Pédagogie de la matraque

Et voici le tout nouvel oxymore du gouvernement qui navre des générations de citoyens et devrait laisser une belle trace de pneu dans les tréfonds de nos manuels d’histoire : l’insécurité positive !

Le principe est magnifiquement simple : puisque nous ne désirons en aucune manière interférer avec les petites affaires de la grande criminalité en cols blancs, nous allons frapper à bras raccourcis sur les peccadilles des cols bleus, maos et claudine. Faute d’avoir envie d’aller chercher le fric soi-disant évaporé pendant la crise financière et qui ronronne dans les paradis fiscaux, nous allons traquer vos chères têtes blondes ou crépues (surtout crépues, quand même !) jusqu’au fond des chiottes de maternelles, ces repères de surdiplômés torcheurs de petits culs potelés de graines de délinquants à la couche garnie de beuh ! Ces actions ne changeront pas grand-chose à la déliquescence sociale galopante et n’amélioreront en rien les conditions de vie de millions de Français, mais au moins, elles auront le mérite de frapper les esprits et de bien montrer à tous qui détient l’autorité et qui a forcément tort.

Mise en perspective historique.

Nous vivons des temps intéressants où plus aucun citoyen ne doit pouvoir se sentir à l’abri du bras armé de l’État régalien, celui qui garantit sa sécurité et sa liberté, parait-il. Cela a commencé tout naturellement avec les étrangers qui avaient commis le crime inconcevable de se déplacer sans les bons papiers. Très rapidement, c’est retombé sur leurs enfants, lesquels ont maintenant l’immense privilège de pouvoir suivre leurs parents dans les centres de rétention, ces hôtels de luxe, comme chacun le sait. Pour agir vite et fort contre cette menace incommensurable, les forces de l’ordre ont commencé à planquer devant les écoles, ce qui a provoqué quelques émois… dans un premier temps. La routine aidant, la présence d’enfants dans les centres de rétention et les rafles à la sortie des écoles ont fini par faire partie du paysage. Il est alors possible d’aller chercher les bambins jusque derrière leur pupitre d’écolier.

Selon le bon vieux principe de la grenouille, toutes les dérives sont possibles du moment qu’on y va doucement, progressivement et avec doigté. Pour ne pas effaroucher le chaland.
Ainsi, on commence par discrètement vider les collèges et lycées de leur personnel encadrant, on les remplace par du personnel éjectable et on encourage la police à mettre un pied dans l’entrebâillement des portes des écoles. Ce qui est d’autant plus facile à faire que les enfants sont de plus en plus assimilés à des délinquants en puissance qu’il convient de surveiller, tracer et réprimer avec la plus grande sévérité.

À partir de ce moment-là, envoyer des brigades cynophiles faire de la prévention à l’école coule de source. Ce qui est étonnant, c’est qu’il reste encore des parents choquables et des médias pour relayer ce qui semble être devenu monnaie courante ces derniers temps. Crise d’indignation ! Excuses ministérielles ! L’ordre est rétabli, les cochons seront bien gardés et tout le monde peut rentrer chez soi, le bon droit ayant triomphé de la bonne insécurité.

Sauf que la politique de l’indignation a fait, comme toujours, l’impasse sur la réflexion.

Insécurité positive

Ce qu’il est intéressant de relever dans cette affaire de dérive policière tout comme dans l’autre affaire qui a défrayé la chronique dans le même temps, c’est que l’indignation s’est focalisée sur la manière dont s’est déroulé l’intervention et non sur la légitimité même de l’intervention, ses objectifs réels et avoués. Quel est le but que l’on souhaite atteindre en convoquant un journaliste dès potron-minet pour une affaire de diffamation ? Que cherche-t-on à prouver en procédant à la fouille corporelle de mineurs dans l’enceinte de leur école ?

Ainsi donc, la vérité d’un article de journal peut-elle sortir toute nue de l’orifice anal du journaliste qui l’a pondu ? C’est sûrement l’ambivalence de ce terme argotique qui est la source de la confusion. De la même manière, c’est en slip entre deux portes, la gueule bavante d’un clébard collée dans ses frusques qu’un gamin comprend mieux la nocivité de l’usage de stupéfiants pour sa santé et sa vie sociale.

Le problème n’a pas quatre pattes et ne porte pas des gants en latex. Le problème est bien en amont, quand on mêle la police à des affaires d’éducation ou de liberté d’expression.

Une question simple pour mieux cerner le débat : pourquoi respectez-vous le Code de la route ?

Il doit y en avoir parmi vous qui ne le respecte pas, parce qu’ils s’estiment brimés par ces contraintes, au-dessus de ces règles dont ils ne comprennent pas l’intérêt. Ils ont un détecteur de radars et conduisent comme des pieds. Il y a aussi ceux qui respectent. Par habitude. Ou par conformisme. Et même pas peur du gendarme, alors même qu’ils savent qu’il ne peut y avoir un représentant de la maréchaussée derrière chaque virage.
Pour ma part, je respecte parce que j’ai compris que l’objectif du Code de la route, c’était de nous permettre de tous circuler en limitant la casse au minimum.

Je ne respecte pas le Code de la route parce que j’ai peur de prendre une prune, mais parce que je préfère éviter de me prendre un arbre.

C’est cela toute la différence entre répression et prévention.

Les vertes collines du Gers

Je vis dans le Gers, même pas très loin de Marciac. J’ai même été élevée et scolarisée dans le Gers. C’est un département agricole peu peuplé où l’on peut très facilement mener une vie tranquille. Je peux même ne pas verrouiller les portières de ma voiture pendant plusieurs mois. Je peux me balader au bled le soir sans avoir besoin d’une escorte.

Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de délinquance. Les Gersois sont des Français comme les autres. Il y a deux ans, il y a eu le gang des boucheries : en une nuit, toutes les boucheries du coin ont été visitées et tous les jambons raflés. Il y a des cambriolages, ce genre de choses. Il y a surtout les accidents de la route. Qui touchent plutôt les jeunes. Entre 16 et 25 ans, les Gersois tombent comme des mouches. J’ai moi-même enterré quelques copains et échappé de justesse au cercueil… de 5 km/heure, peut-être 10.

Car dans le Gers, il y a deux fléaux qui guettent les jeunes et qui concentrent leurs effets délétères : l’alcool et le mauvais état des routes. Le cocktail des deux fait des ravages. Sans réseau de transports en commun digne de ce nom, l’indépendance des jeunes passe par la bagnole ou la moto. Et dans le pays du bon vin, de l’Armagnac et de la fête, une bonne sortie, c’est une sortie de picole. Et ça ne pardonne pas.

Mais voilà, dans notre Gascogne, la culture de l’alcool festif est une des bases de notre économie. Alors, pendant que l’on promeut les pinards et eaux de vie, la prévention des jeunes, elle se fait en bleu marine à la sortie des boîtes de nuit et maintenant dans les écoles. On préfère stigmatiser les fumeurs de joints plutôt que de s’attaquer aux causes de la mortalité des jeunes Gascons : banalisation de l’alcool au volant et sous-investissements chroniques dans les infrastructures routières.

Pour ne pas avouer l’impuissance ou la démission des politiques publiques sur bien des problèmes importants, on préfère jouer du gourdin sur quelques épiphénomènes, donnant ainsi l’illusion de l’action, tout en frappant les esprits et en affirmant la légitimité d’une mise en coupe sécuritaire de la société civile.
On transforme un problème de santé publique, la dépendance aux stupéfiants, en une opération de maintien de l’ordre, on fait croire que l’on protège les citoyens alors que l’on n’a de cesse de les intimider, de les maintenir dans la peur et la stupéfaction.

C’est cette dérive que raconte réellement l’affaire de Marciac et c’est bien dommage que le débat de fond ait été une fois de plus escamoté au profit du barnum médiatique et étouffé par une vague d’indignation qui s’est diluée dans de vagues excuses ministérielles qui ne changeront strictement rien au problème de fond.

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59 réponses
  1. toto
    toto dit :

    > Pour ma part, je respecte parce que j’ai compris que l’objectif du Code de la route, c’était de
    > nous permettre de tous circuler en limitant la casse au maximum.

    Limiter la casse "au minimum", pas "au maximum". On en veut le moins possible de casse, pas le plus possible ! C’est pas la limitation qui est maximum, c’est la casse !

    Mais bon, erreur classique de Français.

    Merci beaucoup pour ce blog dont presque chaque billet est une bouffée d’oxygène pour quelqu’un comme moi qui (essaie de) croi(r)e en l’Homme.

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  2. Jean Claude Goujat
    Jean Claude Goujat dit :

    Tiens qu’est-ce que ça ressemble aux Landes.
    La déclaration de la procureure du Gers,avec le "il faut faire peur au enfants pour qu’ils comprennent " texto!
    Madame la proc,vous n’êtes pas digne d’être proc,vous n’êtes digne de rien du tout d’ailleurs!
    Zut j’espère qu’elle a pas eu d’enfants on n’aura pas d’hôpitaux psychiatriques!

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  3. marxime
    marxime dit :

    1) agitation mediatique du lider minimo
    2) declarations à l’emporte piece d’un ministre ou d’un juge
    3) propos renforces par qq "experts"
    4) flicaille à tout va
    ça ne vous rappelle rien?
    pour moi c’est la mise en place( l’arsenal juridique est pret!!)de la sarkoctature

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  4. dom
    dom dit :

    Je sais pas.

    A l’époque de mon adolescence, années 70, on se murgeait bien aussi, on fumait pas mal, et certains de nos copains mouraient sur les routes.

    Mes gosses étaient ado il y a 10/15 ans, je crois bien que les jeunes de cette époque se murgeaient encore plus grave avec des alcools encore plus fort, ils se plantaient parfois mortellement sur les mêmes routes.

    Et il y fort à parier que mes petits enfants, si j’en ai un jour, vivront de la même manière leur adolescence.

    Ce que je veux dire, c’est que le Gers que tu décris ressemble à la Beauce, sous différentes générations. Ce qui les relie c’est la particularité de l’adolescence. A ne pas confondre avec un problème de santé publique.

    Ce qui les sépare des gamins de 13/14 ans d’aujourd’hui, c’est l’interventionnisme outrancier de la flicaille.

    Je lis çà ou là que ça ne serait pas nouveau. IL y a encore dix ans, je n’avais encore jamais entendu parler d’histoires pareilles.

    Mais je peux me tromper.

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  5. comme ça
    comme ça dit :

    Malheureusement, bridés par des lois incitées par des magistrats syndicalistes dont on devine la couleur rubiconde, nos zélés pandores ne peuvent aller aussi loin que leur conscience justement sénestrophobe pourrait les entraîner.
    Comme le regretté Lombroso s’appuyant sur les admirables travaux de Le Bon le soulignait :
    "… un fait plus important peut-être c’est la grande proportion des gauchers qui se rattache à ce qu’on voit chez les enfants et les sauvages, qui, on le sait, sont fréquemment gauchers. (Le Bon, Revue scinetifique, 1883) [….] et puisqu’on a démontré la prédominance du crâne et du cerveau droit dans les criminels."
    Ne flanche pas, Nicolas! Va au bout du bout! Il faut éradiquer les gauchers, esclanchiers et autres sinistres gauchistes dès le plus jeune âge. C’est une question de salubrité publique.

