouasse, il y en 10 qui se font harceler jusqu’à ce que leurs yeux leur sortent de la tête par leur gentil conseiller ANPE pour prendre ta place, même si cela les laisse encore et toujours dans la misère et la précarité. Le système est bien vérouillé entre chomistes et précaires, c’est même très bien fait. Et comme je te le disais, Swâmi, en aparte tout à l’heure :

    Je me demande si je me suis mal exprimée dans mon dernier billet ou si je viens de mettre le doigt sur l’aliénation fondamentale de la société capitaliste… Mais je trouve fascinant les arguments que tout le monde déploie pour justifier l’injustifiable, à savoir : le droit de traiter certains de ses congénères comme de la merde.

    Or, si tu t’octroies ce droit, tu ne peux plus t’étonner que d’autres en fasse autant à ton égard, non?

    Je pense que non seulement il faut être encore plus civilisé avec ceux qui se font écraser par le système, mais qu’en temps de consommateur|client|producteur final de valeur ajoutée, c’est à nous qu’il revient de reprendre le flambeau de la lutte.
    Tu trouves normal, quand tu es client, d’exiger la qualité de la marchandise et du produit, n’est-ce pas? Alors pourquoi ne pas t’enquérir de la qualité sociale des services|produits que tu t’apprêtes à valoriser sur le marché par ton acte d’achat? Pourquoi serait-il plus pertinent de demander quelle est l’origine de tel ou tel produit que de demander de quelle manière sont traités|payés ceux qui te le fournissent? Tu refuses de payer pour un produit pourri ou un service insatisfaisant : pourquoi ne pas demander des comptes sur les conditions sociales qui te permettent d’exercer ton rôle d’acheteur?
    Après votre viande est trop cuite, on peut imaginer un désolé, je me casse, vous vous comportez trop mal avec votre personnel! Et même un 60 millions de consomm’acteurs, avec des tests sur les conditions sociales de production!

    Juste un peu d’imagination…

    Répondre
  14. Popolon
    Popolon dit :

    Bon, a peu pres d’accord sur le billet. La seule chose qui manque, c’est de les encourager a foutre le boxon dans leur boite de merde :).

    En general, j’essaie de rester poli, je leur fait perdre leur temps (car si eux gagnent à la com, la com, n’est qu’une infime partie de ce que va gagner la boite sur le dos des esclaves).

    Ensuite, je leur explique que je n’en veux pas qu’on arrete pas de m’appeller tous les jours (surtout dans le cas de néotélécom de Bouygues dans la première moitié de cette année). Qu’on les utilise pour harceler les gens, mais que je ne leur en veux pas que ca n’est pas de leur faute, que ce sont leur patrons qui les exploitent. Ils le prennent généralement avec un sourire, et prennent parfois conscience de la chose, car ça n’est pas forcement le cas dans cette situation.

    J’essaie d’etre d’avantage courtois encore quand les appels viennent des pays du tiers monde (quelques secondes entre chaque questions reponses liées aux distances). En leur expliquant qu’on prend conscience ici de l’exploitation faite par nos gouvernements de pays moins favorisés.

    Donc :

    • Rester poli
    • Parler
    • Expliquer que le boulot mal payé qu’il font d’exploité est commander par des requins
    • que ces requins les exploitent eux et harcèlent les autres (nous).
    • Bonne chance pour se sortir de ce pétrin.

    Ca coute pas grand chose, et ça fait avancer le schmilblik.

    Répondre
  15. Swâmi Petaramesh
    Swâmi Petaramesh dit :

    Tes idées sont nobles Agnès, malheureusement dans la pratique, je ne suis pas toujours persuadé qu’elles soient applicables.

    Quand tu dis que la clé de voûte du système est le chômage de masse, tu as amplement raison : il donne un bras de levier considérable aux exploiteurs de toute sorte.

    Mais cela ne me semble pas constituer une explication suffisante et qui dédouane chacun et chaque salarié de sa part de responsabilité dans la disparition de toute solidarité et de toute résistance collective des salariés.

    Tu écris Il est temps de comprendre que les règles du jeu ont changé comme si c’était une fatalité ou une invasion de sauterelles.

    Il est temps de comprendre aussi que les choses ont changé parce que nous les avons laissé changer. Parce que le salariés, les syndicats, se sont ramollis dans leurs luttes. Parce que chaque syndicat ne s’est plus préoccupé que de son petit corporatisme et des intérêts de ses adhérents, dans chaque boîte individuellement. Parce que chaque salarié, chaque cadre, pris individuellement a, à un moment donné, trouvé plus d’avantages à être en compétition contre son collègue plutôt qu’à être solidaire avec lui. A une époque pas si lointaine, pour obtenir davantage d’avantages, de promotion, d’augmentation. La solidarité une fois brisée, c’est maintenant devenu simplement "pour sauver son cul". Chacun pour soi pour sauver son cul.

    Peut-être finalement n’y a-t-il pas encore assez de misère dans notre société, pour que revienne la solidarité. Les vrais miséreux, qui connaissent le besoin, sont souvent solidaires. Les middle-class, meme le low-end du middle-class ne sont pas solidaires du tout : Ils essaient au contraire de prendre l’ascenseur tout seuls.

    Tu parles d’instaurer, grande nouveauté, une solidarité client-salarié-du-fournisseur qui n’a jamais existé, et cela pour de très bonnes raisons (dont celle que leurs intérêts matériels respectifs sont contradictoires, les bonnes conditions du salarié rimant avec un prix plus élevé pour le client final…), alors que la solidarité entre salariés de la même boîte eux-mêmes, a disparu ? Tu y crois vraiment ?

    Il reviendrait à chaque "consommateur", avant d’acheter un sandwich, une paire de chaussures ou un lecteur de DVD, de mener sa propre enquête sur le fabricant, le fournisseur, l’importateur, le magasin, alors que les propres salariés de ces gens-là, qui, eux-mêmes, connaissent très bien leurs conditions (alors que moi je les connais mal) ont renoncé, entre eux, à toute solidarité et à toute action commune ?

    C’est quand même de l’ordre du doux rêve. Du beau rêve, mais du rêve.

    Les "consommateurs" ont déjà fait leur choix : Ils ont voté avec leur carte bancaire. Ils ont acheté le moins cher. Les godasses à pas cher, les fringues à pas cher, les télés et les lecteurs de DVD à pas cher, les meubles à pas cher. Le consommateur a voté avec sa C.B. parce que, lui aussi, il veut avoir plein de belles choses, et qu’il n’a pas trop de sous. Alors il achète le moins cher possible, forcément.

    L’intérêt du client est à l’exact opposé de celui du salarié. Et on compterait sur le client pour défendre les salariés quand ceux-ci ont renoncé à se défendre eux-mêmes ?

    Alors la production des trucs à pas cher est partie à l’étranger dans des pays pas chers où l’on exploite des salariés à mort et pour pas cher. Et ici, on a eu le chômage de masse.

    Bel exemple de fonctionnement et de rétroaction de l’ensemble de l’économie capitaliste.

    Mais alors que nous avons tous laissé faire ça, et que nous continuons à acheter le moins cher possible parce qu’on n’a pas trop de sous, etc… Est-ce en acceptant de se faire poliment emmerder par les télémarketeurs et servir comme un chien dans un McDo que nous allons renverser la vapeur ?

    le consom’acteur qui achète quand même et avant tout le moins cher possible, ça me semble un bel emballage brillant autour d’une réalité qui l’est probablement moins…

    Exactement ce qu’on sait faire de nos jours. De la merde dans un papier doré.

    Répondre
  16. Swâmi Petaramesh
    Swâmi Petaramesh dit :

    J’ajoute avant de filer (je me suis mis à la bourre) que je suis assez perplexe face à la logique que je caricaturerai comme : Faites un sourire à ceux qui se font enculer, et soyez polis avec eux: ils se sentiront enculés, mais compris…

    Si on n’a que ça pour faire changer le monde, je crains que ça ne prenne encore un peu de temps…

    D’autant plus que les "enculés mais compris" risquent d’en trouver leur situation un petit plus tolérable – ou moins intolérable, et donc de mieux l’accepter, non ?

    Tout ce qui met de l’huile dans les rouages du système favorise le fonctionnement du système… Hmmm…

    Bon allez je file, ce genre de réflexion ne rend guère optimiste…

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  17. les marques du plaisir
    les marques du plaisir dit :

    je partage assez, genre plutot que d’engueuler la caissiére au super maket, faire esclandre auprés des chefs … le coup de gueule à voix forte désamorcé au préalable par un "je sais que vous y êtes pour rien, mais si je crie un peu fort, il va sortir de sa boite le sous-boss" …
    je l’ai fait une fois pour des congélos décongelés chez Carrouf … la caissière s’est bien marrée … en réalité, les seules réactions agressives sont venues de clients …

    Répondre
  18. Chtonk
    Chtonk dit :

    Tout le monde a droit à son *emmerdeur*, comme "il y a toujours plus mal loti que soi".

    A ceci près que, malgré tout l’énervement possible, malgré tous les *droits* attendus de sa position de client ou de ne pas figurer sur les listes marketing, malgré l’acceptation d’un boulot dont un des corollaires est de se faire traiter, par ses patrons comme ses clients, comme moins que rien et déconsidéré à la limite de l’humanité, malgré tout cela et pire encore, ce sont avant tout des êtres humains au bout du fil, qui mérite autant de respect que quiconque, autant de considération et de compassion sans que cela soit de la pitié. Il n’est pas responsable de la manière avec laquelle vous allez prendre son appel. C’est vous-même qui vous énervez, comme le dit Agnès, pour pouvoir vous défouler et les utiliser comme exutoire.

