Un certain ressenti

Fin des TricheriesDes fois, tu ne sais pas ce qui change réellement : toi ou les autres, le monde ou la perception que tu en as ? Tu sais juste que tu enregistres une somme de petits faits, de petits évènements insignifiants, mais qui, mis bout à bout, ont l’air de vouloir raconter quelque chose, dessiner un nouveau rapport au réel. Peut-être juste un changement de grille de lecture ou de sensibilité, mais peut-être aussi la prise de conscience, par accumulation, qu’un changement progressif devient finalement perceptible.

Par exemple, il y a toujours eu des chauffards sur la route. Peut-être moins ces dernières années où l’on vante la baisse du nombre de tués sur la route… mais où l’on oublie la possible augmentation des incidents mineurs, des blessés, estropiés, choqués, survivants par miracles. Et puis, il y a le quotidien, les interactions, les expériences et cette sensation qu’en fait non, ces derniers temps, c’est un peu comme si l’air lui-même était devenu agressif. Mais aussi bien, c’est toi qui es plus sensible, plus émotif, voire plus attentif aux petites variations insignifiantes.

Principe d’accumulation

L’autre jour, c’était une voiture affalée dans le fossé, avec un automobiliste qui attendait quelque chose, à côté. On s’est arrêtés juste pour vérifier que tout était sous contrôle, qu’il n’avait besoin de rien de plus. Il nous raconte que c’est une amie, avec ses deux filles à l’arrière, qui a croisé la route d’un type qui prenait toute la largeur de la voie. Elle a dû l’éviter et s’est retrouvée dans le fossé. Pas juste un peu. C’est un gros fossé, assez profond dans lequel le monospace est à moitié encastré. On y voit les cicatrices de terre et de caillasse qui marquent les portières et qui témoignent de la violence de l’arrêt.

— Mais le pire, nous raconte cet homme, c’est que le type n’a même pas fait mine de ralentir ou quoi que ce soit de ce genre. Il a juste continué son chemin, la laissant dans le fossé avec ses deux enfants.

C’est une toute petite route que l’on n’emprunte jamais par hasard. On se dit que le type est forcément du coin. Peut-être même qu’on le connait, qu’on l’a croisé ou qu’on a parlé avec lui.

Là, c’est un monospace, bétaillère à gosses également, deux têtes à l’arrière aussi, qui a déboulé sur ma droite sans même faire mine de remarquer qu’il y avait un stop. Pas un ralentissement, pas une hésitation. J’ai dû freiner urgemment pour ne pas l’emboutir. Je me retrouve à la suivre. Elle ne conduit même pas vite. Rien de spécial. Mais elle a manqué toutes nous tuer. Le hasard veut qu’elle se rende au même supermarché que moi. Rien à signaler en dehors de ce moment de désinvolture routière qui aurait pu être le dernier. J’ignore si elle s’est rendu compte de quelque chose ou pas.

Le lendemain, c’est un SUV bas de gamme qui, s’apercevant’ qu’il a pris la mauvaise file dans l’échangeur, va juste se rabattre sur moi, m’obligeant de nouveau à un freinage d’urgence ponctué, cette fois, d’une avalanche de coups de klaxon. Le type qui conduit a l’air de m’engueuler dans son rétro. C’était pour lui plus important de suivre sa route que d’éviter de se mettre en danger ou mettre en danger autrui. Ou alors, il ne s’est rendu compte de rien et pense que je l’agresse.

Depuis la rentrée, sur le trajet du collège, on a déjà évité l’équivalent d’une demi-douzaine d’accidents graves impliquant des gens qui ont l’air de n’en avoir plus rien à foutre : du code, des flics, des autres, de la vie de leurs proches, de la leur.

Variations anomiques

En fait, ce n’est pas vraiment de la colère, c’est juste une totale indifférence à l’idée même de conséquences.

Alors je ne sais pas : est-ce que le comportement des autres s’infléchit ou est-ce que ma perception s’est modifiée ou même ma tolérance à l’écart, à la désinvolture, voire au mépris qui s’est sérieusement émoussée ?

Est-ce que, finalement atrophiée par les déplorables exemples venus d’en haut, l’intériorisation des règles communes est en voie de délitement ? Est-ce que l’anomie devient la règle en l’absence de sens des règles ?

Il y a, aujourd’hui, dans la rugosité des rapports au sein de notre société, quelque chose de l’ordre du bruit des ongles sur le tableau noir, une hypersensibilité négative qui finit par anesthésier tout sens commun et tout sens du commun. Une sorte de haine larvée, drapée dans un océan de mépris.

Ou juste un subtil agacement, un ajustement nécessaire à la profonde violence des rapports humains dans un monde dérégulé gouverné par la compétition et l’argent.

Mais en fait, il n’y a peut-être rien, juste une convergence statistique étonnante, mais encore dans la fourchette du possible de petits riens anecdotiques sans aucune espèce de signification.

