Stardust memories

C’est comme si j’étais née à l’âge de six ans

Les lumières de la villeLa gosse vient de monter à mes côtés dans la voiture et elle lâche cela dans l’élan sans même prendre le temps d’attacher sa ceinture. C’est dire si ça la perturbe.

  • Qu’est-ce que tu veux dire ?
  • Je suis en train d’oublier mon enfance!

Cela pourrait prêter à rire, venant d’une fillette de 10 ans, mais je comprends instantanément ce qu’elle veut dire.

  • Ça fait longtemps ?
  • Je viens de m’en rendre compte. Je n’arrive pas à me souvenir de quelque chose d’avant mes six ans, tout en sachant qu’il y a peu de temps, je m’en souvenais parfaitement.
  • Oui, je sais. Ça nous a toujours amusés, avec Papa, ta capacité de te souvenir de trucs de bébé. Mais faut pas t’inquiéter, je pense que c’est quelque chose de normal. Tu sais que ma mémoire aussi est bizarre : je peux me souvenir 20 ans d’un digicode ou d’un mot de passe ou de la place d’un fichier dans un ordinateur qui n’existe même plus et en même temps, je peux oublier le visage d’une personne, juste le temps de tourner les talons.
  • Je ne suis pas inquiète, c’est juste que ça fait bizarre.
  • Je me pose souvent des questions sur la mémoire et depuis toujours. Pourquoi on se souvient de certaines choses et pas d’autres, comment on s’en souvient, pourquoi on oublie, est-ce qu’on oublie vraiment ? Il m’arrive de vivre un moment tellement beau que je me dis « là, il faut vraiment que je m’en souvienne ». C’est comme si je voulais graver l’instant au burin dans la pierre, je veux absolument être capable de revivre cet instant à la demande, d’avoir tout qui remonte exactement comme je l’ai vécu, au moment même où je le vis : ce que je vois, ce que je sens, ce que j’entends, ce que je ressens et même, ce que je pense. Et tu sais quoi ?
  • Non.
  • Ça marche.

Je sais que je suis plus que la somme de mes souvenirs. Je suis aussi et surtout tout ce que j’ai oublié, mais dont je sais, confusément, que c’est toujours là, juste sous la surface de ma conscience, juste mal rangé, mal archivé, mais qu’un effort de concentration et de recherche suffisant pourrait probablement faire remonter à ma pleine connaissance. Parfois, je me rends compte que je ne me souviens plus que des souvenirs de mes souvenirs originaux. Une copie de copie de copie. Comme une réinterprétation de la réalité, un souvenir augmenté. D’une sensation fugace, je reconstitue patiemment le puzzle de l’instant, à travers d’autres souvenirs, plus ou moins reconstruits, des témoignages d’autres personnes (tu te souviens, le jour où nous avons fait cela ? Il faisait un temps superbe et l’air sentait le monoï), peut-être falsifiés, des photos, des tas de photos, pour garder les visages.

