On est là!

Ils sont tous là

Je commence juste à être un peu en retard quand j’arrive enfin à portée d’oreille de la place de la Libération. Il est à peine 9 h 30 et déjà, je crois percevoir ce bruit de fête foraine qui m’exaspère tant, mais je me dis que je dois être victime d’une hallucination auditive. Et pourtant non, en débarquant sur la place, je les vois; les petites mains de la CGT, déjà en train de parer le champ de bataille en prévision des troupes à venir. Comprendre : disperser abondamment les drapeaux rouges du syndicat sur tout ce que la place de la mairie compte de poteaux en tous genres, lancer les braises de la baraque à grillades, vider les caisses que le camion de France Boissons est en train de livrer et surtout, calibrer la foutue sono abrutissante avec de la musique bien entrainante.

Baraque CGT

CGT comme Cantine par Gros Temps

Mais je n’ai pas le temps de m’énerver, je suis venue très exactement une heure avant les réjouissances pour prendre la température de l’autre côté du miroir, du côté patronal pour être précise. Bien sûr, ce n’est pas l’objet officiel de mon invitation. Il s’agit d’un déjeuner presse organisé pour promouvoir les petites boites qui n’en veulent et, en passant, leurs généreux partenaires et donateurs. Ce qui a son utilité. Mais qui a aussi l’insigne avantage de se dérouler dans l’hôtel bourgeois et légèrement suranné qui surplombe la place où la plèbe enragée se réunira dans une heure pour crier à la face de ces mêmes décideurs sa colère et sa frustration, voire, si elle est particulièrement bien en cannes, les pendre avec leurs boyaux.

Bien sûr, cette conjonction évènementielle est un hasard du calendrier et j’ai pensé, un peu naïvement, que les forces vives de la France d’en haut allaient décaler leur plan média devant l’imminence de la menace, mais il n’en a rien été.

Je déboule donc dans l’antre de la bête dans ma tenue de combat, celle que j’arbore lorsque je sais que je dois fouler le pavé et éventuellement détaler prestement et me retrouve immédiatement au pays de l’éternel printemps, des moquettes épaisses et des petites viennoiseries croustillantes et civilisées. Je prends des notes, je pose des questions, je reprends deux fois du café, je serre quelque paluches de ma connaissance et après la photo officielle, j’ouvre mes oreilles plus largement que la traine de la mariée se déploie autour de l’autel consacré dans l’attente de quelques commentaires bien sentis sur la foule dont la rumeur commence à ruisseler sous les appliques qui tamisent la lumière.
Mais rien.
À peine une évocation désinvolte sur la difficulté à recruter, ces postes qui ne trouvent jamais preneurs, ces candidats introuvables… une antienne que j’entends depuis l’époque où il y avait deux fois moins de chômeurs. Au bas mot.

La réunion se termine tranquillement à l’heure et chacun repart vaquer à ses légitimes occupations. Je suis sur le perron un représentant patronal qui entreprend de traverser la place d’un train de sénateur. Maintenant, la foule est nettement plus importante. Bien plus que lors de la manifestation précédente. Les lycéens sont venus nombreux en renfort, il y a des slogans et de la vapeur de ventrèche qui s’élèvent de la foule. Le patron s’arrête un moment pour observer placidement cette masse qui lui en veut, puis repart avec le même détachement.

Je voulais voir la manifestation de l’autre camp. Je ne m’attendais certes pas à de grandes envolées lyriques à l’anti-Germinal primaire, mais encore moins à cette absence absolue d’interactions. Comme si nous vivions sur deux planètes différentes, à deux niveaux de réalité sans aucun espace commun, sans intersection, sans même une fine membrane osmotique.

Nous remplissons les rues, les places et ils ne voient rien. Nous crions notre colère et ils ne nous entendent pas. Comme des cris de fourmis dans un piquenique de géant.