    La prochaine fois, si vous êtes du genre à vous énerver, rappelez vous de ce billet, et plutôt que de crier ou vitupérer sur quelqu’un qui n’a rien demandé, accordez lui peut être quelques instants, avec le sourire et des rires peut être, pour lui accorder quelques minutes de répit et pour lui souhaiter bonne chance et bon courage. Ca ne coûte que quelques minutes… Croyez vous que vous valez mieux que ces quelques minutes ?

    L’agressivité n’a jamais rendu de services. Elle agit comme un boomerang car bien souvent elle vous est renvoyée.

    Répondre
  19. ango
    ango dit :

    Je trouve cela fort complaisant.

    Je n’insulte pas les gens qui m’appelle et je trouve ca degueulasse d’insulter les gens. Je ne supporte pas.

    Mais j’ai la franche impression parfois d’etre un petit peu harcele.
    La seule chose que j’ai dit ou j’ai eu du mal a me retenir "c’est non j’en ai assez". Les choses ne doivent pas etre inversees les agresseurs en premier lieu ce sont les gens qui te telephone pour te questionner sur je ne sais quoi, c’est ce qui fait stresser.

    Au passage, l’un d’eux m’a deja raccroche au nez, ca fait plaisir tu peux pas savoir. Tu parles de politesse, mais pas un seul ne se presente au telephone, meme sous un nom fictif (et pour cause methode oblige). Et je ne vois pas en quoi je serai tenu de respecter ce systeme. Sans oublier ceux qui appellent d’en dehors l’Europe afin de payer moins leurs salaries.

    Alors je dis non, je ne reponds pas au telephone, et si tout le monde etait solidaire, ils feraient de meme, et comme ca on changerait un peu de systeme. Je me suis fait jeter d’un de ces trucs qu’on appelle entreprise pour avoir cru que ne pas s’en tenir a la feuille pouvait etre benefique pour meilleure relation avec les clients… Je me rappelle meme pas du decor…

    La politesse est consideree comme quelquechose de negatif dans les medias peut etre, dans les entreprises peut etre encore que cela n’est pas sur. Mais cela donne aussi une image tres positive parfois, a d’autres moments exotiques

    Répondre
  20. Swâmi Petaramesh
    Swâmi Petaramesh dit :

    @Ango : pas un seul ne se presente au telephone, meme sous un nom fictif

    C’est vrai, et c’est aussi un déséquilibre. Il arrive cependant qu’ils se présentent d’un seul prénom, ou en dévissant leur nom ou celui de leur "institut" à une vitesse telle que tu n’en comprends jamais la moitié, et si jamais les chose se gâtent (= tu râles), tu peux être certain que tu ne sauras jamais davantage à qui tu t’adresses au juste, ni quel est le "centre d’appels" qui t’appelle. Tu n’arriveras jamais non plus à savoir au juste comment ils se sont procurés tes coordonnées même quand il est flagrant qu’il les ont obtenues et les utilisent en toute illégalité (liste rouge ou "chamois", violation de la loi de 78 dite "informatique et libertés"…), tu n’obtiendras jamais le tristement fameux "droit d’accès et de rectification ou suppression" prévu par la loi de 78, et d’ailleurs absolument rien n’est prévu pour que tu puisses l’exercer. Dans le meilleur des cas, l’esclave qui te parle dit qu’il ne sait absolument pas comment ils ont obtenu ton numéro, que c’est dans leur fichier c’est tout, ou que c’est leur ordinateur qui appelle de manière automatique, et ils ont juste ton nom sur leur écran. Celui ou celle qui te parle au téléphone n’y peut foutre rien, et n’en sait pas davantage.

    Et leur système ne communique jamais à ton téléphone le moindre "numéro d’appelant" que tu pourrais rappeler, ou qui pourrait te servir à mieux les situer.

    A une époque, dans une précédente ville où je résidais, j’étais appelé en moyenne tous les 15 jours (!!!) par les cuisines Sp… Ceux-là je les hais très fort. J’ai beau avoir à chaque fois exigé qu’ils me rayent de leur liste, ils m’ont appelé régulièrement pendant plus de 3 ans… Je n’ai jamais réussi à parler à un responsable ni à personne d’autre qu’à l’esclave qui m’appelait. J’ai écrit en recommandé à leur siège sans réponse ni résultat. J’ai ensuite déménagé aiileurs avant d’avoir eu le temps ou l’énergie de finir par porter l’affaire devant les tribunaux…

    Les centres d’appel : nous ne savons rien d’eux, mais eux ont nos coordonnées. Nous ne savons pas qui nous parle, mais eux, savent à qui ils parlent. Ils agissent à la limite de la légalité ou dans l’illégalité, ils exploitent leur personnel de manière honteuse, ils nous font chier régulièrement et ad infinitum, mais il faudrait rester bien poli et bien gentil.

    Pour moi, les télémarketteurs sont exactement comme les spammeurs, mais en pire. Et doivent être traités comme tels.

    Mais sinon

    Répondre
  21. Yogi
    Yogi dit :

    En tout cas, il est bien clair que c’est la société capitaliste qui a inventé le mépris du plus faible, l’agression des sans défense et les rapports de force.

    Ah ! Qu’on nous rende la Royauté, l’Empire Romain, les Pharaons, la civilisation Aztèque, la dynastie Ming ! Tous ces mondes sans luttes, sans hiérarchie, où tous les hommes étaient frères !
    Hélas ! Mille fois hélas ! Pourquoi le Capitalisme a-t-il remplacé ces sociétés paisibles, respectueuses et égalitaires par le marketing téléphonique ?

    Répondre
  22. Tyrnimarja
    Tyrnimarja dit :

    Entièrement d’accord avec Monolecte…

    En outre, à la lecture des différents commentaires, on a vraiment l’impression que ceux qui jugent "normal" d’envoyer paître les télémarketeurs se croient de toute évidence issus d’une plus noble lignée, comme si les téléopérateurs constituaient une sous-race de mécréants voués à l’impitoyable mais légitime djihad des "gens normaux qui ont un téléphone", sans imaginer une seule seconde qu’ils auraient pu un jour être à leur place.
    Ben oui… il n’y a pas de jeunes-sans-diplômes-avec-un-passé-chelou-issus-des-quartiers-difficiles qui travaillent dans les centres d’appels, il y a un surtout certain nombre de jeunes diplômés (des quartiers difficiles ou pas) qui n’ont pas droit au RMI (pour sortir de la fac à 25 ans, il faut avoir fait durer le plaisir), ou d’épouses de chômeurs qui se remettent à travailler le temps que leur conjoint retrouve une situation moins inconfortable, ou de personnes qualifiées moins jeunes qui s’abaissent à travailler pour le "Grand Satan" (càd les centres d’appels et leurs clients, de grosses sociétés en général) faute de pouvoir se contenter des minima sociaux pour payer un loyer et le reste.
    On pourrait faire un parallèle avec la société civile du temps des colonies : les gens ordinaires ne prenaient pas directement part au trafic d’esclaves, mais cela ne les empêchait pas de traiter les africains en inférieurs, ce qui servait le système et accessoirement légitimait les intérêts des négriers.

    En plus, m’est avis que ceux qui se permettent de manquer de respect à un téléopérateur d’une société privée ne disent pas un mot plus haut que l’autre avec la téléopératrice de la Sécu, des Assedic ou de la CAF qui risquerait de reléguer votre dossier aux oubliettes dans un élan vengeur, ou seraient bien en peine de le faire en face à face avec le représentant en aspirateurs qui glisse son pied dans l’entrebaillement de la porte.

    L’attitude du prospect exemplaire ? Rester poli, écouter entièrement la première phrase ("je vous appelle pour vous faire bénéficier de …"), répondre que l’on n’est pas intéressé, soit parce qu’on a déjà un téléphone mobile, une Freebox, une cuisine intégrée, un placement défiscalisé ou une encyclopédie, ce qui évitera d’autres questions, ne pas trop s’écarter du sujet, et surtout pas de question en lien avec le centre d’appels, les conditions de travail ou autre, sous peine que le téléacteur subisse les représailles sanglantes du garde-chiourme de service, qui écoute la conversation avec son casque magique, "bonne journée, au revoir". Point. Durée : 2 mn, càd la même durée que si vous aviez commencé par vous énerver en vociférant (c’est vérifié, les compteurs sont formels).
    Petit détail par rapport à l’expérience de Monolecte : lorsqu’il s’agit d’une enquête, ne pas faire perdre de temps au téléenquêteur en le laissant poser des questions si on sait d’emblée qu’on ne répondra pas, en revanche s’il s’agit de vente ou de prise de RV, le fait que le prospect écoute l’objet de l’appel (1ère phrase), même s’il finit par dire qu’il n’est pas intéressé, permet à l’opérateur de classer l’appel parmi les "appels argumentés", alors que sinon, non seulement il vous aura consacré du temps en pure perte, et déséquilibré la moyenne de contacts horaire exigée sous peine de licenciement immédiat (c’est illégal mais on sait qu’ils n’iront jamais aux prud’hommes), mais en plus il y a toutes les chances qu’il laisse votre nom parmi les prospects non traités qui seront recontactés dans les quelques jours, pas de sa propre initiative perfide, bien sûr, mais pour respecter les consignes de bonne exploitation du fichier.

    Répondre
  23. Doomu Rewmi
    Doomu Rewmi dit :

    Agnes a touché un point sensible.

    Regardez donc toute notre joyeuse bande qu’on pourrait croire unie autour des memes grands principes d’humanisme, de progrès social et tout ça qui se polarise tout de suite en deux camps bien distincts.

    J’ai l’impression qu’il y a ici ceux qui pensent que le droit de l’individu (ma vie privé, mon droit du consomatteur .. et mets moi en encore une louche) est sacré et ceux qui insistent que la responsabilité de l’individu est engagée et qu’il ne faut pas jouer dans le système de repression.

