Cachez ce sein…

Dans les journaux, dans les hôpitaux, dans les alcôves, à la télé, sur les plages, dans la rue, à la radio, dans le lit, dans l’espace public comme dans la plus stricte intimité, l’OPA sur le corps des femmes ne cesse jamais ! Et c’est encore pire quand le féminisme médiatiquement correct s’en mêle !


Cachez ce sein...Aujourd’hui, c’était la journée Élisabeth Badinter sur France Inter.
Ça tombe bien, ça rime.

Badinter, c’est du lourd, c’est du sérieux, une philosophe, une intellectuelle féministe. Et comme le souligne le film de La Domination masculine, en terme de défense du droit des femmes, il y a encore du boulot, des marches à gravir et surtout des étapes à ne pas repasser en marche arrière, comme ce serait un peu la tendance en ce moment. Des combats à mener pour les droits des femmes, ça ne manque pas. Rien que pour l’exemple, prenons l’inégalité la plus fondamentale de toutes, celle qui rogne bien des ailes et rend bien dépendantes la plupart d’entre nous, l’inégalité devant l’emploi, que ce soit en terme d’accès ou de salaire. Mieux éduquées que les garçons, nous sommes tout de même deux fois plus nombreuses qu’eux à ramer au SMIC, l’insultant petit salaire minimum que ce gouvernement maintient fermement sous la ligne de flottaison budgétaire. Et les hommes gagnent en moyenne 37 % de plus que les femmes. Si l’écart de rémunération s’était réduit de 1972 à 1993 sous la pression des mouvements féministes, il se maintient fermement depuis, ce qui laisse penser qu’il y a encore bien du travail à faire sur ce seul chapitre.

Et ne parlons pas de tout le reste, de toutes les autres contraintes du corps social sur le corps des femmes, toutes les injonctions physiques, comportementales, vestimentaires, sociétales, qui nous enferment, nous limitent, nous entravent, nous écrasent finalement aussi sûrement qu’une bonne grosse burqa mentale.
Il faut, y a qu’à, tu dois, les normes, les mensurations, les regards, les obligations, nous sommes d’éternelles mineures, nous sommes en permanence sous tutelle, sous contrôle. La mode dicte notre couleur préférée du mois; le médecin, notre poids idéal; l’employeur, régulièrement, notre coupe de cheveux, la longueur réglementaire de la jupe. Nous sommes même à présent soumises à l’impératif médiatique de l’orgasme et on en profite pour re-banaliser l’usage de la machine à jouir, astucieusement rebaptisée sex toy pour l’occasion. On légifère abondamment sur le tissu religieusement ostentatoire… mais surtout lorsqu’il est porté par les femmes.

Bref, il y a de quoi faire sur le front de la libération des femmes dans notre société, même la nôtre, soi-disant si évoluée, aussi j’attendais un peu mieux du poids lourd de la philo féministe qu’un brûlot un peu constipé autour de la seule question de la maternité et plus particulièrement de l’allaitement. D’un seul coup d’un seul, le problème n’est plus de se manger un plafond de verre dans la société parce que nous sommes immanquablement soupçonnées d’être des serials pondeuses complotistes qui ne rêvent que de se goinfrer des chapelets de congés parentaux aux crochets de la société en général et de l’entreprise en particulier, non, le vrai problème, c’est la dictature de l’allaitement maternel, le modèle maternant.

Personnellement, si la pesanteur n’avait pas déjà commencé à s’en charger, les seins m’en tomberaient jusqu’aux chevilles, encadrant magnifiquement ma mâchoire béante. Parce que dans le vrai monde où je vis, on ne peut pas dire que j’ai été poussée, même gentiment, sur la voie de l’allaitement maternel. Enfin, si, juste au début, le temps de comprendre que le biberon, c’est tellement mieux, surtout pour reprendre le boulot à la fin du congé réglementaire.