Horton hears a who

Horton est suffisamment attentif pour entendre qu’il y a de la vie sur un grain de pollen

Et j’ai fini par repenser à l’histoire d’Horton, ce gros éléphant placide et un peu poète qui, un jour, découvre une civilisation entière qui s’est développée sur un grain de pollen posé sur une fleur. Bien sûr, la différence d’échelle rend la communication particulièrement ardue entre ces deux univers — voire potentiellement dangereuse — pour les minuscules habitants de Zou (Whoville, en VO). Et pire que tout, en refusant de tendre l’oreille, les voisins d’Horton mettent délibérément en danger les Zous. Jusqu’à la scène finale où toutes leurs ressources sont mobilisées pour faire un vacarme épouvantable et hurler à la face de ceux qui sont incommensurablement plus grands et plus puissants qu’eux :

« On est là!».

Whoville

Les habitants de Zouville en train de faire un maximum de bruit pour qu’on reconnaisse leur existence et donc, leur droit à la vie.

Et chaque voix, chaque casserole, chaque instrument de Zouville est mis à contribution pour que ce manifeste existentiel gonfle en une clameur formidable qui finit par percer la différence d’échelle en un souffle tenu qu’on ne peut percevoir d’en haut qu’en retenant son souffle et en tendant l’oreille. Quelque chose du genre : « l’union fait la force » et que « même le plus minuscule d’entre nous a le droit d’exister« .

Sauf que là je n’arrive pas à déterminer si c’est nous qui ne faisons vraiment pas assez de bruit ou si « nul n’est plus sourd que celui qui ne veut pas entendre »

71 réponses
  1. Musée de l'Europe & de l'Afrique
    Musée de l'Europe & de l'Afrique dit :

    C’est tout à fait ça. Comme les Dieux qui soufflent sur la voile d’Ulysse. Il y a trois ordres, de Duby à Bourdieu. La Chute d’Icare de Brughel les représente parfaitement. Mais à l’école (des classes moyennes qui scolarise malheureusement aussi les classes populaires qui en pètent un cable), on n’apprend pas ça. On apprend que nous sommes tous égaux et vivant dans la même République. Alors qu’il y a trois monde et qu’il faudrait en alerter les bébés… C’est pour ça que les opportunistes spécialistes du déplacement de virgules dans les programmes d’histoire et qui se la pètent sur tous les médias mainstream Et alternatifs, ça commence à bien faire (ceci est un message personnel).

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    • Agnès Maillard
      Agnès Maillard dit :

      J’ai pensé aussi aux dieux grecs qui regardent les tribulations des fourmis humaine du haut de l’Olympe comme la ménagère suit sa telenovela d’un œil morne, surtout que je viens de finir Ilium de Dan Simmons. Mais finalement, ça ne marche pas tant ça, parce que les dieux, au moins, ils s’intéressent à ce qui arrive aux humains. Ils condescendent même parfois à y participer, mais en aucun cas ils y sont indifférents.

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      • JackM
        JackM dit :

        Je crois que les dieux sont aussi devenus sourds !
        Ceux là sont aveugles et sourds ! même avec l’explosion d’un pétard de départ de pêche à 50 centimètres, il ne pourraient rien entendre tellement ils sont captés par la musique patronale qu’ils écoutent en éliminant les bruits parasites. Ils sont aveugles, la foule de manifestants n’est pour eux qu’une foule de rouspéteurs. C’est tellement banal que ce que dit la vague déferlante ne peut pas les impressionner car non seulement ils ne l’entendent pas, ils ne la voient pas ! c’est comme un tsunami de cinéma où ils ne sont que des observateurs, C’est un peu comme les bombardements en Syrie ! ce n’est pas leur problème et ceux qu’on va décapiter…, ce ne peut pas être eux ! ils font partie de l’aristocratie !

        Les politiciens ? ils les critiquent de la même façon sans regarder ni vouloir voir en quoi ils ne font pas ce qu’ils faudrait qu’ils fassent. Ils ne s’aperçoivent même pas que nos députés, TOUS nos députés sont complices des abomination dénoncées par le gendarme AMIDLISA !
        Est-ce possible Agnès ? et si nos dieux sont devenus sourds que faire ?

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  2. Brigite
    Brigite dit :

    manif du 9 mars sous la pluie, meilleur moyen pour attraper froid
    manif du 31 mars, à la fin on boit un galopin.
    C’est un bon début.
    Je répète : c’est un bon début.