    Pour moi, les deux points de vues pourront se déféndre chacun à l’infini puisque chacun argumente dans un registre différent. Au final il ne s’agot peut etre pas de juger son droit mais de faire un choix.

    La mienne d’argumentation a n’en plus finir :

    -L’entrepsie qui produit la marchandise investit dans la com. pour mieux nous vendre.

    – Elle sous traite la com a une boite de com pour que cela lui revienne moins cher et qu’elle reste compétitive.

    – Cette boite de com pour arriver à le faire dans les prix maltraite ses employés. Et puis elle les envoie nous faire chier parce que d’une part parfois ça marche et que d’autre part quand ça ne marche c’est l’employée qui se fait engueuler.

    – Le but de tout cela c’est de nous faire acheter et ce produit plutot qu’un autre.

    L’atitude qu’on aura devant le (la) pauvre télémarketeur(se) ne changera rien à tout ceci, cela ne changera que la tonalité d’une conversation de quelque seconde entre nous deux. Chacun décidera selon son humeur et son humanité (hé hé).

    Mais pour arretez tout cela je crois qu’on pourrait :

    a) Essayer d’acheter moins sous l’influence de la pub et de la com.

    b) Autant que possible exiger la qualité sociale dans la marchandise qu’on achete. Parfois c’est possible de savoir.

    c) on peut engueler le patron de la boite de com ou, mieux, de la boite qui produit la marchandise, quand on a été dérangé.

    Tout ceci est notre responsabilité. Si on ne l’assume pas est ce qu’on peut vraiment prétendre à notre droit qu’on nous foute la paix ?

    Répondre
  24. Swâmi Petaramesh
    Swâmi Petaramesh dit :

    @Tyrnimarja : …à la lecture des différents commentaires, on a vraiment l’impression que ceux qui jugent "normal" d’envoyer paître les télémarketeurs se croient de toute évidence issus d’une plus noble lignée, comme si les téléopérateurs constituaient une sous-race de mécréants voués à l’impitoyable mais légitime djihad…

    On ne sent pas du tout comme une légère exagération empreinte de manichéisme, là… Des souris se transforment en montagnes… Ah oui : on est sur Internet !

    Attention, le point Godwin ne devrait plus être bien loin, normalement…

    Répondre
  25. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Pour le coup, je dirais que c’est toi qui est tenté d’agiter le point Godwin pour tenter de mettre fin débat.

    Je suis la première surprise de voir le nombre de personne qui tente de légitimer le mépris envers les salariés les plus précaires. Surtout quand on lit certains d’entre vous, comme ton super papier de la politique de la chaise vide. Tu y parles de quoi, sinon du maltraitement des chômeurs, du mépris et de l’indignité avec lesquelles on les traite et le fait que, quelque part, tout comme je l’ai déjà écrit maintes et maintes fois ici, tu sois au chômage ne soustrait rien à tes qualités d’homme, à ton droit le plus élémentaire d’être traité comme un humain parmi les siens. C’est un discours que j’ai toujours tenu. Du coup, je vis mal cette justification incroyable que l’on peut, par ailleurs, mépriser certaines catégories de travailleurs. Que l’on puisse se créer des castes d’intouchables parmi les gueux. Que l’on puisse considérer que certains d’entre nous ont moins de droits que les autres. Moins de respect que les autres. Parce qu’on n’aime pas leur entreprise.
    Donc, allons cracher à la gueule des caissiers de chez Total, mais continuons à parler avec respect avec ses cadres.

    Et puis, quel manque d’empathie, quand même! Je raconte par le menu les conditions de travail terrible des forçats du capitalisme et on me répond que quelque part, ils l’ont bien voulu en prenant ce job, z’avaient ka monter un syndicat.
    Comme s’ils avaient le choix. Comme si, avec mon DEA en poche, j’avais refusé plusieurs postes de cadre pour aller m’éclater à appeler les gens chez eux. Parce que ça me faisait plaisir de faire chier les gens chez eux. Putain, j’étais super ravie de faire vacataire à la SOFRES après 5 ans d’études en tant que boursière! Quand j’étais petite, c’était mon rêve : devenir téléopératrice pour offrir un putain de défouloir aux frustrés de la société de consommation.

    Manière, je ne m’inquiète pas. Au train où vont les choses, les chômistes gauchistes à mi-temps vont y avoir le droit, au STO. Et bien sûr, ce ne sera pas pas pour prendre les boulots glorieux qui font envie aux autres. Peut-être que de vivre les choses dans leur chair leur fera enfin faire le reste du parcours mental nécessaire pour se secouer des barrières psychiques mises en place par ceux qui prétendent nous assujétir totalement à leur seul intérêt, leur seul profit et qui emploient pour ce faire la meilleure et la plus vieille méthode du monde :

    Diviser pour régner!

    Répondre
  26. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Pour le coup, je dirais que c’est toi qui est tenté d’agiter le point Godwin pour tenter de mettre fin débat.

    Je suis la première surprise de voir le nombre de personne qui tente de légitimer le mépris envers les salariés les plus précaires. Surtout quand on lit certains d’entre vous, comme ton super papier de la politique de la chaise vide. Tu y parles de quoi, sinon du maltraitement des chômeurs, du mépris et de l’indignité avec lesquelles on les traite et le fait que, quelque part, tout comme je l’ai déjà écrit maintes et maintes fois ici, tu sois au chômage ne soustrait rien à tes qualités d’homme, à ton droit le plus élémentaire d’être traité comme un humain parmi les siens. C’est un discours que j’ai toujours tenu. Du coup, je vis mal cette justification incroyable que l’on peut, par ailleurs, mépriser certaines catégories de travailleurs. Que l’on puisse se créer des castes d’intouchables parmi les gueux. Que l’on puisse considérer que certains d’entre nous ont moins de droits que les autres. Moins de respect que les autres. Parce qu’on n’aime pas leur entreprise.
    Donc, allons cracher à la gueule des caissiers de chez Total, mais continuons à parler avec respect avec ses cadres.

    Et puis, quel manque d’empathie, quand même! Je raconte par le menu les conditions de travail terrible des forçats du capitalisme et on me répond que quelque part, ils l’ont bien voulu en prenant ce job, z’avaient ka monter un syndicat.
    Comme s’ils avaient le choix. Comme si, avec mon DEA en poche, j’avais refusé plusieurs postes de cadre pour aller m’éclater à appeler les gens chez eux. Parce que ça me faisait plaisir de faire chier les gens chez eux. Putain, j’étais super ravie de faire vacataire à la SOFRES après 5 ans d’études en tant que boursière! Quand j’étais petite, c’était mon rêve : devenir téléopératrice pour offrir un putain de défouloir aux frustrés de la société de consommation.

    Manière, je ne m’inquiète pas. Au train où vont les choses, les chômistes gauchistes à mi-temps vont y avoir le droit, au STO. Et bien sûr, ce ne sera pas pas pour prendre les boulots glorieux qui font envie aux autres. Peut-être que de vivre les choses dans leur chair leur fera enfin faire le reste du parcours mental nécessaire pour se secouer des barrières psychiques mises en place par ceux qui prétendent nous assujétir totalement à leur seul intérêt, leur seul profit et qui emploient pour ce faire la meilleure et la plus vieille méthode du monde :

    Diviser pour régner!

    Répondre
  27. Swâmi Petaramesh
    Swâmi Petaramesh dit :

    @Le Monolecte : je dirais que c’est toi qui est tenté d’agiter le point Godwin pour tenter de mettre fin débat.

    Tu penses qu’on ne trouvait pas un tout petit peu d’exagération dans les derniers commentaires, et qu’on peut poursuivre sereinement un débat argumenté face çà une telle exagération ?

    > je vis mal cette justification incroyable que l’on peut, par ailleurs, mépriser certaines catégories de travailleurs. Que l’on puisse se créer des castes d’intouchables parmi les gueux.

    Ouais. Bof. De mon point de vue, l’origine de cet incroyable désaccord qui monte en mayonnaise tout seul, c’est surtout l’amalgame incroyable : "Ne pas accepter de se faire emmerder chez soi par téléphone" = "mépriser certaines catégories de travailleurs".

    De mon point de vue, c’est cette proposition initiale qui est du total n’importe quoi. A partir de là, le débat ne peut que partir en vrille.

    Chacun sait qu’on peut argumenter n’importe quoi à partir de prémisses absurdes, mais ça n’aboutit qu’à l’absurde.

    je n’ai pas l’impression de mépriser qui que ce soit ni aucune "catégorie" de quoi que ce soit (les catégories, d’ailleurs, ça n’existe pas vraiment. Ce n’est qu’un moyen commode de traiter ensemble en les mettant dans le même sac tout un lot d’individus particuliers et de situations particulières).

    Et je n’accepte pas, mais alors pas du tout cet amalgame à la con : Refuser de se laisser emmerder chez soi, c’est "mépriser les travailleurs". Pour moi, c’est de la connerie pur sucre.

    Quand tu es chez toi, dans ton espace privé, tu es libre de déterminer ce qui t’emmerde ou pas. Je n’ai pas installé un téléphone, objet de communication personnel, dans cet espace privé, pour y être emmerdé par les télémarketeurs, ce que je perçois comme une invasion de cet espace privé par la "machine à vendre" contre mon gré et sans mon autorisation (chose que j’ai manifestée en faisant dûment inscrire mon n° de téléphone sur les listes qui, normalement, l’interdisent).

    Ne pas se laisser emmerder n’est pas mépriser qui que ce soit.

    Je suis également le premier à envoyer chier les démarcheurs qui sonnent à ma porte (contrairement à ce que supposait l’un des commentateurs précédents), et pourtant je sais que leur boulot est particulièrement chiant (pour l’avoir fait une paire de semaines quand j’avais 17 ans). Et puis ?

