La politique expliquée à ma fille

Dis, maman, pourquoi nous n’avons pas de roi ni de reine?


Na!C’est toujours l’œil en berne, le cheveu en bataille et le neurone encore assoiffé de sa rasade de thé brûlant que je me mange ce genre de question de la part de la naine, laquelle tourne vers moi son joli petit minois barré d’une épaisse moustache de chocolat tiède. Ça part d’un coup, sans prévenir, dans n’importe quelle direction. J’ai déjà vaillamment remporté la manche sur la délicate question de la fabrication des bébés, la vie et les mœurs de la petite souris, les oiseaux migrateurs, la course des nuages dans le ciel, la Babel linguistique humaine actuelle, le divorce, les licornes, les potes, la vie, la mort, l’amour et toutes ces petites choses auxquelles nous ne penserions jamais sans nos merveilleuses petites extensions curieuses.

Il faut dire qu’à force de lui raconter, soir après soir, des histoires de petites princesses, de beaux chevaliers, de dragons (déjà passé, le petit matin blême du dragon !), la question allait bien finir par sortir du bois. Je me dis même que les contes pour enfants gagneraient à être un peu actualisés, quelque chose de plus contemporain : Il était maintenant un princident petit et méchant… quelque chose dans ce goût-là. Cela m’éviterait de m’enliser dès potron-minet dans de vagues considérations pseudos-historiques. Comme on n’est jamais bien si servi que par soi-même, je sens qu’il va falloir que je m’y colle prochainement. En attendant, il faut que je me reconnecte urgemment le cerveau.

  • Heu, ben, en fait, on a déjà eu des rois et des reines, il y a longtemps.
  • Ha bon? Et pourquoi on n’en a plus ?
  • Et bien, à moment donné, le peuple en a eu marre des rois et des reines, il s’est révolté et il les a tués. Depuis, forcément, on n’a plus de roi et de reine.
  • Mais pourquoi les gens ils n’étaient pas contents ?
  • En gros, les rois et les reines, ils en voulaient toujours plus et les gens ils devaient se contenter de moins en moins de choses. Jusqu’au moment où les gens ont eu faim. Mais même ça, ça ne les a pas totalement énervés. Je crois me souvenir que ce qui les a le plus énervés, c’est que plus ils n’avaient rien, plus le roi et sa cour gaspillaient : des fêtes, des robes, des bijoux. Je crois que c’est plutôt l’indifférence et l’insouciance du roi et de la reine qui ont vraiment énervé les gens et l’étalage de leurs richesses. Quand il y a trop de différences entre les riches et les pauvres, et surtout, quand ça se voit trop, ben, les pauvres, ils finissent par s’énerver.
  • Et ils les ont tués ?
  • Oui, tous, même les enfants.

Air totalement ahuri et dégoûté de la naine.

  • Mais pourquoi ?
  • Parce qu’on était roi de père en fils. Si on tuait aussi les enfants, on était presque sûrs qu’il n’y aurait plus de rois. En fait, ça a plutôt bien marché. Ça fait longtemps qu’on fait sans.

Les silences de ma fille marquent rarement la fin de la discussion, mais plutôt l’avancée de sa réflexion.

  • Et comment qu’on les a tués ?
  • On leur a coupé la tête.

C’est moche, l’Histoire, quand on la raconte à sa fille. Elle me mime en train de trancher une tartine de pain.

  • Comme ça ?
  • Non, quand même pas. On a utilisé une machine qui s’appelle la guillotine. Il y a une grosse lame qui tombe et qui coupe le cou d’un coup.
  • Et après, qu’est-ce qui se passe ?
  • Ben, la tête tombe dans un panier et on la balance avec le corps.
  • Ils sont morts tout de suite ?
  • Plus ou moins.

Et elle se tait enfin, comme satisfaite par mes réponses et termine sans moufter sa tartine à la confiture de fraise que je regarde un peu de traviole.

Cela dit, Mini-Me a de qui tenir et c’est quelques jours plus tard que je tombe dans une nouvelle embuscade matinale :

  • Mais pourquoi les gens, ils ont eu des rois ?

Bonne question, quand on pense à la manière dont ça a fini.

  • Heu….
  • On a toujours eu des rois ?
  • Non, au début on a eu des chefs…

Silence attentif où fleurissent de patients points d’interrogation.

  • Pourquoi on a eu des chefs ?

Rame, rame, petite galère, même que pour le coup, ça ne me musclera pas les abdos.