    DROIT DE REGARD SUR LES LICENCIEMENTS, POUVOIR D’ACHAT, RETRAITES.

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    • Brigite
      Brigite dit :

      t’as intérêt de te bouger le cul parce que Juju mon petit voisin qui voulait tant faire mécanique agricole a écopé de 5 ans de prison
      et je suis pas d’humeur à renseigner quelqu’un qui dit pas bonjour.
      à dire vrai, je ne laisserai rien passer…

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  3. Simon Chalumot
    Simon Chalumot dit :

    Oui ça va faire plusieurs années que j’ai ce sentiment. Et pas seulement de la part des représentants de la bourgeoisie, aussi de ceux qui acceptent le monde tel qu’il est… l’impression de ne pas appartenir au même monde, de ne pas vivre sur la même planète… Mais ce qui est déprimant , c’est qu’on finit par avoir le sentiment que ce que l’on vit, expérimente, analyse, nos colères n’ont pas plus de réalité qu’un martien ou une licorne. J’ai quand même l’impression très nette que cette fois, certains vont prendre la réalité en pleine tronche comme une porte d’acier s’ouvrant brusquement au courant d’air de force 12. Ce sentiment que semblait avoir la personne que tu décrits d’invulnérabilité et de totale maîtrise n’est qu’un symptôme de la folie et de l’inconscience de ces élitzes finissantes etqui sont intoxiquées par leurs propres fables. Des gens aussi médiocres seront forcément vaincus, j’en ai l’intime conviction.

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    • Agnès Maillard
      Agnès Maillard dit :

      Je ne pense pas qu’ils se sentent invulnérables ou quoi que ce soit. Je pense juste qu’ils s’en contrefoutent, qu’ils estiment que cela ne les concerne pas, que c’est comme une forme de résurgence folklorique inoffensive qui ne peut rien changer à leurs vies, leurs trajectoires, leurs projets.

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  4. heve_02
    heve_02 dit :

    Moi, y’a un truc que je ne comprends pas. Ils se rendent bien compte que pour vendre leurs merdes en tout genre, le service à what milles euros, genre l’heure de mécanique à 50 euros voir plus, il faut que le péquin ait l’argent. Comment peuvent-ils imaginer une seule seconde qu’en diminuant l’argent de disponible à pratiquement tout le monde, cela ne va pas impacter leur survie même ?

    Bon que la multinationale puisse envisager exporter en pressurant ‘sa’ population, j’imagine que l’on peut le théoriser avec succès, nonobstant le fait que les concurrents font pareil ailleurs et donc que le marché total se réduit, mais une pme qui vit par le marché local. Elle imagine peut être que ses clients seront épargnés ? Ce n’est plus de l’autisme même tout bonnement du handicap mental profond. Il est impossible de penser qu’ils sont intelligents. (D’ailleurs, dans mon cursus pro, j’ai remarqué que ceux qui se sont ‘fait tout seul’, avec peu d’école et du relationnel, ont en général une vision étriquée et fausse de leur environnement sociaux économiques. Ils sont capables de survivre dans un environnement ou le fric transpire de partout et ou il suffit de travailler pour le gagner, mais en période de crise, ils n’ont pas les mécaniques intellectuelles pour comprendre et survivre.)

    Je ne parle pas de la mafia politique qui s’en fout, et qui donne le plus possible aux copains, pendant qu’ils sont au pouvoir, pour bénéficier de places au chaud quand le suivant arrivera.

    Répondre
  5. Jean-Louis Revaux
    Jean-Louis Revaux dit :

    Je n’ai qu’une chose à vous dire : Dieu est avec vous, ceux de Siriza, Podemos et Place de la République. FIgurez-vous que chaque fois que je pose une question puis pioche dans le sac de lettres du scrabble, les mots qui font le plus de points forment une réponse tout à fait dans le style « vraie gauche ». Ca ne peut être que Dieu qui s’exprime. Malheureusement, mon importante collection de réponses n’ont intéressé aucun éditeur.

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  6. smolski
    smolski dit :

    « cette absence absolue d’interactions. Comme si nous vivions sur deux planète différentes, à deux niveaux de réalité sans aucun espace commun, sans intersection, sans même une fine embrane osmotique. »

    C’est exactement cela Agnès.