51 réponses
  1. L'ours des P.O.
    L'ours des P.O. dit :

    Des incivilités, en fait! La liste est longue: les cendres, puis le mégot, de la cigarette fumée, et parfois même précédemment roulée, au volant, jetées par la fenêtre sur le motard qui suit au risque de le brûler ou même de même le feu à des hectares de terrain, le chien qui aboie, voir chouine quand c’est chasseur, TOUS les matins quand son maitre pars. Ou pas, et qu’il discute avec le voisin dont le chien excite le premier, sans qu’aucun des propriétaires n’intervienne…Le tracteur dont le moteur tourne sous mes fenêtre pendant 35 minutes sans personne à proximité (ce qui est interdit), etc…etc…après on s’étonne que l’on ait plus envie de parler à ses voisins?!!!
    « Les cons, ça osent tout, c’est même à ça qu’on les reconnait »…
    Et puis un jour on se retrouve héro d’un fait d’hiver, ou plutôt divers, parce que trop c’est trop…Et pourtant, on ne fait pas de bruit, on pousse sa moto puis dévale la pente en roue libre pour ne pas déranger, faire de bruit. Mais peu importe cette attention, pour des gens qui n’existe que par le bruit et l’envahissement du territoire, directement ou par l’intermédiaire de leurs animaux qui divaguent, mangent tout ce que l’on a planté, et même entrent chez vous, aurez de chaussée comme au second! Elle il faudrait rester sociable, favoriser le dialogue? Pour dialoguer, il faut être deux (dia), or si le con n’écoute pas, il ne peut y avoir de dialogue. Si de plus il a promis que cela ne se reproduira pas, que son p…..de chien va s’arrêter de chouiner en permanence, et que rien ne change…Allez, on pourrait en parler des heures…La roue tourne, heureusement, et viendra un moment où ils comprendront ou seront anéantis!
    Bon courage à tous ceux qui se font emmerder gratuitement.

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    • stef
      stef dit :

      merci pour cette  » discussion ».
      toutefois, ne pas oublier, le vélo, il pollue pas ou si peu, aide le système cardiaque, permet de VOIR l’ environnement-à contrario des véhicules a moteur- et , enfin, de gagner du temps .
      a condition d’ essayer.

      sinon, on peut toujours faire semblant de croire que la société droguée au pétrole est aussi celle de l’ avenir.
      quitte a s’ en plaindre.

      stef

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  2. Quine
    Quine dit :

    J’ai exactement la même sensation. Comme si l’agressivité latente, et particulièrement sur la route, était une réaction au désespoir inspiré par le monde d’aujourd’hui, et par l’absence totale de perspective.

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  3. Débrouille
    Débrouille dit :

    Je me demandais ces derniers temps, si c’était moi qui conduisait mal, ou si les autres étaient plus dangereux qu’auparavant.
    Merci de confirmer qu’il s’agit bien là d’une absence totale de respect des règles, respect d’autrui, respect des valeurs.

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  4. lik
    lik dit :

    Ca me parait pas nouveau, déjà il y a 20 ans le clébard dans le jardin de mes voisins sous mon balcon aboyait à pas d’heures. Les flics ne se sont jamais bougés, et le tribunal m’a débouté de ma plainte malgré un constat d’huissier.

    Le francais est souvent très con, pas tous heureusement, et ca date pas d’aujourd’hui.

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  5. saxo
    saxo dit :

    yop Agnès,

    « le fossé avec ces deux enfants »… je pense que tu voulais écrire « Ses deux enfants »
     » Mais elle manqué toutes nous tuer. »
    heu… je crois avoir compris le sens, mais il manque des mots…

    Sinon, plus d’incivilités aujourd’hui, perso, je suis pas sûr…
    L’absence de courtoisie, particulièrement au volant ne date pas d’hier… Dans leurs véhicules, beaucoup de nos concitoyens ont tendance à s’oublier… Et ça fait un bail que je l’observe 😉 .

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  6. François
    François dit :

    Même ressenti.
    Et en effet, pas qu’en voiture : que ce soit le chien qui aboie, le moteur qui tourne, le blocage de la rue pour attendre un passager sans un regard ou un petit geste de la main, la porte qu’on se prend dans la figure, la conversation au portable hurlée dans le train, etc., c’est partout.
    Pour ceux, comme nous donc, qui sont encore en lien avec les autres, autant de formes de violence, voire d’agressivité…
    Pour eux, j’ai l’impression que ce n’est même plus ça, qu’ils ne le ressentent même pas comme de la violence faite à autrui – que c’est autrui qui n’est plus là.
    Il manque juste l’empathie, la conscience de l’autre et de la gène, ou de la peur, ou de la violence, que l’autre peut ressentir.
    A une époque, je ne voyais cela que chez des personnes malades de certaines maladies qui justement altèrent la capacité d’empathie. Maintenant, ça dépasse largement ce cadre-là…
    Que faut-il en penser ? Que ces bulles sans autrui sont des défenses face à la violence du monde… qui engendrent elles-mêmes les violences qui vont renforcer les bulles des autres ?
    Résultat en tout cas, plus que désagréable : ce sont les personnes les plus attentives aux autres qui souffrent le plus de l’inattention des autres…
    Bon, je m’arrête, j’ai été long. Mais ce court article nous mène loin.

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  7. poum
    poum dit :

    Chauffeur routier, je passe forcément pas mal de temps sur la route et contrairement aux idées reçues, la majorité des chauffeurs camion ont prioritairement en tête l’anticipation et la protection « à priori » des autres usagers.

    C’est d’ailleurs la catégorie d’usagers la moins accidentogène.

    Ceci est principalement dû à la masse élevée, à la relative faible puissance et au gabarit proche des limites des infrastructures routières. la marge d’erreur est faible et une petite étourderie peut rapidement générer un film catastrophe.

    Par contre, en voiture, il m’arrive de dériver vers un comportement de connard.

