Impondérables

J’étais tranquillement en train d’écrire mes articles de la semaine quand l’onduleur de monsieur Monolecte s’est mis à couiner de façon poignante.
La seconde d’après, c’est la naine qui bramait comme une sirène d’alerte en demandant qu’on lui remette Piwi.

Dans un premier temps, je continuais tranquillement mon travail, avant de me rendre compte que la connexion réseau était par terre et que mon vaillant petit portable tournait à présent sur batterie.

  • Ha ben, tiens, on dirait qu’il y a une coupure de courant!

Fallait voir la mine déconfite de monsieur, éjecté en pleine partie en réseau, sans parler de la colère de la naine qui nous traitait de méchants et exigeait la fin de son dessin animé. La famille des autistes électroniques venait de tomber à l’eau.

  • Heureusement, j’ai 3 heures d’autonomie sur ma batterie, je vais pouvoir finir mon boulot d’ici que le jus revienne.

Et je continue comme si de rien n’était, en dehors du fait que je sauvegarde compulsivement mon boulot toutes les lignes (ctrl + s).

La gamine commence à se faire suer :

  • Je peux allumer mon ordinateur?
  • Non, il n’y a pas de courant, donc ton ordinateur ne peut pas marcher
  • Oui, mais maman…!

Le concept de l’autonomie de la batterie embarquée, c’est peut-être encore un peu tôt pour que ça rentre.

  • Bon, je peux écouter de la musique?
  • Heu, c’est pareil, la chaîne a besoin d’électricité… Bon je vais faire des pop corn.

Monsieur Monolecte farfouille dans le garde-manger.

  • Arf, c’est des pop corn à micro-ondes !

Finalement, il les fera à la poêle, car, ô joie indicible, notre cuisinière est à gaz.

Dépendance technologique

Deux heures plus tard, j’ai fini mon boulot que je ne peux envoyer, faute d’accès réseau. Le sans-fil, c’est bien joli, mais il arrive toujours un moment où il y a une machine bien filaire qui carbure au courant! Mes deux fennecs ont terminé le saladier de pop corn. J’ai appris par un contact via téléphone portable que la panne s’étend au moins jusque chez elle, à 7 km de là. Bien sûr, mon GSM a pratiquement la batterie à plat.

  • Manière, on n’a plus de réseau…

Ça va mal et ça dure. Je pense à Bernard Langlois, lequel avait passé une semaine sans électricité dans son bled enfoui sous une épaisse couche de neige. Putain! Une semaine! Déjà, en deux heures, on se fait chier comme des rats morts, mais une semaine! Déjà, si ça dure jusqu’à demain, au déjeuné il n’y aura ni expresso, ni douche chaude… sans compter qu’on pourra jeter tout ce qu’il y a dans le congélo!

On va voir ma grand-mère à l’hôpital local. Traduire maison de retraite. Mais grâce à la partie médicalisée, il y a toutes les chances que le bâtiment soit équipé d’un groupe électrogène.

  • Je prends ta caisse! Dans la mienne, y a plus de jus, et sans courant, les pompes à essence ne marchent plus.

On navigue dans la ville morte. Tout est désespérément éteint. Déjà que la plupart des magasins avait décidé de faire du lundi de la Pentecôte un jour férié. Les troquets sont silencieux comme des vaisseaux fantômes échoués. Quelques clients se sont tassés le long des baies vitrées, eux qui se terrent habituellement dans l’arrière-salle : je me demande s’ils ont dû renoncer à la bière pression…

Je m’attends à me prendre la porte coulissante de la maison de retraite en pleine poire. Mais non, la porte s’ouvre avec un doux chuintement sur mon passage.
Séance remise en forme : on se fait les deux étages par l’escalier de service. En haut, il y a une nana qui vient d’appeler l’ascenseur :

  • Vous savez qu’il y a une panne de secteur? Ce qui signifie que l’hôpital tourne sur un générateur de secours. Vous faites comme vous le sentez, mais personnellement, je préfère être dans l’escalier plutôt que dans l’ascenseur quand le groupe électrogène lâchera!

La femme me regarde éberluée. La porte de l’ascenseur s’ouvre devant elle. Elle hésite encore une seconde et se dirige vers l’escalier.
Bien sûr, ma grand-mère ignore tout de la panne et elle regarde sa télé. Du coup, je me réjouis de voir que le monde extérieur continue à exister. Dehors, les éclaircies sont chassées par des averses drues et froides : une minute de ciel bleu, quinze de vidange de baignoire. Week-end de merde.

