Le jour où rien ne changea

En plein cœur de la tourmente financière mondiale, les élections américaines suscitent une attente bien au-delà de leur portée réelle.

Une lecture perspicace de Maester de l'actualité mondiale!

Les Hallowinners© : une lecture du monde perspicace de Maëster!
Allez sur son blog et achetez-lui ses divines BD, sinon, il va me taper parce que j’ai repris un de ses dessins ici!

Alors que les mauvaises nouvelles économiques tombent avec la régularité et la violence d’une averse orageuse, le monde entier (enfin, ceux qui ne sont pas en train de crever de faim, de froid, de guerre, du SIDA, de pauvreté…) suspend son souffle et attend, figé, que le verdict tombe des urnes américaines. Cette attente est d’autant plus forte que la candidature de Barack Obama est présentée depuis la fin des primaires comme une révolution intrinsèque, la quasi-promesse d’une révolution profonde et douce à la fois. En fait, l’Occident qui titube sous le poids de ses propres turpitudes attend son homme providentiel, son sauveur… ce qui, l’Histoire nous l’enseigne, est toujours une très mauvaise idée en soi.

Il ne s’agit pas ici de me lancer dans le petit jeu des pronostics, mais de regarder la situation d’un œil lointain et attentif et de laisser parler la logique. Et que me dit la logique ? Qu’Obama devrait gagner. Non pas parce qu’il est le plus beau, le plus fort, le plus intelligent et le moins vieux, non pas que les Américains votant le préfèrent à l’autre, non pas qu’il soit le meilleur choix, mais tout simplement parce qu’il faut bien quelqu’un pour aller faire le sale boulot et que de ce point de vue, il est un candidat parfait.

De quoi va hériter le 44e président des États-Unis d’Amérique ?
Des restes putrides de la fin d’un énorme banquet.

En gros, choper le job de président aujourd’hui, ça revient à ramasser les croûtes de fromages et les boulettes de mie de pain sur la table et d’aller ensuite astiquer le gras figé au fond des assiettes en cuisine, parce qu’il n’y a plus personne pour payer l’addition. Sans compter que devant le resto déserté, la foule des crève-la-faim gronde et menace, toute prête à déferler dans l’établissement, car n’ayant pas encore bien compris que le service est terminé, le cuistot volatilisé et que les rats ont déjà liquidé les miettes.
Bref, un authentique boulot pourri dont il n’y a rien à espérer. Sans compter que grâce au coup de poker absolument fou et incroyable de la crise financière du mois dernier, les convives ont trouvé le moyen de se faire remettre la caisse avant de se barrer. Avouons que c’était fort. Vraiment très fort. Et que si j’étais Républicain ou un truc approchant, je n’aurais absolument pas envie de rester aux commandes d’un bateau qui a été consciencieusement nettoyé, démantelé et saboté et qui devrait maintenant partir par le fond.

Au contraire, j’aurais tout fait pour ne pas gagner. J’aurais choisi pendant les primaires celui d’entre nous qui n’a plus grand-chose à attendre de la vie et a fortiori de la politique, un type charismatique comme une moule, infoutu d’enthousiasmer une salle de nymphomanes sevrées sous Viagra. Ensuite, je lui aurais filé un budget de campagne digne d’une kermesse de village et lui aurais adjoint les pires bras cassés du marketing politique qu’on n’aurait vu depuis longtemps. Et si vraiment cette mauvaise volonté n’aurait pas suffi, je lui aurais acoquiné comme colistière une bombasse psychorigide sortie du trou du cul monde, voire pire, avec un maximum de casseroles collées au train pour être absolument certaine que le plus minable et démotivé des journaleux ne puisse en manquer une.

Bien sûr, les Démocrates ne se sont pas laissés faire et ont choisi, les fourbes, un noir métrosexuel au passé de cryptobolchévique avec un deuxième prénom de terroriste preneur d’otage. Tout à fait le genre de type capable d’exciter les red neck du middle west!
La course à reculons atteint donc son paroxysme aujourd’hui.
Heureusement que mes hommes tiennent les États clés et que dans le pire des cas, ils sauront inciter les machines à voter pour l’autre camp avant qu’on se retrouve avec tout ce merdier sur les bras.

Parce que, selon toute vraisemblance, la déception sera à la hauteur de l’espoir insensé qui va probablement donner à Obama le job le plus pourri de la planète : celui de président d’un pays totalement ruiné, lessivé, avec une population qui s’enfonce dans la misère, des retours de manivelle annoncés en cascade, que ce soit du point de vue social, politique, géostratégique, diplomatique, environnemental et bien sûr économique. Et face à ça ? Un pays isolé, mal aimé, décrédibilisé et dont les caisses sont plus que vides (faut dire qu’avec mes potes, on n’a pas fait le boulot à moitié dans la catégorie siphonnage de caisses et hold-up du siècle !) : autrement dit, aucune marge de manœuvre. Pour sortir élégamment de ce piège à con, il faudrait quelque chose de totalement inédit, nouveau, imprévisible. Pas juste une rupture de casting, mais un véritable changement de société, le renoncement immédiat et définitif à un système mortifère, injuste, vorace et malsain, mais qui se trouve être le pilier de l’imaginaire de ce pays : le rêve américain, l’aspiration matérialiste à l’accumulation du superflu et au confort bourgeois.

Or, comme l’a souligné Nader dans sa campagne, avec Obama, rien de cela. Juste la continuité dans un projet de civilisation pourtant parvenu à son terme et qui ne poursuit encore sa route aveugle que porté par sa formidable force d’inertie. Et face à cela, pas de prophète, pas de sauveur, pas d’homme providentiel possible.

Autrement dit, l’élection d’Obama devrait maintenir l’illusion quelque temps de plus, cristalliser les espérances et les énergies, mais nous avons déjà dépassé le point de non-retour depuis longtemps et l’atterrissage devrait être d’autant plus amer et violent que l’enthousiasme et la foi dans le changement qui permet de revenir en arrière seront forts ce soir.

Parce qu’en fait, c’est cela que tout le petit monde occidental veut réellement aujourd’hui, vers cela que tend tous les désirs : pas un monde meilleur, pas un monde nouveau, mais le monde tel qu’il était avant que ça se casse la gueule dans tous les sens, un monde d’inégalités, certes, mais où nous nous maintenions férocement au sommet de la chaîne alimentaire.

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94 réponses
  1. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Ne pas confondre emballage et contenant… Qu’Obama soit noir est un caractère phénotypique secondaire pour moi.

    Maintenant, bien sûr, il serait significatif que le pays de la ségrégation se choisisse un président noir… même si, de toute évidence, c’est ce qu’on leur a massivement vendu.

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  2. Sébastien Fontenelle
    Sébastien Fontenelle dit :

    Et cependant, allons-nous, cette nuit, planter moulte fine aiguille (rouillée) dans un tas de chiffon(s) à l’effigie de John Frite en psalmodiant force malédictions?
    Oui, mâme Nolecte, nous allons.
    Parce que malgré tout (n’en déplaise aux cons prébendés qui se plaisent à nous représenter, sitôt que nous évoluons un peu à gauche de Vincent Peilon, en, je cite, "antiaméricains fanatiques avec aussi une tendance à ne pas tout aimer du libéralisme"): l’accession d’un Noir à la Maison Blanche ferait quand même quelque chose de nouveau, et d’intéressant.

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  3. alain maronani
    alain maronani dit :

    Un pays ruiné….a voir c’est encore et de très loin la première économie mondiale….Le pouvoir de contamination des dettes américaines est sans limites et les plans de secours y compris celui de bling bling en sont la parfaite démonstration. Il ne faut pas oublier que la vitesse d’adaptation de l’économie américaine est très rapide, au prix de pots cassés bien sûr (les pauvres, etc.) et que comme le disait si justement un ancien secrétaire du trésor américain "Le dollar c’est notre monnaie et c’est votre problème". Il n’y aura pas aux Etats-Unis de révolte de masse même si les pauvres s’entassent dans la rue. Il ne s’est rien pssé de ce genre en 1929 ou en 1873 (autre krach identique et oublié…).
    Il n’y a rien a espérer de Obama dont les plus gros donnateurs ont été les groupes financiers de Wall-Street avant leur déroute. Il faut payer 50.000 $ us pour avoir un déjeuner avec Obama ou d’autres sommes semblables pour avoir accès a ses conseillers et l’équipe qui se met en place (Rubin ancien secrétaire du trésor de Clinton et ancien président de Glodman Sachs, tiens, tiens….) ne prête guère à l’optimisme. Ceci dit si l’on regarde l’alternative (McCain/Paulin) le choix ne peut faire de doute. Quand on pense que la douce Sarah est convaincu que les dinosaures courrait avec les hommes sur la terre il y a 5000 années…..

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  4. A.N.Onyme
    A.N.Onyme dit :

    UBS est l’un des plus gros donateurs à la campagne d’Obama (Vous savez ? UBS ? Union des Banques Suisses ?)

    Sans plus de commentaires :

    http://dechiffrages.blog.lemonde.fr

    Alors, bien sûr, mieux vaut Obama que l’autre. Mais c’est quand même un peu bonnet blanc et blanc bonnet… non ?

    Et puis, soyons honnêtes : Obama, il va faire quoi pour les Français bien pressés – comme le citron – par Sarkozy ?

    Ben rien, justement.

