La crise délibérée

Pendant que les forces de la contestation sociale pansent leurs plaies dans leurs quartiers d’été, celles de l’argent ne relâchent pas leurs efforts pour nous enfoncer chaque jour un peu plus dans la merde.


PrimeurDeux petites informations de rien qui se télescopent dans l’indifférence paresseuse des fausses vacances : d’un côté, une ville espagnole qui va équiper de cadenas les poubelles des supermarchés, de l’autre une ville de Belgique qui entend forcer les mêmes supermarchés à aider les démunis. Deux villes de notre temps, deux visions de l’action politique diamétralement opposées : l’une qui se couche et accompagne toutes les régressions, l’autre qui se dresse et utilise son pouvoir pour changer les choses, même petitement, même à sa seule échelle locale, l’échelle de l’action politique de la soumission ou du refus.

La mairie indique avoir pris cette décision en collaboration avec les propriétaires de supermarchés, « face au risque pour la santé que peut comporter la consommation d’aliments jetés dans les conteneurs et l’alarme sociale que cela provoque ».

Le plus coûteux pour les collabos du système, c’est encore de parvenir à inventer des explications vaguement convaincantes de leurs petites lâchetés ordinaires. Cadenasser les poubelles, c’est tout sauf une préoccupation de santé publique. Il s’agit de la plus honteuse des soumissions à la logique purement marchande qui préfère laisser crever d’inanition plutôt que d’admettre que 50 % de la nourriture produite à grands frais de pesticides et de maltraitances agricoles ne parvient jamais jusqu’à une bouche humaine. Cadenasser les poubelles, c’est aussi raconter la logique purement génocidaire d’une société où il faut absolument de l’argent pour satisfaire nos besoins les plus élémentaires et où, non seulement, on prive de plus en plus de gens de la possibilité d’acquérir le minimum d’argent indispensable pour juste survivre un jour de plus, mais de surcroît, on fait en sorte que toute manière de survivre en dehors de la marchandise est totalement impossible. Il devient alors absolument impossible de concevoir la réalité et la profondeur de la misère actuelle en ce qu’elle est totalement voulue et assumée par ceux qui la créent et qu’elle est d’autant plus ignoble qu’elle se propage dans des sociétés où le nécessaire comme le superflu est surabondant et majoritairement gaspillé.
Les miséreux ont toujours eu le droit de glaner ce qu’ils ne pouvaient acquérir dans le système marchand. Ils ont toujours eu la possibilité d’occuper les interstices du système, de squatter les biens communs, de satisfaire leurs besoins fondamentaux, même si cela a toujours été de manière précaire et largement insatisfaisante : braconnage dans les campagnes, abris de fortune dans les lieux invisibles, glanage des restes dans les champs, les poubelles, les miettes de la bonne société des inclus. Aujourd’hui, il n’y pratiquement plus d’espace public commun, de terres à squatter, de surplus à glaner. Même la flotte appartient toujours à quelqu’un et fait dorénavant toujours l’objet d’un péage et d’un droit d’accès. Même chier ou dormir n’est plus gratuit : les campagnes sont hérissées de clôtures privatives, les villes s’habillent de mobilier hostile à celui qui cherche juste un peu de repos et même l’accès aux déchets encore consommables de notre société du mépris est devenu pratiquement impossible.

Voilà donc un système où se renchérit chaque jour l’accès aux ressources vitales (eau, nourriture, énergie, abris… etc.), où le travail des gens est toujours plus dévalué, où il y a toujours moins besoin de bras pour faire tourner la machine et il n’est plus possible de survivre en dehors de la matrice.
Où pensez-vous que nous mène réellement cette logique ? Croyez-vous réellement que les gens qui prétendent nous représenter, dans leur grande majorité, œuvrent actuellement à améliorer nos conditions de vie ? Êtes-vous réellement dupes de leurs discours qui nous expliquent que chaque mesure prise sans notre consentement l’est dans une logique de sortie de crise alors que les faits, de plus en plus têtus, nous démontrent précisément le contraire ?

Les gouvernements en place choisissent délibérément la rigueur tout comme ils choisissent délibérément la voie de la paupérisation de masse, et ils le font sous couvert de leur impuissance face aux lois implacables du Marché. Sauf que tout démontre que le Marché ne prend que la place que l’action politique veut bien lui laisser.
Il suffit d’un autre maire, dans une autre ville, pour décider que le supermarché ne sera pas le lieu de la confiscation du droit à vivre de certains, mais celui de la solidarité et de la redistribution, même partielle et encore insuffisante.
Le personnel politique a largement diffusé le récit de son impuissance afin d’en faire une vérité indépassable dont l’objet premier est de dissimuler aux yeux de la foule sa participation active et volontaire à l’entreprise mondiale de déconstruction du social. La récession qui ravage actuellement les classes populaires et menace les classes moyennes des grands pays industrialisés du monde n’est pas la démonstration de l’échec des politiques de rigueur mises en place depuis 2008, mais bien la preuve éclatante que le transfert global des richesses vers une petite part de l’humanité est en train d’entrer dans sa phase efficace.

La grande difficulté des experts politiques et économiques contemporains est bien de construire un discours permettant d’occulter cette réalité afin de convaincre les peuples de la nécessité absolue et inéluctable de poursuivre la refondation actuelle de notre civilisation quand bien même celle-ci repose de manière de plus en plus évidente sur l’éradication malthusienne du gros de leurs effectifs, c’est à dire par une succession de crises alimentaires, sanitaires et environnementales qui devraient fort « naturellement » réguler les populations surnuméraires, entendez par là, celles dont le capitalisme n’a rigoureusement plus besoin pour fonctionner à plein régime.

D’où l’intérêt de ne pas se laisser distraire par des discours trompeurs, des exploits sportifs, des analyses oiseuses ou des informations futiles et de ne pas rater les petites brèves qui en disent tellement plus sur l’état réel de notre monde.
D’où l’intérêt de comparer deux bleds que rien ne relie entre eux, si ce n’est que chacun est diamétralement opposé à l’autre sur le grand échiquier du nouvel ordre mondial émergent.
D’où l’intérêt de se rappeler que l’échelle de l’action politique prioritaire et efficace reste le local et que de petites initiatives peuvent, en frappant les esprits et en éclairant les consciences, déclencher les grands mouvements sociaux dont nous avons terriblement besoin pour stopper la machine qui s’active à nous broyer.

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76 réponses
  1. Rodrigue
    Rodrigue dit :

    Quand on regarde l’évolution de l’Islande depuis 2008 on comprend que absolument rien n’est inéductable si il existe une véritable volonté politique et une cohésion du corps social

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  2. Tsé
    Tsé dit :

    l’exemple de Girona n’est peut être pas le meilleur, même s’il est le plus médiatique, puisque l’on lit la conclusion de l’article lié:
    >>"…La mairie de Girone (Gérone en français ou Girona en catalan) a également mis en place un système d’information destiné à diriger les personnes qui en ont besoin "vers un centre de distribution de nourriture pour qu’on leur offre, de manière urgente, un panier d’aliments de base".
    Des agents sociaux se tiendront près des conteneurs-poubelles pour informer le public."<<
    La mairie fait fermer un conteneur mais dirige vers un centre de distribution de nourriture. C’est tout de même autre chose que de javelliser simplement le contenu comme cela se pratique en banlieue parisienne depuis longtemps et où pourtant les aliments ne souffrent pas autant de la châleur qu’en Catalogne sud…

    Et j’en reviens au revenu universel d’existence à 2000€/mois/net… qui éviterait à des êtres humains d’avoir à se nourrir dans les poubelles.

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  3. Irresponsabilité constitutionnelle
    Irresponsabilité constitutionnelle dit :

    "Le plus coûteux pour les collabos du système, c’est encore de parvenir à inventer des explications vaguement convaincantes de leurs petites lâchetés ordinaires. Cadenasser les poubelles, c’est tout sauf une préoccupation de santé publique. Il s’agit de la plus honteuse des soumissions à la logique purement marchande qui préfère laisser crever d’inanition plutôt que d’admettre "

    "la voix de son mètre"
    heumf!%…??

    La voix de la France:
    "responsable mais pas coupable"!!!

    et le peuple?
    euh! la population?
    enfin, les françois???

    tous des collabos, c’est bien connu.

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  4. Anta is back
    Anta is back dit :

    Je crois qu’il ne faut pas tout voir sous le prisme de la lutte des classes, concept suranne a notre epoque. Voir quelqu’un qui est oblige de faire les poubelles pour manger, ca fait c*ier tout le monde; "bourgeois" comme "proletaire". J’avoue avoir lu l’article en diagonale, mais il me semble qu’a aucun moment tu ne formules une hypothese expliquant l’interet de la municipalite a cadenacer les poubelles….N’y vois rien de personnel, mais je ne vois qu’un grand delire paranoiac dans ton discours. Quel peut bien etre l’interet de cet municipalite perdue dans la pampa Iberique dans cette histoire, au dela de l’argument sanitaire (qui me semble tout a fait juste)?? La main du grand Capital voulant faire crever de faim des prolos, comme ca, gratuitement? Ca n’a aucun sens… Pour moi, c’est plutot un geste humain de rediriger les necessiteux vers des banques alimentaires, plutot que de les laisser fouiler les poubelles et fermer les yeux (geste que tu sembles cautionner).

    Concernant la proposition de Tse pour un revenu universel a 2000 euros, j’ai beau avoir la chance d’avoir un salaire plusieurs fois superieur a ce montant, je demissionne illico le jour ou c’est mise en place. J’aime trop la vie et pas assez mon job. Si tout le monde fait de meme (et je suis bien conscient de ne pas etre dans la categorie des gens a plaindre), il ne reste plus a l’Etat francais qu’a trouve 120 milliards par mois, tout en voyant ses rentrees fiscales reduites a peau de chagrin…

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  5. Thierry
    Thierry dit :

    A Anta is Back : http://convertisseur.kingconv.com/v

    2000€ mensuels….24000€ annuels …. c’est 45 minutes de revenus de mamie Zinzin :

    http://convertisseur.kingconv.com/v

    Il est un peu là le problème non ? Y’en a combien des Mamie Zinzin en France et dans le monde ? Des "patrons" qui se font des couilles en or sans rien foutre de leurs dix doigts, à part couler des banques ou leur grosse entreprise pour venir chouiner ensuite qu’il leur faut de l’argent public , hein ? Combien ? C’est qui les assistés là, en ce moment ? Les salauds de pauvres ?