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  6. John
    John dit :

    Fais gaffe à qui tu causes, Toto !

    Quand tu mets une majuscule à « Français », tu désignes une personne de nationalité française. Le français langue et l’adjectif « français » prennent une minuscule. Les Français qui parlent aux Français parlent français.

    « Erreur de Français » veut dire que c’est une erreur que font les Français.
    Là, tu as tout faux : une erreur n’est pas une faute et le français n’est pas un Français. Tu voulais dire « faute de français ».

    Mais on ne t’en veut pas 😉

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  7. Parkane
    Parkane dit :

    La démocratie repose sur la peur. En effet, la seule chose qui puisse dissuader le pouvoir élu de suivre la pente naturelle de la dérive autoritaire, est sa peur de perdre les élections à venir. Pour que cette peur démocratique puisse jouer son rôle, il faut à ce pouvoir un adversaire politique suffisamment crédible, suffisament pugnace et suffisament audible, pour le protéger contre lui-même.
    Sinon ? Sinon il essayera de contaminer toute la société par une peur bien plus grande, et contre laquelle il se fera passer pour seul remède.

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  8. Kamizole
    Kamizole dit :

    D’aborrd, bravo pour le classement sur Wikio !
    J’ai sans doute l’indignation très facile mais j’essaie de l’étayer par la réflexion….. car craingnant le "béri-béri" intellectuel, je n’ose m’aventurer sans biscuits bien vitaminés. Sur ces problèmes de politique sécuritaire de Sarko & consorts, notamment..
    Je suis une citoyenne respectueuse du code de la route, même si aujourd’hui je n’ai plus de voiture, trop chère pour une petite retraitée. Sans doute parce que je vise le meilleur dans ce que je fais et qu’ensuite tout l’art de conduire vise essentiellement à éviter les conneries des autres si l’on veut rester en vie (quand j’allais travailler en vélo, j’arrivais à la clinique l’estomac noué par tous les traquenard que j’avais évité, le pire étant le dimanche, jour ou les conducteurs qui circulent peu sont les plus dangereux…
    quant au Gers, ce département n’a sûrement pas l’apanage de l’alcoolisme au voant ! quand je fus hospitalisée presque 6 mois à Loches (Indre et Loire) et plusieurs fois ensuite, j’appris que les gardes du week-end (panseuse, raidologues, etc… étaient préciuément doublées à cause des accidents de la route dus à l’alcool.
    Boire ou conduire, j’ai toujours choisi… allons, je vais me resservir un petit verre… Santé !

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  9. ptitssuisse
    ptitssuisse dit :

    Du grand "Monolecte", enfin, un bol frais dans cette atmosphère qui pue la merde à chaque respiration… Difficile l’exercice d’apnée devient de plus en plus une nécessité vitale!!… Maintenant, il me semble aussi logique que toutes les mesures liberticides qui sont depuis un certain temps déjà élaborées, puis mises en place par ce ramassis de salopards du gouvernement se retournera tôt ou tard contre eux… Il faut avoir la naïveté de l’imbécile arrogant et sûr de lui, comme un …. N. S. et ses sbires pour s’imaginer que leur action sera sans conséquence… En 89 on en a guillotiné pour moins que ça… A quelque temps de là, il ne fera pas bon d’être flic, journaliste ou homme politique, croyez-moi! ça va chauffer! Un exilé.

    Répondre
  10. Agaagla
    Agaagla dit :

    que ce soit pareil ailleurs, cela ne change rien

    le Gers vit sur l’armagnac, les sacro-saintes murges de Pentecôte à Vic, des bandas à Condom, etc, et cette "culture" solidement ancrée empêche toute prévention efficace. Il y a beaucoup beaucoup de boulot à faire là, je en crois pas que ce ne soit qu’une question d’adolescence.

    Tu dis justement des choses justes, et je crains fort parfois que tu n’aies raison sur toute la ligne.

    (le mauvais état des routes, je confirme : même à jeun un lundi matin, pouf me suis trouvée dans le fossé ! la faute à la pluie froide qui fait sortir l’huile de la route paraît-il)

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  11. Yanakinaee
    Yanakinaee dit :

    Juste un petit mot en passant :
    J’ai lu et entendu le témoignage d’une jeune fille et d’un professeur, et cela m’a touché au plus profond de moi lorsque j’ai essayé d’imaginer la scène avec mes yeux d’alors.

    Si j’avais été dans la situation de ces élèves, victime d’une descente policière dans ma classe à l’âge de 13 ans et témoin de tout cela, j’aurais été TERRORISEE , véritablement…Et je crois qu’il m’aurait fallu des mois pour m’en remettre, si je m’en étais remise un jour.
    Je n’aurais fait aucun lien avec la drogue, non, mais j’aurais appris la peur, la vraie. J’aurais vécu l’épreuve de l’impuissance la plus totale, de l’incapacité à me défendre, à défendre les autres, même mes meilleurs amis. J’aurais vécu l’épreuve de la soumission, l’épreuve de voir mon professeur, un représentant du monde des adultes, être remis en place, humilié et réduit au silence alors qu’il représentait l’autorité et la sécurité.