    Je me demande si la bagnole (devenue trop puissante, trop sûre, trop confortable, trop rapide sur des routes trop faciles) n’agit pas comme une sorte d’exosquelette générant un sentiment de surpuissance (genre Actarus dans son Goldorak)

    Associé à la culture de l’égoïsme au cœur de laquelle nous évoluons depuis notre naissance, je suis épaté par ceux qui parviennent à ne jamais se laisser glisser dans la fosse aux abrutis.

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    • y
      y dit :

      @poum
      bonjour,
      n’ayant pas de vraie voiture moi-même, j’ai été surpris il y a quelques années de me retrouver dans un monospace de location de semi-luxe : des caméras de partout qui renvoient en permanence une image de la route, des commandes électroniques qui n’ont plus aucun rapport avec la fonction mécanique qu’elles sont censées remplir, tout ça derrière des vitres teintées, etc. Au bout de deux heures de route, je défie quiconque de faire la différence entre cette situation et un simulateur de jeu vidéo, autant dire invincible. Je ne me prononce pas sur la provenance du manque d’empathie que je constate chaque jour (en vélo ET en ville), mais encore une fois la perte d’autonomie à laquelle nous force la technologie, pour notre sécurité évidemment, est un facteur aggravant qu’on ne peut pas ignorer.
      bonne journée

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      • Agnès Maillard
        Agnès Maillard dit :

        Je pense qu’il est aussi possible que cette société de l’attention fragmentée finit par déteindre sur tous nos comportements. Les gens n’arrivent plus à focaliser leur concentration sur une activité et la conduite nécessite un certain niveau de concentration à long terme, d’attention soutenue et de rapport aux autres!

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    • lik
      lik dit :

      La moto, c’est le moyen le plus rapide pour finir en chaise roulante, comme le parapente ou le deltaplane.

      Certains en réchappent malgré tout, dont un pote qui s’est fracassé en Ducati puis en Suzuki GSXR 700. Il vit encore avec une plaque de métal sur le tibia et grimpe malgré tout du 6b en tête des voies sur le baou de Saint Jeannet.

      Mais lui, c’est un cas particulier, il a la moto, courses de côtes ou l’escalade dans la peau. Il démonte et répare les yeux fermés une Harley, Honda, Ducati, Suzuki, Norton, Yamaha… les yeux fermés, un virtuose.

      Ceci dit, tout le monde n’a pas ses aptitudes.

      Répondre
  8. Alberto
    Alberto dit :

    Agnès, c’est (le mauvais) âge.
    Avant on faisait des pires…
    Mais soit tranquille, après ça passe -c’est « la vuelta a la infancia en patinete » comme chante Sabina- et on se rendra pas compte de toutes les conneries qu’on fait 🙂
    D’ailleurs, ça commence…

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  9. Jean-Do
    Jean-Do dit :

    De mon expérience de motard, quand je constate que les gens roulent de plus en plus mal c’est en général parce que je suis fatigué ou distrait voire déprimé. Ils ont toujours conduit aussi mal mais j’anticipe moins bien, c’est tout. Un bon repos (non, je n’ai pas d’enfants ni de « carrière ») et tout revient à la normale.

    N’oublions pas non plus que nous sommes au début de l’automne et que tout le monde voit sa vigilance baisser. Cela n’explique pas l’augmentation de la non-assistance à personne en danger (quoique les malus sur les assurances et les finances qui sont à la marge…) ni toutes le désagréableries et agressions de la vie quotidienne avec les autres que soulignent l’article et les commentaires.

    Répondre
    • Agnès Maillard
      Agnès Maillard dit :

      Je ne suis pas particulièrement fatiguée et je suis quelqu’un de très vigilant au volant, donc j’anticipe beaucoup les clignos oubliés, les dépassements avec aspiration et queue de poisson, les feux oranges bien mûrs, tout ce genre de petites conneries… Là, on parle de gens qui ne ralentissent pas du tout devant un stop, qui arrivent en haut d’une côte au milieu de la route ou qui dépassent dans un virage sans visibilité, qui changent de voie brutalement sans cligno et sans contrôle du reste de la circulation, donc de risque imminent de collision à 70 – 90 km/h (voire plus, parce que souvent, ils ne sont pas très à cheval sur la vitesse maxi non plus).
      En fait, je n’ai jamais eu autant de freinages d’urgence en si peu de temps et je dois t’avouer que je suis contente d’avoir une voiture de petit gabarit avec une faible inertie.

      Répondre
      • saxo
        saxo dit :

        Plutôt d’accord avec Jean-Do,

        J’aurais tendance à penser que c’est toi qui es dans une série… peut-être due à l’automne ou que sais-je.

        La voiture qui fini dans le champs doublée par un chauffard alors que quelqu’un arrivait en face, chauffard qui ne s’arrête pas, c’est arrivé à ma mère en 87 ou 88 (je sais plus – c’est d’ailleurs un tracteur qui l’a sortie, comme quoi les tracteurs ne sont pas tous discourtois)…

        Le copain qui, en mobylette, double une voiture arrêtée (ligne droite, pleine cambrousse) et celle ci qui redémarre sans clignotant qui l’envoie à l’hôpital, mais qui n’a même pas daigné s’arrêter (comme si elle n’avait rien vu, rien entendu) ça date de 4-5 ans…

        le malade qui double tout le monde au péage et dont tu te demandes s’il va pas sortir de sa caisse pour venir te fracasser la tête parce que tu l’as pas laissé passer, c’est pas d’aujourd’hui non plus.

        quand tu prends la route tous les jours, des comportements hallucinants, voire suicidaires, tu en es témoin presque tous les jours… Et tu n’es pas à l’abri d’une bourde non plus.