    Qui peut croire un instant que la réaiité de la Vie, sa vraisemblance pour tous, sa raison d’être, c’est de devenir le plus riche du cimetière !
    Les accapareurs des ressources vitales sont de fait des exclus, des anesthésiés de la réalité de l’existence car ils abordent la vie sur cet idéal mortifère avec une schysophrénie d’autant plus avancée que la quantité de ce qu’ils ne pourront jamais posséder leur en imposera toujours davantage sur ce qu’ils ont acquis réellement.

    Ce sont les peuples qui, forgés par les nécessités quotidiennes, savent vivre et mourir pleinement et librement en partageant entre tous la réalité de cet idéal toute leur vie durant !

    No pasaran

    Répondre
    • Brigite
      Brigite dit :

      pourquoi tu sors une phrase de son contexte
      et que tu la paraphrases ? encore un toc ?
      je m’étonne qu’Agnès n’ait pas pensé au passage du film de Serge Halimi, les nouveaux Chiens de garde, quand Poujadas raconte des conneries à Xavier Mathieu et que ce dernier lui répond : « vous plaisantez j’espère ? »

      Répondre
      • smolski
        smolski dit :

        Brigite : « pourquoi tu sors une phrase de son contexte
        et que tu la paraphrases ? encore un toc ? »

        Je propose ici d’amplifier le constat fait par Agnès afin de rendre à la vie des plus simples toute sa dignité, ce qui n’apparaît pas dans le contexte du texte.

        Y’en a marre de vivre dans sa tête et de faire vivre tous les autres comme si d’avoir une montre prestigieuse au poignet avant 30 ans serait le but ultime de toute l’humanité sans considération aucune pour tous les autres buts plus humanistes et réalistes, eux qu’on peut opposer à cet abrutissement média toc.

        Répondre
        • Brigite
          Brigite dit :

          va jusqu’au bout, gros :

          être digne c’est de voir que
          ce que l’un achète en 1 seconde représente pour un autre 1 an de travail au minimum et qu’il ne pourra jamais se le payer quand même.

          alors franchement, si tu fais la grève et que tu vas pas être payé, qu’est-ce que t’en as à foutre ?

          Répondre
        • smolski
          smolski dit :

          Brigite : « être digne c’est de voir que
          ce que l’un achète en 1 seconde représente pour un autre 1 an de travail au minimum »

          Ok, alors jusqu’au bout c’est que le pouvoir d’achat, cela s’appelle de la prostitution et c’est cette prostitution des mœurs nous encadrant qu’il faut faire remonter en visuel plutôt que d’y aspirer pour tous.

          Répondre
  7. lik
    lik dit :

    On est là ? Comme Lordon qui débite conneries sur conneries avec son style ampoulé ? Il est ridicule avec ses propositions éculées du style communisto-gaullisto-souverainiste. Ce type n’a jamais connu la vraie sale vie, perché qu’il est sur son statut de fonctionnaire inamovible en nourrissant son narcissisme de ses logorrhées hors sol.

    Sa conception de l’économie-politique n’est même pas digne d’un enfant de 5 ans.

    Ce type salit toute idée d’évolution ou de révolution.

    Répondre
    • Agnès Maillard
      Agnès Maillard dit :

      Je suis furieuse contre cet article truffé d’amalgames et de contrevérités… et qui se permet en passant de me piquer une photo de Lordon sans sourcer ni rien! Le confusionnisme, on commence à voir d’où il vient, là!

      Répondre
      • lik
        lik dit :

        Quels d’amalgames et contrevérités ? C’est au contraire une analyse ethnomarxiste rigoureuse de la nébuleuse du socialisme-patriote, un moyen de réviser l’histoire mouvementée de la gauche depuis plus d’un siècle.

        L’image de Lordon ? Franchement, on en trouve partout sur le net et ailleurs. Faire une rougeole pour ca… Faut leur demander des droits d’auteur ou leur intenter un procès, ca les fera bien marrer.