    Je crois qu’à cet âge tendre, vivre un tel moment aurait fracassé l’illusion que j’avais d’être en sécurité, à l’école et dans ma famille.
    Vivre un tel moment aurait fracassé mon monde, à tout jamais.

    J’en serais sortie en état de choc

    Les victimes d’un crash aérien, d’un attentat, d’une prise d’otage.. sont reconnues comme telles et prises en charge par des psy pour surmonter ce traumatisme.
    Quid de ces enfants ?
    Sommes-nous si habitués à la violence, que nous l’imposons à nos enfants sans sourciller ?
    Est-ce l’apprentissage précoce d’un monde où la loi du plus fort règne, auquel il faut les convertir, de gré ou de force, dès leur plus jeune âge ?

    Nous sommes tombés sur la tête, nous, adultes, et nous entrainons nos enfants dans notre folie…

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  12. jardin
    jardin dit :

    Merci vraiment de cette remise en perspective qui trace, entre diverses actualités apparemment hétérogènes ou concurrentes une ligne de cohérence et de continuité: on nous emmène pas à pas vers un état policier de plus en plus brutal, avec notre innocente complicité, en nous jetant çà et là quelques graines de discorde pour nous occuper ailleurs que là où il faudrait.

    C’est vrai que quand nous focalisons sur la manière au lieu de réfléchir au fond, nous aidons simplement nos saigneurs à nous saigner plus soft.

    Comme ce gentil Sébastien, chez Maître Eolas, qui pense que les enseignants de l’école du Jardin de Ville à Grenoble auraient dû s’entremettre (ils l’ont fait d’ailleurs) pour protéger NOS bambins du traumatisme de voir partir leurs copains entre deux uniformes (ils étaient en civil de toutes façons).

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  13. Al
    Al dit :

    L’analogie avec le code de la route est intéressante, on pourrait aussi parler des maires qui prennent des mesures de "bon sens" : abattre les platanes qui traversent inopinément la route devant les mecs bourrés.
    PS : tu as confondu repère et repaire dans le lien sur les maternelles

    Répondre
  14. M.
    M. dit :

    J’aurai porté plainte moi aussi contre ces flics qui se croient au dessus de tout, l’histoire de Marciac m’a bouleversé et je soutiens le père qui a eu le courage de faire remonter l’information : où est le respect et la dignité de l’enfant et de l’adolscent ? Aujourd’hui les ados demain les gamins en maternelle, on leur fouillera les couches croyez vous ?

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  15. alsospracht
    alsospracht dit :

    Je me souviens de la prise d’otage de la maternelle de Neuilly, en 93 je crois, où tout le monde, à juste titre, avait trouvé insupportable de s’en prendre aux enfants. ce souvenir montre bien l’évolution de ce monde où l’instillation de la terreur est une arme politique comme un argumentaire quelconque, où les gens d’armes deviennent instrument de la terreur. Sarkosy était déjà là à cette époque, avec Pasqua, indignés que des enfants soient l’enjeu de la terreur. "On" n’avait pas hésité une seconde à tuer de sang froid le preneur d’otage endormi pour protéger instit et enfants. Aujourd’hui ils entrent dans les écoles avec chiens, armes, et idéologies nauséabondes avec un total sentiment d’impunité. A l’époque, d’ailleurs, "on" avait fait une descente ,déjà, dans l’ultra-gauche en pensant (enfin penser…) trouver dans celle-ci des gens capables de s’en prendre à des enfants… ouais ! penser est un bien grand mot parfois.
    On parle souvent dans ce blog de la violence qui pourrait submerger tout mouvement populaire tellement la rage et l’angoisse sont grandes, même les conseillers du prince y pensent. Mais, devant toutes ces réactions des parents, des journaleux, des juges quand ils deviennent humains et de tant d’autres, je me demande si un gouvernement comme le nôtre pourrait encore tirer sur la foule comme ils tiraient sur les mutins, les mineurs, les jacques d’antan ? D’autant plus que la classe des gagnants, si elle s’enrichit de plus en plus, elle a aussi tendance à rapetisser et donc à faire grossir le nombre de gens qui, s’ils ne participeraient pas aux coups de chaud n’en irait peut-être pas pour autant rejoindre les tenants de la mitraille. Enfin morale de tout ça aux gens de pouvoir : vous ne pouvez plus vraiment faire usage de la violence brutale et directe, comme le montre bien Agnès dans cette charmante photo : faut y mettre des gants et de la vaseline…

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  16. niamreg
    niamreg dit :

    Je me demande si de telles interventions ont eu lieu dans des établissements privés? Après tout, pour supprimer des postes, il faut diminuer le nombre d’élèves, un peu, et leur faire peur avec des flics et des chiens, ça doit marcher pas mal.

    Répondre
  17. La Feuille
    La Feuille dit :

    Sur le flicage des gosses, encore plus jeunes, une nouvelle sur mon blog aujourd’hui, fiction pas si fictive que ça puisque comportant des éléments relevés pendant ma carrière d’Instit. Fichés à 3 ans, emprisonnés à 12, traqués par les chiens à 16, accusés de terrorisme à 25… Brillante destinée pour certains enfants (pas tous bien sûr !)
    Le plus grave c’est que certains fonctionnaires, enseignants ou autres, sont partie prenante pour mettre en place un tel système. Vive "la pédagogie de la matraque" !
    http://www.dometlydie.com/charbinat

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  18. faribole
    faribole dit :

    oui, ces "interventions " ont lieu dans le privé aussi
    à Limoux (Aude -d’ailleurs Aude & Gers même combat), a eu lieu une descente dans le collège public de mon fils, mais aussi dans le privé d’à côté.
    je n’ai pas porté plainte sur le coup, j’avais d’autres chats à fouetter, mais je le regrette