    Encore une fois, le fait que le boulot d’aller emmerder les autres chez eux soit difficile, ne justifie nullement que cela doive être toléré. Sinon, comme disait plus haut un autre commentateur, on va se sentir lié d’amitié profonde avec les CRS, cette catégorie de travailleurs qu’il ne faudrait surtout pas mépriser au motif qu’il font le difficile travail de matraquer leurs concitoyens manifestants – au point d’assister parfois à d’intéressantes batailles rangées, pompiers contre CRS, tous casqués…

    (Personnellement, je préfère les pompiers).

    Répondre
  28. yves
    yves dit :

    Attention, le point Godwin ne devrait plus être bien loin, normalement…

    Après ma référence à Milgram je pensais qu’il arriverait plus vite. C’est la différence entre Usenet et un blog comme celui-ci qui flatte l’intelligence de ses lecteurs.

    Répondre
  29. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Je fais la distinction entre refuser de se faire emmerder chez soi et gerber quelqu’un comme une merdasse.
    La défense de ma sphère privée (et la mienne est particulièrement étanche!) ne passe pas forcément par la grossierté envers autrui.
    En plus, on focalise le débat sur les téléopérateurs, mais j’ai cru comprendre que de gerber un fast-employé ne te gène pas plus que cela : le sacro-saint droit du consommateur!
    Perso, j’y vois aussi des devoirs! Car être un client ne peut en aucun cas t’affranchir d’être un citoyen ou même, simplement, un humain parmi les humains.

    Répondre
  30. Swâmi Petaramesh
    Swâmi Petaramesh dit :

    @Le Monolecte : j’ai cru comprendre que de gerber un fast-employé ne te gène pas plus que cela

    Hébédidon… Qui veut tuer son chien l’accuse de la rage 😀

    Non, figure-toi que je me classe parmi la partie de l’humanité qui sourit le plus aux humbles, employés de McDo, caissères, femmes de ménage, et qui dit bonjour-merci-au-revoir comme ma maman m’a appris, et qui ne méprise personne, si, je te jure. Parce que, entre autres choses, je ne me sens supérieur à personne du fait de son occupation professionnelle.

    Dans la queue à la caisse du Casino du coin, je suis généralement l’un des rares clients qui a le sourire même quand il lui faut attendre.

    Mais je fais aussi partie de ces farfelus qui s’attendent à être également traités avec politesse et correction, et, dans le cas des employés de McDo que tu évoques, avec un minimum de correction / célérité / efficacité professionnelle.

    Et oui, quand un employé (ou un fournisseur, ce qui inclut l’employeur de l’employé) quel qu’il soit, ne se montre pas professionnel, impoli, exagérement inefficace ou je-m’en-foutiste, je ne me gène pas pour faire assavoir haut et fort que je ne trouve cela ni normal, ni justifié, ni tolérable.

    Parce qu’être client dans le monde de la consommation de masse, (en dehors du fait que les employés le matin sont les clients le soir, et réciproquement…), c’est un peu être traité comme une merde par l’ensemble du système de la distribution de masse… Juste une machine à sortir sa Carte Bleue et à fermer sa gueule, bien content de ce qu’on te donne et sourire à la dame.

    Pour moi, me montrer aimable et poli avec l’employé aimable et qui fait correctement son boulot va parfaitement de pair avec mettre le feu (métaphoriquement s’entend) à l’employé imbuvable et qui fait son boulot par-dessous la jambe en te traitant comme "le numéro 638214".

    Maintenant, si tu préfères interpréter ça en gerber un fast-employé ne [me] gène pas plus que cela, c’est toi qui vois…

    Répondre
  31. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Je fais comme toi, Bernard, au détail prêt que si c’est à portée, je jette un oeil sur le numéro qui s’affiche, afin de voir qui c’est.
    Le truc intéressant, c’est que de laisser sonner un téléphone sans répondre a le don de vriller les nerfs de ceux qui subissent la sonnerie. Quand j’ai décidé de ne pas répondre, parce que je fais probablement quelque chose de bien plus intéressant ou important, j’ai parfois le droit à un regard interrogatif de ma naine. C’est là que je vois à quel point le réflexe pavlovien du décroché à sonnerie est particulièrement bien implanté chez nous.
    A ce propos, je me souviens du début d’un film où, justement, pendant tout le générique, on entend un téléphone sonner dans le vide, pendant qu’un long panoramique en plan séquence explore la pièce où est situé ce téléphone que l’on entend sans le voir et sans savoir pourquoi personne ne répond. Je me souviens avoir supplié intérieurement que quelqu’un veuille bien décrocher ce stupide appareil, qu’on en finisse. D’ailleurs, dans le cinéma, le coup du téléphone qui sonne dans le vide fait partie intégrante de la grammaire cinématographique et a pour objectif de plonger le spectateur dans l’angoisse…

    Répondre
  32. Bernard Langlois
    Bernard Langlois dit :

    Intéressante discussion …
    Dont je retiens, en priorité, la position de Fred de L. (qui est aussi la mienne) : ne pas être esclave de la sonnerie du téléphone. Perso, si ça sonne chez moi quand je suis à table, par exemple, je laisse sonner ; et si je fais une t’ite sieste, je décroche …

    Pour le reste : non merci, au revoir, cling !

    Répondre
  33. Bernard Langlois
    Bernard Langlois dit :

    Intéressante discussion …
    Dont je retiens, en priorité, la position de Fred de L. (qui est aussi la mienne) : ne pas être esclave de la sonnerie du téléphone. Perso, si ça sonne chez moi quand je suis à table, par exemple, je laisse sonner ; et si je fais une t’ite sieste, je décroche …

    Pour le reste : non merci, au revoir, cling !

    Répondre
  34. enzo d'aviolo
    enzo d'aviolo dit :

    félicitation pour ton article.
    Je n’ai pas ton empathie pour décripter les souffrances de nos concitoyens, ni une attitude si encourageante envers les exploités du téléphone, mais je me suis toujours astreint à répondre poliment à ces appels. C’est amusant, car je pense toujours à leur condition quand ils appels, tant je n’aimerais pas faire leur boulot…..

    Répondre
  35. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Essayer de faire bien ce que l’on fait me semble le premier niveau de l’estime de soi.

    Encore faut-il que l’on t’en laisse la possibilité. Produire, produire, produire! Quoi? Comment? On s’en fout. L’eesentiel, c’est d’être productif.
    Vu les mentalités de management actuelles, aimer le travail bien fait, s’y appliquer, est purement suicidaire et vous désigne le plus souvent comme boulet à abattre, comme victime de choix pour le harcèlement moral!

    Répondre
  36. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Essayer de faire bien ce que l’on fait me semble le premier niveau de l’estime de soi.

    Encore faut-il que l’on t’en laisse la possibilité. Produire, produire, produire! Quoi? Comment? On s’en fout. L’eesentiel, c’est d’être productif.
    Vu les mentalités de management actuelles, aimer le travail bien fait, s’y appliquer, est purement suicidaire et vous désigne le plus souvent comme boulet à abattre, comme victime de choix pour le harcèlement moral!

    Répondre
  37. laure
    laure dit :

    Quand mon mari prend ce genre d’appel, il répond toujours très poliment, et se donne comme profession proxénète. Ben souvent, alors, c’est lui qui se fait insulter par l’appelant !

    Répondre
  38. laure
    laure dit :

    Quand mon mari prend ce genre d’appel, il répond toujours très poliment, et se donne comme profession proxénète. Ben souvent, alors, c’est lui qui se fait insulter par l’appelant !

    Répondre
  39. ti_cyrano
    ti_cyrano dit :

    Proches de la domesticité, nous sommes conditionnés à répondre lorsque l’on nous sonne, comme nous sommes conditionnés à regarder le JT à 20h00. Nous avons presque oublié que nous étions libres de ne pas le faire et ne pas nous en porter plus mal, mais que le sevrage est difficile.

    Quelques joujoux peuvent nous aider à gérer les priorités : j’aime bien les téléphones permettant une sonnerie différente selon que l’appelant soit ou non référencé dans tel ou tel répertoire. Cela me permet d’apprécier l’urgence et d’arbitrer en fonction de ma flemme et de l’occupation du moment.

    C’est vrai que nous sommes agressés en permanence et que nous aimerions pouvoir souffler un peu, rien qu’un peu, dans la quiétude de notre ashram. Et que pouvoir étriper virtuellement l’importun fâcheux qui viole notre unique sanctuaire procure enfin une compensation si méritée. J’te dis pas que c’est pas injuste mais ça soulage. Et puis fallait pas venir, j’ai rien demandé moi. C’est vrai.

    Savoir que l’importun est lui aussi une victime dont nous augmentons encore le stress et qu’il lui faudra aussi décompresser sur quelqu’un lorsqu’il sera à son tour en situation de le faire (un automobiliste, son conjoint, son gosse ?) ne peut pas nous arrêter. Pas plus que l’inutilité de la chose : nous passerons autant de temps à l’agonir qu’à l’éconduire poliment et rien n’empêchera les inéluctables appels à venir.

    C’est un besoin, c’est contre-productif mais nécessaire à notre hygiène. Comme ces rats de laboratoires à qui l’on infligeait des décharges électriques. Ceux qui étaient séparés somatisaient et développaient des ulcères et autres lésions, ceux qui étaient ensemble pouvaient compenser en s’agressant et s’infligeaient des blessures mais ne somatisaient pas, ou moins.

    Vieux souriceau, je refuse cette vie de rat, et je refuse d’agresser à mon tour mes frêres rongeurs, et même s’ils me font une queue de poisson je ne leur ferai pas un doigt d’honneur. Enfin normalement, du moins j’essaierai. Nous avons nos limites et nous y sommes poussés, pressés.