        Le souci, c’est que pour beaucoup, la caisse, c’est le prolongement de chez eux, et qu’ils s’y croient tout permis, alors que c’est un machin de une tonne qui déboule à des vitesses hallucinantes.
        C’est marrant, tu en as une conscience exacerbée quand tu commences à conduire, et avec le temps et l’assurance venant, tu fins par oublier que ce que tu pilotes est un engin de mort…

        Maintenant, après tout, tu as peut-être raison, le comportement des automobilistes va peut-être en se détériorant, mais par chez moi, je ne l’ai pas encore remarqué 🙂 .

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  10. Croa
    Croa dit :

    «Le tracteur dont le moteur tourne sous mes fenêtre pendant 35 minutes sans personne à proximité»
    Normal les tracteurs fonctionnent au “rouge” (fuel domestique, quasi équivalent au gazole) donc à encore moins cher ! Déjà le gazole est trop bon marché : Il suffit de voir tous ces autocars à l’arret qui, MÊME EN PLEINE VILLE, laissent tourner le moteur des heures durant même en plein mois d’août ! D’ailleurs la mairesse de Paris aurait fait mieux de faire cesser ça au lieu de s’en prendre aux banlieusards pauvres accuser de polluer plus parce que leur véhicule serait trop vieux, mesure qui ne sera en fait que du pipi de chat.

    Répondre
  11. Croa
    Croa dit :

    En ce qui me concerne j’ai plutôt le sentiment inverse que sur la route ça s’améliore coté comportements, certes très lentement….
    Sauf en ce qui concerne la tendance de certains à coller au cul et à certains autres (probablement les mêmes) à s’introduire dans des trous de souris… Mais c’est là je pense le résultat d’une tendance au toujours plus de circulations</b≤, ce qui est un autre problème et peut-être le plus grave !

    Répondre
    • Croa
      Croa dit :

      Erreur de frappe, veuillez m’excuser ! §:o/

      Lire : au toujours plus de circulations, ce qui est un autre problème et peut-être le plus grave !

      Répondre
  12. ti suisse
    ti suisse dit :

    (en gros) comme vous dites,
    je connais aussi deux personnes qui conduisent sans permis, plus une qui ne s’assure pas (= 3 pas assurés)
    /rien à foutre ? trop cher ?
    je sais aussi que la ‘courtoisie’ n’est pas légiférée (?) mais.. « conseillée » et souhaitée par la Sécurité Routière, ou ce qui y ressemble,

    peut-être suis-je gonflant avec ça (la-courtoisie) que j’estime un prélude au ‘respect’,
    ..qui se barre,
    cf. les exemples de ‘bonne conduite’, supposée venir d’en haut ou autre responsable…
    rien de moral dans mon propos; comme vous je constate,

    je me permets une paire d’anecdotes..
    entre 75-79 je bosse pour une agence de press spécialisée dans la course auto et moto (DPPI, Levallois Perret)
    alors je côtoie.. par ex. JP Jarier (« la godasse de plomb ») que accompagnais (en plus des GP) pour le record du tour du Périphérique (Paris) de nuit bien sûr (je n’ai plus le chiffre exacte, mais il dépasse le 200 klm/hre) et celui du nbr de tour à l’envers de la Place de l’Etoile à l’heure de pointe.. 6x,
    voilà,
    j’ignore si on conduisait mieux (??) et sûrement pas comparable.. pas de rétro, pas de ceinture, pas de contrôle alcoolémie.. perso tous mes points et bonus, ..je taquine le vélo !

    ps, (pour les motards) j’ai le vif souvenir de Patrick Pons..
    ainsi que F Cevert, et de Pat Depailler ainsi que Reiser (dessinateur) des fanas de ‘vol libre’ (delta) mais ceci est une autre histoire,

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  13. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Bon, tout à l’heure, en rentrant, encore un type qui fait autre chose au volant et qui arrive en face en roulant au milieu de la chaussée… et une fois de plus, je ne relève plus les fautes mineures : dépassement systématique de la vitesse limite, non respect de la distance de sécurité (Autrement dit, Terminator te pousse au cul par ce qu’il trouve que tu le gênes)…

    En fait, j’ai l’impression de jouer tous les jours à GTA.

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  14. chris
    chris dit :

    Bon, si je comprends bien, pour vous, la route idéale serait obtenue avec un permis de conduire impitoyable de façon à éliminer tous les inattentifs, les stressés, les myopes, les alcoolos, les dépressifs sous antidépressifs, les sans réflexes, les demeurés congénitaux ou non, les sourds…et tous les incapables du moindre créneau, plus ceux qui freinent à mort à chaque virage, etc,etc,etc…

    Ben, ça doit bien faire un bon 70% de la population, et ça va grincer grave. Je les entends déjà, genre comment je vais bosser, comment je me déplace…( entre parenthèses, les permis moto et PL, si tu maitrise pas, t’es recalé. En notant que je conduis souvent dans des pays où le permis est juste une taxe de plus et les gens conduisent mieux, globalement, sans doute parce que c’est plus dangereux, que ceux qui savent pas sont éliminés rapidement ).