Biberon ou nichon, telle est la question.
Productivisme ou temps de vie, telle est la réponse.

On peut arguer de l’intérêt du biberon pour l’égalité de la participation parentale dans le couple, c’est même un argument qui pourrait se tenir, le côté pratique, l’indépendance de la femme et tout ça, mais derrière la prise de position furieusement post-moderne et avant-gardiste de la Bandinter, je sens poindre d’autres considérations nettement plus pragmatiques, plus en adéquation avec la marchandisation des pratiques, des vies, la soumission implicite aux besoins impérieux de l’entreprise-monde.

Avoir un enfant qui grandit dans le ventre modifie pas mal les perspectives, les priorités, pousse à l’introspection et à la remise en question de bien des certitudes de cartons-pâtes à l’usage de ceux qui n’aiment pas creuser dans la fosse à purin des idées préconçues. Forcément, avec le ventre qui se distend et ces seins, encore plus gros et lourds que d’habitude, on finit par se poser la question de l’allaitement. Et franchement, même enceinte jusqu’aux dents, je ne pouvais concevoir qu’une créature puisse me boire. Comme une outre, comme une vache, comme un mammifère, justement. De ces seins allait sortir du lait et l’idée même de cette sécrétion m’était vaguement écœurante.
Mais voilà, je ne suis justement pas qu’une vache. Je suis une personne, douée de langage et de conscience. Je peux donc réfléchir à un problème et prendre une décision par moi-même, en fonction de ce que je sais, de ce que je suis, de ce que je veux, de ce que je désire. Parce que je suis aussi éthologue, je savais que l’apprentissage du goût, in utero, quand l’enfant déglutit en permanence le liquide amniotique parfumé par mes choix alimentaires, que cet apprentissage se poursuit pendant l’allaitement maternel. De la même manière, je savais que le contact induit par l’allaitement, le croisement des regards, tous ces moments aident à l’édification du lien affectif parfois difficile à mettre en place entre un enfant et sa mère. Je savais aussi que l’allaitement maternel n’est pleinement efficace pour la santé du nourrisson que s’il est exclusif pendant au moins les 6 premiers mois de vie. Je savais donc aussi forcément que ce choix ne pourrait que se faire à l’encontre des normes édictées par la législation du travail, laquelle n’est pas compatible avec ces impératifs biologiques.
Et c’est bien là que le bât blesse.

Je suis aussi indisposée par les ayatollahs de la mamelle maternelle au long cours, érigée en alpha et oméga de la parentalité au féminin, que par les arguties aux implications commerciales et productivistes des thuriféraires du biberon. Parce que les uns comme les autres, je les trouve particulièrement indifférents à la volonté et au ressenti des femmes, prompts à défendre des intérêts qui ne sont pas forcément les nôtres à nous déposséder, une fois de plus, de ce qui me semble l’essentiel de la lutte pour les femmes : le droit inaliénable au choix!
Mamelon ou biberon, couches jetables ou lavables, travail ou foyer, avoir des enfants ou pas, avoir un compagnon, ou plusieurs, ou aucun, au final, ce dont on a vraiment besoin, c’est d’avoir le choix. Le choix de prendre le temps d’une aventure rare dans une simple vie de femme. Le choix de ne pas s’attarder, de ne pas s’attacher. Le choix du rythme. Le choix du mode de vie. Et non la juxtaposition anarchique des injonctions contradictoires qui prétendent nous dicter ce que nous sommes, ce que nous voulons, qui nous enferment dans des modèles, des configurations, des normes.

Certains et certaines se demandent pour qui pédale la Badinter qui a monopolisé le crachoir aujourd’hui. Ce dont je suis sûre, c’est que ce n’est sûrement pas pour la cause des femmes et qu’avec des soutiens comme le sien, le féminisme n’a plus besoin d’ennemis.

