Décennie

Il y a 3649 jours exactement, j’ouvrais Le Monolecte.

La liberté brisant ses chaînesJe ne me souviens plus réellement de mon état d’esprit d’alors, parce que j’ai beau faire — et même me relire en passant — ces 10 années m’ont profondément changée.

De toute manière, 10 ans, ça change tout le monde, c’est assez inévitable.

Ce dont je me souviens encore, c’est d’une nécessité, celle de communiquer. Cela a commencé assez rapidement après la naissance de ma fille. Faire naitre un enfant est déjà un grand bouleversement en soi, je doute que beaucoup de gens deviennent parents sans en être profondément affectés.

Jusque là, entre le travail, le couple et les amis, je pense que je trouvais mon compte. J’étais dans la spirale consumériste ascendante, celle qui allait être glorifiée un jour par un nain hydrocéphale sur l’air du «travailler plus pour gagner plus». Bien sûr, on ne se refait jamais entièrement et je passais déjà beaucoup de temps à pérorer sur l’état du monde avec mon entourage, mais ce n’était pas quelque chose de très construit ou abouti, c’était de la dynamique de machine à café, ce qu’il nous reste de pensées propres après une journée de boulot, plus les transports, le ravitaillement, la télé et tous ces moments où l’on tombe de fatigue comme une merde avant même d’avoir pu formuler une seule pensée personnelle.

Ce genre de choses qui suffisent à dessiner une vie et une existence sociale.

Ce qui n’est plus du tout le cas quand on se retrouve au chômage avec un bébé sur les bras. On a toujours la fatigue, les journées trop longues et intenses, mais on n’a plus de vie sociale ou, tout au moins, plus de légitimité à l’exercer. Même coincé dans un open space avec des collègues pétomanes, on construit de l’échange, du débat, des opinions. Le travail, c’est plein de temps en pointillés où se fabrique de la pensée et de la vie sociale, même laborieusement. À la maison, il ne reste plus qu’une pensée qui tourne en rond et ne se nourrit de rien. On ne mène pas sa vie en la niant. Je ne pouvais pas m’occuper correctement de la gosse sans faire autre chose à côté.

C’est comme cela que j’ai fini par me choisir une communauté qui s’appelait Le Village, ce qui n’est pas sans ironie quand on pense que ce qui m’enfermait le plus, c’était justement d’être isolée dans un village.

Avant Le Monolecte, il y a eu la vie numérique.

Bien sûr, je pratiquais déjà avant Le Village. Depuis 1998, je formais des gens à utiliser l’Internet grand public tout nouveau, à naviguer dans ses ressources, à communiquer, à rencontrer, mais entrer délibérément dans une communauté était autre chose. J’avais déjà un site, ouvert en 1996 : Cinéma et éthologie, mais c’était du petit site à la papa, tout écrit en HTML dans Composer, quelque chose d’antérieur à l’émergence du participatif, lequel était essentiellement sur les forums.

Le Monolecte a commencé quelque part dans la communauté du Village, pendant nos discussions à bâtons rompus et nos bagarres terribles de village gaulois. C’est impressionnant de voir à quelle vitesse nous créons du lien ou de la haine avec des gens que l’on n’a jamais vus et que l’on ne rencontrera jamais. C’est impressionnant de ressentir des modifications physiologiques fortes qui nous ravagent lorsqu’on lit telle ou telle chose. On rit comme une débile devant son clavier ou l’on se prend une giclée d’adrénaline en pleine poire devant une attaque d’une violence insensée. On trolle, on gueule, on crée des camps retranchés, on lutte pour le leadeurship du groupe, on se rapproche et on se déchire : on fait société avec une totale désinhibition due à l’absence de corps, de mimiques, de contrôle social aussi, du fait de la distance physique et de la proximité intellectuelle. On se joue des guerres de purs esprits avant de se rendre compte que c’est aussi réel qu’un poing dans la gueule.

Le cyberespace m’a modifiée. Il a modifié chacun de nous et pas seulement les natifs numériques. Il a même changé ceux qui n’y vont pas, ceux qui ne pratiquent pas. Il a bouleversé notre cosmologie, notre rapport au monde, à nous-mêmes, aux autres. Il a créé la possibilité de démultiplier nos identités, d’être des personnalités augmentées.

En 10 ans, je ne pouvais que changer, mais je l’ai fait dans la révolution numérique, c’est-à-dire d’une manière imprévue et différente de ce que j’aurais fini par être comme quadra aujourd’hui si le Net n’avait pas été le Net.

C’est dans le vivier dématérialisé du Village que se sont construites les amitiés qui m’ont modelée. Bien sûr, cela aurait été vrai aussi dans un monde analogique, mais je n’aurais pu être touchée par les mêmes personnes ni par les mêmes idées. Dans le monde que nous occupons avec nos corps, j’aurais été limitée d’abord par la proximité géographique et ensuite par le contexte social. Dans la socialité analogique, nous côtoyons essentiellement les gens qui vivent près de chez nous, les collègues de travail, la famille. L’essentiel de nos amis se recrute dans ce cadre restreint et donc toujours avec une très grande homogénéité sociale. On fréquente des gens dont les modes de vie sont semblables aux nôtres : on vit dans les mêmes quartiers, on a le même genre de boulot, on fait nos courses dans des endroits similaires, on mange plus ou moins de la même manière, on a des tas de références communes, on vit dans un petit univers cohérent dont on ne peut pas s’empêcher de finir de penser qu’il est la norme, ce qui exclue de facto toute forme d’altérité.

Dans la vie numérique aussi, qui se ressemble s’assemble, mais cela se fait au niveau des idées, des opinions, des passions, des centres d’intérêt. Au lieu d’une vie généraliste, on se construit une vie spécialisée et communautaire, un système d’échange instantané sur lequel le soleil ne se couche jamais. Et dans ce monde sans substance, les liens qui se nouent ne sont pas moins forts ou moins durables que dans la vie réelle… parce que c’est aussi notre vie réelle.

C’est au Village que j’ai appris à écrire.

Non, je savais déjà écrire… mais pas cette manière. Pas de la manière dont Pierre-Emmanuel Muller avait appris à écrire : le style journalistique, celui où l’on enlève le gras pour ne garder que l’essentiel, celui où l’on démontre, où l’on doit se concentrer sur les faits, éliminer les spéculations, recouper les sources.