    Répondre
      • saxo
        saxo dit :

        T’as raison Agnès,

        Tout comme le boulot à côté de chez soi, voire chez soi serait carrément mieux (que l’heure 40 que met ma compagne tous les matins et tous les soirs pour aller bosser, par exemple).

        ou encore
        L’interdiction pure et simple des voitures individuelles, plutôt que le taxage systématique des automobilistes (parcmètres, amendes, voire amendes automatiques), ou l’installation de dispositifs visant à en empêcher l’usage (dos d’ânes etc…) qui se multiplient, aurait le mérite d’être moins hypocrite…

        Ensuite, l’automobile a tellement apporté en terme de sentiment de liberté individuelle (avant de devenir un instrument aliénant) que sa disparition serait une sorte de contre révolution sociétale…

        Pour finir, si les villes sont armées pour affronter la disparition des voitures, nous autres les « ruraux », allons avoir fort à faire et à inventer pour survivre le jour ou la voiture individuelle va disparaître…

        Le vélo c’est bien, mais quand t’es handicapé, vieux ou réfractaire au vélo, t’auras vite fait de perdre toute autonomie…

        Répondre
        • Agnès Maillard
          Agnès Maillard dit :

          Tu as le vélo à assistance électrique, déjà, très efficace dans mon secteur de collines. Dans le pire des cas, tu as la mobylette, le seul véhicule qu’avait mon grand-père et avec lequel il m’emmenait un peu partout, à 30 voire 50 km à la ronde. Un jour, il a voulu une voiture, comme tout le monde. Il s’est acheté une voiturette sans permis. Il l’a foutue dans un fossé peu de temps après : terminé la mobilité.
          Je crois qu’il ne s’en est jamais remis…

          Répondre
          • lik
            lik dit :

            J’ai un Kalkhoff eBike allemand, moteur BionX gros diamètre et couple, du haut de gamme, mais le SAV en France est épouvantable. Le crétin franchouille du SAV s’est défaussé de ses obligations de représentant de la marque en me disant que les allemands sont des racistes, véridique, alors que c’est simplement que le réseau SAV francais est complètement con, ainsi que cet abruti désagréable qui ne cherche même pas à comprendre les problèmes.

            C’est tout simplement une catastrophe de voir ce qui se passe en France avec tous ces chouineurs qui ne comprennent rien à rien au commerce de base et sont prêts à voter FN ou Dupongnangnan pour sauver leur slip nauséabond de nullards.

      • lik
        lik dit :

        Avec les voitures électronisées, ca sera pilotage automatique sur autoroute et semi automatisé sur route, donc pas de grillage de feux ou de vitesse, tout est enregistré en cas d’accident de surcroit. Ceci étant, j’ai l’impression que les voitures s’arrêtent plus aux passages piétons qu’avant, ca dépend aussi des régions, parigos et marseillais sont assez mufles rapport conduite.

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      • chris
        chris dit :

        Ma ville le pensait, que ce serait mieux sans voitures…

        Oui, pour les bobos dans mon genre, qui bénéficient d’un emploi de bureau à la maison, qui sont à 5 minutes du centre ville, ont un centre commercial au pied de l’immeuble, prennent le vélo quand fait beau, n’ont pas à emprunter comme ces millions de pauvres cons obligés de se taper les incivilités des transports en commun (disons les bagarres, la promiscuité de l’insécurité du pince -fesse des dames au clochard qui a chié sous lui, au banlieusard qui crie sa mère, et j’en passe et des meilleures) , les retards, les odeurs, l’asphyxie quand fait chaud (d’ailleurs, tous les profs que je connais, et Dieu sait si j’en connais, prennent tous leurs bagnoles, même les plus écolo-gôchistes, avec les mêmes excuses que pour coller leurs mômes dans le privé, parce que hein, la promiscuité, hein…).

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  15. smolski
    smolski dit :

    Le véhicule n’est pas qu’un véhicule, il est un outil et tous les outils nous anesthésient peu ou prou dans la fonction qu’ils représentent. (voir Mac Luhan : « Pour comprendre les médias. »)
    Alors oui, dans le temps, malgrès les améliorations sécuritaires du véhicule, des règles et des voies, il reste l’impitoyable donnée des usagers assoupis sur eux-mêmes qui continue à tisser ses brins accidentogènes inévitables car c’est la fonction même de l’outil que d’y parvenir.
    Avec les charettes, il y avait les chevaux emballés qui tripaillaient leurs nombres d’accidentés, de mutilés et de morts sur la route.
    😀

    Pour image, il suffit de regarder la façon que nous avons d’utiliser nos pc et pire encore, d’utiliser internet pour nous convaincre que le message, c’est à dire le fait, c’est le media, c’est à dire l’outil en réalité, et fesse de bouc (avec ses consœurs…) son commissaire aux basses œuvres.

    Ceci dit, prendre conscience de cette réalité permet de ne pas se laisser totalement endormir par la technologie et veiller ainsi à notre existence et celle d’autrui plus sûrement que de l’ignorer dans les faits en incriminant ceux qui n’en peuvent.

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  16. tungstene
    tungstene dit :

    moi ce qui me fascine ce sont les fausses préoccupations. Trump et son sexisme, gros con, , etc. Mais je trouve assez fascinant que peu aillent vers la réflexion de fond: est ce un acte raisonnable de donner à un être aussi instable, le pouvoir de déclencher l’apocalypse nucléaire?