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110 comments for “Cachez ce sein…

  1. 3 mars 2010 at 14 h 24 min

    REPONSE A FLOREAL :
    ____

    L’ALLAITEMENT : UN CHOIX INTIME ET PERSONNEL.
    L’idéal serait de respecter le choix d’autrui et essayer de ne pas juger ceux qui effectuent un choix différent du nôtre.

    Les jeunes mamans sont souvent confrontées à la violence de certains mots sensés les encourager.
    C’est très bien de vouloir donner des conseils ou accompagner les jeunes allaitantes, mais si vous êtes une jeune maman qui hésite, qui a mauvaise conscience de n’avoir pas le « courage » ni l’envie d’allaiter son enfant, et que vous tomber sur le site soi-disant « référence » de LA LECHE LEAGUE (www.lllfrance.org), avouez qu’il y a tout de même de quoi se sentir un peu mal à l’aise.

    Prenons ces quelques phrases par exemple, extraites directement du site :

    « Dans un rapport fait pour la Harvard Medical School, Silverman et Murrow ont conclu que la dynamique du groupe apporte un sentiment de compétence et de normalité qui contribue de façon importante au succès de l’allaitement.
    Enfin Sloper a montré que les femmes bénéficiant du soutien d’un groupe allaitaient plus longtemps.
    Un autre intérêt des groupes de mères, c’est en effet l’augmentation de la confiance en soi qu’ils induisent chez les nouvelles mères.
    Une nouvelle mère est souvent très vulnérable aux avis d’autrui. Et tout le monde se sent autorisé à lui donner son avis justement ! Fais ceci, ne fais pas cela… Avis souvent contradictoires qui plus est. Le groupe de mères au contraire ne donne pas d’avis, ne fait pas de prescription ; il donne des pistes possibles, des façons de faire qui ont marché pour telle ou telle. A la mère d’observer son bébé et de voir ce qui marche bien pour elle et lui. Le groupe de mères et son animatrice redonnent à la mère sa place d’expert en ce qui concerne son propre bébé ; c’est elle qui sait le mieux ce qui leur convient.
    De plus, une mère qui revient régulièrement aux réunions mois après mois parce qu’elle continue à y trouver un bénéfice, finit sans s’en rendre compte par se trouver dans la position de celle qui aide les autres mères. Elle aussi se retrouve à faire de l’aide de mère à mère. Et cela aussi est très valorisant pour elle. »

    A priori le discours dégagé paraît plutôt positif. Mais quand on s’y penche d’un peu plus près, j’y vois un contenu implicite qui me dérange. Personnellement je trouve ce court extrait :

    - Très imprécis : « Dans un rapport fait pour la Harvard Medical School, Silverman et Murrow… » Quel rapport, qui sont ces gens, où peut-on se procurer ou lire le texte ? Cela manque de références précises et vérifiables.
    - Assez réducteur vis-à-vis des jeunes mamans : « Une nouvelle mère est souvent très vulnérable aux avis d’autrui. » Certes elles sont avides de conseils mais loin d’être incapables de réfléchir toutes seules. Elles ne perdent pas tous leurs neurones en accouchant…
    « De plus une mère :[…] finit sans s’en rendre compte par se trouver dans la position de celle qui aide les autres mères. » On peut tout aussi bien venir en aide à son entourage propre sans pour autant adhérer à un groupe… Il y a souvent bien assez à faire devant sa porte !
    - De mauvaise foi, car il véhicule de bons vieux clichés : « Et tout le monde se sent autorisé à lui donner son avis justement ! Fais ceci, ne fais pas cela… Avis souvent contradictoires qui plus est. » Il faut différencier les conversations que les femmes ont entre elles, les questions que les femmes enceintes posent elles-mêmes à leurs amies déjà maman, et les femmes qui s’autorisent conseils et autres recommandations alors qu’elles n’y sont pas invitées (personnellement je n’ai jamais eu affaire à ce genre de femmes, et pourtant des conseils on m’en a donné ! Je pense qu’ils sont tous bons à prendre quand ils sont dits par des personnes ayant déjà vécu l’expérience de la maternité).
    - Contradictoire : « Le groupe de mères et son animatrice redonnent à la mère sa place d’expert en ce qui concerne son propre bébé ; c’est elle qui sait le mieux ce qui leur convient. » Effectivement la maman observe, ressent, utilise son intuition, son instinct, et elle seule connaît son bébé. L’adhérence à un groupe n’est donc absolument pas obligatoire pour acquérir les bons réflexes…

