Quand la politique se targue de l’argument du bon sens pour nous faire avaler des couleuvres plus grosses que des anacondas, il convient de chausser ses gros sabots et d’aller jusqu’au bout de la démarche.

Les mômes font peur.

Je ne sais pas trop à qui ou pourquoi, mais vu les discours et les pratiques qui ont cours en ce moment, voilà la classe d’âge dangereuse, que l’on éduque avec des chiens policiers et que l’on veut à toute force coller en taule le plus tôt possible. Et détecter aussi. Les germes de la violence et du danger doivent se planquer au fond des couches-culottes. Forcément.

Mais dans quel monde vivons-nous, ma pauvre dame!
Il y a des spectateurs qui ont bien dû flipper leur race devant la télé quand la future mère Dati a fait l’étalage de la délinquance en culottes courtes : des hordes de gniards enragés qui ne pensent qu’à abreuver de sang nos villes et nos campagnes. Comme si nous n’avions pas déjà assez des immigrés, des chômeurs et des SDF pour nous faire régurgiter nos saucisses-fayots au coin du 20h! Dati et ses chiffres qui craignent, c’est pour bien nous faire enfin admettre une chose : les gosses ne sont que des petits adultes pervers déguisés en chérubins qu’il convient de dresser le plus tôt possible. D’ailleurs, ce n’est pas compliqué, dès 12 ans (mais pourquoi pas 10 comme chez nos voisins d’outre-Manche ?), ces petites vermines fourbes savent parfaitement ce qu’elles font et sont donc suffisamment responsables de leurs actes pour aller en répondre pleinement devant la justice. Terminée ! l’incurie indulgente des chiffes molles fumeuses de pétards, il faut en finir avec 68, voire 45, par tous les moyens. En finir donc avec l’héritage du Conseil de la Résistance, qui nous légua en 1945 un État solidaire comme barrage aux tentations totalitaires, un programme de régression actuellement rondement mené, il faut bien le reconnaître. En finir aussi avec la fameuse ordonnance de 1945, celle qui reconnait, bien avant Françoise Dolto, que l’enfant est certes bien une personne, mais pas un adulte en miniature et que l’éducation prime sur la sanction.
D’ailleurs, tout est là! Remplacer le savoir par le battoir. À l’heure où l’on démantèle l’Éducation nationale, rien d’étonnant que l’on substitut des matons aux éducateurs. Simple question de logique… et de bon sens.

En parlant de bon sens, encore faudrait-il avoir le courage de le pousser jusqu’au bout.
Puisque les gosses sont des adultes comme les autres, je ne vois pas trop pourquoi on se fatigue encore à leur créer une signalétique sur mesure pour leur éviter d’être traumatisés par un film au ciné ou à la télé. Ou pourquoi, aussi, l’on déploie des trésors de technologie pour leur filtrer l’accès à ce repère de pédonazis qu’est forcément Internet. Si tu es assez grand pour découvrir le sens de la fraternité à Fleury-Mérogis, je ne vois pas pourquoi tu ne l’es pas assez pour aller picoler dans les bars, t’acheter des Gitanes sans filtre, aller aux putes ou mater des revues pornos chez le kiosquier du coin. Si tu as assez de discernement pour être incarcéré, tu dois bien en avoir assez aussi pour voter ou pour conduire une voiture.

Soyons cohérents et demandons la majorité pleine et entière à 12 ans !

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