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  17. chris
    chris dit :

    J’ai plusieurs pilotes, mais d’avions, dans mon cercle de relations et familial ( c’est cool, ça me permet de voyager en first), dont un héros national mexicain ( le mec qui fait atterrir son gros zoizeau en panne sur une toute petite ile). et y me disait : tu sais, Chris, il y a belle lurette qu’on sait faire voler un avion sans pilotes, et quand on sait que grosso modo 70% des catastrophes aériennes sont dues à des erreurs humaines, hein…sauf qu’il n’en est pas question et qu’il n’en sera jamais question, parce qu’on ne saura jamais fabriquer de la technologie qui ne tombe jamais en panne.

    D’ailleurs, j’ai aussi une nièce, très haut niveau, gros potentiel comme on dit, en ingénierie qualité. Elle bosse pour le cabinet international nec plus ultra qui valide tous les constructeurs automobiles, et bien elle est d’accord avec moi, vieux mécano, qui dit que les bagnoles ne sont pas plus fiables que celles d’autrefois, que ce sont juste les pannes qui ont changées, et celles d’aujourd’hui, les électroniques sont d’une complexité souvent inouïe ( un jour si vous êtes sages, je vous raconterai comment j’ai chercher une faille électronique incroyable sur une grosse Audi, comment les meilleurs de ma ville et même un envoyé du siège allemand, avant de découvrir l’incroyable bug). Ceux de la bagnole sans conducteur vous vendent du vent, et du vent très dangereux ( vous connaissez des marques automobiles qui assument leurs conneries de conceptions, moi pas…)

    Répondre
    • lik
      lik dit :

      J’ai une Golf essence TSI 140 CV de 9 ans, jamais eu un seul problème, j’ai juste changé la batterie après 9 ans. Les finitions sont toujours comme neuves, elle démarre et tourne comme une horloge, silencieuse, puissante, confortable, ABS, ESP, tout comme il faut par moi testé sur neige en Autriche. Une vidange par an pour l’entretien et c’est tout.

      Alors les bagnoles d’avant c’était mieux, ca me fait bien marrer. Sans arrêt des emmerdes de corrosion, allumage, connectique foireuse à 300 euros la réparation.

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  18. lik
    lik dit :

     » j’ai aussi une nièce, très haut niveau, gros potentiel comme on dit, en ingénierie qualité. Elle bosse pour le cabinet international nec plus ultra qui valide tous les constructeurs automobiles »

    Les ingénieurs qualité sont la plupart du temps des fils de putes, incapables de résoudre et de comprendre le moindre problème technique, ce que font les ingénieurs RD ou industrialisation. Les ingénieurs qualité, c’est la police qui tire des balles dans les jambes des ingénieurs productifs à la moindre virgule de travers sans jamais apporter aucune solution, mais toujours prêts à flinguer les ingénieurs projets pour un rien, une vraie saloperie, cette engeance.

    Les ingénieurs qualité ont un très faible niveau technique car ce sont des bureaucrates sans imagination et compétence technique, ils brassent des formulaires à longueur de journée pour justifier leur existence de boulot de merde et faire chier les productifs.

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  19. Sombre Hermano
    Sombre Hermano dit :

    Les incivilités routières ont ce caractère particulier que les usagers se croient à l’abri dans leur enveloppe de tôle et de vitres, leur « exo-squelette ». Ils n’ont aucune conscience de la réalité physique du déplacement de leur véhicule où l’énergie accumulé est fonction de la masse de leurs engins et du carré de la vitesse à laquelle il se déplace : l’énergie cinétique. Et quand il s’agit de dissiper cette énergie accumulée, c’est là qu’on comprend (souvent trop tard) qu’on a un « problème » : distance de freinage, glissade, dérapage, et ultime scénario, le choc. A l’école primaire, notre instit de CM1 nous avait montré qu’être percuté par une voiture qui roule à 60 km/h (vitesse limite de l’époque en agglomération) équivalait à tomber du haut du clocher de l’église du bled. Ça marque les esprits (du moins ça a marqué le mien).
    Malheureusement, dès qu’on est enfermé dans sa « caisse », on a tendance à y « perdre les pédales » car on peut s’y sentir en situation de toute puissance. Donc à l’ignorance des principes physiques élémentaires, s’ajoute un (grave) problème de comportement. Dans mon coin, nous avons un carrefour où se croisent une route départementale très empruntée par tous les prolétaires qui s’en vont bosser en ville et des bretelles de sortie et d’accès à la voie rapide qui franchit la départementale par un pont. Mon amie et moi avons surnommé cet endroit le « carrefour de la mort qui tue » où curieusement aucune limitation de vitesse n’a été mise en place (donc un 90 km/h réglementaire complétement inadapté aux conditions réelles). Mon amie emprunte cette route départementale pour aller bosser. Habituellement, elle roule avec une 205, et, régulièrement, elle se fait couper la route par des « enfoiré-es » qui coulent le stop des bretelles de sortie. Si pour une raison ou pour une autre elle roule avec l’autre voiture qui est une Ford Mondeo break, l’audace des mêmes « enfoiré-es » diminuent de plusieurs crans. Étonnant, non ? Pour ma part, quand j’ai à franchir ce carrefour, je fais tomber ma vitesse à 50 km/h. tant pis pour ceux qui me suivent (et qui gueulent derrière leurs pare-brise) : je préfère laisser laisser le temps de s’engager aux « audacieux » enfoiré-es et, de mon côté, me laisser avoir le temps de freiner en cas d’urgence. Pas la même perception des réalités entre eux et moi, on a bien là un problème de comportement.

