Le socle commun des autodidactes

Nul n’est censé ignorer la loi. Mais nul n’est censé l’enseigner au citoyen non plus.

L’autre jour, je tombe sur une étude qui explique que les filles bonnes élèves sont mal préparées à la vie active. Personnellement, je pense que rien dans le système scolaire ne nous prépare à entrer dans la société, qu’il s’agit de deux mondes étanches qui se regardent en chiens de faïence. Bien sûr, je pense que l’étude en question cherche surtout à retourner la chaine de causalités entre le fait que les filles réussissent bien mieux que les garçons à l’école et qu’elles continuent à se taper des strapontins dans la vraie vie, mais cela ne doit pas squeezer la question de fond qui est : à quoi sert l’école ?

Le socle commun de connaissances, de compétences et de culture présente ce que tout élève doit savoir et maîtriser à la fin de la scolarité obligatoire. Il rassemble l’ensemble des connaissances et des compétences indispensables, qui lui permettra de s’épanouir personnellement, de développer sa sociabilité, de réussir la suite de son parcours scolaire. La maitrise du socle est attestée par l’obtention du diplôme national du brevet (DNB). Entièrement revu avec la contribution des 800 000 enseignants, le nouveau socle est soumis au CSE le 12 mars 2015.

via Collège : mieux apprendre pour mieux réussir — Ministère de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.

Vue d’ici, la énième réforme de l’Éducation nationale — même s’il s’agit, comme d’habitude, bien plus d’un petit coup de ripolinage sans grande vision d’ensemble — vise à préparer l’élève à réussir à l’école. Ce qui est bien. Mais notoirement insuffisant.

Je me souviens encore de mes premiers pas dans la vraie vie, celle que nous appelons la vie active, même si elle se résume pour de plus en plus d’entre nous à gratter aux portes en espérant pouvoir un jour coincer un pied dans le chambranle.

Quand je me suis retrouvée maitresse de mon destin, pourvue d’une bonne éducation parfaitement réussie, j’ai juste eu l’impression d’être propulsée dans un film de science-fiction. Parce qu’en gros, rien de ce que j’avais appris jusqu’à ce jour ne m’était vraiment utile, alors que tout ce que j’avais absolument besoin de savoir me faisait cruellement défaut.
Je ne savais pas, par exemple, qu’il fallait signer un contrat de travail avant de bosser. C’est ballot, hein ? Je ne savais pas non plus comment on loue un logement, quelles sont les règles d’un bail. Je ne savais pas gérer un budget. Je ne savais pas négocier. Faire mes courses. Équilibrer mon alimentation. Cultiver mon réseau.

Bon, ce n’était pas aussi catastrophique que cela : je savais cuisiner les œufs et les pâtes — très mal, certes — ce qui était déjà un meilleur départ que pas mal de mes copains. Un ami m’a raconté que le premier jour qu’il s’est fait cuire du riz, il ne savait pas qu’il fallait mettre de l’eau. Il connaissait la formule et la procédure pour produire de la nitro, mais il ne savait pas se faire cuire un œuf… Il faisait pourtant partie des 1% les mieux éduqués de France.

L’école de la vie et la vie de l’école

Après, il arrive que l’école s’ouvre à la société, mais rarement dans le sens d’améliorer les compétences de futurs citoyens à surnager dans la jungle. Ainsi, après avoir ouvert l’école aux entreprises, voilà qu’on y admet les banquiers. Comme dirait l’ami Fontenelle, c’est assez cocasse. On envoie déjà les gamins en stage sans seulement leur apprendre le minimum syndical sur le droit du travail. On va à présent leur expliquer que l’épargne c’est bien, sans rien leur apprendre de la gestion simple d’un budget.

Comme d’autres avant moi, j’ai appris à la dure ce que l’école et mon milieu ne pouvaient me transmettre. Je me suis faite entuber par mes patrons, mes proprios, l’administration; j’ai acheté de la malbouffe parce que je n’avais pas d’autre éducation que celle de la télé; je me suis presque retrouvée en faillite personnelle parce que j’ignorais comment gérer un budget, l’intendance, ce genre de choses. Et j’ai appris après une décharge et un bond de trois mètres qu’il ne faut jamais tenter de réparer un appareillage électrique avant de l’avoir débranché.

Par ailleurs, notre société dépense des fortunes à soigner l’obésité galopante, à faire des pubs contreproductives pour faire bouger les gens en mangeant moins, à gérer les dossiers de surendettement. Les tribunaux débordent de contentieux qui abordent essentiellement des problèmes de logement, que ce soit dans le locatif ou avec les relations de voisinage. Et la vie de l’entreprise, pour tous ceux qui y débarquent, ressemble terriblement à un sport de combat.

Bien sûr que les savoirs pratiques s’acquièrent tout au long de la vie, mais pourquoi diable ne sont-ils jamais abordés à l’école et au collège, au moment où l’ensemble des gamins est scolarisé et où l’on pourrait facilement compenser les différentes déficiences familiales ? Parce qu’école se vit comme une enclave dans le monde contemporain, comme une sorte de sanctuaire dédié aux savoirs nobles ?

On ne va pas faire de chaque gamin un juriste en puissance, mais effectivement, ce serait bien si, en sortant de l’école, nul n’ignore plus ce qui l’attend. Ou tout au moins, qu’il dispose des outils suffisants pour savoir apprendre tout au long de la vie.

123 réponses
  1. Jack Alanda
    Jack Alanda dit :

    Peut-être aussi que l’école ne peut, et surtout, ne doit pas tout ? Compenser les déficiences familiales, certes, mais le but premier n’est-il pas de justement dispenser un socle de connaissance commun pour permettre à tout un chacun de se dépatouiller ad minima ? L’école ne peut ni apprendre à faire cuire du riz – j’ai aussi la variante d’un mec qui a mis des spaghettis dans une poile – ni remplacer l’expérience. Et ce que tu évoques qui te faisait le plus défaut à vingt ans, seule l’expérience l’apprend.

    D’autant qu’ajouter certains savoirs pratiques aurait pour conséquence de supprimer ici ou là quelques heures de français, de sciences humaines ou autres trucs déjà devenus trop peu rentables économiquement.

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    • babelouest
      babelouest dit :

      On peut fort bien supprimer l’anglais….. et insérer ces données à la place. Vu le niveau de langage qu’ont les élèves en fin de parcours, ce serait un gain appréciable, sans rien sacrifier d’autre.

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  2. smolski
    smolski dit :

    Pour ce qui est de ce qui concerne cuisine et contrats divers, tout cela est sur internet maintenant et donc beaucoup plus accessibles. Pareil pour la gestion d’un budget avec un tableau informatique.

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  3. liom
    liom dit :

    Quelques bases dans ces domaines peut être utile, mais je doute même que beaucoup d’enseignants les maitrisent, en particulier les contrats du privé qu’ils n’ont souvent jamais vu de leur vie, étant passés du statut de fonctionnaire élève à fonctionnaire enseignant.

    Pour la cuisine et diététique, quelques bases succinctes suffisent, on trouve toutes les recettes sur ternet ou les bouquins, c’est quand même pas sorcier de cuisiner correct sans être un chef.

    Et puis, faut un peu arrêter de croire que l’école est censée tout apprendre, ça devient scolaire comme approche. La famille, les amis, les clubs, les mooc et associations ça existe aussi pour apprendre.

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    • Agnès Maillard
      Agnès Maillard dit :

      C’est la hiérarchie des savoirs que je critique et cette manière qu’elle a de favoriser certains types de savoirs qui n’auront d’utilité que pour 10 ou 20% des apprenants mais surtout qui permettront de sélectionner.
      Ce que je critique aussi, c’est le fait de renvoyer vers les familles (ou le manque de famille) pour des apprentissages essentiels pour la vie en société ensuite, parce qu’il s’agit là d’une terrible machine à reproduire les inégalités.
      Laisser l’apprentissage de la nutrition à la sphère familiale, c’est juste permettre la reproduction des pratiques néfastes et aider à l’épidémie d’obésité. Cela devient ridicule quand on dépense des sommes folles pour intimer aux gens de bouffer des fruits et des légumes sans leur donner le savoir pour le faire. On doit en être à la troisième génération de mangeurs de bouffe industrielle dont l’effort culinaire est d’ouvrir la boite et de réchauffer au micro-ondes.

      On imagine aussi comme les gosses de surendettés ou de chômeurs ou de RSAstes vont bien apprendre dans leur famille comme gérer un budget ou comment négocier un contrat.

      On fait entrer les tablettes dans les écoles, mais on apprend pas à faire respecter ses droits les plus élémentaires… C’est très contradictoire.

      Quand j’étais gosse, même si c’était pourri, on avait l’EMT (éducation manuelle et technique) et même si j’ai trainé des pieds, j’ai appris vraiment la super base de la cuisine ou du bricolage… et ça me sert encore.

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      • Ellepassejuste
        Ellepassejuste dit :

        je suis assez surprise et choquée de votre réflexion sur les enfants de surendettés et des parents bénéficiaires du RSA.

        Est ce parce que l’on a très peu de revenus que les parents ne sont pas capables d’éduquer leurs enfants en leurs expliquant comment gérer ce minimun ? Au contraire je pense qu’ils ont beaucoup plus attentif car le moindre dérapage c est la coulée nette!!!

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        • Dragon Rouge
          Dragon Rouge dit :

          Pour faire court,

          Je suis surpris moi aussi de voir les chômeurs, surendettés et RSAstes mis dans le même sac et caricaturés de la sorte.
          Sur le fond, je suis en désaccord :
          l’école devrait certes jouer davantage son rôle de lutte contre les inégalités sociales en donnant à chaque élève la possibilité de refaire un parcours d’apprentissage autant de fois que nécessaire jusqu’à l’objectif de connaissance soit acquis – sur le sujet, je renvoie à cette excellente intervention de Bernard Ogilvie : http://www.notremonde-lefilm.com/webdoc.html#fiche/38
          Et il n’est pas souhaitable d’ouvrir en grand les portes de l’école aux banques et aux entreprises, sous prétexte d’ouverture au monde. L’école est – certes de moins en moins efficacement – le lieu où ne ce sont pas encore totalement engouffrés ces promoteurs de l’idéologie néolibérales que les banques et les grosses entreprises. Si on laisse entrer la banque dans l’école, autant aussi y laisser entrer le MEDEF.

          Entre autres liens, il faut voir aussi (ou revoir) cette vidéo « Incultures » de Franck Lepage sur l’éducation, particulièrement les 20 dernières minutes : https://www.youtube.com/watch?v=ACxRSSkYR_k
          où il explique le rapport des connaissances à l’employabilité, les supposés liens entre réformes de l’école et réduction du chômage, du « marché éducatif » dont l’UE a des visées de privatisation à très court terme.

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          • Agnès Maillard
            Agnès Maillard dit :

            Par contre, je suis contre l’ouverture de l’école aux entreprises et surtout aux banques, mais j’ai dû mal l’écrire pour que vous puissiez penser que je suis pour.

        • Agnès Maillard
          Agnès Maillard dit :

          Vous avez raison. La plupart des gens qui rament sous les seuils de survie sont des ingénieurs en gestion, parce qu’il n’y a pas grand monde qui arriverait à faire aussi bien avec aussi peu. Je pensais à eux en terme d’inclusion.
          J’ai donc bien tout mélangé.

          Je pensais à des familles qui ont une tendance au surendettement juste parce qu’ils n’ont pas appris à gérer des revenus somme toute suffisants et surtout, parce qu’ils n’ont pas appris à se distancier des messages de la société de consommation qui elle, éduque bien trop de gosses depuis le berceau à la satisfaction immédiate de tous leurs désirs.

          Je pensais surtout à des gens impécunieux qui sont donc dans l’incapacité d’apprendre à gérer un budget à leurs enfants et ce serait terrible de laisser se perpétuer des lignées d’endettés.

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        • Eugène
          Eugène dit :

          non il n’en sont pas capables car c’est impossible.
          C’est bien simple seul celui qui en a chié pour gagner son blé peut prétendre être économe.

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  4. SEN
    SEN dit :

    Bonsoir ,

    Vous le savez déjà : votre sujet ne fera pas le buzz . Ce sujet est tellement important que très peu le considérerons comme tel. Il est fondamentalement « politique » (stricto sensu) . Il bouscule l’éducation nationale et surtout l’éducation tout court . Il explose cette société , la bien pensante plan-plan (ce que j’appelle la connerie).

    Car qu’est-ce que l’éducation sinon de préparer ,expliquer , ouvrir au monde dans lequel les enfants auront à vivre ? Après , seulement, ils réfléchirons à la politique .

    Je vais parler maintenant de ce que je connais : l’électricité et les contrats .

    Nous vivons dans un monde où l’électricité est centrale : indispensable , nucléaire , omnipotente ….
    Je suis (depuis longtemps) effaré de voir si peu de gens capables d’expliquer ce qu’elle est !!! École ou pas . (Ben ouais Agnès faut débrancher mais ça suffit pas toujours ….. Faraday vous expliquera )

    Nous vivons dans un monde où les contrats sont centraux : qui sait qu’acheter une baguette est un contrat ? je dirais même un contrat synallagmatique pour faire mon malin , moi qui n’ai pas le bac 😉

    Vous parlez d’autodidactes et j’en suis un (sans prétention : de concours !) alors votre sujet m’intéresse : cette école m’a fait perdre beaucoup de temps . Alors j’ai fais mon job , je suis un petit artisan et j’ai eu des apprentis durant + de 15ans et aucun n’est parti sans savoir ce qu’était l’électricité et surtout ce qu’est un contrat , que certains ne sont pas légaux , que même si tu signes tu n’es pas une « merde » et que tu peux exploser le gros escroc , j’ai expliqué comment .
    J’ai expliqué aussi que si je sais beaucoup plus de choses qu’eux cela ne me rend pas supérieur à eux : leur vie a autant de valeur que la mienne , voire plus .