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  6. Antoine Block
    Antoine Block dit :

    @Anta is back :

    J’ai moi-même bien des réserves à l’égard des analyses de Monolecte, mais là vous pêchez doublement : par naïveté et par ignorance.
    Se contenter de dire que la lutte des classes est un "concept suranné à notre époque", sans autre argument, c’est simplement adopter la propagande libérale qui, au moyen de tous les leviers à sa disposition, prétend implanter cet axiome dans tous les esprits, au mépris de toute analyse sérieuse. La lutte des classes n’est pas qu’une expression un peu ringarde et attachée à un passé révolu, comme les disquettes d’ordinateur ou les chansons de Corinne Charby, c’est un concept, c’est-à-dire ni une étape de la technologie (laquelle est tojours-déjà dépassée par l’étape suivante) ni un effet de mode (lequel est toujours-déjà dépassé par la mode suivante).

    L’invention de ce concept revient à Marx et Engels (autant rendre à César ce qui appartient à César). Quelque chose me dit que vous n’avez jamais lu Marx (et c’est bien votre droit), mais que vous le considérez lui-même comme une sorte d’australopithèque folklorique (et là, vous n’en avez intellectuellement pas le droit si vous vous contentez de répéter ce que vous en avez entendu dire à la machine à café ou à la télé), cependant il est nécessaire d’y faire référence si l’on veut éviter les contresens lorsqu’on utilise le vocabulaire qu’il a forgé. Ainsi, la bourgeoisie, telle qu’il la définit, n’est pas du tout cette catégorie vague des gens qui gagnent correctement leur vie, comme aimerait vous le faire croire David Pujadas. Précisément, la bourgeoisie, c’est la catégorie des citoyens qui possèdent le capital (c’est-à-dire les biens de production), par opposition au prolétariat qui, lui, ne vit que de cette forme de prostitution forcée que constitue la vente de sa force de travail. Au risque de vous faire perdre vos illusions et de vous chagriner, je vous apprends donc que, en dépit de votre salaire avec plein de zéros, vous appartenez bel et bien au prolétariat, exactement comme l’ouvrier d’usine payé au smic. En clair, si vous vivez de votre salaire, vous êtes un prolo. Ça fait mal, mais c’est comme ça.

    Par ailleurs, vous pensez que "Voir quelqu’un qui est oblige de faire les poubelles pour manger, ca fait c*ier tout le monde". Mais non, il faut croire que cela ne fait pas tellement (ou pas sérieusement ou pas longtemps) c*ier ceux qui auraient le pouvoir d’organiser la société autrement, puisque si c’était le cas ils le feraient. Si les choses perdurent de cette manière — et elles ont même franchement tendance à s’aggraver depuis une trentaine d’années —, c’est tout simplement que cela convient à la bourgeoisie (la vraie).

    Vous posez naïvement la question de savoir "Quel peut bien etre l’interet de cet[te] municipalite perdue dans la pampa Iberique dans cette histoire, au dela de l’argument sanitaire (qui me semble tout a fait juste)?? La main du grand Capital voulant faire crever de faim des prolos, comme ca, gratuitement? Ca n’a aucun sens". Bon, visiblement, vous n’avez pas beaucoup de notions d’économie, ni d’histoire, ni de sociologie. Imaginez que, dans une économie de marché comme la nôtre, le prix du caviar ou du topinambour est déterminé par l’équilibre entre l’offre et la demande : s’il y a beaucoup de topinambours, qu’ils ne coûtent pas cher à produire et que, en plus, il y a peu de gens qui en veulent, le prix du topinambour sera faible, etc. Si, au contraire, le caviar est compliqué à produire, qu’il n’existe qu’en faibles quantités et que beaucoup de monde aimerait en manger, alors le caviar coûte cher. Le principe de base n’est pas très compliqué (je passe sur les subtilités de la spéculation qui ne change pas fondamentalement ce principe, mais en tire parti). Donc, pour que le prix d’une marchandise se maintienne, il ne faut surtout pas que cette marchandise soit accessible à bas coût, voire gratuitement (en la ramassant dans une poubelle, par exemple), sinon ceux qui l’achètent refuseront de payer le prix fort (ou normal, selon les points de vue) s’ils voient que d’autres obtiennent la même chose gratuitement. Cela répond, je pense, à votre interrogation sur l’intérêt d’empêcher les pauvres de se nourrir dans les poubelles. Pas de volonté perverse et sadique là-dedans, seulement de la logique.

    Je vous invite à vous poser d’autres questions, par exemples : d’où tiens-je ce que je crois savoir ? Quelles sont les sources de mes convictions ? La doxa que j’entends dans les médias correspond-elle à la réalité que j’observe ? Que sais-je réellement de tel phénomène ou telle personne (Marx, par exemple), comment l’ai-je appris et pourquoi est-ce que je n’en sais pas davantage ? Les discours dominants (au sens où ils émanent de structures, d’institutions et d’individus qui dominent la société) ont-ils une chance d’être objectifs et/ou incisifs ? Est-ce parce que ceux qui tiennent ces discours m’aiment bien qu’ils m’apportent généreusement l’information ? etc.
    Bonne route.

    PS : Je ne suis pas communiste (rassurez-vous).

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  7. til
    til dit :

    Une poubelle en plein soleil, en Espagne en été, cloaque, mouches, salmonelle et autres saloperies bactériennes. Mieux vaut trier avant la poubelle et redistribuer si possible, sinon c’est la cata sanitaire assurée.

    Pour le coup, les démunis auront résolu leurs problèmes par la case pissenlit par la racine en améliorant les taux de chômage,

    Pour moins que ça on en voit succomber comme des mouches dans les hôpitaux malgré les précautions souvent drastiques. C’est pas pour rien qu’il y a une chaine du froid ou du frais.

    Répondre
  8. Miette
    Miette dit :

    J’aurais envie de dire: quelle est la ville des "régressions", et quelle est la ville des "changements"? Parce que c’est un peu le droit aux "miettes", quand on y pense. Est-ce que ce n’est pas (aussi?) une régression que d’organiser la division d’une société, avec une "caste" qui n’aurait le droit qu’aux "miettes" qu’on consent lui donner? Mais, par contre, c’est sûr que c’est du gaspillage de jeter.

    Répondre
  9. Chris
    Chris dit :

    Bonjour,
    Je découvre à l’instant votre blog après votre intervention matinale sur France Inter. Je n’ai pas encore tout découvert mais je m’y attèle.
    Bonne continuation.

    Chris

    Répondre
  10. laulau200
    laulau200 dit :

    Bonjour,

    je ne bosse plus depuis quelques semaines : cérébro lésé depuis 23 ans, je travaillais dans une hotline informatique depuis presque 13 ans. Suite à une restructuration, j’ai changé de filiale. Après un bilan, on m’a dit que ce métier n’étais pas fait pour moi… Maintenant, ce qui me manque, c’est de ne pas partir travailler le matin. ça commence à aller mieux mais le je ne pensais pas autant regretter une activité comme celle-ci.
    Il faut dire que le nouveau management semblait bon.
    On verra ce que me réserve l’avenir.

    Répondre
  11. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Nous sommes passés de la lutte des classes à la lutte des places : la convergences des crises ne remet pas seulement en question le mode de vie hérité de l’industrialisation pétrolière, elle a tout bonnement raréfié le nombre de places disponibles sur le canot de sauvetage. Enfin, ça c’est la vision des groupes dominants. La mienne, c’est que le canot de sauvetage aussi, est voué à couler.

    Répondre
  12. Gloup !
    Gloup ! dit :

    L’entreprise semble chercher avec l’avidité des chercheurs d’or le remède miracle capable de soigner une crise existentielle qui semble aujourd’hui miner chaque salarié jusqu’à son échelon le plus élevé. Mais s’interroge-t-elle sur les causes, sur la nature du virus ou de la bactérie qui est venue insidieusement gripper la si belle machine du progrès ? Et qui pourrait s’appeler l’instinct de survie ou la condition humaine ?

    Répondre
  13. ti_cyrano
    ti_cyrano dit :

    "la lutte des classes, concept suranne a notre epoque" (#4)

    C’en est caricatural 😀 : on croirait entendre le Medef parler de "cette aberrrration d’un autre temps". On peut aussi écouter Warren Buffett (« La lutte des classes existe, et c’est la mienne, celle des riches, qui la mène et qui est en train de la gagner. ») ou Denis Kessler, ancien maoïste devenu n° 2 du Medef "Je crois toujours à la lutte des classes, j’ai simplement changé de camp".

    Cela fait penser au film Mars Attacks, lorsque les aliens déclament "Ne courrez pas ! Nous sommes vos amis !" en dézinguant à tout va.

    Ceux qui tiennent ce discours ne souhaitent effectivement pas la lutte, car cela impliquerait une opposition. Mieux vaut pour eux miser sur l’anesthésie, le choc et la sidération, nier la guerre qu’ils mènent ne la rendra que plus efficace.

    Et cette guerre, ils sont vraiment en train de la gagner :

    http://www.rtbf.be/info/economie/de

    Ne courrez pas ! Nous sommes vos amis ! Il n’y a pas de lutte des classes !

    Répondre
  14. phdesma
    phdesma dit :

    J’ai écouté vos commentaires ce matin sur France Inter.
    Vos critiques sur l’entreprise sont sans nuances
    Ce n’est plus l’Etat (en faillite ) qui pourra créer les emplois de demain mais les entrepreneurs qui se battent pour trouver une place dans l’économie mondiale:même A de Montebourg a compris cela.
    Vous oubliez les milliers d’entrepreneurs qui chaque année sont mis en faillite engloutissant leur patrimoine.