  • Tu sais, j’ai commencé à photographier autour de moi pour ne pas oublier.
  • Oui, tu me l’as dit.
  • Avant, je n’arrivais même pas à savoir ce que j’avais fait la semaine d’avant. Maintenant, quand un vieux me dit : « ho là là, mais quel temps, c’est pas compliqué, on n’avait jamais vu ça en cette saison! » et bien, je vais voir mon catalogue de photos et je vois que l’année dernière et les cinq années précédentes, il avait aussi fait un temps de chien au mois de mai, mais tous les ans, y a toujours un vieux qui n’a jamais vu ça de sa vie.
  • Et toi, tu te souviens de ton enfance ?
  • Plus grand-chose de la petite enfance, quelques moments de quand j’avais ton âge. Un jour, comme toi, je me suis rendu compte que c’était comme si je n’avais jamais été un bébé. Ça m’a profondément perturbée. Je pensais à mes parents, qui avaient toujours été vieux et je me suis rendue compte que s’ils ne me comprenaient pas, c’était juste parce qu’ils avaient oublié ce que l’on ressent quand on est un enfant. Ce jour-là, je me suis jurée de me souvenir de ce que l’on éprouve quand on est un gosse.
  • Et tu t’en souviens ?
  • À ton avis ?
  • Ouais, pas trop mal.
  • Tu sais, je crois que nous avons besoin d’oublier des choses. Mais je pense aussi, qu’en même temps, nous n’oublions rien, que la somme de tout ce que l’on a vécu est toujours stockée en nous, c’est juste qu’on n’a plus accès à tout, seulement à ce qui nous est nécessaire pour vivre et pour continuer. T’imagines ? Si on devait se souvenir d’absolument tout ce que nous faisons, vivons, pensons, ressentons, lisons, discutons ? Ce serait le bordel. Alors que là, on se souvient surtout de ce qui est important, même si ça ne nous paraît pas si important que cela. En fait, j’ai plusieurs théories, qui valent ce qu’elles valent. Nous trions nos souvenirs en fonction de ce qui nous intéresse, de ce qui nous émeut, de ce que l’on aime ou que l’on déteste. C’est très affectif, la mémoire. C’est donc très sélectif et c’est nécessaire pour nous permettre d’évoluer.
    Je pense aussi que la mémoire est liée à nos sens, à notre rapport au monde. Je pense que nous ne pouvons accéder facilement à notre petite enfance à cause du langage. Quand on est un bébé, on ressent le monde, mais on ne peut l’exprimer, parce que nous n’avons pas de mots pour ça. On voit des formes, des couleurs, des visages. Certains visages, certaines voix, certaines odeurs signifient la chaleur, la nourriture et la douceur. On s’y attache. Profondément. Puis les mots arrivent et on nomme les sensations et du coup, les souvenirs d’avant les mots ne sont plus accessibles, parce qu’ils ne sont pas archivés d’une manière compréhensible pour notre nouvelle façon de penser. Mais je pense qu’ils sont là, très forts et qu’ils façonnent en partie notre rapport au monde, des années plus tard. Des fois, tu rencontres des gens et tu ne sais pas pourquoi, mais du premier coup, tu sais si ça va le faire avec eux ou pas.
  • Oui, c’est vrai.
  • Je pense que ça ne vient pas du fait qu’on « lit » les gens, mais de ce qu’ils nous évoquent dans leur façon d’être, quelque chose qui a à voir avec un vieux souvenir oublié, mais encore actif. Parce que finalement, même si on change, il y a des choses en nous qui ne bougent pas, comme le noyau à l’intérieur du fruit, le cœur de l’oignon. Les expériences ajoutent des couches les unes par-dessus les autres et nous sommes la somme du tout : nous sommes le bébé du départ, le gamin, l’ado et tout le reste en même temps. Mais nous ne pouvons pas avoir conscience en permanence de tout cela, sinon, on ne vivrait plus.

La gosse a plus ou moins décroché. Elle finit toujours par décrocher. Parce que je ne m’arrête jamais à une réponse facile à l’emporte-pièce. Et je sais que ce n’est pas grave. Même ce qu’elle écoute d’une oreille, elle va quand même l’enregistrer quelque part en elle. Comme elle a déjà enregistré tout le reste avant, même quand elle était bébé et qu’on se demandait avec son père si c’était vraiment la peine de lui montrer des tas d’endroits et de gens qu’elle oublierait fatalement. Elle ne doit plus se souvenir de nos jeux et de nos rires de quand elle était bébé, mais je pense que c’est sur ce socle, ces sensations lointaines et informulées qu’elle a construit l’attachante petite personne qu’elle est aujourd’hui. C’est le terreau dont elle s’est nourrie et qui l’a fait grandir.

  • En fait, je crois que tu n’as pas fini d’oublier des choses.
  • Ah bon ?
  • Des fois, je me dis que l’adolescence, ça sert surtout à oublier tous les liens de l’enfance, les bons côtés des parents, pour ne plus en retenir que ce qui en fait des vieux cons.
  • Mais non, je ne serai jamais une ado comme ça.
  • On ne sait pas ce que tu vas devenir, mais je pense que ce n’est pas grave, je crois même que c’est un processus nécessaire : les ados doivent trouver les motivations nécessaires pour avoir envie de découvrir le monde et non pas de rester coller à leurs parents. De toute manière, la mémoire est quelque chose de mystérieux et de capricieux. Les vieux n’appartiennent plus au monde dans lequel ils dépérissent, ils s’ennuient et ils ne comprennent plus rien. Ils n’en gardent pas de traces alors que tous leurs plus anciens souvenirs, ceux qu’ils avaient précisément oubliés pendant leur vie d’adulte, reviennent à la surface.
  • Il paraît que les gens qui vont mourir voient le film de leur vie.
  • Je ne sais pas, mais mon ami Étienne m’avait raconté qu’il s’est tapé un sacré diaporama au moment où il a eu son accident de moto.
  • Mais, il est mort ?
  • Ben non, parce que sinon, il aurait eu du mal à me raconter, mais parce qu’il a pensé qu’il allait mourir, paf, c’est comme une digue qui a lâché et des tas de souvenirs de sa vie sont remontés brutalement à sa conscience. Finalement, on n’oublie rien, on n’oublie personne, on oublie seulement la manière de se souvenir des choses.
14 réponses
  1. Un partageux
    Un partageux dit :