    Nous, les fromages qui puent, on n’a toujours la même bande de … (je reste poli, je me maîtrise, zen, ommmmm) d’incapables et d’incompétents bornés au gouvernement. Obama ou pas. Le combat, il est là, devant nous, et la France, l’Amérique s’en fiche royalement. Quand elle n’applaudit pas le "French President" des deux mains.

    Merci pour ton billet, Agnès.

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  5. chris
    chris dit :

    Je rejoins Fontenelle ; ca restera dans le cas ou Obama est elu ……une sacrée putain de victoire, meme si que symbolique.

    Pour le reste evidemment …….restera le pére Noel.

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  6. Zygomatique
    Zygomatique dit :

    Pas d’espoir donc. Ce pays de 50 états grands comme la France est fichu…Bon.

    Quelqu’un peut-il par l’intermédiaire de monolecte me transmettre une capsule de cyanure de potassium.

    Cela arrangera au moins les affaires de Monsieur Bertrand qui se soucie plus de nos retraites que de l’emploi des actifs et des jeunes en particulier.

    Dommage car son article "ceci n’est pas une pipe" m’avait fortement revigoré et m’avait amené à penser que la vie malgré tout vaut un peu la peine d’être vécue.

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  7. Croa
    Croa dit :

    «En plein cœur de la tourmente financière mondiale, les élections américaines suscitent une attente bien au-delà de leur portée réelle.»

    Oui, tout à fait mais nous le savions déjà!

    Ce qui me trouble un est le TAPAGE médiatique fait autour de ces élections. Ce, bien plus que les fois précédentes. Nous avons même eu droit aux primaires démocrates de longs mois durant !

    Pendant ce temps, il y a Sarko qui grignote notre retraite… Tranquillement et en silence !

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  8. céleste
    céleste dit :

    Je suis d’accord avec toi sur toute l’analyse;

    mais, étant d’une nature optimiste, je me demande (j’espère) si le phénomène ne peut pas leur échapper.
    autrement dit, que des effets collatéraux dont ils ont insuffisamment évalué – par orgueil, mépris, connerie tout simplement- la portée ne provoque un genre de boomerang qui leur reviendrait dans la gueule.

    d’abord, au bénéfice du doute, Obama peut se révéler différent de ce que les marionnettistes ont pensé. on ne sait jamais…

    ensuite ce choix d’un président n’appartenant qu’à moitié à la classe blanche dominante peut donner , espoir, courage aux minorités, non seulement courage, mais fierté, prise de conscience de leurs propres capacités, envie de changer ce monde où une poignée d’oppresseurs referme actuellement une main cruelle sur des milliards d’opprimés.

    de la situation mondiale désastreuse actuelle, tout peut sortir, y compris, pourquoi pas, une amélioration.

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  9. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    C’est marrant que tout le monde me trouve pessimiste. Personnellement, je suis au contraire gonflée à bloc : quand les gens cesseront de placer toutes leurs attentes dans des hommes providentiels et de croire que le messie sortira des urnes, ils pourront enfin se sortir la tête d’entre la raie des fesses et se mettre eux-mêmes à changer les choses.

    Le changement, le futur, c’est en nous et nulle part ailleurs!

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  10. Fred., de L.
    Fred., de L. dit :

    C’est sans aucun doute la dernière (?) pirouette du système pour parvenir à nous vendre un espoir de changement. La démonstration que ce type est totalement issu du système a été faite 10000 fois… (Condie, Gonzales et Powell ont déjà démontré 10000 fois qu’être non-wasp n’impliquait pas forcément que l’on applique une politique différente).

    Parce qu’après le black élu président, il leur reste quoi ? Une femme ? Ah oui, une femme. Les abrutis qui officient dans les organes officiels de propagande pourront à nouveau s’extasier pendant plusieurs mois avant et après l’élection pour nous expliquer Kennedy par ci, Thatcher par là (le contre exemple parfait démontrant qu’une femme peut être aussi pourrie et infecte qu’un homme, mais tous les commentateurs font comme si ça n’était jamais arrivé). 4 ans de plus de répit pour le système. Merde. Et les mêmes qu’aujourd’hui pourront continuer à expliquer que les gauchistes sont des primaires haineux voyant le diable partout (cf. Radical Chic).

    Tu parles d’une victoire.

    Répondre
  11. céleste
    céleste dit :

    T’as raison!

    mais si dans un premier temps l’élection d’un président pouvait donner aux immigrés, à leurs enfants, à tous ceux qui ont une couleur de peau différente, la fierté de se sentir représentés au lieu de se prendre une énième baffe dans la gueule par un blanc des hautes castes, ce serait quand même sympa!

    parce que l’alternative c’est Mac Cain 🙁 et Palin :-((

    Répondre
  12. Sys4
    Sys4 dit :

    Permets-moi, chère Agnés, de ne pas être d’accord. Je suis des blogs d’ultralibéraux depuis suffisamment longtemps pour comprendre que des types comme Jacques Garello (l’ami des contribuables, pour lequel tu peux faire ce que tu veux au gouvernement tant que tu baisses les impôts pour les plus riches) ou Pierre Toullec (un jeune vieux tellement à droite qu’on l’a retrouver à défendre McCain parce que Obama est déjà trop à gauche pour lui… en France, ce qui, tu en conviens avec moi, est vachement utile!), aient une peur bleue d’Obama et de sa proposition de relance par l’offre.

    La vérité est que Obama, si il n’est pas un traitre, pourrait changer l’idéologie actuellement en vogue, sans trop faire de bruit… L’idéal!

    Et puis j’avoue que ces deux-là sont intenables depuis Sarkozy 2007, et l’idée de les voir pleurer de la déroute néoconservatrice m’arrache par avance un sourire de satisfaction… On peut se contenter de si peu de chose pour être heureux…

    Et la vengeance est si douce…

    Répondre
  13. edgar
    edgar dit :

    Aucune marge de manoeuvre aux USA ? Ils ne sont pas soumis aux contraintes du pacte de stabilité. Et s’ils présentent un plan de redressement à moyen terme crédible (avec des hausses d’impôts), ils peuvent se payer encore un peu de déficit.

    Répondre
  14. Swâmi Petaramesh
    Swâmi Petaramesh dit :

    Si Obama représentait le moindre risque pour le véritable pouvoir qui gouverne les USA et l’essentiel de la planète, le pouvoir financier et militaro-industriel…

    Il est très probable qu’il aurait été dissuadé de se présenter par des arguments très persuasifs.

    Il est très probable que des casseroles rhédibitoires, fabriquées au besoin, lui auraient été collées au train dès avant les primaires.

    Il est très probable qu’il n’aurait jamais reçu l’investiture de son parti.

    Il est très probable qu’il n’aurait reçu qu’une portion infimes des fonds dont il bénéficie pour sa campagne.

    Il est très probable que son adversaire aurait été moins naze, mieux entouré et mieux financé.

    Il est très probable qu’il n’aurait pas eu l’ombre d’une chance d’arriver au jour de l’élection, encore moins d’être élu.

    Et si l’impossible devait tout de même se produire, il est très probable qu’une version néo-nazie white-power de Lee Harvey Oswald permettrait opportunément de résoudre l’épineux problème.

    Bref, si Obama entre demain à la Maison Blanche, c’est que ça fait belle lurette qu’il a été approuvé et choisi par le véritable pouvoir, qui, loin de le craindre, l’inclut tout-à-fait et l’utilise dans ses calculs à terme. Entre autre pour les raisons qu’invoque Agnès.

    Il faut que tout change, pour que rien ne change…

    Répondre
  15. Chumba
    Chumba dit :

    Moi, cette campagne électorale de "Barack Obama" me fait beaucoup penser à celle de "Tony Blair"… C’était pareil avec "Tony Blair" : Des gens mettant beaucoup d’espoir en leur candidat, mais à la fin on voit bien le résultat… Certains vont dire qu’il ne faut pas être toujours pessimiste, négatif, etc. mais bon, il ne faut pas être aveugle non plus…

    Répondre
  16. Swâmi Petaramesh
    Swâmi Petaramesh dit :

    Dans la terreur que la victoire annoncée d’Obama leur insipire, Wall Street a terminé la séance d’aujourd’hui sur une hausse de bon aloi, tandis que la majorité des bourses mondiales lui ont emboîté le pas. On voit que ces gens ont peur ! 😀

    Répondre
  17. chris
    chris dit :

    Nenfin, l’activité forumique et bloguesque est au plus bas en ce moment …..y a pas que les bagnoles qui se vendent plus.

    Dites les alters …la décroissance ne va point concerner les livres aussi …

    Obama peut etre ……..

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  18. Chomp
    Chomp dit :

    Dans la société du spectacle (qui bat tellement son plein qu’on devrait dire la société-spectacle, trouver même quelque concept-valise encore plus compact…)
    tout est représentation.
    Plus les symboles y sont creux, plus ils sont suffisants pour planquer le vrai théâtre, le théâtre des opérations.
    Celui ou sifflent les vraies balles, par exemple.
    Où meurent (ou pas) les vraies gens.
    C’est guignol ? Vive Guignol !
    Pour le reste, la survie du truc est largement dans notre incapacité à renoncer à nos téléviseurs, et notre vraie vie sera vraiment ailleurs …

    On en recausera 😉

    Répondre
  19. Eric
    Eric dit :

    Oui, tu as bien décrit le processus, comme si les républicains avaient choisi un candidat naze exprès! Dans l’ensemble je suis plutôt indifférent à Obama, qui est un peu un Bayrou américain (peut-être un peu plus à droite que Bayrou, mais j’avoue que je ne saurais pas dire pourquoi).
    Est-ce qu’il n’aura pas de marge de manoeuvre? Ca semble certain. Au fond, tout ce qui compte, c’est ce qu’il y a dans la tête des gens: et, de ce côté là, bien sûr qu’il n’y a rien de changé. Dès que la crise financière aura un peu baissé d’intensité (médiatique), la surconsommation reprendra ses droits.