    Répondre
  15. vladimir
    vladimir dit :

    Il y a poubelles et poubelles,certaines sont toujours invisibles :

    Samedi 4 août 2012
    « Sur l’immense décharge du capital fictif. Les limites de l’ajournement de la crise par le capital financier et le délire des programmes d’austérité », par Ernst Lohoff et Norbert Trenkle

    http://palim-psao.over-blog.fr/arti

    Austérité en Espagne: des médecins vont désobéir

    Médiapart – 08 août 2012 | Par liza fabbian

    Les signatures se multiplient pour lutter contre l’exclusion des sans-papiers, bientôt privés de leur droit d’accès au système de santé public espagnol. Alors que Médecins du monde, Amnesty International et Red Acoge en ont déjà reccueilli 60 000 par le biais d’une pétition, 900 médecins éspagnols viennent de s’engager à leur tour pour dénoncer les mesures prises par le gouvernement espagnol qui entend réaliser «près d’un milliard d’euros d’économie par an », grâce à une réforme lancée en avril. «Ma loyauté envers les patients ne me permet pas de manquer à mon devoir éthique et professionnel et de commettre un abandon », affirme le texte diffusé par la société espagnole de médecine familiale et communautaire (semFYC) depuis le début du mois de juillet, afin d’encourager les médecins à devenir « objecteurs de conscience» en s’opposant fermement aux mesures de rigueur qui vont toucher les populations les plus vulnérables…….

    http://www.mediapart.fr/journal/int

    http://democratie-reelle-nimes.over

    Crise : l’été de tous les dangers

    Médiapart – 08 août 2012 | Par Martine Orange

    Les marins naviguant dans les mers tropicales connaissent parfaitement ce moment et le redoutent : cet œil du cyclone où les éléments s’apaisent, annonçant non pas l’accalmie mais le déchaînement à venir. Et il semble que l’économie mondiale est à ce moment-là. Tout paraît suspendu. Les vacances d’été, les jeux olympiques offrent une distraction, tandis que les responsables politiques sont partis en vacances, laissant accroire que tout est sous contrôle. On ne parle de rien. Pourtant, c’est l’été de tous les dangers.

    Le dérèglement de la crise ne cesse de s’approfondir.

    Chaque jour apporte son lot de mauvaises nouvelles. La plus importante de la journée est la confirmation d’une situation que les Européens ont anticipée depuis plusieurs semaines : l’Europe dans son entier entre en récession. Après la Grèce, l’Espagne, l’Italie , le Portugal, ce sont désormais les économies centrales européennes qui sont atteintes.

    La France, selon les estimations de la Banque de France, devrait connaître un recul de 0,1% de son PIB au deuxième et troisième trimestre. La Banque d’Angleterre a dû reconnaître ce jeudi 8 août, que ses prévisions passées étaient erronées : après deux trimestres de recul de l’activité, l’économie britannique ne peut plus espérer finir 2012 en croissance, comme la banque centrale l’avait escompté auparavant……

    http://democratie-reelle-nimes.over

    Répondre
  16. Toto
    Toto dit :

    Agnès > la refondation actuelle de notre civilisation […] repose de manière de plus en plus évidente sur l’éradication malthusienne du gros de leurs effectifs, […] celles dont le capitalisme n’a rigoureusement plus besoin pour fonctionner à plein régime.

    Et c’est là que les capitalistes se trompent lourdement : sans population avec un pouvoir d’achat suffisant, qui va acheter la production sortie des usines?

    Répondre
  17. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    @ toto : mais pourquoi donc crois-tu que les stratégies industrielles actuelles cherchent essentiellement à se reconcentrer autour du haut de gamme => Parce qu’on ne veut plus produire pour les gueux, seulement pour ceux qui ont les (gros) moyens. Donc, besoin de moins de main d’œuvre aussi… Au contraire, tout se tient très bien.

    @Swâmi : je dirais même plus, cela fait trop longtemps que nous n’avons pas levé le coude de conserve.

    Répondre
  18. Swâmi Petaramesh
    Swâmi Petaramesh dit :

    Farce Inter, le début de la Gloire Estivale des serviettes de la plage de Mimizan à celles de La Grande Motte ! Un jour Ma Sainteté pourra dire : Je boivais des bières en chantant des conneries avec Dame Nolecte avant qu’elle ne fusse Nobel d’Éradication de Vampires…

    Répondre
  19. til
    til dit :

    Quelques chiffres :

    Ce n’est sans doute pas le Top 1% qui est responsable de ce blocage, c’est au sein du top 1% le dixième des familles de ce groupe qui constitue le noyau dur de l’élite dirigeante américaine pour travailler dans l’économie financière et non financières, la presse et les médias, l’université et les Think Tanks. Ce 1/1000 des américains se constitue d’un peu plus de 100 000 Familles et sans doute d’une trentaine de milliers d’ individus susceptibles de détenir les leviers de commande d’une économie à la croissance patrimonialisée.

    http://criseusa.blog.lemonde.fr/201

    Répondre
  20. Tatave
    Tatave dit :

    @phdesma

    "Ce n’est plus l’Etat (en faillite ) qui pourra…"

    Si l’état est en faillite c’est que les fleurons qui appartenaient à tous ont été bradés aux copains du privé. (Autoroutes, etc. ou encore l’hippodrome de Compiègne récemment près de chez moi, continuez la liste)
    Les traitres qui nous gouvernent ont en quelque sorte organisé l’insolvabilité de l’état.

    Mais surtout, surtout, ne pas oublier la loi Pompidou-Giscard du 3 janvier 1973, votée dans un hémicycle quasi vide, interdisant à la banque de France de créer la monnaie au profit des banques privées.

    Depuis cette date, les intérêts qui restaient jusqu’alors dans le pot commun vont enrichir des gens déjà riches. Ces sommes ne sont pas recyclées dans l’économie, mais dans des produits dits dérivés, qui parasitent l’économie et vont finir par la tuer.

    Certes pour en arriver à ce point il a aussi fallu que depuis 40 ans nos gouvernants par lâcheté votent des budgets en déficit, après tout ils auraient tort de se gêner, c’est nous qui payons.
    Rappelons que le cumul des intérêts versés au privé depuis 40 ans est très proche du montant du déficit actuel, ça interpelle, non ?.

    "Vous oubliez les milliers d’entrepreneurs qui chaque année sont mis en faillite engloutissant leur patrimoine"

    C’est la règle du jeu de l’économie libérale, sauf pour les banques !
    "Too big to fail", elles sont trop grosses pour que les états puissent les laisser faire faillite, elles peuvent donc faire ce qu’elles veulent, ce qui n’est pas le cas bien sûr des entrepreneurs.

    Répondre
  21. ti_cyrano
    ti_cyrano dit :

    @Swâmi : Tu ne mets plus de lien sous ton alias. Ce n’est pas que ça menait bien loin depuis quelques temps (ça nous rajeunit pas) mais bon, ça y est ? Totor sur la montagne ne répond officiellement plus qu’à des requêtes bassement commerciales concernant des sites hébergés à prix d’or ou à quelques petits à-cotés ludiques ? Tes disciples abandonnés sont définitivement condamnés à la divagation webesque ? 🙂

    Répondre
  22. ciol
    ciol dit :

    Quel « revigorance » que ces commentaires « y a qua faut qu’on (nistes) ». J’en ai marre de mes contemporains, caquettant dans la basse cour internet, vous me faites penser a ces vieux militants de la JOC avec vos petites saillies bien conventionnelles toutefois. Se nourrissant de la misère et de l’inculture supposée des autres, s’érigants en pourfendeurs de système dans lequel vous nagez avec des cerveaux de poissons rouges
    Allez, objectivement combiens d’écrans chez vous a ce jour, combien d’heures passées sur le net à monolecter pour satisfaire votre égo, avide de colère contenue et syntaxiquement élégante
    Je fais partie de l’èspèce des glandeurs patentés qui se nourissent de vos révoltes d’opérette, et je souris béatement a l’energie que vous gaspillez à enfoncer des portes ouvertes…

    Merci infiniement

    ciol

    Répondre
  23. ciol
    ciol dit :

    Plan sociaux

    L’usine nous est fermée, moi qui la croyait mienne

    Et comment vais-je faire pour aller au marché
    M’enquérir d’écrans noirs a haute fidélité

    Joues creusées de famines, crochetant des roupies
    Près de longs fleuves sales où les vaches sont reines

    Et puis voilà ruinées ces heures téléphonées
    De mes pauvres enfants tout soudains désoeuvrés

    Teint de cuivre nattes noires, sous le bât de branches mortes
    Errance d’altiplano la peau en parchemin, toute ridée par l’air sec

    Et ma belle fierté sur quatre roues perchées

    J’ai vécu dans l’envie oubliant le désir
    Sous le taud de l’usure où je vivais alors
    Blanc de l’œil éclatant sous un soleil de fer
    Attente de poussière, repeint de latérite, immobile des jours

    Et j’ai la tête basse de ceux qui sont floués

    Parce qu’ostentatoires ils n’ont pas vu venir
    La faux des m’as-tu vu qui moissonne à l’été…

    Répondre
  24. bidule
    bidule dit :

    Bonjours,
    je rejoins une partie du commentaire de ciol. Je rajouterai que pour moi les soi disant gentils (de gauche) et les soi disant méchants (de droite) ça n’existe pas. Il n’y a que l’homme.

    Répondre
  25. cultive ton jardin
    cultive ton jardin dit :

    Cadenasser les poubelles… pour le bien des miséreux!
    On voyait déjà ça dans le film d’Agnès Varda, "Les glaneurs et la glaneuse" http://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Gl
    Mais là, ils se berçaient pas de faux semblants, ils javellisaient la nourriture jetée et avaient même intenté un procès aux récupérateurs.
    De même, notre sympathique cynistre de l’intérieur démantèle, pour leur bien (en détruisant leurs maigres "biens") les campements de Rroms… pour cause d’insalubrité.
    Tant que les "braves gens" avaleront ces sornettes, pourquoi se priveraient-ils de nous en débiter?

    Répondre
  26. Crapaud Rouge
    Crapaud Rouge dit :

    Très bien vu ça : "Le personnel politique a largement diffusé le récit de son impuissance afin d’en faire une vérité indépassable dont l’objet premier est de dissimuler aux yeux de la foule sa participation active et volontaire à l’entreprise mondiale de déconstruction du social."

    Répondre
  27. Ann
    Ann dit :

    Bonjour,
    C’était chouette de commencer la journée avec vous à la radio ce matin! J’espère que ça aura permis que des auditeurs découvrent votre blog et soient interpelés par vos textes et vos idées! Je ne suis peut-être pas objective car j’aime bien vous lire depuis quelques temps déjà mais je vous y ai trouvée très bien : claire et sans concession!

    Répondre
  28. Sophie
    Sophie dit :

    Attention à ne pas encenser la Belgique ! Son nouveau gouvernement "socialiste" a engagé une lutte contre les chômeurs digne de l’UMP…

    Bises

    Répondre
  29. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Je compare deux communes, deux maires, deux visions du monde, pas deux pays et j’insiste une fois de plus sur la nécessité de conserver en politique l’échelon de la commune. En France, le mouvement est de substituer l’intercommunalité aux communes, sauf que ça revient à éloigner les centre décisionnels des citoyens et que surtout, les intercommunalités souffrent d’un terrible déficit de démocratie, n’étant jamais en interaction avec le suffrage universel.

    Sous couvert de rationalité économique, il y a une véritable volonté de déposséder les citoyens de toute intervention directe dans le jeu démocratique. Ces deux maires prouvent bien le pouvoir de la politique locale.

    Après, je suis parfaitement au courant de la chasse aux chômeurs, non seulement en Belgique, mais aussi en Espagne ou en Allemagne.

    Répondre
  30. philippulus
    philippulus dit :

    Eh oui, Agnès, Malthus (M le maudit) est de retour. Après deux siècles d’illusion capitaliste (le Capital peut tout), retour aux fondamentaux : ressources (concrètes, matérielles), population, adéquation, partage de ce qui est renouvelable et soutenable, etc…
    Pour les dominants l’affaire est entendue; ils ne font pas que dominer et s’empiffrer, ils réfléchissent aussi. Et cette réflexion les mène à une conclusion développée par Susan George dans son bouquin de politique fiction paru en 2000 : "Le rapport Lugano" : trop nombreux. Le mode de développement capitaliste qui a grandement permis d’anesthésier les dominés ne peut absolument pas être étendu à l’ensemble de la planète. Il n’est même pas soutenable pour la partie de celle-ci qui se goinfre goulûment en commençant à pédaler au dessus du gouffre.
    D’où les politiques de paupérisation massive (et d’extermination future?) mises en oeuvre en Grèce, en Espagne et bientôt un peu partout.

    Répondre
  31. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Voilà, philippulus, on arrive tous à la même conclusion : modèle économique inégalitaire actuellement insoutenable sauf deux options :

    1. Changer de modèle économique pour une allocation efficace des ressources à l’ensemble de la population, sans gaspillage, ce qui est possible, même si nous étions plus nombreux qu’aujourd’hui.
    2. Changer de population, en la réduisant par tous les moyens possibles et imaginables, afin de poursuivre dans le même modèle économique qu’actuellement, sauf que maintenant on sait que le gaspillage et les inégalités inhérents au système, ce n’est viable que si on est 500 millions… au plus.
    Répondre
  32. Patrick
    Patrick dit :

    et 500 millions de quoi ? de pauvres où de riches ? de "tous pareils" (mon œil) ? diviser par dix la population reviendra-t-il à diviser l’accès aux ressources dans le même rapport ? est-ce qu’on consommera dix fois moins ? quand on peut faire fonctionner une station pétrolière avec des robots on peut continuer à pomper même s’il n’y a plus personne pour consommer. De toute l’histoire industrielle l’optimisation des rendements n’a jamais abouti à une baisse de la consommation, je vois peu de raison que ça change. Mais pourquoi pas ?

    Quant à la première hypothèse : le gaspillage étant intrinsèquement subjectif, 9 milliard de personnes auront quelques difficultés à s’accorder sur ce qui l’est et ce qui ne l’est pas(*). Mais pourquoi pas ?

    (* d’où il pourrait bien en découler quelques conflits saignants, et un retour "forcé" à la solution 2.)

    Bref. Il doit bien exister plus de deux hypothèses 😉

    Répondre
  33. philippulus
    philippulus dit :

    Bonjour Agnès et bonjour tout le monde en fait.
    Puisque tu m’as répondu je vais un peu approfondir.
    Le modèle économique inégalitaire que nous vomissons à juste titre ne vient pas de "nulle part". Beaucoup d’auteurs ont réfléchi sur le fonctionnement (Marx,..) et l’esprit (Weber,..) du capitalisme, mais très peu se sont réellement penchés sur les conditions concrètes de sa genèse et donc, de mon point de vue, sur le rapport entre ressources finies et appropriation de celles ci. Si les ressources naturelles étaient infinies comme l’ont affirmé stupidement les économistes classiques du début du 19ème siècle et, à leur suite, les socialistes marxistes, alors oui, la question centrale serait celle du partage des richesses. Mais notre unique planète et ses ressources (et non pas richesses, ce qui ne signifie rien) sont finies et non extensibles. L’histoire des inégalités, des hiérarchies, des Etats et de la domination/exploitation ne date pas d’hier et du déploiement planétaire du capitalisme. Elle est pluri millénaire. La révolution néolithique, le boom démographique qui l’accompagne et l’avènement des grandes cités et des premiers Etats qui en découle porte en son sein tout ce que nous conchions aujourd’hui.
    Alors quoi? La question démographique est très difficile à mettre sur la table. Le qualificatif infamant de "malthusien" n’est jamais bien loin. Elle est donc refoulée, y compris pour moi militant anti-capitaliste libertaire. Je profite de l’espace de ce blog pour exprimer ce refoulement, désolé.

    Répondre
  34. til
    til dit :

    Emission écoutée.

    "La technologie est fainéante".

    Encore faudrait il y mettre les moyens pour qu’elle le soit moins.

    Mais le monde de l’entreprise est très souvent inhumain, c’est tout à fait vrai.

    Surtout en France, pays qui marche sur la tête par son jacobinisme autoritaire.

    Répondre
  35. til
    til dit :

    Des gens très équilibrés, qui sont aux manettes :

    Comment expliquer le choix de cette vie d’enfer ? Les cadres ont passé un contrat faustien avec leur employeur : sacrifier dix ou vingt ans de sa vie dans l’espoir de devenir millionnaire en dollars. L’argent est la clé du système Goldman. Journaliste financière à Vanity Fair, Bethany McLean a travaillé comme analyste en fusions-acquisitions au siège de New York entre 1992 et 1995 : "Chez Goldman, la phrase-clé est "êtes-vous commercial ?" En clair, savez-vous faire des profits pour alimenter les bonus ?" Money, money, money… Dans cette profession où les acteurs sont interchangeables, le bonus de fin d’année permet de se valoriser vis-à-vis de ses pairs.

    http://mobile.lemonde.fr/economie/a

    Répondre
  36. Brutus
    Brutus dit :

    Pour illustrer les post 31 et 32 de Philippulus et Agnès citons Malthus dans son Essai sur le principe de population (1798).

    « Un homme qui naît dans un monde déjà occupé, s’il ne peut obtenir de moyens d’existence de ses parents (…) et si la société ne peut pas utiliser son travail, cet homme n’a pas le moindre droit à la plus petite portion de nourriture et, en réalité, il est de trop sur terre. Au banquet de la nature, il n’y a pas de couvert mis pour lui, la nature lui commande de s’en aller et elle ne tarde pas à mettre elle même cet ordre à exécution. »

    Ces propos on fait scandales à l’époque au point que Malthus les retira des éditions postérieures de son essai. Qu’en serait-il aujourd’hui ?

    @Philippulus
    dire que les économistes classiques du début du 19ème siècle et, à leur suite, les socialistes marxistes, ont « affirmé stupidement » que les ressources naturelles étaient infinies ne me paraît pas plus pertinent que de qualifier de suranné le concept de lutte des classes (Cf. post 4). Les uns et les autres se situent au début ou au milieu de la révolution industrielle : on ne peut donc leur reprocher de n’avoir pas anticipé la boulimie énergétique et consumériste, et ses conséquences environnementales, qui se manifesteront surtout à partir de la 2° moitié du 20° siècle.

    @ Agnès
    Ne crois tu pas que « l’objectif » de réduction de la population mondiale à 500 millions relève en fait de l’idéologie eugéniste ? Et partant du crime contre l’humanité. Donc avant de prévoir un procès Eichmann de l’entreprise, comme tu le dis dans ton intervention, ne faudrait-il pas envisager un procès de Nuremberg des responsables politiques et économiques ?

    Répondre
  37. philippulus
    philippulus dit :

    Retour sur le titre du billet.
    Cela fait bien quarante années que le mot "crise" est régulièrement à la une de la communication du système. Rien d’étonnant, le capitalisme de par son fonctionnement même est régulièrement "en crise". Je pense que le dernier épisode de cette saga des crises, nommée crise des dettes souveraines, n’est que la conséquence assez logique des épisodes précédents. Rien de réellement délibéré la dedans. Par contre ce qui est nouveau et délibéré, c’est l’absence totale de volonté politique de traiter le problème. Mieux, il apparait quand même assez clairement que les mesures prises aggravent la situation : le malade est faible, et hop, une bonne saignée…
    Je ne pense pas que cela soit par aveuglement idéologique que les BCE, UE, FMI et consorts persistent dans la thérapeutique de la saignée. Ils n’espèrent nullement qu’elle guérisse le malade, ils sont tout ce que l’on veut sauf idiots.
    Nous ne sommes plus dans le cadre classique de "lutte des classes". Il ne s’agit plus pour les dominants de maintenir leur position de classe, mais bien de commencer à mettre en oeuvre les moyens de se débarrasser pour de vrai d’une bonne partie de ce qu’ils ont toujours considéré comme du cheptel qui produit et consomme, point final. Mort aux pauvres, aux gueux, aux surnéméraires, bien sûr ils ne le diront jamais comme ça…

    Répondre
  38. RiGeL
    RiGeL dit :

    @ 3. Le mercredi 8 août 2012, 17:50 par Tsé

    "Et j’en reviens au revenu universel d’existence à 2000€/mois/net…"

    C’est effectivement une solution possible, une autre, assez peu développée car demandant probablement une grosse évolution de notre mode de pensée mais qui pourtant pourrait être efficace, serait la gratuité pure et simple des moyens de survie essentiels, à savoir nourriture, logement de base, et accès à l’eau, et taxation drastique des usages de confort ou des produits non essentiels (genre faire payer l’eau 10 fois plus cher que maintenant, quand il s’agit de faire remplir la piscine olympique du jardin). Dans certains pays, il est vrai que l’accès à l’eau pourrait être un peu problématique (quoi que), mais dans les pays dits développés, la mise en place d’une telle démarche ne poserait absolument aucun problème majeur, pas même au niveau logistique, si ce n’est celui de faire évoluer les mentalités.

    @ 4. Le mercredi 8 août 2012, 18:47 par Anta is back

    "Je crois qu’il ne faut pas tout voir sous le prisme de la lutte des classes, concept suranne a notre epoque"

    Bien évidemment, la lutte des classes n’a plus lieu d’être actuellement. C’est ce que la classe dirigeante nous répète à l’envie depuis maintenant bientôt 40 ans, histoire qu’on ne les embête plus avec ce concept "surranné". Ça n’a pas empêché un certain W. Buffet de sortir, le plus sérieusement du monde "La lutte des classes existe, et c’est la mienne, celle des riches, qui la mène et qui est en train de la gagner.". Je pense que tu devrais lui écrire pour lui faire part de tes pensées à ce propos. Il serait probablement très content de voir à quel point il est proche de la vérité.

    Concernant l’article en question, que, je confirme, tu n’as lu qu’en diagonale, car dans le cas contraire, tu n’aurais probablement pas fait autant de contresens dans la compréhension du texte, Le monolecte décrit un état d’esprit que tu peux ne pas avoir envie de remarquer (la suite de ton texte permet aisément de comprendre pourquoi), mais qui existe, que tu le veuille ou non. On préfère laisser crever les gens, ou les contrôler par des distributions de bouffe, plutôt que de les autoriser à récupérer des miettes par eux-mêmes. On peut y voir des gens qui ont le cœur sur la main, ou bien des gens qui ne peuvent pas admettre que d’autres puissent vivre en marge de leur pouvoir. Chacun fait son choix. De toutes évidence, le monolecte et toi n’avez pas la même position la dessus. Dire que ce que monolecte insinue relève du délire paranoïaque est forcément très pratique pour toi, ça t’évite : 1) de remettre en question ta propre façon de penser, 2) de discréditer le monolecte (ou du moins d’essayer), sans opposer quelque argument que ce soit en face des siens. C’est bien essayé, ça marcherait sans aucun doute sur TF1, mais là, t’es pas sur TF1, et ce genre de manipulation ici, c’est très moyennement crédible.

    Concernant ta réaction suite au post de Tsé, là, je vais éviter de dire ce que j’en pense, vu que sur la charte du monolecte, il y a marqué pas de comportement agressif, et que je ne vois pas comment t’exprimer la profondeur de mon mépris pour ce type de réaction sans être perçu comme agressif.
    Je me contenterai de reprendre une des premières phrases de ton texte : "Voir quelqu’un qui est obligé de faire les poubelles pour manger, ca fait c*ier tout le monde; "bourgeois" comme "proletaire"." Visiblement, en tant que bon bourgeois bien-pensant (même si l’analyse d’Antoine Block, sur votre appartenance au prolétariat est parfaitement juste, je suis persuadé que tu ne te considèrera jamais comme tel, ce qui fait de toi un magnifique futur esclave potentiel de la véritable bourgeoisie), ça ne te fais pas chier au point que tu sois prêt à faire les efforts pour ce cette situation cesse. Magnifique exemple de discours vide de sens que tu nous proposes ici.
    Je crois que ça résume toute ta "pensée".

    @ 6. Le mercredi 8 août 2012, 22:12 par Antoine Block

    "PS : Je ne suis pas communiste (rassurez-vous)."

    Et c’est bien dommage. Le parti communiste aurait bien besoin de gens à l’analyse claire et objective dans ton genre, en ce moment. Ca les rendrait probablement plus crédibles qu’ils ne le sont.

    @ 22. Le jeudi 9 août 2012, 15:33 par ciol

    C’est sûr, tout le monde n’est pas Coluche, et ne crée pas les restos du cœur. Certains y travaillent bénévolement, d’autres s’impliquent dans des assoc, d’autres, effectivement, se "contentent" de réfléchir et de lire sur le sujet.
    Bien sûr, on peut toujours se moquer de la faiblesse de nos réponses, et contenter de se moquer de nos théories fumeuses. C’est tellement plus facile que d’essayer de faire quelque chose, voire même de se contenter de le proposer.
    Continue de glander, visiblement, tu fais ça très bien.

    @ 32. Le vendredi 10 août 2012, 17:09 par Agnès Maillard

    "ce n’est viable que si on est 500 millions… au plus."

    La, je pense que tu es très largement optimiste. Garda nt la même mentalité de toujours plus pour moi en vigueur actuellement, la population à profiter des largesses de la terre sera toujours trop nombreuse du point de vue des plus "riches" (comprendre de ceux qui ont le plus une position de pouvoir). La fameuse expérience ave les rats, qui distingue l’apparition dans un groupe de "positions sociales" définies et quasi immuables, quel que soit l’échantillon de départ s’applique à mon avis quasiment tel quel à l’homme. Lorsqu’il ne restera plus que 500 millions d’hommes sur terre, les 10000 plus puissant auront encore pour but d’assujettir les 490000 autres, à n’importe quel prix

    @ 39. Le lundi 13 août 2012, 13:17 par philippulus

    "Je pense que le dernier épisode de cette saga des crises, nommée crise des dettes souveraines, n’est que la conséquence assez logique des épisodes précédents. Rien de réellement délibéré la dedans."

    Là, je crains de ne pouvoir être d’accord avec toi. La simple dénomination " crise des dettes souveraines" est on ne peut plus délibérée. Cette crise est effectivement la conséquence directe et incontestable de toutes celles qui ont précédées. Mais dans sa dénomination même, elle désigne de nouveaux "coupables" – en l’occurrence, la population dans son ensemble, et non les capitalistes (détenteurs des capitaux) – , ou qu’on aimerait faire passer pour tels, et ça, c’est, à mon humble avis, on ne peut plus délibéré.

    Répondre
  39. paul
    paul dit :

    @RiGel : ça me fait plaisir de lire vos différentes réponses très patientes à l’égard des divers intervenants…

    je relève que vous aussi avez remarqué cette affirmation culturelle du dénomé Block voulant rassurer son interlocuteur en disant qu’il n’est pas communiste… bien qu’effectivement il semble, je dis bien de façon prudente "semble" avoir par son intervention quelques notions sérieuses quant au marxisme…

    sauf que là

    justement

    en disant rassurez vous je ne suis pas communiste

    ben ça casse tout

    ça sent le gars qui a quand même bien intégré toute la propagande idéologique capitaliste ayant fait du communisme la honte absolue de laquelle il faille à tout prix se détacher hein

    alors quant à votre idée selon laquelle le parti communiste aurait bien besoin de soutien de gens ayant une analyse aussi claire que celle là… euh… je sais pas hein… nous sommes de nombreux communistes à avoir quitté le parti justement parce nous avons l’impression que ce parti n’a de communiste que le nom et que de livrer notre énergie et nos analyses et nos expériences quotidiennes d’une vie de prolétaire, à cette organisation, ne nous permet en rien de contrer la propagande capitaliste et ne sert qu’à alimenter le commerce électoraliste général de la prétention démocrate du système social et politique capitaliste.

    alors que faisons-nous ?
    ben tenter de s’infiltrer au quotidien dans les lieux où nous vivons et dont nous participons économiquement et socialement, avec notre simple énergie individuelle et notre conscience collective, pour faire germer les prises de consciences parmi nos concitoyens
    et c’est loin d’être facile

    Répondre
  40. Jean-Jacques M’U
    Jean-Jacques M’U dit :

    (j’ai publié l’article d’Agnès Maillard sur mon blog Mediapart)…

    à la lecture des commentaires qui focalisent essentiellement sur le cadenassement des poubelles, je crois devoir signaler que l’appauvrissement des populations est une volonté des pouvoirs liés aux puissances d’argent. Fabriquer la précarité et la pauvreté, c’est faire peur à ceux qui travaillent et leur imposer le dictat d’un emploi qui peut leur échapper s’ils ne correspondent pas suffisamment aux attentes des employeurs, privés ou publics, tous soumis aux lois de la concurrence et du marché : règles d’obligation des résultats et de soumissions aux formules de l’entreprise : flexibilité, annualisation, globalisation, délocalisation…

    En plus de l’effet sidérant de la peur exercée sur l’esprit collectif (dont certains se défendent par une réaction de mépris contre ceux qui ont été déclassés), le bénéfice est, pour les pouvoirs financiers, de se protéger par une multitude d’emplois tampons liés à la sécurité et qui leur servent de bouclier, ces emplois-tampons sécuritaires veulent apparaître comme la seule issue possible pour les nouvelles générations : travailler dans les entreprises de surveillance, de vigiles, d’armements, de sous-traitance du nucléaire, assurances, fonds de pensions, etc. et qui sont présentées comme la seule alternative possible.

    Une société d’obéissance à l’autorité est en train de se mettre en place.
    Va-t-on laisser faire ?….
    Comment les populations conscientes du danger vont-elles pouvoir s’opposer, désobéir et renverser ce système ?…

    Jean-Jacques M’µ

    Répondre
  41. smolski
    smolski dit :

    post 41
    "la population à profiter des largesses de la terre sera toujours trop nombreuse du point de vue des plus "riches" (comprendre de ceux qui ont le plus une position de pouvoir)"

    On peut croire que la prégnance de cerveau reptilien sur le comportement humain est la cause réelle de cette façon de penser le social, que l’on soit des plus nantis ou des plus pauvres.
    Donc, pas de théorie du complot, de lutte des classes ou autre, mais le regard de chacun sur lui-même d’abord.

    Répondre
  42. monde indien
    monde indien dit :

    @ 25 : si la distinction gentille gauche/vilaine droite semble hasardeuse par ces temps de rosé imbuvable , prenons des raccourcis – m^me si les aveugles n ‘ y verront rien – et parlons de vilains riches et gentils pauvres – enfonçons m^me le clou en disant que je veux bien sûr surtout parler d ‘ horribles riches – – – – – – LovE ( bien sûr ! ) à toutes et tous –

    Répondre
  43. philippulus
    philippulus dit :

    @Jean-jacques M’U

    "Une société d’obéissance à l’autorité est en train de se mettre en place." Euh je crains bien que sa mise en place ne date pas vraiment d’hier et il me semble bien que toute la "défense" d’un certain Eichmann reposait sur le fait qu’il n’avait fait qu’obéir aux ordres donné par l’autorité nazie.
    Combien de personnes à tous les niveaux hiérarchiques font maintes saloperies et confortent par la même un système que quelques fois ils contestent très mollement en se retranchant derrière un plaintif "je ne fais que mon métier" ?
    Ils ont été élevés dans la soumission et dans la peur.
    Le jour où sur 3 millions de manifestants il y aura 3 millions de désobéissants, à leur chef au boulot, à leur délégué syndical, à leurs "élus", on aura fait un grand pas mais les jambes de l’espèce humaine semblent de plus en plus atrophiées. Et désobéir concrètement est souvent bien plus difficile qu’on ne le pense.
    Illustration : j’ai entièrement autoconstruit une maison écologique ++, très basse consommation énergétique. J’ai refusé de me plier aux normes (par ailleurs absurdes) pour l’installation électrique. Conséquence : refus catégorique du Grand Service Public de l’électricité, ne riez pas, de mettre en service le branchement au réseau de ma maison. Re Conséquence : passage en autonomie électrique moyennant beaucoup de boulot et d’euros. J’insiste : désobéir est difficile et si je n’avais pas eu le temps, les compétences et les moyens, j’aurais obéi au système et j’aurais été contraint de faire chez moi le contraire de ce que pourquoi je milite à l’extérieur…
    Ce sont de simples salariés qui sont venus il y a un mois débrancher le branchement électrique provisoire qu’EDF avait bien voulu me concéder pendant 4 ans. Peut-être que l’hiver prochain ils couperont l’électricité à des familles hyper précarisées par "la crise délibérée". Avec ou sans états d’âmes, ce qui ne change rien, ils obéiront en ne faisant que leur métier.
    Alors oui, à chaque fois que nous le pouvons, désobéissons !

    Répondre
  44. smolski
    smolski dit :

    post 46
    "Alors oui, à chaque fois que nous le pouvons, désobéissons !"

    Le pouvoir n’existe que parce qu’on n’y résiste pas.
    Commander ou obéïr sont de la même jouissance.

    Répondre
  45. Antoine Block
    Antoine Block dit :

    @41. Le mardi 14 août 2012, 11:49 par RiGeL et
    @42. Le mardi 14 août 2012, 14:00 par paul :

    Le "(rassurez-vous)" que j’écrivais à Anta is Back se voulait ironique. Je soulignais par là "toute la propagande idéologique capitaliste ayant fait du communisme la honte absolue" (Paul), parce que je soupçonnais qu’il suffise à quelqu’un comme Anta is Back que son contradicteur soit communiste pour qu’il n’écoute même plus son argumentation (car si, selon lui, la lutte des classes est un concept suranné, je suppose qu’il en va de même pour le communisme).

    Ceci dit, effectivement, je ne suis pas communiste, pour plusieurs raisons.
    Certaines tiennent à des aspects théoriques : pour le dire vite, je ne crois pas que la collectivisation totale du capital soit la solution qui assure le maximum de productivité. L’homme étant ce qu’il est, il travaille et fait des sacrifices essentiellement parce qu’il espère pouvoir jouir du résultat (lui, pas la société ou l’humanité dans son ensemble). Les expériences sur les rats (et autres) nous rappellent que nous sommes des mammifères, essentiellement mus par notre intérêt individuel. J’aimerais qu’il en aille autrement, je rêve qu’il en aille un jour autrement, mais j’ai de très gros doutes. Vouloir changer l’humanité me semble presque aussi critiquable éthiquement que vouloir changer le peuple, et beaucoup moins réaliste.

    Par ailleurs, je crains que le communisme (le mot lui-même, plus encore que la doctrine politique) soit définitivement grillé auprès des opinions publiques. La propagande libérale a été tellement efficace sur ce point que la seule mention de ce mot suffit à susciter l’hilarité ou la colère, y compris (et surtout) chez ceux qui n’ont absolument aucune idée de ce que cela signifie (c’est-à-dire la quasi-totalité de la population française). Faites le test autour de vous : demandez à votre cousin (voisin, neveu, collègue, etc.) ce qu’il pense du communisme et vous verrez qu’il vous répondra : "Georges Marchais – Taisez-vous Elkabach – Staline – Dictature – Partage de la misère – Confiscation – Suppression de la propriété privée – etc." C’est une pure réaction pavlovienne mais, là encore, c’est comme ça et il me semble que lutter pour réhabiliter le vrai sens du mot demanderait énormément de temps et d’énergie (je crois même que c’est à peu près impossible), autant de temps et d’énergie qui seraient plus utilement utilisés à fonder une doctrine révisée et efficace. Sur ce point , je crois qu’il ne faut avoir aucune pudeur à viser l’efficacité et la stratégie. Si cela doit passer par un abandon du mot communisme, alors abandonnons-le sans larmes et sans regrets. Ce n’est ni un talisman, ni une relique, c’est un simple véhicule et s’il ne marche plus, il ne faut pas le tirer derrière soi, il faut l’abandonner.

    Enfin, le parti communisme me dégoûte autant que tous les partis et peut-être même un peu plus que les autres. Je pense notamment à ses innombrables aveuglements et compromissions (soutien aux pires aspects de l’URSS, opposition à l’indépendance algérienne de 1945 à 1960, etc.). Je pense à son dogmatisme qui interdit toute refonte de l’intérieur. Je pense à son fonctionnement antidémocratique et à son inefficacité (raisons qui ont poussé Paul à quitter le parti, semble-t-il). Je pense à son pseudo-purisme (pseudo parce qu’il accepta tout de même de participer aux gouvernements socialistes) qui lui fait considérer le pragmatisme comme un gros mot (refus, par exemple, de se fondre dans une plus grande mouvance, en dehors de petits calculs politiciens et claniques, jusqu’au Front de Gauche).

    "alors que faisons-nous ?", demande Paul.
    "Tenter de s’infiltrer au quotidien dans les lieux où nous vivons et dont nous participons économiquement et socialement, avec notre simple énergie individuelle et notre conscience collective, pour faire germer les prises de consciences parmi nos concitoyens et c’est loin d’être facile".
    Je n’ai rien à ajouter.

    Répondre
  46. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Pour les prises de conscience de nos concitoyens, je vous assure que c’est loin d’être gagné.

    Lundi soir, j’ai été mordue par un chien alors que je pédalais sur la voie publique. D’entrée de jeu, le propriétaire de l’animal, personne que je connais et avec laquelle j’avais d’agréables rapports de voisinage jusque-là m’engueule en m’accusant d’avoir balancé des coups de pied à son chien… un magnifique Beauceron de plus de 20 kg. Le fait est que j’ai peut-être cherché à l’éloigner de mon vélo qu’il s’est mis à courser et serrer dès qu’il m’a vue. Autrement dit, au premier problème (alors que nous sommes nombreux à lui avoir fait remarquer ces derniers temps que son chien était agressif et ne devait plus traîner hors de chez lui), le gars oublie tout sens commun et cherche à se défausser sur autrui de la responsabilité d’un incident qui lui est imputable à 100 % : son clebs ne doit pas traîner sur la voie publique.

    J’ai tout de même réussi à garder assez de sang froid pour lui proposer de se rencontrer le lendemain matin pour régler le côté procédures.

    Le lendemain matin, il arrive tout tranquille avec sa femme et je me dis : c’est cool, ça va bien se passer! On règle la question des assurances, puis, je me sens obligée de lui dire droit dans les yeux que je dois porter plainte à la gendarmerie. J’aurais peut-être dû parler de signalement, mais bon. En une seconde, le gars s’est transformé un peu comme son chien : oubliée la civilité, oublié le fait que je m’étais fait attaqué alors que je rentrais juste chez moi après une balade à vélo. Il m’a craché à la gueule qu’il avait toujours su que j’étais une femme à problèmes (comprendre une fouteuse de merde) que depuis le début, je voulais la peau de son chien, qu’il avait des témoins comme quoi je frappais son chien chaque fois que je passais (ben voyons, lui ai-je répondu, je suis assez conne pour balancer mon 35 fillette dans la gueule d’un molosse de 20 kg, alors qu’en général, je suis juste soulagée quand je ne le croise pas quand je passe par là!), que si je cherche les ennuis, je vais les trouver et que tout le monde sait quel genre de personne je suis.

    À ce moment, j’ai pris une méga décharge d’adrénaline dans mes veines et j’ai compris que si je ne luttais pas, j’allais me retrouver dans le même registre que lui. Donc j’ai lutté contre moi-même et contre ma panique en essayant de lui faire comprendre qu’il avait eu de la chance qu’il s’agisse de moi et non pas d’un voisin chasseur qui aurait réglé le compte de son chien en moins de 10 minutes ou non pas un des nombreux gosses qui vivent dans le coin. Je lui ai demandé s’il pouvait vivre avec l’idée que son chien a bouffé un gosse. Mais pour lui, son chien est un amour et c’est moi qui ai cherché la merde et surtout, surtout, il n’est responsable de rien.

    Son idée, c’est que puisqu’on avait réglé la question de l’argent, il me fallait juste fermer ma gueule en échange. Sauf qu’il ne s’agissait pas juste de mon mollet ou de son confort personnel, mais il s’agissait surtout de la communauté de gens qui vit avec nous et dont plusieurs membres ont déjà été agressés.

    J’ai eu alors un tout petit aperçu de ce que peut ressentir une victime de viol qui se fait ensuite accuser d’avoir eu la jupe trop courte.

    Répondre
  47. til
    til dit :

    J’ai eu affaire à un couple d’abrutis, jeune la trentaine, 2 mômes, maison, jardinet, 2 bagnoles, modèle quoi.

    2 bergers allemands dans le jardin en permanence aboyant pour un oui ou un non au dessous du balcon de mon appartement, parfois la nuit. Ensuite, ça déclenchait des clébards d’habitants dans l’immeuble.

    J’ai été dire au type du jardin que ca serait bien qu’il trouve une solution pour faire ses clebs, cette tête d’enclume m’a répondu qu’on est en démocratie, donc ses clebs on droit de s’exprimer en aboyant. Sur le coup j’ai cru que j’allais lui arracher la tête à lui et à femme qui était tout aussi stupide. J’en ai parlé aussi à une vieille conne et d’autres proprios de chiens aboyeurs dans l’immeuble dont le chien aboyait trop souvent et elle me sort "mais on est à la campagne, vous aimez pas les bête…". On était pas à la campagne, mais dans un quartier résidentiel. J’ai été voir la police, zont rien fait.

    Je porte plainte au tribunal avec constat d’huissier, manque de bol l’huissier à constater que les bergers allemands aboyaient pour un rien mais il a noté que ca déclenchait les chiens dans l’immeuble, croyant bien faire. Ni une ni deux, je perds le procès, le juge concluant qu’in fine plusieurs chiens aboient, alors les proprios des bergers ne peuvent pas être condamnés, principe de droit de causes multiples du préjudice appliqué de façon très tordue. Procès perdu, je me suis barré ailleurs de ce nid de connards, déménagement. En plus de 4 ans j’ai jamais eu ce problème en Allemagne, ni non plus des crottes de chien sur le trottoir…

    Répondre
  48. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Oui, j’ai bien noté comme toi cette prétention des démocraties à ne plus laisser personne passer entre les mailles du filet. À chaque fois qu’on me parle d’un système infalsifiable, je pense toujours aux failles du système qui ont permis de sauver des milliers et des milliers de juifs pendant la seconde guerre mondiale et je ne peux pas m’empêcher de penser que sachant que nul système politique n’est déboulonnage, ceux qui veulent des contrôles infalsifiables ne cherchent pas du tout notre sécurité mais la leur.

    Dans un monde biométrique, combien de juifs auraient pu passer entre les mailles du filet?

    Je crois que tout système doit avoir ses interstices, je pense même que c’est la seule garantie d’une vraie démocratie : qu’il reste de la place, des possibilités pour les pirates, les insoumis, les contestataires. Aujourd’hui, les seuls failles du système ne s’ouvrent que pour ceux qui ont beaucoup d’argent. Cela me semble affreusement éloquent.

    Répondre
  49. til
    til dit :

    passagère

    Désolé mais je n’ai aucun respect pour ceux qui ne me respectent pas et qui me nuisent, et en plus persévèrent quand on leur a expliqué plusieurs fois le problème poliment. De plus c’est dans le style vécu, si t’es trop sensible pour ce style d’écriture réaliste, alors ne lis pas. De plus, si un jour ça t’arrive, on verra ta réaction et on en reparlera, surtout quand t’auras pas dormi de la nuit et fait toutes les démarches juridiques et diplomatiques, y avoir passé et perdu des heures et de l’argent, pour te retrouver le bec dans l’eau. Donc tes leçons de savoir vivre, tu te les gardes pour quand ça t’arrivera.

    Les qualificatifs que j’emploie sont parfaitement représentatifs de ce genre de personnages ineptes jamais sanctionnés par une justice trop souvent déliquescente et complaisante avec eux.

    Répondre
  50. Antoine Block
    Antoine Block dit :

    @49. Le jeudi 16 août 2012, 11:07 par Agnès Maillard :

    "Pour les prises de conscience de nos concitoyens, je vous assure que c’est loin d’être gagné".
    J’en ai bien conscience, c’est pourquoi j’ai repris le "c’est loin d’être facile" de Paul. Mais, la prétendue crise aidant, j’ai tout de même l’impression que la prise de conscience progresse. Très peu, à la marge, très lentement, mais ça frémit quand même. Au moins, les gens se posent-ils la question, alors qu’il y a quelques années, ils n’auraient jamais pu envisager que la société soit autre chose qu’une structure conçue pour leur apporter le bonheur.
    Je pense qu’on peut espérer une prise de conscience majoritaire d’ici cinquante à soixante ans (si on ne relâche pas nos efforts !).

    Autre problème : lorsque cela sera accompli, la révolution nécessaire (car je ne crois pas à une transition douce, les possédants n’ayant aucune raison d’abandonner leurs privilèges.

    Quant aux chiens, il m’est arrivé une mésaventure semblable, Agnès. Mais j’étais à pieds et j’avais effectivement tatané les deux sales clébards (j’avoue que je ne l’aurais peut-être pas fait s’il s’était agi d’un put bull et d’un rottweiler).

    Répondre
  51. Antoine Block
    Antoine Block dit :

    Petit bug sur mon paragraphe concernant "un autre problème", que je complète :

    Lorsque cela sera accompli, la révolution nécessaire (car je ne crois pas à une transition douce, les possédants n’ayant aucune raison d’abandonner leurs privilèges) sera rendue extrêmement difficile par les dispositifs de contrôle technologiques qui se mettent en place dès aujourd’hui. La biométrie, la vidéo-surveillance, la reconnaissance des visages, de la voix, de l’iris, les fichiers génétiques, la géolocalisation permanente, etc. sont en train de façonner un monde où il ne suffira plus, pour passer entre les mailles, de ronéotyper des faux papiers dans la cave. Loin d’être un détail, c’est un véritable basculement qui rend obsolète l’idée de révolution ou de résistance.

    Répondre
  52. til
    til dit :

    passante

    Au fait, maintenant je solde mes comptes avec le fisc francais et c’est gratiné, des robots, des crétins totaux qui veulent me taxer plus sur mes revenus français quand j’étais domicilié fiscal en France, pour la simple raison que je suis expatrié maintenant et ils me refusent toute déduction de charges nécessaires pour l’obtention de ces revenus. Les législateurs français sont totalement stupides et de même pour les contrôleurs des impôts. des sommes minimes, mais des décisions administratives coûteuses en temps de démarches. Mais là non plus, je ne vais pas les lâcher. J’ai la dent dure. Cahuzac est vraiment l’étalon or de la stupidité.

    Aujourd’hui, j’ai eu au téléphone une petite sotte complète des impôts qui s’est foutu de ma gueule et m’a raccroché au nez. Elle fera moins, cette décervelés, le clown lorsque le gouvernement lui rabattra son salaire de 30% comme en Grèce ou la virera direct pour cause d’austérité.

    Ces petits cons et connes des impôts qui ne ne connaissent même pas leur CGI et pondent des réponses aux usagers selon leurs idéologies au doigt mouillé et pas selon les lois en vigueur qu’ils ne connaissent pas, au point que c’est l’usager qui doive leur apprendre leur boulot, ca devient gerbant.

    Avec une telle administration de nazes, c’est parti pour le pire en France.

    Répondre
  53. til
    til dit :

    passante

    Au fait, maintenant je solde mes comptes avec le fisc francais et c’est gratiné, des robots, des crétins totaux qui veulent me taxer plus sur mes revenus français quand j’étais domicilié fiscal en France, pour la simple raison que je suis expatrié maintenant et ils me refusent toute déduction de charges nécessaires pour l’obtention de ces revenus. Les législateurs français sont totalement stupides et de même pour les contrôleurs des impôts. des sommes minimes, mais des décisions administratives coûteuses en temps de démarches. Mais là non plus, je ne vais pas les lâcher. J’ai la dent dure. Cahuzac est vraiment l’étalon or de la stupidité.

    Aujourd’hui, j’ai eu au téléphone une petite sotte complète des impôts qui s’est foutu de ma gueule et m’a raccroché au nez. Elle fera moins, cette décervelée, le clown lorsque le gouvernement lui rabattra son salaire de 30% comme en Grèce ou la virera direct pour cause d’austérité.

    Ces petits cons et connes des impôts qui ne ne connaissent même pas leur CGI et pondent des réponses aux usagers selon leurs idéologies au doigt mouillé et pas selon les lois en vigueur qu’ils ne connaissent pas, au point que c’est l’usager qui doive leur apprendre leur boulot, ca devient gerbant.

    Avec une telle administration de nazes, c’est parti pour le pire en France.

    Répondre
  54. til
    til dit :

    Voici l’article du GGI escroc, alors que tous se prosternent devant la libre circulation dans l’UE quand on sanctionne les expatriés au sein de l’UE, cette chiasse bureauratico-juridico-économique :

    Article 164 A
    En vigueur depuis le 30 Décembre 1983
    Modifié par Loi n°83-1179 du 29 décembre 1983 – art. 3 (V) JORF 30 décembre 1983.

    Les revenus de source française des personnes qui n’ont pas leur domicile fiscal en France sont déterminés selon les règles applicables aux revenus de même nature perçus par les personnes qui ont leur domicile fiscal en France.

    Toutefois, aucune des charges déductibles du revenu global en application des dispositions du présent code ne peut être déduite.

    La grosse astuce, c’est le mot apparemment anodin de "toutefois". Des vrais enculés ces législateurs… Ils condamnent les expatriés à un sous état juridique de sous prolétariat, et dans le même temps est prôné la libre circulation des personnes dans l’UE à grands cris. C’est vraiment des salopards de toute première classe cette classe politique française et le reste de ses poissons pilotes.

    Ce pays français est sous la férule de mafias qui vont le couler profond.

    Répondre
  55. RiGeL
    RiGeL dit :

    @ 43. Le mardi 14 août 2012, 14:25 par Jean-Jacques M’U

    Un parti, c’est ce que l’on en fait.

    @ 44. Le mardi 14 août 2012, 19:37 par smolski

    Pourquoi pas de lutte des classes ?
    Je comprends rien à ton histoire de cerveau reptilien. Tout ce que je sais, c’est qu’un riche, par principe n’en a jamais assez, et que plus il en as, moins il partage de façon désintéressé. Désolé, mais si, lutte des classes !

    @ 48. Le jeudi 16 août 2012, 02:08 par Antoine Block

    Le "(rassurez-vous)" que j’écrivais à Anta is Back se voulait ironique.

    "rassures-toi, j’avais compris. LOOOL

    Pour le reste, quasiment pas une virgule à enlever à ton texte. J’achète tel quel.

    @ 56. Le jeudi 16 août 2012, 17:25 par Agnès Maillard

    Beaucoup, beaucoup moins pessimiste que toi sur ce coup. Quel que soit le système infalsifiable, des contre mesure seront inventées pour qu’il ne le soit plus. Il en a toujours été ainsi, et j’ai confiance dans le fait que ça continuera ad vitam aeternam.

    Répondre
  56. ciol
    ciol dit :

    Destins

    L’odeur du tabac froid dans les coursives crème
    Cette pluie imbécile qui joue du tambourin
    Un parking éperdu aux confins d’une usine
    Une sorte de paradis, royaume des noctiluques

    Le faisceau des voitures sous l’éclat des averses
    Le chuintement des roues à l’étrave des flaques
    Au large de ces villes avalant la rumeur
    Où des nantis s’en viennent au ventre des boeings

    Vils destins de termites bornés de théories
    Prédestinés d’ennui, existences bâclées
    Démenées comme ces billes au ventre d’un flipper
    Ils retournent sans cesse aux flashes d’un play again

    Et j’arpente tout cela, cœur d’entomologiste
    Toutes ces petites gens qui glissent aux parois
    Des vitrines de noël, éblouis par le froid

    Répondre
  57. smolski
    smolski dit :

    Post 64 :
    "Toutes ces petites gens qui glissent aux parois
    Des vitrines de noël, éblouis par le froid"

    Trop bien et si belle cette strophe, merci.

    post 60 Salut Rigel !
    Nous vivons tous sous la domination exclusive de la partie reptilienne de nos cerveaux.
    C’est heureux, car sans cela, nous mourrions tout aussi aisément que nous respirons encore…

    L’accumulation des richesses et des pouvoirs n’en est que l’expression directe, ce n’est pas un plan, c’est un fait induit perpétuellement en chacun, des plus nantis aux plus déshérités.
    Prétendre à une « lutte des classes » c’est à mon avis dissimuler / confondre les directives de ce cerveau reptilien avec une théorisation intellectuelle.

    Répondre
  58. RiGeL
    RiGeL dit :

    @ 66. Le lundi 20 août 2012, 16:08 par smolski

    Prétendre à une « lutte des classes » c’est à mon avis dissimuler / confondre les directives de ce cerveau reptilien avec une théorisation intellectuelle.

    Euhhhhhh, oui, bien sur. Visiblemlent, tu tiens très fort à ton cerveau reptilien. Pemets-moi de penser que l’appat du gain et le fait de ne jamais en avoir assez, quitte à ce que le voisin crève de faim, dans une société organisée, relève d’une volonté de pouvoir personnel et d’asservissement des autres qui n’a rien de reptilien. Moi, j’appelle juste ça du manque de restepct des autres, et de l’égoïsme.
    Nier la lutte des classes est une chose extrêmement intéressante pour ceux qui possèdent le pouvoir, en ce sens que sans lutte des classes, il n’y a plus d’action collective. Or sans action collective, aucun "puissant" ne court plus le moindre risque. Je crois que le fait qu’on bassine tout le monde depuis 30 ans en répétant à l’envie que la lutte des clases n’est qu’un concept totalement dépassé n’est pas du tout innocent. Donc libre à toi de penser qu’elle n’existe pas, peut-être à tu toi-même intérêt à ce que le plus de monde possible abandonne cette idée de lutte des classes (j’en sais rien, c’est juste une supposition gratuite et non étayée), mais permet moi de penser de de faire savoir qu’elle existe bel et bien, que certaines personnes n’ont dans l’idée que de réduire les autres en esclavage, et que ce n’est pas du tout un processus inconscient, mais quelque chose de très réfléchi, au contraire.

    Répondre
  59. smolski
    smolski dit :

    RiGel post67 :
    " peut-être à tu toi-même intérêt à ce que le plus de monde possible abandonne cette idée de lutte des classes"
    Ce n’est pas parce que je propose des arguments personnels que je ne suis pas participant à la même lutte contre l’iniquité mondiale actuelle.
    Pour en revenir au concept de "lutte des classes", on peut croire que ce sont ceux qui ont le plus d’avantages sociaux qui l’utilisent justifiant ainsi leur situation sociale privilégiées.

    "sans action collective, aucun "puissant" ne court plus le moindre risque"
    Effectivement, je ne propose pas de poursuivre dans une action de politique globale, mais de nous activer vers des actions de politique individuelle s’ajoutant les unes aux autres à l’envie de chacun.
    Il me paraît même que c’est ainsi que fonctionne la politique individualiste capitaliste actuelle.
    Faisons de même, choisissons de pratiquer une politique individualiste anarchiste au quotidien.

    Répondre
  60. smolski
    smolski dit :

    saxo post 69
    "mmm… quelle différence?"
    La différence réside dans le choix politique que nous décidons de vivre, non pas seulement d’appliquer mais de l’imposer partout où cela nous est possible, contrairement au choix d’une politique globale qui est de toute façon ingérable individuellement.

    Attendre le Grand Soir est une lubie, pratiquer notre politique individuelle au quotidien est une réalité.

    Bien sûr, ce n’est pas fantastique, ce n’est pas pour nous tout de suite, mais c’est à mon sens développer la seule forme de combat social qui ne pratique pas l’obsolescence des individus au prinicipe de la cause.

    Le parallèle fait avec ce qui se passe pour le choix politique des capitalistes n’est pas innocent.
    Eux pratiquent cette individualité dans leur quotidien, ils n’en ont rien à faire d’autrui, capitalistes ou autres, pourvu qu’ils engrangent leur propres biens.
    Ils ne visent qu’à ce qu’ils croient et pratiquent ce choix envers et contre tout.

    Ce sont des sauvages, nous sommes des sauvages tout autant.
    C’est pour cela que je parlais de cerveau reptilien précédemment.

    Prenons leçon de leur méthode pour la pratiquer également mais à l’inverse de ce qu’ils ont choisi. Prétendre au terme d’anarchie dans notre combat politique quotidien c’est pousser l’ensemble de nos luttes vers l’idée du partage, ce qui est on ne peut mieux l’inverse du capitalisme dominant.

    Il me semble qu’il y a là pour chacun le début d’un combat réel afin que ce partage nourrisse toute l’humanité, quel que soit par ailleurs le choix fait par les individus, comme actuellement le capitalisme se forge inexorablement parmis tous, dans ceux qui s’en gorgent comme dans ceux qui en pâtissent.

    Répondre
  61. saxo
    saxo dit :

    Smolski,

    "Il me paraît même que c’est ainsi que fonctionne la politique individualiste capitaliste actuelle.
    Faisons de même, choisissons de pratiquer une politique individualiste anarchiste au quotidien."

    mmm… quelle différence?

    Le mot "anarchiste" n’éclaire en rien ta proposition… si ce n’est qu’il fait un parallèle entre libéralisme et anarchie qui est, je trouve, pertinent…
    Ne touchons donc à rien, si je te suis bien.

    Répondre
  62. RiGeL
    RiGeL dit :

    68. Le mardi 21 août 2012, 18:43 par smolski

    "sans action collective, aucun "puissant" ne court plus le moindre risque"

    Avec ça, je suis on ne peut plus d’accord.
    Par contre, la suite, consistant à combattre l’individualisme capitaliste par un "individualiste anarchiste", me parait être une erreur stratégique monumentale. Si un puissant peut avoir, à titre individuel une influence sur la société dans son ensemble, en tant que "leader d’opinion", ce n’est en aucun cas une possibilité offerte aux personnes lambda. Quant à "nous activer vers des actions de politique individuelle s’ajoutant les unes aux autres à l’envie de chacun", là encore, je ne peut qu’être extrêmement sceptique sur l’efficacité de la méthode. Il suffit pour s’en convaincre de voir quelles difficultés persistent à la gauche du PS, pour fédérer des "micros" partis ayant chacun développé des idées politiques extrêmement proches, mais qui sont malgré tout capables de se détester entre eux pour des détails insignifiants. Deux actions politiques personnelles ne seront jamais exactement semblables, et les deux personnes les pratiquant ne tomberont probablement jamais d’accord pour s’accorder sur leurs similitudes, en abandonnant justement ce qui fait l’originalité de leur vision personnelle. Une action menée collectivement au départ, permet, à mon sens, de rassembler d’abord les gens sur une base commune, et permet ensuite une discussion constructive sur les points de détails, plus personnels.

    (concernant mon "peut-être…", il était là pour bien préciser que la suite n’était qu’une supposition basée sur du vent)

    Répondre
  63. smolski
    smolski dit :

    RiGel post71
    « voir quelles difficultés persistent à la gauche du PS, pour fédérer des "micros" partis »

    Comme vous l"indiquez il n’y a déjà pas de solution d’actions communes réelles via les politiques généralistes. Tout y est de facto cadenassé, hiérarchisé sur une éternelle échelle sociale à laquelle elles aspirent à se référer communément pour elles-mêmes.

    Pensez la politique autrement me paraît une solution à proposer, je ne sais pas ce que cela donnera dans le temps mais je sais ce que donne cette politique généraliste imposée culturellement aujourd’hui !

    Libre à chacun d’y croire, j’en parle, je ne convainc personne.

    Répondre

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  1. […] notions incontournables pour éveiller les consciences paralysées par l’hypnotique mélopée de LA crise, des vérités bonnes à dire et pas toujours à […]

  2. […] cause du titre, je m’attendais tout de même un peu à un bon gros roman social, avec de la lutte des classes et tout, et des gens nobles et courageux, âpres à la tâche, durs sur les idéaux, qui à force […]

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