    Répondre
  19. Jean Claude Goujat
    Jean Claude Goujat dit :

    Tout est bon pour faire de la politique répressive.
    La condamnation du DAL s’est faite sur un article du code de la route!Même risque pour une manif prolongée:encombrement de la voie publique par des déchets!
    Ils se servent maintenant de textes votés par les gouvernements précédents en les détournant.
    Avec l’aide de procureurs à la botte en plus et au nom du peuple français.
    Et demain en détournant un autre texte ils pourront mettre en garde à vue,manifestants pacifiques,grévistes,contestataires en tout genre.
    Et ils essaient de détruire la seule justice qui soit un réel rempart contre l’arbitraire:les prud’hommes!
    Elle est pas belle la vie dans cette "démocratie"!

    Répondre
  20. niamreg
    niamreg dit :

    Quelqu’un connait-il un site qui recense ce genre d’interventions?

    Je croyais qu’il n’y avait que le Gers, et beaucoup de gens autour de moi ne connaissent que le collège de Marciac, qui devient du coup un "accident". Ca ressemble pourtant à une politique organisée….

    Répondre
  21. Bertrand
    Bertrand dit :

    Bonjour,

    …. de la même manière qu’il existe un code de conduite routière, des radars et un présence policière pour prévenir les mauvaises conduites…

    ….. pourquoi ne pas se pencher sur la constitution d’un Code de conduite (éthique) politique ?

    Un tel code n’empêchera ni les excès ni les accidents, mais il aura le mérite d’exister et espérons-le,…. de limiter les blessés et les morts!

    … d’autant plus que l’exercice de la conduite politique s’engage sur des routes de plus en plus rapides, où transitent d’énormes poids lourds économiques !

    C’est simpliste comme image ? peut être ! mais que les réfractaires démontrent alors que l’absence d’un code de conduite éthique politique ne fait pas cruellement défaut… dans la conscience collective

    … et même si de tout temps les réflexions sur l’éthique politique se sont enlisées, … faut-il pour autant baisser les bras?

    Répondre
  22. vieil anar
    vieil anar dit :

    C’est marrant ton titre, Agnès, "la politique de la matraque", ça m’a fait penser à la tyrannie du " sabre et du goupillon ", de sinistre mémoire et chère à tous les tenants de la République "éclairée" depuis 1789 jusqu’à la 4ème République, d’ailleurs, des fois.., des fois on se demande, si encore aujourd’hui.., des fois, hein!

    Quand la matraque,(bon on a un peu rangé le sabre, mais, métaphoriquement..!?!!), est là , avec son côté esprit frappeur, ou frappeur d’esprit plutot, le goupillon n’est jamais loin!( voir le discours de notre bon maître, lors de son intronisation en tant que chanoine de Latran, un des seuls depuis longtemps à avoir accepté l’honneur "fictif" de la charge).

    C’est quand le sabre (matraque) et le goupillon s’allient,ouvertement, que les choses se corsent, si vraiment, c’est encore possible…!

    Répondre
  23. tibidul
    tibidul dit :

    "Je ne respecte pas le Code de la route parce que j’ai peur de prendre une prune, mais parce que je préfère éviter de me prendre un arbre."
    … Je bloque…
    C’est moi qui n’ai rien compris ou cette phrase devrait plutôt être à l’affirmatif ?

    Répondre
  24. John
    John dit :

    tibidul,
    faut quand même faire un effort, et intervenir quand on a quelque chose à dire, hein 🙂

    "Je respecte le Code de la route (affirmatif), non pas parce que j’ai peur de prendre une prune (négatif), mais parce bien parce que je préfère (affirmatif) éviter de me prendre un arbre."

    "Si je respecte le Code de la route, ce n’est par peur de prendre une prune (négatif), mais par peur de me prendre un arbre."

    "Je respecte le Code de la route, mais ce n’est pas que j’aie peur de prendre une prune, c’est que je préfère éviter de me prendre un arbre."

    "Je respecte le Code de la route, plus pour éviter les arbres que pour échapper aux prunes."

    ou même

    "Je ne respecte pas le Code de la route parce que j’ai peur de prendre une prune, mais parce que je préfère éviter de me prendre un arbre."

    Ça ira, comme ça ?

    Répondre
  25. naradamuni
    naradamuni dit :

    Après T$arcos la grenelle de l’ânon,
    La buissonnière sauvage envisageons ?

    Plus de moulins pour nous rouler
    Plus de poussières dans leur prières
    Ouf, enfin, vide et vacant

    Plus d’anonyme derrière l’écran
    Chacun défendant à ses dépends,
    Comme si d’or était sa prison ,

    Et sous ses ordres et ses missions
    D’inculcation et de confort maton
    Un jour victime, un jour bourreau

    Un autre jour sauveur, la vocation!

    Libéré d’enseigner à coup de talon
    Quand le bénéfice est l’étalon
    Le barbelé entre en fonction

    Marcher au pas devient leçon
    Lever drapeau chanter canons
    Annihiler les sauvageons

    Tous ces symboles et soustractions
    Au pire pérorés, pour le meilleur
    Sont ils forcepsement bon ?

    Où sont buissons sentant si bon
    Bruissant au coeur de l’unisson
    Là, quand libre est l’imagination.