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    • Agnès Maillard
      Agnès Maillard dit :

      Hier, j’en parlais à une amie qui m’a avoué avoir manqué se planter en voiture parce qu’elle devait «absolument envoyer un SMS tout de suite». Ce qui est intéressant, c’est qu’après coup, elle se demandait d’où venait cette pulsion irrépressible alors qu’elle était là, bien consciente que son comportement avait été absurde et dangereux. Pourtant, au moment où cela s’était produit, elle n’avait même pas eu l’idée de se garer en sécurité et encore moins d’attendre d’être arrivée à destination, ce qui était tout de même le seul truc logique à faire.
      C’est marrant comme la technologie prend le dessus sur la volonté ou la logique des gens, dans cette histoire.

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      • Sombre Hermano
        Sombre Hermano dit :

        « Absolument envoyer un SMS tout de suite » et arriver le plus vite possible à destination. Bon nombre d’humains se croient être « multi-tâches » tout comme leurs machines. La technologie conditionne nos comportements et nous fait renier tout sens logique. Nous croyons sans esprit critique au mythe de la vitesse. Ne pas « perdre de temps » quitte à perdre la vie (ou la faire perdre aux autres), c’est le credo de la plupart de nos semblables. Celles et ceux qui ne veulent pas se soumettre à ce culte sont déclarés « originales_aux » dans le meilleur des cas, « inadapté-es », le plus souvent. Moi, j’ai fait le pari de la lenteur depuis que je ne travaille plus (retraite) et, pouvant choisir le rythme qui me convient le mieux, j’ai l’impression de jouir d’un privilège rare. Je n’aurais plus la force d’être un-e « laborieux-euse » obligé-e de danser au rythme de l’antienne libérale-débridée qu’on nous joue en boucle depuis au moins 30 ans.

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      • lik
        lik dit :

        Oui, mais à ce stade il ne s’agit pas d’un problème de technologie, mais de pure stupidité. Reporter un appel téléphonique quand on est en bagnole ou en réunion, c’est quand le minimum de bon sens et ne pose factuellement aucun problème sur le plan des relations sociales.

        Croire qu’il faille être disponible n’importe où n’importe quand est tout simplement grotesque, peu importe les évolutions technologiques de communication qui au contraire permettent une souplesse largement admise et pratiquée par ceux qui ont un peu de jugeote et utilisent au maximum cette souplesse.

        Pour ma part, quand j’estime ne pas être disponible pour un laps de temps, je fonctionne en mode off, point barre.

        Répondre
        • lik
          lik dit :

          Au début du téléphone portable, les mecs se croyaient « branchés »( supérieurs ?) en interrompant une conversation ou un match de tennis parce que leur putain de bordel de merde de téléphone portable sonnait en plein milieu.

          Ça me gonflait d’une force, cette impolitesse, que je finissais par leur dire poliment d’aller se faire foutre avec leur comportement de pignoufs stupidement addicts, tellement ils s’imaginent avoir un appel téléphonique de Dieu assez urgent pour faire poireauter et interrompre leur interlocuteur physiquement présent en face d’eux.

          Cette prétendue disponibilité prétentieusement immanente, abolissant le temps et les règles minimum de courtoisie, est tout simplement de la muflerie.

          Répondre
    • saxo
      saxo dit :

      Hello Sombre,

      je te reprends sur une assertion : « Si pour une raison ou pour une autre elle roule avec l’autre voiture qui est une Ford Mondeo break, l’audace des mêmes « enfoiré-es » diminuent de plusieurs crans. »

      Bah, ça dépend… j’ai remarqué que quand tu roules vite avec une épave, c’est parfois l’effet inverse qui se produit, les autres conducteurs prenant subitement conscience qu’en cas d’accrochage, ils ont plus à y perdre que toi 😉 … (c’est très vrai à Paris, si t’as un tacot cabossé, on te laisse plus passer)
      Sinon, tout à fait d’accord avec ton analyse…

      Répondre
  20. Frederic
    Frederic dit :

    Bonjour
    Votre article me parle.
    C’est aussi ce que je constate dans mon bled (04).
    (pas de clignotants, pas d’arrêts au stop, dépassement sans visibilité, etc.)

    Quelles conclusions en tirer ?
    – troubles de l’attention induites par l’environnement technologique
    – manque d’empathie, désintérêt, désinvolture, bêtise…

    Pour ma part, je crois que nous nous enfonçons dans la médiocrité et le délitement de tout ce qui fait société.

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  21. chris
    chris dit :

    Il a raison le Sombre, un peu…

    T’es un peu moins emmerdé par les autres en Porsche ou en Ferrari, surtout à cause du bruit, qui les impressionne. Alors, ils se rangent, avec un sourire pour les plus sympas. Par contre, je roule parfois en Fisker, et là c’est une calamité, ils tentent de rattraper pour baisser la vitre et demander ce que c’est, mais peut-être parce que c’est silencieux.