  • En fait, je pense que dès qu’on est plus qu’un tout seul, on a besoin d’en avoir un qui décide pour les autres. Il y a très longtemps, nous étions très peu nombreux et nous vivions en petits groupes de nomades. Les gens ont dû trouver plus pratique d’en désigner un qui décide quand déménager, quand chasser le mammouth, ce genre de truc. Mais en fait, je n’en sais rien, si ce n’est que dès qu’il y a un chef, ça finit toujours par partir en couilles…

Un ange passe.

  • En fait, c’est une bonne question. Parce qu’en y réfléchissant deux minutes, moi aussi, je commence à me demander si on a vraiment besoin de chefs et tout ça.

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38 réponses
  1. Hugues
    Hugues dit :

    Je croyais que tu étais éthologue. Même chez les mammouths de tes hommes des cavernes, il y avait des dominants et une structure hiérarchique. Signale-le tout de même à ta fille avant qu’elle ne décide de te couper la tête parce que tu lui imposes de se brosser les dents.

    Mais peut-être serait-elle tout à fait capable de comprendre qu’avec un chef dont les sociétés se dotent de manière démocratique et pour des durées limitées, les chances de "partir en couille" sont plus faibles que dans les sociétés sans chef.

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  2. HC
    HC dit :

    sauf qu’après leur avoir coupé la tête, aux roi, reine et princes, on a eu un empereur, puis encore deux ou trois rois, puis de nouveau un empereur, et seulement là on a eu une république qui a tenu la route. Jusqu’à ce qu’on ait eu besoin d’un nouveau chef providentiel (un général) et qu’on ait institué le coup d’état permanent, avec un roi-président renouvelable.

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  3. Claudius
    Claudius dit :

    Je ne peux pas m’empêcher de faire suivre sur FB.
    C’est trop mimi.

    On attend avec une impatience fébrile l’histoire du princident petit et méchant.
    C’est tellement plus agréable racontée le soir au coucher que vécue toute la journée …

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  4. Céleste
    Céleste dit :

    Tu ne lui as jamais lu Babar?

    j’aime beaucoup le premier album, illustrations magnifiques et belle histoire d’un petit éléphant orphelin qui devient roi.
    mais un roi comme il n’en existe pas, qui a été désigné par les autres éléphants avec qui il est est à égalité, dans un royaume où chacun a choisi l’occupation qu’il souhaitait avoir, un royaume où le roi et la reine, Céleste 🙂 jouent au tennis avec le conducteur de la voiture de pompier et sa femme.

    un village dans la forêt et les enfants qui jouent dans la rivière.

    quand je lisais Babar à mes enfants, parfois je pensais "zut, j’espère qu’avec ça il ne vont pas devenir royalistes, parce que dans la réalité, c’est pas comme ça!"

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  5. Swâmi Petaramesh
    Swâmi Petaramesh dit :

    « Partir en quenouille », ça donne une image qui n’est pas plus immédiatement compréhensible que « barrer en couille » quand on y réfléchit… P’têtre même moins, je dirais.

    Et pour « une couille dans le potage », j’attends l’explication de pied ferme, la confusion entre "couille" et "oeil" me paraîssant difficilement plausible pour toute personne ayant un tantisoit plus de discernement qu’un député UMP votant une loi à propos du nain Ternet…

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  6. chris
    chris dit :

    Je vois que le mythe du chef et sans doute induit du male dominant a encore cours ; peut étre même chez les intellectuels et les scientifiques…

    Bref, on est pas sorti de l’auberge …Ravachol au secours !

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  7. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Très bien vu, effraie et historiquement très pertinent. Au temps des tribus, le chef, c’était le responsable. Donc, ça allait pour le peuple, il avait des offrandes et quand ça chiait pour la piétaille, on le sacrifiait aux dieux pour rétablir l’ordre des choses. 😉

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  8. speedy
    speedy dit :

    On n’a malheureusement pas étété tous les candidats au trône en 1789. Nos concitoyens de l’époque ont oubliés quantité de cousins et cousines ou autres parents. D’où la Restauration et encore aujourd’hui la famille d’Orléans.

    Pour parler aux gamins et éviter des questions subsidiaires, on peut, comme au rugby, revenir aux fondamentaux :

    Wikipedia sur partir en couille : L’expression est attestée à la fin du XXe et au début du XXIe siècle. Elle provient d’une méconnaissance de l’expression originale : « partir en quenouille ». Le filage et la quenouille étant peu pratiqués fin du XXe, les locuteurs peu cultivés ont transposé quenouille en couille.

    On peut alors doctement expliquer ce qu’est une quenouille et enchaîner sur les ravages de la modernisation industrielle sur les métiers d’antan et comme c’était plus mieux avant…

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  9. speedy
    speedy dit :

    Couille pour raccourci de couillonnade, ici problème. Puis os dans le paté (encore un problème) qui deveint os dans le potage et par extrapolation / assimilation / sublimation / jubilation : couille dans le potage. Enfin, ce que j’en dis…

    Pour le trône de France, y a une autre prétendante : Ségolène !