    Répondre
  26. Jean Claude Goujat
    Jean Claude Goujat dit :

    Et si les arbres tu les laissaient la ou ils sont?ils ne t’ont rien fait crédiou!
    Et le code de la route qui sert à s’en prendre aux SDF et à leurs organisations t’en pense quoi?
    Sincèrement que tu ais peur des arbres on s’en fout un peu!

    Répondre
  27. tibidul
    tibidul dit :

    Autant pour moi John, j’ai effectivement raté l’évidence de la formule.

    Ceci dit, poser une question – d’autant qu’il n’y avait là aucun sous-entendu narquois – est une bonne raison pour intervenir même si au final on se tape la rêche en comprenant qu’on avait sans doute pas ses lunettes quand on a lu l’article.

    Répondre
  28. alsospracht
    alsospracht dit :

    hei, salut Tibidul , c’est ta fête : Au temps pour moi , c’est comme ça que ça s’écrit !
    Allez, va, courage, c’est pas encore considéré comme terroriste de malmener lortografe.

    Répondre
  29. Exigeant
    Exigeant dit :

    A Parkane (com 12) : "La démocratie repose sur la peur. En effet, la seule chose qui puisse dissuader le pouvoir élu de suivre la pente naturelle de la dérive autoritaire, est sa peur de perdre les élections à venir."
    Il y aurait beaucoup à dire sur cette affirmation. En ce qui me concerne, je suis juste persuadé d’une chose, c’est que la "dérive" autoritaire n’est là que pour perpétuer ce pouvoir. Et pour l’instant, il s’accommode de notre démocratie parce qu’il n’a pas peur d’être remis en cause "démocratiquement", dans le cas contraire, il aurait recours à la force (dictature ou autre), n’oublions quand même pas comment est née notre Vème République.
    Autre exemple de coup de force "démocratique", c’est bien l’adoption du traité européen par le parlement, rejeté massivement par les Français lors du référendum, il a été avalisé par la France grâce à la complicité du PS.
    Mais comme nous sommes en "démocratie" rien de plus normal que de nous imposer ce que nous avons refusé !
    Merci Agnès pour tout ce que tu nous donnes à lire et à réfléchir 😉

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  30. John
    John dit :

    Hallo Alsoscpracht!

    « Au temps pour moi » ne veut rien dire.
    tibudul a raison.

    Autant pour toi. Ça veut dire « voilà ton compte, prends ça ».

    Tut mir Leid 🙁

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  31. alsospracht
    alsospracht dit :

    le lien donné par Agnès est suffisant en soi, je peux ajouter le dico des difficultés Larousse (1971), page 403 : "De plus l’italien possède l’expression équivalent qui se dit “ al tempo“ et reproduis littéralement le français Au temps."
    Es tut mir leid aber … si tu n’aimes pas l’origine militaire du truc, ce qui est tout à ton honneur, dans ma grande miséricorde j’efface tout et je ne recommence pas !
    Bon les flics encagoulés ne sont pas encore venus te voir ? c’est un sursis, fais gaffe demain à 6 h du mat ! (je sais pas faire le petit signe qui rigole sur ces engins)

    Répondre
  32. John
    John dit :

    Alsospracht,

    Signe qui rigole : frappe deux-points (les yeux), tiret (le nez) et parenthèse fermée (la bouche).
    Clin d’oeil : point-virgule au lieu de deux-points 😉
    Rigole pas : parenthèse ouverte pour la bouche 🙁
    La machine fait le reste, magique !

    Répondre
  33. tibidul
    tibidul dit :

    …"Allez, va, courage, c’est pas encore considéré comme terroriste de malmener lortografe."…"Bon les flics encagoulés ne sont pas encore venus te voir ? c’est un sursis, fais gaffe demain à 6 h du mat ! "…

    … comprends pas tout…
    🙁 😀 😐

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  34. emcee
    emcee dit :

    Brièvement, pour clore (?) ce débat sémantique, je dirai que "au temps pour moi" signifie clairement que je me suis trompé(e) (que j’étais à "contretemps", donc) et que je me remets "au bon rythme" (al tempo), alors que "autant" voudrait dire que l’autre a fait la même erreur, or cela n’a pas le sens qu’on veut lui donner en général. Les mots ont un sens.

    Mais ce n’est pas le sujet, qui est fort intéressant, ma foi.

    Cependant, comme il y a plusieurs pistes, les commentaires sont divers.

    D’abord, l’alcool au volant: comme toujours, le choix se fait sur la répression (ce sont ceux qui sont pris qui trinquent, les impunis peuvent continuer) et non pas sur la prévention et, par exemple, l’organisation de retours en toute sécurité si aucun n’est sobre (je pense aux patrons de boîtes, en particulier, qui se remplissent les poches, mais également aux patrons de bistrots, qui laissent partir des jeunes dans un état éthylique avancé).
    Evidemment, il y a d’autres cas de figure.

    La répression implique qu’on punit aléatoirement une minorité pour l’exemple, la prévention qu’on responsabilise les citoyens.
    Ca, c’est comme les radars et limitations de vitesse: vaste escroquerie. D’ailleurs, ne trouve-t-on pas maintenant en vente libre des appareils servant à détecter les radars (le contrepoison, donc)? Toujours: place à la super combine (moi les gendarmes ne me prendront pas).
    Responsabilisation? Zéro. Système D et nique à la loi.
    C’est également comme les points de permis qu’on peut racheter, paraît-il, sur internet en toute tranquillité. Affaire de pognon, pas de prise de conscience.
    On nous infantilise tous, avec notre aval. Et c’est ainsi qu’on crée une nation de moutons prêts à tout gober.