    Les caisses dangereuses, c’est le genre Mini Cooper, ou Seat Cupra, parce qu’ils savent pas, et croient que c’est comme la leur, une betterave diesel. Alors là, faut les calculer, anticiper leurs réactions à la con…

    Comme ce midi, je suis en Cooper, et le mec se faufile au stop pour me griller sur la droite, avec son breack de 2 tonnes et 100 malheureux bourrins diesels. Forcément, y démarre pied au plancher, pour finalement plafonner à 100 sur l’entrée du périph; bouffon, va…
    Moi, je démarre tranquille, pas la peine de brutaliser de la belle mécanique et de griller du sp98 pour rien, mais comme je le rattrape sur le périph, on dira très , très vite, par courtoisie et par sécurité, je lui fais un léger appel de phare pour le prévenir de pas faire une connerie, que je vais passer, quoi, et môssieur est pas content, à déjà un bon kilomètre derrière…

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  22. yelrah
    yelrah dit :

    Marrant, au départ je pensais Agnès que tu utilisais la voiture que comme un exemple pour une sensation plus générale..
    Moi en tout cas je ressent vraiment des comportement plus tendu, peut-etre pas plus agressifs mais plus irrationnel, une sorte de déséquilibre sous-jacent, prémices de pétage de plomb, ou quelque chose comme ça..

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    • Agnès Maillard
      Agnès Maillard dit :

      Je pense que c’est effectivement le cas. Il y a des petits signes un peu partout, mais comme l’évite de plus en plus mes contemporains, il n’y a guère que quand je suis contrainte de les croiser (en l’occurrence, sur la route) que je ressens viscéralement cette tension diffuse.

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        • Agnès Maillard
          Agnès Maillard dit :

          Merci pour ce partage, effectivement très instructif!

          Les années que nous venons de traverser, marquées par le néolibéralisme, ont rendu les gens indifférents, leur vie intérieure s’est transformée en un grand glacier de sentiments congelés. Les gens ne peuvent pas faire autrement que de transmettre cette froideur à leur environnement. Il y a des différences non négligeables selon qu’on a grandi et que l’on vit dans une société qui valorise la solidarité avec les faibles et ceux qui sont moins compétitifs, ou bien qu’on vit dans une société où ces gens sont abandonnés dans la misère et stigmatisés en tant que loosers. Que l’expression « espèce de victime » soit devenue la pire insulte que des jeunes se lancent à la tête en dit long sur l’image pervertie qu’ils se font de l’humanité, marquée depuis quelques années par le culte du gagnant.

          et aussi

          Le manque d’égard généralisé, l’individualisme poussé jusqu’à la manie égocentrique, le cynisme et l’indifférence caractérisent aujourd’hui les rapports entre les humains. C’est ainsi que « l’ère du narcissisme » porte déjà en son sein le prochain niveau de développement psycho-historique. Le marché, l’économie et la pédagogie dictent une idée de la vie intérieure humaine qui doit être flexible et interchangeable, analogue à ce qu’on stigmatise encore aujourd’hui comme « psychopathe », et qu’on retrouve chez les détenus, en prison ou dans des institutions médico-légales. Le terme de psychopathe n’est pas utilisé ici dans son acception populaire, définissant une personnalité perturbée, imprévisible et violente, mais comme l’ont défini les psychiatres américain et canadien Cleckley et Hare pour qui les caractéristiques d’une personnalité « psychopathique » sont l’incapacité à ressentir de l’empathie, le fait d’être beau parleur, charmeuse, sûre d’elle, à l’aise dans les situations sociales, froide quand elle est sous pression. C’est-à-dire précisément les attributs qui caractérisent les flambeurs et les gourous de la nouvelle économie et du monde de la finance qui continuent à nous pousser vers le précipice.

          Voilà, c’est exactement ça!

          Répondre
    • lik
      lik dit :

      J’ai l’impression que c’est aussi selon les pays ou même régions de France. Le comportement est selon mon appréciation sensiblement différent concernant la façon de conduire en Alsace ou à Marseille. Les gens de l’est de la France sont nettement moins foldingues que ceux de PACA.

      Malgré tout ce qu’on peut raconter sur le cliché de l’uniformisation du monde façon Mac Do et supermarchés, eh bien ce n’est pas ce que j’observe.

      Répondre
      • Agnès Maillard
        Agnès Maillard dit :

        Bien sûr qu’il y a des variations… je me souviens encore de mon premier séjour en Allemagne, dans une région où les gens ne traversaient pas si le bonhomme était rouge, même s’il n’y avait aucune voiture à l’horizon. Plus tard, je retourne en Allemagne, plus au nord, et même s’il y a toujours un assez fort contrôle social (et autocontrôle, aussi), les comportements sont plus fluides. Mais difficile de savoir ce qui tient de l’époque et ce qui tient du lieu.

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        • lik
          lik dit :

          Dans l’est de la France, les voitures s’arrêtent dans 95% des cas pour laisser passer les piétons sur les passages piétons, ce qui n’était pas le cas dans l’ouest ou sud de la France il y a 15 ans.

          En Allemagne, la règle est simple, no speed limit sur certaines autoroutes, mais grosse amende sur les autoroutes limitées si infraction.

          Le mode de communication sociale est par ailleurs assez différent entre l’Allemagne protestante et celle catholique de Bavière ou du Bade Wurtemberg.

          En Suisse, c’est idem, respect de la loi, mais ambiance bienveillante. Il y a peu, j’étais à Lausanne, des euros mais pas de francs suisses dans la poche pour payer le bus, une femme suisse m’a payé le ticket en Francs suisses et refusé mes euros pour la rembourser.

          Ça m’a épaté, cette attitude sympathique.

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