De l'argent autour d'un pot marqué "éducation"

En marche vers l’éducation inaccessible!

Ces derniers temps, il suffit de s’informer auprès des médias industriels détenus presque exclusivement à présent par le top 10 des plus grosses fortunes de France pour savoir quelle régression sociale a été demandée au roitelet.

Voici donc une banque (et pas n’importe quelle banque !) qui explique doctement que les parents français sont des radins, qu’ils refusent, en gros, de dépenser ce qu’il faut pour la réussite de leurs enfants. Les salopiots !

Les parents français seraient-ils radins ? En ce qui concerne l’éducation de leurs enfants, ils ne mettent pas facilement la main à la poche, selon la dernière édition du rapport Value of Education* de la banque HSBC. Plus de 8400 parents de 15 pays différents ont été interrogés sur les moyens qu’ils mettent à disposition des dépenses liées à l’éducation. La dépense moyenne des parents français en matière d’éducation est de 16 708 dollars, soit environ 15 000 euros par enfant. C’est le montant le plus bas des parents des 15 pays interrogés: en moyenne, les parents dépensent 44 221 dollars (près de 40 000 euros).
Source : Les parents français dépensent très peu pour l’éducation de leurs enfants – Le Figaro Etudiant

Vous vous sentez petits, rapiats et sans envergure, n’est-ce pas ?

C’est bien pour cela que je vous propose vite fait le décryptage éclair d’un papier qui annonce en fait la volonté d’écarter la majorité de la population de l’éducation.

Parce que des chiffres en l’air, ça ne veut pas dire grand-chose, j’ai trouvé des chiffres concrets auprès de nos amis de l’Observatoire des inégalités.

Graphique des niveaux de vie selon le type de famille

La somme de 15 000 € seulement par enfant, représente 35 % du revenu annuel médian d’un couple avec 1 enfant, c’est-à-dire que pour 50 % des couples avec un enfant, le taux d’effort est supérieur. Pour un couple de classe populaire, c’est au moins 43 % de taux d’effort. Avec le prix du logement, il ne reste pas grand-chose pour bouffer dans cette famille…

Quant à la dépense de 40 000 € euro, estimée comme normale, elle représente 94 % du revenu d’un ménage médian… et encore un taux d’effort de 67 % pour un ménage aisé du 8e décile, soit des 20 % les plus riches…

D’ailleurs, le pied de l’article est des plus éloquents.

Pied de l'article cité, avec cadre autour d'articles relatifs au l'augmentation de droits d'inscription.

Ne vous laissez pas abuser par les mots : sortez vos calculettes et affutez votre esprit critique !

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21 réponses
  1. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Faut bien comprendre que cet article construit une généralité dénommée les Français à partir d’une étude au doigt mouillé pratiquée par une banque sur ses clients, lesquels ont comme caractéristique principale de faire très majoritairement partie des 10% les plus riches… de la planète!

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  2. Jean-Nicolas Denonne
    Jean-Nicolas Denonne dit :

    Il y a deux-trois trucs que je ne comprends pas:
    – Je ne vois pas d’où nos amis du Figaro tirent leur chiffre de 16 708$. Je vois une dépense moyenne de 5465$ par année d’études supérieures et par enfant (si on multiplie par 3, on obtient 16 395, c’est presque ça?)
    – Il s’agirait en tout cas des dépenses sur toute la scolarité supérieure d’un enfant (ou sa scolarité complète), pas d’un coût annuel
    – Je ne vois pas comment le Figaro arrive à la conclusion que la France et dernière sur les 15 pays étudiés. Dans le graphe sur les dépenses par année d’étude supérieure, la France est 10ème, devant l’Australie (les 15 pays comptent quand même l’Egypte, l’Inde, le Mexique et l’Indonésie…)
    – Ce rapport rapporte des valeurs moyennes, je ne sais pas si c’est par incompétence (utiliser les moyennes est malheureusement une mauvaise habitude fort répandue) où pour gonfler leurs chiffres à des fins marketing, mais on n’a aucune idée de la valeur médiane (la moyenne va être tirée vers le haut par la minorité qui dépense énormément.)
    – on n’a aucune idée sur l’échantillon sélectionné (ex.: est-ce que familles où les enfants ne font pas d’études supérieures sont prisent en compte ou pas?)
    – on n’a aucune idée de ce qui entre dans ces dépenses: j’aurais tendance à dire que le logement de l’étudiant en dehors du domicile familial est clairement compris, mais je n’en ai aucune idée…

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  3. hourral
    hourral dit :

    Bon déjà prendre le premier article de remplissage venu et y voir le début d’une propagande-venant-d’en-haut, ce n’est pas très convaincant.