Pouvoir partager, échanger aussi facilement est un processus purement révolutionnaire dont nous ne saisissons pas encore toutes les implications concrètes. Mais cela nous a tous totalement transformés, probablement jusque dans nos processus mentaux les plus intimes.

Je ne sais plus qui j’étais il y a 10 ans quand j’ai ouvert Le Monolecte. J’avais déjà une toute petite communauté de gens que j’appréciais et avec lesquels j’échangeais quotidiennement. Après l’expérience du Village et celle d’Altermonde, je ressentais le besoin d’être autonome, d’être le seul maitre à bord, d’avoir une totale liberté de ton et de choix de mes sujets. Le blog était la forme émergente de participation la plus simple à utiliser sur le Net. Il permettait une révolution encore plus profonde puisque nos écrits y sont immédiatement lus et commentés. Il n’y a plus aucune distance entre l’émetteur et le récepteur, plus de délai, plus d’intermédiaires… plus de média, en fait. Chacun de nous devient son propre média, rajoute une couche à sa propre complexité.

10 ans après, je suis à la fois la même et quelqu’un de complètement différent.

Dans le monde réel des connexions qui se font avec la plante des pieds, je suis une petite bonne femme parmi les autres. Un féminicule pas très remarquable qui vaque à ses occupations triviales dans une petite vie bien réglée dans une zone très rurale de Gascogne.

Mais en même temps, je suis aussi devenue ma propre marque. Comme une extension bizarroïde de ma personnalité. Quelque chose qui me ressemble sans être totalement moi.

Je pense que ce qui nous fait, ce sont les autres : les rencontres, les échanges, les discussions, les moments en communs. C’est ce qui ajoute des couches à l’ognon de notre être. Et Le Monolecte a ajouté beaucoup de couches, a ouvert beaucoup de possibilités, de doutes, de questions, de confrontations, d’ailleurs.

Une partie des gens avec lesquels j’interagis chaque jour interagissent prioritairement avec Le Monolecte, mais ce sont mes pensées, mes choix et mes possibilités qui sont directement concernés par ces échanges. Sans Le Monolecte, mon univers aurait 60 km de rayon, à peu de choses près, et mon dossier de contacts contiendrait moins de 200 personnes. Nettement moins.

Sans Le Monolecte, je n’aurais pratiquement pas voyagé ces 10 dernières années. Ou pas… Disons que parce que Le Monolecte existe, j’ai été invitée dans des endroits où je n’aurais pas été invitée autrement, j’ai parlé à des gens que je n’aurais pas pu rencontrer autrement, j’ai créé des passerelles qui n’auraient pas pu exister autrement.

Bien sûr, les équations s’équilibrent. Sans le Monolecte, mon rapport au monde aurait été profondément différent de ce qu’il est aujourd’hui, ma compréhension même de notre société et de la place que nous y tenons aurait été profondément différente. J’aurais probablement fait des choix de vie radicalement différents, j’aurais eu d’autres amis, certains que je n’aurais pas perdu, d’autres que j’aurais pu rencontrer. Sans mes prises de positions radicales, il est possible (mais pas absolument certain) que j’aurais pu retrouver un boulot salarié dans le bled. Certains m’auraient beaucoup pardonné, d’autres non.

Je pense que même au sein de mon couple, de ma famille, de mes rapports avec ma fille, tout ce que j’ai pu exprimer de manière publique ainsi que tout ce qui est devenu inexprimable ont profondément modelé mes interactions.

Le fait que Le Monolecte est l’expression de mon rapport au monde et la compilation de mes réflexions à ce sujet, qu’il est possible à n’importe qui de commenter mes propos et donc de faire évoluer ma pensée est constitutif de mon identité sans pour autant la résumer.

Je suis la somme de mes souvenirs, de mes pensées, de mes écrits, mais aussi le produit des interactions avec mes lecteurs, d’échanges construits et suivis pendant 10 ans.

Ce n’est pas rien, 10 ans. C’est le temps qu’il a fallu à ma fille pour passer de l’état de bébé à celui d’ado. Tout comme moi, elle est devenue quelqu’un de radicalement différent tout en étant construite par nos interactions, y compris celles que j’avais avec mes lecteurs à son sujet.

10 ans, c’est le temps qu’il m’a fallu pour prendre des rides et des cheveux blancs, c’est un huitième du temps qui m’est théoriquement imparti, c’est un déménagement, trois présidents, une crise économique, des tas de guerres partout, trois voitures différentes, 46 964 photos, un gosse, toujours les mêmes deux chats, 3652 journées plus ou moins bien remplies, 3652 € pour un forçat de la terre qui vit avec 1 €/jour.

C’est aussi 687 articles, 48 031 commentaires, 3 269 178 pages vues, 2 252 701 visites uniques (depuis septembre 2006, j’ai perdu les stats d’avant), un prix et des tas de rencontres.

C’est beaucoup et ce n’est rien.

Merci pour tous ces moments.

112 réponses
    • Agnès Maillard
      Agnès Maillard dit :

      Le Monolecte n’existerait pas sans toi, Étienne, mais tu le sais déjà.
      Et oui, tu as bien reconnu notre Heisenberg perso. Je trouve qu’au final, une bonne photo, c’est ce qui montre ce que l’on cache habituellement 😉

      Répondre
    • Valere
      Valere dit :

      Perso je préfère aussi décennie, mais il paraît que décade est également admis (ou au moins discuté).
      On va pas pinailler: on en reprend pour 10 ans ferme sans discuter.

      Répondre
      • saxo
        saxo dit :

        décade… décadence… moi j’aime bien 😉
        Merci Agnès.
        Le monolecte est le seul blog que je lis régulièrement, et je n’y trouve que de la matière intéressante… Et des interlocuteurs qu’on finit par apprécier sans les avoir jamais rencontrés… Merci, Agnès, pour cette expérience (moi qui n’ai découvert cet endroit du net qu’en 2007, à la suite de la grande félonie anti-démocratique d’alors).

        Répondre
  1. Benoit
    Benoit dit :

    1 – Bravo
    2 – Merci
    3 – pour les 10 ans qui viennent je te souhaite
    – une augmentation modérée de la concentration de rides et des cheveux blancs
    – la disparition des présidents avec leurs guerres et leur crise économique
    – une voiture solaire en bois recyclé
    – 46 964 photos de plus,
    – que les deux chats aident ton gosse à bien entretenir sa mobylette

    Répondre
  2. had
    had dit :

    J’ai pas vraiment l’impression que ternet nous change réellement et même parfois il peut fossiliser. A part trouver des infos plus facilement, le reste de la structure personnelle n’évolue pas, elle est seulement mieux mise en évidence comme un mur permet de vraiment se rendre compte qu’on a un crane en se tapant contre. Internet est aussi donc beaucoup un mur numérique-neuronal, c’est peut être même son intérêt inconnu majeur.