    Répondre
  20. jcd-bruxelles
    jcd-bruxelles dit :

    Le seul truc intéressant dans le programme Obama, c’est sont intention de relever (oh, très peu) les impôts sur le revenus des plus riches et de remonter l’impôt sur les plus-values. C’est le début du retour à une certaine sagesse. Les gouvernements européens devraient en prendre de la graine, eux qui ne pensent qu’à baisser l’impôt des riches et à donner en cadeau aux financiers l’impôt levé sur les pauvres.
    A part ça …. ? Mais c’est un début.

    Répondre
  21. Tisbea
    Tisbea dit :

    Excellent ton billet ! J’ai explosé de rire à plusieurs reprises et j’ai (presque) versé une petite larme en lisant ton dernier paragraphe.
    Et Je suis entièrement d’accord avec toi : "Le changement, le futur, c’est en nous et nulle part ailleurs!"

    Répondre
  22. Fares
    Fares dit :

    Salut Agnès 🙂

    Tout à fait d’accord avec toi.

    Au passage, je mentionne également le très très bon article de Meyssan au sujet de l’illusion de la démocratie aux Etats-Unis :
    http://www.voltairenet.org/article1

    Si Obama représentait une quelconque menace pour ceux qui détiennent réellement le pouvoir aux Etats-Unis, il n’aurait pas totalisé plus de 1% des voix lors des primaires 🙂

    Barohn McObamacain sera élu avec près de 95% des suffrages exprimés, ça ne fait à peu près aucun doute. Une fois que cette mascarade sera terminée, il faut espérer que ceux qui jouent le rôle de dindons de la farce se décideront à se sortir les doigts du cul.

    Répondre
  23. emcee
    emcee dit :

    Je suis entièrement d’accord avec Agnès et Swãmi.

    Obama est un pur produit de l’"establishment."
    Et en effet, il est utilisé par eux comme leurre pour laisser croire que ça va changer, qu’on va revenir au bon temps de l’"Amérique prospère".

    Les républicains, exsangues après les 8 années de Bush (avec la crise actuelle en apothéose), et bien contents de passer temporairement la main, n’ont même pas cherché à lui opposer un candidat crédible.
    Les démocrates, eux , sachant que c’était leur tour, ont mis en compétition une femme et un Noir. Et que le meilleur gagne.

    Quant aux électeurs, ce ne sont pas eux qui décident, ce sont les grands groupes privés qui distribuent des millions de dollars pour s’assurer de l’allégeance du président.
    Des millions de dollars pour assurer le marketing des candidats et façonner lur image.
    Qu’Obama soit noir a été un atout supplémentaire pour eux: il incarnait le prétendu "changement" de façade dont ils avaient besoin.
    Et, cyniques jusqu’au bout, ils auront ainsi encore moins de scrupules à l’attaquer violemment à la moindre volonté d’indépendance (augmentation inconsidérée des impôts ou des aides sociales, couverture santé universelle, etc.).
    Quant au racisme, ce sont eux qui l’entretiennent ou pas, au gré de leurs plans machiavéliques.

    Au fait, qui sait combien il y a de candidats à la présidence? 19!
    http://www.politics1.com/p2008.htm
    Les 17 autres n’ont accès ni au pognon, ni, donc, aux grands médias – qui se réservent le droit de les recevoir ou non.
    Et qui ne le font pas, généralement, ou si peu.

    Tant va la démocratie à vau-l’eau …

    Répondre
  24. jardin
    jardin dit :

    Les élections ne sont qu’un théâtre d’ombres, les choses importantes se passent en coulisses. Ceci dit, la pièce était tellement nullasse et ennuyeuse jusque là, avec un scénario de plus en plus absurde, consternant, qu’un peu de renouvellement ne fait pas de mal.

    Comme une bouffée d’air pur.

    N’oublions peut-être pas que nous sommes au spectacle. Faisons pas comme ces cow-boys qui, ne connaissant pas encore le théâtre, se précipitaient sur la scène pour lyncher le traitre et épouser l’héroïne. Alors que les acteurs étaient déjà en train de se congratuler.

    Répondre
  25. arnober
    arnober dit :

    The show must go on….Après les "élections américaines", halloween et bientôt le 1er Noël de notre nouvel ami OLOBAMA, on continuera à blablater comme avant. Il est illusoire de penser que Guignol 1er changera la "donne", ou amènera un quelconque changement dans nos jolies fermes de démocratie et d’égalité… Que le spectacle continue et on caquettera tous joyeusement dans la bonne humeur pour des jours meilleurs…
    Le prochain sera qui? dans 4ans? hein?
    On s’en tape, qu’est ce qui change ? hein?

    Répondre
  26. Zygomatique
    Zygomatique dit :

    bof: si Mc Blain est élu, il n’y a rien à attendre: le Parti Républicain continue d’avoir la main sur le pays, sur le monde, continue ses délires fondamentalistes, sa politique étrangère agressive et mortifère,, les tortures , le hors droit , les massacres en Irak,en Afghanistan, au Pakistan, et la suite dans le moyen Orient, son soutien inconditionnel à Israël etc, de promouvoir le créationnisme et sa politique néocon économique et de fuite en avant financière.

    Evidemment s’il casse sa pipe ,remplacé par Sarah Paulin ça risque d’être chouïa fendard .

    C’est seulement avec Obama, qui n’est pas à mon avis, un homme providentiel, dans la mesure où il n’émerge pas ex nihilo, qui semble investi charnellement par une partie du peuple et de ses ses électeurs, qu’ il peut émerger des choses
    intéressantes,imprévisibles, sans doute pas du jour au lendemain, surtout des classes populaires et des classe moyennes qui ont été laminées. Hors c’est à partir où les classes moyennes sont atteintes que les choses deviennent éruptives .Son problème sera aussi de mettre à l’abri sa peau et celle de sa famille,dans ce pays de flingueurs.

    Une dernière chose: Sarko qui s’est aplati devant Bush et ses valeurs républicaines va devoir inventer de nouvelles contorsions.

    Bon, c’est un peu long, pardonnez-moi. Mais il est presque 2 heures AM…

    Répondre
  27. Fred., de L.
    Fred., de L. dit :

    Bouffée d’air pur ?

    Ah oui, il va falloir faire semblant que vraiment, les choses s’améliorent, semblant de se dire que l’Amérique est "de retour"… semblant d’y croire. Parce que bon… sinon, c’est que t’es anti-américain atrabilaire…

    Répondre
  28. Passant
    Passant dit :

    Agnès, vous oubliez un détail que la lecture assidue du blog de Jean Quatremer que vous semblez pratiquer devrait vous faire percevoir : avec l’élection d’Obama, tout ce que l’Europe compte de socio-démocrates va exiger que l’Europe devienne financièrement solidaire des américains.

    Lisez donc la blogogosphère francophone des centristes infiltrés au PS : ils seront tous là d’ici demain pour nous expliquer qu’il est de notre devoir d’aligner notre politique monétaire sur celle des américains : pour que la fête continue.

    En ce qui me concerne, plutôt crever que de lever le petit doigt pour les oppresseurs du monde.

    Répondre
  29. Aª
    dit :

    "Le plaisir de se sentir malin, démystifié et démystificateur, de jouer les désenchantés désanchanteurs, est au principe de beaucoup d’erreurs scientifiques."

    Pierre Bourdieu, Raisons pratiques, Sur la théorie de l’action, 1994.

    Répondre
  30. Aª
    dit :

    Quant aux électeurs, ce ne sont pas eux qui décident, ce sont les grands groupes privés qui distribuent des millions de dollars pour s’assurer de l’allégeance du président.

    Ceci est tout simplement une vision complotiste de la politique déguisée en réalisme ou en lucidité.

    Savez-vous qu’il y a eu une mobilisation populaire sans égale en faveur d’Obama?

    Vous tous qui pérorez sur le malheur, vous faîtes l’effet de petits-bourgeois se piquant d’aristocratisme lucide méprisant le leurre des foules.

    Répondre
  31. ko
    ko dit :

    Se seraient-ils mobilisés en masse derrière un autre des 19 candidats, si ceux-ci leur avaient été présentés dans le même joli papier-cadeau ?
    C’est ce que nous ne saurons jamais. Et c’est bien dommage.

    Répondre
  32. alsospracht
    alsospracht dit :

    Bravo, bravo, on le savait mais encore fallait-il que ce soit aussi bien dit .
    Nous avons enfin une chance extraordinaire de vivre cette époque : Nous connaissons enfin la vraie valeur de l’argent grâce à la crise ; nous allons enfin connaitre la valeur de la démocratie ; nous assistons pour la première fois à une élection coloriste et surtout la fin des illusions sur la planète : quelle sera la réaction des floués ? Bof ! comme d’hab ? renforcement de l’individualisme, du jemenfoutisme, du jetemarchedessus, Que reste-t-il à inventer dans la barbarie ? Ah quelle belle époque ! fascinante.

    au fait Aa, "Le plaisir de se sentir malin, démystifié et démystificateur, de jouer les désenchantés désanchanteurs, est au principe de beaucoup d’erreurs scientifiques." Heureusement il ne s’agit pas là de science mais de rapport entre humains auquels les scientistes ont déjà fait beaucoup trop de mal. Un rappel historique les bourgeois sont ennemis de l’aristocratie en ce qu’ils sont accumulateurs et avares quand les aristocrates étaient flambeurs d’énergie, adeptes de la dépense improductive.

    Répondre
  33. jardin
    jardin dit :

    Théâtre d’ombre, n’oublions pas. On a le droit de se sentir heureux au théâtre. mais vaut mieux éviter de prendre sa vessie pour une lanterne, au risque de se brûler. (Il me semble que c’est plus convaincant dans l’autre sens, mais je respecte Francis Blanche et Pierre Dac, ah, le culte des grands hommes!)

    Ceci dit, pas sûr que ceux qui ont voté pour Obama soient tous naïfs et soumis au mythe de l’homme providentiel. J’ai lu ici ou là quelques petites réflexions qui évoquent au contraire un certain esprit critique. On peut regretter que, comme chez nous, le "vote utile" ait fait disparaître les autres candidats, mais ça veut dire aussi qu’ont voté pour Obama des gens qui vont l’avoir à l’oeil.

    Répondre
  34. emcee
    emcee dit :

    Quand on ne sait rien ou ne veut rien voir, on traite les autres de "complotiste".
    C’est facile, ça impressionne et ça ne mange pas de pain.
    Toute la campagne électorale américaine est basée sur du marketing à grands coups de meetings paillettes et de spots publicitaires.
    VRAI ou FAUX?
    Déjà, pour les primaires démocrates, alors que les républicains ont plié ça en moins de deux, il a fallu des mois pour décider si ce serait une femme ou un Noir, à coup de suspense et de planches savonnées pour maintenir l’intérêt du spectateur, sommé de ne penser à rien d’autre.
    Et surtout pas à un programme social.
    Et puis, finalement, le coup de génie de la ploutocratie, cela a été de sortir du chapeau un noir, qui drainerait tout un pan de la population qui ne votait plus..
    Les électeurs noirs et pauvres qui se sont déplacés cette fois-ci seront-ils récompensés de leurs efforts? Seront-ils seulement entendus?
    Quand les lampions de la fête se seront éteints et que les flonflons se seront tus (grosso modo moins de six mois, le temps que les médias nous leurrent encore un peu avec des reportages sur les "Obama entrent à la Maison Blanche", le "petit déjeuner des Obama", les "enfants Obama rejoignent leurs camarades d’école", les Obama ont des serviteurs blancs" et toutes les diversions pipole qu’ils vont nous servir jusqu’à la nausée), que restera-t-il de leurs illusions?
    Mais, évidemment, il ne faut surtout pas penser que tout ce cirque est prémédité par des gens si propres sur eux qui acceptent sans vergogne l’argent destiné à la collectivité pour effacer des dettes qu’ils ont sciemment provoquées. Nooon!

    Et comme c’est dit fort justement plus haut: avant, on nous traitait d’anti-américanisme, maintenant, on pourra y ajouter le racisme.
    Les "idiots utiles" répondront présent , une fois de plus, pour perpétuer la race des saigneurs.

    Répondre
  35. Galion
    Galion dit :

    "Savez-vous qu’il y a eu une mobilisation populaire sans égale en faveur d’Obama?"

    Quand en Afrique les puissants distribuent à plein seaux l’argent aux associations politiques pour assurer le claque dans les rues, aller chercher les électeurs par camions entiers et distribuer les sucreries aux votants méritants, on nomme le procédé pour ce qu’il est : celui d’une république bananière.

    Mais, aux USA, bien entendu, il n’est absolument pas question de cela.

    Les pauvres ont bien raison de prendre ce qu’on leur donne, fût-ce pour élire Obama et dire à la TV ce qu’on attend d’eux : c’est toujours ça de pris.

    Répondre
  36. Aª
    dit :

    Serge Halimi, directeur du Monde diplomatique et journaliste spécialiste des Éats-Unis, concluait, dans "Dernier film de campagne ou premiers chantiers du premier président", mardi 4 novembre dans la valise diplomatique ceci:

    "Si l’occasion lui en est donnée, le défi de M. Obama sera à la hauteur des espoirs des dizaines de millions d’Américains qui entendent, vraiment, tourner la page du reaganisme. Lequel promettait, il y a moins de vingt-cinq ans, « Morning in America ». Or, avec le concours de bien des démocrates dont l’ancien président Clinton, ce libéralisme n’a laissé qu’un paysage désolé, inquiet, crépusculaire. Celui d’une société fracturée. Le film du candidat en portait témoignage. Son éventuelle présidence y portera-t-elle remède ?"

    Libre à vous de considérer que Serge Halimi, qui certes, a été accusé de "théories complotistes" par des personnes à qui cela ne plaisait pas qu’il dévoile ce que tout le monde savait sur les connivences dans le champ du pouvoir entre politiques, élites économiques et journalistes de pouvoir, que, devenu directeur d’un mensuel trop "établi", il soit "rangé et naïf", et qu’il laisse ici une éventualité à l’espoir d’un changement, c’est-àdire qu’il accepte la possibilité que la politique change, soit une grande décpetion face à un intelleectuel jadis critique et embourgeoisé.

    Mais comme vous savez déjà tout et avez toute l’omniscience à la fois pour aller au-delà du "scientisme" des sociologues et du leurre des masses (ou de ceux qui font allégeance aux schémas médiatiques), vous ne pouvez même songer à quelque perspective de changement dans la vie et dans le monde, n’est-ce pas?

    Hugo Chávez, certes très différent, a-t-il changé quelque chose au Venezuela et à la région? En bien ou en mal d’ailleurs? À son élection, beaucoup d’intellectuels qui savaient tout comme vous, prohétisaient que rien ne changerait de toutes façons et que la ploutocratie et l’oligarchie et la burocratie et autres "craties" ou "chies" allaient faire perdurer tout le "système" qui ne changerait jamais.

    Qui vivra verra…

    Répondre
  37. jg
    jg dit :

    suite au commentaire 27

    parmi les 17 autres, y’en a qui perdent à être connus

    PROHIBITION PARTY:
    Gene Amondson
    Leroy Pletten

    ils ont une tête à discuter politique au comptoir !

    Répondre
  38. Exigeant
    Exigeant dit :

    Je partage complètement ton avis. Le changement va se faire attendre. A tel point que sur france-infos à 11h45, un certain politologue américain fait des pronostics pour savoir qui de l’équipe Bush sera repris par Obama…
    Le comparatif avec Bayrou est intéressant (Eric, commentaire 20), vendu lui aussi comme candidat du "changement" en 2007 et pour qui tant de gens ont voté en pensant voter utile et à "gauche" !!!
    Un peu comme si nous devions attendre des perspectives de changements réels lors du congrès de Reims.
    Et dire pourtant que j’aime les comptes de fées 🙁

    Répondre
  39. karkan
    karkan dit :

    "le job le plus pourri de la planète : celui de président d’un pays totalement ruiné, lessivé, avec une population qui s’enfonce dans la misère, des retours de manivelle annoncés en cascade, que ce soit du point de vue social, politique, géostratégique, diplomatique, environnemental et bien sûr économique."

    Vous parlez de la France après le passage de Chiterrand ?

    Répondre
  40. Aª
    dit :

    *
    Tourner la page, par Uri Avnery (VO)

    Tourner la page, par Uri Avnery (VO) 4 novembre 2008

    L’élection de Barack Obama pourrait avoir d’énormes répercussions dans de nombreux domaines, estime Avnery, à commencer par l’envoi « d’un signal électrisant » à tous les optimistes du monde, parmi lesquels il se reconnaît. « J’espère qu’Obama se révèlera un ami de l’autre Israël, l’Israël qui cherche la paix, » et qu’il en « arrivera à cette conclusion évidente : la haine qui couve contre les USA du Maroc au Pakistan est inextricablement reliée au conflit Israélo-Palestinien. C’est lui qui empoisonne tous les puits. C’est l’atout majeur dans les mains de Ben Laden et d’Ahmadinejad. » Il est donc dans « l’intérêt des USA d’ouvrir un nouveau chapitre dans la région et de travailler réellement à une paix entre Israël et la Palestine, la Syrie et tous les Arabes et peut-être même avec l’Iran. »

    Répondre
  41. Aª
    dit :

    USA : Un espoir de retour à la diplomatie
    4 novembre 2008

    L’arrivée d’une nouvelle équipe à la Maison Blanche marquera-t-elle enfin le retour à la diplomatie ? Jim Lobe rappelle que pour tous les conflits qui ensanglantent l’arc de crise allant de la Méditerranée à l’Asie Centrale, existent des plans aboutis d’initiatives diplomatiques, dont les chances de succès seraient grandes si les USA et les grandes puissances – dont l’Europe – les appuyaient fermement.

    Répondre
  42. Sébastien Fontenelle
    Sébastien Fontenelle dit :

    @ Swami

    En même temps, c’est à mon avis un tout petit peu plus compliqué: "La victoire d’Obama ne rassure pas les Bourses : Wall street ouvre en baisse"

    Répondre
  43. pla
    pla dit :

    "des plans aboutis d’initiatives diplomatiques, dont les chances de succès seraient grandes si les USA et les grandes puissances – dont l’Europe – les appuyaient fermement."

    Oui, entièrement d’accord.
    Seule la diplomatie peut régler les conflits, notre expérience européenne en est la preuve. 3 guerres entre la France et l’Allemagne n’ont rien résolu, c’est le moins que l’on puisse dire, avant que les diplomates ne se mettent autour d’une table.

    Répondre
  44. jardin
    jardin dit :

    @ Agnès, 40:

    Eh oui, j’ai les pieds au sec. Dans le secteur où on loge, c’était pas trop catastrophique. Et surtout, moi, je suis pas obligée de sortir, alors…

    Mais la ville a beaucoup souffert au sud et à l’ouest, ainsi que tous les quartiers populaires qui sont construits…entre le fleuve et la digue!

    Répondre
  45. Tokidoki
    Tokidoki dit :

    Bonjour,
    Personnellement je ne suis pas du tout d’accord avec le fond de ce billet.

    Sur la forme, je dois dire que la description de la course a la defaite m’a bien fait rire. Ca m’a rappele un livre lu il y a longtemps: "Qui perds gagne", ou un journaliste du Canard Enchaine (je crois) decrivait comment VGE, Mitterand, Marchais et consort essayaient en fait tous de perdre les election a tout prix.

    Mais sur le fond, attaquer Obama parce qu’il ne propose pas de supprimer le capitalisme et/ou appliquer de vieilles recettes marxistes (ou assimilees), ca me semble un peu a cote de la plaque. Surtout que quand on voit que la moitie des americains fremissent d’effroi juste a entendre les mots "repartition de richesse", on se dit que c’est pas demain la veille que les USA seront une avant-garde de l’anti-capitalisme (et apres tout, c’est leur droit).

    Alors, bien sur, Obama ne sera pas le sauveur du monde. Mais il devrait quand meme apporter quelques bonnes choses aux travailleurs americains, en particulier un systeme de securite sociale digne de ce nom. Et a l’international il sera forcement moins mauvais que Bush (difficile de voir comment il en serait autrement). Et sur le plan societal, son election va forcement faire du bien au niveau des relations inter-communautes. (dans quelle mesure je sais pas, mais c’est toujours ca de pris)

    Quant au fait que les USA soient un pays mort economiquement, euh… comment dire…L’argent c’est un concept. Ca n’existe pas (bon, j’exagere mais a peine). Quand on fait les comptes, ce qui fait la richesse (ou la pauvrete) d’un pays, ce sont les capacites de productions, les infrastructures, le niveau d’education et la cohesion sociale. Et dans ces domaines, les USA sont toujours au plus haut (meme si l’acces a leur systeme educatif est trop ferme pour les pauvres). La crise financiere n’y change rien. Ils vont surement passer un mauvais moment, mais si c’est bien gere (et il n’est pas impossible qu’Obama s’en sorte bien), ca sera regle dans 2 ans.

    Sur le fait qu’en fait personne ne voulait gagner cette election, j’ai vu un journalite poser precisement cette question a Obama: est-ce qu’il a vraiment envie de devenir president avec le bordel actuel? Il a repondu que c’etait un excellent moment pour etre president, parce qu’il y a beaucoup de choses a corriger et que c’est dans les temps difficile que les gens acceptent les changements; quand tout va bien, ils sont davantage conservateurs. Personnellement j’ai trouve ce point de vue pas con.

    Sinon, une courte reponse pour ceux qui examinent Obama a l’aune de l’evolution de la bourse. La bourse a certes parfois (souvent?) des interets opposes a ceux des travailleurs (en particulier elle aime bien les restructurations/licenciement et les baisses de salaire) mais ce n’est pas systematiquement le cas. Une economie qui va bien et des gens qui ont de l’argent a depenser, ca plait aussi beaucoup a la bourse. Et puis franchement, en ce moment la bourse, ca evolue tellement dans tous les sens, je crois pas qu’on puisse tirer aucune conclusion.

    Répondre
  46. damien
    damien dit :

    @ Sébastien Fontenelle et tous les autres de ton acabit (lol) :

    tu es d’une confondante naïveté, à moi "on ne la fait pas", le gars est un envoyé du système, même qu’il est de la même "gauche" environ que le manager de Paris ….

    Oui, il y a un noir à la maison blanche mais quand même… j’ai du mal à voir du Malcom x ou du Martin Luther King là dedans quand même :p

    Répondre
  47. jardin
    jardin dit :

    Aucun doute qu’une fraction au moins de la grande finance a misé sur Obama, quand on monte un cheval complètement fourbu, on doit bien en changer. Sans doute que Obama leur a donné quelques gages pour être soutenu comme il l’a été, sans doute qu’il sera tenu de ne pas prendre de mesures trop nuisibles à ces nuisibles.

    Mais… tout système, aussi fignolé qu’il soit, a des interstices, des failles. Obama, s’il ne veut pas être disqualifié trop vite, devra aussi tenir compte de ceux qui espèrent en lui, et il faudra bien le laisser un peu faire pour ne pas casser tout de suite la baraque. Il devra donc commencer à tenir certaines de ses promesses.

    Et puis, je suis d’accord avec chépluki: il arrive que des créatures échappent à leur créateur. Si on attendait un peu de voir? D’autant plus qu’on a pas grand chose à y perdre, on va faire quoi de toutes façons? Nommer Ralph Nader président des USA?

    Répondre
  48. yeswecan
    yeswecan dit :

    Je lis
    "ll ne s’agit pas ici de me lancer dans le petit jeu des pronostics"
    Amusant. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ce n’est pas l’optimisme qui vous caractérise, et j’ai envie d’ajouter, veille chouette.

    Répondre
  49. Fleury
    Fleury dit :

    Bonsoir et merci par cet article.
    Effectivement, je me demande aussi quel désespoir cache autant d’espérances.
    Y-a-t-il eu des commentaires sur le slogan de campagne, "Yes, we can" et "tout est possible".
    C’est tout de même remarquable que ces "formules" puissent aussi facilement s’inverser en leur contraire. Exemple, oui, nous pouvons (au choix) tuer, massacrer, expulser, ruiner, etc…
    Ou alors, tout est possbile, nous pouvons (même chose) tuer, massacrer, expulser, ruiner, etc…
    Alors, ca fait vriament peur.
    C’est un peu comme les larmes de Jackson ce matin. A quelle souffrance a-t-il pensé en pleurant ?
    Cordialement.

    Répondre
  50. Sophophile
    Sophophile dit :

    Alors que « l’erreur ne devient pas vérité parce qu’elle est soutenue par beaucoup » et que « ce n’est pas parce qu’ils sont plus nombreux à avoir tort qu’ils ont forcément raison », un nombre beaucoup plus important que d’habitude d’Usaméricains a permis que devienne président, malgré un mode de scrutin potentiellement inique, le moins non souhaitable des deux candidats. C’est déjà çà.

    Mais si celui qui a fait, avec grand talent et probable grande sincérité, son premier discours de vainqueur entre trois vitres blindées n’est pas assassiné plus ou moins vite, qu’en sera-t-il de son programme (en petite partie au moins très interrogeant, voire inquiétant) quand les grandes fortunes et autre hyper-puissant lobby sioniste (1) qui l’ont financé aux trois quarts exigeront des dividendes ? Obama ne sera-t-il finalement que leur marionnette comme le furent ses prédécesseurs ? Le vrai miracle serait que l’avenir réponde « Non, il a pu ».

    Puissent au moins tous les défavorisés usaméricains et clandestins voir sensiblement réduits leurs soucis matériels dès que possible. Pour que, l’esprit plus libre, ils aient le loisir de se préoccuper de comprendre et vivre les vraies valeurs spirituelles théistes (pas forcément religieuses) afin que dans ce pays et bien d’autres puisse croître la fragile fleur de l’altruisme. Et se développer une vie sociétale moins matérialiste, plus digne de l’appellation très peu vérifiée jusqu’ici d’ « homo sapiens » .

    (1) Avnery comme référence pour une paix juste pour les Palestiniens non collabos et non profiteurs, ça laiss e beaucoup à désirer. Alors que le Barack semble prêt à prendre comme conseiller sur la question deux enfants s de Juives (ce qui n’est absolument pas une tare) ET sionistes (ce qui en est uen très grosse)

    Répondre
  51. pas perdus
    pas perdus dit :

    C’est déjà un symbole fort,… même si on n’a aucune illusion quant à sa politique économique et sociale. On se rappelle de trop de Clinton qui n’a fait que poursuivre la politique de Reagan et de Bush senior.

    Alors, à la limite, il ne peut que nous surprendre… agréablement !

    Je tique quant à ton expression : "j’aurais tout fait pour ne pas gagner"… Tu penses au grand soir ?

    Répondre
  52. Sébastien Fontenelle
    Sébastien Fontenelle dit :

    "Oui, il y a un noir à la maison blanche mais quand même… j’ai du mal à voir du Malcom x ou du Martin Luther King là dedans quand même :p"

    Et ça, au fond, ça tombe assez bien, parce que justement: je ne pense pas qu’on te l’ait demandé?

    Répondre
  53. la fee kalach
    la fee kalach dit :

    comme souvent, je me reconnais parfaitement dans ce que tu écris, Agnès.
    le fait qu’obama soit un pur produit du système, comme le rappelle swami, est de l’ordre de la tautologie. tout le reste n’est que folklore, certes savoureux.

    dans le même temps, je conçois l’enthousiasme des noirs américains qui ont connu la ségrégation raciale. il me semble difficile de leur en vouloir. ils n’espèrent pas d’ailleurs, dans leur grande majorité, un renversement radical du système.

    oui, l’élection d’obama ne change rien à l’affaire, le capitalisme a encore de beaux jours devant lui, et dans le cas présent, les mesures "sociales" qui pourraient être saupoudrées ne constitueront qu’une petite concession fort peu douloureuse afin de racheter une paix sociale vacillante.

    mais, au fond, j’ai envie de dire que ce sera toujours cela de pris pour les crève la faim. y compris pour ceux qui ont eu la lucidité de ne pas voter.
    sans rire, qui donc pouvait attendre une révolution de l’élection du président des états-unis d’amérique ?

    bon, maintenant que c’est fait, on va pouvoir revenir aux vrais sujets.

    Répondre
  54. Jean-Christophe
    Jean-Christophe dit :

    A moins que Obama ne serve que de somnifère à la population noire américaine dont la situation économique et sociale est désèspérée. Ainsi ils ne se révolteront pas…

    Répondre
  55. Mamie Nova
    Mamie Nova dit :

    L’exposé d’Agnès est brillant ( le portrait de Mac Cain comme repoussoir est très réussi) et beaucoup de commentaires le sont aussi ; mais moi qui ai 70 ans et des poussières trouve assez regrettable que des gens jeunes (je pense que dans l’ensemble vous avez plutôt de 25 à 45 ans) soient aussi pessimistes ,méfiants ,voire cyniques,et dans le fond désespérés.
    Même si beaucoup de ce que vous dites est vrai, pourquoi ne pas croire à la sincérité d’Obama, à la lueur d’espoir qui se dessine pour les minorités.,et (très intéressant) peut-être une évolution positive dans les conflits du Proche-Orient ?
    Barack serait une marionnette ? Il y a un exemple dans l’histoire où la marionnette a complètement échappé à ,ceux qui ll’avaient porté au pouvoir, malheureusement elle était pire qu’eux ; pourquoi ne pas laisser à celui, qui va prendre les rênes le bénéfice du doute et lui souhaiter simplement bonne chance !

    Répondre
  56. Aª
    dit :

    Je dirais même que cette attitude désespérée est une sorte de posture aristocratique plus ou moins nihiliste. Beaucoup de mots implicites ou explicites sur la "révolte", rien sur ce que ce serait bien que cette chose dans la pratique?

    Qu’est-ce que ce serait la révolte?

    Ne pouvons-nous ne pas croire un seul instant que le fait que des millions de personnes aient voté, pour certains pour la première fois, et pour beaucoup pour la première fois avec de l’espoir, soit un geste de révolte très concret, beaucoup plus concret que les gesticulations aristocratiques des élucubrations plus ou moins complotistes et simplificatrices et qui tendent à voir encore plus noir que "le désert du réel", vous tous Morpheus.

    "Le plaisir de se sentir malin, démystifié et démystificateur, de jouer les désenchantés désanchanteurs, est au principe de beaucoup d’erreurs scientifiques."

    P. Bourdieu

    Répondre
  57. jardin
    jardin dit :

    @ Mamie Nova

    C’est pas une question d’âge (quoique…).
    Mais peut être tout simplement on se pince, très fort, pour résister à l’hypnose qui pourrait bien nous envahir? Oui, laissons lui le bénéfice du doute, mais:

    OBAMA, WE ARE WATCHING YOU!

    Répondre
  58. Yogi
    Yogi dit :

    Un bel exercice de rhétorique qui nous est livré par Agnès …

    Déjà, même dans un pays pourri et gangrené, il y a toujours plus à prendre en étant au pouvoir qu’en y étant pas, et donc l’argument de "on va faire exprès de ne pas prendre le pouvoir" n’a aucun sens.
    Par ailleurs la campagne américaine a commencé il y a plus de 20 mois, avant la crise économique, et donc cet argument n’a vraiment aucun sens.

    Ensuite, le meilleur moment pour changer un pays c’est bien quand il est en crise, et que l’on a suffisamment de ratés à pointer du doigt pour proposer autre chose. Donc l’argument de "rien à espérer" ne tient pas non plus.
    Par ailleurs les US ont parfaitement réussi à transformer leur crise nationale en crise mondiale, et le fait que ce soit leur bateau le plus mal en point de tous reste encore largement à démontrer. L’argument "aucune marge de manœuvre" reste donc à prouver.

    Maintenant en effet, Obama n’est pas issu de l’insurrection armée du peuple des miséreux, seule légitimité acceptable aux yeux de la belle gauche, et ne prône pas décroissance et fin du capitalisme, quelle surprise.

    Mais, plutôt que d’attendre l’homme providentiel pour faire avancer le monde, est-il plus sain, drapé dans un inattaquable misérabilisme, d’attendre, comme apparemment il est recommandé ici, le "mouvement providentiel", le soulèvement universel et spontané des masses laborieuses, qui se révéleraient soudainement et unanimement conscientes de la voie dans laquelle chercher le salut, et d’accord sur le mode d’action à emprunter pour "agir par elles-mêmes" ? Est-ce vraiment là-dessus qu’il faut parier l’avenir ?

    Le plus drôle c’est que "Le changement, le futur, c’est en nous et nulle part ailleurs !" c’est EXACTEMENT le discours des hommes providentiels.

    Répondre
  59. ratefy
    ratefy dit :

    Endetté? Quelle importance !!! Comme disait Milton Friedman, ces dettes sont libéllées en $ et, depuis la suppression de la convertibilité, par Nixon, en 1971 et la démonétisation de l’or en 1976, ils remboursent en papiers.
    Il leur suffit donc de faire marcher leur imprimerie.
    En supposant, au pis, qu’ils renient leurs dettes, qui, dans le contexte actuel, oserait :
    -mettre l’embargo sur les produits américains,
    -boycotter les Etats-Unis,
    voire, à la limite, envoyer uns canonnière sur les bords du Potomac pour réclamer ses créances.
    Moralité: Ne pas faire de la dette un argument dirimant.
    Je crois néanmoins qu’Obama sera plus ouvert au dialogue que Bush et que le monde sera plus multipolaire;

    Répondre
  60. damien
    damien dit :

    @ (59) Sébastien Fontenelle
    "Et ça, au fond, ça tombe assez bien, parce que justement: je ne pense pas qu’on te l’ait demandé?"

    oui … oui .. heu oui … mais la même "gauche" environ que le manager de Paris pourrait le dire (osera?)
    Bon, pardon d’être médisant 🙂

    @ (68) Mamie Nova,

    Que j’aimerai y croire Mamie..j’aimerai me dire que des gens avec du pouvoir (ou avec plus de possibilités que nous) puissent améliorer ce monde … mais que je regarde en arrière et que vois-je ?
    Certains me diront que si, oui, il y a eu de bonnes avancées (abolition de ceci, libération de cela, etc.) mais au final quand je suis juste, que j’essaye de l’être en tout cas, dans "ma" vision globale de ce monde, peu de choses ont changé sur plus de 2000 ans d’histoires.

    La manières changent, les gens.. mais quoi finalement ? on joue toujours à l’enculade du prochain, au " t’voir ta gueule à la récré"… j’ai pas l’impression qu’on avance en fait

    rien de nihiliste ici, juste un constat.
    Mais je veux bien avoir tord, et puis l’espoir fait (aide?) à vivre alors ….

    Bonne journée à tous

    Répondre
  61. damien
    damien dit :

    tiens 73 est libre, je le prends, c’est mon année de naissance (note: penser à jouer au loto).

    "ça va, t’es à l’aise ?

    -heu oui, je peux un peu, c’est un espace libre de communication ici ?
    -peut être mais bon, les gens sont venus lire un truc d’Agnès, débattre un peu..
    -j’ai participé aussi quand même
    -ouais mais bon tu fais pas avancer le moulin en soufflant quelques conneries …

    …silence…

    – rhoo ? je me sen concerné quand même
    – ah ? et dans quelles proportions ? le syndrome du système capitaliste te rattrape ?
    – je comprends pas trop ta question …
    – tu veux dire quoi là ?
    – ben j’ai des racines noires
    – t’as vu ton tronche ? t’es blond châtain, en plus aux yeux bleus ….
    – oui je sais ça surprend quand je dis ça mais y’a des signes quand même… ça se voit avec les mains (surtout quand je suis bronzé) et puis j’ai le nez un peu épaté…
    – ça se discute, des tas de gens ont des gros pifs mon gars et puis les mains ça se lave …
    – ouais oh..l’arrière grand-mère de mon arrière grand père du côté de ma mère était black..
    quand je dis black, c’est noire, pas crème ou café au lait, ou un peu gris, mais noire super noire; brésilienne, surement importé d’Afrique ? elle vendait des moules à rio de janeiro …
    – et tu crois que ça intéresse les gens ?
    -ben c’est un peu le fond du (pseudo) débat, non ?
    -quoi ?
    -ben un noir à la maison blanche (ça le ferait bien pour un titre de film ..made in usa évidemment)
    -hmm..
    -oui, je suis blanc (mais un peu noir je le rappelle), et je suis français (un peu importé aussi faut dire mais plus à l’est vers là-bas où ça caille!)
    – tu crois que ça change quelque chose ? d’être un peu noir, ou plutôt qu’un noir soit à la maison blanche ?
    – symboliquement surement..
    – tu me fais rire ..
    – moi aussi.

    Pardon pour ce petit délire (schizo ? lol) du matin ……

    Répondre
  62. ema ou la bienveillante
    ema ou la bienveillante dit :

    vous vous êtes donnés le mot ou quoi ?
    tous les bloggueurs font leur blasé sur le modèle du "ne vous réjouissez pas trop vite, foule émotive, je vais vous montrer que rien ne changera".

    mais enfin, on s’en fout de ce qu’il fera, c’est leur pays, c’est pas notre président.
    c’est pas le messie.
    mais il y a lieu de se réjouir pour l’égalité entre les hommes.

    c’est pas lui qui est génial, ce sont les américains ! quand une société évolue positivement, on applaudit !

    mais le procès d’intention permanent chez tous les blogueurs, c’est pas trop original.

    Répondre
  63. Mamie Nova
    Mamie Nova dit :

    je ne sais pas si c’est un hasard mais il me semble qu’à partir de mon commentaire (66) les blogueurs se sont montrés plus ouverts et moins pessimistes :ainsi Aa(67), jardin (68), yogi (69), ratefy 70),damien (71),emma(74), je suis contente si j’ai pu apporter un rayon de soleil
    dans toute cette grisaille,vous voyez ! les vieux peuvent apporter du positif !
    encore une petite chose pour celui qui dit que pas grand chose n’a changé depuis 2000 ans ; sans remonter si loin je citerai ceci : quand je suis rentrée en 6ème (il y a 60 ans ! )sur concours et venant d’un milieu modeste nous étions exactement 200 petites filles à ,rentrer au lycée sur toute la région lyonnaise ! Comparez avec maintenant ! Cette société que vous critiquez tant , elle vous a pourtant permis d’accéder à l’instruction et même à la culture, elle vous a fourni les mots et l’apprentissage de la pensée. Je pense qu’avec l’accession d’Obama au pouvoir, davantage de jeunes des minorités pourront poursuivre leurs études,aller à l’Université . Ce n’est déjà pas si mal !
    Cependant je voudrais qu’il se prononce contre la peine de mort et les armes !
    Vous voyez que je ne suis pas si naïve!
    Bye et merci de m’avoir lue ! Je vous enverrai des crèmes !

    Répondre
  64. jardin
    jardin dit :

    Moi, j’aurais bien voulu qu’il se positionne pas POUR la guerre en Afghanistan. C’est d’ailleurs là que nous, français, allons devoir être vigilants. Parce que c’est comme si c’était fait, je les entends déjà argumenter que nous aussi faut qu’on y envoie plein de renforts, vu que c’est pas le méchant Bush qui nous le demande, mais le gentil Obama.

    Pas oublier que notre saigneur à nous qu’on a fait déjà savoir qu’Obama, c’est son pote. Main dans la main et fleur au fusil. Préparez les cercueils et les drapeaux tricolores. Et aussi les services de psychiatrie pour ceux qu’auront pas bien supporté leur mission civilisatrice. Mourir à 20 ans, tuer à 20 ans, les deux mon capitaine!

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  65. ltdc
    ltdc dit :

    Je n’ai lu que partiellement les 77 commentaires, j’imagine que je vais faire une répétition mais tant pis; je penche également vers l’angle de vue du Monolecte.

    McCain ne pouvait pas gagner et c’est ce que les Républicains voulaient. Il aura ainsi contribué à leur retour en force dans quatre ans quand ils pourront se targuer de l’échec (prévisible) d’Obama. Et certains alors ne se priveront pas de lier ses compétences remises en cause à la couleur de sa peau…

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  66. chris
    chris dit :

    """"Cependant je voudrais qu’il se prononce contre la peine de mort et les armes !""""

    Son programme de ""campagne" a ete sibyllin la dessus , il parle de reduire les condamnations a mort et de legiferer plus sur les armes individuelles …

    Ca peut faire sourire mais c’"etait ca ou pas etre elu ….

    Je rejoindrais plutot le post 70 sur ce qui va se passer tout de suite …..

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  67. alsospracht
    alsospracht dit :

    Hi Hi vous avez entendu ? Paraît que DieuObama a une origine française !!! Vous vous rendez compte c’est grâce à nous qu’on va sauver le monde, faut que j’aille vite acheter des actions sur Reims et son champagne il y a des co… en or à se faire. Vivement les prochaines présidentielles, nous, les meilleurs, on élira un noir mais petit, bègue, moche, et bête comme un énarque.
    Allez c’est pour rire, quand au débat on verra ça avec l’équipe qu’il va choisir et les premiers actes dans 6 mois. L’intérêt d’internet c’est que les paroles restent figées comme pour montrer du doigt…

    Répondre
  68. speedy
    speedy dit :

    Analyse de tendance ici http://www.bakchich.info/article572

    Pour revenir sur l’articles et qq commentaires, je dois dire que je suis un peu surpris par certains propos.

    "…président d’un pays totalement ruiné, lessivé, avec une population qui s’enfonce dans la misère…" : tu parles d’Haïti, non ? Si les US sont vraiment dans cet état là, alors il y a en gros 200 autres pays qui ont des soucis à se faire !

    "les républicains ont mis des bras cassés parce qu’ils ne voulaient pas le boulot" : vu de chez nous, bras cassés peut-être, pas de là-bas. Les candidats n’étaient pas plus mauvais que les précédents (Bush / Chesney, plus nazes ya pas !), quel que soit le camp.

    "Obama est issu de l’establishment (et ne vaut pas mieux que les autres)" : et oui, dans la majeure partie des pays du monde, il faut être issu du bon endroit pour occuper des fonctions nationales. Il y a des exceptions, mais en gros, c’est dans des zones où les coups d’état sont fréquents (et encore) et où la démocratie et le multi partisme ne sont pas trop de mise. Pour être élu, il faut donner des gages, rassurer les différents pouvoirs, en particuliers financiers et économiques mais aussi militaires, c’est selon. Obama a bien fait son boulot sur ce plan.

    "Obama est de gauche" : oui, mais version US, en gros il est entre UDF et UMP sur notre échelle. Il a fait Harvard qui n’est pas un repaire de gauchistes avec des droits d’inscription annuels autour de 50.000 USD (Bush avait fait Yale mais parce que papa avait fait que).

    "Obama n’a pas de marges de manoeuvre" : si les US restent en Irak et en Afghnistan, c’est sûr. S’ils continuent le programme anti-missile et d’autres du même type, c’est sûr aussi.

    "Obama ne réformera pas le capitalisme" : sans déc ! Il y a 2 choses qu’on ne peut pas critiquer ou remettre en cause aux US : le capitalisme et la religion, c’est suicidaire. D’ailleurs Obama a terminé son discours de président élu en demandant à dieu de bénir l’assistance et l’amérique. Conforme aux attentes (des républicains !).

    Reste qu’il y a de gros problèmes : on a déjà parlé ici de la couverture sociale mais on peut ajouter l’éducation malgré "l’affirmative action" (à ce propos, certaines déclarations sur le fait qu’il n’y a pas d’Obama français possible et qu’il faut de la discrimination positive à donf me gonflent passablement), les infras (faut voir certaines autoroutes pour comprendre), etc.

    Sinon, d’accord avec Mamie Nova : beaucoup de cynisme et de "on me la fait pas à moi" dans certains propos.

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  69. vieil anar
    vieil anar dit :

    "God bless you, God bless America!", comme Obama a conclu chacun de ses discours, comme tous les présidents des USA ont toujours conclu leurs discours et comme ils continueront toujours de le faire!

    Répondre
  70. Zygomatique
    Zygomatique dit :

    "McCain ne pouvait pas gagner et c’est ce que les Républicains voulaient"…Sont trop forts les Républicains ! Quand ils veulent le pouvoir ils l’obtiennent, et quand ils le perdent c’est parce qu’ils l’ont organisé ! Les Américains ? que des cons ! Ouarf.

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  71. chomon
    chomon dit :

    Que peut-il sortir de bon de la première puissance capitaliste, militaire, économique de la planète??? qu’elle soit dirigée par un blanc ou un noir.

    Répondre
  72. JeandelaXR
    JeandelaXR dit :

    Salut Agnès, la Mamie Nova est une grande amie à moi que j’ai, (c’est moi [grand lecteur et fan de ton blog] qui lui lui ai indiqué ton article) elle n’est pas blogueuse mais découvre peu à peu ce monde, deux réponses chez toi, c’est trop top la classe, elle est (peut-être un peu trop) naïve, mais elle est très bien, Un jour, peut-être, elle aura aussi son blog ! ;O)

    Répondre
  73. chris
    chris dit :

    Un extrait d’un magasine boursier:

     » » » » » » » » »’ Il était minuit pile à Chicago (6h du matin en Europe) lorsque Barack Obama a pris la parole devant des centaines de milliers d’Américains, plus émus qu’euphoriques — et des centaines de millions de spectateurs à travers le monde — venus l’acclamer. Il a prononcé un discours de 14 minutes sans le moindre accroc, sans phrases inutiles et sans lire la moindre note, n’oubliant aucun de ses soutiens — familiaux ou démocrates, ni ses directeurs de campagne — et n’affichant dans son attitude aucun triomphalisme, bien conscient de la difficulté de la tâche qui l’attend.

    Les marchés n’ont pas manqué de relever l’allusion du futur président à un avenir économique difficile et problématique, où les bonnes solutions ne couleront pas de source. Il faut en effet s’attendre à quelques errements et déceptions avant que l’Amérique soit de nouveau sur pied. Cependant, les plus faibles seront épaulés, contrairement à ce qui se pratiquait depuis janvier 2001, fusse au prix de hausses d’impôts qui toucheront les 5% d’Américains les plus riches, tandis que les 95% restants bénéficieront d’allègements fiscaux.

    Preuve supplémentaire du manque de flair sociologique de son ex-adversaire républicain, une majorité des "5% les plus riches" a voté démocrate, malgré le martèlement de la menace "socialiste". L’agitation de l’épouvantail fiscal n’effraie manifestement plus personne tant il apparaît évident que la fracture sociale avait atteint les limites de l’intolérable outre-Atlantique et menaçait de faire exploser le pays.

    John McCain a rapidement reconnu sa défaite — qu’il reconnaît comme sienne. Il a félicité le nouveau président, remercié ses partisans et sa colistière, dont le nom — fait rarissime — a été sifflé. Sarah Palin n’a quant à elle pas prononcé une seule parole devant les caméras durant toute la soirée.

    ** Bien peu de républicains savent — ou n’ont osé se souvenir — que l’Alaska est l’état le plus "socialiste" de l’Union. C’est en effet le seul à avoir mis en place un système d’épargne adossé aux revenus pétroliers et qui distribue à chaque résident un dividende sur les sommes investies ; ce dividende est assimilable à un revenu minimum d’existence puisqu’il est distribué uniformément à chaque électeur, sans condition de ressource.

    C’est le genre de filet social qu’a mis en place le président brésilien Lula da Silva. Le nombre de bénéficiaires s’étend à mesure que les recettes fiscales progressent et c’est en grande partie cette initiative qui l’a fait élire en pleine crise en octobre 2002. L’effondrement de l’Argentine neuf mois auparavant faisait alors tache d’huile sur le continent sud-américain et le soutien aux classes les plus défavorisées avait constitué la clé des élections.

     » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » »’

    Apres ,on a le droit de rever , pour les eternels refaiseurs de monde….

    Répondre
  74. marxime
    marxime dit :

    en reponse au 13 et 69:
    même si c’est un discours repris par les "hommes providentiels" c’est le seul qui vaille. oui c’est au peuple et à lui seul qu’il revient de changer fondamentalement le systeme (s’il le veut vraiment) car c’est lui et lui seul qui en fait les frais.la representation telle que pratiquee par la "classe" politique est le leurre parfait.un coup j’te vote ump un coup j’te vote ps et au final tu n’as vote que pour umps.oui Agnes tu as raison il faudra bien un jour qu’on se sorte les doigts du c.. en plus c’est sale et ça pu

    Répondre
  75. David.A
    David.A dit :

    Ca commence très mal.

    Le premier poste officiellement pourvu, à savoir le chef de cabinet, est attribué à Rahm Emanuel.

    Rahm Emanuel est celui qui a bien failli être responsable d’une défaite démocrate aux partielles de 2006 et qui a publiquement reproché à Bush d’être pro-palestinien, entre autres joyeusetés.

    Trois choses viennent donc d’être pulvérisées : la cause palestinienne, les chances de Barack Obama en 2012 et tout "espoir de changement" (change we need). Pas mal en deux jours…

    Répondre
  76. kob'
    kob' dit :

    Ah, l’optimisme…
    C’est vrai que ça mange pas trop de pain et que ça peut améliorer la vie – au moins un moment.
    Mais au fait, y’en a-t-y pas qui nomment ça autrement ?

    Aveuglement,
    Méthode Coué,
    Refoulé,

    …par exemple.

    Qui a mis fin au welfare en limitant à trois ans maximum dans une vie le bénéfice de l’aide sociale (et encore, contre travail d’esclave ne suffisant pas à payer son loyer, un peu comme un certain RSA en plus trash) ?
    Qui a déversé des milliers de tonnes de bombes sur l’ex-Yougoslavie ?
    Qui a mis en pièce le principe de l’impôt progressif sur le revenu ?
    (J’en passe et des meilleures)

    Clinton, bien sûr, un peu leur Jospin à eux…

    Les Républicains sont là pour allonger les matraques, remplir les prisons et gaver les fabricants d’armes.
    Les Démocrates n’y changent rien et font passer les politiques antisociales pour socialistes au nom du réalisme, préparant activement le retour des premiers. Détail, la mise en place de l’assurance maladie aux USA dans un contexte de paupérisation accéléré, j’y crois pas une seconde, surtout alors qu’elle disparait là où le modèle pouvait se maintenir. Mais qui vivra pleurera…

    Là dessus, rien ne changera tant que persistera la mascarade bipartisane, et ce de quelque partie du monde occidental que l’on parle. L’optimisme dans l’action, oui, mais là, ce que vous proposez, c’est d’accepter d’être optimiste pendant que d’autres agissent contre l’intérêt de l’humanité. Rien à voir.

    Possible que le monde soit plus multipolaire demain, mais je doute personnellement, sur le mode intuitif, que l’élection de McCain aurait produit un effet différent. Ne s’agit-il pas là d’une tendance de fond ?
    Vu de ma fenêtre, y’a un truc qui au contraire se concentre et s’universalise : le pouvoir des (vrais) possédants, ceux qui sont en position de dire aux moins instruits comment et quoi penser.
    Alors, les USA comme première périphérie tiers-mondisée – juste devant l’Europe bien sûr – du grand capital mondialisé, oui, ça me paraît crédible.

    Pour ce qui est du pessimisme facile, peut-être faut-il bien mesurer, chers Aa, Mamie Nova et consors (avec tout le respect dû), que les avancées social-démocratiques enregistrées à partir de la fin des années 30, pour les générations nées à partir de 70, c’est surtout un bateau qui coule (bien sûr, les étudiants d’HEC, d’IEP ou autre viennent confirmer la règle). Economies obligent, ya pas de canots de sauvetage pour tout le monde. Vrai qu’on a bénéficié en grand nombre d’une éducation poussée, mais comment ne pas être désabusé – aigri ? – lorsque les baby-boomers les plus repus (ils sont nombreux, et je parle pas uniquement de ceux qui squattent les médias ou les cercles de décision les plus en vue) vous expliquent qu’il faut vous en servir pour piétiner allègrement la gueule du voisin (alors que eux sont bien entendu hors compétition) ? Et encore, moi je ne suis qu’un petit blanc.
    L’optimisme, moi et mes semblables, on demandait (demande) que ça. Mais on ne s’éclairera pas à la vessie, ce serait insulter l’investissement que notre société a consenti en nous mettant des bouquins entre les mains.
    Le seul espoir que j’ai, c’est que nous nous opposions résolument et dans la non-violence aux conflits aux petits oignons que le système nous prépare. La tension intergénérationnelle qu’ils alimentent (tiens, rien lu sur le recul de la retraite à 70 ans sur ce point), poison diffusé en permanence enterrant toujours plus profond l’espoir d’une résurgence d’une vraie solidarité, n’est pas la moindre de mes sources d’inquiétude.
    Pour l’instant, c’est nous qu’on trinque, mais, bientôt, ce seront les papy-boomers qui tomberont (violemment) des nues (ceux qui ne se seront pas gavé sur le marché des actions ou de l’immobilier j’entends). On ne peut pas dire que je le souhaite, au contraire, mais, à mon sens, Obama et la période qu’il annonce pour l’occident ne modifiera malheureusement pas la trajectoire de ce point de vue.

    Répondre
  77. speedy
    speedy dit :

    @kob 89

    Optimisme ne veut pas dire aveuglement. Je voulais simplement dire qu’il faut se méfier un peu des analyses vu de sa fenêtre. L’Amérique pays pauvre, quelle bonne blague ! Richesse ultra mal répartie, sûr et certain. Obama de gauche, quelle autre bonne blague, etc.

    Maintenant entre Obama et McCain, ya pas photo.

    Sur les moyens d’action, j’en vois que 2 de légaux : le vote et la protestation (manif ou refus de). Dans les 2 cas, il faut une conscience. Désolé mais là pour le coup je suis pessimiste parce que j’en vois pas !

    Répondre
  78. kob'
    kob' dit :

    @ speedy

    Je crois qu’on est d’accord. Je parlais de la paupérisation d’une grande partie de la population, pas de la pauvreté absolue des USA… Et je ne crois pas avoir dit Obama "de gauche".
    Pour ce qui est de l’action, toute la difficulté est d’imaginer un moyen d’aller au-delà des deux moyens que tu cites, sans verser dans une violence qui ne ferait que servir le durcissement en cours du système.

    Répondre
  79. Tchitchi
    Tchitchi dit :

    En tout cas la déception générale risque d’être à la mesure de l’attente suscitée…Je n’aimerais pas être à place d’Obama. Quoiqu’il fasse, ça ne suffira pas. Il fera des mécontents partout. Je ne pense pas qu’il obtienne un second mandat.

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