Sa burqa dans notre gueule

Quelle drôle d’époque, tout de même, où sous prétexte d’aider les victimes, on commence systématiquement par les punir!


À Euro DisneyToutes choses égales par ailleurs, j’aimerais bien avoir sous la main la burqa de poche que l’ami Jean avait rapportée l’année dernière de l’un de ces innombrables voyages autour du monde. Parce qu’il arrive dans la vie des jours où on préférerait se coller un balai de chiotte sur la tête plutôt que de devoir exposer à la face du monde son visage transformé en cul de babouin. Bien sûr, j’anticipe un possible ratage lors du prochain épisode de ma guerre personnelle contre le poil, le foutu poil que j’ai décidé d’occire vigoureusement et définitivement de ma figure à grands coups (et coûts, aussi…) de technologie directement issue de la Guerre des Étoiles. Bien sûr, il ne s’agit là que d’un petit inconvénient passager, circonscrit dans le temps et l’espace, mais cela devrait tout de même quelque peu compliquer ma socialisation pendant les quelques heures où ma peau va réagir énergiquement en rougeoyant comme un phare au milieu des ténèbres.

Cette obligation implicite d’exposer nos corps et encore plus nos visages dans l’espace public s’accompagne de l’injonction informelle et constante de ne pas y déparer. Autrement dit, malheur aux têtes de pou et aux gros culs! Ha, j’entends déjà le chœur des féministes outragées par l’étrange cheminement de ma pensée en cette veille d’équarrissage de façade. Quelle légèreté que de deviser doctement sur l’énÔrme affaire politique qu’est cette histoire de voile et/ou de burqa qu’en l’abordant du côté purement esthétique de l’affaire ! Bien sûr, ce n’est là qu’une galéjade, un gentil clin d’œil pour faire chauffer ceux qui ont déjà une opinion bien tranchée sur la question. Il n’empêche que demain, j’ai intérêt à ce qu’il fasse bien froid pour pouvoir rabattre mon écharpe sur ma disgrâce du moment.

Je pourrais donc pérorer sans fin sur les valeurs républicaines, la religion, l’athéisme, la laïcité, la visibilité de certaines et non d’autres dans l’espace public, je pourrais, effectivement, mais je préfère vous raconter une histoire.

La victoire… tout doucement

Nous sommes au tout début des années 90 et je viens d’intégrer ma deuxième année de sociologie à l’université de Toulouse-le-Mirail. Il s’agissait pour moi d’une grande victoire : grande victoire sur un premier ratage universitaire (un semestre éthylique et improductif en biologie avant abandon complet en rase campagne), grande victoire aussi, sur ma trajectoire sociale, puisque me voilà première femme de la famille à faire des études supérieures, grande victoire tout court : j’ai eu suffisamment de bonnes notes pour enfin percevoir une bourse d’études.

Je suis logée dans la toute neuve et pimpante résidence universitaire des Humanités. Tellement neuve que je me suis déjà réveillée dans ma studette avec un peintre en train de badigeonner mes murs pendant qu’un électricien s’empressait de visser mes appliques. Les Humanités, cette année-là, c’est un peu la Babel universitaire. Les étudiants viennent de partout, de toutes les régions, tous les pays, tous les continents. Nous avons même un Ossi qui vient tout juste d’escalader les restes du mur pour venir parfaire son Français dans la ville rose, ce qui est, par ailleurs, une option que je ne conseille à personne, tant l’accent lui posera de problèmes lors de son retour au pays.
Et nous avons une femme voilée.

Elle est arrivée un beau matin, entourée d’un aréopage de grands frères et de cousins et ne sort de sa studette que pour se rendre en cours, parfois seule, mais le plus souvent accompagnée d’une sorte de garde du corps. Elle est un sujet de curiosité et d’inquiétude, un sacré sujet de conversations aussi bien sûr, tant ce voile qui dissimule sa chevelure la rend visible et excite les imaginaires. Son seul acte socialisé a été de réclamer la pose de volets à la fenêtre de sa chambre. Il faut dire que les architectes ont été un peu molles du genou sur cette question : s’il y a bien des volets qui occultent les fenêtres des façades extérieures de la résidence, rien n’a été prévu pour les chambres se faisant face au-dessus de la cour intérieure, ce qui est d’autant plus amusant que c’est le bâtiment des garçons qui observe ainsi celui des filles.

La fille voilée est la seule de son espèce sur tout le campus et plus que son voile ou sa garde rapprochée, ce sont nos regards qui l’isolent du reste du microcosme estudiantin. Il m’est arrivé deux ou trois fois de la croiser au détour d’un des interminables couloirs qui délimitent l’UFR de sciences sociales. Je sais ainsi qu’elle prend des cours de sociologie, tout comme moi, et aussi d’histoire et de géographie. Si la plupart des étudiants ont un temps d’arrêt en la croisant, avant de reprendre leurs activités normales et indifférentes, quelques-uns sont assez excités contre cette invasion pourtant bien discrète. Les opposants larvés et grincheux à la présence de cette fille voilée ne se recrutent pas tant dans les rangs des féministes, des gauchistes, des laïcards et des républicains de tous poils que dans ceux qui revendiquent assurément leur appartenance au catholicisme bien droit dans ses petits mocassins à glands, sa jupe plissée, son carré lisse coincé sous un serre-tête en écaille et sa jolie petite croix d’argent étincelant vaillamment sur le sempiternel pull en cachemire, rabattu négligemment sur les épaules en mode été.

Même encore aujourd’hui, je repense parfois à la fille au voile. Je n’ai jamais pu l’approcher, jamais pu lui parler. Je ne connais pas son nom, ni son parcours, ni sa trajectoire. Mais je me souviens encore parfaitement de sa petite silhouette arrondie par ce tissu si dérisoire et si important à la fois. Personnellement, je m’en foutais de son hidjad, tout comme je m’en foutrais aujourd’hui, de sa burqa. Parce que sa présence parmi nous ne m’a jamais mise en danger, ne m’a jamais remise en question, ne me menaçait en aucune manière, que ce soit dans ma vie ou mes convictions. Parce que sa présence parmi nous, tellement étrange et impromptue pour l’époque, sa présence me faisait sourire.
Elle me faisait sourire parce que je ne pouvais pas m’empêcher de penser que sous ce voile, il y avait une jeune femme, comme moi, une jeune femme qui s’était probablement battue pour pouvoir être là et apprendre ce qu’elle apprenait. Parce que sous ce voile, il y avait un cerveau qui se nourrissait des savoirs stockés dans l’université, un regard sur le monde qui évoluait comme évoluait le mien et qu’importe son accoutrement ou la présence un peu étouffante de son escorte. Pour moi, tout ce qui comptait et tout ce qui compte toujours, c’est que le simple fait qu’elle soit parmi nous était déjà une victoire. Une victoire pour elle et pour toutes les autres femmes.

Je repense à cette fille voilée et chaque fois que j’entends un crétin qui prône l’exclusion de ses sœurs, je ne peux m’empêcher de penser que le chemin de la liberté ne passe assurément pas par l’interdit, l’exclusion ou le retour à la maison, bien planquée, bien cachée et bien loin des regards finalement bien méprisants des bien-pensants.

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106 réponses
  1. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Non, je ne sais pas comment ça se passe. Je n’y suis pas et je ne connais pas grand monde qui y est réellement.

    Ce que je sais, par contre, c’est que cette fille voilée était d’autant plus voyante sur notre campus qu’elle était seule, il y en avait beaucoup plus et depuis bien plus longtemps dans la cité populaire du Mirail juste à côté et que ces femmes, tant qu’elles restaient bien planquées, bien circonscrites dans leur ghetto, ne dérangeaient pas grand monde.

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  2. isa93
    isa93 dit :

    Pas très bien compris où vous voulez en venir.
    Peu importe je suis pour l’interdiction de cette burqua.
    Là çà concerne peu de femmes mais si on agit pas il y en aura de plus en plus.
    Et il y aura ensuite forcément des femmes qui ne veulent pas la porter et qu’on forcera à porter suite à des pressions familiales .
    Vous savez très bien comment cela fonctionne!

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  3. Mohican
    Mohican dit :

    "(..) ce qui est d’autant plus amusant que c’est le bâtiment des garçons qui observe ainsi celui des filles."

    La réciproque devrait être possible si on se fie au Principe du retour inverse de la lumière .

    (ou bien c’est un lapsus révélateur ?)

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  4. Swâmi Petaramesh
    Swâmi Petaramesh dit :

    Je pense que la tolérance d’une large partie de la gauche et des "féministes" vis-à-vis du voile islamique intégral – càd le refus de lutter contre ce phénomène à de fumeux prétextes – sera un jour considérée comme une erreur et une faute historique de cette "gauche" et de ces "féministes".

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  5. egggs
    egggs dit :

    C’est marrant, nous en philo on avait une catho voilée (enfin, comme une bonne soeur quoi…) Elle était très studieuse pendant les 2 ou 3 premières semaines. Après, ça s’est compliqué. Quand il fallait expliquer un point de Nietzsche, par exemple, un passage de "L’Antéchrist", les profs essayaient de prendre mille détours pour ne pas la gêner. Mais ça ne faisait que la gêner d’autant plus. Au bout de deux mois, elle a fini par quitter la Fac, on ne l’a plus revue après les vacances de Noël.

    Comment ferait un prof, par exemple de lettres modernes qui voudrait, par exemple, enseigner le célèbre monologue de Figaro de Beaumarchais (pas un texte provocant, hein, il est programme du Bac depuis l’après-guerre) devant des filles voilées ou en burqa ? Voici un extrait de ce classique :

    "je me jette à corps perdu dans le théâtre: me fussé-je mis une pierre au cou! Je broche une comédie dans les moeurs du sérail. Auteur espagnol, je crois pouvoir y fronder Mahomet sans scrupule: à l’instant un envoyé… de je ne sais où se plaint que j’offense dans mes vers la Sublime-Porte, la Perse, une partie de la presqu’île de l’Inde, toute l’Egypte, les royaumes de Barca, de Tripoli, de Tunis, d’Alger et de Maroc: et voilà ma comédie flambée, pour plaire aux princes mahométans, dont pas un, je crois, ne sait lire, et qui nous meurtrissent l’omoplate, en nous disant: chiens de chrétiens! – Ne pouvant avilir l’esprit, on se venge en le maltraitant."

    (Acte V – Scène 3)

    Alors, Agnès, comment feriez-vous, si <i>vous</i> étiez prof de lettres ou de français, dans une telle situation ?

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  6. souad
    souad dit :

    Si vous avez le temps Agnès de lire Une Femme en colère, de Wassyla Tamzali, on en parlera si vous le souhaitez.

    J’ai vu depuis les années 80 le nombre de femmes voilées ( non pas du vieux voile traditionnel) augmenter à mesure que l’islam politique envahissait toutes les sphères sociales et politiques de mon pays, l’Algérie. J’ai vu aussi que les rues du Caire et d’Alexandrie se vidaient progressivement des femmes sans voile. Aujourd’hui, en Égypte toute femme sans voile dans l’espace public est naturellement prise pour une copte, sinon on peut estimer qu’elle cherche des histoires… Et, les agressions sexuelles ( là je ne vous parle pas de harcèlements) en pleine rue se normalisent, car les affaires quand elles arrivent jusqu’au tribunal, sont traitées en faveur des agresseurs, on demande de plus en plus aux femmes de se voiler pour respecter l’esprit du "mâle public"

    Un des derniers pays qui se croyait à l’abri de cette mode , la Tunisie voit de jour en jour le nombre des femmes voilées augmenter.

    En Algérie, on estime que 50% des adolescentes portent le voile. On s’étonne de plus en plus de croiser des femmes sans voile dans "nos" pays…

    Le voile que les femmes musulmanes portent de plus en plus depuis la révolution des mollahs ne sont plus suffisants pour attester de l’honneur des femmes, de leurs frères, pères ou maris. Après l’influence de l’islam politique wahabite, celui des mollahs et puis on en arrive au niqab importé d’Afghanistan, aujourd’hui porte étendard des révoltes soi-disant musulmanes, que je préfère appeler islamistes.
    Personnellement, quand je suis obligée de traverser à pied les quartiers du Mirail, j’ai froid dans le dos. On peut m’accuser de tous les maux, mais je vis depuis peu en France et je ne crois pas que le féminisme soit contre-productif en matière de luttes

    Le voile, comme le niqab ont un sens: chaque femme qui le porte, a priori le connaît.

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  7. Cagoulle
    Cagoulle dit :

    Pfff… une loi pour interdire le port de tel ou tel vêtement… n’importe quoi !
    Qui est-ce qui va vraiment obéir à une telle loi ?
    Il est toujours interdit aux femmes de porter un pantalon (sans autorisation de la préfecture de police) :

    http://www.maitre-eolas.fr/post/200

    Tout ce qu’ils vont gagner, c’est que certaines fassent exprès de porter le "vêtement interdit" par provocation (comme par le passé, avec le pantalon).

    J’imagine bien la femme, portant un pantalon en dessous de sa burqa, être arrêté pour port de burqa et être jugé "récidiviste" pour port du pantalon… ça va être épique !

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  8. Laurent
    Laurent dit :

    Je ne sais pas trop quoi penser sur la burqa. D’un côté si la femme est obligée de la porter c’est une atteinte à sa liberté, d’un autre l’obliger de ne pas la porter c’est aussi une atteinte à sa liberté.
    Quand j’enseignais à la fac, j’avais 2 filles voilées dans mon cours de psycho, pendant le débat sur le voile. Je préférais qu’elles soient là et voilées plutôt que chez elle et voilées aussi…

    Maintenant le tumulte politico-médiatique sur la question n’est-il pas un prétexte pour marcher sur les plates-bandes du FN de la part de l’UMP, peut-être… Au final on ne voit pas une fille en burqa à tous les coins de rue…

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  9. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Pour dire les choses clairement : je ne me positionne pas ici pour ou contre le voile, qu’il soit intégral ou à franges. Les impératifs vestimentaires ont tendance à me sortir par les trous de nez, dans tous les cas de figure.