    Si le conseil général avait su ça j’aurais perdu mes primes d’apprentissage ??

    Maintenant concernant votre « socle commun des autodidactes » , je ne vois pas vraiment ce que nous avons en commun sinon un reflux gastro-oesophagien à l’écoute du mot « éducation ».

    Belle vie à toutes et tous .

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      • SEN
        SEN dit :

        @Eugène
        Je m’interroges : que penser de votre commentaire ?

        Votre intention est-elle ? :

        – de relayer la propagande dieudo-soral?
        – de troller sur mon commentaire pour le noyer ? Mauvaise pioche : c’est pas fesses-book ici.
        – de nous faire rire en nous présentant un extrait de votre autodidactisme ?
        – de passer pour un âne et de nous faire , après , du victimisme .

        Votre explication sera bienvenue mais ne suscitera , j’espère aucun commentaire, car , je n’en doute pas , on serait dans le « feed the troll » sinon. Pour moi c’est « plonk ».

        Bon courage .

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        • Eugène
          Eugène dit :

          dans le nord, les fonctionnaires de l’éducation nationale n’ont pas de contrat.
          Ils passent un concours qui prouve leurs compétences avant d’acquérir une longue expérience et faire un long service.
          est-cela que vous appelâtes  » une prétention de concours » ?
          attention hein…

          Répondre
    • Agnès Maillard
      Agnès Maillard dit :

      Non, Sen, je n’ai pas de soucis avec l’éducation et je reste contente d’en avoir eu une. Cela dit, je ne suis pas certaine de la physique nucléaire soit indispensable à apprendre au lycée, alors qu’effectivement, en savoir un peu sur la nature d’un contrat m’aurait aidé toute ma vie.
      J’ai beaucoup aimé les maths, mais avec le recul, je me rends compte que les maths qu’on m’a enseigné au collège et au lycée avaient plus pour fonction de trier et sélectionner les gens que de leur être utile, sauf pour les études d’ingénieurs et quelques autres carrières scientifiques, ce qui ne concerne qu’une minorité des apprenants.
      De la même manière, je regrette qu’il faille attendre l’université pour commencer à avoir de notions de psychologie sociale, alors qu’il y a là un socle de savoir utile pour vivre en société, quelque soit le boulot choisi plus tard.

      En gros, je reste convaincu de l’absolu nécessité de l’éducation publique, y compris avec tous ses défauts, parce que cela est 100 fois mieux que les autres systèmes où l’éducation est réservée aux gosses de riches. Par contre, je pense qu’elle reste hautement perfectible, à commencer par sa logique de hiérarchie des savoirs.

      Et je suis aussi très autodidacte dans plein de domaines, parce qu’une fois qu’on a les bons outils, on peut continuer à apprendre toute sa vie.

      Sinon, je dois ma survie de gosse de 10 ans au fait que je portais des écrase-merdes à semelles très épaisses, très à la mode à l’époque.

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      • saxo
        saxo dit :

        @ Agnès,

         » je ne suis pas certaine de la physique nucléaire soit indispensable à apprendre au lycée »
        Ben moi, je pense le contraire, voire qu’elle n’est pas assez enseignée car réservée aux classes scientifiques.

        Comment peut-on se faire une idée « assez objective » des intérêts et des dangers du nucléaire, si on ne sait pas de quoi on parle?
        Or, dans la France actuelle, c’est un enjeu de société majeur. Sans avoir de notion de l’atome et de ce que l’on en sait, on va se retrancher derrière l’avis d’experts, que ce soient ceux d’AREVA, ou ceux des Anti-nucléaire, dans un cas comme dans l’autre, on se fait blouser par le parti pris.

        Pour ce qui est des maths, quand elles sont bien enseignées, on apprend qu’il suffit de faire marcher ses neurones (et non sa mémoire) pour être capable de tout retrouver. Et qu’ainsi on peut bâtir des raisonnements éminemment complexes, et solidement étayés. C’est une base fantastique.

        De ce qu’on nous enseigne, rien n’a d’utilité directe, mais tout est fondamental. Moi, je ne comprenais absolument pas pourquoi on me bassinait avec l’Histoire au collège. Vivant dans la société actuelle, qu’avais-je besoin de connaître ce qui s’était passé il y a ne serait-ce que 200 ans?… Il m’a fallu grandir un peu pour me rendre compte de l’importance que cette matière avait pour la compréhension du monde actuel.

        Rien n’a d’utilité directe, donc, mais tout est fondamental. Et tout est passionnant.
        Si tu sais lire, que tu as bien acquis les bases scolaires, apprendre ce qu’est un contrat de travail te prendra à peine quelques heures.
        Sinon, tu seras obligée de te faire assister.

        Tout le temps que l’école passera à t’enseigner le « monde du travail », elle ne le consacrera pas à te rendre autonome.
        Au contraire, elle t’apprendra à devenir un bon petit soldat de la société de production-consomation (comme c’est le cas dans les pays qui nous entourent, d’ailleurs. Notre éducation est taxée d’inadaptée à la vie active, car trop intello, et pas assez pragmatique).

        Pour ce qui est d’apprendre à se faire à bouffer, voire mon autre commentaire… Ce n’est pas à l’école de nous donner des leçons de cuisine. Si on n’est pas foutu de se rendre compte que ça peut servir avant d’être majeur, c’est pas ses parents qu’il faut charger, c’est soi-même…
        Note que les équilibres alimentaires, on les voit en bio (en sciences de la vie, comme on dit aujourd’hui).

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    • Stéphane
      Stéphane dit :

      Bernard, on ne peut chercher que lorsque l’on dispose déjà d’un corpus de concepts acquis qui nous permet de surnager dans la jungle des délires…
      Le web regorge de bêtises en tout genre. Pour que je puisse écrire cela, j’ai du suivre un cursus qui, de la classe sociale d’où je viens, est globalement inaccessible sans tamis universitaire. Toutes les classes sociales ne sont pas programmées pour se débrouiller dans la jungle, que ce soit la jungle de l’information (pertinente ou pas) ou de la jungle du marché du travail, des contrats locatifs etc
      C’est du Bourdieu dans le texte : question d’habitus…

      Le problème est que bien trop souvent, le système éducatif sert à trier plutôt que de former. Après, on peut toujours faire entrer l’éducation populaire dans le jeu. Cela pourrait changer la donne…

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  5. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    En fait, j’ai une vraie question à la con : pourquoi la teneur des apprentissages de base ne serait pas débattue démocratiquement? Le monde évolue, donc ce qu’il y a à savoir pour entrer dans le monde aussi, non? C’est quand même une grosse question de société, non?

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    • 7 Orib!
      7 Orib! dit :

      Ah oui ! le peuple dirait ce qu’il veut…et notre élite politique ferait exactement – mais très démocratiquement –
      l’inverse en nous expliquant qu’on est bien trop con pour savoir ce qu’il faut apprendre à l’école.

      L’école c’est le moule à sardines. Et c’est pas les grosses sardines qui décident dans quel filet finiront les petites.
      (Notez que c’est très différents chez les maquereaux et les morues, espèces principales formant le 1% !)
      Et je me suis laissé dire que c’est l’UE qui décide de la taille des mailles des filets. Je pense donc que très bientôt
      le contenu des programmes scolaires sera aussi décidé par la très démocratique UE.

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  6. laurent [ starting blog ]
    laurent [ starting blog ] dit :

    Autrefois l’éducation nationale c’était le ministère de l’instruction publique. Quand on passe de l’instruction à l’éducation on a déjà franchi un pas. Mais si l’on commence à dispenser des enseignements sur la manière de faire respecter les règles d’un bail ou sur le droit du travail, on ne fera qu’entériner les règles d’un monde où l’on doit être employé ou locataire. Ce qui n’est pas un idéal pas plus que d’être patron ou propriétaire. On ne fera que valider ce qui s’impose à nous comme une fatalité ou pire une normalité (pas d’alternative ). S’il doit rester de la subversion à l’école qu’elle passe par la métaphore des écrivains et philosophes. Votre cheminement intellectuel vous a mené à écrire un blog et à bien raisonner ( non pas comme un tambour ),finalement à mener votre barque.Que serait-il advenu de vous si l’on vous avait expliqué toutes ces choses prosaïques ( comme autant de matières indispensables, en vous les présentant comme allant de soi puisqu’il n’aurait pas été question de les critiquer ), que serait-il arrivé de votre esprit critique ? Vous avez pris des coups de pieds au cul soit ! ce sont eux qui vous ont peut-être fait réfléchir ?

    Répondre
    • Agnès Maillard
      Agnès Maillard dit :

      Qui a dit qu’il fallait abdiquer l’esprit critique? Qui a dit, d’ailleurs que l’esprit critique serait déjà encouragé à l’école?
      Aujourd’hui, j’ai les moyens (le fait d’avoir du temps et d’être vivante) d’éduquer ma fille pour qu’elle ne se fasse pas autant enfler que moi en débarquant dans le monde. Est-ce suffisant? Tant mieux pour elle et tant pis pour les autres? Et puisque je l’ai subi, c’est formateur que les autres le subissent aussi, comme un bon vieux bizutage des jeunes?

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      • ti suisse
        ti suisse dit :

        (aussi l’esprit critique) peut-on dire: l’école, telle les générations, a changé.. ? peut-être pas sa fonction éducationnelle (apprendre etc.) mais adapté au monde (mode) actuel.. nos disponibilités (par ex) sont autres de nos parents. Certes, ‘la femme au foyer’ tendance obsolète, aussi les incertitudes (je pense à la guerre pour faire court; les blocs.. enfin tout un géopolitique et autre réalité ‘marchande’) différentes, toussa.. font que l’école n’est pas celle que l’on a connu.. ainsi nos aptitudes, dispositions, interprétations (oup’s.. désolé, pas très compétent: mes 2 enfants sont grands, +4 et +6, et job dans leur spécialité) alors bonne soirée !

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  7. L'ours
    L'ours dit :

    A l’origine l’expression « nul n’est censé ignorer la loi » signifie que tout le monde doit la respecter. « Ignorer » dans le sens de ne pas respecter et non ne pas connaitre. D’ailleurs qui peut se targuer de connaître la loi, toute la loi?

    Quand à l’éducation, il ne faut pas confondre avec l’instruction. Et l’éducation à un coté formatage indéniable. Une petite anecdote: un jeune élève de l’IUFM lors d’un examen blanc donne à la question « selon vous à quoi doit servir l’école? » à peu près la réponse suivante: « à encourager la curiosité,développer l’esprit d’analyse et l’esprit critique » « Et bien non » se vit il répondre, « l’école doit former les esprits de façon à ce que les individus trouvent leur place dans la société »
    Bref, formater les esprits pour qu’ils deviennent de bons petits soldats, dans les armées, les usines, les banques, etc
    Le jeune élève est devenu libraire…
    Hé du con!

    Répondre
  8. whatever
    whatever dit :

    C’est avec désarois que je dois admettre que l’educ nat en particulier n’est pas faite pour faire des gens autonome mais des spécialistes si possible dans des domaines techniques.
    Si les gens étaient vraiment autonomes et prennaient un peu recul, ils veraient l’absurdité des sociétés occidentales et la première idée qui vient pour changer tout ça est d’éduquer nos gosses.
    Ce qui me sidère d’autant plus, c’est les neuro-machinschoses commencent juste à découvrir ce que Maria Montessori a observé chez les gosses des rue il y a 1 siècles.

    Des façons d’apprendre, il y en a des très bonnes bien plus adaptée qui ont été expérimentée et jamais généralisée….
    Fabriquer des êtres humains autonomes et intelligents… mais quel danger, ma bonne dame. Ici, on fabrique du hamster.

    Répondre
      • Eugène
        Eugène dit :

        un jour une vieille peau de psycho-pédagogue du nord dans le style Brigitte Bardot m’a sorti que si Freinet était aussi connu, c’est parce qu’il était communiste.
        et c’est là que j’ai compris que il fallait se méfier dans le midi car ils sont de droite par là.

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  9. Mirabo
    Mirabo dit :

    Je ne comprends pas… je ne rate pas une occasion d’expliquer tout cela à mes enfants. Où étaient vos parents ? et que diable vient faire l’école dans cette histoire ?
    Il y a peut-être une confusion dans cet article entre éducation et instruction…

    Répondre
    • Agnès Maillard
      Agnès Maillard dit :

      Les carences familiales n’ont pas vocation à se répéter, générations après générations, cela est justement le sens de l’éducation : affranchir des limitations du milieu familial. Comme beaucoup, je n’ai pas bénéficié d’une famille standard pour grandir et si je me suis bien adaptée à l’univers un peu carcéral de l’école, rien n’était prévu pour l’insertion dans le vrai monde. Il ne s’agit pas de formater, mais de donner des outils d’autonomie : ce qui m’a aidée, c’est de comprendre que j’étais inapte et de m’orienter dans les sciences sociales pour apprendre le monde… et le remettre en question.
      C’est juste dommage que nous n’avons pas accès aux fondamentaux du droit ou des sciences humaines plus tôt.

      Répondre
  10. ti suisse
    ti suisse dit :

    (cool Sen/) je vois par qql prof copain que les élèves font des stages (entreprises etc.) ça n’existaient pas, de-mon-temps, m’aurait bien plus.. peut-être..