    Merci Agnès pour tes qualités de coeur. Parfois quand je te lis, je me dis que tout n’est peut-être pas foupoudav, et ça fait du bien.

    Répondre
  40. Yogi
    Yogi dit :

    Supporter n’importe quel agresseur salarié sous prétexte qu’il doit faire ça pour nourrir sa famille me paraît en effet une position délicate.

    Quant aux "j’m’en-foutistes" qui ne montrent aucune considération ni pour leur client, ni pour leur job, c’est bien eux-mêmes qu’ils dévalorisent en premier lieu. Essayer de faire bien ce que l’on fait me semble le premier niveau de l’estime de soi.

    Répondre
  41. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Les cons!
    Pour le coup, tu aurais mieux fait de ne pas répondre et de laisser ta boite vocale récupérer gentiment les questions idiotes afin d’y répondre à tête reposée!
    Désolée pour toi! Même un insulteur de téléphonistes ne mérite pas ça!

    Répondre
  42. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Les cons!
    Pour le coup, tu aurais mieux fait de ne pas répondre et de laisser ta boite vocale récupérer gentiment les questions idiotes afin d’y répondre à tête reposée!
    Désolée pour toi! Même un insulteur de téléphonistes ne mérite pas ça!

    Répondre
  43. Kaa
    Kaa dit :

    Merci pour ces échanges, très enrichissants pour moi. Ca m’a secoué le neurone, j’y ai changé d’avis quelques fois. Swâmi est cependant un chouille trop agressif sur la fin, je trouve. Dommage, car certains de ses arguments m’ont touchée, même si j’ai bossé chez McDo et que je sais à quoi m’en tenir qt aux clients (et aux "managers, bien sûr) qui te demandent d’être sympa et efficace et qui te traitent comme de la merde 6 fois sur 10 (difficile au bout de qq heures de ce traitement de ne pas avoir les boules et de ne pas trainer les pieds). Au final, je retiens des infos riches d’enseignements sur le boulot des télémachins, l’importance d’être polie et je dirais tolérante (je n’en étais pas tant persuadée avant, mais va me falloir du temps pour m’y mettre vraiment) et que tout ça n’empèche pas de secouer les gens qui laissent faire sans se syndiquer. Car si, il y a des syndicalistes -je ne parle pas des orgas, car ici comme ailleurs c’est surtout une question de personne- qui se préoccupent des précaires !
    La plèbe me gonfle souvent, mais on ne changera pas le monde sans elle et parfois, en plus, elle réserve de belles surprises.
    Faich, le monde est complexe et beau !

    Répondre
  44. ti_cyrano
    ti_cyrano dit :

    @ Yogi
    Absolument. Mais il n’est pas nécessaire de le supporter. Il est possible de ne pas répondre ou bien de l’éconduire rapidement et poliment. Ce n’est pas plus long que de l’insulter mais c’est vrai que ça nous prive de notre modeste vengeance.

    Je ne sais pas. Je ne me sens pas capable de trier les gens sur un simple ressenti et de dire qui doit être châtié ou pas. Si je ne suis décidément pas content des prestations, je change de fournisseur (evidemment, cela n’est pas possible avec les administrations). Le cas échéant et si les obligations contractuelles ne sont pas respectées, je peux exercer un recours juridique contre l’entreprise, pas contre l’employé.

    Mais je ne me sens pas tenu d’être le contremaître bénévole du fournisseur ou du prestataire, et de faire la leçon à son employé qu’il n’a pas su motiver. Si le résultat n’est pas satisfaisant, seul l’employeur est responsable : il n’a pas su mettre les moyens nécessaires à la qualité du produit ou du service.

    Je crois qu’il est fondamental de ne pas se tromper ni d’interlocuteur, ni d’adversaire.

    Répondre
  45. ti_cyrano
    ti_cyrano dit :

    @ Yogi
    Absolument. Mais il n’est pas nécessaire de le supporter. Il est possible de ne pas répondre ou bien de l’éconduire rapidement et poliment. Ce n’est pas plus long que de l’insulter mais c’est vrai que ça nous prive de notre modeste vengeance.

    Je ne sais pas. Je ne me sens pas capable de trier les gens sur un simple ressenti et de dire qui doit être châtié ou pas. Si je ne suis décidément pas content des prestations, je change de fournisseur (evidemment, cela n’est pas possible avec les administrations). Le cas échéant et si les obligations contractuelles ne sont pas respectées, je peux exercer un recours juridique contre l’entreprise, pas contre l’employé.

    Mais je ne me sens pas tenu d’être le contremaître bénévole du fournisseur ou du prestataire, et de faire la leçon à son employé qu’il n’a pas su motiver. Si le résultat n’est pas satisfaisant, seul l’employeur est responsable : il n’a pas su mettre les moyens nécessaires à la qualité du produit ou du service.

    Je crois qu’il est fondamental de ne pas se tromper ni d’interlocuteur, ni d’adversaire.

    Répondre
  46. mad
    mad dit :

    Le téléphone, comme la télé, comme Mc Do… personne n’est « obligé » de répondre-regarder-consommer.
    Comme l’ont fait remarquer un certain nombre de contributeurs, il existe une foule de moyens d’échapper au harcèlement, à commencer par un répondeur capable de filtrer les communications
    Je ne suis pas surpris de l’attitude de certains commentateurs. Elle correspond tout à fait à l’état d’esprit majoritaire. JE suis Unique et mérite le respect… TU es con et mérites ton sort… et JE te méprise.

    Quand aux entreprises qui emploient ces méthodes agressives de télémarketing, cherchez bien sur la toile, vous y trouverez leur site et très souvent un espace du style « pour nous contacter ». déversez-y votre bile, injuriez tout à loisir, mais SVP soyez polis avec leurs esclaves … vous pourriez, demain, en être.
    Bravo Agnès et merci

    Répondre
  47. ko
    ko dit :

    D’ac’ sur toute la ligne avec dame Agnès, et avec grande admiration pour son exigence d’humanité (Diffuser du bien autour de soi, pour les autres autant que pour soi).

    Répondre
  48. jcd brucelles
    jcd brucelles dit :

    @ swami :

    "Et je ne bouffe pas sur un plateau sale ou mouillé, parce que ce n’est pas parce que je bouffe au McDo que je suis un chien ou un porc. Et quand la fille me donne un plateau trempé ou plein de ketchup, j’exige qu’elle le nettoie et qu’elle l’essuie. Parce que je suis le client, et que je suis là pour bouffer et que je paie pour ça. Et qu’en l’occurrence, je me fous pas mal de ce qu’elle est payée et de la pénibilité de son boulot. Je me montre poli et souriant, mais j’exige d’être traité poliment et convenablement. Et ce n’est pas parce que son boulot fait chier l’employé que cela justifie en quoi que ce soit que le client en pâtisse ou "doive comprendre"."

    T’as vraiment envie (besoin?) de bouffer au McDo. Le problème ne commence-t-il pas là? Il y ad’autres façons plus civilisées (plus polies ?) de se nourrir.

    Répondre
  49. Médard
    Médard dit :

    << Le truc intéressant, c’est que de laisser sonner un téléphone sans répondre a le don de vriller les nerfs de ceux qui subissent la sonnerie. Quand j’ai décidé de ne pas répondre, parce que je fais probablement quelque chose de bien plus intéressant ou important, j’ai parfois le droit à un regard interrogatif de ma naine. C’est là que je vois à quel point le réflexe pavlovien du décroché à sonnerie est particulièrement bien implanté chez nous >>

    On vous sonne, et vous accourrez (Sacha Guitry ?)

    Point de vue téléphone, ici, c’est :
    1- la messagerie FT automatique après x sonneries (après avoir trouvé comment on réglait le nombre de sonneries ;-))
    2- la présentation du numéro et de l’appelant, avec pour les "anonymes" :
    3- stop secret de FT, qui demande à l’appelant de se présenter, sonne chez toi et demandes si tu veux bien parler à "cuisines en stock" ou "la belle-soeur qu’a numéro masqué" 🙂
    l’ennui c’est que ç’a eu marché et que ça ne marche plus ; il faut appeler un numéro surtaxé (un autre billet en perspective ? ;-)) car le courrier électronique t’envoie une réponse-type
    si tu te dis : font ièch, je me désabonne… tu vois que tu ne peux pas !!

    Répondre
  50. Médard
    Médard dit :

    << Le truc intéressant, c’est que de laisser sonner un téléphone sans répondre a le don de vriller les nerfs de ceux qui subissent la sonnerie. Quand j’ai décidé de ne pas répondre, parce que je fais probablement quelque chose de bien plus intéressant ou important, j’ai parfois le droit à un regard interrogatif de ma naine. C’est là que je vois à quel point le réflexe pavlovien du décroché à sonnerie est particulièrement bien implanté chez nous >>

    On vous sonne, et vous accourrez (Sacha Guitry ?)

    Point de vue téléphone, ici, c’est :
    1- la messagerie FT automatique après x sonneries (après avoir trouvé comment on réglait le nombre de sonneries ;-))
    2- la présentation du numéro et de l’appelant, avec pour les "anonymes" :
    3- stop secret de FT, qui demande à l’appelant de se présenter, sonne chez toi et demandes si tu veux bien parler à "cuisines en stock" ou "la belle-soeur qu’a numéro masqué" 🙂
    l’ennui c’est que ç’a eu marché et que ça ne marche plus ; il faut appeler un numéro surtaxé (un autre billet en perspective ? ;-)) car le courrier électronique t’envoie une réponse-type
    si tu te dis : font ièch, je me désabonne… tu vois que tu ne peux pas !!