        Répondre
        • lik
          lik dit :

          Oui ca rappelle quelques fondements structurels de l’analyse marxiste qui a inspiré toute la gauche depuis plus d’un siècle, que semblent avoir oublié les piou piou « révolutionnaires » d’aujourd’hui montant à l’assaut la fleur au fusil, se faisant embrouiller par le charabia spinoziste de Lordon et les bricolages constitutionnels de Chouard.

          Répondre
        • smolski
          smolski dit :

          Mon intervention n’est pas d’approuver ce que prétend ce site mais de noter qu’il permet de lui opposer la construction de nos propres raisonnements à contrario de ce qu’il affirme.

          Ne pas faire le mouton, ni dans un sens, ni dans l’autre en quelque sorte.

          Sinon, je suis d’accord avec Agnès, c’est un site qui ne vise qu’à l’outrance et la contrevérité.

          Répondre
        • smolski
          smolski dit :

          lik : « ce site liste largement ce qui y passe »

          J’ai entendu à la radio des témoignages de la nuit debout et ce n’est pas ce qui est reporté dans tes liens.
          Je ne dis pas que ce qui est noté dans les sites que tu nommes est tout faux mais que c’est tendancieux dans le mauvais sens qu’exprime ce terme.

          Répondre
  8. smolski
    smolski dit :

    lik : « où sont sur cette place les prolos aux ongles sales et les banlieues harissa couscous ? »

    Cette une vision partagée par beaucoup dont Lordon, ici, dans le blog du monde diplomatique :

    « Il n’y aura pas de transformation politique d’ampleur sans un mouvement populaire de masse.
    […]
    il est d’une importance stratégique d’opérer la jonction entre différentes fractions de la gauche que d’invisibles barrières sociologiques tiennent ordinairement séparées, et notamment la gauche militante des centre-villes et celle des classes ouvrières syndiquées. En dépit de tous les obstacles, il existe une base objective à cette convergence : la condition salariale.
    […]
    une commission « grève générale » à la Nuit debout, à qui l’on doit les premières actions très concrètes, et notamment le fait d’avoir organisé une délégation d’étudiants à la gare Saint-Lazare pour aller à la rencontre des cheminots mardi 12 avril. Ces actions sont absolument exemplaires, et c’est en les multipliant que nous serons à la hauteur de notre propre mot d’ordre de convergence des luttes. »

    Répondre
    • lik
      lik dit :

      Lordon est ridicule pour la simple raison qu’il ne comprend rien à l’évolution géo-techno-économique du monde.

      Au lieu de radoter comme un gâteux des antiennes souverainistes anciennes, il ferait mieux d’user de sa rhétorique lourdingue pour montrer que le vrai problème se situe dans les politiques incohérentes de l’UE et que ce sont celles ci qu’il faut contester, pour les changer.

      Pour changer l’UE, il n’est pas nécessaire de casser l’Euro, mais de revendiquer, manifester, que le gouvernement francais arrête de baisser son slip devant le MEDEF et l’Allemagne de droite.

      Le TINA actuel, c’est changer les règles de l’Euro, pas de claquer la porte sans avoir rien tenté, car Hollande n’a rien fait, il s’est couché comme une carpette devant Schäuble et le PPE, alors que la France à un poids considérable qui lui permet de changer le système européen sans le casser.

      Répondre
    • lik
      lik dit :

      Oui, mais Lordon, d’où parle t il ? Question courante des années 68.

      Lordon est le pur produit de la « méritocratie » gaulliste, jacobine, centraliste, planificatrice, souverainiste. C’est l’étalon du premier de la classe, maths sup, https://fr.wikipedia.org/wiki/Fr%C3%A9d%C3%A9ric_Lordon

      Cet endogamisme lui a procuré une place confortable de fonctionnaire bourgeois sans risque. De la classe de ceux qui ont produit le nucléaire francais qui, si au mieux il ne nous pète pas nez avec les conséquences inéluctables, coutera en bras pour renflouer EDF.

      http://www.latribune.fr/opinions/tribunes/en-france-l-heure-des-comptes-a-sonne-pour-la-filiere-du-nucleaire-566910.html

      Il est évident que Lordon ne fait que défendre sa classe de mandarins étatistes, il en tire son confort de vie, c’est viscéral. C’est la reconnaissance du ventre à la main qui le nourrit.