    DISCRIMINATION ET INJUSTICE DES LA MATERNITE :
    Quand je lis ceci, également extrait du même site sur la page « Promotion et protection de l’allaite-ment : actions et recommandations » du site de LA LECHE LEAGUE (www.lllfrance.org), je suis même choquée :
    « Recommandations sur les substituts du lait maternel. Commercialisation : pas de publicité avant 6 mois, pas de dons en maternité, étiquetage, information sur les conditions de préparation et de stockage »
    « Pas de don en maternité ! » Qu’est-ce que ça veut dire ?? QUI dit ça, où, comment, pourquoi ? Aucune référence, pas d’article de loi cité… Je suis stupéfaite d’apprendre que de LA LECHE LEAGUE s’affiche contre don de lait artificiel en maternité. Qu’elle soit pro-allaitement et qu’elle l’encourage sous de multiples formes soit. Mais pourquoi discriminer les mamans qui choisissent dès la naissance de leur enfant (et souvent bien avant) de ne pas le nourrir au sein ? Je ne comprends pas, il faut m’expliquer… C’est comme si on interdisait aux femmes blondes d’allaiter et qu’on encourageait les brunes. Cette « résolution » lâchée comme une bombe sans autre référence me fait froid dans le dos.

    Ca me rappelle un peu ces actions violentes au service de grandes causes : AIDS contre le SIDA, les faucheurs volontaires contre la MALBOUFFE, ou GREENPEACE en faveur de l’environnement. Je ne suis pas une personne qu’on peut convaincre par la violence que je condamne systématique !

    En complétant mes recherches, je suis tombée sur un article de l’EXPRESS.FR au sujet du dernier ouvrage écrit par Elisabeth BADINTER «Le conflit, la femme et la mère », chez Flammarion. Je livre ici un extrait de cet article très intéressant. Par la journaliste Claire CHARTIER, le 16 février 2010 :

    « DANS SON LIVRE, ELISABETH BADINTER DEPEINT LA LECHE LEAGUE COMME UN LOBBY DES ADEPTES DU NATURALISME.
    L’auteure évoque aussi un extrait d’une conférence de l’association, dans laquelle il est très clairement recommandé de "protéger le bébé contre les dangers du lait artificiel". Sachant que, d’après la même Leche League, toutes les femmes, sans exception, doivent pouvoir donner le sein aussi longtemps qu’elles le veulent – tout n’est qu’une question de patience et de volonté, affirme les bénévoles de sa plateforme téléphonique – celles qui échouent dans cette entreprise si chargée d’émotions, de sentiments mêlés et de grosse fatigue sont bonnes pour le pilori. Et on ne vous parle même pas des biberons au bisphénol A… »

    Un peu violents à LLL, disais-je… Heureuse de savoir que je ne suis pas la seule à ressentir leurs propos comme des accusations ou des affirmations péremptoires.

    L’ALLAITEMENT DOIT RESTER AVANT TOUT UNE CONVICTION PERSONNELLE.
    Il y a des mamans qui ont de réelles difficultés physiques pour démarrer leur allaitement (problème de tétons enfoncés, de montée de lait qui tarde…), mais quoi qu’il en soit la volonté de nourrir son enfant doit impérativement venir dès le départ du plus profond de nous, et non d’un groupe de soutien, ni de l’entourage. Qu’on ait besoin d’un groupe par la suite, c’est autre chose. Que ce groupe existe afin de valoriser l’allaitement, ça c’est formidable. Mais attention de ne pas être trop violent dans sa façon d’aborder les jeunes mères… Il y a des propos qui me choquent un peu sur ce site.

