De tout et de rien

Le chemin

J’avais, en fac, un ami qui s’appelait Louis. Un gothique, comme il se définissait lui-même. C’est à dire un grand garçon pâle et mince, toujours habillé en noir, avec une petite touche de lugubre qui rendait son accent toulousain délicieusement incongru.

Petit manuel de lévitation mentale

Je ne suis rien, je ne suis personne, je n'ai rien fait et je ne sais rien faire, je ne suis utile ou nécessaire à rien ni à qui que ce soit. On peut assez franchement en conclure que j'ai raté ma vie et que c'est assez définitif.

L'heure des braves

Dès que j'ai aperçu le mouvement furtif de sa silhouette en tête d'épingle au pied des tours jumelles, j'ai su qu'il était pour moi.

Quinze minutes de la vie d'une femme

16 h 50. Quatre fois par semaine, quelle que soit l'activité en cours, il me faut tout laisser tomber immédiatement pour aller chercher la gosse à l'arrêt de bus.

Au bistrot

L'autre jour, sur Facebook, le réseau social où l'on a que des amis, quelqu'un faisait remarquer qu'en France, les troquets étaient plus ou moins désertés.
Bien sûr, il y a désaffection et désaffection. Il y a toujours des bistrots emblématiques plantés sur les voies de migration des touristes qui ne désemplissent pas, mais globalement, avec un petit kawa facilement à 2 € (13 balles, quand même !), il y a bien des estaminets qui dépérissent dans notre beau pays, aussi animés qu'un bureau de l'UMP un soir de régionales.

Premier tour de piste

Je pensais rester chez moi, comme d'habitude, pour faire des choses intéressantes, mais l'occasion était trop belle de se raffermir le jarret tout en m'exprimant... à ma façon.

L'âge de raison

Comme un chardon sur une lande sauvage, petite fleur charmante habillée d'épines, la môme grandit et devient une personne fort intéressante, piquante et délicieuse à la fois.

Vends-moi!

Et participe, toi aussi, à la grande braderie planétaire !

Que ma joie demeure

Le ciel est tellement bas sur les collines brunies par l'hiver et le manque de soleil qu'il se cogne en de longues larmes froides sur la vitre de mon bureau.

Esprits de fêtes

Voilà le familylecte jeté sur les routes, au gré des hasards, un certain 25 décembre comme tant d'autres.

Popote

Parfois, prendre le temps, hors du temps, juste quelques instants fugaces volés au flux du temps qui passe.

Dématérialisation exponentielle

Il y a six mois, j'avais serré la main du conducteur offset qui partait enfin à la retraite. Aujourd'hui, la moitié des machines a disparu, les étagères à papier sont vides, il reste le patron, l'infographiste et la typographe.

L'attrape-rêve

La plupart du temps, ça m'arrive en voiture. Même quand j'étais gosse et que j'étais reléguée à l'arrière, là où les roulis de la route projetaient mon cœur au bord des lèvres, il me suffisait de laisser mon regard se perdre sur le paysage qui défilait derrière les vitres pour décoller dans un autre monde.

Marie à petit prix

Une fois par semaine, c'est l'heure parentale avec les autres éleveurs de nains montés sur batterie inusable qui s'adonnent aux joies des arts martiaux.

Le pas précipité de la donzelle

Ça y est, j'ai des devoirs, j'ai des devoirs ! Ma grande petite bonne femme jaillit du bus de ramassage scolaire comme un petit diable tout en traînant son cartable à sa suite, trop grand et trop vide.

Police de proximité

Il est 20h40, à la terrasse de l'Usine, métro Avron, quand Olympe se rend compte subitement que son sac à main n'est plus lové à ses pieds comme un vieux chien malade.
Je suis assez sûre de l'heure, parce que c'est exactement ce moment que ma fille a choisi pour me réclamer par téléphone mon bisou distant et maternel de bonne nuit, devoir incontournable que je m'efforce d'accomplir dans le brouhaha de la rue, sous un brumatiseur qui ne cesse d'embuer mes lunettes comme un lama colérique et tuberculeux.