    Répondre
  51. Yogi
    Yogi dit :

    Summum de l’incompréhension, ou de la mauvaise foi, atteint par mad qui croit résumer par "JE suis Unique et mérite le respect… TU es con et mérites ton sort… et JE te méprise", là ou il était dit "TOUT LE MONDE mérite le respect, même un prospect qui a demandé à ne pas être sollicité, même un client chez MacDo".

    Répondre
  52. ango
    ango dit :

    Je suis desole mais si qq1 vient me faire chier dans mon espace privee que les gentilles boites de toutes ordres defendues ici indirectement veulent erduire a 0, j’ai le droit de leur faire comprendre, pas besoin d’etre impoli. Mais si des gens le sont je m’en fous carrement. On vient m’emmerder, meme me harceler, alors il n’y a pas a se plaindre.

    Je ne vais pas legitimer cette politique au pretexte d’une solidarite imaginaire avec ses employes. Je ne vois pas en quoi je serai tenu d’interioriser la domination qu’ils doivent interioriser.

    Dernier point des plus importants s’il en est Agnes.

    Répondre
  53. brigetoun
    brigetoun dit :

    et dire dès que la formulation c’est à dire tout de suite, laisse penser qu’il s’agit d’un démarchage "je suis désolée, je vais devoir raccrocher" et le faire, c’est mal ? Parce que je ne veux pas me laisser embringuer dans une discussion.
    Pour l’ensemble de votre billet, je souhaite plus que jamais que vous soyez très lue

    Répondre
  54. glosons
    glosons dit :

    je ne suis pas dans la meme sociéte.ic c’est encore plus pauvre dans l’ensemble.Dans ma génération et celle qui arrive juste aprés la politesse fonctionne encore comme une sorte de code de non-agressivité multi-latérale; du moins je la vis comme ca.L’agressivité, la violence du langage sont surtout le fait des moins de 30 ans, qui par la parole comme par le geste (délinquance) expriment leur rage d’etre piégés dans l’impasse à cause de la panne de l’ascenseur social qui ne marche plus que pour les premiéres classes.On peut pas avoir en meme temps des inégalités monstres et le savoir-vivre .La premiere des politesses c’est la justice sociale.Mais les bonnes maniéres se sont perdus depuis Crésus…

    Répondre
  55. chris
    chris dit :

    je suis partagé sur ce bleme la car je connais suffisament les centres d’appels et les logiciels diaboliques qu’on leur fournit pour savoir qu’a chaque fois que tu accepte de rentrer dans cette comedie ,le logiciel fait du scoring et ca encourage donc le truc en disant aux decideurs et aux gestionnaires ,vous voyez , y sont tres cons ,on vous l’avait promis ,ca fonctionne

    mais d’un autre coté ,suis tres peu violence gratuite , alors je ne peux m’enpecher de rester cool mais comme je peux point m’enpecher de les questionner sur leur matos …en general ,ca panique severe et le superviseur coupe la com ..et la ,ca les derange point d’etre malpoli ,eux

    mais mono est une grande humaniste devant l’eternel ,tant mieux y en faut

    Répondre
  56. Henry Kanaan
    Henry Kanaan dit :

    Je suis en permanence derangé par des coups de telephone d’entreprises qui veulent absolument me vendre leur camelote: cuisine, fenetres…(toujours les memes societes en fait)

    En general la personne qui m appelle prononce mal mon nom, mais il ne me viendrait pas à l idee de l insulter (probablement un centre d appel à l etranger)

    J’attends de connaitre la raison de l appel et je raccroche en prononcant toujours la même phrase : <<je ne suis pas interessé>>

    C’est assez curieux de voir que certains qui interviennent sur ce blog et qui se permettent de donner la lecon parfois, agissent comme les pires des consommateurs aveugles qui croient que leur carte bleue les dispensent d etre des humains.

    Comment peut on exiger de manger sur un plateau propre quand on va manger librement dans un endroit qui est organisé comme une etable: promiscuité des gens qui sont regroupés pour manger, obligation de supporter le bruit de tes voisins de table (si tu choisis de manger sur place) qui mangent salement en ouvrant bien en grand leur grande bouche pour que le bruit de mastication soit plus sonore,

    Si les vaches avaient des cartes bleues, leur mangeoire ressemblerait peut être à un comptoir de fast food

    A partir du moment où tu as choisi de decrocher ton telephone
    est ce que cela va te faire gagner du temps d insulter une personne plutot que de parler pendant 2 secondes pour decliner l offre de service et de raccrocher aussitot?

    Répondre
  57. Henry Kanaan
    Henry Kanaan dit :

    Je suis en permanence derangé par des coups de telephone d’entreprises qui veulent absolument me vendre leur camelote: cuisine, fenetres…(toujours les memes societes en fait)

    En general la personne qui m appelle prononce mal mon nom, mais il ne me viendrait pas à l idee de l insulter (probablement un centre d appel à l etranger)

    J’attends de connaitre la raison de l appel et je raccroche en prononcant toujours la même phrase : <<je ne suis pas interessé>>

    C’est assez curieux de voir que certains qui interviennent sur ce blog et qui se permettent de donner la lecon parfois, agissent comme les pires des consommateurs aveugles qui croient que leur carte bleue les dispensent d etre des humains.

    Comment peut on exiger de manger sur un plateau propre quand on va manger librement dans un endroit qui est organisé comme une etable: promiscuité des gens qui sont regroupés pour manger, obligation de supporter le bruit de tes voisins de table (si tu choisis de manger sur place) qui mangent salement en ouvrant bien en grand leur grande bouche pour que le bruit de mastication soit plus sonore,

    Si les vaches avaient des cartes bleues, leur mangeoire ressemblerait peut être à un comptoir de fast food

    A partir du moment où tu as choisi de decrocher ton telephone
    est ce que cela va te faire gagner du temps d insulter une personne plutot que de parler pendant 2 secondes pour decliner l offre de service et de raccrocher aussitot?

    Répondre
  58. Tobeor
    Tobeor dit :

    Passionnant ce débat !
    Je ne suis jamais autant revenu sur mes choix en 24h00.
    En fait ma ligne de partage est la suivante :

    1/ oui, tout être humain a droit au respect
    2/ non, tout ce que fait un être humain, même si c’est pour gagner sa vie, n’est pas respectable

    Parfois dans ce qui n’est pas respectable (ex: voler de la nourriture) on peut admettre une certaine légitimité (ex: nourrir ses enfants).

    Le problème du télémarketing, c’est qu’il tend à généraliser ce concept de manière insidieuse. L’intrusion dans la vie privée d’un individu en dehors de son consentement n’est pas un délit bien grave ; néanmoins accepter ce type de travail (télémarketing) en connaissance de cause ne me parait pas pour autant légitime.

    Car si désormais on estime que, la sacralisation du travail permet quelques dérogations aux lois en vigueur (cf loi informatique & liberté 1978 CNIL) et que tout cela se fait avec le "sourire" de la victime au téléphone…
    Je crains que la prochaine étape puisse être : "tiens… on a remarqué que quand on appelait tous les jours la même personne pendant un mois pour vendre un abonnement, on a un taux de réussite bien plus important… C’est "limite" comme procédé mais on expliquera que grâce à ça on augmente notre CA et que ça nous permet de créer plus d’emplois dans notre call-center !"
    D’ailleurs d’après certains témoignages que j’ai lu, même si cette pratique de harcèlement ne semble pas généralisée et calculée, ce n’est quand même pas de la science-fiction…

    L’enfer est pavé de bonnes intentions…

    Répondre
  59. piquecul
    piquecul dit :

    Je trouve encore plus dérangeant le fait que le correspondant se présente sous un nom bien franchouillard comme si en plus il nous prenait pour un imbécile. En général, j’attends patiemment qu’il en arrive au but de l’appel et là je lui dis que je ne suis pas intéressé. A ce moment soit il raccroche et c’est tout soit il tente une nouvelle manoeuvre et là je suis beaucoup plus tranchant en lui demandant s’il est sourd et si je parle bien francais. Je reconnais bien volontier avoir menti effrontément en répondant "sapeur pompier j’écoute" ou quelques autres balivernes et ca marche en plus je me marre. J’estime que l’arnaque est surtout dans le fait que si vous ne voulez pas de démarchage par téléphone il faut payer. D’autant que certain call-center n’en tiennent aucun compte.

    Répondre
  60. Demian West
    Demian West dit :

    Agnès dit Monolecte,

    C’est si grave que ça : ce que d’aucuns vous auraient fait ? et je ne dis pas d’aucunes, comme vous l’aurez noté d’arrivée.

    Je suis triste que des hommes aient pu gâcher tant de votre force de vie, pour que vous jugiez si urgent de crier votre rejet entier de cette société. Laquelle ne serait pas ce qu’elle est, si vous n’y étiez pas comme pour ponctuer la politesse ou le crime parfait. :))

    Demian West

    Répondre
  61. Fred
    Fred dit :

    Agnès > Le truc intéressant, c’est que de laisser sonner un téléphone sans répondre a le don de vriller les nerfs de ceux qui subissent la sonnerie. Quand j’ai décidé de ne pas répondre, parce que je fais probablement quelque chose de bien plus intéressant ou important, j’ai parfois le droit à un regard interrogatif de ma naine.

    Solution : quand tu veux bosser tranquille…

    1. Après avoir éteint la sonnerie de ton téléphone, brancher sur la prise téléphonique en parallèle d’un combiné …

    2. un modem supportant l’affichage de l’appelant ("caller ID", in English), qui, combiné avec une appli sur ton PC, pourra au choix afficher une pop-up t’indiquant qui appelle et/ou loggera les appels si tu préfères ne pas être dérangée ou pas à la maison. D’après mes tests, seuls les modems (difficiles à trouver) OvisLink à base de chipset SmartLink remontent correctement le CID en France

    3. une répondeur qui permettra aux appelants motivés de te laisser un msg (si pas motivé, ça ne valait pas la peine de te déranger). Ceux qui te connaissent savent qu’ils peuvent aussi t’envoyer un mail.