    J’adhère davantage avec le discours de LLL concernant la législation et le droit du travail pour les mamans qui travaillent et allaitent. Je ne connais pas d’autre organisme qui donne des informations récentes et précises à ce sujet, citant même la jurisprudence en la matière.

    La journaliste Claire CHARTIER termine ainsi son article :

    « Et si, loin de l’opposition entre crypto et les néo-féministes si pratique pour évacuer le sujet, les femmes d’aujourd’hui voulaient tout simplement choisir ? Pouvoir donner ou pas ce fichu biberon sans se sentir coupables ? »

    Ne pas se sentir coupable ; et si c’était ça, le vrai féminisme ?

  2. 3 mars 2010 at 15 h 32 min

    @Emmanuelle : faut pas tout mélanger et Badinter dit beaucoup de conneries avec un saupoudrage de petites vérités intéressantes, parce qu’elle a des intérêts particuliers et un plan média en béton armé… chose que tu n’as pas et qui fait que tu ne publieras pas. Ce qui n’a rien à voir avec la qualité de ce que tu as écrit (sinon, comme un BHL pourrait-il publier et obtenir un plan média?), mais avec la manière dont l’édition, la culture, les médias fonctionnent en France. Ce qui compte, ce n’est ni la pertinence, ni la qualité de ce que tu écris, mais si les markéteux de l’édition vont savoir le vendre ou pas…

    Maintenant, contrairement à Badinter, je ne dis pas que l’allaitement c’est l’aliénation et le biberon (celui avec les bisphénols, par exemple) la libération, que la couche ceci ou cela. Ce qui m’intéresse, ce sont les femmes. Et les choix tous pourris qui leur sont proposés. Parce que c’est ça le fond du problème. Que des choix tous pourris! Allaiter limiterait la liberté et la carrière des femmes… mouaich, bien sûr, y a qu’à voir les scores de celles qui "choisissent" de ne pas avoir d’enfants. Avec ou sans enfants, biberons ou nichons, tailleurs ou jeans, vie privée ou wonder woman, au final, on doit toujours en faire 10 fois plus pour un résultat toujours plus médiocre que celui des mecs. Où est le choix, je te le demande?

    Maintenant, sur la question de l’instinct maternel et des mères indignes… foutaises! Y a pas d’instinct maternel. Nous sommes des animaux sociaux, nous devons composer avec nos histoires, nos trajectoires personnelles, notre environnement social et familial, plus ou moins aidant, jongler avec nos envies, souvent réprimées au profit des multiples contraintes (temps, argent, société). Chacune de nous fait comme elle peut, avec ce qu’elle a, et en sachant que dans les domaines "féminins" nous ne sommes pas du tout aidées. Tout ça sur fond  de délitement social en voie d’accélération… ou comment des mères inexpérimentées, isolées, désemparées, sont jetées sur le trottoir des pondoirs régionaux et livrées à elles-mêmes sans trop savoir comment gérer leur nain. À une époque, tu avais le réseau familiale des femmes de ta famille qui t’aidait, t’encourageait, les voisines, le bled, tout. Maintenant, t’es seule avec tes doutes et un corps médical hyper technique et infra-humain, rentabilité oblige.

    Faut penser les mutations sociales globales pour penser la condition de la femme… pas comme Badinter!

  3. 4 mars 2010 at 14 h 32 min

    Ca me vient, comme ça, à propos d’instinct. Les "Mâles", eux, ils **doivent** avoir l’instinct du chasseur dès leur puberté, non ? Pourtant, à titre perso, je hais la chasse. Je ne suis pas un **bon** mâle.

    Je m’exprime de manière un peu brouillonne, mais je trouve que la comparaison est amusante.