    Répondre
  3. politeeks
    politeeks dit :

    Comme dit dans Twitter, merci à Jacques Rosselin de nous avoir permis de nous rencontrer « IRL ».
    Ton billet est juste et précis.

    Mon blog politique n’a pas 10 ans, il date de fin 2006 et est en sommeil profond, par ce que tous ces trucs a la fin ça use, épuise.

    Neuneu.org date de 2000 , je dois y publier 1 billet pour 2014 je crois.

    Répondre
  4. dedelajoie
    dedelajoie dit :

    je ne sais pas si ça fait 10 ans, mais je me rappelle de toi des débuts, de tes textes, des fois ou je les imprimais pour les lire tranquillou « plus tard » (qu’est ce que tu as couté à mes clients en papier!), de toutes les autres fois où je me suis dit « putain, c’est ça c’est exactement ça » en te lisant.
    Et c’est exactement la même chose ce soir.
    Merci encore

    DL

    Répondre
  5. ti suisse
    ti suisse dit :

    je pensais, au goût du jour, maintenant et ici.. 10 ans d’élan, inspiration aspiration, passion et take off.. bien sur des camarades, une communauté (oui, on peut dire) bon il a fallu qql gamberge et échafaudage, certain plus avisé, averti, car il fallait quand même savoir viser.. c’est sûr, il n’y en a pas d’autres, la seule du quartier..

    alors le bébé, disons l’ébauche, le contraire d’une carcasse s’est envolée.. ah le temps passe et il file ! surtout ne pas le rater, oh il n’est pas bien gros l’objectif: savoir, comprendre, échanger des trucs..

    ouiz félicitation ! dans la vie ouille-ouille y a pas que des cactus aussi du kiffe, salut les copains, bon annive niña ..cado: p’tit miroir de Rosetta..

    Répondre
  6. babelouest
    babelouest dit :

    Si Agnès n’était pas là, il faudrait l’inventer, foi d’animal. Mais la personne capable d’inventer Agnès est unique, c’est Agnès elle-même.

    En presque vingt ans de ouaib, je n’ai jamais rencontré un autre site aussi continuellement intéressant, et capable de faire dresser l’oreille à chaque nouveauté. Allez, Agnès, encore quatre fois dix ans de bonheur, ce sera merveilleux.

    Répondre
      • Pierre M. Boriliens
        Pierre M. Boriliens dit :

        Quand j’entends parler de « Le Village », je ne peux pas m’empêcher de songer à celui-ci :

        – Où suis-je ?
        – Au Village.
        – Qu’est-ce que vous voulez ?
        – Des renseignements.
        – Dans quel camp êtes-vous ?
        – Vous le saurez en temps utile. Nous voulons des renseignements. Des renseignements. Des renseignements.
        – Vous n’en aurez pas.
        – De gré ou de force vous parlerez.
        – Qui êtes-vous ?
        – Je suis le nouveau numéro 2.
        – Qui est le numéro 1 ?
        – Vous êtes le numéro 6.
        – Je ne suis pas un numéro, je suis un homme libre…
        – Ha ! Ha! Ha !

        Assez prémonitoire, je trouve, du monde contemporain…

        Répondre
  7. Rosselin
    Rosselin dit :

    Je me souviens du premier billet découvert sur ton blog en 2008. Il faudrait que j’en retrouve le titre. Et de Labarde qui l’avait défendu en conférence de rédaction (c’est beaucoup dire, on était trois dans le bureau qu’il partageait avec Philippe Cohen). Ton billet l’avait ému, il nous a ému, on l’a publié dans Vendredi hebdo. Je me souviens qu’il était fort, clair, très bien écrit et humain, et qu’il m’avait conforté dans l’idée qu’il y avait bien une « nouvelle info » et qu’il fallait bien faire un nouveau média avec ces billets là. On en a publié d’autres.

    Tu es venue nous voir à Paris, pour concevoir avec nous un numéro « femme » le 8 mars 2009. C’était bien.

    Je suis content de te lire encore aujourd’hui et d’avoir gardé le contact.

    A bientôt,

    JR

    Répondre
  8. Humafred
    Humafred dit :

    Moi qui ne te lis que depuis deux ans et demi, je me rappelle de ce petit matin de 2012 sur Inter, dans le 5/7. Poser une voix sur des mots, cette sensation de redécouvrir quelqu’un…
    Longue vie au Monolecte.

    Répondre
  9. Claudius
    Claudius dit :

    C’est au Village que j’ai fait la connaissance d’Agnès et c’est elle qui m’a poussé à ouvrir mon blog.
    Bon anniversaire Agnès et merci de me faire réfléchir depuis tout ce temps, tout seul j’ai la flemme.

    Répondre
    • Agnès Maillard
      Agnès Maillard dit :

      C’est fou ce que j’ai appris au Village… putain, ça chiait des bulles. Mais après ça, je n’ai plus jamais eu peur des trolls et c’est grâce à ma meilleure ennemie que j’ai décidé d’écrire sous mon identité réelle, même si cela a probablement gâché mes chances d’être agent double au pays du capitalisme heureux (et des putains de salaires décents!)

      Répondre
  10. smolski
    smolski dit :

    Par l’engagement que tu y tiens Agnès, le Monolecte assemble sur la Toile le chaos de nos idéaux comme s’assemblent les gouttes d’eau d’une même vague roulant sur l’océan.

    Merci 🙂

    Répondre
  11. Phlune
    Phlune dit :

    Bon, ok, j’ai plus que 9 ans et demi à tirer pour crouler sous les éloges, pffff ….

    En 2010, t’en souvient-il, j’avais choisi un de tes billets dans mes sujet du bac litté …
    (Candidate libre, à 51 ans, je pouvais me permettre …)

    J’ai eu mon bachot quand-même, remarque 😉

    Bisous Agnès …

    Répondre
  12. had
    had dit :

    Beaucoup d’effusions, mais est ce utile, nécessaire, voire même bienfaisant ces célébrations élimées comme une queue de comète disparaissant dans le néant du temps cosmique infini ? Les joies passées ne sont pas des plats que l’on réchauffe à la friction de la répétition mécanique, ni même oniriques, dans un combinat de machines désirantes.

