Les éditions Filaplomb remettent la nouvelle au goût du jour, vous savez, ces petits textes courts, concis, ces petits diamants de littérature que l’on pouvait débusquer dans les revues littéraires.

Les petits livres qu'on emporte pour qu'ils vous emportent

L’idée est de pouvoir glisser ces petits livres dans la poche ou dans le sac à main et de les déguster lors d’une translation en transports en commun. Sauf que tout le monde n’a pas de métro, ni même un tortillard ou un minibus à porté de jambes. S’il me venait à l’esprit de lire en me déplaçant, nulle doute que j’enverrais directement ma peau, ma brouette à moteur et cette brillante littérature dans le décor à défaut d’un monde meilleur!

Cabinet littéraire

Heureusement, vivre en ploucland procure d’indéniables privilèges comme celui de pouvoir disposer de son trône personnel!
Et oui, rats des villes, couinez abondamment : alors que vous devez le plus souvent délester ce qui reste de vos nourritures terrestres pratiquement au coude à coude avec votre chère moitié qui se brosse les dents, j’ai à mon entière disposition une petite salle de douche avec toilettes attenantes. Voilà donc un endroit où l’on voyage assis, un espace de liberté où vagabonde la pensée, mon petit cabinet littéraire où je ne crains pas que ma lecture soit interrompue par le tambourinage intempestif d’un membre de ma famille subitement au bord de la rupture de digue.

J’ai ce luxe inouïe de mon propre cabinet d’aisance qu’un porte-revues en bois a rapidement métamorphosé en cabinet de subversion. Un article du Tigre, un autre du Plan B ou une bonne petite nouvelle de chez Fil, plus fraîche qu’un jet de senteurs moisies de synthèse pour toilettes qui fouettent, voilà le format idéal pour que ce temps hors de la frénésie quotidienne me nourrisse l’esprit à l’heure où je soulage le corps.

Certains, les fâcheux qui ne comprennent rien aux joies de la solitude proprement aménagée, diront que je me laisse aller une fois de plus à mes penchants scatologiques, alors que je ne fais jamais que de transcender les quelques instants que je concède à la dictature biologique. Car quel meilleur endroit pour s’évader que celui où l’on est assurément seul avec soi-même? Quel meilleur moment pour s’élever que celui où l’on est enfermé loin du brouhaha de monde et de la vie quotidienne pour de longues minutes de méditation profonde? Quelle meilleure situation que cet arrêt à durée indéterminée pour se laisser aller à des transports littéraires peu communs?