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10 août 2016

GolfechElles apparaissent un peu brutalement au détour d’un virage, sur la route des vacances. Elles sont toujours quelque peu incongrues dans le paysage, comme deux mugs de café fumant que deux géants auraient oublié lors d’un piquenique au bord de la rivière.

Des fois, je me demande ce qu’en penserait un archéologue du futur, à 2 ou 300 000 ans d’ici, quand même le souvenir de notre civilisation aura disparu, peut-être même celui de notre espèce. Une sorte de temple ouvert vers le ciel, comme une offrande…

Cela m’avait fait la même impression de gigantisme à la fois futuriste et banal, sur la route de la Drôme, l’année dernière, le long du couloir du Rhône, le couloir des centrales nucléaires.

Loin des yeux, loin du cœur. J’allume mon ordinateur, je fais chauffer l’eau de mon thé, je jouis de ma douche chaude en oubliant régulièrement d’où tous ces bienfaits viennent en réalité. De bols géants fumants à l’air parfaitement inoffensif, mais qu’on préfère systématiquement dans le jardin du voisin, pourvu qu’il soit un très lointain voisin.

En passant au large de la centrale, on a l’impression qu’elle est en train de tricoter de petits panaches vaporeux qui vont nourrir la chape de nuages qui protègerait la contrée des ardeurs du soleil estival.

Derrière chaque centrale, il y a des rêves de logements abondants et médiocres dont les grille-pains préconisés à grands frais comme solution de chauffage propre et économique ne chauffent en réalité que les nuages, des cages à lapins tellement pourries qu’on entend quand le voisin du troisième se gratte l’oreille ou que celui du rez-de-chaussée tire sa chasse.

Après, on peut manifester autant qu’on veut : on a créé le besoin qui a créé le problème.

Loin de là, mais pas loin de chez moi, des gens se sont mis à penser que la meilleure façon de ne plus voir de centrales nucléaires sur la route des vacances ou celle du quotidien, c’était encore de ne pas avoir besoin de l’électricité qu’elles produisent. Alors, ils se sont mis à imaginer de nouvelles façons d’habiter, de nouvelles façons de construire ou de réhabiliter des logements à énergie positive où c’est le printemps toute l’année.

Mais ça, c’est une autre histoire que j’espère bien vous raconter à la rentrée sur Basta!

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18 Commentaires

  1. En Allemagne, au Danemark ou au Japon post-Fukushima, c’est du charbon et du gaz.

    Miam les poumons, la facture énergétique et le réchauffement climatique.

    There is no free lunch.

    Réponse
    • « La sortie de l’Allemagne du nucléaire l’a incité à développer une production d’électricité à partir du charbon, ce qui en fait une économie plus polluante qu’avant. Faux, répond Vincent Boulanger. Si l’arrêt des premiers réacteurs a fait perdre 43,3 térawattheures (TWh) de production électrique, le développement des énergies renouvelables en a fait gagner 47,6. La montée en puissance du charbon n’a été que ponctuelle et s’explique par des considérations conjoncturelles, exposées dans le livre. »

      http://www.alterecoplus.fr/en-direct-de-la-recherche/comment-lallemagne-arrive-a-sortir-du-nucleaire-201512021235-00002634.html

      Quant au nucléaire AREVA francais des nucléocrates ca tourne à la cata économique que le contribuable va devoir éponger avec ses impôts, en espérant pas pire avec un Kukushima franchouille.

      Réponse
  2. Donc ici, on a de l’uranium et on n’a pas des idées… et on a bon ainsi ?
    L’article souligne l’idée que : « on a créé le besoin qui a créé le problème » et parle de gens qui veulent débrancher leur pompe à consommer l’énergie artificielle. Car il y a des dons gratuits, tel l’air et l’eau, donc le vent et la chute d’eau. Ils sont indispensables. Mais l’économie a crée l’idée : tout se gagne par l’effort, seul est précieux le bénéfice intéressé.
    Alors bon vent à votre cher appétit d’énergie, en attendant la catastrophe.

    Réponse
  3. on a créé le besoin qui a créé le problème

    C’est le « on » qui est l’important en réalité.
    Faire de l’ensemble des individus de cette planète des énergivores totalement irresponsables ne rend pas compte de la réalité de ce qui fonde le pouvoir et qui le perpétue, notamment par la redistribution des ressources entre tous par quelques-uns seulement qui en ont la main mise absolue.