    Bref, passer au mode asynchrone pour ne plus être esclave.

    Répondre
  62. Fred
    Fred dit :

    Agnès > Le truc intéressant, c’est que de laisser sonner un téléphone sans répondre a le don de vriller les nerfs de ceux qui subissent la sonnerie. Quand j’ai décidé de ne pas répondre, parce que je fais probablement quelque chose de bien plus intéressant ou important, j’ai parfois le droit à un regard interrogatif de ma naine.

    Solution : quand tu veux bosser tranquille…

    1. Après avoir éteint la sonnerie de ton téléphone, brancher sur la prise téléphonique en parallèle d’un combiné …

    2. un modem supportant l’affichage de l’appelant ("caller ID", in English), qui, combiné avec une appli sur ton PC, pourra au choix afficher une pop-up t’indiquant qui appelle et/ou loggera les appels si tu préfères ne pas être dérangée ou pas à la maison. D’après mes tests, seuls les modems (difficiles à trouver) OvisLink à base de chipset SmartLink remontent correctement le CID en France

    3. une répondeur qui permettra aux appelants motivés de te laisser un msg (si pas motivé, ça ne valait pas la peine de te déranger). Ceux qui te connaissent savent qu’ils peuvent aussi t’envoyer un mail.

    Bref, passer au mode asynchrone pour ne plus être esclave.

    Répondre
  63. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Je contrôle!
    Déjà, tous mes combinés peuvent afficher le numéro de l’appelant (et donc le non-numéro, ce qui sent son démarcheur, en général). Les numéros qui sont dans le répertoire du téléphone affichent directement le nom : tu vois si tu réponds ou pas.

    Mes combinés ont aussi une sonnerie différente selon la catégorie de l’appelant : une sonnerie pour ceux qui ne sont pas dans le répertoire, et ensuite, une sonnerie selon le groupe du répertoire : potes, famille, boulot. Donc, selon l’heure et l’activité, je sais à l’oreille si ça vaut le coup de me déplacer pour zyeuter le numéro de l’appelant, et ensuite décrocher.

    Répondre
  64. blop
    blop dit :

    Hier j’ai ete poli.
    Pourtant on essaye de me refourguer un abonnement a l’Express !
    Mais l’oeil d’Agnes etait dans la tombe et me regardait…
    🙂

    Répondre
  65. samuel
    samuel dit :

    @petramesh

    je trouve que l’équation engueulade = mépris est un peu rapidement évacuée.

    Autant dans le cadre d’une relation continue/amicale/etc. l’engueulade pour plein de raisons peut se comprendre, autant engueuler quelqu’un que l’on ne connait pas – c’est à dire pour qui on ne pourra pas assurer le "service après-vente" qui consiste à renouveler la confiance, aider à passer une épreuve, dicsuter des problèmes, etc. – est une preuve de mépris de l’autre et de ses difficultés pour moi.

    Répondre
  66. Krysztof von Murphy
    Krysztof von Murphy dit :

    Je voudrais ajouter une chose : si on veut réduire un tant soit peu les agressions téléphoniques, la seule réponse à notre portée est économique : faire en sorte que le système ne fonctionne pas. Cela veut dire faire durer les conversations au maximum si on en a le temps (j’aime bien renverser les rôles et me mettre moi-même à poser des questions ou verser dans le surréalisme). Cela veut dire aussi faire savoir de vive voix et autrement aux entreprises concernées qu’elles ont perdu un client potentiel pour cause de harcèlement téléphonique.

    Les seules autres réponses efficaces sont d’ordre législatif (interdiction), ou violemment illégales si on réussissait à mettre la main sur les commanditaires – qu’en fait, nous connaissons souvent : pourquoi pas des campagnes de harcèlement…pardon, information, des bureaux de tel ou tel cuisiniste ou vendeur de fenêtre ?

    Répondre
  67. borneo
    borneo dit :

    Trés juste et trés humaine réflection.

    Pour ce qui est de limiter le "phoning",
    je tiens a peu prés ce langage à mon interlocuteur:

    oui, bonjour,

    ecoutez, je suis désolé
    Je vous précise que nous nous sommes fait une régle de ne jamais répondre à cette forme d’information commerciale afin de ne pas déclencher de nouveaus appels.

    Mais puisque vous avez bien voulu me contacter, pouvez vous me donner l’adresse et les coordonnées de votre société pour que je puisse légalement les prier de me rayer de vos fichiers.

    Le correspondant raccroche trés vite, sans jamais d’ailleurs nous communiquer les informations que je viens de lui demander

    La stratégie est payante nous avons désormais beaucoup
    moins d’un appel par semaine .

    Pour être a armes égales, le scénario est affiché au côté du téléphone de sorte que personne dans la maison ne se sente pris au dépourvu devant un correspondant trop performant

    Répondre
  68. Bob
    Bob dit :

    Moi, c’est clair, j’ai choisi – car tout est question de choix comme le rappelle quelqu’un plus haut – d’emmerder les gens chez eux. Je le fais par pure perversion et pour améliorer ma misanthropie.

    Trois catégories me plaisent en particulier:

    – ceux qui, très sûrs de leur droit imprescriptible à la protection de tout ce qui fait leur être profond (sphère privée, personnalité, etc.), récitent des articles de loi, des règlements, profèrent des menaces juridiques;

    – ceux qui pensent qu’ils sont inclassables, strictement singuliers, qu’aucune réponse toute faite ne correspondra jamais à leur véritable opinion qu’ils se sont forgée lentement et sûrement sur tous sujets avec les meilleures références (ils sont plus nombreux qu’ils croient);

    – ceux qui, paternalistes, souhaitent vous apprendre quelque chose sur le monde social en vous citant tel étude de Garigou ou tel article du Monde diplomatique sur les sondages et les mésusages de ceux-ci. J’attends de pied ferme celui qui me citera les pages 466ss. de La Distinction, sachant cependant que les individualistes de gauche citent beaucoup Bourdieu mais le lisent peu.

    Bref, n’ayant pas de DEA – excusez-moi – je ne me plains pas de faire ce travail bien ajusté à ma tajectoire scolaire, mais j’en profite pour me faire un TD de sociologie in vivo.

    Une question: qui parmi les 68 commentateurs aux nobles sentiments ci-dessus n’a jamais travaillé pour une entreprise utilisant des sondages d’opinion?

    Répondre
  69. avanaé
    avanaé dit :

    Agnès Maillard a écrit :"
    Et puis, quel manque d’empathie, quand même"
    Voilà bien de quoi il s’agit .
    Car notre société , n’est pas avancée du tout . Elle manque d’humanitude .(Ce terme est d’Albert Jacquart)
    J’aime beaucoup le sens de ce billet .
    Oui , on peut faire preuve d’empathie, envers ceux qui rament au tél. , même si on n’a jamais fait ce travail, même si ça nous ennuie chez nous, on peut transformer et soi et une mn du temps d’autrui , en évitant de le jeter , mais sans rien lui acheter ni confier de renseignements , non plus . 🙂
    Ce n’est pas si compliqué, c’est un cheminement et un choix ,je suppose .

    Répondre
  70. El Niño
    El Niño dit :

    Juste pour dire que je rejoint les propos d’Agnès, et que les premiers à défendre leurs précarés de "consommateur" et de "je suis client tu me sert bien" sont bien souvent ceux et celles qui n’ont pas été dans la merde, ou qui font leur bon devoir de moutons tous les 5 ans

    Et pourtant je déteste les démarchages… Juste que je remet les points sur les i de temps en temps ("non merci", c’est plus long que "vous me faites chier" ?).

    Quand aux syndicats, à part 2 ou 3, ils défendent leur précaré est sont dans la cogestion capitaliste. Donc pas grand chose à attendre de ce côté.
    Bref…

    Peut-être qu’il faudrait aussi que j’insulte et que je renvoie bouler les SDF qui "agressent ma sphère individuel" ? Finalement, ils n’ont rien à me vendre et y’en a vraiment de plus en plus, ils gachent le paysage… Bah non, je m’arrête et je tape la parlotte, voir je les conseille si je peux (droit du logement, 115, samu social,…).

    Pour le tel, je ne réponds que quand j’ai envie.
    Au Mac Do, j’y vais pas. Je m’achette que du frais et du bio (non je ne gagne pas des masse, juste un peu plus que le smic. Moins qu’un prof ou que certains ouvriers). Vous verrez, c’est moins stressant. Même le marché le dimanceh matin, non bio, c’est plus sympas (même si il y a aussi des exploiteurs/exploités)

    Voilà des réponses simples.

    Et puis "merci", "au revoir", c’est pas bien compliqué.

    Quand je vois certains commentaires, je me dis qu’on est vraiment mal barré quand même..

    Je ne souhaite pas à ces personnes de vivre la même chose qu’ils font aux travailleurs exploités ET isolés.

    Ni Dieu, ni maitre !

    Répondre
  71. El Niño
    El Niño dit :

    Juste pour dire que je rejoint les propos d’Agnès, et que les premiers à défendre leurs précarés de "consommateur" et de "je suis client tu me sert bien" sont bien souvent ceux et celles qui n’ont pas été dans la merde, ou qui font leur bon devoir de moutons tous les 5 ans

    Et pourtant je déteste les démarchages… Juste que je remet les points sur les i de temps en temps ("non merci", c’est plus long que "vous me faites chier" ?).

    Quand aux syndicats, à part 2 ou 3, ils défendent leur précaré est sont dans la cogestion capitaliste. Donc pas grand chose à attendre de ce côté.
    Bref…

    Peut-être qu’il faudrait aussi que j’insulte et que je renvoie bouler les SDF qui "agressent ma sphère individuel" ? Finalement, ils n’ont rien à me vendre et y’en a vraiment de plus en plus, ils gachent le paysage… Bah non, je m’arrête et je tape la parlotte, voir je les conseille si je peux (droit du logement, 115, samu social,…).