  4. 4 mars 2010 at 15 h 59 min

    LLL est un site qui MILITE pour l’allaitement maternel. Et qui milite sans masquer ses objectifs. Pourquoi une femme qui ne souhaite pas allaiter irait-elle le consulter? Et si elle y tombe par hasard, pourquoi y resterait-elle plus de 20 secondes? Et si elle y reste plus de 20 secondes, c’est son choix, non?

    Je ne comprends pas ces procès répétés à une association qui ne fait pas mystère de ses objectifs, et qui par ailleurs donne d’excellents conseils pratiques, souvent introuvables ailleurs, à ceux qui les recherchent.

    La liberté d’allaiter me semble beaucoup plus menacée, par les conditions de travail imposées à tous, par la stigmatisation des femmes (et des hommes) qui ne font pas passer leur boulot AVANT TOUT, par les publicités sournoises et intrusives dont on nous abreuve partout. Vouis avez déjà vu surgir un "pop up" masquant ce que vous souhaitez lire pour vous vanter l’allaitement maternel, vous?

  5. anniec95
    19 avril 2010 at 18 h 59 min

    Vieille (ancienne ?) militante féministe, je me suis battue pour la liberté des femmes, dans leur maternité (des enfants qquand on veut si on veut !) la contraception (et quelles conneries n’avons-nous pas enentendues, le stérilet interdit aux primipares et les mini pilules inefficaces qu’on imposait aux plus jeunes). J’ai pratiqué des avortements illégaux et me suis toujours battue pour que les femmes prennent leur vie en main et décident, qu’elle aient le choix et la liberté de choisir, contre les pouvoirs, médicaux en particulier mais pas seulement.

    J’ai eu deux filles, désirées bien sûr, et j’ai choisi de les allaiter quand ce n’était pas la mode (j’ai dû batailler pour les allaiter au-delà des deux mois règlementaires et je dois dire que les livres de la leche league, conseillés par mes amies féministes, m’ont aidée à ce moment-là.

    Je ne comprends rien au combat ACTUEL de madame Badinter : la leche league est minuscule et inconnue, même si c’est une secte elle ne fait pas grand mal. Quand à l’allaitement, depuis quand est-ce l’ennemi des femmes ?

    Elle se fourvoie tant que je me demande bien pourquoi elle se trompe à ce point d’ennemi…. quel est l’enjeu ?

  6. 16 juillet 2010 at 5 h 30 min

    Si l’écart de rémunération s’était réduit de 1972 à 1993 sous la pression des mouvements féministes, il se maintient http://www.edhardysall.com/ed-hardyhttp://www.edhardytime.com/ fermement depuis, ce qui laisse penser qu’il y a encore bien du travail à faire sur ce seul chapitre.