      Répondre
    • smolski
      smolski dit :

      lik : « Il est évident que Lordon ne fait que défendre sa classe de mandarins étatistes »

      Ce n’est pas ce qui ressort de ces écrits, bien au contraire même.
      Le fait qu’il se soit construit à travers un cursus universitaire étendu ne lui ôte aucunement sa liberté de penser.

      Seuls les bourgeois ont le boulevard étatiste devant eux avec en perspective le maintien de tous leurs privilèges. Le peuple lui, il n’a rien que ses espoirs et , de mon point de vue, des personnages comme Lordon mettent des idées sur cet espoir pour l’accompagner et non pour le détruire.
      Qu’il le fasse d’une façon absconse est de la nature de l’enseignement qu’il a reçu, mais c’est ça ou rien pour l’instant et il appartient à chacun de s’attacher à décrypter et reformuler ce qu’il peut en comprendre afin d’en tirer son propre enseignement.

      La liberté ne s’obtient ni ne se vit sans effort.

      Répondre
      • lik
        lik dit :

        Le problème de Lordon, c’est qu’il est éminemment sympathique, plein d’humour virtuose linguistique et rhétorique, comme une sorte Fabrice Luchini de la politique. C’est certainement pas un raciste non plus. Mais sa téléologie « souverainisto romantique » est un jeté de bébé avec l’eau du bain européen.

        Sa ligne d’horizon stratégique et diplomatique internationale est borgne.

        Il fait croire que le souverainisme serait une armure d’invincibilité sur une planète noosphérique devenue définitivement interconnectée.

        Ca c’est vraiment aussi naze que la ligne Maginot statique en 1939 face aux blindés mobiles autonomes allemands, pas très costauds mais autonomes…

        Répondre
    • smolski
      smolski dit :

      lik : « Il fait croire que le souverainisme serait une armure d’invincibilité sur une planète noosphérique devenue définitivement interconnectée. »

      C’est pas ce que je comprends de ses interventions, Lordon explique beaucoup de ce qui nous domine, notamment les enjeux des luttes sociales d’aujourd’hui. Bien qu’il pose quelques probabilités, il me semble qu’il laisse plutôt à chacun de découvrir sa solution à l’aide de ses éclaircissements qu’il nous soumet.
      Je ne me rappelle pas qu’il en ait proposées d’aussi fondamentales que tu indiques ni qu’il en ait imposée une plus qu’une autre entre toutes.

      Peut-être n’ai-je pas assez de jugeotte pour le comprendre entièrement, si tu voulais bien le citer avec les sources et expliquer ici en quoi c’est nœunœu ou tendancieux, je veux bien en prendre compte avec toi.

      Répondre
      • lik
        lik dit :

        Ça veut dire que tu ne comprends, ni ne contextualise ce que tu lis. C’est un problème qu’ont beaucoup, la limite cognitive dans un monde devenu très complexe…

        Répondre
      • lik
        lik dit :

        Le vrai problème en France est pour partie l’Europe telle quelle, mais aussi le MEDEF qui est LE parti aristocratique qui gouverne la France.

        LR, le PS et le gouvernement ne sont que les porte serviette du MEDEF qui se goinfre de subventions, de baisses d’impôts, de baisses de salaires, d’optimisations fiscales…

        Tant que le MEDEF ne sera pas saccagé par une révolte générale, la France et sa population seront pillées.

        Le dernier avatar du MEDEF, c’est Macron qui vient de créer son parti avec l’appui du MEDEF et est promu par les médias comme l’homme providentiel, WTF !

        Macron n’est que l’une des plus grosses putes que la « méritocratie » franchouille a produit depuis des décennies. Ce mec est un putain de Rastignac, de Mr Homais. Il est vide intellectuellement parlant, sans aucun intérêt, mais dopé d’ambitions ridicules et nombrilistes.

        Répondre
      • smolski
        smolski dit :

        lik : « Ça veut dire que tu ne comprends, ni ne contextualise ce que tu lis. »

        J’en suis bien conscient, ça me permet au moins de ne pas rester figé sur des préjugés et de toujours remettre les acquis au travail plutôt que de les laisser moisir dans les boyaux de la tête.