Au retour, j’aperçois une lueur franchement électrique à l’Office de Tourisme : je me gare sur-le-champ.

  • Non, non, c’est juste la lumière de secours qui se met en marche en cas de panne. J’ai appelé les communes autour : il n’y a plus rien sur 15 kilomètres à la ronde. En plus sans lumière, je ne sais pas ce que je fous là : les gens pensent que c’est fermé. Mon ordinateur marchait encore tout à l’heure, mais maintenant, y a plus rien, je ne comprends pas.
  • Tu as un portable, tu as bossé sur batterie et maintenant ta batterie est vide.
  • Ha oui. Je ne l’avais jamais utilisé sans secteur…

Retour à la maison, entre deux averses.

  • Je peux avoir une glace?
  • Non, faut pas ouvrir le congélo.
  • Qu’est-ce qu’on mange?
  • Des pâtes. On mange des pâtes.
  • Ho non, on en a déjà mangé hier.
  • Oui, mais c’est tout ce qu’on peut bouffer sans ouvrir le congélo. Et puis d’habitude, tu veux tout le temps des pâtes!

Non seulement la panne dure, mais avec le temps de chiotte, il fait presque nuit à 19h00. J’ai farfouillé dans les tiroirs pour trouver des piles. La grosse radio portable en réclame 8 AA et ne capte rien. Finalement, je récupère ma vieille micro chaîne Sony qui capte France Inter avec ses piles d’origine. Là, c’est les infos de la déprime : l’emploi du temps détaillé de Sarko, c’est tout juste si on n’a pas le compte de ses pauses pipi, puis le marathon du bourreau de travail Fillon, lequel, nous apprend doctement le journaliste (mais peut-on encore appeler cela du journalisme, je vous le demande!) a tout de même pris le temps de déjeuner. Mais ça a été juste!
Je me dis que si la greffe de langue est un métier, y en a qui vont se faire des couilles en or pendant les 5 prochaines années : les rois de la lèche sont lâchés!
On passe à France Musique.

On couche la gosse le volet ouvert, parce qu’elle a peur du noir et que sa lampe veilleuse est hors service et on se retrouve comme deux cons sur le canapé :

  • Je comprends pourquoi y a des pics de naissance 9 mois après les grosses pannes de courant. Les gens n’ont rien de plus intéressant à faire que de copuler! Cela dit, j’ai un film sur mon Vosonic et ses batteries sont pleines!!!!
  • On peut lire un peu, tant qu’il fait jour…

Et voilà comment toute la maison s’est remise à biper de partout vers 21 h, pendant que je lisais en plissant des yeux quelques paragraphes de mon Cyrulnik de chevet.

Je ne sais pas pourquoi, mais des fois j’ai l’impression qu’on ferait mieux d’apprendre un vrai métier, un qui marche tout le temps, sans technologie et sans électricité. Parce que là, il faut bien le dire, sans jus, on n’était plus qu’une bande de cons désœuvrés…

38 réponses
  1. chris
    chris dit :

    Mouai , si on l’imagine une baleze de panne qui dure a l’echelle de bled comme New York ou Paris …..ya des vrais metiers qui connaitraient leurs heures de plein developpement ,style de ceux qui oeuvraient utilement a la repartition des richesses ……au moyen age .

    Répondre
  2. blop
    blop dit :

    Parfois j’essaye d’imaginer les consequences d’une guerre aujourd’hui en France. Il ne faudrait pas longtemps pour tout desorganiser. Bombardez Rungis et la moitie du pays meurt de faim. Coupez 2-3 cables et on se retrouve dans la situation ci-dessus. Detruisez TF1 et… ah non, ca c’est pas grave.
    Notre societe nous rend tres dependants d’un certain nombre de flux qui sont, pour des raisons financieres, optimises, c.-a-d. qui fonctionnent tres bien dans des conditions "normales" mais qui sont tres fragiles.