    (juste exemple) l’anglais, babelouest (pseudo exprès?) c’est du 2° degré hein.. depuis combien de décennies entend-on: « le débuter à la maternelle ! » qu’importe de la francophonie (tant mieux de son ‘existence’) ou de se moquer à raison des nos dirigeants à l’accent digne des « Guignols » (compétence)
    banale réalité: La langue contemporaine; les parents pragmatiques la demande.
    Sympa de les entendre.. Quand ?! les p’tits français, à l’instar de nos (tous!) voisins, alors une certaine aisance, disons autonomie avec le shakes & speare (mon mnémotechnique pour ne pas écorcher William) ?
    vivre avec son temps n’est-ce pas.. et qql avenir (professionnel)

    l’école.. transmission d’un savoir, filer qqls armes, apprendre et advienne que pourra !
    perso « élève intelligent » (ils le disent à tout le monde !) viré à 16 ans
    alors auto et didacte, self made machin..
    papounet: « tu regretteras de ne pas faire d’étude » tu ne m’as pas aidé non plus..
    je verrai à ce moment là.. tiens, « toc-toc » dit la retraite..
    forcément niveau diploume (aucun) .. la rue scolaire et qql bon sens.. anecdote fonctionnelle (?): eu 2 boites (Washington, A’dam) 3 employés zéro faillite ! et bcp voyagé, surtout ces années dites universitaires, alors libre !
    je confirme: ça forme ! enfin, relatif au quartier visité.. Liban n’est pas Antilles..

    pour dire: l’école c’est chouette ! pis la débrouille aussi.. les 2 c’est bien (mieux !) enfin tout est question d’adaptation je suppose,
    le résultat (aïe.. y en faut-il un.. on dirait) appartient à chacun aurais-je du dire à mon père.. sinon, disons savoir faire, doigté, discernement et activité (par ex.) ne sont-ils pas pas innés ?
    l’un ou l’autre (étude, vie active) n’étant qu’un révélateur (acquis?)
    Bonne chance ! à tous !

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    • babelouest
      babelouest dit :

      J’étais très sérieux sur la suppression de l’anglais (et je dis bien l’anglais, pas l’espagnol ou l’allemand) : son utilité est proche de zéro. Quant au pseudo, rien à voir.

      Répondre
      • ti suisse
        ti suisse dit :

        (je garde l’esprit taquin.. pourvu qu’ça dure !) sinon.. vraiment je ne vois pas ‘l’inutilité de l’anglais’.. les arguments favorables et partisans font florès aussi en zappant le rock ‘nd roll..
        ‘suppression’ ?! carrément, diable.. tiens, c’est un fait, les gens, toutes castes confondues (je fais court) le réclament pour leur progéniture, sauf toi disons (tutoiement sans offense of course, et à la conjugaison si pratique !) bref, ma curiosité titillée, pourrais-tu l’apaiser, contenter..? per favor, d’avance merci

        Répondre
        • babelouest
          babelouest dit :

          L'(anglais est la langue des colonisateurs du monde, la langue colonisatrice : autant refuser de s’en servir, non ? Cela implique bien entendu de virer les politiciens actuels qui sont les larbins de ce système. Penser autrement, cela s’apprend dès l’école.

          Répondre
          • ti suisse
            ti suisse dit :

            ahh.. ouf! ça m’va.. je veux dire, moi aussi j’aime bien la contradiction, enfin celle qui m’arrange.. hein comme tout le monde (et sans elle point de raison !)
            l’anglais colonisateur.. je peux me pincer aussi pointer l’aspect réducteur (allez pas chiche: les deux) l’espagnol.. celui de Charles Quint à l’Empire solaire, son fils Philippe II.. l’Europe (presque) qqls Amériques, les Philippines, dont l’opinion des colonisés nous est parvenue.. aïe..
            certes les guerres hispano américaine (Philippines, Cuba; fin 19°) sans massacre on va nulle part.. les allemands, freinés dans leur élan (tant mieux ?!) hollandais, français, portugais.. le russe, tardif ?
            oui, y a de quoi hésiter,
            c’est sûr, quand le monde ‘moderne’ s’exprimait en français (2-3 siècles) rien à se plaindre, dominant c’est chouette ! la main passe, la roue tourne.. faites vos jeux

            bcp de respect pour l’instruction, enseignement et l’enseignant, very noble discipline (et propos de gweb; même si je ne suis ni polémique ni contrariant) Penser autrement ? disons que l’école, sa classe est un endroit propice, opportun .. perso: échec scolaire, qu’importe aussi d’un parcours atypique, j’y appris le principal, prélude de qql équilibre.. le point de vue (question) accompagné de son libre arbitre

            la morale de l’histoire ? aucune idée.. oui du riz à l’occase, sinon plutôt pâtes ! (al dente)

  11. gweb
    gweb dit :

    Comment des parents ne sont-ils pas foutus d’apprendre à leurs enfants à cuire du riz, des pâtes, des légumes? Comment faire la vaisselle, et laver son linge?
    Mais non, c’est toujours la faute de l’école! C’est à elle de combler toutes les carences de la transmission des savoirs, des comportements dans la société.
    Elle récupère tous les enfants, sans distinction, y compris ceux à qui on n’a jamais dit non, auxquels on n’a jamais demandé de s’asseoir correctement sur une chaise, de ne pas monter sur la table, d’écouter et de respecter les autres. Elle leur apprend à tous à différer, se calmer, réfléchir, réfléchir avant d’agir (c’est la géométrie), analyser (il y a un cercle dans un carré), comprendre l’écrit, le monde, ce qui les entoure, et s’exprimer, trouver du sens, vivre ensemble.
    Sûrement, elle fait ça très mal, mais opiniâtrement, jour après jour, c’est ce qu’elle vise, sans effectivement se demander ce qu’il y a derrière le mur de l’école, parce qu’à l’école, les enfants sont à l’abri, dans un univers stable aux règles établies, et c’est le premier me semble-t-il de leurs droits d’enfants. Loin des braillements de la télé, de la séduction criarde de la publicité, des affres de la vie des adultes.
    Ceci dit, vous avez sûrement raison, je vais m’assurer d’ici les grandes vacances que mes élèves savent qu’il faut de l’eau pour cuire des pates ou du riz. J’aurai le sentiment de ne pas avoir failli à la mission que, via votre site, me confie la société. J’aimerais leur apprendre à éteindre une télé aussi, mais hélas, c’est hors de portée.

    Répondre
    • smolski
      smolski dit :

      gweb : « Comment des parents ne sont-ils pas foutus d’apprendre à leurs enfants… »
      J’imagine la tête des parents que vous décrivez là, rugueux, ineptes (dépourvu de sens, qui révèle la sottise), voire barbares !
      Des déchets d’humanité quoâ.
      « L’immigré nous fait peur parce que nous voyons le reflet de notre misère dans la sienne, parce que dans son errance nous reconnaissons notre condition quotidienne : des individus de plus en plus étrangers dans ce monde et à eux-mêmes. […] C’est seulement en regardant mieux notre vie quotidienne que nous pouvons comprendre en quoi la condition des immigrés nous concerne tous. »
      Mutines Séditions : http://mutineseditions.free.fr/index.html

      gweb : « sans effectivement se demander ce qu’il y a derrière le mur de l’école »
      « Un peuple prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité ne mérite ni l’une ni l’autre, et finit par perdre les deux. »

      Il faut reconsidérer les habitants de nos villes et villages, cesser de fantasmer sur les gens et regarder ce que produit notre système social contre nous tous, scolarité comprise, afin de ne pas disperser nos luttes dans une vapeur futile.

      Répondre
    • Agnès Maillard
      Agnès Maillard dit :

      Je parlais de la reproduction des inégalités familiales de manière large.
      Sur la question de la nourriture, je pointais l’absurdité des injonctions de santé publique quand des gamins n’ont effectivement plus accès qu’à de la nourriture industrielle à la maison (et à la cantine, ce qui l’aide pas du tout), pour des tas de raisons, dont le manque de transmission culinaire.

      La reconfiguration des familles et la dislocation des horaires de travail font qu’il y a de moins en moins de temps commun pour les apprentissages dans la famille, sans compter que socialement, toutes les familles ne maîtrise pas les mêmes savoirs et savoir-faire.

      J’ai déjà raconté l’histoire de cette mère abandonnée avec ces trois gosses et qui vit dans un sprint et un épuisement permanent : elle n’a probablement pas les mêmes possibilités de transmission des savoirs à ses gosses que la femme de CSP+ au foyer ou la famille surbookée qui paye cours particuliers, activités épanouissantes et coachs divers à leur enfants.

      Si l’exemple de la nourriture est trivial (encore que l’épidémie d’obésité nous coûte une blinde), je trouve que savoir ce qu’est un contrat ou un budget est vraiment très basique, non?

      Répondre
      • herve_02
        herve_02 dit :

        @monolecte.

        Ce que je n’aime pas trop dans ce texte, c’est que vous mélangez un peu les choses. Vous imaginez que l’école doit être l’école de la vie. Maintenant on ne peut pas apprendre ET la mécanique ET la cuisine (manque de temps), donc on fait cuisine pour les filles et mécaniques pour les garçons ? Oui je suis taquin.

        L’école ne doit pas apprendre à faire cuire des nouilles. Cela a été fait par le passé et c’était une bonne partie (avec la couture) de ce qu’apprenait ma maman. Je ne suis pas persuadé que cela l’a formé à s’émanciper. Maintenant, si on prend le paquet de nouille de base (tous hein ?) c’est CLAIREMENT écrit dessus qu’il faut les mettre dans l’eau bouillante. Alors si les gens ne veulent même pas lire les 3 lignes, l’école ne peut pas grand chose pour eux.

        Quand à supprimer l’anglais, lol. Moi j’aimerais bien qu’on supprime la géographie, je trouve ça inutile.

        Sans le vouloir vous avez été atteinte par la propagande qui consiste à dire que l’école doit préparer au monde du travail. Autant supprimer directement les filières longues et ne garder que des cap en alternance. On choisit en grande section ce que l’on va faire et à 14 ans on est un super plombier : on saura même ou il faut signer le contrat de travail, s’il a pas été supprimé entre temps tellement c’est inutile et une perte de temps car en gros c’est tu bosses et tu fermes ta gueule

        Répondre
          • herve_02
            herve_02 dit :

            je ne sais pas ce qui est arrivé avec l’éclipse parce que je n’ai pas suivi, mais de toute façon en Picardie, l’éclipse n’a même pas été remarquée derrière la couverture nuageuse.

            J’imagine que les profs ou les directeurs n’ont pas voulu prendre la responsabilité de mettre les gamins dehors avec des lunettes en prenant le risque que l’un d’entre eux enlève les lunettes au mauvais moment et perde de l’acuité visuelle. Parce que les parents ont entre 1 et 4 enfants à surveiller et les profs 25-35, et donc la disponibilité par enfant est presque divisée par 10, en temps que responsable je dois avouer que je n’aurais pas pris le risque non plus. Même si cela me désole. Alors oui le mieux aurait été de coller une feuille spéciale sur une vitre bien orientée et de fermer les autres rideaux. Ce serait bien entendu son rôle, mais pour cela il faut des sous. Avec les 95% de la population qui pense que l’école crame déjà trop de poignon, avec l’état qui cherchent par tous les moyens à réduire encore le budget c’est pas gagné. Elle ne s’est pas déconnectée du monde, je pense. Elle essaie de fournir un savoir qui transcende la mode actuelle.

            Bien entendu, et comme je le disais lors de mon expérience de prof en lycée agricole, elle prépare au monde de demain avec les outils d’hier. C’est cela qui vous fait penser à une déconnexion, mais cela vient de 2 choses :
            1 – les profs ne sont pas « libres » de leurs enseignements : programmes, durée des séquences, objectifs particulier à atteindre, contrôle sur les méthodes et malheur à celui qui sort des sentiers battus… Et ils restent en place disons 40 ans ?
            2 – il y a eu une accélération flagrante (du fait d’internet et de la techno-isation de la société) en très peu de temps (moins de 30 ans). Le temps d’adaptation est trop long, à cause du volume global de profs et d’élèves. Il faut les manuels, les plannings, les postes, les compétences, les personnelles, des formations… C’est la révolte juste lorsque vous changez le webmail des profs car ils sont « perdus ». Alors changer de programme.. . c’est compliqué à mettre en place.

            Mais de mon point de vue, je crois qu’il faut déjà que les gens sachent lire, écrire et compter. Il ne peut y avoir aucune transigeance de ce point de vue là, et pour 12% d’une classe d’age, arrivé au bac, ce n’est pas le cas. Ensuite il ne faut pas trop en demander. Parce que le droit pourquoi pas, mais de mémoire le droit des contrats ça doit être un semestre en fac de droit, comment l’apprendre au collège (les cap/bep vont signer un contrat de travail à la fin de la 3ème) donc faudrait le voir avant. Mais en supprimant quelles heures ? les maths ? ce serait con, les maths enseigne la logique et le raisonnement, la physique/chmie/bio enseigne la nature autour de soi, l’histoire et la géo enseigne le monde…
            Pour l’anglais, 2 solutions
            A) on INTERDIT sur le territoire national de parler anglais dans les entreprises (même étrangères) et on peut peut-être le supprimer, mais c’est con
            B) on ne veut pas se froisser avec la « croissance » et il faut que nos employés soient __réellement__ bilingues sinon ils sont mort socialement dans l’entreprise : les réunions se font en anglais menées par des anglophones de naissance importés sur place : personne ne peut ferrailler avec eux et petit à petit la « culture » de l’entreprise à la française se meurt car personne ne peut la défendre : ils ne sont pas plus intelligents (souvent moins), pas plus cultivés (no comment), pas plus compétents, pas plus productifs, mais eux ils peuvent parler et pas vous.

            Je pense que l’école doit évoluer, mais surtout pas sacrifier les enseignements de base. Par exemple l’équilibre des repas, cela se fait en bio en collège, il faudrait que la cantine soit un lieu de communication sur ce point : légume + fruits + féculent + laitage +…
            Par exemple internet, mais la majorité des profs ne savent pas comment ca marche. Qu’est ce qui va se passer ? microsoft et google feront des partenariats et vous n’apprendrez pas informatique et internet mais google et microsoft, et c’est pire que rien, c’est de l’anti-savoir.
            Parce que le problème de l’école c’est surtout un problème politique comme on le vit dans le reste de la société, à tous les niveaux : des incapables sans couilles qui se gobergent sur notre dos et pillent et détruisent ce que nos parents (et les leurs) ont construit.

            Mais les gens ne sont pas capable d’évoluer. La population est un ramassis de moutons qui en ce moment bêlent comme des cons à qui mieux mieux contre le fn, plutôt que de demander à ceux qui se présentent sous les bannières classiques (ps + ump) ce qu’ils ont fait. A partir de ce moment, pas la peine d’attendre quoi que ce soit : des cons votent pour des cons et le résultat un monde de cons. Si en plus les gens n’arrivent même pas à faire cuire des nouilles que voulez vous, ce sera l’autodestruction à la mode décadence romaine.

            Mais ce n’est pas l’école qu’il faut accuser, enfin, pas le prof qui fait ce qu’il peut. l’école est une conséquence, comme le monde du travail, comme la santé, comme…. Cela ne peut marcher qu’en s’attaquant aux causes, mais cela personne ne le veut et tout le monde, enfin ceux qui n’ont pas baissé les bras, continue à aller voter pour les même : ils auront donc les même … choses, dans tous les secteurs…

  12. smolski
    smolski dit :

    Comme la plupart de ce que produit cette société, l’éduc nat est en filtre établissant le totalitarisme d’où elle provient sur tous les individus qui la composent.

    « Le totalitarisme est l’expression de la médiocrité de la pensée humaine. » (d’après Hannah Arendt).

    Répondre
  13. HC
    HC dit :

    J’ai peut-être eu de la chance, mais j’ai vu mes parents faire la cuisine, et donc savoir comment on fait cuire des pâtes, des pommes de terre, de la viande, des œufs, du poisson et même des frites, comment on fait une vinaigrette et comment nettoyer la salade.

    J’ai eu des cours d’EMT (avant qu’on renomme ça « technologie ») où on a fait de la pâtisserie, de la couture, du bricolage à base de carton ou de bois. J’ai eu des TP d’électricité en cours de physique où on expliquait bien le circuit du courant.

    J’ai toujours eu l’habitude de lire des modes d’emploi, et croyez-le ou non, mais la recette des pâtes et du riz figure sur le paquet (avec le temps de cuisson), et le premier livre que j’ai acheté quand je me suis retrouvé seul a été « la cuisine pour les nuls ». Sur les notices d’utilisation des appareils électrique, il y a un nombre incalculable de recommandations de sécurité, las plupart du temps de bon sens.

    J’ai eu aussi la chance d’avoir été boursier et donc de gérer mon budget bien avant d’être autonome, et même quand j’étais petit mes parents m’avaient confié un porte-monnaie pour mon argent de poche (genre « 1F par semaine » si je mettais la table).

    Donc je ne connais pas votre parcours, mais j’ai l’impression qu’il a manqué d’un environnement qui dépasse le cadre scolaire.

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    • Agnès Maillard
      Agnès Maillard dit :

      Oui, je dois être la première de la famille à lire l’intégralité des étiquettes et des modes d’emploi. Ce qui me gêne, c’est que rien dans le cadre scolaire n’est prévu pour éviter la reproduction sociale. Sur l’histoire du riz, le copain en question venait d’une famille CSP++ où personne n’avait le temps de faire la cuisine.
      Bien sûr qu’on apprend en lisant les paquets, mais comment apprend-on à équilibrer sa nourriture, à cuisiner les légumes ou les abats?
      Oui, ceux qui n’ont pas des familles qui maîtrisent ces savoirs doivent se former eux-mêmes en achetant des livres, mais ça ne me semble pas très grave qu’un socle commun de vivre-ensemble dans notre société soit dispensé à l’école, pour précisément faciliter les choses par tous ceux dont les familles sont moins incluses ou moins accompagnantes que les autres.

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  14. saxo
    saxo dit :

    Mmm…

    L’école n’a pas vocation à être un lieu d’apprentissage de l’indépendance.
    Ronsard disait, en son temps, qu’il y avait l’éducation des maître, celle des pères, et celle de la vie (j’ai vu ça en seconde).
    Bon, c’était sexiste 😉 nulle référence aux mères et aux maitresses, mais hormis cette critique, il n’avait pas tort sur le fond.

    A l’école on apprend des connaissances, pas des savoir-faire.
    Entre 3 et 16 ans, on passe une quarantaine d’heures par semaine à l’école. Il en reste pas mal pour apprendre d’autres trucs. Non? Quelle que soit la famille de laquelle on est issu, d’ailleurs.

    Tu sembles reprocher à l’école, Agnès, de ne pas apprendre à se faire cuire des oeufs ou du riz… Ca me laisse perplexe. Il faut vraiment être obtus ou gâté pour n’avoir pas eu l’occasion de préparer ou de voir préparer du riz au cours de toute son enfance.
    Que ce soit par des parents, des proches, des éducateurs ou n’importe où… car quand même, pour atteindre l’age de 16 ans (âge de la fin de la scolarité obligatoire), il faut avoir mangé tous les jours (ou presque)…

    « un socle commun de vivre-ensemble dans notre société …dispensé à l’école ».
    Pourquoi pas. Ceci dit, elle en fournit un (un apprentissage des autres). De fait.

    Tiens, pour l’exemple de la cuisine. En 4e, on avait appris quelques recettes en cours d’E.M.T. .
    Pour ce qui est de remplir ses papiers, bah à un moment, faut aussi apprendre à se prendre en charge, non? Ce n’est qu’en faisant et en faisant des erreurs qu’on apprend.

    Pour ce qui est d’apprendre à remplir un contrat de travail, un bail ou autre papier administratif, rien ne nous interdit de nous faire aider la première fois (à moins de vivre complètement seul, sans personne pour pouvoir nous filer un coup de main pour quoi que ce soit).

    A titre personnel, si j’ai été jusqu’en maîtrise, ce n’est certainement pas pour m’aider à intégrer la vie active. Etrangement, je savais que c’était mort de ce côté là au départ.
    Non, ç’a été pour prendre le maximum de connaissances (en y appliquant mon esprit critique, parce qu’en économie, y’avait à redire) que je pouvais. Je nourrissais ma soif intellectuelle.

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  15. L'ours
    L'ours dit :

    « …que diable vient faire l’école dans cette histoire ?
    Il y a peut-être une confusion dans cet article entre éducation et instruction… » ( Mirabo 17 mars 2015 at 1 h 23 min)

    « A l’école on apprend des connaissances, pas des savoir-faire. » ( saxo 17 mars 2015 at 12 h 56 min )

    Mais effectivement, le grand patronat veut des exécutants dociles pour les tâches restant à réaliser par des humains. Pour bien les formater et qu’ils ne réfléchissent pas trop loin, il s’est débrouillé pour que l’éducation nationale cesse de former des jeunes maçons et autres manuels (du coup des profs se retrouvent remplaçants, en reconversion ou vont tenter leur chance dans le privé!)
    juste pour info (à une échelle plus large!): https://fr.wikipedia.org/wiki/Georgia_Guidestones

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    • had
      had dit :

      Euh… ma nièce a commencé à 14 ans l’apprentissage plombier, puis ensuite installateur chauffagiste. Son frère à 14 ans compagnon charpentier, tour de France et même d’Europe, il est cadre maintenant chez les compagnons. Aucun des deux n’a jamais connu le chômage et ont eu des revenus très tôt avec des perspectives concrètes d’évolutions.

      Faut quand même, pas raconter qu’il n’y a pas de formations en France pour les métiers techniques et manuels, encore faut il des candidats, il manque de chaudronniers en France, par exemple. C’est sûr que psycho ou socio, ça en jette plus classe, mais c’est plus aléatoire ensuite.

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  16. gweb
    gweb dit :

    A smolsky, qui, s’il a appris à éteindre une télé, n’a pas encore appris à ne pas passer sa journée devant un ordinateur, ni à digérer ses lectures.

    Je ne vis pas parmi les barbares, mais au milieu des Hommes. Dans ma classe, presque 50% des élèves sont bilingues, nés de parents immigrés. Albanais, tchétchène, turc, tunisien, vietnamien, portugais, espagnol, danois sont les langues qu’ils parlent, et de cette diversité, de cette richesse, je me fais une joie. Grâce à eux, je vis au coeur du creuset français, nous nous enrichissons tous dans cette classe de cette sorte de miracle qu’il y a là à être réunis par hasard pour vivre ensemble, réfléchir ensemble, observer le monde pour le comprendre.
    Et si un enfant peut naître et grandir dans un foyer, et y passer 18 ans sans qu’il n’aie jamais l’occasion de remarquer la manière de cuire du riz, des pâtes ou des pommes de terre, de les égoutter et de les servir, moi, en tant que membre d’une éducation nationale en laquelle je crois profondément (bien qu’ayant lu Bourdieu de près, donc sans naïveté), et bien je refuse de me sentir coupable.
    « Sans se demander ce qu’il y a derrière le mur de l’école » ne consiste pas à abdiquer quelque liberté que ce soit, mais au contraire et précisément à utiliser pleinement celle qui nous est offerte d’offrir aux enfants un havre dans lequel, hors des convulsions du monde, ils peuvent apprendre à se construire en tant qu’individu, détachés un temps (oui ça n’est qu’une parenthèse) des déterminismes.
    A l’heure de la sortie cet après-midi, jour lambda parmi les autres, une de mes élèves a déclenché l’alarme incendie. Alors nous lirons demain ensemble la fable du berger qui criait au loup, et réfléchirons ensemble à ce qu’elle implique. C’est cul-cul, hein? Mais peut-être, plus tard, quand ils seront grands, quand ils entendront des politiques crier au loup (ou à l’immigré, ou à l’assisté), peut-être que les graines semées un jour anodin d’une scolarité ordinaire, à l’occasion de la mauvaise blague d’une condisciple, porteront leurs fruits. Nous semons des graines, et si la société les fauche, ce n’est pas la faute de l’école, mais de la société toute entière. Et pour changer ça, selon moi, c’est certainement plus simple, mais plutôt que de s’attaquer à l’école, il faut faire de la politique. Qui le veut encore?

    Répondre
    • smolski
      smolski dit :

      gweb : « s’il a appris à éteindre une télé, n’a pas encore appris à ne pas passer sa journée devant un ordinateur, ni à digérer ses lectures. »

      Votre impolitesse est une très bonne caricature du totalitarisme qui règne dans le milieu carcéral de l’éduc nat que je dénonce.

      Répondre
  17. Sy
    Sy dit :

    Tu as écrit « Je ne savais pas, par exemple, qu’il fallait signer un contrat de travail avant de bosser. » Je trouve curieux que tu ne savais même pas cela. Ce n’est même pas de l’ordre des connaissances mais du bon sens. Il est évident qu’il vaut mieux avoir un contrat de travail signé avant de commencer à travailler car sinon tu risques de te faire avoir.

    Répondre
    • Agnès Maillard
      Agnès Maillard dit :

      Entre les grands-parents retraités depuis des lustres (et qui venaient d’un monde où l’on s’engageait d’une poignée de main), l’école et le pensionnat, non, personne ne m’avait appris qu’il fallait absolument un contrat de travail pour bosser, SURTOUT pas ceux qui m’ont employée!

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      • babelouest
        babelouest dit :

        Mais c’est vrai, autrefois, et ce n’est tout de même pas si vieux, le contrat, c’était la poignée de main (mais ça, c’était sacré). Même pour entrer à la banque, je ne me souviens pas avoir signé un contrat en bonne et due forme. J’ai reçu une lettre « Vous êtes engagé, prière de vous présenter tel jour à telle heure, à tel endroit ». C’était bien entendu un CDI, il n’y en avait guère d’autres. Seuls les valets de ferme passaient d’un employeur à l’autre, éventuellement, « à la saint Michel ».

        Répondre
  18. Vladimir Damnedest
    Vladimir Damnedest dit :

    woué, on pourrait écrire à Jean Luc des douze coups de midi et lui demander pourquoi la plupart des questions qu’il pose sont aussi insignifiantes.
    Qu’est-ce que vous en pensez Aguenesse ?

    Répondre
  19. L'ours
    L'ours dit :

    « Quand je suis allé à l’école, ils m’ont demandé ce que je voulais être quand je serai grand. J’ai répondu: »Heureux ». Ils m’ont dit que je n’avais pas compris la question, j’ai répondu qu’ils n’avaient pas compris la vie » John Lennon

    Répondre
  20. Carole
    Carole dit :

    bonjour

    cet article me fait penser à Chomsky

    « La première chose qu’il faut faire, c’est prendre soin de votre cerveau. La deuxième est de vous extraire de tout ce système [d’endoctrinement]. Il vient alors un moment où ça devient un réflexe de lire la première page du L.A. Times en y recensant les mensonges et les distorsions, un réflexe de replacer tout cela dans une sorte de cadre rationnel. Pour y arriver, vous devez encore reconnaître que l’État, les corporations, les médias et ainsi de suite vous considèrent comme un ennemi : vous devez donc apprendre à vous défendre. Si nous avions un vrai système d’éducation, on y donnerait des cours d’autodéfense intellectuelle. »
    Noam Chomsky

    Chomsky , découvert non à l’école mais grâce à l’émission de Daniel Mermet.

    je me suis souvent fait la réflexion que si nul n’est censé ignorer la loi, ce serait bien qu’on nous l’apprenne un minimum à l’école. Mais évidemment, il vaut mieux qu’on en sache le moins possible.
    Comme Agnès, je ne me souviens pas avoir eu de cours sur le code du travail ni de cours sur les contrats ……..

    Répondre
    • Agnès Maillard
      Agnès Maillard dit :

      Oui, Carole, je pense que j’ai embrouillé mon propos avec la question de l’éducation culinaire, alors que l’éducation au droit courant était le truc qui me titillait au début, avec la sensation que si j’avais été plus apte à négocier en entreprise, j’aurais probablement eu une meilleure carrière au lieu de toujours passer pour le grouillot de service.
      Ça ne s’apprend pas à l’école, mais c’est fondamental pour s’en sortir et seuls les gosses de certains parents, en fonction de leur disponibilité et de leurs dispositions auront le droit à ces fondamentaux en arrivant… en plus du réseau pro de papa, mais ça, c’est déjà une autre histoire.

      Répondre
      • smolski
        smolski dit :

        Agnès : « j’aurais probablement eu une meilleure carrière au lieu de toujours passer pour le grouillot de service. »

        Et crois-tu alors que ton blog aurait été le même, voire aurait-il seulement existé ?
        Que ta gamine aurait la même lucidité ?
        Que toi-même… et ton couple et tes amis rencontrés auraient été les mêmes, etc.

        🙂

        Répondre
      • liom
        liom dit :

        Le droit peut être utile, mais la plupart de ceux qui grimpent les « échelons » ne sont pas si bons en droit. C’est surtout une forme d’aptitude à l’observation des us et coutumes d’un milieu donné qui permet de tirer les marrons du feu. Le dress code, les sourires, les signes exprimés d’appartenance à l’idéologie en cours, peu importe que l’on y adhère ou pas. Tout ça l’école formelle ne l’apprend pas, c’est l’environnement off d’une école, de commerce, l’ENA, sciences Po… en dehors des cours, dans l’assoce d’étudiants, les fêtes, les discussions de couloirs… qui est le lieu d’apprentissage. C’est informel, du non dit qui dit bien plus qu’un cours de droit du travail, un travail d’anthropologue.

        Ni maintenant, ni autrefois, tout ceci ne s’apprend dans des cours magistraux.

        C’est dire le niveau d’inculture quand tout ce que certains trouvent à citer est Chomsky, tandis que tant d’auteurs français comme La Rochefoucault, Bossuet, Montaigne, Châteaubriand, Molière… mais aussi bien d’autres auteurs classiques étrangers aussi ont pu observer.

        L’homme est un manipulateur à l’insu de son plein gré, comme les chimpanzés.

        C’est pas l’école avec ses profs qui va apprendre ce qu’est la manipulation mentale qui est la clé de ceux qui réussissent et se font aussi avoir souvent, comme l’arroseur arrosé.

        Je propose l’instauration d’une nouvelle science, l’anarquologie. Une science qui comme les arts martiaux dévoile toutes les ruses, les croches pattes, les coups bas possibles. Son enseignement démocratisé permettrait de remettre les compteurs à zéro. Il n’y a plus de puceaux qui se font entuber, tous savent les trucs et astuces.

        Répondre
    • Agnès Maillard
      Agnès Maillard dit :

      Après, oui, les choses les plus intéressantes et les plus pointues, je les ai apprises en dehors de l’école, mais grâce à l’éducation supérieure qui est déjà plus autonomisante et qui donne les bons outils pour donner le goût d’apprendre et surtout, apprendre à apprendre.

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      • smolski
        smolski dit :

        Agnes : « mais grâce à l’éducation supérieure qui est déjà plus autonomisante et qui donne les bons outils pour donner le goût d’apprendre et surtout, apprendre à apprendre. »

        Est-ce juste qu’il en soit ainsi après l’écrèmage des moins favorisés et non pendant qu’ils sont présents ?

        Répondre
        • Agnès Maillard
          Agnès Maillard dit :

          C’est là toute mon interrogation : je ne vois pas la nécessité de dégouter la majorité des gosses de l’éducation avant d’envoyer les trucs intéressants. Ce serait mieux de commencer directement par là… sauf, bien sûr, si le véritable objectif est bien de sélectionner, de hiérarchiser et de dominer…

          Répondre
          • gweb
            gweb dit :

            Je crois qu’il faut au préalable considérer qu’il n’y a pas 1 mais 3 systèmes dans l’EN, qui n’ont que peu de choses à voir les uns avec les autres.
            Le primaire, où tout ce qui fait sens, le lien interdisciplinaire, la différenciation, la remédiation est plus qu’encouragé par l’institution, c’est littéralement la politique de la nation.
            Le secondaire où prime l’arbitraire du prof spécialisé, le saucissonnage disciplinaire, une violence institutionnelle, celle de la note, de la sélection, de la filière.
            Enfin le supérieur
            Je suis d’accord avec Liom sur le fait, si je peux reformuler son propos ainsi, qu’un atout majeur dans l’existence est de savoir manipuler (au sens de jongler avec) des codes. Notamment des codes sociaux (posture, tenue, prosodie, accent, niveau de langue…) mais aussi des codes purement symboliques comme les mathématiques, les changements d’échelle, les différentes natures et fonctions de l’écrit, de l’oral, culture générale etc…
            Ces habiletés sont avant tout transmises dans le milieu familial, d’où les inégalités flagrantes qui existent. Mais précisément je crois que l’école tente de généraliser ce bagage et forcément elle rame, puisque l’écart entre ceux qui bénéficient du capital familial et ceux qui n’ont que l’école est très difficile à résorber, les premiers ayant toujours une longueur d’avance.

          • Vlad
            Vlad dit :

            stop stop stop
            si vous mélangez tout le monde, les meilleurs, ils vont crever
            d’où l’expression
            c’est les meilleurs qui partent les premiers.
            l’apartheid a du bon contrairement à ce que prétend l’imbécile Valls.

  21. saxo
    saxo dit :

    L’éducation supérieure est plus autonomisante?

    Mais pour capter ce qu’on t’enseigne dans l’éducation supérieure, encore faut-il avoir les clefs pour en comprendre les tenants et les aboutissants… C’est ça qu’on t’enseigne avant!

    Les maths, objet de sélection.
    Et alors? Ce qu’on en fait n’est pas de leur faute.
    Les maths, ça apprend à tenir des raisonnements étayés, à comprendre qu’en partant de rien, on peut reconstruire le monde si on s’en donne la peine. Qu’on est pas obligé de tout apprendre par cœur.
    Les maths c’est fondamental pour prendre confiance dans sa capacité de raisonner, pas simplement pour savoir résoudre des équations.
    Alors qu’on s’en serve comme outil de sélection, c’est un souci qu’il faut régler, qu’on en remette en cause l’enseignement à cause de ça, c’est absurde, ça n’a pas de sens.

    Si tu choppes le socle commun de connaissances enseignées au collège et au lycée, ben ton contrat de travail, t’auras capté en 2 temps trois mouvements de quoi il retourne.
    Si au lieu de ça on t’a enseigné le monde du travail pendant ta scolarité, ben ton ouverture d’esprit sera un tout petit peu plus limitée… Non?

    « On » (essentiellement la droite et les libéraux, mais le pouvoir aussi) reproche à l’enseignement en France d’être trop théorique, trop éloigné du monde du travail. On y ajoute des stages en entreprise, on immisce de plus en plus ce « monde du travail » au sein des établissements scolaires.

    C’est le meilleur moyen de former de bons petits soldats biens rodés prêts à l’emploi, de la main d’œuvre corvéable et pré formatée.
    Il faut conserver au contraire, cet enseignement généralisé qui donne matière à s’intéresser à tout et à s’ouvrir sur tout. Il faut lui donner les moyens d’épanouir les élèves, pas le ramener à une réalité circonstancielle et esclavagisante.

    Répondre
  22. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Demain, c’est l’éclipse partielle de soleil et l’Éducation Nationale a décrété que les enfants devaient être confinés en classe, volets fermés… WTF?
    L’école n’est pas étanche, n’est-ce pas : dans une société de plus en plus fondée sur la peur, on n’intègre pas les événements environnants à la pédagogie, on les fuit, on s’en abrite. C’est hallucinant ce que cela révèle sur l’ensemble du corps social.

    Quand j’étais gosse, l’instit avait transformé l’événement en fête de la science et maintenant…

    C’est un peu de ça dont je parle : une société déconnectée du réel à tous les niveaux, y compris l’éducation.

    Répondre
  23. saxo
    saxo dit :

    Ca m’étonnerait que les profs de physique ne profitent pas de l’éclipse pour faire un cours dessus, ou que les profs de SVT n’en fassent pas autant.

    Ensuite, si l’EN n’a pas les moyens de payer des lunettes à tous ses élèves, possible qu’ils préfèrent donner la consigne d’éviter de se mettre en situation de leur crâmer les rétines pendant les heures de cours… Et ça peut se comprendre (même si observer le phénomène est sûrement plus exaltant).

    pour revenir encore sur ce que je disais plus haut.

    La physique nucléaire (exemple sur lequel tu t’appuyais plus haut) devrait être enseignée à tous afin que chacun puisse se faire une idée par lui même de se qui nous attend dans le monde d’AREVA, sans avoir besoin de se reposer sur les avis d’experts biaisés dans un sens ou dans l’autre…

    Répondre
    • Agnès Maillard
      Agnès Maillard dit :

      Ça revient à dire que les profs sont des abrutis : je me souviens de mon instit qui nous avait fait regarder une éclipse partielle en filtrant avec du noir de bougie sur du verre. Il est aussi possible d’observer via projection, ce qui permet, en plus de faire un cours d’optique, tout sauf cet enfermement qui pue l’obscurantisme.
      Projection avec des jumelles
      Projection avec juste un trou dans une boite

      Répondre
      • saxo
        saxo dit :

        Obscurantisme, tas de grands mots!

        Manque de moyens surtout. T’as déjà été dans des classes de 4e (bondées à 30-35 élèves) pour proposer d’aller dehors observer une éclipse?
        Moi je sais pourquoi je ne regrette pas d’avoir loupé mon Capes 😉 .

        Par contre t’as de belles propositions, mais le trépied et les lentilles qui vont bien, faut se les procurer
        Note que pour le noir de bougie, ton instit n’avait pas froid aux yeux. T’as du te griller quelques cellules ce jour là. Même au travers de négatif photo complètement noir, on ne se protège pas assez.

        Pour finir, je suis sûr qu’il y a des profs et des instits qui feront comme le tien l’avait fait il y a pas loin de 40 ans…
        Faut pas croire que les enseignants sont devenus plus cons aujourd’hui qu’ils n’étaient hier. C’est la génération d’après qui a pris le relais c’est tout.

        Répondre
      • saxo
        saxo dit :

        j’aime bien le 2e (tu l’avais pas encore posté quand j’ai répondu 🙂 ).
        Bien plus accessible et comment dire… pédagogique (pour illustrer le fonctionnement de l’iris ou de l’appareil photo, par exemple)

        Répondre
  24. Serges
    Serges dit :

    Moi qui rêve en regardant les étoiles – juste lever la tête et regarder, sans plus – cette histoire de confinement pendant l’éclipse me ferait plus pleurer qu’autre chose…
    Sans entrer dans tout le débat intéressant ci-dessus (merci Agnès), que je vous dise un bout de ma petite expérience de presque retraité qui va passer une heure par semaine à lire à des gamins de CP.
    Attention ! Ce n’est rien d’autre que de la lecture, je fais ça sans aucune prétention pédagogique, juste du plaisir partagé avec un bout de texte, pas plus.
    Au cours de l’histoire, c’est rare qu’ils n’aient pas un tas de questions, alors souvent, au feeling, je dérape du texte, j’explique des mots, je raconte la géographie, l’Histoire et un peu de science, etc., bref, je me laisse aller. Pour résumer, avec ces gamins-là, je fais le papy gâteux que je suis dans la vie.
    Ils ont souvent cette question : Mais comment tu sais tout ça ?
    Réponse : L’école et beaucoup de lecture.
    Et ça les épate !
    Et ça n’aide pas à soigner mon gâtisme galopant.
    S’il faut une morale « éducative » à cette histoire, j’espère que ce plaisir partagé aidera à faire pousser quelque chose. J’ai le droit de rêver, non ?

    PS : Je n’ai pas lu Bourdieu (je sais que j’aurais dû) mais j’ai adoré Alexander S. Neill et ses expériences éducatives.

    Répondre
  25. gweb
    gweb dit :

    Je n’en reviens pas de lire ce genre de déclarations assénées : « on n’intègre pas les événements environnants à la pédagogie, on les fuit, on s’en abrite. C’est hallucinant ce que cela révèle sur l’ensemble du corps social. »

    Bien sûr que si! Plein de documents circulent pour faire de ce moment un moment pédagogique. Par exemple:

    http://pedagogie.ac-toulouse.fr/sciences65/JOOMLA/images/stories/astronomie/dossier_peda_eclipse_20_mars_2015_version3allegee.pdf

    Ce qui est hallucinant à mes yeux de ce que cela révèle sur l’ensemble du corps social, c’est cette manière de cracher sur l’école en permanence.
    Et « l’enfermement qui pue l’obscurantisme » provient uniquement du fait que les parents du moindre gamin qui rentrera chez lui en se plaignant d’une migraine après avoir observé l’éclipse d’une manière non-homologuée intenteront un procès à l’éducation nationale et à l’enseignant, comme au moindre problème d’ailleurs.
    Les parents refusent le moindre risque en général? L’Education Nationale verrouille, et puis c’est tout.
    Qui refuse d’envoyer des enfants en classes de découvertes avec des projets montés à bout de bras par des enseignants? Des parents, et pourquoi? Par peur des pédophiles! Qui refuse de signer la moindre autorisation de photographier les enfants, et nous conduit à exploiter en classe de belles photos toutes floutées? Des parents.
    Qui proteste quand des enseignants s’efforcent de pratiquer une pédagogie plus ludique? des parents, qui considèrent qu’on ne travaille pas assez dans la classe.
    Les enseignants sont pris dans en tenaille par des attentes tout-à-fait contradictoires de parents de milieux différents, et ils composent avec. Dans leur immense majorité, les enseignants que j’ai rencontrés s’efforcent de bien faire leur travail, et ils ne sont pas non plus hostiles à ce que des parents viennent les voir pour leur proposer de les aider à monter un projet, par exemple sur l’éclipse.
    J’ai passé la journée avec le père urbaniste d’un de mes élèves dans la classe, et on a mené un super travail sur ce que c’est un quartier, celui de l’école en l’occurrence. Travail sur photo satellite, cartographie, puis promenade dans le quartier. C’est déconnecté du réel, ça?
    Arrêtez de nous prendre juste pour des clampins! Venez dans les classes, elles sont moins fermées que vous ne le pensez! Et proposez vos schémas aux enseignants plutôt que de les poster sur le web en crachant dans la soupe, ça les aidera sûrement davantage, et ça nous motivera certainement plus que nous faire traîner dans la boue à longueur de colonnes!

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    • smolski
      smolski dit :

      gweb : « proposez vos schémas aux enseignants »

      Et ça c’est pas déconnecté du réel ça ?

      Il ne faut pas non plus faire du corporatisme de votre côté et vous étonner qu’ensuite le regard publique vous fixe avec mépris.
      Vous voulez être prof dans l’educ nat et vous vous plaignez des conditions dans lesquels vous vous y trouvez à cause des parents et de leurs enfants !
      Soyez cohérents. Les conditions priincipales sont celles qu’impose l’educ nat, celles qui vous valorisent et rien d’autre.

      Ok j’essaie une proposition voir un peu :
      Il ne vous est pas possible de vous inscrire dans des projets d’éducations libres, avec tous les risques que cela comporte ?
      Qui le fera si ce n’est vous, les enseignants, qui prétendez en avoir le goût, voire la vocation !

      Répondre
      • saxo
        saxo dit :

        J’ai passé 33 ans immergé dans l’éducation nationale, mes parents ayant été profs et 2 de mes grands parents aussi, j’en ai bouffé jusqu’à ce qu’ils prennent leur retraite (et commence à coordonner une cellule ATTAC pour mon père).

        C’est dingue Joël, les préjugés que tu peux avoir…

        Bien sûr que tu peux proposer des schémas aux enseignants. As tu VRAIMENT lu le post de gweb?
        « J’ai passé la journée … dans le quartier. »

        Qui fixe les enseignants avec mépris? sérieux? Toi?

        « Vous voulez être prof dans l’educ nat et vous vous plaignez des conditions dans lesquels vous vous y trouvez à cause des parents et de leurs enfants ! »
        Celle là, elle est mignonne aussi sans rapport avec le métier de prof.

        Déjà, tu deviens pas forcément prof parce que tu l’as voulu, mais plus souvent, parce que, au sortir de la fac, il faut trouver une place dans la société (et prof, quand on n’a connu que l’école, ça semble plutôt cool). Et que tu réussis ton concours.

        Ensuite, les délires contradictoires des parents d’élèves pour qui, leur enfant étant le centre du monde, il est nécessairement irréprochable et la faute vient donc nécessairement soit des enfants des autres, soit de l’institution, sont fatigants à gérer, stressants, usants et reviennent constamment. Ils peuvent même conduire jusqu’au suicide pour les plus fragiles.
        Tu penses apporter la connaissance, et tu te rends compte que l’essentiel de ton temps, tu fais de la garderie… C’est pas pour ça que t’as signé.
        Non, quand tu fais ce métier, tu ne sais pas forcément dans quoi tu t’embarques, et on ne peut pas te le reprocher.

        Pour finir, ta proposition sort du cadre scolaire.

        Déjà, enseignant, c’est pas un métier qui te dégage beaucoup de temps (en dehors des vacances) c’est un des rares boulots ou tu bosses encore plus quand tu rentres chez toi que sur ton lieu de travail, alors pour se dégager du temps pour enseigner en plus de ce que tu fournis à l’école…

        Ensuite, si tu crois en l’EN, pourquoi t’irais te fourvoyer dans des projets d’éducation libre, puisque l’éducation, tu la proposes déjà gratuitement et à tous dans le cadre de ton boulot.

        Proposez des schémas aux enseignants, dans le cadre de leurs enseignements aurait dû préciser Gweb. Évidemment si tu leurs proposes quelque chose d’extérieur, tu ne prends pas le risque de voir ta proposition acceptée. Un peu facile, je trouve.

        Fais un stage dans un collège ou un lycée Joël, va aider l’enseignement toi qui as des idées si généreuses… On verra comment tu t’en sors face à des classes bondées (Perso, je l’ai fait en intervenant musical, c’est exaltant, mais fatiguant, alors à longueur d’année…).

        Répondre
      • Vlad
        Vlad dit :

        ah ben du coup, j’ai un peu de mal à faire la différence entre un syndicat et c’te verrue qu’on appelle la vie scolaire, dites.

        Répondre
  26. ti suisse
    ti suisse dit :

    comprendo.. (habituelle résistance aux variations de mouvements; entre autres) aussi les lunettes de soudeur, pépé peut-être.. plus près du tiroir, amorce de pellicule, négatifs dans une pochette foto

    sinon qql exemple de résistance parental /analogie web-période, par ex. les commentaires (en gnl, dans l’espace) belle brochette d’arbitraire, discrétionnaire.. le libre arbitre aux oubliettes, bref,
    – sortie de ski.. car, forfait (& prêt de matos) disons s’approprier la région, s’aérer.. « pas cher » ! et bien évidemment (!) prologue à la camaraderie, sport, montagne, fun, émulation.. si tu ne le fais pas gamin encore moins l’occase plus tard (fric, temps, fric, potos, fric)
    Supprimée ! et par des parents qui n’y envoyaient leurs gosses.. yes ! le pompon est livré avec ! motif ? pas (assez) démocratique.. je stop là, ça m’a suffisamment énervé à l’époque.
    Ah oui gweb, les fotos.. « merci des clichés de la fête annuelle.. gnâgnâ.. on peut les avoir ? »
    – je te les donne
    « aussi les droits ? » ..?? si tu veux; qu’est-ce que tu veux que j’en fasse ?! y a le fils à Madonna ..ah-ah.. peur que je les envoie à Paris Match (?!) me taper la honte en plus du temps perdu..
    « nan.. les parent flippent (sérieux !) d’un usage sur la toile »
    viens-je de me faire traiter de malade.. y en a tant que ça ou parano..

    les enfants confinés pendant l’éclipse
    oui j’ai bien entendu.. sans commentaire; l’obscurité pour-tous: pas d’jaloux !

    Répondre
  27. Serges
    Serges dit :

    Ah merdouille ! Dans mon commentaire totalement bisounours sur la lecture avec les gamins, j’ai oublié de parler des parents…
    Effectivement, si je veux faire une photo et y mettre des prénoms pour cause de mémoire défaillante, je suis obligé de demander l’avis des parents.
    À la rentrée de janvier j’ai eu des chocolats mais pour les partager avec eux, il faut aussi que les parents soient d’accord.
    Dans cette école que je connais depuis longtemps, elle a accueilli mes enfants, il n’y a plus de classes de mer, de sorties chez les correspondants vu qu’il n’y a plus de correspondants, en fait, il n’y a plus de sorties du tout, c’est le confinement total. Tout ça, n’est pas que de la volonté des instits mais des parents qui ergotent, veulent des garanties sur les risques encourus, etc.
    Les rares qui ont tenté de faire vivre le comité de parents d’élèves ont jeté l’éponge.
    De la volonté d’ouverture des instits sur l’extérieur ? Je pourrais passer un temps complet à faire des activités avec les gamins, de la maternelle au CM2, et pas que sur la lecture mais je n’en ai pas le temps et peut-être pas les compétences. Je me suis quand même laissé embringuer dans un atelier, sur une journée entière au mois de mai. Les instits avaient un si beau sourire que je n’ai pas pu refuser.

    Je tiens à préciser que je ne suis ni enseignant, ni ancien enseignant, ni en relation professionnelle avec l’EN, etc.
    Je ne suis juste qu’un ancien parent d’élèves qui pensent que si on laisse l’école qu’à des parents malades comme ceux qui y mélangent théorie du genre et égalité entre filles et garçons,ou comme ceux qui y projettent leur haine raciste, etc. Eh bien, on est mal barré.
    Pour la volonté d’ouverture de cette école, c’est une école tout-à-fait standard, sans volonté pédagogique particulière, Freinet, Montessori ou autres.
    Et enfin, que les personnes extérieures qui interviennent dans l’école se comptent sur le doigt d’une seule main.
    Alors, c’est bien de critiquer, gloser, en appeler aux mannes des grands penseurs etc. mais il ne faut oublier que l’éducation est aussi de notre totale responsabilité.

    PS : Dire que les enseignants font le travail parce qu’ils aiment ça, etc. vocation, etc. bla bla bla et qu’ils n’ont pas à se plaindre, alors quel que soit notre boulot, on ne devrait plus réclamer, dire nos soucis professionnel et j’en passe ?
    Si oui, c’est donc que ce n’est plus la peine de signer des contrats de travail et que la seule ressource qui reste : c’est de se taire.
    Pas de contrat de travail, pas de billet d’Agnès et ce serait dommage.

    Pour l’éclipse, pas de bol, brouillard toute la matinée !

    Répondre
    • smolski
      smolski dit :

      Serges : « Dire que les enseignants font le travail parce qu’ils aiment ça, etc. vocation, etc. bla bla bla et qu’ils n’ont pas à se plaindre »

      Ce n’est pas ce que je propose.
      L’enseignement et l’éducation vont fatalement ensemble et DEVRAIENT venir de personnes dévouées à ces tâches. Et quitte à ce que de telles personnes existent, et malheureusement elles sont nombreuses dans l’educ nat, je leurs proposent d’aller au bout de leur quête et de créer ces écoles libres qui font défauts aux peuples les plus démunis de tout.

      Non pas dans l’educ nat qui ne pourra jamais s’y accorder, mais au sein de communautés en quêtent d’identités humaines avant que d’être sociales.

      Serges : « il ne faut oublier que l’éducation est aussi de notre totale responsabilité. »

      Exactement et le « aussi » y prend une place que l’educ nat est incapable de tôlérer dans ses desseins.
      Nous avons à la suite plusieurs interventions qui en témoignent, je dirai même qu’il n’y en aurait qu’une, il est nécessaire de la prendre en compte.
      Il y a aussi les interventions qui pensent au contraire que ce qu’on a se justifie de lui-même, sans considérer la moindre alternative qui ne s’établirait pas sur les mêmes bases.
      Ce qui revient à dire : « On ne peut mieux que ce que nous avons, puisque ce qu’on a… au moins nous l’avons. » Signature de l’obscurantisme de la bourgeoisie dans son éclat patent.

      Répondre
  28. cpasvrai
    cpasvrai dit :

    Séparer éducation et instruction est une mauvaise idée.
    L’école devrait avoir vocation à apprendre à appendre, comme la maison, il devrait y avoir une continuité entre l’école et la maison. Ensuite, les enfants ils apprennent tout seul si ils ont accès aux matériels et aux connaissances adaptées.

    Si vous dissocier le rôle des uns et des autres, vous risquez un cloisonnement et une accroissement des inégalités d’accès aux savoir (parce que du savoir sans savoir-faire, ça sert à queudchi.. pardon, si, ça sert à faire des techniciens et des ingénieurs)

    Personnellement, je n’ai jamais été plus libre que le jour ou j’ai quitté l’école (comprendre l’educ nat) car ça été une torture que d’être une oie que l’on gave avec du savoir, des connaissances pendant 20ans, pu…!! 20ans d’une vie à être gavé sans avoir ton pu.. de mot à dire sur ce qui rentre dans ta tête, dans ton esprit…. Ouvre tes esgourdes, ferme la et apprend…. voila ce que j’ai appris… à être un bon soldat qui écoute les ordres et suit les règles, un bon hamster qui pédale bien dans sa roue.

    J’aurais préféré apprendre à faire pousser des légumes plutôt que d’avoir le choix entre de la bouffe chimique et du bio élevé par des esclaves. On avait pas de jardin, dommage, j’ai quand même appris à repasser, faire des pâtes.
    Le budget, on avait pas le choix, c’était tellement important, que ça, ouais, on était au courant pourquoi on pouvait pas avoir ceci ou cela… pourquoi on avait que les sablés de base avec la maxime à la con dessus vendu au kilo et pas des biscuits avec plein de couleur dans des sachets individuels.
    J’aurais aussi aimé apprendre la mécanique et gardé ma caisse 20ans plutôt que de flipper à l’approche des 100 000kms ou des 4ans, la fin de la garantie… je suis à la merci des garagistes, aah, l’angoisse, il me faut travailler plus pour pouvoir assurer si ça tombe en panne ou en acheter une autre, sinon je peux plus aller au taf.

    Enfin, je suis content pour ma gamine, car à 5 ans, tu sais quoi, elle prépare des soupes avec des légumes du potager de l’école. Elle choisit ce qu’elle veut faire rentrer dans sa tête et dans son corps.
    Et tu sais quoi… elle est bilingue, en plus elle bafouille des mots dans 5 langues différentes. C’est pas une surdouée, c’est juste une écolière qui a la chance de grandir dans un environnement adapté, elle apprend toute seule parce qu’elle est confrontée à plein de chose et elle picore tout ce qu’elle peut à droite à gauche que ce soit à l’école, à la maison, chez ses potes, à la biblio, aux musées, comme elle veut, et elle aime ça.
    Ce que je trouve formidable, c’est ce qui l’attend.
    Pu… t’imagine ? Au collège, au lycée, tu monte ta sortie toi même, tu décide en groupe où tu veux aller, ce que tu veux voir, tu fais ton budget, tu organise et tu fais ta sortie et si tu t’es planté quelque part, bien tu rentre à pied, tu assume ton erreur… les adultes ? c’est juste le garde-fou, le délégué HSCT. J’aurais adoré ça, pas un con..d d’adulte pour me dire ce que je dois faire ou pas, même si tu dois te taper 10 bornes à pieds parce que t’es trop court au niveau pognon, crois moi que ça rentre vite, le budget, là.

    La liberté…. elle apprend à être libre parce qu’elle apprend à être autonome.
    Les savoirs, ça se trouve dans les bouquins, sur Internet, dans les banques de données quelque soit leur forme, c’est facile et souvent bien plus détaillé et fiable qu’un prof (je m’en excuse par avance pour les profs mais pu..! J’en ai entendu des salades en cours).
    Les savoir-faire, ça ? Tu peux t’accrocher, ça prend bien du temps pour les acquérir.

    A lire les commentaires… je crois qu’on est pas sorti de l’auberge.

    Répondre
    • saxo
      saxo dit :

      « Ouvre tes esgourdes, ferme la et apprend…. »

      Chacun son expérience.

      Moi j’ai appris à l’ouvrir, à remettre en cause constamment ce qu’on me disait, à voix haute (en levant la main, passque j’ai compris tôt que ça servait à rien d’être 30 à parler ensemble) et de façon souvent impertinente, et j’ai adoré ça. Jusqu’en maîtrise. Et ben figure toi que j’y ai été encouragé…

      Je l’ai jamais fermée, et on ne me l’a jamais reproché, c’est au contraire mes camarades qui se taisaient qui faisaient le malheur des profs…

      Tout ce charabia sur « l’école = l’armée » me laisse pantois. T’as simplement pas appris à te servir de ce qui t’était proposé.
      Le souci comme disait Gweb, c’est qu’au départ on part pas sur un pied d’égalité (quand tu sors d’une famille de profs, normal que tu saches mieux te servir de l’outil « école »). C’est là qu’il faudrait travailler…. Mais comment?

      Maintenant, pour l’éducation laissée à la discrétion des parents et des enfants. On a des millénaires d’expérience en la matière. Magnifique…

      C’était sûrement pas mieux avant.

      Répondre
      • Encore
        Encore dit :

        Quelque part, si, je me suis servi de ce système.
        J’y ai même de très bons souvenirs, de très bons moments, même un ou 2 profs qui m’ont impressionés mais voila, ça ne change rien au fond du problème.
        Quand un gamin se fait battre, tu sais quoi, il aime ses parents parce que c’est tout ce qu’il connait.
        Là, c’est pareil, quand c’est tout ce que tu connais comme façon d’enseigner, tu accepte.
        Quant à mes parents, l’école portait beaucoup d’espoirs et de plus de valeurs qu’une simple instruction (i.e l’ascenseur social).

        Je l’ai utilisé, j’ai bien fais ce qu’on attendait de moi, durant toute ma scolarité même si vers la fin ça se voyait que je ne le faisait pas moi, et surtout que je m’évadais par la fenêtre, ce carré de lumière qui portait tous mes rêves, affalé sur le radiateur qui me réchauffait le coeur.

        Non, je l’ai bien utilisé, ce système, et aujourd’hui je suis content que mes enfants ne passeront pas par là, ou tout du moins que lorsque qu’ils seront assez grands et armés pour choisir de soumettre.

        Et oui, la classe ressemble à une éloge de l’autoritarisme : des enfants (chercher l’éthymologie du mot, rien que ça en apprend long) et un professeur qui détient le savoir et l’autorité de façon arbitraire. Après, le prof peut être super copain avec les élèves mais ça ne change rien à la place de chacun… c’est comme ces boss de start-up qui te disent « ah non, y a pas de chefs chez nous, on est juste des gens qui bossent ensemble »… Bien sur, dès que la pression monte, tu le vois qui reprend sa place de boss direct parce que c’est inscrit dans la structure même du système.

        Répondre
        • saxo
          saxo dit :

          Mes deux parents sont (ont été) profs.
          Je n’ai jamais considéré les profs comme des supérieurs hiérarchiques… Comment l’aurai-je pu?

          Deux parents profs dont la manière d’enseigner était radicalement différente. Ma mère autoritaire, stricte aimant les bons élèves, exécrant les joyeux drilles, mon père ne préparant aucun cours, tenant ses classes en haleine (sur des maths, c’est pas mal) par la passion qu’il mettait dans sa matière, étant capable, quand c’était trop le bordel, d’arrêter son cours pour travailler pour lui simplement parce que faire le flic ne l’intéressait pas.
          Ma mère n’a jamais su faire autrement, des deux c’était la plus stressée, c’est celle qui en a souffert psychologiquement (au point d’avoir de sérieux problèmes avec l’alcool), et le pire, d’être (au moins un peu) rejetée par ses enfants qui considéraient évidemment leur père plus sage et plus cool…

          Bref, non, les profs ne sont pas des boss de start up. Ce sont des gens qui doivent gérer des classes de 30/35 ados avec leurs personnalités. Pour certains, ça coule de source, pour d’autres, ça conduit au cimetière… Penser que l’école c’est le bastion de l’enseignement de l’autoritarisme est absurde. C’est simplement un lieu d’apprentissage du vivre ensemble. Et dans le vivre ensemble, il y a certaines contraintes à respecter un minimum…
          Note que je ne dis pas que le lieu est idéal, mais il faut faire avec ce que l’on a.

          Répondre
          • EnRond
            EnRond dit :

            « Et dans le vivre ensemble, il y a certaines contraintes à respecter un minimum… »

            On est d’accord, et c’est ce que dit Agnès, également,… c’est juste le périmètre qui ne va pas.
            C’est très relatif les « contraintes à respecter » dans le « vivre ensemble ».

            Pour certain(e)s, l’école, l’éduc nat, ne remplit pas ce rôle.

    • Vlad
      Vlad dit :

      si tu crois être cassant en disant que les profs racontent des salades , tu te goures.
      Ils racontent juste des choses pas intéressantes et personne a jamais affirmé le contraire.

      Maintenant si dans son fonctionnement , l’école a des effets désorganisateurs, faudrait mettre l’accent là-dessus,
      déjà rien qu’au niveau des « emplois » ( du temps )
      [mode modération on]Ici, on critique les idées, pas les personnes : la charte est un modèle de simplicité![mode modération off]
      trop c’est trop !

      Répondre
      • la fouine
        la fouine dit :

        Si tu veux…
        Ouais, j’en veux pas aux profs personellement et ils y a tout un panel de profs, des mauvais, des moyens, des anonymes, des bons, des inoubliables, bref… c’est comme les gens mais c’est normal, c’est des gens.

        Par contre, raconter la guerre de 100ans et les gaulois à des arabes, moi j’appelle ça raconter des salades, par contre, on raconte jamais l’histoir de l’OAS ou les pétards géants des années 50 dans le sahara, ou encore comment certaines nations (dont la France) se sont amusées à négocier et découper l’Afrique et tous les problèmes qui en découlent aujourd’hui.
        Je suis sur que ça toucherait bien plus tout le monde qu’Astérix et Obélix mais voila, c’est pas le programme.
        C’est pas la faute du prof, mais c’est quand même lui qui les raconte les salades.
        Dans ces cas là, une bonne bibliothèque, c’est bien plus fiable que des profs.

        Répondre
        • encorebis
          encorebis dit :

          Ah mince ça n’a pas pris le dernier paragraphe :

          Toujours est-il qu’on disgresse sérieux, des moyens pour l’éducation qu’ils soient humains ou matériels, on en a besoin parce que c’est important mais ce que l’on enseigne, comment on l’enseigne est aussi primordial, ça c’est quelque chose qui semble échapper.
          Sans déconner, potasser un peu les méthodes d’enseignement alternatives, il y a eu mention de Freinet (c’est français, mon bon môssieu), mais aussi Montessori, ou encore Steiner-Waldorf… bref il y a eu plein d’expérience d’enseignement différents, certaines à fort caractère libertaire …
          Le problème n’est pas les profs mais bien l’éducation nationale (en particulier son utilité), arrétez de regarder le bout du doigt.

          Répondre
        • Vlad
          Vlad dit :

          en France on fait de l’ Histoire et de la Géographie de telle sorte que si tu as zéro en Histoire parce que Nicolas II tu t’en balances, tu peux de taper un 20 en géographie et là tu les niques tous. C’est trop bon, je te dis !

          Répondre
    • ti suisse
      ti suisse dit :

      l’auto coûte very chère c’est sûr, pour tout le monde, ah oui une belle affaire (j’ai lu: 2 millions de radar flash/an, y faut une balèze abaque pour en venir à bout, bref) aussi la marche à pied, comment dire.. pratique, heureusement qu’elle existe.. toussa pour dire je n’en rêve pas la nuit ni astreins par l’un ou de l’autre, zéro chagrin

      l’esclave en salade bio m’échappe, remarque je ne vois pas l’éducation sans instruction (et inversement; synonymes) y casa #escuela même combat..? je comprends l’enfant fuire (se soustraire) même prématurément ! à qql sujétion d’adultes, de profs, panier de pince mi et de pince moi

      son choix (!/déterminisme) par ex. vers une banque de donnée.. j’imagine mes mômes, maintenant gd père alors ma p’tite fille, 5 ans me dire: « ne me crois pas désinvolte mais plutôt à mon autonomie ti papa, ne confonds pas insouciance et désentravée, impunité et servitude, émancipation et contrainte.. »

      non je plaisante.. elle ne parle pas français, ses seuls mots, tous affectifs, le respect viendra après: ‘ti papa’ et qql autre babiole..
      les inégalités ? (hélas) de tout temps, disons qu’on s’agite (little progrès) mais l’effort à produire ..aïe ‘produire’, cultiver, concevoir etc. si ça ne rapporte pas hein, cf. le rêve.. on peut tjs invoquer qql éducateur genre un-responsable, ce truc dont personne ne semble être au courant.. sinon les causalités, le fatalisme en cousin germain, ne manquent pas..
      tiens style comparaison (ce n’est jamais folichon mais on est aussi là pour se détendre) le riche brésilien l’est plus que le français, et même son pauvre /on ne dirait pas..

      je me dis qu’un ingénieur ou une femme de ménage, sans du ‘bon sens’ ..machin tangible, réelle /où son étude -école, université- n’a pas encore été crée.. donc en son absence ils sont mal barrés (je fais court; apprend-on l’authenticité ? etc.)

      ah oui, on ne s’ennuie pas et c’est wik-end ! 😀

      Répondre
  29. Vlad
    Vlad dit :

    pourquoi on ne peut pas critiquer les personnes ?
    exemple :
    Agnès a un beau visage slave
    c’est une belle slave
    elle se lave

    je ne sais pas moi, mais comme j’ai bien vu l’éclipse grâce à une radio, ça m’inspire.