    Répondre
      • had
        had dit :

        Les cocaïnomanes ou alcooliques te diront pareil. Juste de l’immédiat pour le toujours qui ne dure pas plus que le lendemain des jours plombés. Il n’y a pas de bonheur partagé, mais seulement du bonheur de circonstances hasardeuses, en dépit de toutes les haines enfouies profondément qui se rappellent à l’impromptu. C’est ça la réalité du monde des humains qui se fracassent la tronche à la première occasion après s’être embrassés puis baisés par tous les moyens à la première occasion survenue. Cessons la crédulité, l’humain est un chimpanzé arriviste de pognon, d’amour, de sensiblerie branlante, de notoriété… toutes ses tares transcendent tous les clivages idéologiques ou charismatiques mis en paravent décoratifs. Cessons les désillusions.

        Répondre
        • had
          had dit :

          Que fait A Maillard ? Sinon faire comme tous, capitalistes, gauchistes éperdus de justice, ecclésiastes… sinon trouver un troupeau pour lui tenir chaud les jours de bise au nom de la justice sociale, comme d’autres recrutent un troupeau de moutons pour leurs autres causes toutes aussi improbables de castes.

          A la fin, ce sont toujours des moutons, égoïstes ou généreux, mais des moutons quand même, qui se feront tondre ou guillotinés quand même.

          Répondre
        • Pierre M. Boriliens
          Pierre M. Boriliens dit :

          « … l’humain est un chimpanzé arriviste de pognon, d’amour, de sensiblerie branlante, de notoriété… »

          Je me suis toujours demandé pourquoi des gens prétendaient cela. Et la seule raison que j’ai trouvée jusqu’à présent c’est que ça leur permettait de se justifier à eux-mêmes que dans le fond ils n’étaient guère différents des autres…

          Répondre
          • Agnès Maillard
            Agnès Maillard dit :

            Oui, Pierre, c’est même ce que j’écris ici au sujet de l’homogénéité sociale : nous avons tous tendance à penser nos congénères en fonction de ce que nous sommes, nous considérant par défaut comme normaux. Évidemment que c’est projectif. Partout, la norme de vie est excluante et elle rend conscients d’eux-mêmes ceux qui ne correspondent pas à la majorité. Dernièrement, c’est mon plombier qui m’en parlait. Bien qu’étant né ici, il n’a aucun goût pour les activités qui définissent l’homme du coin : il n’aime ni la chasse, ni le rugby, ni les courses landaises. Du coup, il est moins intégré.
            J’ai remarqué que les gens ont toujours tendance à te reprocher… ce qu’ils sont.
            Du coup, un système social entier qui fait la chasse aux pauvres tricheurs, menteurs, fraudeurs en dit assez long sur l’état d’esprit réel de ses élites…

          • had
            had dit :

            Évidemment qu’il y a du projectif, la bonne blague que voilà, et c’est pas parce que vous le savez que vous êtes exempte de faire de même à l’insu de votre plein gré…

          • had
            had dit :

            C’est quand même tristounet d’avoir aussi peu d’imagination, voire d’intelligence, pour pondre un truc aussi lapidaire comme un fer à repasser qui fait plouf du fait de sa lourdeur et de l’attraction terrestre.

          • Noblejoué
            Noblejoué dit :

            @ Pierre de Boriliens

            Je vois trois autres raisons possibles, la déception, le désir de ne pas passer pour naif et celui de ne pas devenir une victime.
            Mais je pense qu’il peut y en avoir d’autres.

          • had
            had dit :

            Noblejoué

            « Je vois trois autres raisons possibles, la déception, le désir de ne pas passer pour naif et celui de ne pas devenir une victime. »

            Vrai pour un 1 et 3, concernant 2 c’est faux puisqu’il s’agit seulement de ne pas être naïf. Le désir de ne pas passer pour naïf, je m’en bats les boules depuis toujours. 1 + 3 + 2 corrigé me convient tout à fait.

          • had
            had dit :

            Noblejoué

            Qui n’a pas de déception est celui qui n’a pas d’illusions, qui donc ?
            Qui veut devenir une victime ?

            Le désir de ne pas passer pour naïf, ce désir semble te concerner, rapport au thème de la projection et çui qui dit qu’y est. Les concepts les plus puissants sont toujours des boomerangs potentiels…

        • smolski
          smolski dit :

          had : « Cessons la crédulité, l’humain est un chimpanzé arriviste de pognon, d’amour, de sensiblerie branlante, de notoriété… »

          S’il n’était que cela !
          C’est parce que nous avons le choix de tout cela, et autant de tout le reste qui nous habitent communément que chaque humain est différent de lui-même comme de chacun en continu.

          Sans ce choix, l’immortalité et son ennui paradisiaque s’étendrait à l’infini sur tous, tous égal.
          Avec ce choix, l’individu se compose de l’ensemble des possibles qu’il accomplit ou non à chaque instant, et lui seul parmis tous.

          Répondre
          • had
            had dit :

            « C’est parce que nous avons le choix de tout cela »

            Le seul choix c’est d’accepter de le voir ou de ne pas le voir, avec des conséquences différentes selon le choix.

          • smolski
            smolski dit :

            had : « Le seul choix c’est d’accepter de le voir ou de ne pas le voir, avec des conséquences différentes selon le choix. »

            Si pour le voir tu te caches tout le reste, ne te rends-tu pas plus crédule davantage encore puisque abandonné de tout et de tous ?

        • saxo
          saxo dit :

          « il n’y a pas de bonheur partagé »

          P’tain had, mets toi à la musique d’orchestre…
          Ce qu’on y cherche, c’est pas l’égo, c’est la quintessence du groupe sans la quelle aucun résultat n’est possible. Et le résultat est un bonheur partagé non fortuit. Que ça te plaise ou non.

          Chez les chimpanzés, y’a les bonobos qui baisent au lieu de se foutre sur la gueule… Ca apaise les tensions.
          Tu réduis l’humain à ses tares « enfouies profondément ». Comme si elles dominaient tout le reste…
          Un peu facile comme religion.

          Répondre
          • babelouest
            babelouest dit :

            Merci Saxo.