    Répondre
  3. Yenayer
    Yenayer dit :

    Je suis tombé sur un petit livre, petit format, écrit par un collectif, juste avant le premier tour des présidentielles. Le titre "L’insurrection qui vient". Il se veut un appel à la lutte, à la résistence, à la désobeissance civile. Il y est aussi question de comment y parvenir et comment devenir autonome pour pouvoir lutter sans dépendre du système : Commencer par apprendre des gestes de métiers simples et manuels qui nous rendrait de plus en plus autonomes par rapport au monde marchand. Etre autonome dans tous les aspects de la vie : faire la cuisine, faire ses propres conserves, réparer la serrure, menuiserie, lire en anglais, automédication , approvisionnement en energie , etc .. etc .. Peut être aussi être autonome en sachant que qu’on peut faire si jamais l’ordi tombe en panne ou si EDF tarde à remettre l’électricité :-).

    Répondre
  4. Yenayer
    Yenayer dit :

    Je suis tombé sur un petit livre, petit format, écrit par un collectif, juste avant le premier tour des présidentielles. Le titre "L’insurrection qui vient". Il se veut un appel à la lutte, à la résistence, à la désobeissance civile. Il y est aussi question de comment y parvenir et comment devenir autonome pour pouvoir lutter sans dépendre du système : Commencer par apprendre des gestes de métiers simples et manuels qui nous rendrait de plus en plus autonomes par rapport au monde marchand. Etre autonome dans tous les aspects de la vie : faire la cuisine, faire ses propres conserves, réparer la serrure, menuiserie, lire en anglais, automédication , approvisionnement en energie , etc .. etc .. Peut être aussi être autonome en sachant que qu’on peut faire si jamais l’ordi tombe en panne ou si EDF tarde à remettre l’électricité :-).

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  5. Fred Bird
    Fred Bird dit :

    Eh oui, ça y est, nous sommes techno-dependants. Il y a pas mal d’ouvrages de SF où ça fait partie des thèmes traités… hyperion, les monades urbaines…

    A quand l’abandon / le rationnement de l’alimentation electrique dans les secteurs "improductifs" ? Encore que le critère serait surement plutot celui de la consommation que de la production, qui se fait généralement sur d’autres secteurs que ceux d’habitation…

    Hop, le Cyrulnik est dans mon panier Amazon, et comme la paie vient d’arriver… 🙂

    Répondre
  6. Fred Bird
    Fred Bird dit :

    Eh oui, ça y est, nous sommes techno-dependants. Il y a pas mal d’ouvrages de SF où ça fait partie des thèmes traités… hyperion, les monades urbaines…

    A quand l’abandon / le rationnement de l’alimentation electrique dans les secteurs "improductifs" ? Encore que le critère serait surement plutot celui de la consommation que de la production, qui se fait généralement sur d’autres secteurs que ceux d’habitation…

    Hop, le Cyrulnik est dans mon panier Amazon, et comme la paie vient d’arriver… 🙂

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  7. schlaf
    schlaf dit :

    <<A quand l’abandon / le rationnement de l’alimentation electrique dans les secteurs "improductifs" >>

    quelque part, c’est déjà en cours avec la privatisation d’EDF. quand une société passe du statut de service public à celui de marchand de soupe, il est évident qu’il va y avoir des "arbitrages" pour gratter un peu de pognon à droite et à gauche.

    donc, dans les campagnes, les maintenances préventives des équipements critiques seront faites de moins en moins souvent, et à la place on aura le cycle habituel panne/dépannage rapide/re-panne/re-dépannage/remplacement du matériel défectueux.

    donc, il n’y aura pas de rationnement au sens où on l’entend habituellement, mais il y aura bien des interruptions de plus en plus fréquentes, et des délais de remise en service de plus en plus long. et comme le client est captif, autant dire qu’on s’en bat l’oeil de ses jérémiades.

    dans les campagnes, je pense qu’il sera raisonnable de miser au minimum sur un peu d’éolien et du solaire (pas photovoltaïque, pas rentable, mais pour chauffage et eau chaude).

    de plus, avec la disparition des "régimes spéciaux", on aura évidemment des équipes de maintenance qui tourneront avec des intérimaires et autres CDD, qu’il sera difficile de mobiliser en cas de coup dur. et là encore, il y aura une perte du "métier" irratrapable.

    oh, joie de la libéralisation!

