On a beau faire, cette apocalypse s’annonce bien mal emmanchée.
Le grand soir
Cela fait tellement de temps qu’on en a marre de tout ça, que je ne me souviens plus d’avant.
Et pourtant, j’ai toujours cette impression persistante de chute interminable et de fuite en avant.
Et pourtant, malgré toutes ces frustrations, ces colères et ces belles envolées lyriques, plus ça va mal et plus on ne fait rien.
La crise délibérée
Pendant que les forces de la contestation sociale pansent leurs plaies dans leurs quartiers d’été, celles de l’argent ne relâchent pas leurs efforts pour nous enfoncer chaque jour un peu plus dans la merde.
D’un dimanche à l’autre
Je n’aime pas la frénésie et la confusion, la première étant souvent mère de la seconde. Or, c’est à cela que nous avons eu le droit : une non-campagne frénétique qui avait pour but de semer la confusion.
Ruptures d’anévrisme
Le capitalisme prospère sur le mythe de la classe moyenne : faire croire à un prolo qu’en bossant toute sa vie pour acquérir son clapier, il a les mêmes intérêts de classe qu’un rentier.
Electorama
Quand j’étais petite, les élections, c’était super simple et c’est ma grand-mère qui en parlait le mieux : Tu vois, il y a les riches et nous. Pour les gens comme nous, il y a le Parti Socialiste.
Le piège du « tout sauf Sarko »
Battons la campagne tant que le fer dans la plaie est bien chaud.
Mes plus sincères salutations
C’est l’été en Maurienne et je dois avoir 14 ans. Les journées sont longues, lumineuses, remplies de nos jeux et de nos cris. On est une bande de potes. On est les terreurs de la montagne.
L’impasse
Ce n’est pas comme si nous n’avions pas été patients. Ce n’est pas comme si nous n’avions pas participé massivement (bien que souvent à notre corps défendant !) au grand effort collectif (pour une fois !) de modernisation du monde. Ce n’est pas comme si nous n’avions pas aussi porté en nous ce grand espoir de lendemains qui chantent.
Mais tout de même, au bout de plus de 30 ans d’efforts, de sacrifices (toujours décidé par les uns et supportés par d’autres, mais toujours les mêmes autres), de régressions sociales massives, alors même que l’on nous contraint à toujours plus de serrage de ceinture, il est peut-être temps d’arrêter de jouer les gros naïfs confiants et de demander à nos apôtres du bonheur libéral si, au bout du compte, ils ne se seraient pas un peu payé la fiole de 99 % de l’humanité.










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