            Pas loin de chez mes enfants, on trouve « la Vallée des Singes ». Qu’on ne s’y trompe pas, bien que ce soit dans un coin perdu de la Vienne profonde, assez loin du Futuroscope, c’est un lieu magique, à rencontrer ipso facto.

            On y contemple avec délices la plus importante concentration de bonobos d’Europe, voire du monde, qui y vivent dans des conditions remarquables, voire idylliques. Pour tout humain en régression terrifiante, c’est l’endroit pour calmement reprendre ses marques. Je pense que beaucoup de nos compatriotes devraient en faire une cure, en particulier et d’urgence les politiciens qui contre nos volontés administrent nos avenirs.

            Pour ceux qui ne savent pas ce que sont les bonobos, ce sont des quadrumanes apparemment proches des chimpanzés : à ceci près que à la différence de leurs presque congénères, ce sont des êtres doux, qui règlent la presque totalité de leurs conflits au cours de relations… très… intimes. Pour les autres, dignes contrepoints des bellicistes les plus agressifs, je vous conseille de rester loin des arbres (souvent élevés) d’où ils peuvent vous asséner cailloux et autres machins contondants.

          • had
            had dit :

            Les tares ne sont pas du tout enfouies, elles sautent aux yeux en permanence que ça en devient aveuglant toute cette connerie et lourdeur de plomb y compris dans les orchestres militaires ou pas, ou chez les bonobos qui peuvent bien s’enc… sans que ca m’en touche une.

          • saxo
            saxo dit :

            Eh beh,

            Pour l’enfouissement, je ne fais que reprendre tes mots :
            « en dépit de toutes les haines enfouies profondément qui se rappellent à l’impromptu…. »

             » y compris dans les orchestres militaires ou pas, » qu’en sais tu? Mets toi à la musique, on en reparlera après. Tu dis n’importe quoi.
            (et je n’ai jamais parlé d’orchestres militaires, que, d’ailleurs, je connais aussi pour y avoir fait mon service)…

            et enfin, pour les bonobos.
            C’est toi qui parles des chimpanzés et qui rejette l’argument ensuite.

            Bravo, grand.
            Avec des arguments pareils, tous pleins de bonne foi et d’intelligence, on avance à grands pas dans la constructivité.
            Allez,
            Tchô!

          • smolski
            smolski dit :

            had : « Les tares ne sont pas du tout enfouies, elles sautent aux yeux en permanence »

            C’est l’éternel histoire du verre à demi-plein ou à demi-vide.
            Si tu ne te penches que sur le vide, tu ne boiras jamais un bon coup, c’est à dire sans amertume !

            Autrement dit had, on peut chacun choisir de vivre dans un état social différent, celui que tu proposes avec tes arguments aussi justes soient-ils est cerné par un reseau de fil de fer barbelé qui ne laisse entrer personne ni ne permet jamais à personne d’en sortir.

            Et comment on te retrouve au bar alors ?

          • had
            had dit :

            smolski

            Je me penche sur le verre plein, je ne me penche pas sur le verre vide.

            Je me penche encore sur le verre à demi plein, mais pas sur le vide.

            Quand le verre penche trop, je le remets debout sans trop me pencher.

          • smolski
            smolski dit :

            had : « Quand le verre penche trop, je le remets debout sans trop me pencher. »

            C’est exactement ça had !
            Ce qui nous détermine ne sont pas nos fondements ni nos capacités mais les choix que nous faisons avec.

            Hors, par tes propos, tu t’attaches aux fondements pour déterminer qui nous sommes individuellement.
            gandhi n’est pas bush ni heissel n’est pas heichmann !

  13. Boogie
    Boogie dit :

    J’ai été pendant quelques années très assidu de ce lieu, que je n’ai néanmoins pas perdu de vue. Ces mêmes années ont été celles d’une frénésie de commentaires. Et puis j’ai quitté la participation à ce monde numérique, pour me contenter de lire. J’écris ailleurs maintenant. Je garde un très beau souvenir de cette expérience que tu décris très bien dans ton texte. Ce que j’y ai construit est une éducation politique, et je te suis quand tu sous entend qu’on rencontre plus « d’altérité » sur internet. J’y aurai accolé le terme de « radical », juste comme ça.
    Cordialement Agnès

    Répondre
  14. Noblejoué
    Noblejoué dit :

    @ Had

     » Il n’y a pas de bonheur partagé, mais seulement du bonheur de circonstances hasardeuses, en dépit de toutes les haines enfouies profondément qui se rappellent à l’impromptu »
    Vous rendez-vous compte qu’on peut inverser votre phrase ?
     » Il n’y a pas de malheur individuel, mais seulement du malheur de circonstances hasardeuses, en dépit de tout l’amour enfoui profondément et qui se rappelent à l’impromptu ».

    Vous semblez dire qu’il n’y a pas de bonheur partagé sous prétexte que le bonheur est fugace.
    Autant dire que la vie n’existe pas parce qu’elle s’achève par la mort, et que le plaisir n’existe pas parce que la souffrance existe aussi.

    D’autre part vous semblez dire que l’Homme est mauvais.
    A votre décharge, je l’ai cru.

    Maintenant je pense qu’il n’existe pas assez :
    Souffrant, mourrant, mimétique (oh là je vais me faire allumer par je ne sais plus son nom opposé à cette théorie) et lyncheur.

    Si vous pensez que la situation est mauvaise, vous pouvez vous en divertir, voire même essayer de la changer.
    Cela dit sans me prendre pour un berger ou vous un mouton.
    L’homme est certes une sorte de chimpanzé. C’est aussi comme l’a dit je ne sais plus qui un « dieu à prothèses ». Question de point de vue.

    Répondre
    • had
      had dit :

      Il n’y a pas de bonheur partagé car le bonheur est une affaire subjective et relative à une perception qui ne peut être que personnelle, prétendre le contraire est une falsification du réel et de l’individu qui n’est pas le cosmos, mais une partie très limitée du cosmos.

      Répondre
        • Noblejoué
          Noblejoué dit :

          @ Had

           » Je suis heureux a du sens, on est heureux n’a pas de sens, car on est un con. »

          Personne ne voit exactement les mêmes couleurs qu’un autre (il y a même des gens qui voient en noir et blanc) et pourtant on (qui est un con) voit tous quelque chose, et regardant dans la même direction, la même chose.
          Avec des nuances bien sûr.

          Pareil pour le bonheur.
          Si dans un couple, deux personnes sont heureuses l’une par l’autre, eh bien, leur bonheur quoique différent pour chacun, n’en sera pas moins commun.