    Et ce qui est encore moins convaincant, c’est que vous prenez au mot un article du Figaro pour nous dire tranquillement que « voici donc une banque (et pas n’importe quelle banque !) qui explique doctement que les parents français sont des radins, qu’ils refusent, en gros, de dépenser ce qu’il faut pour la réussite de leurs enfants ».

    Avez-vous regardé l’étude de HSBC avant de reprendre le Fig à votre compte ? Ce n’est pas ce que l’étude met en avant (et qui n’aurait aucun sens d’ailleurs, sans tenir compte des différences de structures entre pays, de la part de l’éducation publique, de l’éduction « professionnalisante », des aides, des frais dépendants des infrastructures, etc.). L’étude HSBC dit plutôt que les études engendrent beaucoup de dépenses… et c’est un outil marketing pour appeler à épargner.

    Bref, tout cela n’est pas bien rigoureux.

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  4. saxo
    saxo dit :

    15 000 € par enfant…
    euh… C’est pas annuel. C’est simplement pas possible.
    Et le 40 000 € de moyenne ne peut pas être annuel (chez moi, je sais pas si on les atteint).
    mm?

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    • Agnès Maillard
      Agnès Maillard dit :

      Ben si, chez les clients de HSBC. Le biais, c’est de vouloir en tirer une généralité. Cela donne cependant un ordre de grandeur de ce que certains pensent être des dépenses normales pour le coût de l’éducation et démontre qu’ils n’ont pas la moindre idée de la réalité économique de la majorité de la population… ou qu’ils s’en foutent complètement.

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    • saxo
      saxo dit :

      Pas sûr Agnès.

      cf réponse de Jean Nicolas ci dessus.
      15 000 € ou 40 000 € par an, ça correspond à rien … ( annuel / ensemble de la scolarité? achat de fournitures? frais d’inscriptions? logement étudiant ? auquel cas il s’agit des frais universitaires et non plus de frais de scolarité…, bref on n’y voit pas bien clair dans tout ça)
      Faudrait creuser sur ce que sont ces chiffres…

      Sinon, traiter les Français de radin parce que l’école est gratuite en France, ça prête à rire (si on a un bon sens de l’humour 😉 ).

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  5. alex
    alex dit :

    le journaliste gauchiste bobo par excellence, n’ayant pas été monter à l’endroit voleur dans l’âme, sur de lui, tout le monde ne gagne pas ce que vous voler vous avez tellement entrer dans la tête des Français que c’était la crise, vous en êtes fautif , rendre un Pays pauvre après qu’il ai été un des plus riches et forts voulant démolir expressément notre culture pour devenir des bêtes qui bossent pour pas cher, n’oublier pas que le Français le vrai de temps à autres se rebelle et là les têtes tombent, salut les bâtards
    sachez qu’on vous emmerdent les têtes pensantes de toute façon nous ferons comme il nous semble bon .

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    • smolski
      smolski dit :

      alex : « rendre un Pays pauvre après qu’il ai été un des plus riches et forts voulant démolir expressément notre culture pour devenir des bêtes qui bossent pour pas cher »

      L’ex-grandeur des pays colonialistes comme la france est pourtant basé sur ce principe que tu dénonces :
      Démolir expressément les cultures afin d’en rendre les peuples plus soumis jusqu’à devenir des bêtes qui bossent toujours plus pour encore moins que pas cher.

      De plus, maintenant, en les exterminant par charniers entiers !

      No pasaran

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  6. lik
    lik dit :

    Faut bien apprendre à lire et toussa, qui coûte plus ou moins un bras.

    D’un autre côté, une approche déconstructive du formatage de l’éducation serait salutaire, parce que le niveau de connerie que l' »éducation » peut entraîner, y compris chez certains enseignants que j’ai parfois rencontrés qui sont des fois d’une connerie et analphabétisme insondables, ben c’est pas triste et y a du pain sur la planche.

    Alors, déconstruisons les constructions foireuses.

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  7. smolski
    smolski dit :

    Dans des systèmes sociaux de conquête il est vain de penser que la scolarité puisse modifier quoique ce soit dans les rapports entre tous.

    Je préfère militer pour une éducation citoyenne, prise en charge par des parents responsables de l’avenir de tous plutôt qu’ancrés sur un format compétitif insoluble pour la plupart d’entre nous.

    Seule la culture de la peur administrée par les pouvoirs en place nous en empêche alors que nous sommes les plus nombreux.

