Lettre à Soufiane

Je me souviens bien de toi, mais je doute que tu te souviennes encore de moi.

DervicheEn fait, je ne me souviens pas de ton visage. Il faut dire que je te regardais si peu et que dans le même temps, on ne voyait que toi.
Je me souviens qu’à la cantine, tu étais celui qui mangeait des œufs. Régulièrement, sans que je sache vraiment pourquoi, tu avais des œufs au plat dans ton assiette alors qu’on mangeait autre chose. Ça me rendait un peu jalouse, parce que j’ai toujours bien aimé les œufs au plat.

Un jour, j’ai réclamé à la cantinière des œufs au plat, comme toi, mais on m’a répondu que ce n’était que pour toi, parce que toi, tu es musulman et que les musulmans ne mangent pas saucisse comme nous.
Cela ne m’apprenait pas grand-chose sur toi, mais je me suis dit que « musulman » était surement un mot poli pour « Arabe », parce que ce que je savais de toi, c’est que tu étais un sale Arabe.

Comme tu étais un sale Arabe, on m’avait bien fait comprendre qu’il fallait se méfier de toi. Tu ressemblais à ma copine Draga, avec tes yeux et tes cheveux noirs et ta peau sombre. Sauf que Draga n’était pas arabe, mais libanaise. Elle avait fui la guerre chez elle. Donc, elle pouvait être ma copine, mais pas toi.

Je me souviens de toi surtout à cause du coup de la tétine.

C’était vraiment une idée de nonne, le coup de la tétine. Oui, parce que nous étions dans une école de nonnes et que les nonnes ont toujours des idées bien à elles pour gérer les petits enfants. Elles te faisaient des œufs à la place de la saucisse, mais en même temps, elles forçaient les enfants bavards à la cantine à se mettre debout devant tout le monde avec une tétine dans la bouche. Pour nous faire honte, comme à des bébés.

Un jour, donc, j’ai été punie et la nonne m’a demandé de prendre la tétine.
Sauf que la tétine, elle était dans ta bouche à toi. Comme quoi, être musulman, ça protégeait des saucisses, mais pas de la tétine.
J’allais donc prendre ta place et tu as tendu la tétine à la nonne en passant. Et moi, tout ce que je voyais, c’est cette tétine encore brillante de ta bave de sale arabe. Et j’ai su avec une acuité terrible que ça n’allait pas être possible.

J’ai refusé la tétine.

La nonne m’a grondée, j’ai fondu en larmes et j’ai tenu bon.
J’ai expliqué que la tétine était sale, pleine de microbes et que je refusais de la mettre dans ma bouche. J’étais petite. Je ne savais pas ce qu’était un musulman et je ne reconnaissais un Arabe que quand on m’en montrait un, mais je connaissais les microbes.
Quand la nonne a voulu forcer le passage, j’ai hurlé comme je savais déjà le faire avec ma voix puissante de petite fille. Un truc à te donner envie de te nettoyer les oreilles au papier de verre.

Je crois que la nonne savait quand même ce qu’étaient les microbes, parce que finalement, elle a laissé tomber et la tétine a définitivement disparu de la cantine de l’école maternelle.

Mais je ne me suis pas réjouie de cette victoire, parce qu’au fond de moi, je savais que ce n’était pas une question de microbes, mais bien parce qu’on m’avait dit de ne pas toucher les Arabes, qu’ils étaient sales et qu’ils avaient des maladies.
Après, je ne saurais jamais si j’aurais autant hurlé si j’avais dû récupérer la tétine après Gonzague.

Mais dans mon esprit de petite fille, j’avais la certitude que toi, tu savais. Tu savais que ce n’était pas une histoire de microbes, mais juste parce que c’était toi et pas un autre.

Je me souviens bien de toi, Soufiane, parce que grâce à toi, je n’ai jamais oublié que j’ai été raciste, pas une raciste de conviction, mais une raciste héréditaire. J’étais raciste parce que dans la société où j’ai grandi, c’est comme cela qu’on éduquait les enfants. J’étais raciste, mais je ne connaissais même pas le mot ou le concept.
J’étais une petite fille blonde aux yeux bleus qui grandissait dans la France de Dupont Lajoie.

Je me souviens aussi de toi, Soufiane, parce que toute raciste primaire que j’étais, je n’ai pas oublié la honte que j’ai ressentie à ce moment-là. Pas la honte d’être punie et d’avoir passée mon repas toute reniflante, debout au milieu de la cantine, mais honte d’avoir gagné pour une mauvaise raison.
Parce que même si je ne savais pas ce qu’était le racisme, même si je n’avais aucune raison de douter de la justesse du monde dans lequel je grandissais, il y avait dans cette histoire d’Arabe sale, voleur et menteur quelque chose qui ne collait pas vraiment.