          Evidemment, plus il y a de monde et de gens différents, plus l’harmonie est difficile à trouver, voire la taille des orcherstes aussi.

          On est un con se dit pour se moquer à raison de ceux qui ne s’assument pas.
          Cependant le on peut aussi être une façon de dire je ou nous selon les cas, en principe faciles à comprendre par le contexte.
          Cômprendre le contexte est difficile quand on refuse par principe telle ou telle part, ombre ou lumière, du réel.

          On appele le contexte.
          Le bonheur et sa définition… bien des choses.

          Parce que l’homme, méchant chimpanzé commun ou gentil bonobo, est surtout doté d’une forte culture, en un mot d’un contexte lui permettant un partage d’expériences objectives et même subjectives dont le bonheur.

          Répondre
          • had
            had dit :

            Il n’en reste pas moins que le « bonheur partagé » n’est que le croisement circonstanciel de lignes de vies qui ne dure pas, pas plus qu’un coït.

            « Parce que l’homme, méchant chimpanzé commun ou gentil bonobo, est surtout doté d’une forte culture, en un mot d’un contexte lui permettant un partage d’expériences objectives et même subjectives dont » les guerres, les nationalismes tribaux et les holocaustes.

          • smolski
            smolski dit :

            had : « le « bonheur partagé » n’est que le croisement circonstanciel »

            Circonstanciel ne signifie pas qu’il n’existe pas ni donc qu’il n’est pas dénué d’empathie des uns aux autres.
            Que chacun le ressente à sa façon ne nie pas la communauté de l’instant. partagé, ni le sens du ressenti pour tous au même moment.

  15. smolski
    smolski dit :

    @ had Entendu ce jour à la radio :
    « Il n’y a pas d’altruisme si l’égoïsme n’existe pas. C’est juste une question de choix à faire vers l’un ou vers l’autre. »

    Tout ce que tu dénonces dans l’humain est vrai, c’est aussi tout ce qui l’enrichit des contraires.

    Répondre
  16. Guillaume
    Guillaume dit :

    Juste un petit mot d’un anonyme qui n’avait jamais entendu parler de ce blog, et qui le découvre par ce (comment peut-on appeler ça… bilan ? Regard ?)… cette réflexion sur dix ans dont moi je n’ai pas du tout été témoin.

    Tout le monde semble bien se connaître ici : sachez que même quand on débarque de l’extérieur, ces mots font profondément sens.
    Brillante réflexion. J’aime quand les mots, même affirmatifs, me questionnent…
    Merci.
    Très bonne continuation à vous.

    Répondre
    • Agnès Maillard
      Agnès Maillard dit :

      Merci pour ce petit mot gentil et bienvenue… en plus, y a tout plein d’archives à découvrir. À la limite, tu peux naviguer par thème, centre d’intérêt : tu tapes un mot dans la zone de recherche et tu vois ce qui monte comme papiers…

      Répondre
  17. Bracam
    Bracam dit :

    Entendu à la radio, tiré des Lettres de mon moulin – la haine, c’est la colère des faibles (La diligence de Beaucaire). Je me demande si ce n’est pas sur internet que je l’ai découverte vraiment. Et vous en parlez précisément dans ce billet, je n’ai donc pas rêvé. Ces coups de poings électroniques en pleine poire, et le plus étonnant pour moi, ces hordes de gens qui croient normal de les porter à l’estomac et à la tête des autres pour des raisons que je ne parviens pas à comprendre, et qui nient avec plus de morgue encore que cela existe. D’énormes souffrances parfois, et combien ont-elles fait ricaner, combien ont-elles multiplié le mépris, la bêtise et la méchanceté pure. Des amitiés virtuelles qui semblent vraies, effectivement tellement plus diverses et en apparence plus ouvertes que dans notre quartier. Mais il est plus difficile probablement de les entretenir que celles dont nous nous satisfaisions « dans la vraie vie » d’antan où il fallait bien se parler et assumer une petite existence charnelle (une grande c’est bien aussi, mais c’est plus rare).
    Les distances physiques elles n’ont pas changé, et je crains même qu’elles ne reprennent toute leur importance avec le monde qui vient et l’âge qui est une raison. J’ai eu besoin de rencontrer plus d’une personne croisée sur des forums, j’ai pu le faire et je pensais que cela était encore meilleur. Devrons-nous verser plus tard dans la virtualité pure, et l’entretenir aussi précieusement que nous nous rencontrions l’un chez l’autre ? Réinventerons-nous en contrepartie la relation de proximité, celle du village, augmentée, soit, de nos voyages et rencontres mondialisées par internet, parce que finalement le frôlement de la pensée reste orphelin sans le bruit, le parfum, le toucher ? Mais surtout, comment ne pas haïr plus demain qu’aujourd’hui, question intime, vulgaire dirait-on puisque de nature à heurter la bulle de l’autre. C’est bien ce qui me frappe dans votre blog encore à rencontrer : cette ouverture peut-être bien de l’âme, puissiez-vous ne pas vous tromper ni nous de même, ce doux rêve et cette révolte, ces coeurs perdus et ces mots retrouvés. Qui pouvait-il croire que cela était possible aujourd’hui, dans ce monde-là ? Je vais essayer encore d’en prendre la mesure, d’en faire bon usage, le temps presse. Enfin, votre billet est une source vive, c’est aussi un « drôle de bilan ». A demain, des pieds et des mains, et d’un peu de coeur.

    Répondre
  18. Noblejoué
    Noblejoué dit :

    @ Had

     » Les concepts les plus puissants sont toujours des boomerangs potentiels… »
    Je sais. Mais je l’ai recopié pour y faire penser ceux qui l’ignoreraient et me dédouaner en l’occurrence… Parce que je n’ai pas essayé de faire votre psychologie mais celle de toute personne semblant dans votre cas, je n’ai ni raisonné à partir de vous, que je ne connais pas, ni de moi, mais de tellement de cas que je les ai oublié comme on oublie comment on a appris que 2 et 2 font 4.

    Pour ce qui concerne la naiveté, si dans certains milieux il ne faut pas paraitre naif, je dis moi qu’il faut être et ne pas être naif. Pas être naif, ne pas refuser de voir la réalité. Etre naif : c’est pareil.
    Il ne faut pas refuser de voir ce qui ne va pas, les ombres, mais il ne faut pas refuser de voir la lumière non plus.