    Je retrouve un jour l’unique prof de gym qui ne m’a pas rasé. Il s’est passé au moins vingt ans. Il se souvient de moi même s’il ne parvient plus à retrouver mon nom que je lui dis. Il me ressort dans la seconde mon prénom avec un détail précis de mes goûts musicaux d’adolescent qui n’étaient pas vraiment dans les normes usuelles !

    "J’arrive plus à me souvenir de tous mes anciens élèves. Ça me tarabustait jusqu’au jour où j’ai calculé que j’en avais eu environ vingt mille au cours de ma carrière." On accumule et vient le temps où la bibliothèque est pleine alors on commence à trier pour faire de la place…

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  2. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Bonjour Luce et contente de te croiser par ici. Pendant que j’écrivais ce texte, je pensais aussi à la mémoire des absents, mais c’était un développement ultérieur de ma pensée et je n’ai pas jugé utile de compliquer plus que cela. 

    Avec nos vies virtuelles, notre disparition l’est aussi un peu. J’étais connectée à François sur plein de réseaux et donc, je croise encore son profil, cela lui donne comme un ancrage dans le présent. La mémoire des vivants est le tombeau de morts, l’endroit où ils sont réellement célébrés et maintenus aussi en vie, d’une manière virtuelle et réelle à la fois. D’ailleurs je ne fais pas trop de distinction entre les morts et les absents, c’est juste que ces derniers continuent d’évoluer en dehors de moi, que je le sais, mais qu’ils ont aussi leur vie propre dans ma mémoire. Il m’arrive souvent de poursuivre la conversation avec mes absents. Je continue à recevoir ainsi des conseils d’amis qui me font la gueule depuis des mois ou des années. Je sais que c’est moi, mais en même temps, c’est aussi un jeu de l’esprit qui parle avec leur voix et leur manière de voir le monde, telle que je m’en souviens. De toute manière, chaque rencontre, chaque moment partagé avec un autre nous façonne et nous transforme. Je pense donc que chaque personne que j’ai aimé (ou détesté, aussi) fait un peu partie de moi. Nous sommes ce que nous sommes grâce aux rencontres et aux partages que nous avons eu avec autrui.

    Il n’y a pas de mal à se souvenir des bonnes choses, tant que cela ne nous empêche pas de vivre pleinement l’instant présent. La mémoire doit enrichir notre rapport au monde et non nous en couper. Elle doit aussi nous permettre de supporter l’insupportable et de continuer, parce que c’est là, je crois, le sens de la vie.

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  3. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    La petite enfance est substrat, pas un déterminant. Toute notre vie, nous accumulons les rencontres et les expériences, ce qui nous modifie. Je pense que les ancrage de la petite enfance sont effectivement terriblement puissants parce qu’inconscients, mais ils ne se suffisent pas à eux-mêmes. C’est pour cela que des expériences ultérieures te libéreront ou t’enfonceront dans ce que je vais appeler tes émotions primaires.

    Pour les rêves, je suis assez d’accord : je pense que c’est une porte d’accès à la partie immergée de l’iceberg de la mémoire. Je crois qu’à travers les rêves, nous pouvons agir sur la mémoire cachée, la retravailler, après coup. Mais je pense aussi que nous ne sommes pas des loups solitaires et notre mémoire ne concerne pas que notre expérience brute, mais aussi le savoir partagé de notre civilisation, ce brouhaha d’humanité dans lequel nous sommes en permanence plongés et dont nous n’avons pas spécialement conscience. Je sais que quand je discute avec quelqu’un, mon cerveau perçoit et archive bien plus de choses que le simple discours qui m’est donné. Il analyse en permanence les hésitations, les postures, les mimiques et il habille le discours d’informations complémentaires qui sont traitées et stockées de manière inconsciente. En fait, au delà des mots qui mentent souvent, on perçoit la vérité des gens et c’est cela, je pense, que nous appelons intuition. Il y a des gens avec qui tu te sens bien, des gens que tu peux "sentir" (ton cerveau traite aussi les stimuli olfactifs et je pense que le fait de sentir plus ou moins bien les gens est à prendre au premier degré!) et d’autres non, sans avoir d’arguments sensés pour étayer ces impressions.