Je ne pense pas que tu te souviennes de moi, Soufiane, parce que toi, tu devais déjà avoir appris à ne pas attendre grand-chose des petites filles pâles avec des boucles anglaises dorées.
Tu ne dois pas te souvenir de moi, parce que tu devais déjà avoir l’habitude d’être le sale Arabe de service, tout petit que tu pouvais être.

J’aimerais bien que tu puisses te souvenir de moi parce que cela aurait été la dernière fois qu’on t’a rejeté par racisme bête et même pas méchant, mais j’en doute horriblement.

Je ne sais pas pourquoi et comment j’ai pu cesser d’être raciste. Peut-être parce qu’après toi, il y a eu Rachid, qui, lui aussi, s’est tapé le rôle d’Arabe de service chez les petits cathos. Et qu’après lui, il y a eu Karim, Kabyle en France, Français en Algérie, étranger partout, chez lui nulle part et qui m’a raconté l’effet que ça pouvait faire, chaque jour de sa vie, que d’être le sale Arabe de service.

Ou alors tout simplement, c’est arrivé quand j’ai déménagé.

Je sais que tu m’as oubliée, Soufiane, mais je crois que j’aurais bien aimé te raconter mon arrivée dans le Gers, au primaire, quand les autres ont commencé à se foutre de ma gueule parce que j’avais un drôle d’accent. Je trouvais plutôt que c’était eux qui avaient un accent à la con, même qu’au début, je ne les comprenais pas. Mais du coup, Soufiane, c’était moi qui étais l’étrangère, c’était moi qui étais différente et c’est à moi qu’on ne parlait pas.
C’était moi qui n’étais pas d’ici.

Tu aurais bien rigolé de me voir dans la même situation que toi. Sauf que je ne suis pas certaine du tout que tu aurais trouvé ça marrant.

À partir de ce moment-là, j’ai cessé d’être chez moi, ici, ailleurs, partout.
À partir de ce moment-là, je n’ai plus appartenu qu’à la communauté des gens qui voulaient bien de moi.
À partir de ce moment-là — ou à peine un peu plus tard —, j’ai compris qu’il n’y avait jamais de retour possible, que l’exil est un état permanent et en même temps une vue de l’esprit.

Voilà, je voulais te dire tout cela, Soufiane.
Te dire que rien n’est jamais perdu, rien n’est jamais figé.
Te dire que je regrette le coup de la tétine, même si, en même temps, nous n’étions jamais que de pauvres gosses ignorants, les jouets d’un monde fondé sur le rejet et l’entresoi.
Te dire que j’aurais aussi aimé que ça se passe mieux pour tes gosses et que j’éduque la mienne dans ce sens.

43 réponses
  1. Phlune
    Phlune dit :

    « À partir de ce moment-là, je n’ai plus appartenu qu’à la communauté des gens qui voulaient bien de moi.
    À partir de ce moment-là — ou à peine un peu plus tard —, j’ai compris qu’il n’y avait jamais de retour possible, que l’exil est un état permanent et en même temps une vue de l’esprit. »

    Voilà, c’est EXACTEMENT ça.

    Bises, Agnès 🙂

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  2. yelrah
    yelrah dit :

    Ouaip, je me souviens bien de cela, de la maternelle à la seconde j’ai été le seul basané de mes écoles !
    Mais bon ,costaud et compétition de judo ….
    Et pas beaucoup de copains non plus.

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  3. smolski
    smolski dit :

    Je suis né et ai vécu mon enfance dans une rue de montreuil 93.
    Les communautés de cette rue étaitent variées et nombreuses, depuis l’europe jusqu’à l’afrique avec aussi des camps de gitan séjournant non loin à bord de leurs roulottes et des premières caravanes.
    Toutes ces communautés ne cohabitaient pas, elles vivaient ensemble.
    On se partageait le sel, le sucre et le café. Les enfants des uns mangeaient parfois chez les parents des autres. Tous les adultes étaient attentifs à ce qui se passaient dans la rue, notamment pour les enfants de tous. Et ils avaient fort à faire à faire car nous déconnions grave, voire assez très grave… pour des enfants.

    J’ai découvert le racisme lorsqu’au collège parisien où, comme tout le monde, j’appelait un de mes nouveaux potes du surnom de blanche-neige.
    Un jour il m’a demandé de ne plus l’appeler ainsi.

    – Pourquoi ? Lui ai-je dit.
    – C’est qu’on m’appelle ainsi parce que je suis noir.

    Et merde, j’y avais même pas pensé, j’avais suivi le mouvement, tout simplement.

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  4. Rician
    Rician dit :

    « Sauf que Draga n’était pas arabe, mais libanaise » … Je ne comprends pas bien ! mais bon j’ai une excuse : je suis arabe.
    Merci pour le texte.