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  10. Kamizole
    Kamizole dit :

    A l’origine, la monarchie était élective… Par l’assemblée des hommes libres. C’est par une série de passe-passe que les rois firent ensuite élire leurs rejetons avant de mourir et qu’ensuite, il fut décidée que la monarchie serait héréditaire… Même processus pour la féodalité, les charges seigneuriales, la possession des fiefs.

    Concernant "partir en couilles", il est assez marrant de voir que l’étymologie passe par "quenouilles" car la fameuse mais controuvée "loi salique" interdisait en France la transmission de la monarchie aux femmes au prétexte qu’elle ne pouvait "tomber en quenouilles" ! Autrement dit, dans les mains des femmes.

    Preuve qu’en France le sexisme ou le machisme ont des racines fort anciennes.

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  11. pola.k
    pola.k dit :

    Waoooo Kamisole ! Et donc, le probleme serait, litteralement, que pour eviter que le pouvoir ne tombe en quenouille, on l’a toujours laissé partir en couilles…!
    Agnès, explique ça à ta fille, qu’elle comprenne que c’est elle, l’avenir de l’homme ! :-)))

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  12. Nath
    Nath dit :

    Quelle marrade !!!! Je viens de lire ton billet avec ma fille qui lisait par-dessus mon épaule, on était pliées… Surtout moi quand ma fille (14 ans bientôt) me demande si la tienne t’as vraiment posé ces questions au petit-dèj. Comme si j’avais pu éviter, dans les mêmes circonstances, "Qui était le premier homme ?", "Pourquoi les poissons respirent de l’eau ?", "Pourquoi les parents commandent ?" ou encore "Comment on fabrique le plastique ?".
    Ah lala. Pis ça fait rien qu’à empirer avec l’âge.

    Prochain coup, je sens que je vais devoir leur expliquer l’anarchie !

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  13. Obey
    Obey dit :

    Mon dieu ! Elle remet en question l’autorité ! Elle questionne le légitimité de l’autorité ! Elle réfléchie un peu de trop, là ! Réfléchir … c’est (commencer à) désobéir ! En taaauuuuule ! 😉 Et dès la maternelle ! 😀

    Ça me fait penser à ce canular :
    http://www.boingboing.net/2009/04/0

    Cette affiche "Anything you say may, be taken down, and used as evidence", qu’on pourrait traduire par "Tout ce que vous direz pourra, être retenu, et utilisé contre vous", est très subtil… parce que c’est ce qui est dit à un "suspect" qui vient d’être arrêté. Et ça démontre le changement d’atmosphère : on est tous maintenant tous suspects, et un peu coupable jusqu’à preuve du contraire …

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  14. vieil anar
    vieil anar dit :

    Je ne viens pas assez souvent, sur ton blog, ma chère Agnès, et pourtant, il y a, souvent, les bonnes questions…

    Comme celle ci, sur le pourquoi ou pas des reines et des rois…! Faut dire qu’avec ce dernier G vain, des rois et des reines potentiels, démocratiques, ou tout comme, y’en avait beaucoup, sur la photo de famille, pour le communiqué final,…et pourtant on a beaucoup commenté la "gaffe", commise par Michèle Obama, qui passa, dit-on, amicalement, sa main, dans le dos de la chétive Queen Mom….sacrilège extrême… On ne touche pas la reine, c’est la reine qui vous touche, et encore…si elle veut !

    Un nombre encore considérable de pays, essentiellement européens, a conservé, sa reine ou son roi, la liste serait longue, de l’Espagne à la Norvège…! Un peu comme les emblêmes polissés de l’autorité,…perdue, ….on voit d’ailleurs à quel point Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa, s’efforce de nous la jouer monarque…sachant qu’au vu de sa petite taille, il risque beaucoup moins d’être raccourci….!

    Je ne sais pas si tu pourras raconter à ta fille, l’essence de la démocratie, enfin du pouvoir supposé du peuple, qui a fait, que tout à coup, les reines ou les rois ont semblé moins utiles, surtout depuis qu’ils se sont mis à ne plus manger que de la brioche, quand le peuple réclamait du pain..! (déjà les émeutes de la faim!!).

    Sauf pour les anglais ou les hollandais, ou les espagnols ou les suédois qui ont tenu à conserver leur tête couronnée, alors qu’on ne peut pas leur reprocher d’être moins "démocrates" que nous,… c’est marrant, d’ailleurs que notre petit roitelet à talonnettes, s’efforce tant à manier le "je", comme un "nous", alors que le problème n’est pas là..