        Cela dit, tu ne répond pas à ma demande, peux-tu éclaircir ton opinion sur ce que propose Lordon et d’une manière compréhensible, avec des citations et sans faux fuyant, peut-être que là je t’entendrai mieux et les visiteurs avec.

        Répondre
        • lik
          lik dit :

          Lordon est « souverainiste » comme Sapir, veut casser l’Euro et l’UE. Maintenant, si tu uses de faux fuyant pour ne pas le voir et tortiller du cul, c’est ton problème.

          Lis ses textes et ceux de Sapir, tout est écrit, comme sur le Port Salut. Alors arrête de faire ta feignasse et de me demander de faire le job de lecture et d’analyse critique à ta place.

          Répondre
      • smolski
        smolski dit :

        lik : « Alors arrête de faire ta feignasse et de me demander de faire le job de lecture et d’analyse critique à ta place. »

        Je comprends Lordon différemment de toi car il fait pas sa feignasse. Il explique sa position et la détaille alors que toi tu es incompréhensible parce que tu feignasses à expliquer ce que tu prétends de Lordon et du coup personne ne peut comprendre ton point de vue.
        Je te redemande donc tes arguments avec des citations significatives, que je sois en accord ou en désaccord avec toi n’ayant pas d’importance en l’occurence.

        Répondre
      • smolski
        smolski dit :

        J’ajoute pour éclaircir mon point de vue pour tous les visiteurs que je suis pour qu’on brûle la monnaie et que donc, Lordon me convient très bien dans son ensemble en proposant de commencer par se séparer des iniques instances monétaires européennes en vigueur qui ne sont en fait que les vils avatars des instances de la mondialisation économique qui nous ravagent totalement.

        Répondre
        • lik
          lik dit :

          Je peux rien pour toi, j’ai expliqué le point de vue de Lordon, et bruler la monnaie est une proposition complètement débile que même Lordon ne propose pas…

          Les instances monétaires comme la BCE ont évité le naufrage complet pour permettre aux politiciens de faire enfin leur boulot, mais ces crétins criminels ne font pas leur boulot.

          Manifestement, tu ne comprends rien à rien sur ces sujets, alors tu prends la posture d’un pré-adolescent qui se drape dans la cape de dignité des boutonneux.

          Tu es complètement inutile sur ces sujets que tu n’as jamais travaillés sérieusement. Tu es ennuyeux de prétention vaine.

          Répondre
      • smolski
        smolski dit :

        lik : « Je peux rien pour toi, »
        Qui te le demande ?

        « j’ai expliqué le point de vue de Lordon, »
        Non, tu expliques ce que toi tu comprends de Lordon, sans argumenter son texte.

        « et bruler la monnaie est une proposition complètement débile »
        Ah oui ?
        Mais alors pourquoi ce que tu dis après me donne raison puisque ça ne marche pas mieux que de brûler la monnaie ?
        Je cite :
        « Les instances monétaires comme la BCE ont évité le naufrage complet pour permettre aux politiciens de faire enfin leur boulot, mais ces crétins criminels ne font pas leur boulot. »

        « Manifestement, tu ne comprends rien à rien sur ces sujets, »
        Exact, mais peut-être que c’est l’économie qui est incompréhensible justement ?
        « Toutes les théories économiques sont démontrables…
        Et leurs contraires aussi. »
        Bernard Maris
        Pôv’ lik, si même les économistes se discréditent… Que deviens-tu toi ?

        « alors tu prends la posture d’un pré-adolescent »
        Et oui, je suis certainement plus jeune écervelé que toi déjà vieillard pétrit de certitude…

        « Tu es complètement inutile sur ces sujets que tu n’as jamais travaillés sérieusement. »
        Oui, vaut mieux un enfileur de perles de ton genre pour éclaircir tout ça, sauf que tu veux pas quoi.
        C’est qui là qui se drape ?

        « Tu es ennuyeux de prétention vaine. »
        Je ne le nie pas venant d’où ça vient, tu en as visiblement toutes les connaissances.

        Bonjour chez vous.