    Autre chose : les questions ouvertes doivent le demeurer.
    En l’état actuel des connaissances, on il est impossible de trancher la question de savoir si l’Homme est libre. Les sermons pour ou contre sont d’autant plus passionnés… qu’incertains.

    Répondre
    • had
      had dit :

      L’homme n’est pas son propre libre arbitre en soi, « eigen » « für-sich » en allemand, mais il n’est pas déterminé complètement, ce sont les degrés de liberté des agencements qui sourcent la liberté au delà des intentions ou illusions d’optique personnelles, c’est sa part de liberté qui dépend peu de lui finalement, mais d’une « providence » vectorielle hasardeuse et incertaine. Personne n’a de boule cristal, donc personne ne détermine la liberté des devenirs.

      Il ne faut pas refuser la lumière, certes, mais les prétendues lumières sont elles toujours des lumières. Et refuser les fausses lumières ?

      Répondre
      • Noblejoué
        Noblejoué dit :

        @ Had

        A mon avis, nous n’en savons pas assez pour savoir si nous sommes libres.
        Nous n’en savons pas non plus assez pour déméler les vraies des fausses lumières….

        Alors ? Alors le temps, l’accumulation d’informations aidera à y voir plus clair sauf si la civilisation scientifique s’écroule.

        Je crois qu’il faut accepter tout ce que la science peut prouver de détermisme en nous – et parfois curieusement, l’inverse – et tout ce que l’inspiration de se croire libre inspire de mouvement généreux.
        Dans tous les cas, il s’agit de découvrir le monde.

        Simple préférence personnelle.

        Répondre
        • had
          had dit :

          La science montre que nous sommes moins libres que prévu, c’est l’occasion de devenir plus libre autrement en sachant que nous le sommes moins qu’espéré.

          Répondre
          • Noblejoué
            Noblejoué dit :

            @ Had

            La science semble montrer que nous sommes moins libres que le prétendaient certains… Mais on n’a pas attendu la science pour douter de la liberté de l’Homme, le destin, Dieu qui condamne certains à l’enfer et élit d’autres au paradis aussi.

            La culture non-scientifique est diverse.
            Et la cuture scientifique aussi.

            Ceci dit, il est vrai que c’est en sachant ce que sont nos limites et capacités que nous pourrons nous méfier de nos tarres et augmenter nos capacités.
            Enfin, si la société ne l’interdit pas, or je crois que la société, ou du moins les sociétés européenes, et notamment la française, feront tout ce qu’elles pourront contre l’augmentation des capacités humaines.

            J’en ressens une grande honte et tristesse, et m’en vais aussiôt penser à autre chose.

          • smolski
            smolski dit :

            had : « La science montre que nous sommes moins libres que prévu, c’est l’occasion de devenir plus libre autrement en sachant que nous le sommes moins qu’espéré. »

            Comme le bonheur plus ou moins, la liberté n’a pas d’échelle de plus ou de moins, tous deux sont circonstanciels à chacun.

            Sinon, jolie formule had et qui donne à réfléchir par soi-même.
            Je me suis permis de la recopier au bar d’un forum de mes fréquentations assidues et dans mon blog. 🙂

      • smolski
        smolski dit :

        had : « Il ne faut pas refuser la lumière, certes, mais les prétendues lumières sont elles toujours des lumières. Et refuser les fausses lumières ? »

        Accepter, contester ou refuser les lumières sont tous trois égaux en détermination pour ce qui nous concerne.
        L’identité n’est pas l’éthique du monde, elle nous revient seule et nous seule la déterminons pour nous-mêmes.

        « Que celui qui n’a jamais péché lui jette la première pierre. »

        Et y sont tous partis, les enfoirés ! 😀

        Répondre
  19. Noblejoué
    Noblejoué dit :

    @ Had

     » Il n’en reste pas moins que le « bonheur partagé » n’est que le croisement circonstanciel de lignes de vies qui ne dure pas, pas plus qu’un coït. »

    Voilà, c’est le principal problème de l’Homme : la mortalité.
    Comment l’Homme s’aimerait-il et tant qu’on y est, aimerait-il son prochain, alors qu’il est mortel ?
    Mortel, son destin, comme celui de la nourriture périmée ou du relief du repas, est la poubelle. Le monde montre a l’Homme le peu de pérénité, donc d’importance, de son destin.

    Donc en principe, l’Homme ne se prend pas au sérieux, pas dans le sens humour, mais dans le sens dignité, recherche de vérité, d’amour et le reste.
    Enfin, là je parle de l’Homme qui pense que la mort est bien la mort, une broyeuse, pas une promesse de renaissance. Et avant, c’est mieux ? Je rigole, il y a des religions basées sur le sacrifice, l’interdit, qui ont données, hum, pourquoi insister ? Tout le monde le sait.Il y a aussi la religion de l’Histoire. On va changer l’Homme, homme nouveau par le changement social… Que de crimescommis en ce nom. Résultat ?
    On va dire contrasté.

    L’Homme désire a vide, il imite l’autre, confrontation, lynchage réconciliant tout le monde comme je l’ai dit. Super moral aussi. En voie de mieux ? On voit mieux les victimes, donc aide aux pauvres, femmes, handicapés, que sais-je ? Mais problème des regressions totalitaires.

    Cependant, la vraie cause de nos tarres est la mortalité.  » Noblesse oblige », dit-on, à juste titre. Mais la noblesse des mortels me semble, je ne dirais ni vraie ni fausse mais en devenir.
    A confirmer par la morale comme la recherche d’immortalité.

    Répondre
    • Noblejoué
      Noblejoué dit :

      En attendant, il n’est pas interdit d’avoir des bonheurs, circonstantiels, qu’ils soient individuels ou partagés.

      Joie que la joie fasse oublier la mortalité !
      Non frustration que la mort fasse qu’on ne puisse accéder à tous les coits ou tous les livress mais démonstration que l’univers est assez riche pour permettre une vie sans ennui et sans fin !

      En attendant, combattant le feu par le feu, il n’est pas interdit de fuir l’ennui ou les ennuis par la mort.

      PS Jésus n’aurait pas maudit les pharisiens, ce serait les chrétiens, leurs concurrents, qui l’auraient mis sous l’autorité de leur maître. Chrétiens et phrasiens sont à l’origine des Juifs réformateurs qui, cela ne vous surprendra pas, ne s’aimaient pas trop tout en allant précher l’amour du prochain.