    Hier soir, j’ai revu "La règle du jeu" de Renoir, que je revois régulièrement, une fois tous les 6 mois, au moins, tellement, la déliquescence de ce monde de la fin des années 30, si proche de la guerre, aboutissement étrangement logique de la crise de 29, me paraît si proche d’aujourd’hui..on avait coupé la tête des rois; mais on s’empressait à servir des marquis, fin de règne, prêts à perdre la face, mais se ressaisissant… Là, ce n’est pas le droit divin, c’est le pognon, l’héritage, qui fonde les dynasties.. Dallas, ton univers impitoya,â,âbleuh..!

    Dis à ta fille, (je ne sais pas trop comment…!) qu’on a voulu faire croire à certains peuples, qu’on pouvait changer de rêve…mais qu’il fallait garder les rêves….! Maintenant, ce serait mieux, sur un plan pratique, si on avait tous le même, mais…avec les rêves, on n’est jamais sur…!

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  15. tom
    tom dit :

    Au temps des tribus, il y a surtout des chances pour que le chef ait été le plus compétent, le plus malin, le plus habile, c’est-à-dire le plus à même de faire les bons choix : celui qui dit le truc sur lequel on va s’accorder facilement, parce que ça témoigne d’une certaine sagesse pratique.

    Après, il y a l’équilibre difficile entre la nécessité d’avoir un chef et la disponibilité d’un individu compétent pour la place, ou désireux, ou disponible.
    D’où les institutions, qui diluent la responsabilité sur plusieurs personnes – des barons – ce qui rend le groupe moins dépendant de la présence d’un individu apte, et permet de lui garder sa cohésion même s’il y a longue carence de types malins.

    Le problème des institutions, c’est alors leur rigidité nécessaire – puisqu’elles sont là pour servir de squelette au groupe.

    Pour réfléchir à la fonction du chef, son utilité, et sa place dans le groupe, il faut lire Levi-Strauss – notamment le chef nambikwara dans Tristes Tropiques, où le chef est celui qui "apporte la joie" – et aussi le processus de désignation des capitaines chez les pirates du XVIIIe siècle dans l’Océan Indien (puisque pour manoeuvrer un navire, il faut impérativement un capitaine)…

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  16. jardin
    jardin dit :

    Le chef, c’est celui qui decide de TOUT. Et personne a les capacites pour ca, d’ou les derapages tyranniques.

    Meme dans les domaines ou on est hypercompetent, on a pas la capacite de decider de tout sans consulter autrui.

    Ya aussi la question que personne peut s’instituer chef de TOUT sans un minimum d’acceptation, de soumission de la part de ceux dont il se fait chef.

    Mais ce sont que de petits cailloux jetes dans la discussion, on a pas fini d’en causer, ta gamine a le chic pour poser le doigt sur les qustions essentielles.

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  17. myu
    myu dit :

    tres agreable cmme blog j’aime beaucoup cette facon d’expliquer c’et adorable et plein d’enseignement un autre axe, angle , vision des choses.
    bravo

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  18. Henry Kanaan
    Henry Kanaan dit :

    Nous n’avons pas beaucoup évolué depuis la fin de la préhistoire, la plupart des gens ont le culte du chef et de l’homme (pas la femme, ils sont machos) providentiel

    C’est vrai que la religion ne nous aide guère.

    Pour que le pouvoir soit considéré comme ayant un attribut collectif il aurait fallu, au moins, que les 12 apôtres soient aussi des fils de dieu 🙂

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  19. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    @ Lecabour : Un petit surnom hérité de ses premiers pas et qui est effectivement de moins en moins justifié 🙂

    D’ailleurs, tout à l’heure, en rentrant de Bordeaux, elle nous a fait la liste des surnoms acceptables : mon poussin, oui, ma petite crotte, non,  mon fennec, oui, mon poulet, non, ma belle, oui, la naine, non…

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  20. joe
    joe dit :

    Dans un contexte de crise globale, les auteurs photographes sont plus que menacés.
    Photographies "libre de droit", photographies signées "DR", baisse des prix vertigineuse, remise en cause du Code de la Propriété Intellectuelle, demande de cession de droit abusive par les éditeurs, les grands groupes de presse, mais aussi par les administrations publiques et parapubliques, etc… sont autant de problèmes rencontrés par la profession. Signez l’appel pour des Etats généraux de la photographie :

    http://petitions.upc.fr/appel.php?p

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  21. faribole
    faribole dit :

    mon fils de 6 ans me demandait hier, entendant parler de sarko à la radio : "ah bon, il est encore président ? pourquoi on change pas plus souvent… tous les mercredis ?"

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