    Ce que je dis, c’est que je suis contre une loi qui, sous prétexte d’aider les femmes voilées, commencent par leur coller une prune et limiter leur droits fondamentaux, dont celui de circuler librement. Je dis aussi qu’il ne peut y avoir d’émancipation de la femme sans accès à l’éducation.

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  10. Swâmi Petaramesh
    Swâmi Petaramesh dit :

    @Laurent : « on ne voit pas une fille en burqa à tous les coins de rue… »

    Ça doit dépendre des coins de quelles rues tu parles. Et de burqa, certes pas, mais de niqab, oui.

    Je peux te garantir qu’en banlieue lyonnaise, des niqabs, tu en vois, et personnellement, l’endroit où j’en vois le plus, ce sont les hypermarchés. Va chez Auchiant à "Porte des Alpes" ou "Porte de Lyon", ou va dans les "Leclerc" du coin, ben je peux te dire que tu peux choisir n’importe quel moment de ton choix midi, soir ou week-end, tu tomberas dans le magasin sur un nombre de femmes en niqab que tu pourras mettre au pluriel.

    Et d’après mes propres observations (ben oui, je fais mes courses, et généralement les yeux ouverts, ça aide) quand tu tombes sur une femme qui fait ses courses en niqab (je ne parle pas du simple "foulard" mais bien du fantôme ninja noir voilé de la tête aux pieds), eh bien cette femme est toujours, toujours accompagnée du mâle en tenue "intégriste" de même acabit (à savoir longue barbe, coiffe blanche religieuse dont j’ignore le nom façon napperon breton de ma grand-mère, djellaba grise revêtue d’un anorak, mollets poilus, chaussettes de tennis à bandes bleu-blanc-rouge, Nikes) – et qui lui, ne fait strictement rien à part de la surveillance – ce qui fait que tu peux te livrer à toutes les discussions académiques sur la supposée liberté ou non-liberté des femmes en question, la présence systématique du mâle rend ces considérations… très académiques, justement.

    Je pense que beaucoup de ceux et celles qui se positionnent pour ou contre le niquab ou son interdiction ont pour caractéristique commune majoritaire de n’en voir jamais ou presque jamais.
    Pour ce qui me concerne, j’en vois quasi quotidiennement désormais, jusque dans l’immeuble où je réside.

    Ce qui, forcément, donne un point de vue sans doute moins "théorique"…

    Répondre
  11. Marianne
    Marianne dit :

    Merci de votre texte.

    Envoyer des policiers pour empêcher des femmes en burqa de prendre le bus ou le métro, en prétendant que cela va faire avancer la liberté des femmes… c’est vraiment consternant!

    Pourtant il y a effectivement beaucoup de femmes parmi les couches les plus pauvres de notre société (notamment des femmes seules avec enfants) et il y a dans tous les milieux et toutes les religions (et sans religion) des femmes qui subissent des pressions de leurs proches.

    Aider les femmes qui en ont besoin ici en France, c’est multiplier les actions de formations vers ces public, soutenir les associations qui ont des activités d’orientation et d’information, soutenir l’insertion vers l’emploi et développer les refuges pour toutes les femmes qui ont besoin parfois de se soustraire à leurs proches.

    Mais cela les politiciens se gardent bien de le faire.

    Quand on les écoute les Sarkozy, Raoult, Lefebvre, Copé, et André Gérin, on comprend qu’ils n’ont jamais fréquenté la moindre femme de banlieue, qu’elle soit catho, juive, athée ou musulmane … Ces femmes là n’existent pour eux que comme prétexte.

    Moi, en les écoutant, j’entends des paroles d’hommes avides de pouvoir à tout prix, et surtout si le prix est payé par des femmes de banlieue qui vont se faire agresser par nos policiers sélectionnés sur leur taille et leur force pas toujours sur leur sens de la nuance et du dialogue.

    Je suis une femme française née en 1952 : J’ai bien connu la société patriarcale française, et je reconnais dans ces politicards le même machisme obtus de ceux qui nous refusaient la formation, le travail salarié ("il faut bien que les femmes s’occupent des enfants, cette si noble activité"), et la maîtrise de la fertilité (pilule et IGV).

    En burqa ou en minijupe, une femme doit avoir les mêmes droits que n’importe quel être humain.

    Ces politiciens d’aujourd’hui et ceux d’hier : la même inculture, la même avidité à se garder le pouvoir et la richesse, la même intolérance.

    Formons toutes les femmes pour nous assurer qu’elles puissent accéder par l’emploi à une autonomie financière. Il n’y a pas d’autres moyens de s’assurer qu’elles soient libres.

    Répondre
  12. Inès
    Inès dit :

    Merci Swâmi d’allumer un peu le débat.
    Je ne souhaite pas trancher sur le niqab.

    Je m’interroge sur la façon d’Agnès d’aborder la question .
    Elle choisit l’angle de l’expérience individuelle.
    Mais combien, faut-il d’expériences individuelles, de femmes portant le niqab pour se poser la question de l’émergence d’un mouvement prônant il me semble la séparation des sexes.
    A quel moment quitte t’on la liberté individuelle ( choix d’occuper l’espace public "visage nu" ET choix de l’occuper visage couvert) pour le non-choix ( " le porter sous peine d’exclusion de son environnement social") ?

    Répondre
  13. isabelle
    isabelle dit :

    Pas d’accord. Bien sûr ceux qui légifèrent le font probablement pour de mauvaise raisons et la loi qu’ils proposent sera mal foutue. Il vaudrait mieux commencer par aider les femmes à s’émanciper plutôt que de les sanctionner. Mais il faut parler avec les filles qui vivent dans les quartiers dans lesquels le port du voile intégral se répand. Elles sentent la pression monter. Elles se font traiter de salopes si elles s’habillent un poil sexy. Bientôt pour elles l’alternative sera la soumission volontaire ou les insultes. Pour elles le chemin de la liberté passe par l’interdit. les arguments développés ici m’ont convaincue. http://tinyurl.com/ygt7m43

    Répondre
  14. Inès
    Inès dit :

    "Cette obligation implicite d’exposer nos corps et encore plus nos visages dans l’espace public s’accompagne de l’injonction informelle et constante de ne pas y déparer" ( Extrait de l’article)

    S’il existe bien une injonction à vêtir son corps selon les canons de la mode ( injonction de la publicité) ou à exposer son corps selon les mêmes canons , je ne vois vraiment pas une analogie possible avec le visage.
    Si être visage nu, c’est s’exhiber, alors je n’ai vraiment rien compris.

    Les visages des hommes étant nus eux aussi, subissent-ils une injonction à l’exhibition?
    C’est d’ailleurs un des rares cas où la symétrie homme /femme me semble difficilement discutable.

    Quant à une loi contre le port du niqab ( visage voilé), je ne sais pas me prononcer.

    Cordialement

    Répondre
  15. maryse
    maryse dit :

    BRAVO Agnès!!
    Rien à ajouter, je vois les choses comme vous et ça m’a fait bizarre de lire vos mots, j’avais l’impression d’un miroir où ce que je vois n’est pas un visage mais ce qu’il y a derrière la façade.
    Merci .

    Répondre
  16. Marianne
    Marianne dit :

    Swâmi, en admettant qu’il y ait plus qu’avant de femmes portant un voile intégral (je n’en sais rien, je pense que c’est difficile à démontrer mais je me place dans cette hypothèse), qu’est-ce qui est gênant?

    – Moi ce qui me gène c’est l’idée qu’elle ne le fasse pas de leur propre volonté mais sous la pression de leurs proches. Si on situe le problème à ce niveau, les empêcher de prendre le bus ou le métro ne résout rien. La solution est de leurs donner les outils de l’autonomie: éducation, formation, information et emploi.

    – Si ce qui gène c’est une forme particulière de l’Islam, alors là empêcher des femmes de cette forme de l’Islam de prendre les transports en commun c’est violer notre constitution: parce que là, il y a volonté de discriminer une religion particulière.
    Toute les fois dans l’histoire qu’on a voulu lutter contre une religion particulière par la répression et la discrimination ça a très mal tourné, du point de vue des droits de l’homme.

    S’il y a une forme de l’Islam, disons moins encline à adopter les normes occidentales, dont on veut limiter le développement, je pense personnellement qu’il faut alors améliorer nos normes occidentales : parvenir à faire cesser les discriminations à l’embauche que font les entreprises, et éviter de concentrer les couches les plus pauvres de la société dans des ghettos mal desservis par les transports.

    Au plan international, les normes occidentales seraient plus crédibles si on évitait de soutenir des dictatures dans les pays musulmans où il y a du pétrole (Arabie Saoudite qui prône justement une forme d’Islam très éloignée des normes occidentales), si on évitait de bombarder des civils musulmans (Irak, Afghanistan, Pakistan, Yémen, combien de civils musulmans tués par les occidentaux depuis 10 ou 20 ans ?), et si on évitait de se rendre complice de l’inacceptable de la part d’Israël en Palestine.

    Je pense que mettre au ban de la société les femmes portant un voile intégral a toutes les chances d’augmenter leur repliement, et risque d’augmenter chez un certain nombre de gens, le sentiment d’être rejeté du fait de sa couleur ou de sa religion.

    Amicalement

    Répondre
  17. RiGeL
    RiGeL dit :

    En dehors du fait que je suis extrêmement dérangé de ne pas pouvoir voir le visage des gens que je croise dans la rue (probablement une relent de paranoïa), à mon humble avis, la burqua, ou même le niqab ne sont que des épiphénomènes. Ce qui me dérange vraiment, dans cette situation, ce sont les remarques suivantes :
    "cette femme est toujours, toujours accompagnée du mâle en tenue "intégriste" de même acabit " (swami)
    ou encore
    "ne sort de sa studette que pour se rendre en cours, parfois seule, mais le plus souvent accompagnée d’une sorte de garde du corps" (article)
    Certains dise que pour éviter le voile, il faut
    "multiplier les actions de formations vers ces public, soutenir les associations qui ont des activités d’orientation et d’information" (
    C’est probablement tout à fait exact, mais voilà : Comment "toucher" cette population, lorsqu’il faut d’abord franchir le ou les "garde(s) du corps". Je m’avance peut-être, mais je doute que les "accompagnateurs" de ces dames voient d’un bon oeil un(e) "occidental(e)" (comprenez quelqu’un de non voilé) tenter d’expliquer à sa femme que sa liberté passe par l’éducation, l’abandon du voile, l’accès aux études, au travail, etc… Bien entendu, des femmes voilées font des études, d’autres travaillent. Mais est-ce la majorité ? Dans les pays ou le port du voile est la norme, je n’ai pas l’impression que l’accès à toute forme de socialisation ou d’autonomie des femmes ait été encouragé, voire toléré.
    En ce sens, je considère que le développement de cette pratique est à endiguer au plus vite, pendant que c’est encore possible, et avant que la pression soit trop forte sur celles qui n’en portent pas encore ("l’alternative sera la soumission volontaire ou les insultes" n’est pas une phrase à mettre au lointain futur).
    Ceci étant dit, le problème est posé, et je n’entrevois aucune solution acceptable.
    Une chose est sûre, elle ne consiste de toutes façons pas en la création d’une loi réprimant les femmes elles-même. D’autant plus qu’entre nous, j’imagine assez mal un policier stopper une passante voilée dans la rue et lui mettre une amende pour ça. Ils sont déjà plutôt mal vus, ils ne redoreront pas leurs blason avec ce genre de pratiques, sans compter qu’il leur faudra composer avec les fameux gardes du corps. Une brigade de CRS pour verbaliser une femme voilée…. Hum, ça fait quand même pas très sérieux.

    Répondre
  18. Sam
    Sam dit :

    Bonjour,
    l’argument dominant en faveur de la prohibition dans le fil ci-dessus paraît-être "il ne faut pas accepter le voile sinon il y en aura davantage". Il ne me paraît guère satisfaisant ni convaincant.

    Répondre
  19. Fred., de L.
    Fred., de L. dit :

    A propos de l’Algérie, et de l’Islam politique qui prend de la place…

    Avec la guerre civile, il n’y a pas eu trop le choix… Soit tu rentrais dans le moule, soit tu risquais de disparaître… tué par les militaires… ou les quelques dingues leur répondant…

    Les exclure, au prétexte d’éviter la contagion est complètement absurde, intellectuellement, moralement, et même du point de vue d’une éventuelle efficacité. Je crois que c’est le propos d’Agnès. Probablement présomptueux. Mais d’un autre côté… il y a encore des gens pour croire aux vertus de la fessée, du martinet ou de la boucle de ceinture…

    Répondre
  20. Swâmi Petaramesh
    Swâmi Petaramesh dit :

    Le problème de l’antienne « éduquer, donner les moyens de , etc » c’est qu’elle fournit (peut-être) une solution à long terme, mais que comme le note RiGeL, il risque d’être difficile d’atteindre avec ces seuls outils les femmes actuellement emprisonnées sous un niqab, surtout si celui-ci est imposé par un environnement familial et/ou culturel fort peu favorable à leur "émancipation".
    Donc cette solution est au mieux efficace pour la génération suivante, sans effet sur l’actuelle, et au pire dangereuse pour la génération suivante et l’actuelle en laissant le phénomène se développer, et s’imposer, par le biais de ses zélateurs ne trouvant pas ou peu de "résistance", en tout cas pas de résistance officielle de la société (via la loi).

    Il me semble que seule la loi peut être invoquée pour délimiter ce que la société juge tolérable ou non, et prétendre "enfermer la moitié de l’humanité sous un voile" n’est PAS tolérable dans notre civilisation, point.

    Cela doit donc être interdit, quitte à se poser ensuite la question de l’application pratique de cette interdiction, ce qui n’est effectivement pas évident.

    Marianne écrit : « empêcher des femmes de cette forme de l’Islam de prendre les transports en commun c’est violer notre constitution: parce que là, il y a volonté de discriminer une religion particulière. »

    Faut arrêter une bonne fois avec ces conneries sur la "discrimination".

    La discrimination interdite par la loi (et que la morale réprouve) s’applique aux PERSONNES : Il est interdit de discriminer les PERSONNES au MOTIF DE leur religion – pas de légiférer sur leur comportement en public.
    Rien, absolument rien n’interdit de juger des religions elles-mêmes, dans la mesure où ce sont des OPINIONS, et où je ne sache pas que toutes les opinions se valent (il suffirait alors d’appeler n’importe quelle opinion "religion" ou d’habiller n’importe quel acte de motifs "religieux" pour qu’on n’ait plus le droit d’émettre aucun jugement à son propos ?).

    Je n’ai pas à juger du nom du dieu que mon voisin choisit de prier ou de ne pas prier, et de la position dans laquelle il choisit de le faire ou de ne pas le faire dans l’intimité de son domicile privé ou d’un lieu de culte spécifique prévu à cet effet. Ça c’est du domaine du privé, ça le regarde et ça n’est pas "mon problème". Je n’ai pas à juger ou discriminer mon voisin en fonction de cela.

    Mais nul n’est fondé dans un pays laïc à imposer de quelconques "coutumes" dans l’espace public à des prétextes religieux, dès lors que de telles coutumes poseraient un problème légal ou un problème vis-à-vis des principes fondamentaux de notre société (ici le principe d’égalité en dignité et droits de tous les êtres humains indépendamment de leur sexe).

    LE PRINCIPE D’ÉGALITÉ EN DIGNITÉ ET DROITS DE TOUS LES ÊTRES HUMAINS INDÉPENDAMMENT DE LEUR SEXE DOIT PRÉVALOIR SUR LE "RESPECT" ENVERS TOUTE RELIGION, COUTUME OU CULTURE QUELLE QU’ELLE SOIT.

    « Toutes les opinions sont respectables. Bon. C’est vous qui le dites.
    Moi, je dis le contraire. C’est mon opinion : respectez-la donc ! »
    – Jacques Prévert

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  21. Ana
    Ana dit :

    Le port du voile ne m’indiffère pas, il me blesse dans ma dignité de femme. C’est tout l’obscurantisme religieux qui ressurgit, c’est cette peur des femmes et de leur pouvoir qui effraie tant les hommes. Les voir habillées de noir, les voir se cacher, déguiser leur corps, refuser leur féminité, leur identité de femme me bouleverse. Comme si tout l’insconscient collectif gravé dans le coeur des femmes dominées depuis tant de siècles prenait dans cet accoutrement sinistre un symbole de leur asservissement. Je ne sais s’il faut une loi, peut être oui cette loi ne fera qu’accentuer leur envie de se démarquer, de se trouver une identité, aussi abberrante soit elle. Mais je sais que quand je les vois j’ai mal dans mon coeur de femme.
    Ana.

    Répondre
  22. Swâmi Petaramesh
    Swâmi Petaramesh dit :

    Pescade : « Par ailleurs, une loi doit être impersonnelle et générale. En l’occurrence, ce n’est pas le cas. Il s’agit d’une loi de circonstance, ciblant une population très déterminée : les femmes musulmanes. »

    Non seulement c’est une ânerie, mais tu la répètes, elle n’est pas de toi…

    « Une loi doit être impersonnelle et générale. Donc il est impossible d’interdire le port d’arme, puisque ça cible spécifiquement les gens qui portent une arme. »

    Mort de rire.

    Répondre
  23. Swâmi Petaramesh
    Swâmi Petaramesh dit :

    @Pescade, re : « mais droit des femmes à s’habiller comme elles le souhaitent, sans contrainte d’aucune sorte, dans les deux sens. »

    Ici, tu défends au nom de la liberté individuelle quelque chose qui est revendiqué par l’extrémisme religieux – qui n’a vraiment rien de la liberté individuelle et aucun respect pour celle-ci.

    Crois-tu que les voilées et les "voileurs" défendront ensuite ta liberté de ne pas te voiler ? Sans blague ?

    Révisons nos classiques… Ah, voilà : « Pas de liberté pour les ennemis de la liberté ! »

    Répondre
  24. Swâmi Petaramesh
    Swâmi Petaramesh dit :

    @Incanus : « le port du costard. »

    Déjà, ça serait bien en effet qu’on interdise le port OBLIGATOIRE du costard pour être jugé "conforme" à un entretien d’embauche ou bosser dans telle branche ou telle entreprise (je me souviens d’avoir été viré d’une boîte, il y a longtemps, au motif officiel que je ne portais pas de cravate… Pour la petite histoire je travaillais sans aucun contact avec les clients, et cette boîte fabriquait des stimulateurs cardiaques et avait à l’époque son siège Avenue d’Iéna… Suivez mon regard je ne désigne personne)

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  25. jcd
    jcd dit :

    plutôt d’accord avec la remarque Swami.
    Mais légiférer sur l’habit sur la voie publique est-ce la bonne solution. Il y a toutefois des lois actuellement qui empêche, les femmes de se ^promener les seins nus sur la voie publique, qui empêche d’ailleurs aussi aux hommes de se promener en ville torse nu. Et puis nul ne peut s’habiller "indécemment" et se trouver sur la voie publique. La question n’est donc pas là.
    Par contre niqab et burqua devraient être interdits dans les établissements scolaires et chez les fonctionnaires. Pour le reste ce que dit Marianne n’erst pas incompatible avec une législation. Et RiGel n’a pas tort non plus.
    Bref le problème n’est pas simple et ne doit surtout pas être abordé ni d’un point de vue individuel (comme le fait Agnès) ni d’un point de vue répressif anti-islam (comme le font les promoteurs des législations qui focalisent tous les maux de la société sur l’islam et le port du voile)
    Pour finir : comme Ana mais en tant qu’homme je suis blessé dans ma dignité à voir cette acceptation (forcée ou non) du statut inférieur des femmes.

    Répondre
  26. Pescade
    Pescade dit :

    @ Rigel : les pays "musulmans" qui proscrivent les élèves voilées sont les pays où le taux de scolarisation des filles est le plus en retard : Tunisie et Turquie. Dans ces deux pays, on "espère" qu’à l’horizon 2015-2020 la parité scolaire sera obtenue dans l’enseignement primaire (Turquie) et dans l’enseignement secondaire (Tunisie).

    @ Swami : je pense exactement l’inverse de toi. Ceux qui militent en faveur de l’interdiction du voile intégral, et de la condamnation des femmes qui le portent, sont ceux qui ne connaissent nullement les quartiers populaires. Sinon ils sauraient à quel point ce phénomène est très, très, très marginal et se poseraient sans équivoque la question de l’application de cette loi. Une femme voilée veut prendre le bus : qui va l’en empêcher ? Le machiniste, physiquement ? La police que l’on fait intervenir tout exprès ?
    En Grèce, pendant la dictature des colonels, on avait interdit la mini-jupe. C’est l’exemple que l’on veut suivre ?

    Par ailleurs, que ce soit en Iran ou en Arabie, où le port du voile est obligatoire, et dans d’autres pays où le conformisme social impose la norme du foulard, il n’existe aucun mouvement féministe qui réclame l’interdiction du voile. Ces féministes réclament simplement la suppression de l’obligation du voile, mais nullement sa prohibition et encore moins la condamnation ou l’exclusion publique des femmes voilées.

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  27. Pescade
    Pescade dit :

    Non Swami, on ne vote pas une loi pour se poser la question de l’application pratique "ensuite".

    Par ailleurs, une loi doit être impersonnelle et générale. En l’occurrence, ce n’est pas le cas. Il s’agit d’une loi de circonstance, ciblant une population très déterminée : les femmes musulmanes. Autant de caractéristiques qui concourrent à en faire une loi d’exception.

    La question n’est pas d’être "laïque" ou pas (surtout dans un pays "laïc" où pullulent les architectures ostentatoires de la religion dominante), mais droit des femmes à s’habiller comme elles le souhaitent, sans contrainte d’aucune sorte, dans les deux sens. Que ce soit pour arborer un décolleté vertigineux ou un voile. C’est ce que défend Shirin Ebadi, l’avocate iranienne prix Nobel de la paix 2003. Et je le répète : aucun mouvement féministe dans les pays dits "musulmans" ne demande la prohibition du voile, pas plus qu’ils ne demandent de condamnation et d’exclusion des femmes voilées.

    Répondre
  28. Incanus
    Incanus dit :

    Moi si on interdit le voile, je veux qu’on interdise
    1° les nones
    2° le port du costard. Y a que les gros connards qui en portent, c’est moche, c’est uniforme, c’est laid, c’est pédant, c’est pitoyable et en plus c’est le signe presqu’infaillible d’une mentalité sectaire et petite-bourgeoise. Sans parler du mauvais gout, du conformisme social et du coté uniforme entrepreunarial. Donc c’est dangereux, pour les gens qui croient volontairement vouloir le porter, donc il faut l’interdire, pour leur propre bien.
    3° le port de plein de vêtements qui me gênent. Ben ouais, fait chier quoi, c’est à moi de décider ce que les autres peuvent ou non porter quand le port dusdit vêtement choque ma sensibilité profonde (comme le port de ballerines tiens).

    Voila j’ai appliqué ci dessus la méthode des partisans de cette loi "de progrès", il n’y a aucune différence de logique ou d’intention (il faut absolument sauver les porteurs de costard d’eux même, je vous le jure), entre ma démarche et la leur, alors si on fait une loi spéciale sur la burqa, merde, je veux mes lois spéciales à moi aussi.

    Y a pas de raison.

    Donc peut être qu’en fait, une fois bien réfléchi, on laissera peut êeeeeeetre les gens porter un peu ce qu’ils veulent parce que si on veut jouer à qui c’est le plus gros con, je suis le meilleur joueur du monde et on est pleins pleins pleins à pouvoir jouer, hein.

    Répondre
  29. Swâmi Petaramesh
    Swâmi Petaramesh dit :

    @Marianne : « dans ce type de domaine je pense qu’on ne peut agir avec efficacité que sur le long terme. »

    Faut juste avoir du temps devant soi et l’esprit assez serein à propos des dégâts qui surviendront avant par souci de ne heurter personne…

    Répondre
  30. Lalla
    Lalla dit :

    ouais dans les 90 comme tu dis, au moment ou nous allions à la fac comme tu dis ma cousine et plusieurs de ses amies sont mortes en Algérie comme tu as oublié mais ces personnes t’étant étrangères au fond tu t’en carres bien que cela ait fait la une des journaux pendant de nombreuses semaines. elles ont été abattues au milieu de la rue car non voilées; Musulmanes, pieuses et pratiquantes elles ont préféré mourir le visage découvert…

    Dans les 90 j’ai rencontré à la fac comme tu dis une prof de littérature arabe qui n’avait eu d’autre choix car elle défendait une cause féministe que de quitter son pays encore une fois l’Algérie, cédant aux pressions une fois que son mari qui soutenait sa cause fut battu a mort devant elle car elle ne portait pas son PUTAIN DE FOULARD.

    Dans la ville ou je vis, la pratique d’un islam tendant vers le radicalisme est majoritaire je bosse avec des nanas sympas curieuses drôles qui ne portent ni hijab ni burqa et sont bien contentes de n’avoir pas à le faire leur horizon est suffisamment grillagé comme ça, pas de sorties sauf facebook, pas d’amies inconnues de la famille, pas d’avenir professionnel, PAS D’ETUDES et on ne leur a pas demandé leur avis, ce avec ou sans burqa. Elles attendent qu’un mec les épouse pour gagner un peu en liberté, parfois beaucoup par chance. VOILA COMMENT CA SE PASSE;

    et toi qui vit au 21es qui prétend avoir vécu 90’s sous prétexte d’une tolérance bien pensante tu viens donner des leçons sur la législation sur la burqa ? Tu as un avis la dessus toi ? Qu’est ce que tu connais de ça ? et de ce monde ? sinon ton autosatisfaction obscène a te trouver super bien comme nana parce que tu trouves ça cool de croiser à la fac une nana qui porte un voile

    Tu ne sais RIEN de ce monde là, tu n’as rien à dire, ni que tu es pour ni que tu es contre cela ne te regarde même pas tant ton ignorance est assassine.

    Elles font des études tu crois les nanas en burqa ? Elles ont le choix ? Sur ma vie, vive le gouvernement sarkozy et dieu sait que je l’exècre car cette forme de choix là BURQA OU PAS (!!!!) n’existera pas dans mon pays. Et ce que tu le veuilles ou non apprends un peu la signification d’absence de choix ça t’ouvrira des horizons.

    Continue à piétiner des morts parce que tu penses être "du bon côté" de la balance et que tu veux avoir l’air de "quelqu’un de bien", de toutes façons ils s’en foutent ils sont morts et par chance ton avis ne pèsera rien.

    Répondre
  31. Swâmi Petaramesh
    Swâmi Petaramesh dit :

    @Marianne (@Phil) « Quand on a autant que vous le sens de l’échange d’idées »

    On n’échange pas d’idée avec les extrémistes religieux. On les combat – pendant que les amateurs d’échanges d’idées discutent et débattent dans le vide et sans aller nulle part, sinon au bout du compte à laisser l’issue du débat aux moins bavards et plus agissants.

    Répondre
  32. Brutus
    Brutus dit :

    Swâmi avec ton …mâle en tenue "intégriste" ,à savoir longue barbe, coiffe blanche religieuse dont j’ignore le nom façon napperon breton de ma grand-mère, djellaba grise revêtue d’un anorak, mollets poilus, chaussettes de tennis à bandes bleu-blanc-rouge, Nikes…t’as pas l’impression de donner dans le cliché ? Parce que par chez moi je n’en ai jamais vu un seul dans les parages d’une(rare) "niqabiste"!!

    Quant a Beaumarchais s’il croyait vraiment que pas un seul prince mahométan, ne savait lire, le moins que l’on puisse dire c’est qu’il a du rater quelques épisodes entre le moyen-âge et la renaissance!

    Enfin toute cette hystérie se terminera dans de grossiers amalgames du style si vous n’êtes pas pour flanquer 1000 € d’amendes aux femmes voilées, c’est que vous êtes forcément un disciple de Ben Laden. Nouvelle de variante de guerre en Irak ou fan de Saddam.

    Répondre
  33. fao
    fao dit :

    "Pour dire les choses clairement : je ne me positionne pas ici pour ou contre le voile, qu’il soit intégral ou à franges. Les impératifs vestimentaires ont tendance à me sortir par les trous de nez, dans tous les cas de figure."

    Il ne s’agit pas d’une simple mode vestimentaire, mais d’un affichage public de secte, ni plus ni moins. Il y a là tout l’arrière fond d’emprise mentale exercée. Faut il l’interdire par une loi ? C’est la question.

    Répondre
  34. phil
    phil dit :

    Ton expérience individuelle, Agnès, a ses limites. C’est dégoulinant de bons sentiments, bourré de clichés ("les mocassins à glands, pfff) et d’une sincère naïveté, mais ne pas oublier que nous vivons dans une société républicaine et laïque.
    Les temps aussi ont changé depuis tes chères études : l’islam intégriste (je dis bien intégriste) fait des ravages au Soudan, en Afrique du nord, en Asie.
    Le niqab et la burqa me choquent car ils rabaissent la femme. Quelle régression incroyable.
    Aucun animal dans la nature, à part l’homme, n’habille sa femelle par dessus la tête. Et ça ne te choque pas plus que ça ?

    Maintenant, les femmes qui le portent en France (j’ai bien dit en France) sont des victimes d’accord, mais consentantes. Elles savent dans quel pays elles vivent et elles participent à un combat militant visant à imposer leur foi à tous, en tous lieux.
    Un extrémisme en appelle toujours un autre. Et désolé je ne veux pas d’une société où chacun affichera son particularisme religieux, facteur de division, porte ouverte à tous les communautarismes et à toutes les aberrations: en Angleterre, les sikhs bénéficient d’une dérogation à la loi pour ne pas porter de casque en moto, au prétexte qu’ils ne peuvent pas enlever leur turban.
    Dans ce combat rétrograde, ces femmes voilées piétinent nos valeurs républicaines: "liberté, égalité, fraternité".
    N’en faisons pas des boucs émissaires, mais réaffirmons simplement nos valeurs. Et, désolé, plus de burqa dans les rues.

    Répondre
  35. Marianne
    Marianne dit :

    Lalla, quelle agressivité! Que d’accusations absolument injustifiées.

    Quand on a autant que vous le sens de l’échange d’idées, ça ne m’étonne pas qu’on prône l’interdiction…

    Quand à ceux qui soulignent que les mesures que mon post préconise n’auront des effets qu’à long terme: effectivement, dans ce type de domaine je pense qu’on ne peut agir avec efficacité que sur le long terme. Et vouloir absolument agir à court terme ne peut, à mon avis, que conduire à des mesures brutales, aux effets contre-productifs et injustes.

    Désolée phil, mais les femmes qui portent le voile intégral, elles ne piétinent, en France, que quelques trottoirs … faut arrêter les fantasmes.

    Et pour ce qui est de violer mes valeurs de "liberté, égalité et fraternité", je connais infiniment pire que les niqabs de quelques femmes .. .

    Répondre
  36. balourd
    balourd dit :

    """On n’échange pas d’idée avec les extrémistes religieux. On les combat – pendant que les amateurs d’échanges d’idées discutent et débattent dans le vide et sans aller nulle part, sinon au bout du compte à laisser l’issue du débat aux moins bavards et plus agissants."""

    Mort de rire ! : Cogne d’abord et cause aprés ….

    Répondre
  37. chris
    chris dit :

    Dans les prisons françaises, c’est par l’apprentissage de la lecture à ceux -les exclus du systéme- que le professeur avait repoussé, que la religion a fait son nid. Un zeste de communautarisme a décidé les recalcitrants à la bonne parole : tu es avec nous ou contre nous. Il n’y a pas de débat intellectuel dans une prison ( ni de gentils gôchistes bien pensants).

    L’intégrisme a su adroitement ne pas contrarier le bizness, mais au contraire l’infiltrer, prélever sa dime.

    Certes, ce n’est pas en verbalisant des femmes voilées qu’on se protégera…, au contraire, l’intégrisme se fondra dans la clandestinité, mais l’exemple anglais démontre aussi que chaque porte enfoncée de la démocratie est un assaut contre la liberté.

    Répondre
  38. Oignon
    Oignon dit :

    Euh, juste un mot pour vous faire remarquer qu’en cas de vote d’une loi interdisant le voile intégral, la France (vous savez, là, le tryptique, Liberté, Egalité, Fraternité, pays des Droits de l’Homme etc…) aura le privilège d’être le premier pays d’Europe à rejoindre le club assez fermé des Etats qui interdisent (ou imposent) une tenue vestimentaire. Notons qu’à chaque fois, cela concerne la tenue des femmes. Pas de quoi être fier, en somme…

    Répondre
  39. chris
    chris dit :

    Il n’y a pas que chez Auchiant ! Sur les marchés forains, savez ces endroits pittoresques oû le bobo béat aime à follatrer le samedi matin. Il y a longtemps que ces terrains là aussi ont étè abandonnés, et qu’une guerre discrète a fait rage concernant l’islamisation du m2 disponible.

    Répondre
  40. laurent
    laurent dit :

    @Swani (je réponds à ton intervention qui commence par: @Laurent : « on ne voit pas une fille en burqa à tous les coins de rue… »
    Ça doit dépendre des coins de quelles rues tu parles. Et de burqa, certes pas, mais de niqab, oui. […]"

    Effectivement je n’erre pas dans les grandes surfaces mais plutôt dans les marchés. Et dans les marchés j’y vois des hommes en djellaba, des femmes en djellabas, quelques voiles mais pas de Burqa, mais là n’est pas le débat.

    Les lois sont faites pour la France entière et pas seulement pour les grandes surfaces du lyonnais, et du coup ça rend le débat pratique pour tous et pas seulement théorique. La tendance actuelle des lois est la privation de libertés. Toutes les lois sont faites à l’heure actuelle pour faire de bons consommateurs normés. Hadopi, la burqa, l’identité nationale sont des actions gouvernementales tendant à créer un moule dans lequel tout le monde se fond dans la masse, et c’est ça qui me dérange. Pourquoi la France devrait être peuplée de gens uniformes, il me plait à moi qu’il soit un patchwork du moment que tout le monde est libre du choix de la couleur.

    Il faut quand même reconnaître que depuis l’histoire des minarets en Suisse, on nous parle de Burqa alors que c’est quand même un débat qui prend une ampleur démesurée par rapport à la minorité de personnes qu’il concerne, pendant ce temps là le gouvernement nous annonce qu’en 2010 le chômage va baisser en omettant de nous dire que c’est parce que 1 000 000 de chômeurs seront radiés des listes et pendant ce temps on parle de burqa et de niqab… et pendant ce temps là on applique les idées du front national et tout le monde est d’accord… soit… Je retourne à amarres…

    Répondre
  41. Marianne
    Marianne dit :

    RiGel je vous cite "D’autant plus qu’entre nous, j’imagine assez mal un policier stopper une passante voilée dans la rue et lui mettre une amende pour ça. Ils sont déjà plutôt mal vus, ils ne redoreront pas leurs blason avec ce genre de pratiques…"

    Je vous trouve sacrément optimiste. Il y des policiers par chez moi, qui ne semblent pas avoir excessivement de scrupules à dégager un SDF de sa bouche de chaleur par une nuit très froide en plein hiver. Comme j’ai été témoin de cela et que je protestais (poliment), j’ai vu la baraque de 2 mètres me toiser, les mains sur les hanches, de manière à m’intimider …

    Il y a des policiers qui enlèvent les tentes de SDF et dégagent leurs affaires, alors qu’ils ne dérangent personne et qu’on est en plein hiver.

    Il y en a qui envoient promener quelqu’un qui leur demande poliment une information sur un incident en cours dans la rue …

    Les policiers ou CRS détruisent les campements de migrants afghans qui n’ont nulle part où aller, et alors même qu’ils ne gênent personne.

    Les policiers empêcheront ces femmes de prendre les transports en commun et tout le monde regardera ailleurs. Parce que ce sera la loi. Point.

    (Je sais que certains policiers n’aiment pas faire ce genre de chose … et n’aimeront pas aller embêter des femmes, mais je n’ai pas le sentiment qu’ils soient majoritaires, et leur boulot c’est d’obéir aux ordres)

    Répondre
  42. Dr No
    Dr No dit :

    "ce qui est d’autant plus amusant que c’est le bâtiment des garçons qui observe ainsi celui des filles."

    Je m’insurge votre honneur contre cette insinuation sexiste de bas étage. Il fallait écrire "que c’est le bâtiment des garçons qui observe ainsi celui des filles … ET VIS VERSA !"
    Oui, vis versa. Na ! 😉

    Répondre
  43. Swâmi Petaramesh
    Swâmi Petaramesh dit :

    @Laurent : « La tendance actuelle des lois est la privation de libertés. »

    Oui, et je suis le premier à le déplorer. Mais prendre la burqa (ou le niqab) comme exemple de "libertés" à défendre, c’est AMHA une erreur monumentale.

    J’abhorre ce gouvernement et ne me fais aucune illusion sur ses motivations et ses basses manoeuvres (comme en effet focaliser l’attention sur quelques centaines de niqabs pendant que l’autre main camoufle un million de chômeurs en fin de droit, certes).

    Ça ne fait pas pour autant du niqab un non-problème ni ne justifie de le défendre au motif de "cette saloperie de gouvernement qui accumule les lois liberticides" (ce sur quoi je suis bien d’accord).
    Sauf que de mon point de vue, niqab et intégrisme religieux sont encore bien plus liberticides que n’importe quel gouvernement Sarkozy…

    Puis-je te conseiller la relecture du commentaire #36 de Lalla ?

    Répondre
  44. Swâmi Petaramesh
    Swâmi Petaramesh dit :

    @Laurent : « Effectivement je n’erre pas dans les grandes surfaces mais plutôt dans les marchés. »

    Celle-là aussi, je l’ai déjà pas mal entendue dans divers contextes.

    Tu me pardonneras je l’espère d’errer dans des lieux de consommation de masse beaucoup trop prolétariens pour un véritable intellectuel de gauche cultivé qui ne daignerait certes pas se mêler au vulgaire comme je le fais sans vergogne en poussant mon caddie…
    Comment, je ne vais pas UNIQUEMENT acheter du bio dans des marchés où le vendeur de dattes et d’épice en Djellaba fait tellement pittoresque ?

    Trop la honte. Il est vrai, le véritable intellectuel de gauche parle du peuple et de la burqa, et en matière de peuple croise surtout celui qui a les moyens de faire son marché bio et d’acheter son "café équitable" et son jeans en "coton équitable". Entre gens du même monde, quoi.

    Moua. Ha. Ha.

    Répondre
  45. souad
    souad dit :

    Encore une fois, je vous invite à lire une algérienne Wassyla TAMZAli, Une Femme en colère, lettre d’Alger aux Européens désabusés, sorti en novembre dernier.

    L’islamisation des mœurs en Algérie n’a pas attendu la longue guerre civile ( on estime le nombre des victimes à 150 000, sans compter toutes les femmes violées qui sont toujours en vie) …

    D’ailleurs si en politique les islamistes n’ont pas réussi à prendre le pouvoir, ils peuvent s’en passer car ils ont pris l’espace public, et là ça fait mal les amiEs!
    Quand on parle de la soi-disant liberté des femmes à porter un vêtement l’occultant c’est qu’on accepte , comme cette femme, qu’elle n’est qu’un corps érotique porteur de fitna dans l’espace public et que pour maintenir la cohésion et la paix publiques, les femmes doivent s’abstenir de réveiller le désir des hommes dans l’espace public c’est franchement avilissant, pour elle-mêmes, pour celles qui ne le portent pas, pas encore! Après la ghétoisation des populations héritées de l’empire colonial, on estime sous couvert de liberté que ces populations ont droit à leur culture, n’est-ce pas du racisme déguisé au fond?

    Le danger pour toutes ces femmes et leurs petites filles vivant dans des cités où la révolution sociale n’a pas été faite ( la famille et les traditions d’origine sont absolument SACREES, on n’ y touche pas) et où la république des frères organise leurs vies, le danger est que toutes celles qui continuent à vivre dans le milieu portent progressivement le voile et pourquoi pas le niqab, peut-être pour des raisons "religieuses" mais au fond c’est bien une "identité" qu’elles affichent.
    Le voile et le niqab stigmatisent, je vois les futurs arguments des 6 millions d’électeurs de FN.

    De grâce ne me dites pas qu’elles sont libres. Prenez le temps de vous balader dans les cités, de sentir ce qui s’y joue. Les soi-disant islamistes "modérés" ne se sont pas prononcés devant les médias sur la burqa, sa signification, son utilité, ses objectifs et …son origine géographique. Et oui aujourd’hui le monde musulman suit l’actualité afghane, eldorado des jeunes révolutionnaires islamistes.

    Lisez les féministes de culture musulmane, allez faire un tour dans les cités, ou prenez un billet pour la Somalie, le Soudan, l’Egypte, l’Algérie , bien sûr il faudra avant regarder des photos de ces pays avant le ras-de- marée islamiste et fasciste
    Les femmes portant le niqab sont directement ou indirectement encadrées par quelques barbus croyant à la révolution par la religion.

    Répondre
  46. souad
    souad dit :

    Et si en France, de nouvelles pratiques se généralisaient dans l’espace public: imaginons que des individus adeptes des pratiques sm sortent en couple ou en groupe avec des colliers autour du cou, des laisses au bout desquelles serait attachéE un partenaire de jeux, des tenues affriolantes, des cravaches et pratiqueraient donc en toute liberté leurs jeux favoris en plein jour, dans la rue ? Est-ce que l’Assemblée, alarmée par le nombre croissant de ces nouvelles pratiques dans l’espace public, se poserait des questions durant des mois sur le bienfondé de ces jeux entre adultes consentants? Se poserait-elle des questions sur le principe de ces pratiques de personnes convaincues de leur liberté et de leur libre arbitre etc?

    Autre question :

    Et si la burqa avait été exclusivement portées par des Françaises de souche, est-ce que l’Assemblée aurait été tentée d’interroger la religion et les religieux?

    Il me semble important qu’on remette les choses à leur place, qu’on sache en France où en sont les consciences d’une certaine gauche par rapport à la culpabilité et par rapport au vrai intérêt porté à ces Français "différents"

    Répondre
  47. Inès
    Inès dit :

    Après lecture des commentaires – tous d’un niveau ,pour une fois élevé, compte-tenu du sujet.- je pense qu’il y a une erreur
    à centrer le sujet sur un vêtement .
    Le coeur du sujet est le visage. Jusqu’à ce jour, je n’ai jamais pensé que je vivais le visage nu, exposé comme l’exprime clairement l’article.
    C’est une idée qui m’est complètement étrangère; mon visage est-il obscène qu’il faille le couvrir?
    Cette idée d’ailleurs est assez universelle , regardons la plupart des pays et pas seulement l’Occident ( Chine, Amérique du Sud, Groendland, îles polynésiennes, derniers territoires de tribus indigènes , Russie, pays d’Afrique et du Maghreb etc…, etc…

    Dans les pays du Maghreb , le phénomène est récent.
    Pour info , lire le blog de Leila Babès:

    http://leilababes.canalblog.com/arc

    Le visage des femmes n’est pas un caractère sexuel secondaire qu’il faille cacher sous peine d’obscénité.

    Il y a vraiment consensus la-dessus.
    On ne peut légiférer sur le port d’un vêtement, mais le tissu qui masque la bouche et le nez est-il un vêtement? Non, j’en suis sûre. Alors?

    Répondre
  48. jardin
    jardin dit :

    Réflexe purement sanitaire: dès que nos majestés des mouches essaient de nous interdire quelque chose, voire même de solliciter notre indignation ou notre réprobation sur quelque thème que ce soit, un clignotant rouge-danger doit s’allumer dans nos petites têtes auparavant naïves.

    Quand les bonnes soeurs chez lesquelles j’ai passé (au presse-purée) quatre années de mon adolescence commençaient un grave discours sur la Liberté avec majuscule, je savais ce qu’elles mijotaient: m’en enlever une, toute petite (ou pas) mais bien réelle au profit d’une autre, aléatoire, fictive, voire post mortem.

    Et je leur disais MERDE. En silence, quand même, hé, à défaut de liberté de parole, j’avais droit au "Je me tais mais j’en pense pas moins"

    Répondre
  49. laurent
    laurent dit :

    @ swami

    Tu portes des jugements de valeurs sur ce que peut être mon être, sans rien en savoir. Je répondrai quand même à ton intervention pour te dire que je suis de gauche mais ça n’a rien à voir avec la question de la burqa, puisqu’il est question de la condition des femmes de l’islam et de leur liberté. Quand à être intellectuel, je n’en sais rien, si c’est une pique elle me flatte et je t’en remercie…

    Enfin sur la consommation, je n’ai pas de voiture et donc je ne vais pas dans les centres commerciaux qui sont difficiles d’accès aux piétons. Je cultive mon potager, et j’essaye d’aller dans des marchés assez "normaux" et je n’ai jamais croisé de vendeur comme tu les décrits. Enfin la semaine dernière je me suis rendu dans un carrouf’ et quand j’ai voulu payé l’imprimante des chèques ne fonctionnait plus… la caissière insistait et ça faisait 10 minutes que ça durait, je lui ai dit que j’allais le remplir à la main et elle m’a dit que je n’avais pas le droit. J’ai vu rouge, je lui ai pris le chèque des mains je l’ai rempli à la main, la caissière central et le chef de la sécurité sont venus à son aide et j’ai continué de remplir mon chèque… Ils m’ont dit en choeur que je n’avais pas le droit. J’ai posé le chèque en leur montrant que je payais et que ça n’était pas interdit de remplir un chèque à la main… Je venais de rentrer dans un système où je ne rentrais pas dans la case et j’ai horreur des cases…

    Enfin il ne faut pas croire que l’on fait des économies dans les Carrouf’ ou autres au contraire la grande distribution a mis en place un système qui fait consommer plus et dépenser plus… et finalement si tu rencontres des femmes en niqab dans ces endroits c’est qu’elles sont presque complètement intégrés ou alors c’est que des fois si le voile est visible ce n’est pas forcément celui qui mets le plus d’œillères…

    Ce que je veux dire c’est que sur un fait qui pourrait être traité par des associations de proximité par exemple, par le dialogue, ne gagne rien à être surmédiatisé. Je ne dis pas que le port de la burqa est un choix, mais les politiques s’en servent dans une visée globale à tuer les libertés…

    Travailler plus pour gagner plus, c’est en fait pour consommer plus…

    Répondre
  50. Marianne
    Marianne dit :

    Tous les musulmans ou musulmanes que je connais rejettent le voile intégral. Mais ils ne jugent pas pour autant qu’il faille interdire les transports à celles qui le portent.

    Répondre
  51. totoze
    totoze dit :

    A propos de la France seul pays avec gnagnagna, c’est des conneries et ça m’a fait de la peine de voir Alain Gresh les propager. Car bien sur dans la vraie vie (© S. Fontenelle), dans tous les pays il y a des lois règlementant ton habillement en public (et même chez toi).

    Répondre
  52. astarte en attente de rencontrer phoebus
    astarte en attente de rencontrer phoebus dit :

    rigolo vraiment drôlatique

    faire une loi qui interdise cette "horreur" de voile intégral empêcherait la contamination de notre belle société par CE fondamentalisme musulman

    comme prohiber le cannabis a permis d’empêcher qu’un lycéen sur deux en aie goûté par exemple, etc etc sur la vertu inhibitrice de l’interdiction assortie d’amendes ou de pénal même

    pour Lalla, une analyse même superficielle montre que le fondamentalisme en Algérie a prospéré grâce aux laïcs au pouvoir et que les assassinats des civils, on a du mal encore à ce jour à les attribuer à X ou à Y
    car les militaires au pouvoir ont intégré depuis très longtemps les techniques de contre-insurrection de l’OAS et avant elle de la digne armée française.

    Quant au POURQUOI de la montée de l’idéologie intégriste chez les enfants de celles qui se sont dévoilées, il serait plus judicieux de la poser cette question. Positionne-toi en AMONT, ne pas se traiter les effets des symptômes d’un MALAISE dans la civilisation oxydentale par la punition et encore plus d’exclusion

    je rencontrais des Hari Krishna dans les rue, ils ne m’ont pas convertie, des gothiques avec coiffe iroquoise et moult percing, non plus.
    alors vraiment se voiler totalement (j’avoue que je trouve ça plus idiot qu’autre chose) et "s’exhiber" ainsi, c’est du prosélytisme éhonté?
    il faut concevoir ce système bien poreux et bien perméable à la régression pour envisager de le défendre à coup d’oukazes dont tout le monde ici sait que
    -bon divertissement
    -tout le monde s’y ralliera, gauche pour des raisons anti-religieuses ou féministes, droite pour des raisons co-subtancielles à elles, et les néoconservateurs français qui érigent notre compréhension du monde comme Choc des civilisations
    et présenter l’islam ainsi au travers d’une aberration sur sa périphérie justifie la destruction de la Palestine, de l’Irak, de l’Afghanistan, du Pakistan, de la Somalie, du Soudan, du Yemen
    en attendant l’Iran

    en effet, les programmeurs de ce genre d’enflement médiatique récoltent ce qu’ils escomptent, dl’impression dans les esprits qui absorbent passivement ce matraquage: islam= le truc moche à abattre

    Répondre
  53. Pierre de Mars
    Pierre de Mars dit :

    Bonjour

    Ton texte suscite manifestement beaucoup de commentaires!
    Pour ma part, je suis d’accord avec toi. La loi ne fera qu’amplifier l’exclusion de ces femmes portant le "voile intégral" en les stigmatisant un peu plus encore…elles et leurs coreligionnaires. Et puis comme tu le sous-entends très bien, quel danger font-elles courir à ceux qui les entourent?
    Ce disant, à chaque fois que je vois une femme-fantôme, cela m’attriste, m’agace. Quel gâchis, me dis-je en mon for intérieur!

    Répondre
  54. plonk
    plonk dit :

    ‘tain, Petaramesh, ça me fait plaisir que tu sois si lucide sur le niqab et que, malgré ta tendance à l’ironie (chui fan de ton site), tu ne tergiverse pas sur le sujet.

    La seule question qui se pose (on a perdu trop de temps avec les débats scolastiques sur la-liberté-des-emprisonnées), pour ceux qui sont conscients du danger de la montée de l’intégrisme et de l’enfermement des femmes qui en découle, c’est : comment faire, concrètement (loi, etc.), pour faire reculer le niqab ?

    Une amende ? Mouais, en cas de récidive, mais bon les flics-pompe-à-fric…

    Faire déposer une déclaration au poste à la concernée (en prenant bien soin de la séparer de son *** de mari facho auparavant) ? Ca pourrait être l’occasion de discuter, de prendre ses coordonnées et d’assurer un suivi par la suite (genre, on passe dans le quartier et on vérifie que son mari la laisse sortir, si ce n’est pas le cas, hop, re-convocation au poste, puis approfondissement du dossier avec éventuelle proposition type "on te trouve un boulot et un logement ailleurs pour qu’il te retrouve pas et tu refais ta vie ailleurs"). Cest coûteux, mais c’est encore réalisable, tant qu’il n’y en a pas encore trop (ce qui ne sera pas le cas longtemps…).

    Quelqu’un peut me dire si des gens qui s’y connaissent ont planché sur le sujet ? Vous avez des idées ?

    Répondre
  55. plonk
    plonk dit :

    @swami : ceci dit, je trouve ton commentaire sur les "marchés" (réponse à Laurent) assez déplacé. Je fais moi-même les marchés, comme 95% des gens qui vont au marché dans les quartiers populaires, non pas pour acheter du bio, mais pour acheter mes légumes (avec plein de pesticides dedans) à des prix très inférieurs à ceux des supermarchés. Enfin, traiter les autres de "bobo" (alors qu’il ne s’agit probablement ni de bourgeois, ni de bohèmes (car ne rien glander de sa vie, ça n’est accessible qu’aux rentiers)), je trouve ça mesquin.

    Voilà !

    Répondre
  56. RiGeL
    RiGeL dit :

    @ Sam

    Je commenterai bien ton commentaire, mais si c’est tout ce que tu as retenu de la lecture du mien, j’ai peur que ce soit inutile. Je vais donc m’abstenir.

    @Incanus

    Je pourrais presque être d’accord avec toi sur le port du costard, bien que j’en porte un moi-même (non, je ne suis pas obligé, mais oui, ca m’apporte une légitimité (conne, je le reconnais) dans mon boulot. Il me semble tout de même qu’il existe une légère différence entre le costume et le voile intégral. Le costume, après le boulot, je l’enlève, je mets un T shirt et un jean et je vais me promener. Certaines femmes voilées adoreraient, je pense, avoir cette possibilité.

    @Lalla

    De toute évidence, tu as eu une histoire douloureuse et tu as une opinion beaucoup plus tranchée que la moyenne sur cette histoire. Cela dit, t’en prendre de façon aussi véhémente à l’auteure de l’article, je ne suis pas certain que ce soit la manière la plus efficace de faire passer tes idées.
    Un discours intégriste, qu’il soit religieux ou pas, a souvent tendance à déclencher la violence, plutôt que de tenter de résoudre le problème. En ce qui concerne ton "tu n’as rien à dire, ni que tu es pour ni que tu es contre" : laisse moi juste te rappeler une chose : nous avons la chance de vivre dans un pays ou toutes les opinions peuvent s’exprimer, même si elles sont (ou te paraissent) illégitimes. Toi, qui trouves qu’Agnès n’est pas assez virulente, tu veux lui mettre un foulard sur la bouche, pour l’empêcher de s’exprimer ? Quelle tolérance ! Si on laisse des gens comme toi s’occuper des problèmes de foulard, je ne suis sur que d’une chose, ca finira dans le sang. Je crois sincèrement que tu es aussi intégriste que les gens que tu combats. Pour ça, tu ne vaut pas mieux qu’eux.

    @ Marianne

    Oui, il y a des policiers qui font 2 mètres, baraqués comme des armoires normandes, et qui oseront absolument tout, sans le moindre problème de conscience. Mais très franchement, va dans un commissariat, et tu t’apercevra qu’une fois que tu as repéré les 10 % de brutes épaisses prêts à tout, tu as 90% de gens normaux, qui n’ont pas forcément très envie de se comporter comme des cons.

    @ Laurent

    "Pourquoi la France devrait être peuplée de gens uniformes, il me plait à moi qu’il soit un patchwork du moment que tout le monde est libre du choix de la couleur."
    En gras, les mots importants, de ta phrase. Ces conditions sont-elles remplies ?

    @souad

    "De grâce ne me dites pas qu’elles sont libres."
    Ben non, on ne le dit pas du moins pour l’immense majorité d’entres elles. C’est bien ce qui pose problème, justement.

    imaginons que des individus adeptes des pratiques sm sortent en couple ou en groupe avec des colliers autour du cou, des laisses au bout desquelles serait attachéE un partenaire de jeux,… … dans la rue ?
    Je leur donne 15 minutes, avant de se faire embarquer manu militari par la maréchaussée.

    Répondre
  57. béa
    béa dit :

    si ce qui fait vraiment chier tout le monde avec la burqua c’est que ce soit un signe religieux, portons-la, ca la désacralisera et ca libèreras et libèrera en même temps les femmes a qui elle est imposée. Elles ne seront plus isolées dans la rue en plus de l’être chez elle.

    En plus ca me permettras de faire chier pour pas grand chose les connasses de cul-bénits – sert tête – col claudine! Elle me font chier les yeux ces connes a montrer a tout le monde qu’elles sont de droite.
    Elle devraient toutes faire un effort et s’habiller en jean, basket et robe en lin, comme tout le monde.

    Répondre
  58. shanar
    shanar dit :

    "sous ce voile, il y avait un cerveau"
    et à côté de ce voile, un "frêre" ou un "cousin" bien décidé à ce qu’elle ne s’en serve pas trop.

    @béa
    Ce qui me fait chier avec la burqa (ou tout autre voile intégral) ce n’est certainement pas que ce soit un signe religieux, c’est qu’il s’agit d’un symbole de l’asservissement des femmes par les hommes et que c’est bien en tant que tel que les femmes qui revendiquent de le porter justifient leur choix (avec des propos du genre: "les femmes sont source de tentation pour les hommes, tentation susceptible de les écarter de la lumière, il est donc important que nous nous voilions pour préserver leur pureté").

    Si c’était un vêtement destiné à être porté aussi bien par les femmes que par les hommes (comme une cagoule par exemple) et ayant vocation à couvrir et non à cacher (pour préserver autrui), il n’y aurait pas de problème (l’argument sécuritaire ne tiendrait pas longtemps), mais ce n’est pas le cas.

    Répondre
  59. frakir
    frakir dit :

    Personnellement, je n’ai jamais croisé de femme intégralement voilée, pourtant, j’habite un quartier populaire de Rouen ou les gens d’origine maghrébine sont foison. Et je ne me déplace qu’à pied, et je vais au marché (populaire celui là) tous les dimanches. Je connais personnellement plusieurs femmes croyantes et pratiquantes musulmanes, elles sont françaises, modernes et adorables. Une est voilée seulement, et je m’en fout.
    On ne connait pas ces femmes au niqab, je n’arrive pas à comprendre qu’on décide pour elles sans qu’elles puissent participer au débat.

    On constate aujourd’hui ce que provoque le sacré bon dieu de merde de "débat sur l’identité nationale" : le racisme remonte à la surface car il est décomplexé par ce débat.
    On va décomplexer quoi, maintenant avec l’interdiction du niqab? Il y a de quoi avoir peur… Faut pas oublier que la population allemande était majoritairement antisémite avant la 2eme guerre mondiale.
    La population française est en partie composée (et depuis bien longtemps) de gens issus des pays d’Afrique du nord.
    Je trouve très malvenu de montrer du doigt des femmes pour leur choix vestimentaire, religieux certes. Voulu, ou non. Je croise souvent des prostituées, dans la rue et à chaque fois, je me demande si elles l’on choisi. On n’en parle pas, de ces femmes, et pourtant, leurs tenues détonnent.

    En conclusion, ce qui me gène sur cette potentielle interdiction, c’est l’impression que le gouvernement a trouvé un commode bouc-émissaire (qui éveille les pires fantasmes de bombes humaines et de domination de la femme) qui ne l’ouvrira jamais pour se défendre.

    Répondre
  60. Swâmi Petaramesh
    Swâmi Petaramesh dit :

    Tiens, pendant que j’y pense, j’ai vécu grosso-modo 20 ans à Marseille moi aussi, dans les années 1969-1989 pour donner une idée…

    Je ne crois pas y avoir jamais vu UNE seule burqa ni un seul niqab dans ces années là, et ce n’est pourtant pas faute d’une population musulmane ou maghrébine abondante…

    C’est en région lyonnaise depuis 10 ans, que je vois maintenant fleurir (enfin si j’ose dire, ça manque un peu de couleur, comme fleur…) les niqabs.

    Doit bien y avoir quelque chose qui a changé, hmmm, et c’est peut-être pas vraiment dans la direction qu’on aurait souhaité.

    Répondre
  61. raja
    raja dit :

    je suis née dans le var, vivais dans les bouches du rhone, connais par cœur marseille et j’ai vu des femmes intégralement voilés, connais des femmes en niqab…et comble de tout ça je suis française d’origine maghrébine, puis j’avoue être en plus musulmane, ni je porte le voile ni je le porterais jamais j’aime trop mes gros nénés…ça me donne le droit de donner mon avis lalla (commentaire 36)…hamdoullah comme dit mon pére ton avis reste le tien aussi et chacun est libre de donner le sien dans un pays libre.
    je suis radicalement et farouchement contre une loi, et d’agiter la mémoires des sœurs mortes c’est encore plus malsain…un problème est un problème et celui du niqab ou la burka est différent de tout autre situation à l’étranger et il faut traiter le problème comme tel…je préfère que l’on donne les moyens aux associations de femmes de quartiers, je préfère que l’on aide les travailleurs(ses) sociaux, et les professionnels que de laisser la possibilité à des maudits énarques bourgeois de sanctionner.
    d’un coup ce gouvernement veut aider les femmes alors que les centres IVG ferment à la pelle, alors que la précarité des femmes ne fait qu’augmenter, et que les salaires des autres femmes stagne toujours à 30% de moins que ceux des hommes..
    comme si mettre une amende ou interdire allait supprimer le phénomène, cachez cette burqa que je ne saurais voir…c’est de la méthode coué…pas une solution valable….la solution c’est du travail de terrain, pourquoi de jeunes françaises portent elles un vêtement si lourd de sens, dans n’importe quelle société civilisée on essai de trouver la réponse avant de faire une chasse aux sorcière pathétique.
    j’ai torché le cul d’une de ces gamines en burqa, j’étais sa babysitter et je suis mortifiée pour elle, les insultes, les agressions, les violences…elle est belle la France.
    je hais la burqa mais je hais le dédains de ceux qui réagissent sur le sujet et leur violence, leur agressivité….
    merci agnés pour ce billet, ça fait du bien à lire…je déteste hurler avec les loups, j’attends que ça passe…
    j’ai fais beaucoup d’associatif et je reste convaincu que comprendre, parler, convaincre, aider marche plus que la stigmatisation, la caricature grossière et la violence.

    Répondre
  62. chris
    chris dit :

    L’interdiction pose problème, c’est clair.

    Comment fera–t-on avec les épouses de certains clients du Georges V. Faudra -t-il leur interdire l’entrée à Monaco ? A tous ces richissimes invités de la France, ça va grincer dans le tourisme de luxe…

    Tous ceux qui ont voyagé sur les lignes des émirats, savent bien la géométrie variable des lois sur la question, et sur Roissy, vaut mieux en rire…

    Répondre
  63. raja
    raja dit :

    swami petaramesh au passage j’adore ton blog…

    oui y’a un truc qui va pas et qui a changé mais sincèrement penses tu qu’une amende ou la sanction va empêcher les apparitions de burqa ou niqab? est ce que ça va empêcher l’intégrisme de s’installer ? perso je crois pas….ce qui m’enerve le plus c’est les mecs qu’ils soient juif, musulman ou chrétien qui sont derriére les femmes mais eux n’ont aucun soucis…en tout cas les extrémiste préfèrent les femmes à la maison qu’a se balader dehors en burqa ou pas…

    plus nos jeunes sont fragilisés (discrimination, racisme, précarité) plus on les pousse dans les bras des extrémistes.

    Répondre
  64. Dom
    Dom dit :

    Bonsoir,
    Je me souviens d’un documentaire sur le Canada que j’ai vu il y a quelques temps déjà. Etait interviewée une femme musulmane qui avait fui son pays d’origine. Qui était désespérée parce que la législation du Canada avait évolué et autorisait de plus en plus l’application de la "loi musulmane" aux musulmans et donc sortait les musulmans du droit commun des canadiens non musulmans.
    Elle était désespérée de se faire rattraper ainsi, avec la complicité de l’occident, par ce qu’elle avait justement fui.
    Elle s’était exilée pour vivre libre, comme elle l’entendait et l’occident avait accepté que les religieux qu’elle avait fui la réemprisonne…
    Quels que soient les arguments des uns et des autres, pour ou contre le voile, la burqa ou tout ce qu’on veut, je n’oublie jamais le désespoir de cette femme, comme je n’oublie pas que les occidentales qui vont dans les pays musulmans rigoristes sont tenues de se voiler qu’elles soient musulmanes ou non.
    Je ne comprends pas pourquoi nous devons respecter leurs coutumes quand nous sommes dans des pays musulmans rigoristes pendant qu’ils seraient dispensés de respecter les nôtres quand ils sont dans d’autres pays aux coutumes différentes.
    J’estime qu’ainsi nous manquons de respect envers nous-même et ceux-celles qui souhaitent vivre chez nous.

    Répondre
  65. Yogi
    Yogi dit :

    Par quel égarement de l’esprit peut-on défendre le port de la burqa au nom de la défense d’une *liberté* ? Le jour où une religion prescrira que les femmes doivent suivre leurs époux tenues en laisse et marchant à quatre pattes, défendrez-vous le choix, volontaire, de ces bonnes croyantes, au nom de leur liberté ? Folie !

    A vrai dire, c’est de maltraitance qu’il s’agit, insidieuse et sous couvert de traditions religieuses certes, mais bel et bien de maltraitance et d’atteinte à la dignité humaine, définies au sens que leur donnent les principes de la république et des droits de l’homme (de la femme). Le fait que la victime ait été amenée par manipulation et conditionnement à être consentante n’y change rien, et cela est très fréquent dans les cas de torture psychologique.

    La liberté religieuse trouve sa limite quand elle tourne au harcèlement et à la maltraitance. Toutes et tous sur ce fil vous poserez cette limite quelque part. Pour moi cette limite est largement franchie avec la burqa ; certains d’entre vous attendront peut-être la marche à quatre pattes pour réagir.

    Cette pratique doit donc être interdite, et la loi est faite pour ça.

    En toute logique, la sanction doit s’appliquer aux auteurs du harcèlement : alerte des services sociaux, enquête de police, sanction du chef de famille : l’arsenal juridique français doit déjà être suffisant pour cela. Il "suffit" juste que l’on se décide à voir un harcèlement là où il y a harcèlement.

    Faut-il que quelqu’un ici lance la religion de la femme à quatre pattes pour ouvrir enfin les yeux de la société ?

    Répondre
  66. lumières
    lumières dit :

    lorsque nous ,françaises allons au Maroc ,nous ne nous promenons pas en shorts ,par respect pour les habitants , alors je demande qu ‘elles nous respectent de la même façon. Cocteau disait : " pour envisager ,il faut pouvoir dévisager " ,comment en effet envisager une relation empathique avec quelqu’un dont tu ne vois pas le visage . Je suis une femme , de gauche , athée et je demande une loi pour que l’on n’ait plus à subir la vision de ces "femmes " , d’ailleurs comment savoir si ce sont des femmes ou des hommes qui se cachent sous ces horipeaux ???

    Répondre
  67. balourd
    balourd dit :

    Quand même, si on interdit la "burqua" ça va coûter cher aux macho !
    Prends une nana qui veut lourder son mec; Elle sort en "burqua" et z’yva, les allocs, le divorce gratuit, et le logement à l’oeil.
    tu veux toucher rsa ?
    les papiers embète toi ?
    tu sors avec la burqua
    on fait tout pour toi,
    même ton mari on le met en prison
    si tu veux garder la maison.

    Liberté, Egalité,Fraternité mes soeurs !
    🙂
    à quelque chose malheur est bon !

    """nous ne nous promenons pas en shorts ,par respect pour les habitants ,"""
    à moins que ce ne soit pour éviter les coups de soleil.

    """comment en effet envisager une relation empathique avec quelqu’un dont tu ne vois pas le visage"""
    Aucune empathie au téléphone, pas plus qu’entre pseudos. Nos échanges sont purements mécaniques, mon clavier déclenche mes doigts et subjugue mon cerveau. Pardonnez si je dis des conneries, c’est sans doute un programe malveillant caché derriere le masque de gOOgle qui m’intégrisme.

    Répondre
  68. Abd Salam
    Abd Salam dit :

    Bonjour,

    Si l’auteur de l’article pouvait éviter de dire des conneries sur les féministes…
    Vous écrivez : "Cette obligation implicite d’exposer nos corps et encore plus nos visages dans l’espace public s’accompagne de l’injonction informelle et constante de ne pas y déparer. Autrement dit, malheur aux têtes de pou et aux gros culs! Ha, j’entends déjà le chœur des féministes outragées par l’étrange cheminement de ma pensée en cette veille d’équarrissage de façade."

    Ce vous soulignait là, c’est exactement l’une des choses que nous, les féministes hommes et femmes, nous dénonçons !

    Si vous pouviez éviter de parler à tort et à travers du féminisme et des féministes… en particulier d’une maniére qui indique CLAIREMENT que vous ne vous êtes jamais donner la peine de lire ou d’écouter ce que nous, les féministes et féministes militant(e)s, nous racontons…
    Juger sans connaître, c’est quand même un comble non ? à plus forte raison, quand on prétends parler ou évoquer un sujet ; en l’occurence : les féministes.

    Les gens ne sont pas obligés de lire les articles des féministes, de se renseigner en consultant nos sites internets, ni d’acheter nos livres qui expriment nos thèses, mais quand on ne sait pas, on se tait. Pourquoi parler sans savoir ?

    Pour info, la raison d’être du voile, le sens du voile est la négation de l’humanité de la femme ; c’est réduire la femme à son apparance, forcément tentatrice et forcément irrésistible pour les hommes…
    Ce qui est avilisant et pour les femmes, et pour les hommes.
    Penser que les hommes sont incapble de voir la femme, comme une personne, incapable d’altérité ; et pire, qu’il deviennent de véritables "chiens en chaleur" incontrôlables à la vue d’une femme habillée…

    Que des femmes le portent pour d’autres raisons, parceque comme d’habitude, chacun s’approprient les concepts comme il le souhaite, n’y change rien.

    Le voile est intolérable, et il n’a pas à être toléré.

    Répondre
  69. Oignon
    Oignon dit :

    A Totoze en commentaire 64
    Ben moi, je ne demande pas mieux qu’à vous croire. Je n’ai pas prétention à ne jamais dire de bêtises. Dès lors, pourriez-vous développer vos arguments pour mon édification?
    Je précise au passage qu’il me semble utile de distinguer la coutume (les gens portent telle ou telle tenue ou accessoire selon les circonstances – par exemple, je ne vais pas à un mariage, qu’il soit civil ou religieux, en tongs et en short…) et la loi, qui IMPOSE de porter ou non telle ou telle tenue. Et dans ce contexte, je ne connais pas beaucoup de pays européens qui interdisent de porter quoi que ce soit (avec pour limite l’exhibitionisme) En France, il y a bien cette histoire de pas de cagoule dans les manifs, et ça me fait marrer chaque matin quand je mets la mienne sous mon casque de moto !!!
    Donc je maintiens: je ne trouve pas très reluisant pour la France qui se veut (voulait ?) un pays de liberté de rejoindre le club des pays avec des lois qui te disent comment tu dois t’habiller, spécialement quand tu es une femme.

    Répondre
  70. martinph
    martinph dit :

    ce n’est pas la tenue vestimentaire qui alliène mais bien la religion. Ce n’est pas la tenue qu’il faut interdire (si on veut libérer les femmes) mais les religions. Les personnes qui nous disent qu’elles veulent interdire une tenue sous pretexte de libérer les femmes feraient mieux de s’attaquer aux causes plutot qu’aux symptomes. Et s’il dénoncent le symptome c’est qu’ils n’ont aucune envie de s’attaquer aux causes. Je suis un homme et j’habite dans le 93, dès le texte voté j’achète un grand drap et je m’en fais une tenue de manif .

    Répondre
  71. balourd
    balourd dit :

    """Le voile est intolérable, et il n’a pas à être toléré."""

    Grave question qui a été brillament traitée sur les ondes nationales :
    France Inter : Les P’tits Bateaux
    par Noëlle Breham
    dimanche 24 janvier 2010
    19h26 à 19h54

    J’aimerais savoir si on peut être intolérant avec l’intolérance et si c’est pas contradictoire ou trop paradoxal ? (Eve)

    Réponse : Charles PÉPIN, Philosophe et écrivain.

    Auteur de :
    – Les philosophes sur le divan : quand Freud rencontre Platon, Kant et Sartre (Flammarion. 2008)
    – une semaine de philosophie. Les bases de la philo en 7 jours (J’ai lu. 2008)
    – Les infidèles (Flammarion. 2002).

    http://sites.radiofrance.fr/francei

    Répondre
  72. Abd Salam
    Abd Salam dit :

    @Martinph,

    Qui vous dit que personne ne s’intéresse aux causes du problèmes ?
    Encore une conclusion hâtive, je dirais.

    Ce n’est pas parceque vous ignorez une chose, que cette chose n’existe pas.
    Pourtant, ce ne sont pas les articles/blogs qui critiquent toutes les religions qui manquent… aprés, que les opinions en question ne soient pas relayés par les médias généralistes.
    Ensuite, ça souléve déjà pas mal de rejet de critiquer rationnellement le "voile", sans passer pour un raciste et/ou pour un ennemi de la liberté de conscience…

    Et puis l’article est relatif au "voile" ; discuter de l’obéissance que la femme doit à son mari, ou de la valeur moindre du témoignage de la femme en islam… ce serait pas plus mal de ne pas faire de hors sujet.

    @Oignon,

    Dans tous les pays, il y a des lois qui nous disent comment nous devons nous habiller ; et vous seriez surpris par les interdits qui existent chez certains de nos voisins européens.

    Le problème en fait, c’est de bien comprendre ce qui est interdit : en l’occurence, il est normal que pour des raisons culturelles, on refuse le "voile islamique", et il est logique que l’on interdise le "voile" en raison de ce qu’il représente.
    A savoir, la négation de l’humanité de la femme.

    Répondre
  73. souad
    souad dit :

    M’enfin la burqa , comme tout voile intégral est une ABERRATION, en France ou n’importe où

    Et si des personnes genre klux klux clan, agressives ou pas , se baladaient dans la rue? Allons-nous discuter du bienfondé de leur tenue pour l’interdire?

    Personnellement je ne pourrais vivre en Afghanistan ou même en Iran, je suis horrifiée que la moitié de l’humanité, pour pouvoir sortir dans l’espace public soit obligée d’occulter entièrement son corps. Et je ne tiens pas à discuter des raisons qui justifient que des individus estiment qu’ils ne doivent pas montrer leur visage ou leurs cheveux…

    Je ne comprends pas qu’on ne se penche pas sur l’esprit des lumières en France.

    Qu’on le voit ou pas dans son quartier, le nombre de voiles, de burqas et de barbes salafistes augmente en Europe.

    Une femme qui se voile ou s’enburquanne nous dit à tous qu’elle n’est qu’une identité sexuelle et les hommes de la rue sont des primates comme n’importe quel mammifère…

    Je suis d’accord avec les propos d’Abd Slam

    Répondre
  74. totoze
    totoze dit :

    A Oignon :
    Essaye de te promener en monokini ou en uniforme SS, tu va vite comprendre. Ceci dit c’est vrai que les méchants pays occidentaux racistes sont semble t il plus souple que beaucoup question habillement.

    Répondre
  75. Serge LEFORT
    Serge LEFORT dit :

    Le 7 novembre 1800, une ordonnance a interdit aux femmes le port du pantalon. C’est l’ordonnance du 16 Brumaire an IX de la République, non abrogée. Elle dispose que toute femme désirant s’habiller en homme doit se présenter à la Préfecture de police pour en obtenir l’autorisation. Celle ci ne peut être donnée qu’au vu d’un certificat d’un officier de santé. Cette réglementation a fait l’objet de deux circulaires en 1892 et 1909 autorisant le port féminin du pantalon, si la femme tient par la main un guidon de bicyclette ou les rênes d’un cheval !
    Source :
    • Journal d’un avocat http://www.maitre-eolas.fr/post/200
    • Clio http://clio.revues.org/index258.htm

    Répondre
  76. Bis
    Bis dit :

    Toute cette discussion est pénible, car évidemment, on exploite les tendances xénophobes, on raccole tous azimuts, on bisotte les cathos intégristes, tout cela est vrai et il est exact que les néocons français dictent le contenu de tous les débats et le "calendrier". C’est pour cela que c’est piégié.

    Position défendable mais difficile : refuser d’en discuter.

    Sinon : je pense qu’on est obligé d’admettre que la burqa, c’est trop.

    Je n’accepterais de me faire servir par quelqu’un dont je ne vois pas le visage (homme ou femme) nulle part.

    Le rapport avec le KKK me semble outré, mais un visage complètement caché n’invite pas au contact, ni à la confiance, reconnaissons-le.

    En outre, les femmes à burqa se montrent dans la rue, mais s’excluent forcément du monde du travail – sans pour autant être des nonnes.

    Répondre
  77. Jean Sérien
    Jean Sérien dit :

    Une loi interdisant le port archaïque du voile au XXI ème siècle ?
    Imitons nos amis belges qui ont les pieds sur terre :

    En Belgique en effet la loi communale de chaque ville interdit tout déguisement …
    sauf en période de carnaval !

    Étonnant, non ?

    Répondre
  78. ziane
    ziane dit :

    Chère Agnès
    Une toute petite correction orthographique. Vous avez écrit "Hidjad" au lieu de "Hidjab" qui veut dire "le voile" en arabe. Pourquoi cette correction un peu maniaque ? Tout simplement, si on le lit vite on peut penser à un autre mot : "Hidjad" est l’anagramme de "Djihad" mot dont presque tous les français qui savent lire connaissent le sens.
    Merci pour vos articles

    Répondre
  79. Luc
    Luc dit :

    Tiens, ca faisait longtemps que je n’etais pas passe sur le Monolecte, et je vois que sa lecture est toujours aussi stimulante.

    Agnes a dit "Ce que je dis, c’est que je suis contre une loi"
    C’est bien beau d’etre contre, mais on reste sur sa faim quant a une alternative a un probleme que tout le monde semble reconnaitre. Il me semble qu’il y a bien autre chose dans le billet initial qu’un simple pretexte pour dire "je suis par principe contre les lois vestimentaires". J’ai l’impression que tu ne vas pas jusqu’au bout du raisonnement du billet, ce qui du coup a bien alimente ce que tu sembles considerer comme du hors sujet.

    Quelqu’un a dit:"Par ailleurs, que ce soit en Iran ou en Arabie, où le port du voile est obligatoire, et dans d’autres pays où le conformisme social impose la norme du foulard, il n’existe aucun mouvement féministe qui réclame l’interdiction du voile. Ces féministes réclament simplement la suppression de l’obligation du voile, mais nullement sa prohibition et encore moins la condamnation ou l’exclusion publique des femmes voilées."

    Comme dirait Swami: mort de rire. Franchement, il leur arriverait quoi aux femmes reclamant un truc pareil dans un pays musulman ? Ca me rappelle ce groupe de femmes qui aveint ose conduire des voitures en Arabie Saoudite…

    Plus generalement, "la question du voile" est une magnifique arnaque et un beau detournement d’attention (cf "La Muleta" que je n’ai pas encore lu) . Encore qu’il puisse egalement servir d’etendard et de sonde. Ce n’est pas le voile qui pose probleme mais l’ideologie qu’il y a derriere. Ca fait 14 siecles que l’Islam (inutile de rajouter "isme" ou "radical" ou encore "integriste") fait des degats (y compris au sein des croyants), et vu que ce qui cause ces degats trouve ses origines premieres dans les fondations memes de l’islam (Coran, faits et paroles de Mahomet), ce n’est pas pres de s’arreter.

    Juste pour ceux qui en douteraient, je vous en conjure, lisez le Coran et renseignez vous sur l’histoire et de l’Islam en ecoutant les apologistes de l’Islam des Lumieres ou de l’Age d’or de l’Espagne musumane avec des oreilles TRES critiques.

    Alors, pour ou contre une loi contre le voile ? Je n’aime pas moi non plus l’idee d’une loi sur le sujet, mais de la meme maniere que je pense que pour le bien general, on n’est pas cense negocier avec les ravisseurs dans les cas d’enlevements, je pense que l’interdiction du voile est un moindre mal par rapport a son port libre.

    Répondre
  80. Anna
    Anna dit :

    Je suis plutôt pour le vivre et laisser-vivre.
    Agnostique, mais athée quand on veut me convertir, athée mais indifférente aux croyances diverses tant qu’elles ne viennent pas m’astreindre à être différente que celle que je désire être. Donc plutôt encline à ne pas avoir d’avis sur ce que devrait faire une femme voilée (ou "emburqanée", désolée pour ce néologisme peu élégant), ne serait-ce que par grande indifférence à ce qui ne semble pas représenter de danger, ni pour elle, ni pour moi.
    Pourtant… il semble que les voiles (dont la burqa n’est qu’un degré plus ou moins extrême) ne ressortent plus d’une décision individuelle, fût-elle spirituelle (ont-ils jamais dépendu d’une décision individuelle, d’ailleurs, on peut s’interroger à ce sujet) : si le voile semble gênant, n’est-ce pas parce qu’il est l’agent politique de pouvoirs et de contre-pouvoirs qui s’affrontent en dehors de nos existences de petites souris impuissantes, bien au-delà de nos vies ordinaires? Et quels pouvoirs…
    Quels enjeux donc en dehors de la seule "liberté" des femmes? On peut bien, sous le prétexte de résister à une discutable "obligation implicite d’exposer nos corps" toute "occidentale’", ne pas s’offusquer d’une "hypothétique" contrainte imposée par les despotiques règles issues d’une très discutable manière d’interpréter la religion, menant au port de voiles, autres "obligations implicites de ne pas exposer ces corps" (dictées par un dieu qui n’existe pas? mais alors, qui l’impose?). Quand donc les femmes s’affranchiront-elles du regard qui juge éternellement?
    Peut-on parler d’un droit individuel de ne pas exposer son corps ou son visage (ce qui pourrait se défendre, après tout) quand on fait référence à ces tissus liés à la tradition ou à la religion? Je n’en suis pas vraiment certaine. On ne va pas opposer le droit de cacher son corps mal ravalé ou son visage ingrat (je ne parle pas de vous, vous êtes toutes mignonnes, votre fille et vous) avec celui d’imposer un signe extérieur de soumission spécifiquement féminine, lié à une religion (en tout cas sa frange assassine, l’intégrisme, l’islamisme, l’extrêmisme religieux) qui cherche à s’imposer comme référence et comme pouvoir dans un univers censé être débarrassé du joug des religions?!
    Nous pourrions être alertés par les quelques passages dans des émissions de radio d’une journaliste, Djemila Benhabi, qui a écrit "Ma vie à contre-Coran": que penser encore de ce voile qu’on ne saurait voir, sous prétexte de ne pas imposer un autre impératif catégorique (l’interdit du port du voile) à celles qui "choisissent" de cacher corps et visage tout en imposant leur présence énigmatique voire hostile dans l’espace civil (contrairement à celles qui se placent hors du monde civil, en quelque sorte, telles les soeurs catholiques)?
    Pourquoi des signes extérieurs de religiosité imposés ainsi 24heures sur 24 dans l’espace laïc de notre société? Pour quelle fonction? Remarquez une chose: on peut prier chez soi, en soi, et porter chez soi ou dans des lieux autorisés d’expression de sa foi des vêtements ponctuels car destinés à une fonction précise (l’aube, la robe de baptême, la kippa, …), cependant ces signes ne s’imposent jamais ad aeternam dans l’espace public d’une société non soumise aux religions (ni à une seule); or, voile, burqa et autres signes extérieurs de soumission féminine sont imposés tous les jours, aux yeux de chacun, non pour se placer soi-même en position d’être en relation avec un dieu, mais comme une injonction à la société tout entière d’obéir à une volonté: se retirer du monde visible (au moins masculin) tout en y imposant sa présence.
    Ce qui finit par me déranger, à la réflexion, c’est surtout l’incohérence de cette attitude : se voiler pour se cacher des autres tout en ne s’extrayant pas de l’espace où vivent les autres, donc en venant voir et agir en société tout en ôtant à celle-ci la réciprocité de la relation humaine, c’est-à-dire de voir également la personne à son tour. Autre incohérence: revendiquer une liberté individuelle au nom de règles et d’interdits d’une communauté (minisociété) séparée des autres par une forme étriquée de la foi. Tout cela pourrait porter à penser que ces mises sous voile se veulent en priorité actes politiques d’hostilité envers la société tout entière.
    Il est rare que je ne sois pas charmée par ce que vous écrivez, Madame Agnès-Monolecte, mais une phrase, précisément, m’a fait réagir car m’a paru tout à fait fausse (et une bonne partie de votre raisonnement sur le sujet, par extension): "et plus que son voile ou sa garde rapprochée, ce sont nos regards qui l’isolent du reste du microcosme estudiantin". Non. Ce qui l’isole du reste du microcosme, c’est bien sa volonté de se soustraire aux regards (ou d’obéir à ceux qui lui imposeraient cela), quelles qu’en soient les raisons.
    Si la burqa (ou autre) est un choix (personnel ou communautaire), la volonté de laisser paraître visage et regard est un refus envers l’autre voire une hostilité envers le corps social; que celui-ci s’en offusque et réponde par un regard qui ne comprend pas relève non d’une volonté de mise à l’écart mais d’une réaction naturelle de méfiance vis-à-vis de cette non-réciprocité de la relation imposée par la personne qui se cache. N’inversons pas les responsabilités.

    Répondre
  81. Anna
    Anna dit :

    J’ai oublié de mettre des adresses parlant de Djemila Benhabib (ne me dites pas une énième militante antivoile, je trouve qu’il n’y en a jamais assez, finalement, puisque l’obscur semble toujours gagner les esprits faibles, il faut quelques belles ampoules pour nous éclairer):
    1- http://sisyphe.org/spip.php?article
    2- http://sisyphe.org/spip.php?article
    3- http://www.cyberpresse.ca/actualite
    4- http://sisyphe.org/spip.php?breve12
    5- http://www.renaud-bray.com/Livres_P
    6- http://www.ksari.com/index.php?opti
    Etc.

    Répondre
  82. Anna
    Anna dit :

    Deux mots effacés et la phrase n’a plus de sens:
    "la volonté de NE PAS laisser paraître visage et regard est un refus envers l’autre voire une hostilité envers le corps social"…

    Répondre
  83. B
    B dit :

    Anna, je ne vous suivrai pas dans votre petite mise en accusation particulière du Coran (et donc, dans votre absolution des autres grands textes religieux). Tous posent de "sacrés" problèmes dès qu’on les examine sous l’angle de l’épineuse question des sexes.

    Et que dire de l’art au masculin, dans leque vous trouverez d’abondantes manifestations d’admiration pour le système du harem chez les peintres et les écrivains français, une esthétisation des rapports sexuels avec les petites filles et les petits garçons – Robbe-Grillet Gide pour ne citer qu’eux, un culte lassant de la prostituée, etc. etc. Tout cela n’aurait rien à voir avec la religion catholique? Cela n’aurait aucune influence sur la culture contemporaine? À d’autres.

    L’exploitation politique du Coran par les islamistes est conjoncturelle. Tout comme l’exploitation politique actuelle que font la droite, y compris le féminisme de droite, de la peur de l’Islam et du Coran.

    Une multitude de rites "ciblées" étaient claniques et pré-islamiques.

    Mais tous les musulmans n’ont jamais pratiqué l’islam de la même façon, selon les classes sociales, les régions et les pays. Et vous le savez très bien.

    Ensuite, nos perceptions de peur sont essentiellement liées au discours sur le terrorisme mais surtout à la peur de la délinquance, qui pour le coup n’a rien à voir avec l’islam mais est un phénomène très répandu dans toutes les villes-banlieues du monde.

    Répondre
  84. Floréal
    Floréal dit :

    Tout à fait d’accord avec Anna.

    D’ailleurs, fort curieusement, c’est depuis que les revendications musulmanes d’ "accommodements raisonnables" ont pointé et ont été en grande partie satisfaites que les autres religions se sont engouffrées dans la brèche.

    Et quand on aura dit et redit qu’ "une multitude de rites "ciblées" étaient (étaient??? Sont encore!!!) claniques et pré-islamiques" (ce qui est vrai mais n’empêche pas l’islam d’être la pire des religions monothéiste, et la plus archaïque dans son application à travers le monde), que devrait-on en conclure? Qu’il faut céder au "relativisme culturel"? Certainement non.

    "la peur de la délinquance, qui pour le coup n’a rien à voir avec l’islam mais est un phénomène très répandu dans toutes les villes-banlieues du monde" Ah oui? Il ne me semble pas. Et plus j’y pense, et plus il me semble que c’est lié à de nombreux égards.

    Répondre
  85. Anna
    Anna dit :

    @B
    "votre petite mise en accusation particulière du Coran (et donc, dans votre absolution des autres grands textes religieux)"

    Non, pas d’accusation "en particulier" de ce livre sauf parce que le sujet était lié par l’actualité (burqa/Coran).
    Et encore moins d’adhésion aux autres textes religieux, quelles que soient les beautés formelles de certains d’entre eux (y compris dans le Coran, au moins en entendant certaines sourates dont la musicalité me rappelle… des chants bretons et la bombarde!!!).
    Je ne risque pas d’"absoudre" les autres textes -étant donné que je considère toutes les religions comme des sectes et toutes les sectes comme des vecteurs dangereux d’abus de pouvoir nuisant gravement à la beauté de la vie humaine.
    (Mais, contradiction toute humaine, je vis avec un musulman croyant, dont je respecte les "lubies" tout en grommelant de le voir s’adonner à des rites ou à des prières -bien que discrets-, me demandant comment un homme aussi intelligent peut être aussi naïf et superstitieux, puisque la croyance en un truc non prouvé ressort selon ma réflexion de la pure superstition… Ecce homo!)

    Répondre
  86. Luc
    Luc dit :

    B a dit:
    "L’exploitation politique du Coran par les islamistes est conjoncturelle. Tout comme l’exploitation politique actuelle que font la droite, y compris le féminisme de droite, de la peur de l’Islam et du Coran."

    Premier point: le Coran (eles textes associes) DECRIT un systeme politique, en plus d’un systeme economique, social et, quand meme, religieux. La phrase "L’exploitation politique du Coran par les islamistes est conjoncturelle." me semble donc un peu… vide de sens. Le Califat, ca vo

    Quant a l’exploitation de la peur du Coran et de l’Islam… parlez-en aux chretiens, animistes, boudhistes, sikhs, hindouistes etc… d’Afrique, du proche-Orient, d’Asie… d’Europe (savez-vous que dans au moins une ville francaise, un cure a jete l’eponge et a quitte son lieu de culte ?). Ca, c’est pour la pratique. Pour la theorie, etant non-musulman et non chretien, selon l’ISlam, je suis comdamne a la conversion ou la mort. Il me semble qu’il y a suffisamment de raisons de craindre l’Islam pour ne pas avoir a chercher du cote de l’Exploitation politique. Au contraire, l’exploitation politique va plutot caresser les musulmans dans le sens du poil…

    Répondre
  87. B
    B dit :

    I. Au contraire, l’exploitation politique va plutot caresser les musulmans dans le sens du poil…

    Val, Zemmour, Finkielkraut, Glucksman, Crif, Redeker, débat sur l’identité nationale qui est rapidement devenu un "débat sur l’islam, Godnadel, le foisonnement de sites islamophobes. Si on parlait tous les jours des moeurs bizarres bourguignonnes, je pense que les Bourguignons commenceraient sérieusement à avoir la moutarde qui leur monte au nez.

    Mais comme vous n,avez pas lu ni entendu ce que j’ai lu et entendu, je vous conseiller d’aller voir dare=-dare un ophtalmo et un otorino.

    II. NON : je le répète : l’islam n’a pas grand chose à voir avec les problèmes de violence des villes-banlieues. Le rapport Nord-Sud et la marginalisation géographique sont des facteurs bien plus déterminants, bien que la présence d’innombrables bases US dans tous les pays musulmans et l’indifférence à l’égard des Palestiniens n’arrangent rien non plus.

    Le petit jeu de harpe (lent et patient travail) sur la réussite des enfants asiatiques du 13e arrondissement (familles arrivées dans des conditions d’accueil très différentes) et l’échec des enfants de banlieusards a aussi été tout à fait efficace puisque nos fielleux ont réussi à produire ce joli déchaînement.

    L’inégalité de traitement entre les religions – dont deux sont considérées comme occidentales et l’autre considérée comme bougnoule ne fait qu’aggraver les autres problèmes.

    Au Canada, pays relativement tranquille, les gangs de rue sont essentiellement composés de Jamaicains et d’Haitiens, et moindrement Latino-Américains et parfois Asiatiques. Une poignée d’islamistes a tenté de s’agiter, sans succès. Ceux qui manipulent les débats dans tous les pays pour promouvoir l’effort de guerre américain otn beau essayer : cela fait flop car il n’y a pas aucun fait divers à reprocher aux musulmans immigrés au Canada, qui ne posent aucun problème particulier aux gens. C’est pourquoi on peut en conclure que les promoteurs de l’effort de guerre US et de l’OTAN en France sont parvenus à susciter la peur en associant de manière systématique mais spécieuse chaque fait divers à l’Islam et à la religion.

    Cette stratégie de propagande ne marche pas partout tout simplement parce que le fait divers est l’ingrédient indispensable pour "confirmer", aux yeux de l’opinion, le verdict voulant qu’il soit impossible qu’un musulman puisse respecter la démocratie en … restant musulman. Mais là où il n’y a pas de fait divers pour faire mousser le discours théologique (constructions autour du thème du judéo-christianisme) : ce discours fait un bide total.

    Répondre
  88. jennifer
    jennifer dit :

    Bien entendu tout être humain a droit à sa liberté de religion, à ses pratiques et à ses rites, mais ceci dans la dignité, et dans l’égalité des droits des femmes et des hommes.
    La burqa, à mes yeux, est différente en ce sens qu’elle m’apparait dégradante, niant l’existence même de la femme et son droit le plus élémentaire à la lumière du jour!!! (Torture quelquefois acceptée mais inenvisageable au sens de la dignité humaine).
    Le port du voile, d’habits spécifiques, ou tout autre objet religieux – pourquoi pas – dans le calme, le respect et la paix, mais ceci tant que cela ne revêt pas un caractère indigne ou provocateur et agressif tendant à imposer des idées, prosélytisme agressant le calme établi et nuisant en cela à l’ordre public (la liberté de chacun doit s’arrêter là où commence celle des autres, sinon des désordres risquent de s’en suivre…).

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