        Répondre
        • lik
          lik dit :

          [mode modération on]Donc non, on s’étripe sur les idées autant qu’on veut, mais on ne s’insulte pas!
          [mode modération off]

          Maris est sympa, mais il a raconté des conneries, sans compter qu’il crache dans la soupe qui l’a largement rémunéré. Ce mec n’a vécu que de ses gloses sur l’économie, puis à la banque de France, bien rémunéré, avec un niveau de vie plan plan hyper bourgeois.

          Dommage qu’il se soit pris des bastos dans le buffet. Mais il a largement profité du système tout en dénonçant de ses aspects.

          Ce genre de bonhomme me laisse sceptique, un retourneur de veste opportuniste qui a toujours vécu grassement de ses médiatisations habiles.

          Moi, quand je tape, je tape, c’est franco de port, je tortille pas du cul, je calcule les arrières trains diplomatiques pour les écarter ensuite, pour dégommer un direct dans le pif.

          A ciao.

          Répondre
        • smolski
          smolski dit :

          lik : « il a largement profité du système tout en dénonçant de ses aspects. »

          Tu lui reproches de dénoncer et en même temps d’avoir tort…
          Tes conclusions pour Maris ne s’appuient sur rien et ne le réfutent même pas, comme avec Lordon d’ailleurs.

          Je te parle pas de David Graeber parce que là en plus qu’il est américain !

          Faut te mettre d’accord déjà avec toi-même dans tout ça.

          Répondre
  9. Noblejoué
    Noblejoué dit :

    @ Hervé 02

     » Moi, y’a un truc que je ne comprends pas. Ils se rendent bien compte que pour vendre leurs merdes en tout genre, le service à what milles euros, genre l’heure de mécanique à 50 euros voir plus, il faut que le péquin ait l’argent. Comment peuvent-ils imaginer une seule seconde qu’en diminuant l’argent de disponible à pratiquement tout le monde, cela ne va pas impacter leur survie même ? »

    Oui et non.
    D’abord, il se peut qu’ils ne pensent pas : l’inconvénient de vivre dans l’instant.

    Oui…
    Mais d’un autre côté on observe de plus en plus le développement du luxe. Pourquoi les riches ne s’échangeraient-ils pas des choses de plus en plus luxueuses ? Palais contre entreprise, oeuvres d’art contre territoires, que sais-je encore ? Le monde est vaste, le désir et l’inventivité aussi.

    Longtemps, la consommation a surtout été le fait des élites sociales. Comme l’inégalité se développe, le monde pourrait redevenir ainsi. Les prêtres disaient de se résigner à être pauvres pour aller au ciel; les écologistes peuvent faire de même pour la sauvegarde de la planète.
    La même pièce avec de nouveaux acteurs, moins exploiter les pauvres que les laisser à l’écart comme les inclus de tout rang le font en principe des exclus.
    Des variantes… Mais en somme, il suffirait de posséder les moyens de production et de trouver non plus tant des besoins que des désirs à satisfaire, ce qui, c’est certain, est inépuisable. Cela a commencé pour tout le monde, maintenant, il suffit d’intensifier-raffiner et surtout personnaliser le système pour les riches.

    Je ne crois pas que tout cela soit un complot ou même seulement souvent conscient, c’est seulement ce qui, en y réflechissant, me semble en marche malgré la résistance de certains pauvres et même de certains riches.

    Répondre
  10. Antanarivo
    Antanarivo dit :

    « À peine une évocation désinvolte sur la difficulté à recruter, ces postes qui ne trouvent jamais preneurs, ces candidats introuvables… une antienne que j’entends depuis l’époque où il y avait deux fois moins de chômeurs. Au bas mot. »
    La derniere fois que le taux de chomage se situait a la moitie du niveau actuel, c’etait en……79/80. Je n’imagineais pas une seule seconde que notre hote ecumait les reunions patronnales depuis 35 ans!

    Répondre

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  3. […] il y a vraiment besoin de le faire en nombre. Les motifs ne manquent pas. Si seulement toutes les victimes du système que sont les précaires, les chômeurs, ainsi que tout ceux qui se sentent opprimés, brimés ou […]

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