    Répondre
  8. Fanette
    Fanette dit :

    schlaf> Entièrement d’accord avec toi !

    les panneaux solaires, c’est un peu cher à l’achat, mais mes parents qui les ont depuis 4 ans se régalent, leur conso a considérablement baissé, ils se sont achetés aussi un groupe électrogène au cas où, car en campagne tu es vite isolé quand il y a une galère ! Et puis, en campagne, on apprend à vivre autrement, on n’est moins dépendant !

    Répondre
  9. Fanette
    Fanette dit :

    schlaf> Entièrement d’accord avec toi !

    les panneaux solaires, c’est un peu cher à l’achat, mais mes parents qui les ont depuis 4 ans se régalent, leur conso a considérablement baissé, ils se sont achetés aussi un groupe électrogène au cas où, car en campagne tu es vite isolé quand il y a une galère ! Et puis, en campagne, on apprend à vivre autrement, on n’est moins dépendant !

    Répondre
  10. Ampoule
    Ampoule dit :

    Nous ne sommes pas que techno-dependants, mais nous tous simplement dépendants… nous sont fragiles. Notre vie (sur terre) dépend du soleil, de la pluie, de la température, des insectes, des micro-organismes etc.

    L’électricité, c’est principalement nos outils qui en dépendent. Le jour où il il y aura enfin des bâtiment dont le bilan énergétique est positif, c.-à-d. qui produiront plus d’énergie qu’il en consomment… là on pourra être un peu plus rassuré.

    Répondre
  11. chris
    chris dit :

    @ Agnes

    Ben ouai …c’est le genre de questions qui fait ……qu’on devrait se les poser plus souvent .

    Y aura fallu peut etre l’avenement d’un Sarko et l’angoisse que ca genere de tout les cotés , pour que certains re-decouvrent les SCOPS ……avant ,ca ne devait pas etre asez alternatif ou pas assez a gauche sans doutes .

    Je suis assez content que ce genre d’electro choc arrive avant la panne globale de courant .

    Decouvrir que l’electricité peut tomber en panne ,qu’on peut gagner sa vie sans patron en recuperant le systeme et tout pleins dechoses qui rendent moins cons globalement .

    Tiens les manouches , y a longtemps qui s’auto gerent a ce niveau et qui zont des groupes electrogenes …en plus de la connexion nomade .

    Répondre
  12. Swâmi Petaramesh
    Swâmi Petaramesh dit :

    @Fanette (#6) : Euh, sauf que la fabrication des panneaux solaires (photovoltaïques) utilise et rejette dans la nature des produits extrêmement toxiques, consomme matières premières et énergie en quantité, que les panneaux solaires silicium ont une durée de vie très limitée, et produisent en fin de vie des "déchets terminaux" non recyclables, non biodégradables, et dont on ne sait rien faire… C’est embêtant.

    Répondre
  13. Swâmi Petaramesh
    Swâmi Petaramesh dit :

    @Fanette (#6) : Euh, sauf que la fabrication des panneaux solaires (photovoltaïques) utilise et rejette dans la nature des produits extrêmement toxiques, consomme matières premières et énergie en quantité, que les panneaux solaires silicium ont une durée de vie très limitée, et produisent en fin de vie des "déchets terminaux" non recyclables, non biodégradables, et dont on ne sait rien faire… C’est embêtant.

    Répondre
  14. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Certes, il semble qu’il existe des pompes à bière à l’ancienne qui ne fonctionnent que grâce à la pression du fût. Mais la plupart des professionnelles avec refroidissement intégré ont l’air clairement électriques…

    Répondre
  15. urchin
    urchin dit :

    @swami: avec le vif intérêt de notre glorieux leader pour l’atome, je ne pense pas que des brownouts californiens soient à craindre…

    Répondre
  16. urchin
    urchin dit :

    @swami: avec le vif intérêt de notre glorieux leader pour l’atome, je ne pense pas que des brownouts californiens soient à craindre…

    Répondre
  17. urchin
    urchin dit :

    @monolecte:
    ‘je me demande s’ils ont dû renoncer à la bière pression…’

    Je ne veux pas dire de connerie, mais il me semble bien que le fût lui-même est sous pression, donc ne dépend pas d’une source d’énergie extérieure pour servir son contenu, ce qui me fait dire que tes craintes quand à la fin du monde sont infondées.

    Répondre
  18. Ludion libre
    Ludion libre dit :

    Mais dans quelle partie perdue de l’hexagone habitez vous donc ?
    Rassurons nous on doit s’adapter vite. Je suis sûr qu’à bagdad ou Ramalah les gens ne font même plus attention aux coupures de courant…
    Bien amicalement, JPR.