    Notre mémoire stocke tout cela et c’est utilisé au gré des besoins.

    Après, je réfléchis aussi beaucoup à la question de la perte de la mémoire, la perte réelle et brutale due à la maladie, pas celle de la mémoire sélective. Je me demande jusqu’à quel point nous sommes ce dont nous nous souvenons, de manière consciente ou inconsciente. J’ai l’impression qu’une maladie comme Alzheimer nous oblitère littéralement, nous dissout plus sûrement qu’un bain d’acide. Il y a des gens qui croient que nous nous réincarnons de vie en vie. Mais, comme à chaque fois nous le faisons après un reset mémoriel, de mon point de vue, si cette croyance se vérifie, cela revient au même que de mourir définitivement. Donc, j’ai tendance à vraiment penser que nous sommes ce dont nous nous souvenons, de manière consciente ou inconsciente, même si l’accès ne peut se faire que par les rêves.

    D’ailleurs, à quoi rêvent les Alzheimer?

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  4. La compagne
    La compagne dit :

    Je suis très touchée par ce texte. Je m’y retrouve avec mes propres obsessions. Enfant je faisais des jeux avec ma mémoire, j’essayais de mémoriser le moindre détail d’un moment le plus anodin possible pour voir si je pouvais la contrôler j’imagine. Aujourd’hui j’oublie beaucoup plus qu’avant, la naissance de ma merveille d’abord, puis le décès de François ensuite, ont fait du tri dans ma mémoire. J’oublie la voix de François mais je me souviens parfaitement de son regard et du contact de son corps au mien. Et j’écris, j’écris, pour ne plus avoir à me souvenir …

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  5. jeab
    jeab dit :

    Bonjour Agnes
    Elle en a de la chance cette gamine d’avoir une maman capable de lui tenir de tels propos,la majorité des parents auraient évacués des la première phrase ou n’auraient tout simplement pas su formaliser tout çà.
    Respects

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  6. Sombre-Hermano
    Sombre-Hermano dit :

    Voilà une conversation que tous les psys devraient étudier. la mémoire liée aux langages qui occulterait celle liée aux émotions mais un noyau dur qui reste immuable et ce noyau dur pourrait conditionner toute notre vie à venir d’un point de vue émotionnel justement et par conséquent nos comportements affectifs et relationnels.
    C’est curieux car de ma première enfance, je n’ai qu’un souvenir précis, celui d’une opération chirurgicale (je devais avoir entre deux et trois ans) : je me revois en train de vouloir échapper au médecin et aux infirmières qui voulaient me mettre sur la table. Je revois uns espèce de masque tentaculaire en caoutchouc ; à l’époque, pour de petites interventions (j’ai compris bien après que j’avais été opéré des végétations) on endormait au chloroforme. Et c’est un sentiment de terreur indicible qui, longtemps, a été lié à ce souvenir.
    Je me posais d’autres questions concernant des rêves, surtout des rêves récurrents où tu revois les mêmes scènes, où tu éprouves les mêmes sensations. A mon (humble) avis, les rêves se forment sur des éléments de mémoire encore mal archivés du point de vue émotionnel : tant qu’un conflit intérieur n’a pas trouvé de solution satisfaisante, ces souvenirs réapparaîtront à la faveur du sommeil quand notre état de conscience ne permet pas que nous les bloquions ou que nous les aménagions à une sauce plus douce pour notre petit confort émotionnel. C’est, me semble-t-il la seule signification importante à accorder aux rêves. On peut oublier la psychanalyse et toute sa mythologie.

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  7. saxo
    saxo dit :

    Ah, la mémoire, la croissance et la vieillure…
    Joli billet.
    Pour ma part, c’est à 11 ans que j’ai archivé. Tout seul, comme un grand qui se rend compte qu’il ne sera plus jamais petit. Ca m’avait fichu un blues terrible de m’apercevoir que le petit bisou pour m’endormir n’était plus nécessaire, que jamais je ne pourrais revivre mes vacances enfantines avec mes parents… Bref, que c’était (pour moi) la fin d’une époque.