    Dernier point, on a parlé dans ce fil de la prise d’otages de Neuilly: une vaste escroquerie à l’émotion qui a lancé et popularisé NS et les méthodes qu’il applique désormais. La justice expéditive de l’émotionnel et une loi encore plus répressive juste après, toujours avec l’aval de la population béate.
    A l’époque, il n’était nul besoin, pour finir, d’exécuter cet homme, un gars paumé, qui dormait, qui plus est.
    Mais les médias et les responsables politiques l’ont fait passer pour un fou dangereux et les autorités n’ont pas hésité à le faire abattre alors qu’il suffisait de le cueillir tranquillement (et dans ce domaine, la police spéciale – GIGN, GIPN? – est compétente).
    Pas grand monde a protesté à l’époque, à part la famille. Mais qui se préoccupait de la famille d’un "meurtrier", de quelqu’un qui s’était attaqué aux têtes blondes? Quant aux autres, ils étaient placés dans la catégorie "tueurs d’enfants".
    C’est ainsi qu’on a laissé entrer le loup dans la bergerie et que les moutons ont déroulé le tapis rouge à tout ce qui se passe actuellement.

    Ce qui est l’objet de la première partie du sujet, toute aussi dense. Mais je ne veux pas monopoliser.

    Pour info: Otages de Neuilly: voir la vidéo propagande et les mécanismes de l’émotionnel version NS.
    http://www.dailymotion.com/video/x1
    Je n’ai plus retrouvé le reportage critique sur cette affaire (effacée du Net?).

    Répondre
  35. alsospracht
    alsospracht dit :

    Tibidul, c’était une plaisanterie et un clin d’œil sarcastique à tous ces flics qui nous surveillent. Avec ces blogs et tous ces commentaires combien a-t-il fallu embaucher de ces gens pour lire nos magnifiques lignes et, question subsidiaire, dans combien de temps pourra-t-on déduire de nos impôts les fôtes dortografe dans la limite de 25000/an et à la condition d’avoir plus de 65 ans ? 🙂

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  36. Reiv
    Reiv dit :

    Bonjour,
    Un blog très plaisant à lire malgré le poids des sujets traités.
    Juste quelques mots pour dire qu’à mon avis, en ce qui concerne la répression policière, nous assistons à la mise en oeuvre d’une méthode consistant à inverser les effets et les causes.
    Par exemple:
    – augmenter les contrôles d’alcoolémie dans les lieux où ils sont le plus susceptibles d’être positifs
    – trouver effectivement un nombre de contrevenants supérieur à ce qui est habituellement constaté
    – en déduire que l’alcoolémie au volant augmente, en faire un battage médiatique qui à lui seul justifiera que l’on s’autorise à généraliser les contrôles pour freiner cette augmentation.
    Je ne pense pas qu’il s’agisse d’un plan objectivement établi mais le résultat de la somme de petites démissions intellectuelles et morales à tous les niveaux de l’organisation de la société, où chacun est aiguillonné par la ‘culture’ du résultat.
    C’est à l’origine de cette perversion du raisonnement qu’il faut être vigilant car arrivé au battage médiatique il est trop tard pour revenir en arrière…

    Répondre
  37. alsospracht
    alsospracht dit :

    Certes, emcee, mais attention à ne pas sous-estimer les gens d’en face. Il y a eu à Neuilly comme à Tarnac une vision médiatique qui favorise les politiques, leur sert de propagande et favorise leurs ambitions, tu as raison. Mais en arrière plan il y a le travail effectué par les professionnels, que celui-ci soit de qualité ou pas n’est pas notre problème et je dirai même que plus il est mal fait et plus ça craint… (prendre des ultra-gauches pour des tueurs d’enfants ou des soi-disant saboteurs pour des terroristes mettant en danger la démocratie …bof !). à Neuilly il y a eu de suite arrestation de quelques individus dans la discrétion et à Tarnac, outre la mobilisation ridicule d’une armée de grotesques et dangereux encagoulés, on a compris qu’il y avait surveillance depuis un bon moment de ces petits groupes amateurs de bières et de lecture subversive.
    Que Sarko se soit fait une pub d’enfer devant les télés à Neuilly c’est sûr, mais les spécialistes ont fait leur taf, Que la mam se soit plutôt ridiculisée à Tarnac en faisant un cinéma du diable pour pas grand chose au finish (désolé pour ceux qui étaient dans les trains) et en reprenant l’expression la plus con qui soit « ultra-gauche anarcho autonome » sans manifestement savoir de quoi elle parle ne nous oblige pas à rester sur ce seul angle de vue. Il y a vraiment des gens intelligents et puissants qui bossent à la perte des « classes dangereuses », n’oublions jamais qu’il y a des gens qui pensent ça «  Si vous contrôlez le pétrole, vous contrôlez le pays, mais si vous contrôlez les semences, vous contrôlez l’alimentation. Et celui qui contrôle l’alimentation tient la population en son pouvoir » H. Kissinger.

    Répondre
  38. Parkane
    Parkane dit :

    @Exigeant (Commentaire 38) : D’accord pour différencier plusieurs niveau de peur qui entraînent plusieurs niveaux de réactions : 1) La peur démocratique, celle de perdre les élections, qui se joue dans un système d’alternance politique possible. Le problème en France aujourd’hui, c’est qu’en absence d’opposition, il n’y a plus de garde-fou contre la dérive autoritaire actuelle. 2) La peur et la défiance de tout pouvoir et de son cortège de soutiens privilégiés, envers le peuple qu’il gouverne. A ce niveau, droite et gauche se confondent dans la même dérive, quitte à ne pas trouver toujours le bon équilibre entre "tenir en respect" et "terroriser". 3) Quant au pouvoir totalitaire, c’est à dire en contrôle de toutes les instances politiques d’un état, il est par nature paranoïaque, l’histoire nous le prouve.
    Pour quoi le coup d’état de De Gaulle n’a-t-il pas abouti à une dictature ? Peut-être parce qu’en 58 une guerre civile était encore possible pour empêcher cela et le grand Charles n’avait aucun doute à ce sujet.