    Pour le tel, je ne réponds que quand j’ai envie.
    Au Mac Do, j’y vais pas. Je m’achette que du frais et du bio (non je ne gagne pas des masse, juste un peu plus que le smic. Moins qu’un prof ou que certains ouvriers). Vous verrez, c’est moins stressant. Même le marché le dimanceh matin, non bio, c’est plus sympas (même si il y a aussi des exploiteurs/exploités)

    Voilà des réponses simples.

    Et puis "merci", "au revoir", c’est pas bien compliqué.

    Quand je vois certains commentaires, je me dis qu’on est vraiment mal barré quand même..

    Je ne souhaite pas à ces personnes de vivre la même chose qu’ils font aux travailleurs exploités ET isolés.

    Ni Dieu, ni maitre !

    Répondre
  72. lesyeux
    lesyeux dit :

    "ni dieu ni maitre…." est une injonction anarchiste je vous le rappelle, et l’anarchie refuse la politesse comme contrainte

    tous ces com démontrent une chose : ça emmerde beaucoup de monde de devoir être poli, alors qu’on a rien trouvé de mieux pour pouvoir supporter l’autre….et de vivre ensemble

    quant au télpéhone : ben alors là ! je m dmeande bien pq tout lemonde subit cette chose assez montrueuse : on peut de faire mettre sur liste rouge ou orange, débrancher, ne pas répondre
    quan d jen’ai pas envie, simplement pas envie de parler, je ne réponds pas, je laisse sonner
    en revanche si je décroche (j e n’ai pas de présentation de numéro parce que je sus contre les mouchards sous toutes leurs formes) je m’engage envers moi-même à être polie avec mon interlocuteur

     mais s i lui est impoli je préviens que je raccroche et je raccroche 

    voilà

    Répondre
  73. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Merci, Pax, pour ton sens aigu du slapping bien souple du poignet. Pour ta gouverne, je n’ai pas bossé dans le télémarketing, mais dans un institut de sondages leader sur le marché français, genre vieille dame respectable. Donc, je ne vendais rien. J’appelais surtout des clients des sociétés clientes pour des enquêtes de satisfaction ou des péquins pour des sondages politiques, ceux que les gens aiment tant retrouver dans leurs journaux. Le télémarketing, j’ai fait ça une fois, très jeune et sans savoir de quoi il en retournait. J’ai tenu 15 jours et j’ai claqué la porte.

    J’ai aussi nettoyé les chiottes d’un fast food et c’est bien l’endroit où l’on mesure le mieux le type de respect auquel on peut s’attendre de la part des clients.

    Sinon, bien le bonjour au Québec que je rêve de visiter un jour!

    Répondre
  74. Pax
    Pax dit :

    Mettre dans le même panier un employé de restauration rapide et un employé de télémarketing, faut le faire!

    Le gars qui me sert au WacDo, il me rend un SERVICE. Il fait partie de la solution au problème "la société doit être efficace, faut bien manger!", il fait sa petite part pour qu’on aie tous le luxe de pouvoir être servi rapidement au fast-food.

    Alors j’ai nettement avantage à être courtois avec lui, ainsi il gardera ce boulot minable un peu plus longtemps, et avec moins de rotation d’employés au WacDo signifie des frais de gestion de personnels réduits pour WacDo, donc des burgers un peu moins chers pour tout le monde. Et des employés un peu plus expérimentés, donc en théorie un service légèrement meilleur.

    Et en plus, si je collabore bien et rapidement avec l’employé du WacDo, j’aide tous les autres clients derrière moi à obtenir un meilleur service, et donc d’une certaine manière je m’aide ainsi moi-même à recevoir un meilleur service à l’avenir.

    Le gars du télémarketing, il me fait juste ben chier. Il fait pas partie de la solution à un problème, il est L’OUTIL DU PROBLÈME, il fait juste sa petite part pour me faire GASPILLER INUTILEMENT mon temps.

    Ce gars là aurait bien pu aller travailler au WacDo, mais il voulait avoir une couple de $$ de l’heure de plus, alors il a pris ce job d’emmerdeur professionnel.

    J’ai avantage à être le plus chiant possible avec lui, comme ça il va vouloir décrisser de ce job de cul le plus vite possible, et une grosse rotation d’employés dans ce domaine force les salopes de compagnies de télémarketing à avoir plus de frais de gestion de personnel, décourageant un peu plus la profitabilité de ce domaine.

    En plus, en étant le moins collaborateur possible avec l’employé de télémarketing (quand j’ai du temps à perdre), j’aide tous les autres gens à recevoir le moins d’appels possibles par heure de travail de cet employé, et donc d’une certaine manière je m’aide moi-même à recevoir moins fréquemment ce genre de "service" indésirable à l’avenir.

    Alors en tant que personne qui a eu une mauvaise passe "super pauvre" financière pendant plusieurs mois, et qui a refusé 3 jobs de télémarketing pour aller travailler dans une cuisine de resto à un salaire nettement inférieur, je dis au posteur original:

    "Oui, t’étais rien qu’un emmerdeur, alors assumes-toi donc, et ne viens pas te plaindre de récolter le résultat SAIN ET NORMAL de ce que tu as choisi de semer, "comme si’ t’étais une sorte de pauvre victime", ce que tu n’étais pas.

    Tu faisais "partie" du problème, pas de la solution.

    Heureux de savoir que t’es plus dans ce domaine, mais j’emmerde ton attitude de fausse victime. T’es le PREMIER à manquer de respect envers tout un tas de monde, viens pas te plaindre. Tu veux du respect et de la politesse? Ok, ben correct, mais que tes actions correspondent au moins à ton discours. Parce que là, ton histoire franchement c’est rien que du 2 poids, 2 mesures.

    Bonne chance!

    Répondre
  75. chris
    chris dit :

    Marrant de voir ce vieux sujet ressortir …dire que je n’y avais même pas participé ! trop à dire d’une part – c’est comme pour les prisons ou les guerres ,c’est pas possible d’en discuter avec des gens qui ont pas fait …zont qu’a y aller et déja revenir vivant, après on verra.

    Dans la vraie vie , je commercialise du microcasque et du CRM qui va avec …les outils du téléopérateur, je suis marchand d’armes quoi ..

    Just une reflexion ….dans les call , on trouve beaucoup d’handicapés , c’est souvent le seul mêtier qui les embauche…alors messieur soyez bien désagreables avec les aveugles qui tapent sur le petit clavier en braille….je pourrais vous décrire leur sourire qui en dit souvent si long sur l’humanité.

    Je pourrais vous parler de tant de choses, vous décrire un centre d’appel en Tunisie ou en Afrique aussi, mais à quoi bon puisque il y a celui qui est la solution et celui qui est le probléme.

    AH si ,moi même j’appelle des gens avec un casque sur la tête, des acheteurs aux 35 heures qui se plaignent que je les harcellent ….moi je pense qui devraient se réjouir ; c’est rien deux minutes de telephone ….pourrait se retrouver un jour prochain avec un flingue sur la tronche lorsqu’ on entrera en liberalisme vraiment sauvage…

    Répondre
  76. fidou
    fidou dit :

    jai mon pc Acer Power F5 Pentium 4
    Intel pentium 4, 3 GHz, 512 MB, 80 GB, Type: PC, Configuration: Preconfiguré, Format du boitier: Tour, Processeur: Intel Pentium 4, Vitesse du processeur: 3.0 GHz, Mémoire interne (RAM): 512 Mo, Capacité du disque dur: 80.0 Go mé jé pa pus le formaté dé ke je met le cd de formatage il nya rien jé tou fé mé ya rien ils mon dit kil la un code ya kelk1 ki peu maider pour ca merci

    Répondre
  77. Simon
    Simon dit :

    Je viens de tomber sur ce sujet, et ya franchement des commentaires assez gerbant dans le lot, Vous croyez quoi? Que la très grande majorité des téléactrice et téléacteurs le font par pur plaisir? Et surtout par pur désir de faire chier le monde?
    C’est bien connu, ce genre de personnes sont de la pire espèce!
    Vous ne vous êtes jamais dit que s’ils le font c’est qu’ils n’ont rien d’autre?
    Vous pensez que le travail tombe du ciel? Et que quand on est rmiste ou chomeur depuis 1 an on peut se permettre de refuser un poste de merde?

    Mais vous vivez dans quel monde?

    Il y a des boulots ingrats et mal payés et il en existera toujours, alors oui, recevoir des appels pour nous refourguer une super promo sur des culs de poulet surgelés, c’est pénible, mais merde quoi, les gars qui appellent N’ONT PAS FORCEMENT LE CHOIX.
    Le temps du "ce boulot me fait chier, je me barre, demain je ferait autre chose" c’est terminé!

    Maintenant c’est "ce boulot me fait chier, soit je reste, soit je me retrouve au chômedu pendant plusieurs mois/années"

    Mais bon, vu ce que je viens de lire, c’est peine perdu pour quelques personnes.

    Et le client roi que j’ai lu plus haut, je ne peux lui dire que bravo mon gars, t’es un vainqueur.
    Si tu n’es pas content de Mc do (pour ne citer que cette chaîne de distribution rapide, n’y vas plus! Tu t’évitera bien des peines!
    Et franchement, qu’est ce que j’aimerais qu’un jour tu te retrouve à poil dans la rue, contraint de prendre un job de merde de ce genre.

    Sur ce, bonne soirée.

    Je déterre un peu le topic mais je ne pouvais pas rester de marbre devant cet amas d’absurdité et de méchanceté.

    Simon

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