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  5. Clocel
    Clocel dit :

    Agnès, tu confonds la connerie ordinaire et le racisme, c’est assez classique en France.
    Le racisme, le vrai, je peux te garantir qu’il ne te laisse pas ce genre de souvenirs.
    Les français ne sont pas racistes malgré toute l’énergie dépensée à nous le faire croire.
    La « Gauche » en est grandement responsable à une époque où elle avait besoin d’un Front national fort et d’une Droite empêtrée dans des convictions qui n’en étaient pas…
    Depuis, on gère le passif, les media jouent avec la corde des graves, c’est vendeur, clivant, flippant…
    Dans les bleds autour de chez moi, le FN fait des scores honorables qu’aucun métèque ne vient justifier.
    On a de vrais problèmes dans ce pays, ils sont justes derrière, les faux…

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    • gaspard
      gaspard dit :

      C’est vrai, je trouve aussi que le texte d’Agnès parle plutôt de la connerie ordinaire. C’est important d’en parler, mais il y a le risque d’enfouir, sous la dénonciation des comportements stupides et moutonniers, d’une part, et sous l’expression légitime d’idéaux républicains, ou chrétiens, d’autre part, le vrai problème grave qui est de l’ordre de la manipulation politique.

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  6. liom
    liom dit :

    Le coup de la tétine, j’aurais refusé, qu’elle sorte d’une bouche d’immigré ou d’un franchouille de « souche », beurk la salive d’un autre…

    Les instits républicains peuvent être aussi cons que les bonnes sœurs. Jusqu’à 4 ans, je me pissais dessus parfois, et l’institutrice m’avait mis une jupe pour me changer et aller dans la cour d’école, j’avais pas du tout apprécié en tant que gamin de 4 ans. Je trouvais ça humiliant.

    Sinon, je me foutais bien de l’origine de mes potes d’enfance, très modestes souvent, portugais, italiens, guadeloupéens, franchouilles péquenots, ou bien fils d’architectes, de dentistes juifs profs de la fac de Paris, de psys issus de l’aristocratie belge reconvertis freudiens…

    Du moment qu’on faisait les cons au foot, sur des vélos, dans les branches d’arbres, à faire exploser des pétards dans des bouses de vaches… l’amitié complice était sauve.

    Moi même, d’origine franco-anglaise, ce sont des gamins de 6 ans qui m’ont fait remarqué que ma mère était anglaise, quand j’avais 6ans, du fait de son accent à la Birkin, ce que j’ignorais complètement. C’est par eux que j’ai compris que je n’était pas tout à fait de « souche ».

    Mais bon, je m’en foutais, vu que la plupart de mes camarades de jeux n’étaient pas de souche non plus, y compris ceux du village d’à côté…et comme je me marrais bien, le problème n’existait pas.

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  7. Sombre Hermano
    Sombre Hermano dit :

    Mon père avait été rappelé en Algérie en 1956 à 24 ans juste avant de se marier. C’était pour des missions de pacification comme cela se disait à l’époque. De là-bas, il avait ramené la dysenterie, des crises de paludisme et des traumatismes liés à la guerre mais sur lesquels on ne mettait pas de noms en ce temps-là. Jusqu’à la fin de ses jours, il avait dormi avec un revolver chargé dans son chevet. Pour nous, ses enfants, l’Arabe était l’archétype de la menace, de la fourberie, de la cruauté. Les premiers que nous vîmes dans ma cambrousse venaient pour travailler dans une usine qui fabriquait des meubles et cette usine les employait parce qu’ils coûtaient moins chers que les salariés français lesquels Français pointaient du doigt tous ces sales « bicots » qui leur volaient leur travail.
    Le racisme s’incrusta donc durablement dans cette famille et y survit encore dans la génération des petits enfants de mon père, les enfants de mes frères et sœurs. Quant à moi, j’étais arrivé à déceler quelques rares éclairs de lucidité chez le paternel et y trouver quelques pépites d’une grande générosité. Il nous faisait (rarement) des récits émouvants de son séjour forcé dans ce pays qu’il avait su apprécier grâce à plusieurs de ses camarades d’origine algérienne qui se trouvèrent enrôlés dans l’armée pendant cette période de tourmente. Il avait bien décelé le vice fondamental du système colonial, le deux poids deux mesures qui régissaient les relations entre les colons et les pieds noirs d’une part et les Arabes d’autre part. Mes frères et sœurs étaient-ils encore trop jeunes lorsque le vieux nous déballais ses souvenirs ? Toujours est-il que je suis le seul à avoir réussi à guérir de cette peste. Mes enfants en sont exempts également.
    Il n’empêche que je suis resté longtemps dans la peur atavique de l’étranger lorsqu’il avait une peau sombre. Les années lycée et mes fréquentations atypiques ont été pour moi le grand virage libérateur par rapport à cette malédiction et toutes les autres de la tradition familiale. En 1975, j’étais reçu au Bac. C’est l’année où le film « Dupont-Lajoie » sortait en salle.