  7. marine
    14 septembre 2010 at 13 h 36 min

    Merci d’apporter un peu de bon sens dans nos vie de femmes.
    Dans notre intime,dans se qui nous tient le coeur,nous le retourne,nous l’émancipe.Je suis une femme et une maman,je me sent bien qd la mère regarde la femme avec envie,et inversement;j’aime nos belles contradictions,à vouloir exister au plus proche de nous mm,et pourtant se perdre ds des attentes qui sont loin des notre finalement.Le mot a été dit"choix".Quel soulagement qd on sent qu’on aura le choix,des armes, du replis,de se tromper,d’innover,de vivre et d’apprendre.
    Je suis maman de 4 enfants,actuellement ma petite dernière à 3 mois,et je l’allaite.J’utilise des couches lavables aussi,j’ai toutes les tares quoi!.En tout cas je suis stigmatisé.Je suis l’écolo asservie et rétrograde,pour pas mal de gens,trop de gens…Allaiter est un geste qui m est venu simplement,le cerveau gauche débranché.Mes seins se sont préparés à ça,mon bébé était préparé à téter,comment ce fait il que je soit souvent obligé de m’en expliquer,m’en excuser presque.J’ai partagé cela avec mes 4 enfants et si j suis bien placée pour dire que ce n’est pas tjr facile,c’est un échange hors du commun.Outre les secrétions hormonales qui favorisent l’attachement au cour de l’allaitement,il y a ce moment ou le temps reprend de la vie,la vie reprend du temps…Ca m’a fait grandir,d’assumer mes seins!faisant face aux regards dégoutés qd ils s’apercevaient que je ne tenais pas de biberon ,alors qu’on entendais bébé déglutir."Eux",ces passants,ces connaissances,etc.Je suis pudique et aie tjrs allaité de manière à garder intime ma poitrine.Mais c’est le geste qui dérange vraiment.La vraie régression pour moi,ce sont ces médecins alors que voue etes en bonne santé,et épanouie,qui vous engueulent pcke vous etes trop grosse.Parce que c’est vulgaire le laisser aller.Parce que les femmes doivent se controler,elles doivent etre performantes,sexy,ne prendre que du ventre.Un ventre comme un accessoire de mode.A sa place sans dépasser.Les seins idem,trop d’animalité pour une seule femme!Il faut beaucoup de mental pour dépasser toutes ces attendes insidueuses ou clairement exprimées.Qui voudraient qu’une femme ne s’épanouisse qu’en étant surbooké de travail dit productif.Et je compte des 10 aines de confessions de femmes qui n’ont pas allaité, pour pouvoir se mettre à la diète sitot accouché…Si ça c’est une avancée,je ne veux pas avancer ds ce monde là.Dans l’univers du tout jetable et éphémère .Laissez moi trouver qu’il est judicieux de ne pas fabriquer une montagne de déchets ultra polluants, que sont les couches jetables.Avec 4 enfants je fais minimum une machine par jour,alors qu’il y ai ou non qq couches dedans,comme il pourrai y avoir des culottes,ou est la contrainte insurmontable et asservissante.Ce n’est pas les 15 mn que ça me prend tt les deux jours pour les rincer qui vont me décourager.C’est un geste qui n’a rien de rétrograde,ces couches sont pensées et très pratiques.Rien a voir avec un carré de coton à frotter et faire secher des heures…Bref,il y a des combats importants pour que les femmes ne ressentent pas cette tristesse et cette colère,d’etre empechées,rabaissées,Et j’assume aimer m’enivrer de vin,de vie, de culture, de musique,de sexe,d’amour,de mes enfants,tout ça ds la mm vie de femme.Et loin d etre nos ennemis les hommes nous aident à devenir ces femmes, qui comme eux veulent avoir le choix.Et c’est l’éducation que mes enfants reçoivent mon militantisme.Trois garçons ,une fille,que je souhaite libres…De penser avec bon sens,respectueux de la nature de chacun et la nature tout court.Aucun de nous ne serai là si les femmes n’avaient pas porté leurs enfants à leurs seins,et le fait d’avoir le choix aujourd’hui,de donner le biberons,n’est ni une avancée ni une régression,c’est juste un nouveau choix.Qui pour ma part ne me convenait pas…Celles à qui ça convient ne me dérangent pas,alors évoluons ensemble sans nous opposer,parce que le monde a besoin de nous,toutes…

  8. Sophie
    23 novembre 2010 at 12 h 32 min

    j’arrive sur ce post bien après sa parution mais je me réjouis de son contenu et je tenais à l’exprimer !
    L’intervention de Badinter m’avait réellement fait frémir alors j’admire cette réaction intelligente, merci !
    (je m’attellerai plus tard à la lecture des coms)…

  9. Anta is back
    24 novembre 2010 at 1 h 38 min

    Ravi de voir que tu prones les valeurs du liberalisme Agnes.
    Voila une journee qui commence bien!

  10. Anta is back
    24 novembre 2010 at 1 h 38 min

    Ravi de voir que tu prones les valeurs du liberalisme Agnes.
    Voila une journee qui commence bien!

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