    Répondre
  19. mc
    mc dit :

    Hé, les copains, faut se préparer, ça va devenir de plus en plus fréquent.
    Et de plus en plus long.

    Donc: provisions de bois, de bougies et d’allumettes.
    Radio à manivelle (ça existe!).
    Tobinambours dans le jardin en plus de tout le reste.
    Des livres, ça tombe parfois des mains mais jamais en panne.
    Et dans le noir, pourvu qu’on soit deux…

    Sinon, ya un concept à développer, c’est le vélo d’appartement couplé à une dynamo. Le tout en un. Mais on aurait plus besoin de faire de l’exercice sur un vélo qui avance pas, parce qu’on aurait plein d’autres occasions.

    J’avais réalisé ça il y a longtemps, maison isolée, pas une allumette pour allumer le gaz, chauffage au mazout mais circulateur électrique, etc…
    Du coup j’avais mis à l’abri un vieux fourneau-bouilleur, mais l’oubli aidant…

    Pour internet… j’ai pas de solution. Et vous?

    Répondre
  20. mc
    mc dit :

    @ urchin:

    "avec le vif intérêt de notre glorieux leader pour l’atome, je ne pense pas que des brownouts californiens soient à craindre"

    Ouais. Ou alors, si ça arrive, on se foutra complètement de la bière-pression, on aura (beaucoup) d’autres soucis.

    Répondre
  21. mc
    mc dit :

    J’ai le souvenir d’un vieux bouquin baba-cool, intitulé je crois "Savoir Revivre", format BD, gros papier recyclé, faussement écrit à la main avec des croquis psychédéliques. Yavait tout-tout-tout pour survivre en autarcie.

    Personne connaît ça?
    Mon fils me l’a piqué, mais accro comme il est à l’ADSL, je le vois pas en faire bon usage.

    Répondre
  22. mc
    mc dit :

    J’ai le souvenir d’un vieux bouquin baba-cool, intitulé je crois "Savoir Revivre", format BD, gros papier recyclé, faussement écrit à la main avec des croquis psychédéliques. Yavait tout-tout-tout pour survivre en autarcie.

    Personne connaît ça?
    Mon fils me l’a piqué, mais accro comme il est à l’ADSL, je le vois pas en faire bon usage.

    Répondre
  23. Nathalie
    Nathalie dit :

    Ben nous à la Réunion, ça nous arrive des fois, à cause des intempéries, des délestages, des travaux ou que sais-je… Autre petit incident bien sympa : le courant monte ou qui descend brutalement, te niquant ton ordi, ton frigo, ton congélo etc…
    Une fois on est resté une semaine sans électricité, à la suite d’un cyclone. Ben c’est pas la joie. Mais c’est moins pire que les 5 jours sans flotte, ça c’est VRAIMENT très chiant. Trés trés chiant. C’est même le cas de le dire… 😉

    Répondre
  24. mc
    mc dit :

    @ Gastiflex.

    A propos de "Volem rien foutre al païs":

    Je l’ai vu, j’ai bien aimé, mais un pti malaise quand même: ya très peu de nanas, et pas du tout d’enfants: c’est normal?

    Répondre
  25. mc
    mc dit :

    @ Gastiflex.

    A propos de "Volem rien foutre al païs":

    Je l’ai vu, j’ai bien aimé, mais un pti malaise quand même: ya très peu de nanas, et pas du tout d’enfants: c’est normal?

    Répondre
  26. doomurewmi
    doomurewmi dit :

    C’est terrible. J’étais entrain d’expliquer hier à mon neveu ahuri qu’en France il n’y avait jamais de coupure, non monsieur, que ça c’est un vrai pays qui marche …. Et lui qui gobait tout cela le regard brillant, pauvre garçon qui ne connait que Dakar ville aux heures souvent sombres… Vous croyez que je dois lui dire la vérité ou pas ?

    Remarquez cela me donne envie de vous snobber tellement j’ai l’experience moi. Jai même trouve moyen de poster sur mon blog mes rêves d’energie pendant une coupure. Batterie plus modem adsl USB.