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  8. saxo
    saxo dit :

    Souvenirs de maternelle et racisme…

    Ca m’en fait revenir un personnel à l’esprit…
    En deuxième ou troisième année de maternelle, l’institutrice a été malade et remplacée une journée par une autre.
    J’en ai gardé le souvenir comme si c’était hier… le petit couloir, les portes-manteau, les classes sur la gauche. Et cette femme, noire, obèse qui venait remplacer notre maitresse…

    Je n’ai simplement pas pu. J’ai fondu en larmes, hurlé, je n’ai pas pu aller dans sa classe (je crois que j’ai fini la journée dans une autre classe). Elle me faisait peur. Elle représentait l’image du « monstre » dans mon esprit d’enfant de 4-5 ans. Ca n’a tout simplement pas été possible, comme, Agnès, toi avec ta tétine.

    L’immense différence d’avec ton exemple, c’est que chez moi, les êtres humains étaient tous égaux, même les garçons et les filles dans le discours de mes parents. Mon père était citoyen du monde, et je n’avais jamais entendu parler de sale arabe ou de sale nègre. Non, ma réaction a été primale, animale.

    Si j’en ai gardé un tel souvenir, c’est que j’en ai eu honte, et que ç’a été fondateur, chez moi, de la compréhension de ce qu’était le racisme (que je n’avais jamais ressenti vis à vis des enfants de mon âge, bien qu’ayant grandi à Orly en banlieue parisienne, jusqu’alors). J’en ai déduis des réponses inverses des tiennes… Le racisme n’est pas forcément la reproduction d’un schéma social imposé par les adultes.

    Il peut être naturel, voire, il l’est. Le prétendre exclusivement culturel c’est refuser de traiter le problème à la base…

    Ce trauma enfantin m’a certainement permis de dépasser ma réaction initiale, et de devenir assez rapidement un anti-raciste militant, m’insurgeant durant toute ma scolarité contre toutes les formes de discrimination. La preuve en est la force avec laquelle je me souviens de l’évènement… Comme toi Agnès, tu te souviens de l’épisode de la tétine (qui est peut-être lui aussi à l’origine de ton revirement).

    Sinon, quelle idée étrange pour des parents, de mettre un petit musulman chez les nones !…

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    • Agnès Maillard
      Agnès Maillard dit :

      Non, pas étrange : j’ai suivi toute ma scolarité en enseignement catholique privé et dans toutes les écoles où je suis passée, il y avait des musulmans. Je suppose que si tu étais musulman et que tu misais sur l’éducation de tes enfants, la seule possibilité, c’était les cathos, surtout dans mon coin. Et de l’autre côté, les écoles privées ne crachent sur aucun argent. Ou alors, encore religions, dans un pays miné par les laïcards… va savoir 😉

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    • liom
      liom dit :

      Je ne suis pas raciste et pourtant j’ai toujours eu du mal avec l’odeur que dégagent les africains subsahariens, et je sais qu’eux mêmes n’apprécient pas forcément nos odeurs corporelles de blancs.

      Une de mes ex, métisse franco-malgache m’avait mis le nez face au problème. Elle était jolie, intelligente, cultivée, de bonne famille… Mais l’odeur de ses cheveux ne passait pas dans mon nez. C’est pas que ça puait, mais je n’y trouvais aucune douceur, c’était étrange, presque répulsif et incontrôlable. Et je m’en voulais de ressentir ça, car elle était adorable si souvent.

      C’est con la vie.

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      • Agnès Maillard
        Agnès Maillard dit :

        Non, ce qui est con, c’est de méconnaître à ce point la biologie humaine : ce qui fait l’odeur, ce n’est pas l’origine des personnes, mais un subtil cocktail entre sa condition physique, son alimentation et sa signature phéromonale propre. En gros, si je bouffe un poulet tandoori, je ne sécrète pas la même signature olfactive qu’après un tourin à l’ail.
        Le deuxième point intéressant, c’est que l’odorat est l’un des meilleurs support mnésique de notre organisme. Et c’est terriblement lié aux émotions. Une note de parfum peut renvoyer illico à un épisode bien refoulé de l’enfance. Beaucoup de gens de ma génération ont par exemple un truc avec la colle Cléopâtre et sa folle odeur d’amande amère.
        Donc, comme tu as une vision racisée des rapports entre les gens, tu as fait le lien entre ton odorat et le fait que ta copine était métis, alors que très probablement, l’un des produits qu’elle utilisait pour soigner ses cheveux avait l’odeur d’un assez mauvais souvenir.
        Rien à voir avec elle.

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        • liom
          liom dit :

          Désolé, mais tu es dans le déni complet. Tes arguments à base de colle Cléopâtre sont juste ridicules en faisant pitoyablement connotation dans la madeleine de Proust. Le pire c’est que tu prétends te mettre à ma place. Tu prétends mieux que moi savoir ce que je sens, ce que j’ai senti, ce que mon nez et mon corps sent, alors que tu n’étais pas là au moment où j’ai senti.

          C’est écœurant cette façon totalitaire de nier le vécu de l’autre au nom de principes bornés sans aucune nuance. Tu te prends pour qui ? Qui es tu pour t’autoriser à me traiter de raciste avec toute cette prétention aveugle ?

          Toi tu as été raciste suprématiste au plein sens du terme dans ton enfance, moi pas. Mes amis étaient de toutes origines, religions et races. C’est parce qu’enfant je n’étais pas suprématiste que j’ai eu des amis de différentes races que j’appréciais en raison de la multiplicité de leurs différences.

          Toi tu es raciste, car tu nies les différences au nom d’un racisme refoulé.

          Je vis dans un environnement cosmopolite avec de multiples nationalités, pas comme toi qui vit dans le gers. Je fréquente en permanence des individus de races différentes et ça ne me pose aucun problème, j’apprécie au quotidien toute cette variété et je n’ai pas besoin de dénier la variété pour me donner bonne conscience.

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          • Agnès Maillard
            Agnès Maillard dit :

            Être raciste, c’est juste réduire la personne ou le groupe de personnes en face à une seule caractéristique censée expliquer et décrire tout ce qu’elle⋅s est⋅sont (tempérament, aptitudes, caractère, capacités, etc.)
            Tu as des problèmes de nez et ta seule variable explicative, c’est la « race » de l’autre. Tu ne cherches pas une seule seconde ailleurs, sous la force de l’évidence de ta lecture du monde.

            Pas moins raciste que les petits cons qui disaient « tiens, ça pue la rousse, ici ».

            Quand à mon racisme d’enfance, il n’avait rien de « naturel« , comme je l’ai décrit et que tu as fait semblant de ne pas lire : on m’a appris que Soufiane était « différent », on m’a appris qu’il fallait l’éviter ou que s’il y avait des poux, c’était forcément de sa faute. C’était du conditionnement social, familial dans une époque très porteuse pour ce genre de pensée.

            C’est vrai que dans le Gers, il y a l’apparence d’une moindre diversité. Visible. C’est toujours à cela qu’on revient. Mais comme je le racontais aussi, c’est pas grave : si ta différence n’est pas évidente parce que non inscrite sur ta figure, on trouvera toujours autre chose pour créer des catégories excluantes : les Inglishes, les Gitans, les Cassos (si, si, je vous jure, ici, c’est considéré comme une race à part), les Landais ou même les gars du village du haut contre ceux du village du bas…

            Dernièrement, il y a eu des bagarres chez les rugbymen, ce qui est assez courant dans le coin. Mais il y a eu psychodrame parce que ce sont les Wallissiens qui ont gagné aux poings (ah ben si, y a de la diversité chez les bouseux ignorants!!!). Et là, c’est bien ressorti de dessous le boisseau : la sauvagerie, la barbarie.
            Comme en 40…

          • saxo
            saxo dit :

            Je rebondis juste sur:
            « Quand à mon racisme d’enfance, il n’avait rien de « naturel » . »

            Comme je le dis dans mon intervention, le mien l’était.
            Du moins, l’inconnu et la difformité pour un môme de 4-5 ans, apparaissent comme monstrueuse.
            Ca n’a rien de choquant en soit. Pour le coup, l’éducation permet aussi de dépasser ces peurs.

            à titre d’exemple, lorsqu’on présente des visages dissymétriques, ou grotesques à des nourrissons, ils réagissent (dans la plupart des cas) par la peur et le rejet, alors qu’ils réagissent positivement ace à des visages « équilibrés » (si je puis dire)… C’est étonnant, mais c’est le résultat que des expériences qui ont été menées sur le sujet ont montré.

            Ceci dit, je ne fais pas allusion ici aux préjugés que tu pouvais avoir sur le petit Soufiane. Je pense qu’entre enfants, la conscience de différence est beaucoup moins marquée (dans mes souvenirs de toute petite enfance, je n’ai eu de rejet d’aucun enfant, seules des physionomies d’adultes ont provoqué un effet de rejet chez moi).

          • Bracam
            Bracam dit :

            Impressionnante violence, Liom. Qui montre que même si on résolvait totalement la problématique du racisme, si on lui coupait les racines, la violence croîtrait, celle que le langage actuel ne cesse de nous vendre sous le mot de « haine » à toutes les sauces (tandori ou pesto), les massacres continueraient dans cette humanité incapable. Internet est un fascinant révélateur de notre purulence haineuse.

            Cependant, je vous lisais dans vos messages du 23 et du 24 mars, et je me disais : voilà un autre point de vue, qui m’interpelle, me heurte à certains égards, mais cette question du racisme est si grave, si diverse, si intime pour celui qui s’interroge : que dire qui ait du sens ?

            Agnès, qui nous accueille ici avec un texte admirable (et dont on peut discuter, qu’elle peut expliciter encore) a son approche toute personnelle. Est-elle chez elle, elle est chez celui qui voudra bien l’accepter. Je suis atterré de la manière dont je vous vois lui trancher la tête. Quelle explosion de rage aveugle pour des propos que nous avons peut-être tous lu comme ceux du pur débat d’idées.

            Vous me faites aussi peur que Saxo dit avoir été épouvanté par la remplaçante de son institutrice. La différence dramatique ? Vous n’avez plus 5 ans, ni moi, et là je me permets de vous interroger : vous est-il possible d’appréhender la peur que vous pouvez inspirer, la violence que vous pouvez entretenir ou susciter alors que vous nous faites part de la douleur de l’exclusion et de la violence ? D’en tirer un parti utile dans le contexte d’ultra agressivité qui s’installe toujours plus aujourd’hui ?

          • saxo
            saxo dit :

            Salut Bracam,
            Tu n’as nulle raison d’avoir peur de mon propos. 🙂 .
            Je témoigne ici d’un souvenir de toute petite enfance, pour dire que la différence peut naturellement être perçue comme une monstruosité la première fois qu’on y est confronté.

            Avoir peur de cette réalité n’a pas vraiment de sens.

            Mon témoignage n’est là que pour relativiser le 100% culturel (de la discrimination raciste)… La peur primale et animale de la différence existe, simplement elle se résorbe très vite, pour peu qu’on réalise que ce qui est perçu comme une différence est infime au regard de ce qui nous unit.

            Il existe deux sortes de racismes (et même plus, mais je me cantonnerai à ces deux là), celui que je décris (la différence perçue comme monstrueuse la première fois qu’on y est confronté) et celui qui se nourrit des préjugés, bien plus culturel celui là, évidemment.
            Il n’est d’ailleurs pas dit qu’originellement, le deuxième ne découle pas du premier…

      • Agnès Maillard
        Agnès Maillard dit :

        En fait, si, liom, tu es raciste : tu n’as même pas envisagé une seule seconde qu’il pouvait y avoir une autre raison à cette histoire de cheveux que ce qu’elle est.
        Si quelqu’un a les cheveux qui schmoutent, le premier truc auquel je pense, c’est le shampooing, le produit coiffant ou alors, d’être resté dans un endroit odorant.
        Pareil pour ton histoire d’Africains, c’est complètement absurde. J’ai vécu dans des tas d’endroits, avec des tas de gens : chaque ville, chaque rue, chaque maison a une odeur qui lui est propre. Pareil pour les humains. Même les clébards savent ça.

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        • ti suisse
          ti suisse dit :

          (‘entre religions..’ oui, vrai qu’ils éprouvent -encore (je taquine!) qql bienveillance coreligionnaire; cool d’ailleurs, aussi flagrant à l’étranger, normal je dirai, bonsoir Agnès)

          voiloù, on a tous un point commun: le préjugé hérité ! (né en 54) ah! copieuse ma mémé.. x générations en pauvre paysanne mais du syndrome qui aime le Seigneur le puissant, alors une belle auto (‘situation’) mais pas ceux de sa condition sinon de la-même vallée et encore !
          Sémite et coloré, vin diou l’image.. sauf les esquimaux ?! l’hébraïque qui crucifia le nudiste, le bronzé (quelle idée !) voleur, violeur, assassin, l’anthropophage ou le sarrazin.. ça traverse la haine l’aversion, alors s’échoue sur la trouille, alimentée par l’ignorance; basic,

          « c’est où l’obscurité ? » tu ne peux pas te gourer, inratable: éteindre la lumière et Hop! en plein dedans (au chaud, paisible)
          ..rien n’a vraiment changé, bagage originel pas trop bougé, moins bigote l’époque peut-être, je ne sais pas vous mais l’africain je l’ai tjs su et connu sale.. a la casa de mi papa et mama..
          l’anecdote, tout gamin à la vue de mon premier black, réparateur du lave linge à la ferme de toutes mes vacances (tiens, ‘mouton noir’ offre un singulier point de vue) alors lui dis: « Mr Banania ! »
          on a bien rigolé, la tata aussi; elle, est normale,

          ils ne se lavent pas.. sauf -les milliers, ceux que j’ai rencontré, aussi en Afrique où mon premier passage dura 11 mois, dessous le tropique du Cancer, et vachement doué, et constant ! qql surprise, forcément.. cf. nourri de partial présomption, sans compter (nous, perfide* ?!) notre réputation non usurpée.. pas très savon le frouze, résistance oui, au coton tige et brosse à dent.. no souci, ça s’améliore,
          /l’anglais* dénonce la radinerie de l’écossais pour masquer la sienne

          l’arôme ça m’va, ni difficil, pour l’altérité, l’empathie (et patata) c’est sûr qql effort bienvenue et nécessaire.. pas aisé de rompre avec une ‘idée toute faite’ (au chaud, paisible) c’est confort la certitude -entre ‘autres’, la vanité en standing, gratifiante, valorisante prétention, un rang à tenir ! prestige, allez, de la superbe et au lit ! un bec

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        • liom
          liom dit :

          Mais non, mais non, je ne suis pas raciste, faut arrêter le Godwin crétin.

          Ces histoires d’odeur ne sont pas uniquement liées à des cosmétiques ou à la bouffe. Elle mangeait les mêmes aliments que moi.

          C’est complètement idiot de penser que le génome n’existe pas et n’intervient pas dans les sécrétions hormonales, et de le dire n’est pas raciste, pas plus que de dire que la peau est plus ou moins sombre en raison de l’adaptation lamarckienne aux conditions environnementales.

          Quand à 10 ans j’avais été dans l’appartement HLM de mon pote guadeloupéen où sa famille de 10 personnes vivaient, j’avais été saisi du nez par l’odeur forte qui y régnait, et l’appartement était propre.

          Je trouve tout à fait stupide de dénier ses sensations olfactives sous prétexte d’anti-racisme. Les races existent, c’est totalement con de le nier. Elles existent de façon naturelle, parce que l’humain s’adapte et est sélectionné par l’environnement naturel pendant des millénaires. Ça ne signifie en aucune manière qu’une race est supérieure à une autre, ça signifie qu’une race est mieux adaptée à son environnement selon le degré d’ensoleillement et d’autres paramètres.

          Un suédois aura des problèmes de peau au Sahara, un sénégalais aura des problèmes de vitamine D en Suède.

          Nier les particularismes biologiques relève de la pure saloperie idéologique qui voudrait lisser toutes les nuances du monde, un stalinisme égalitariste à coup de bulldozer.

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          • saxo
            saxo dit :

            Liom : « Les races existent, c’est totalement con de le nier. »
            (et c’est totalement con de l’affirmer)

            Quelle affirmation péremptoire… des caractéristiques humaines existent, oui, couleur de peau , taille, cul rebondi, couleur et texture des cheveux, et on pourrait en citer autant qu’il y a de séquences géniques.

            Classer les individus par « race » selon qu’ils sont situés à cette intersection de caractères plutôt qu’à cette autre, c’est simplement faire passer leur humanité au second plan. Bientôt, tu vas nous créer des pures races et des bâtards. Et que tu le veuilles ou non, hiérarchiser les individus.

            C’est pourquoi on ne parle pas de « races » dans l’espèce humaine. Pour ne pas créer de clivages artificiels au sein desquels les individus vont se communautariser.

            Faut être raciste pour décréter l’existence de races, précisément.

            Wikipédia l’explique mieux que moi : « La notion de race humaine est employée pour établir des classifications internes à l’espèce humaine selon des critères morphologiques ou culturels1,2,3. Le concept de « race », qui n’est plus utilisé pour la taxinomie du vivant, a été appliqué à partir du XIXe siècle pour distinguer des groupes humains selon des critères arbitraires4 (religion, nationalité, couleur de la peau, origine géographique…). Il est employé par des idéologues racialistes4 ou des acteurs politiques promouvant une idéologie raciste.

            Les études scientifiques, fondées depuis le milieu du XXe siècle sur la génétique, ont montré que le concept de « race » n’est pas pertinent pour caractériser les différents sous-groupes géographiques de l’espèce humaine car la variabilité génétique entre individus d’un même sous-groupe est plus importante que la variabilité génétique moyenne entre sous-groupes géographiques5,6. Le consensus scientifique actuel rejette en tout état de cause la présence d’arguments biologiques pour légitimer la notion de « race »7, reléguée à une représentation arbitraire selon des critères morphologiques, ethnico-sociaux, culturels ou politiques8, comme les identités9. »

            Donc, oui, Liom, tu es raciste (après, t’as droit de l’être, faut pas non plus refuser ce que tu es).

          • Agnès Maillard
            Agnès Maillard dit :

            Oui, c’est le choix arbitraire de quelques caractéristiques physiques pour expliquer tout le reste.
            Au lieu de la couleur de la peau, on aurait pu choisir celle des yeux : la race des yeux bleus, c’est tous des branleurs; les yeux verts puent, c’est bien connu…
            C’est d’ailleurs pour cela que les blagues sur les blondes sont non seulement sexistes, mais aussi racistes dans leur fondement intellectuel : réduire une population à une seule caractéristique physique commune censée expliquer l’ensemble de ses comportements et aptitudes!

        • smolski
          smolski dit :

          Je pense qu’il entre une histoire de phéromones plutôt que d’odeurs suspects entre les individus et non entre les peuples (que je préfère à race). liom y est semble-t’il plus particulièrement sensible, je ne vois pas d’histoire de dominant/dominé dans ce qu’il rapporte ici.

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          • Agnès Maillard
            Agnès Maillard dit :

            Le problème n’est pas sa perception, mais l’interprétation qu’il en fait : elle pue des cheveux, c’est parce qu’elle est malgache. Point.
            Alors que tu as : elle pue des cheveux parce qu’elle bosse chez MacDo (testé par moi pour vous, marche dans pas mal d’autres endroits), elle pue des cheveux parce qu’elle utilise un après-shampoing qui pue (généralement la variable la plus vérifiée par les faits), elle ne pue pas des cheveux, mais faut que j’attaque une psychanalyse d’urgence, elle ne pue pas de cheveux, c’est juste que je ne l’aime plus…

          • smolski
            smolski dit :

            @Agnes :
            OK. Effectivement, qu’on le veuille ou non :

            « Toutes les explications exclusives à une communauté sont inévitablement racistes. »
            Said Bouamama

  9. Swâmi Petaramesh
    Swâmi Petaramesh dit :

    Magnifique article Agnès. Chapeau bas à la personne qui écrit cela, pour le fond, la forme, et encore davantage pour la profondeur.

    Répondre
  10. Samson
    Samson dit :

    Merci pour ce très beau texte!

    Dans l’école de mon enfance, faute d' »étranger » il y avait dans ma classe un garçon obèse. Et le grand jeu dans la cour de récréation consistait à jour après jour lui tourner autour en le traitant de « gros plein de soupe » sous l’oeil indifférent des instituteurs!
    Il ne réagissait pas, mais je me souviens m’être un jour demandé ce qu’il ressentait ou ce que je ressentirais à sa place : sans pour autant me rapprocher de lui, j’ai dès lors refusé de continuer à participer à de tels « jeux ».
    Encore aujourd’hui, je ne me sens pas très fier de ce souvenir dont j’ai depuis, peut-être à tort, gardé la conviction que la pire des cruautés est « innocente », enfantine.

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  11. Aude
    Aude dit :

    très joli texte même s’il est cruel.
    mon fils a dans sa classe des enfants d’origines diverses. il aimerait bien « être aussi bronzé que son copain qui a du passer beaucoup de temps au soleil » ou « c’est rigolo car Léa elle peut fermer les yeux très vite ». Tant que ces différences sont « positives », je le laisse dire ce genre de choses sans intervenir.
    en petite section la maîtresse leur avait fait chanter cette chanson
    http://paysdesreves.free.fr/peu_importe_la_couleur.php
    mais je n’ai pas l’impression que ce soit quelque chose qui les interpelle tant que ça et l’important au fond c’est qu’ils grandissent ensemble et le reste (la tolérance, …) viendra tout seul (enfin j’espère)

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  12. Un Dominicain
    Un Dominicain dit :

    « nous n’étions jamais que de pauvres gosses ignorants, les jouets d’un monde fondé sur le rejet et l’entresoi. »

    des créatures potentiellement pleines de vices dans une école religieuse.
    vous étiez chez les bonnes sœurs…

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  13. herve_02
    herve_02 dit :

    Quel texte, qui tombe pile poil entre les 2 tours d’une élection dont la seule porté politique est « le fn c’est vraiment des fachos pédophiles racistes limite nazis ».

    Moi j’ai pas cette chance, j’ai aucun souvenirs d’enfant d’avoir pu cliver suivant les nationalités, je ne me souviens que de potes sans me rappeler s’ils étaient blancs ou noirs ou gris (mickael ?). Mais on assiste à une volonté d’uniformisation (mme/mlle) (mme,m.), on ne peut pas distinguer les gens selon leur peuple (on est tous pareils, pas égaux, pareils). C’est flippant. Dire que les orientaux ont plutôt les yeux bridés c’est racistes, les noirs les cheveux crépus aussi. Bientôt il sera raciste de faire remarquer qu’une femme n’est pas faite pareils qu’un homme.

    Le pire de tout c’est que le but n’est pas de nous faire sentir amis avec tout le monde, c’est juste de nous habituer à lisser nos différences pour nous fondre dans un monde ou il n’y a plus d’individus, mais des remplaçables car on est tous pareils.

    Moi ça me fait flipper.

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