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  8. Anta
    Anta dit :

    Effectivement Agnes, il est important de faire preuve d’esprit critique. Et comme il a deja ete maintes fois mentionne dans les commentaires precedents, les 15,000 Eur de depenses sont par enfant mais pas par an…. Je n’ai pas trouve l’unite de mesure exacte, mais j’imagine qu’il s’agit du cout moyen sur la totalite de la scolarite.
    Cette « candeur » sur les chiffres rend toute l’analyse completement fausse…. au risque d’en tirer une conclusion completement opposee au postulat de depart. Si je reprends ton raisonnement (calculer le % du revenu disponible alloue par un menage de la classe moyenne), et si je prends l’hypothese qu’une scolarite moyenne en France dure environ 17 ans (de 3 a 20 ans), on arrive a 2%…..soit effectivement tres peu. Exactement tout l’inverse de ce que tu comptais nous demontrer par cette analyse de haute voltige!

    Ne vous laissez pas abuser par les mots : sortez vos calculettes et affutez votre esprit critique !

    Ps: desole, toujours pas d’accent sur mon clavier

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    • Agnès Maillard
      Agnès Maillard dit :

      Comme je connais les tarifs de la scolarité aux USA, par exemple, je ne doute pas un instant que HSBC parle bien en annuel/enfant. Et il parle clairement du supérieur (la seule partie des études qui est vraiment bankable par la suite).
      Cela dit, le fond de mon propos est de souligner la médiocrité de l’article (effectivement totalement imprécis) et le fait que cette imprécision est au service d’une certaine vision du monde et d’une cécité remarquable quant à la vie réelle de 90% des gens.

      Bon, après, on ne va pas en chier une thèse non plus!

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  9. herve_02
    herve_02 dit :

    Moi ce qui m’étonne le plus, avec le recul de l’age et l’examen de ce que je vois dans le circuit économique : c’est qu’est-ce qu’on apprends dans ces écoles à what mille euros, ces écoles de l’élite de la france ?

    Lorsque l’on voit la compétence des gens en entreprise, lorsque l’on voit les produits qui arrivent, lorsque l’on voit les pub, on se demande si les gens en ont bien eu pour leurs 15 000 euros.

    Alors peut être qu’ils sont forts parce qu’ils arrivent à vendre des merdes à une assemblée de moutons, mais d’un autre coté, si on voit le vote présidentiel et législative, pas besoin d’être un kador, faut juste des journalistes un peu cons qui ne font pas leur travail sérieusement.

    La seule chose que je vois à ces écoles hors de prix : la création d’un réseau (enfin si tu en a déjà un) et le ‘prestige’ (le réseau des anciens). Parce que niveau contenu pédagogique et formation des individus… je suis perplexe. Où serait toute cette compétence ? je ne la voit nulle part.

    ps (on dit nouvelle gauche non ? lol) : c’est un peu calme, un petit animal poilu réveillera un peu les esprits.

    Un jour il faudra que je vous raconte la réunion de l’équipe éducative pour un gamin de CP un peu remuant, c’était assez ubuesque.

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  10. lecteur
    lecteur dit :

    Salut,
    je vous conseille de regarder la conférence de Franck Lepage sur l’éducation, voici un extrait:
    https://youtu.be/Pr4NlZxztqs
    « la privatisation de l’éducation espère un rendement financier de 1 à 7 de ses investissements », il faut bien que cet argent vienne de quelque part, et ce seront les parents, la famille, les emprunts etc etc.

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  1. […] Et ce qui nous attend dans l’éducation. […]

  2. […] En prenant connaissance des frais de scolarité des grandes écoles, j’ai eu aussi ce sentiment. J’ai vraiment l’impression qu’il y a deux mondes : D’un coté les grandes écoles d’ingénieurs dont les frais peuvent aller jusqu’à 9000 Euros sur 3 ans. Et de l’autre, les écoles de commerce qui vont de 20000 à 45000 euros pour 3 ans (une nièce est en plein dedans…). On peut me dire ce qu’on veut mais tant au niveau qualitatif des profs que du coté du matériel disponible, rien ne justifie un tarif multiplié par 5. C’est en réalité un gros business derrière, avec des prêts étudiants qui seront remboursés par les premiers salaires qui sont aussi détachés de la réalité. Parce qu’on valorise plus celui qui vend par rapport à celui qui crée, dans ce monde. Sans créateur, sans ingénieur, le marketeux et le commercial seront bien dans la merde… Mais aujourd’hui, on s’oriente clairement vers une sélection par l’argent, à l’américaine, où les salaires ne parviennent même plus à rembourser les prêts. Pour faire joli, on donne quelques bourses à des exceptions de quartiers défavorisés mais c’est bien une politique de fond qui détruit le marché de l’emploi, indirectement. Et puis, bien souvent, le plus dur est dans la sélection de la première année. Je connais bien des écoles de commerce dont les lauréats sont très creux lorsqu’ils se retrouvent dans le monde du travail, faute de réelle préparation. Mais allez comprendre le classement de ces écoles… La réalité est loin de cela. (voir aussi l’article d’Agnès) […]

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