    Pour le vivre régulièrement quand je vais en brousse, je vous assure qu’on peut faire plein de choses pendant une semaine sans électricité : redécouvrir les étoiles, jouer et danser au clair de lune, cultiver l’art du récit et des contes, se coucher tot, …. 😉

    Résultat des courses, quand le peak oil passé on devra apprendre a vivre sans électricité, nos pauvre pays du sud seront en avance. Lot de consolation pour certains…

    Répondre
  27. doomurewmi
    doomurewmi dit :

    C’est terrible. J’étais entrain d’expliquer hier à mon neveu ahuri qu’en France il n’y avait jamais de coupure, non monsieur, que ça c’est un vrai pays qui marche …. Et lui qui gobait tout cela le regard brillant, pauvre garçon qui ne connait que Dakar ville aux heures souvent sombres… Vous croyez que je dois lui dire la vérité ou pas ?

    Remarquez cela me donne envie de vous snobber tellement j’ai l’experience moi. Jai même trouve moyen de poster sur mon blog mes rêves d’energie pendant une coupure. Batterie plus modem adsl USB.

    Pour le vivre régulièrement quand je vais en brousse, je vous assure qu’on peut faire plein de choses pendant une semaine sans électricité : redécouvrir les étoiles, jouer et danser au clair de lune, cultiver l’art du récit et des contes, se coucher tot, …. 😉

    Résultat des courses, quand le peak oil passé on devra apprendre a vivre sans électricité, nos pauvre pays du sud seront en avance. Lot de consolation pour certains…

    Répondre
  28. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    C’est marrant, doomurewmi, je pense comme toi : l’avenir du monde, c’est ses pauvres, ici et ailleurs. C’est dans les communautés de pauvres qu’il y a le plus de jeunesse, le plus d’inventivité, de débrouillardise. Les riches ou mêmes les classes moyennes sont sclérosés, dépendants, arc boutés sur un système qui leur est monstrueusement favorable, désireux que plus rien de change, ne bouge, n’évolue : ils rêvent de la stase! Et la stase, quelque part, c’est la mort.

    J’ai envie de me casser d’ici et je pense que l’Afrique serait une bonne destination… si je n’avais pas le teint aussi clair. Car il ne faut pas se leurrer, les amis : quand l’étau occidental va commencer à se desserrer sur le monde, personne ne prendra la peine de trier les bons des mauvais visages pâles.

    Que c’est triste…

    Répondre
  29. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    C’est marrant, doomurewmi, je pense comme toi : l’avenir du monde, c’est ses pauvres, ici et ailleurs. C’est dans les communautés de pauvres qu’il y a le plus de jeunesse, le plus d’inventivité, de débrouillardise. Les riches ou mêmes les classes moyennes sont sclérosés, dépendants, arc boutés sur un système qui leur est monstrueusement favorable, désireux que plus rien de change, ne bouge, n’évolue : ils rêvent de la stase! Et la stase, quelque part, c’est la mort.

    J’ai envie de me casser d’ici et je pense que l’Afrique serait une bonne destination… si je n’avais pas le teint aussi clair. Car il ne faut pas se leurrer, les amis : quand l’étau occidental va commencer à se desserrer sur le monde, personne ne prendra la peine de trier les bons des mauvais visages pâles.

    Que c’est triste…

    Répondre
  30. chris
    chris dit :

    PFttuit ….l’afrique ne reve que de modernisme liberal …..d’ailleurs niveau internet ,zont le WIMAX depuis belle lurette et en matieres de CRM , pour ma part ,on s’est souvent inspiré ,copié de ce qui faisait avec talent la bas ..pour epater le client hexagonal .

    On a traité avec l’ile Maurice aussi , y zavaient sur place en interne de tellement bons informaticiens a contrario de stagiaires qu’on croisent ici ……qu’ont meme pas eu besoin d’y aller .

    tant pis pour mon jeune associé qui se voyait deja en second voyage de noces ,faut choisir entre gagner du pognon ou en depenser dans les avions .

    Et puis ,Agnes ,l’Afrique c’est pas serieux ,t’est ni corse ,ni libanaise …….de toute façon ,la mode c,’est les Chinois maintenant la bas .

    Répondre
  31. chris
    chris dit :

    PFttuit ….l’afrique ne reve que de modernisme liberal …..d’ailleurs niveau internet ,zont le WIMAX depuis belle lurette et en matieres de CRM , pour ma part ,on s’est souvent inspiré ,copié de ce qui faisait avec talent la bas ..pour epater le client hexagonal .