    Réponse
  4. Tant il est vrai que c’est dans les vieilles casseroles qu’on fait la meilleure soupe, « on » préfère ici comme dans l’Hexagone prolonger à grand frais la vie de nos pétaudières plutôt qu’investir dans les énergies renouvelables
    Un fois dépassé un certain stade de bêtise ou de mauvaise foi, mieux vaut en rire qu’en pleurer, c’est du moins ma philosophie. Je ne résiste donc pas au plaisir de partager ce lien – déjà ancien – en droite provenance du brumeux (et fort pluvieux) berceau du surréalisme! 😀
    http://www.lalibre.be/actu/belgique/les-eoliennes-sont-plus-dangereuses-que-les-centrales-nucleaires-51b8fcc5e4b0de6db9ca8a25

    Réponse
  5. À l’autrice,
    Le panache d’une tour aéroréfrigérante est plus assimilable à une fumée qu’à un nuage. Ces panaches sont “propres”, certes, mais ils n’ont pas l’aspect sympathique des cumulus également présents sur la photographie.
    Demandes aux cigognes : Les cumulus, eux, sont de VRAIS nuages 😉 !
    Il y a eu de beaux vols en Aquitaine le 10 août, j’étais avec elles ! Certainement dans ta région (assez voisine) aussi… Mais je ne sais pas si elles auraient l’idée d’éviter Golfech ? Vu qu’après tout ça doit pomper des briques au dessus des tours et que la réglementation aérienne elles s’en foutent pas mal 😉 !

    Réponse
  6. «Alors, ils se sont mis à imaginer de nouvelles façons d’habiter, de nouvelles façons de construire ou de réhabiliter des logements à énergie positive où c’est le printemps toute l’année.»
    Façon de voir, il suffit d’être astucieux ce qui n’a rien de nouveau. Ce qui est nouveau et bien de l’époque ce sont plutôt les mauvaises nouvelles habitudes comme celle consistant à s’équiper de clims.
    Je n’ai pas de clim. C’est franchement inutile en métropole. J’ai du vert autour de ma maison, principalement un figuier et une glycine dont l’ombre fraîche suffit à mon confort en cette saison.

    Réponse
  7. « des cages à lapins tellement pourries qu’on entend quand le voisin du troisième se gratte l’oreille ou que celui du rez-de-chaussée tire sa chasse. »

    de mon point de vue, c’est une remarque à l’emporte-pièce alors même qu’ un article spécial sur le bien-fondé du règlement de copropriété et du règlement sanitaire départemental s’impose.
    et aussi qualifier de pétaudière un ensemble collectif m’amène à penser que les écolos ne sont pas prêts à apporter d’huile de coude.

    sur ce
    une pensée pour les 6 magnifiques réacteurs de Dunkerque.

    Réponse
      • ça me fait une belle jambe.
        ce que j’aurais aimé que vous me disiez c’est : j’habite dans ce genre d’endroit.
        Ma place est auprès du lumpen prolétariat.

        Réponse
        • À la cambrousse, qui est le nouvel espace de relégation du lumpen prolétariat, ce genre de logement est rare. Par contre le taux de logements indignes y est, en moyenne, deux fois plus élevé qu’en métropole.

          Réponse
          • dans les petites villes l’insalubrité est pire qu’à Paris, c’est ça que vous avez dit.
            c’est vrai.
            Mais les gens qui sont sans éducation, qu’ils habitent à Paris ou en Province, c’est pareil.
            et je ne comprends pas comment ils peuvent ne pas scolariser leurs gosses. Je pense que c’est un problème légal…

          • je ne comprends pas comment ils peuvent ne pas scolariser leurs gosses. Je pense que c’est un problème légal…

            La légalité impose le principe d’une scolarité pour les enfants mais n’impose pas comment elle doit être faite, ni où, ni par qui, sauf dans les cas de maltraitance bien sûr.

          • y’a pas de cas de maltraitance dans les petites villes. Du moment que tu as une proprio qui loue à des pauvres et touche l’argent de la CAF, tout va bene.
            si tu penses le contraire, c’est que t’es raciste.
            Tu savez pas ça ?

  8. Ces habitats insalubres et dangereux ont également bercé mon enfance. Ce n’était pas des HLM géants mais des taudis ramassés avec la peinture au plomb sur les murs comme les canalisations d’eau d’où il me reste l’habitude de toujours faire couler le robinet avant d’y boire.

    Ces logements dits sociaux qui ont suivi ne sont en fait que les répliques des taudis qui portaient pourtant dans leurs méandres un peu d’une humanité qui s’est totalement effacée dans l’univers carcéral des nouveaux logements le corbusiens, comme s’est effacé les rues filandreuses de paris, rues devenues des artères où grouper la populace en cas de révolte afin de mieux la contenir, la massacrer.

    Réponse
  9. Il y avait une fée , elle s’appelait électricité .
    Bouleversant les atomes , elle allait nous éclairer .
    Bien sûr , c’était un compte de fée … dure réalité .
    Des marchands l’ont embobiné , l’ont enfumé , ont caché sont soulier .
    Désormais boiteuse , elle se venge , nous enfume , nous embobine .
    Renverser la vapeur ? une belle idée … sur papier .
    Du vent , de l’eau qui coule , le soleil shine , oui ! … mais surtout des tunes .
    Plus de choix , tout est tunes .
    Sans tunes …. broie du noir .
    Même l’ensorcelante bougie a un prix .

    Réponse
    • Errata ratatum .
      Le compte est bon mais c’est de son soulier qu’il s’agit .
      Désolé .

      Réponse

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