    Répondre
  39. emcee
    emcee dit :

    @ alsospracht
    Je ne comparais pas les deux: je disais que cela avait marqué l’ascension de l’autre et sa popularité auprès de ceux qui trouvent que la loi du Talion c’est encore ce qui a été inventé de plus doux.
    Cette prise d’otage ne pouvait pas mieux tomber pour lui, qui avait là l’occasion rêvée de se faire connaître au grand public. Tous les ingrédients du drame le plus atroce étaient réunis (école maternelle, enfants, explosifs, etc.).
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Affair
    Quant aux forces spéciales (le RAID, en fait), elles ont fait du bon boulot (je n’ai pas dit le contraire, mais ce n’était pas clairement dit, peut-être).
    Et, justement, dans l"Faites entrer l’accusé", on explique que l’omniprésence et l’agitation du maire avaient retardé la fin des opérations: il avait demandé qu’on vienne avec une caméra le filmer, il s’emparait des gamins qu’on libérait et c’était tout juste s’il voulait les remettre à leur mère tant qu’il était dans le champ de la caméra, etc.
    C’était en 1993, donc, et la situation politique (intérieure et extérieure) était différente.
    Pour ce qui est de Tarnac, l’idée est toute autre: celle de trouver coûte que coûte des "terroristes" à exhiber pour justifier de nouvelles mesures répressives et de nouvelles atteintes aux libertés (tous ces fichiers qui mettent en émoi la population, par ex, il va bien falloir les fourguer quand même).
    Mais, ça s’est vu que c’était plus une opération des Branquignols que celle de professionnels.
    Heureusement pour ceux qui ont été arrêtés, d’ailleurs.
    Mais d’autres n’auront peut-être pas cette opportunité.

    Répondre
  40. I Love Zadig
    I Love Zadig dit :

    Au Temps Pour Moi :
    Il est impossible de savoir précisément quand et comment est apparue l’expression familière au temps pour moi, issue du langage militaire, dans laquelle au temps ! se dit pour commander la reprise d’un mouvement depuis le début (au temps pour les crosses, etc.). De ce sens de C’est à reprendre, on a pu glisser à l’emploi figuré. On dit Au temps pour moi pour admettre son erreur – et concéder que l’on va reprendre ou reconsidérer les choses depuis leur début.

    Source : http://www.academie-francaise.fr/la
    L’origine de cette expression n’étant plus comprise, la graphie Autant pour moi est courante aujourd’hui, mais rien ne la justifie.

    Répondre
  41. alsospracht
    alsospracht dit :

    Finalement je suis étonné mais heureux que ce petit mais important détail d’orthographe puisse encore intéresser autant de monde. J’ en profite donc pour dire que la réforme à son propos qui se prépare sera source de discrimination car les classes cultivées écriront toujours correctement quand les habituels dominés seront reconnus par le simple fait d’écrire faux. Rappelons tout de même que l’orthographe n’est pas simple histoire de tradition mais de précision de la pensée. Et puisque dans le billet suivant on parle de J. Rancières citons le beau Maître Ignorant et Joseph Jacotot.
    A propos de Tarnac avez-vous entendu le répondeur de là-bas si j’y suis oggi ? Y en un qui attend les flics avec son glaive et sa hache , putain… on va bientôt rire ! 🙂

    Répondre
  42. totem
    totem dit :

    Ayant vécu dans le Gers pendant deux ans en 1987 & 88, je confirme la teneur de cet article. On accusait même à l’époque les platanes qui bordent les routes. Sur certains trajets ils ont fait l’objet de campagne d’arrachage. Ils sont jeunes, ils ont bu mais c’est la faute des platanes qui n’auraient jamais du se trouver sur leur route.

    Répondre
  43. chris
    chris dit :

    Faut arréter avec l’orthographe ; la science des, hein ….

    Il y a le langage parlé, l’écrit et le mélange des deux …..et pas un ouvrage ne sort de chez un éditeur sans quelques fautes restantes …

    Parce que ca coute trop cher de payer des correcteurs à plein temps et que plus personne n’a le temps ….exceptés les ecrivains amateurs qui sont legions par les temps qui courent.

    Ayant demarré en détestant déja le metier d’écrivain mais en me disant que personne ne le ferait pour moi ; j’ai perdu du temps a consulter, des agrégès de lettres même, qui ont finit de me faire comprendre qu’écrire la dictée a Pivot n’avait aucun intéret ….

    Le combat des anciens et des modernes, de ceux qui veulent lire de la littérature verbieuse et ceusses qui préférent des histoires passionnantes …..

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  44. jardin
    jardin dit :

    En mai 68, on disait "l’orthographe est une mandarine". Un jeu de mot par rapport au terme de "mandarin", qui qualifiait les grands patrons autoritaires des universités

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  45. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Oui, ils ont dénaturé le paysage. Les arbres qui ombrageaient les routes du Gers comme des haies d’honneur ont été sacrifiés sur l’autel de la sécurité routière et les trajets en été sont devenus insupportables sous le cagnard. Les jeunes se tuent toujours autant et les gens se sont équipés en climatisation…

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