    On a traité avec l’ile Maurice aussi , y zavaient sur place en interne de tellement bons informaticiens a contrario de stagiaires qu’on croisent ici ……qu’ont meme pas eu besoin d’y aller .

    tant pis pour mon jeune associé qui se voyait deja en second voyage de noces ,faut choisir entre gagner du pognon ou en depenser dans les avions .

    Et puis ,Agnes ,l’Afrique c’est pas serieux ,t’est ni corse ,ni libanaise …….de toute façon ,la mode c,’est les Chinois maintenant la bas .

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  32. Agaagla
    Agaagla dit :

    mc : c’est moi qui l’ai !!!
    sérieux, je l’avais piqué à mon père, parce que ça m’avait toujours fascinée, ce bouquin, mais il a suffisamment insisté pour que je le lui rende… pourtant il n’est absolument pas baba cool, le papa ! je ne sais pas pourquoi il y tient tant à son bouquin…

    peut-être parce qu’il vit en montagne (à mi-temps, le reste en centre-ville) et qu’il ne sait que trop bien ce que ça donne quand la THT lâche, plus de lumière, plus d’ordi, plus de poele (granulés de bois mais électrique : cherchez l’erreur) heureusement il y a la cheminée ! mais cela suppose d’avoir auparavant coupé le bois… tout un art de vivre à réapprendre, prévoyance, autonomie… je ne cesse de pousser ma mère aussi dans ce sens-là, à croire que c’est dans l’air du temps.

    Et effectivement mon premier contact avec l’Afrique l’été dernier m’a encore ramenée à cette idée que notre aisance, notre confort matériel, nous handicapent et font de nous des assistés incapables de se débrouilller au moindre dérèglement. Réflexion déclenchée, avec toute son acuité, par la lecture de Malevil… un certain 21 avril 2002. (ça n’a rien à voir, juste signaler la brutalité de l’aterrissage quand j’ai fermé le livre et allumé la radio !)

    Agnès, cela faisait longtemps que je n’étais pas venue te lire (cause boulot) mais qu’est-ce que ça fait du bien ! continue, je ne commente pas souvent mais je n’en pense pas moins, et tes billets sont de ceux qui me réveillent le cerveau, me font sentir vivante, et me rendent la gniaque quand elle n’est plus trop là… et puis j’espère un jour avoir l’occasion de te rencontrer (vivant dans un autre trou du même coin-coin de l’hexagone)

    Répondre
  33. Agaagla
    Agaagla dit :

    mc : c’est moi qui l’ai !!!
    sérieux, je l’avais piqué à mon père, parce que ça m’avait toujours fascinée, ce bouquin, mais il a suffisamment insisté pour que je le lui rende… pourtant il n’est absolument pas baba cool, le papa ! je ne sais pas pourquoi il y tient tant à son bouquin…

    peut-être parce qu’il vit en montagne (à mi-temps, le reste en centre-ville) et qu’il ne sait que trop bien ce que ça donne quand la THT lâche, plus de lumière, plus d’ordi, plus de poele (granulés de bois mais électrique : cherchez l’erreur) heureusement il y a la cheminée ! mais cela suppose d’avoir auparavant coupé le bois… tout un art de vivre à réapprendre, prévoyance, autonomie… je ne cesse de pousser ma mère aussi dans ce sens-là, à croire que c’est dans l’air du temps.

    Et effectivement mon premier contact avec l’Afrique l’été dernier m’a encore ramenée à cette idée que notre aisance, notre confort matériel, nous handicapent et font de nous des assistés incapables de se débrouilller au moindre dérèglement. Réflexion déclenchée, avec toute son acuité, par la lecture de Malevil… un certain 21 avril 2002. (ça n’a rien à voir, juste signaler la brutalité de l’aterrissage quand j’ai fermé le livre et allumé la radio !)

    Agnès, cela faisait longtemps que je n’étais pas venue te lire (cause boulot) mais qu’est-ce que ça fait du bien ! continue, je ne commente pas souvent mais je n’en pense pas moins, et tes billets sont de ceux qui me réveillent le cerveau, me font sentir vivante, et me rendent la gniaque quand elle n’est plus trop là… et puis j’espère un jour avoir l’occasion de te rencontrer (vivant dans un autre trou du même coin-coin de l’hexagone)

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