    Lors de cette prise de conscience, j’ai fait défiler tout ce dont j’étais capable de me souvenir (je remontais jusqu’à 2-3 ans pour les souvenirs les plus anciens), et j’ai archivé dans ma tête. Ce qui fait qu’aujourd’hui encore, à 43 balais, j’ai des souvenirs qui remontent à mes 2-3 ans. Et je ne suis parfois pas foutu de me rappeler ce que j’ai fait la veille…

    Bref, drôle de chose que la mémoire.

    Maintenant, nous sommes évidemment le fruit de toutes nos expériences. Et donc, oui, en ce sens, nous mémorisons tout. Surtout tout petit! Quand on pense qu’on apprend à parler, à marcher, à comprendre des raisonnements, à développer des intuitions (au sens où Agnès en parle) en moins de deux ans… Quel bagage fabuleux en si peu de temps!

    Maintenant, peut être peut-on distinguer certains types de mémoires, le "hardware", qu’on cable neurologiquement dans le cerveau (la langue maternelle, l’oreille absolue pour les musiciens etc…), et le "software", mémoire qui, lorsqu’elle n’est pas entretenue, se perd. Par exemple…

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  8. Adèle
    Adèle dit :

    Belle remarque,bel échange,et en effet la soudaine disparition du souvenir si précis,ma fille bientot 12 ans a oublié aussi tous ces petit détails qui m’épataient,et en parrallèle j’ai un petit boy de 5 ans et demi qui l’autre jour s’est mis à conter avec précissions les instants préparatoires à son opération lorsqu’il avait 22 mois et peu de mots à l’époque !C’était vraiment incroyable et ça lui est venu comme ça;quant à la dernière qui vient de féter ses 4ans c’est autre chose,elle, se sont des souvenirs totalement imaginés et il faut absolument que l’on se rappelle aussi ….c’est autre chose…!
    Je pense que les personnes atteintes d’Alzheinmer (travaillant à leur coté,et la nuit,)rèvent d’autrefois,mais aussi certainement leur vie quotidienne,les réveilles nocturnes ou celui du matin doivent parfois etre une vrai prise en charge car la personne est complètement différente,et se retrouve bien souvent a des périodes de leur vie ,et il est parfois bien difficile de les "resituer "dans le temps…c’est tres douloureux à faire parfois et pas necessaire d’autre fois;
    J’apprécie beaucoup vos mots,merci à vous pour ces bonnes réfléxions échangées;
    Adèle

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  9. smolski
    smolski dit :

    Il me semble que ce qui importe dans la mémoire, plus que la date et le fait, ce sont les sentiments acquis de ceux-ci car de ces sentiments nait directement la manière dont nous vivons aujourd’hui.
    Comme, par exemple, le mouvement des indignés animé par un sentiment individuel commun plutôt que par une doctrine proclamée.

    "Pour louer comme pour blâmer les hommes, il faut regarder non la situation dans laquelle ils sont, mais la manière dont ils s’y comportent."
    Guichardin, Ricordi

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  10. Ondine
    Ondine dit :

    Cette question, on se l’est tous posée.
    Il parait qu’il est impossible d’avoir des souvenirs d’avant nos 3ans mais que par contre toutes nos expériences de cette époque forgent notre caractère futur.
    Avec le temps je me suis aperçue que je n’avais plus que des bribes d’images qui revenaient et qu’elles étaient très souvent liées à des sensations : l’odeur d’un plat, une ambiance dans une soirée d’adulte, le fait de toucher un objet ou une personne…
    Comme c’est l’âge où on apprend et on emmagasine énormément d’informations je pense que notre cerveau ne peut pas suivre et doit trier. La parade que j’avais trouvé un temps c’était de regarder souvent des photos et de me remémorer la situation. Mais au fur et à mesure, tout se mélangeait.
    Ma mère se moquait à ce sujet il y a un mois tout juste. Sur une journée complète, je ne me souviendrais d’aucun détail mais je suis presque toujours capable de citer avec précision ce qu’on avait mangé. Je crois que les repas provoquent en moi des émotions très liées à l’affect. Il me semble d’ailleurs que mes parents ne me faisaient pas manger des Blédina© entre 0 et 3 ans…

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  1. […] où tous ces instants disparus à jamais reviennent en masse à la conscience. Comme le jour où Étienne est passé par-dessus la roue avant de sa moto sur le périphérique. Ou celui où Odette a […]

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