    Répondre
  30. gweb
    gweb dit :

    Smolsky : « Et quitte à ce que de telles personnes (dévouées) existent, et malheureusement elles sont nombreuses dans l’educ nat, je leurs (sic) proposent (sic bis) d’aller au bout de leur quête et de créer ces écoles libres qui font défauts aux peuples les plus démunis de tout. Non pas dans l’educ nat qui ne pourra jamais s’y accorder, mais au sein de communautés en quêtent (sic ter) d’identités humaines avant que d’être sociales ».
    Fin de la farce, le roi est nu: « malheureusement », des enseignants dévoués existent dans l’EN. Le lapsus est trop beau pour être vrai. Ce que voudrait Smolsky c’est une école encore plus pourrie qu’elle ne l’est déjà à ses yeux, pour pouvoir tirer sur l’ambulance en toute légitimité.
    Et ces gens, « les enseignants dévoués », devraient quitter l’école publique (n’y laissant que ceux qui ne sont pas dévoués, donc) pour aller créer leurs écoles privées, où ils pourraient enfin éduquer dans l’entre-soi tous les gentils petits enfants bobos, à partir d’une soit-disant « éducation libre ».
    Et comme ça, l’EN il restera les instits blasés et rances enseignant aux enfants des pauvres et des immigrés à partir d’une pédagogie fleurant bon la 3ème république.
    Comme j’aime voir une pensée se dérouler jusqu’au bout! Je m’en délecte, et tout se clarifie.
    Chacun est libre ici de créer les écoles qu’il veut, en y accueillant qui il veut, et en y fonctionnant comme il veut (sous réserve du respect de l’intégrité des élèves). Mais faites donc! Ou gardez-les chez vous, bien à l’abri de toute mixité culturelle et sociale, où vous pourrez leur enseigner le nécessaire avec enfin LA bonne pédagogie, puisque vous avez tout si bien compris, et que de nos jours c’est bien connu, seuls les parents savent y faire avec leurs enfants. L’école n’est pas obligatoire, seule l’est l’instruction.
    Pour ma part, c’est une fierté et un honneur pour moi que d’accueillir le tout venant. Quand il ne restera que les plus déshérités dans l’école, j’y serai encore, c’est pour eux que je fais ce métier, et je ferai en sorte qu’ils y trouvent leur compte autant que les enfants bobos dans les école bobos. Comme je l’ai dit plus haut, mes élèves viennent de pays et d’horizons différents : Turquie, Tchétchénie, Allemagne, Vietnam, Tunisie, Albanie, Espagne, Italie, Danemark, Portugal, il doit même y avoir quelques petits provençaux dans le tas…
    Je suis fier de les accueillir gratuitement et sans distinction dans l’école de la République.
    Dans ma classe, dans le respect des programmes (mon seul viatique en tant qu’enseignant), et allez donc les lire avant de hurler au bourrage de crâne, à l’indigence ou à je ne sais quoi (ils sont disponible sur Eduscol), je choisis ma pédagogie, tout en étant plus que vivement encouragé par l’institution à adopter une pédagogie largement inspirée de Freinet, à abandonner la notation et j’en passe, mais oui!… (d’où le fait que je m’y retrouve, et quand bien même l’institution prêcherait l’inverse, rien ne m’empêcherait de m’en tenir à cela, c’est ce qui est fabuleux).
    Et contrairement à ce qui a été interprété, je ne me plains pas, ni de l’institution, ni des parents. L’institution, je l’ai choisie (et non par défaut, à 23 ans, mais à près de 40, après avoir exercé plusieurs métiers, dont pendant 10 ans celui de berger et éleveur), je suis libre de la quitter, et il ne tient qu’à moi de m’engager pour l’améliorer. Quant aux parents, je les prends, eux et leurs enfants, comme ils sont, et je compose avec leur diversité, diversité sociale, linguistique, culturelle, la diversité de leurs attentes vis-à-vis de l’école, de leurs caractères, etc… Et je bénéficie pour être serein vis-à-vis d’eux du poids de l’institution Education Nationale (contrairement à ce qui se passerait dans une école de parents où précisément des parents employeurs pourraient sans cesse venir me dire ce que je dois faire et comment. Au passage c’est pour cette raison que les enseignants du 1er degré ont été fonctionnarisés, pour échapper à l’arbitraire des maires dont ils étaient auparavant les employés).
    J’aime mes élèves et mon métier, je ne suis ni dans une caserne, ni dans une prison, et mes élèves m’ont l’air épanouis, contents de venir, confiants en eux pour intervenir, prendre la parole, argumenter, y compris contre moi, et heureux d’apprendre.
    Sur ce, je quitte ce forum où j’ai le sentiment de passer trop de temps.
    J’aurais aimé joindre pour signature à ce message une des magnifiques photos de l’éclipse prise par mes élèves hier, dans la cour, lors de la longue observation réalisée à partir de plusieurs techniques (sténopé, jumelles…), mais je n’ai pas réussi.
    Bonne continuation à tous.
    PS: « l’éducation libre », pour moi ça ne veut rien dire. ça n’existe pas, c’est une illusion, et un piège sémantique. Et je préfère en conscience l’EN que l’école de Summerhill, si c’est de cela qu’il s’agissait.
    Cordialement.

    Répondre
    • smolski
      smolski dit :

      gweb : « Et ces gens, « les enseignants dévoués », devraient quitter l’école publique (n’y laissant que ceux qui ne sont pas dévoués, donc) pour aller créer leurs écoles privées, où ils pourraient enfin éduquer dans l’entre-soi tous les gentils petits enfants bobos, à partir d’une soit-disant « éducation libre ». »

      smolski : « de créer ces écoles libres qui font défauts aux peuples les plus démunis de tout »
      Pourquoi parler d’école de bobos dans ma proposition ?

      Afin d’éclaircir les contre-sens nourris par la difficulté de dissocier les personnes de la généralité d’une profession, je vais tenter quelques précisions :

      « malheureusement , des enseignants dévoués existent dans l’EN »
      Oui, « malheureusement » car je suis conscient que les personnes opérant dans l’educ nat ne sont pas toutes à associer fondamentalement au produit que fournit l’educ nat, toutefois, si j’en viens à proposer une école différente, je dois naturellement interpeller les acteurs de l’educ nat, et même, de privilégier ceux qui ont le plus de talents dans cette activité.
      Je m’adresse donc à vous et à vos pairs par ce biais et non contre vos personnes. Ne faites donc pas de votre activité un corporatisme sourd et contraint.

      De tous temps, ceux qui ont les meilleurs talents sont exploités par les pouvoirs (ou, s’ils se rebellent, particulièrement stigmatisées) afin de maintenir les peuples au-dessous d’eux. Non pas nécessairement de la volonté directe de ces personnes mais par un mécanisme de prébandes plus ou moins distribuées.

      Je propose donc à toute personne possédant un talent particulier de se détacher AU POSSIBLE des pouvoirs en place, dont la fonction principale est de tous nous exploiter, et donc, aux profs les plus talentueux de se détacher de l’educ nat afin d’élever la réussite des plus démunis hors du cursus scolaire en place.
      Je parle ici de réussite, c’est à dire d’élevation de soi, pas de devenir plus riche aux dépends des autres.

      Pour répondre à vos admonestations :
      Je pratique modestement un artisanat en restant au plus près de mes convictions établies sur le sens du partage. De ce fait, les restrictions sociales qui en découlent ne font qu’à m’imposer d’être encore meilleur par moi-même plutôt que d’utiliser tel ou tel levier du système (par exemple fessebouc) afin de me faciliter la tâche, voire de m’enrichir toujours d’avantage.
      J’ai la chance d’avoir la possibilité de faire ce choix quotidien depuis ma plus tendre enfance, je suis bien conscient que cela n’est pas offert également à tous ni partout.

      Pour en revenir au sujet des écoles libres, je suis plutôt partant pour une éducation et un enseignement libre, quel que soit l’espace où ils se déploient. Je note aussi que de votre côté, vous vous y attachez très particulièrement là où vous professez et cela enrichi nos entretiens plutôt que de nous démonter l’un contre l’autre.

      De toute façon, il ne me vient pas à l’esprit de conduire le jugement de ceux qui sont ou qui se sentent concernés par mes propositions, comme vous le précisez, ici c’est un simple blog, pas un tribunal ni rien d’autre, à chacun d’y puiser librement pour soi et d’y partager tout autant.
      N’est-ce pas là, de prime abord, le fond d’enrichissement libre que procure internet ?

      Bonjour chez vous.

      Répondre
    • ti suisse
      ti suisse dit :

      ah ça fait plaisir, vous (et moi) semblez être -vivre, produire, réaliser.. dans l’activité choisie désirée.. s’en est presque épanouissant ! nan j’en sais rien, j’exagère ou ne me regarde pas,

      bon-alors c’est plutôt bonnard.. aussi, en tous cas ce blog, les gens plutôt gentils (majorité) qql empathie l’accompagnant (cf. activités, intégrité)
      alors un nid de bobo’s.. formule (mot) par ex. employée dès que la complaisance est fatiguée.. bah ça arrive, à chacun ses sales journées..
      sinon, les désaccords habituels, familiers et en routine, mâtinée et patinés de/par la sensibilité.. commune et différente, peut être consacrée, nihiliste (?) enfin plein de trucs, de maudite à exécrable, tiens sanctionnée ou profane.. tu vois, et bien sûr d’opinion ou de conviction..
      une sacrée bande ! d’affect compassion, les nerfs les glandes ..!

      oui se faire plaisir, comme gweb se justifier (évidemment dépend du contexte, circonstance) je le redis, bcp d’admiration (j’vais pas chipoter) pour la profession (…)
      ça me fait penser, le disais plus haut, « responsable », responsabilité.. est ce machin fourre-tout, ‘planquez-vous’ (?) circulez, rien à voir.. ni personne ! si on y ajoute le corpo, les sourds et même des fonctionnaires (!) alors de l’oxymore en goguette..
      de tout pour faire un monde
      le conseil, pas mon truc; si on a le choix (il me semble/of course) la liberté sous le bras, bon week-end

      Répondre
    • Vlad
      Vlad dit :

      j’adore la tirade sauf que l’Institution est nulle dans la gestion de son personnel.
      ( le tronque commun ne doit pas nous le faire oublier)

      Répondre
  31. Noblejoué
    Noblejoué dit :

    @ Gweb

    Bravo pour votre manière de vouloir intégrer tout le monde. J’aime Summerhill, ce que vous faites, d’autres choses…
    Plus il y aura bonne volonté et diversité, plus les choses iront mieux, ou du moins, moins mal.

    @ Saxo

    « De ce qu’on nous enseigne, rien n’a d’utilité directe, mais tout est fondamental. »
    Exact. C’est même ce qui fait qu’il est si difficile de sélectionner ce qu’on enseigne. En effet, qu’est-ce qui est le plus important pour bâtir et péreniser une maison ?
    Les fondations.

    D’où aussi, même si l’éducation nationnale fait ce qu’elle peut, le rôle fondamental des parents… Je ne répéterai pas ce que j’ai déjà dit mais à en somme, le démontre encore :
    – Le rôle des fondations qui implique que ceux qui en maîtrisent plus que d’autres peuvent aider, et c’est leur devoir, leurs enfants à les acquérir, avantage qui handicape les autres dans la grande compétion pour ne pas être humilié à l’école et après.
    – L’impuissance relative de l’éducation nationale à relativiser les inégalités sociales qui en découle, sans compter que qui a réussi par l’école, ou du moins a maintenu la réussite familiale en partie grâce à cela, et ceux qui n’ont que désastre à contempler.
    -La tentation de l’entre-soi de ceux qui ne veulent pas mélanger leurs enfants avec ceux moins favorisés de plus pauvres ou moins éclairés qu’eux – ce dernier point étant sans doute vrai dans certains cas, faux dans d’autres.

    Répondre
  32. Vlad
    Vlad dit :

    LE DROIT CHEMIN

    A chaque kilomètre
    chaque année
    des vieillards au front borné
    indiquent aux enfants la route
    d’un geste de ciment armé.

    Jacques Prévert.

    Répondre
  33. ti suisse
    ti suisse dit :

    de Charlemagne, Jules Ferry.. enfin ce que l’on m’a dit; perso, je trouve dommage (…) que l’ecclésiaste garda sous son-coude « le savoir » (lire & écrire) alors le privilège d’un pouvoir /supplémentaire,
    – tant de siècles,
    no nostalgie ni rancœur.. bref profiter ! apprécier !
    rien à préjuger de l’éventuelle nécessité de l’x tribu reculée (pertinence?)
    disparité éducative..? (pas dit culturelle !) la belle affaire, s’il n’y avait qu’elle..
    zéro mélancolie, chagrin ou hypocondrie: je viens d’écouter avec délice, Sheila et F Gall.. you & tube des années 63-64, alors merci Koopa.. certes, tout a une fin

    Répondre
  34. Sergio
    Sergio dit :

    Les filles réussiraient mieux que les garçons ? J’ai pourtant des dizaines de contre-exemples. C’est bien les généralités. Ca fait toujours avancer un débat.

    Répondre
  35. Henri Kanaan
    Henri Kanaan dit :

    A quoi sert l’école?
    Sa principale fonction est le maintien de l’ordre. Un gosse qui va à l’école est un gosse qui n’est pas dans la rue à faire des conneries. Je me demande pourquoi il n’y a pas des cours de droit au lycée pour tous les lycéens, un enseignement de l’histoire du syndicalisme et des luttes sociales, ce genre de choses. Après on veut nous faire croire que l’école est aux mains des gauchistes, la bonne blague. Les profs’ ont beau avoir la sécurité de l’emploi et pourraient se torcher avec l’avis des gens qui viennent les inspecter mais on ne trouve pas plus obéissant comme public.
    Probablement qu’on choisit la plupart d’entre eux parmi les gens les plus obéissants qui soient.
    L’école est l’antichambre de la subordination à un patron. Avant, entre l’école et l’esclavage salarié il y avait l’armée où on finissait de t’apprendre à obéir pour que tu sois un bon petit agent de production obéissant qui fait ce que son patron lui dit sans faire d’histoires. Maintenant la partie dressage est assurée presque entièrement par l’éducation nationale (j’ai toujours pensé que le ministère de l’éducation nationale devrait fusionner avec celui de l’intérieur mais il faut sauver les apparences je suppose). Peu importe les programmes tant que les gosses sortent de l’école obéissants et formatés pour être livrés comme de la viande fraiche au marché de l’emploi qui ressemble de plus en plus à une foire aux bestiaux avec ses maquignons en tout genre.

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