      Pour le truc de dénoncer ce qu’on est pas, les Romains se vantaient d’être un peuple de bonne foi, ne se soumettant pas donc se moquaient implicitement des autres pas à leur niveau, sans doute aussi explicitment, mais là, rien ne me vient.
      Et ils avaient raison, peuple de la fides, peuple qui étonnait les Grecs en recomemnçant à sa battre quelque soient leurs pertes car refusant la défaite.

      Pour les individus, rien ne me vient là mais il arrive aussi de dénoncer ce qu’on n’est pas, ainsi les loyaux vomissent les traîtres, cette lie de la terre.

      Répondre
  20. Merome
    Merome dit :

    10 ans de blog dans 2 mois, pour ma part, et pareil : j’ai été transformé. Difficile de dire comment j’aurais changé sans internet, mais j’ai peine à croire que j’aurais autant progressé dans des domaines aussi divers que le pic pétrolier, la démocratie, la critique des médias, le rôle de la monnaie, la programmation PHP … sans internet.
    Maintenant, comment transformer toutes ces transformations en quelque chose de concret qui change vraiment le monde ? On bute tous là-dessus, je crois. Mais on va rien lâcher. On est en embuscade, attendant LE moment, derrière la même barricade.

    Répondre
    • smolski
      smolski dit :

      Merome : « Maintenant, comment transformer toutes ces transformations en quelque chose de concret qui change vraiment le monde ? »

      C’est au peuple qu’il revient de transformer le monde, si nous passons par une élité, nous ne pourrons que reproduire une société élitiste.
      Une fois le mouvement révolutionnaire lancé, il aura alors besoin d’idées pour transformer sa révolution selon des plans, avec des méthodes que ceux qui les auront intégrés lui proposerons alors, pas avant.

      Avant, il faut le désir révolutionnaire avant tout.

      Répondre
      • had
        had dit :

        La révolution se fait avec des gens de 20 ans bourrés d’hormones, téméraires et inconscients des risques, n’ayant aucun capital mobilier et immobilier à perdre. Nos sociétés sont votées par des quadra-quinqua-sexagénaires ayant un peu ou beaucoup de patrimoine, pas téméraires et à faible taux hormonal. C’est pas avec des branlants pareils qu’on renverse la table… Même des branlants, sans même un patrimoine, à partir de 40 ans n’ont plus le peps nécessaire pour casser la baraque. Ils ont leurs crédits, leurs gosses, leur boulot parfois idiot et aliénant. Ils sont déjà sur les rotules.

        Répondre
          • Bracam
            Bracam dit :

            C’est l’image même de la guerre qui m’est venue dès la première ligne. A commencer par la guerre civile, dans le monde de Had et ses branlants. Quel que soit l’aspect purement provocateur de Had, qui ne professerait pas le jeunisme sanglant que je crains de lire dans son propos, j’aimerais infiniment ne pas mourir dans l’exclusion brutale que des jeunes gens musclés se proposent d’établir, dès 40 ans si j’ai bien lu. 40 ans, c’était l’espérance de vie il n’y a pas bien longtemps, et dans un monde qui ne connaissait pas internet et le disque dur, les vieux qui survivaient étaient un peu la mémoire des peuples, comme Mélenchon l’explique dans une conférence ébouriffante à voir ici : https://www.lepartidegauche.fr/lateledegauche/conference/conference-jean-luc-melenchon-sur-son-livre-l-ere-peuple-30466 . Peut-être faudra-t-il trouver leur place pour que ces cacochymes centenaires désormais, que ceux que je prends pour des fous voudraient rendre immortels. C’est pas gagné.

      • smolski
        smolski dit :

        Je ne partage pas ton avis had.

        Le mouvement révolutionnaire populaire s’inscrit dans le fait d’être acculé à le faire par les pouvoirs en place, non par la conscience révolutionnaire mais par la situation faite contre tout le peuple et son désir de survivre, sans catégorie précise.

        Jusqu’à présent, ce sont les élites bourgeoises qui en ont profité en s’accaparant des actes révolutionaires afin d’en tirer le plus de profit possible pour eux et eux seuls, sans véritablement de changement social.
        Il y a donc une nécéssité à préparer tous les esprits à ne pas subir de nouveau la contre révolution, cette infamie récurantes de l’esprit bourgeois, et pour ce faire, à développer et à inscrire des alternatives désirantes partout où elles peuvent se loger, sans exclusion d’aucune sorte, jeunes, vieux, plus ou moins favorisés, riches, etc…

        Répondre
      • smolski
        smolski dit :

        Actuellement, les alternatives désirantes vont vers le fascisme, ce n’est pas un hasard de la part de la bourgeoisie régnante et c’est cela qu’il faut modifier obstinément sans arguer des mêmes principes.

        C’est en quoi la démocratie est fille du fascisme et non pas distincte de lui.

        Répondre
        • babelouest
          babelouest dit :

          Vive le « Autre chose », cet autre chose qui n’est pas dans les livres, ni surtout dans les médias, mais dans les cœurs, les tripes !

          Je connais le « Autre chose », porté par des militants de 20 à 70 ans et plus ! Non, ce n’est pas une question d’âge « officiel », mais de…. allez, je vais dire un GROS MOT : de conscience de classe. Il y a des vieux de vingt ans….

          Répondre
  21. Denis
    Denis dit :

    Oui, les blogs nous apprennent à écrire !

    Philippe Méoule me disait un jour à ton sujet : « c’est la plus intéressante de la bande ! » C’est là que j’ai commencé à te lire.

    Répondre
  22. Asociale
    Asociale dit :

    Je me souviens bien de la bande de [mode modération on]Je me souviens bien aussi qu’il y a ici une charte pas bien compliquée à respecter[mode modération off] de ton blog qui n’ont pas apprécié mon excellent résumé circonstancié sur le LKP Guadeloupe.

    et sinon , tu trouves ça audacieux d’aller twitter des conneries à Gérard Filoche ?

    Répondre
  23. Asociale
    Asociale dit :

    ce qu’il a à dire est sur le site de l’Humanité en vidéos.

    si je peux faire une suggestion, en titre :
    Quand Gérard Filoche a raison,
    il faut le dire.

    à éviter :
    Gérard Filoche :
    Super gentil est toujours bien content d’être au PS

    Répondre

Répondre

Se joindre à la discussion ?
Vous êtes libre de contribuer !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *