crise qui rabote notre droit de vivre dignement s'est largement déplacé à 7000 km au sud-ouest de Paris.

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Je suis l’avenir et je n’ai pas le droit de fuir

L’épicentre de la France qui lutte contre la crise qui rabote notre droit de vivre dignement s’est largement déplacé à 7000 km au sud-ouest de Paris.

Le mécontentement latent des Français d’outre-mer, dont le statut d’insulaires semblait justifier bien des dérapages de prix, s’est brusquement cristallisé le 19 janvier dernier en Guadeloupe autour de la question du prix de l’essence. Déjà qu’en métropole, Total gonfle ses profits en jouant sur la marge de raffinage pour amortir à son avantage les fluctuations du marché de l’or noir, dans les DOM, il apparaît clairement que les compagnies pétrolières se goinfrent sans vergogne sur le dos des consommateurs.
Dès le 20 janvier, la grève des gérants de stations-service est rejointe par un collectif de 52 organisations diverses qui lance un appel à la grève générale, pour lutter contre l’exploitation outrancière.
Tout comme pour les habitants de la métropole, la course insensée au profit maximum a dépouillé la population des îles caraïbes, non pas de son pouvoir d’achat, comme on tente encore de nous le faire croire, mais de sa simple possibilité de survie. La flambée des prix de l’alimentation, du logement, de l’énergie, de l’eau, c’est-à-dire de tout ce qui nous est simplement indispensable, conjuguée au blocage des salaires, rend de plus en plus aléatoire les capacités de survie d’une grande partie de la population. D’où des revendications fortes sur les prix et les salaires.

La Martinique, soumise au même régime sec que sa voisine est aussi entrée en lutte et la grève générale paralyse l’île depuis 8 jours, rendant problématique d’accès à la nourriture ou à l’essence. Mais la population tient bon et dans la nuit du 10 au 11 février, le collectif obtient une baisse de 20% sur une liste de 100 produits de première nécessité sous la pression d’une foule sans cesse mobilisée.

Pour prendre la mesure de ce qui se passe là-bas, et donc chez nous, il faut se brancher sur les journaux de France Ô, ex-RFO, que l’on peut visionner sur Internet 7 jours après leur diffusion (enfin, c’est un poil plus difficile pour les Linuxiens) : des reportages complets, des commentaires intelligents, des journalistes consciencieux, comme on aimerait en voir plus souvent.

Hier soir, c’est donc sur France Ô Martinique qu’ils étaient les invités du journal, avec leur t-shirt qui affichait fièrement : Je suis l’avenir et je n’ai pas le droit de fuir.

On a perdu la culture de la lutte, on a été anesthésié par la société de consommation.

Lui, c’est un manifestant d’un bled de la Martinique et son discours raconte tout avec une lucidité frappante. Nous sommes loin de la métropole et de ses tranquilles petites journées de mobilisation intersyndicales sans lendemain, juste pour exprimer le mécontentement pourtant endémique, revoir les vieux potes, se compter, aussi, un peu et rentrer chez soi, reprendre le petit train-train quotidien, sans avoir rien changé, rien obtenu, rien gagné, mais avec la conscience du devoir accompli.
Dans les Antilles, les gars ne veulent rien lâcher. Pas de colère qui explose, mais pas de fléchissement non plus : une volonté claire et farouche de ne plus payer la facture, la détermination de ne pas lâcher le morceau. – 20% arrachés à la grande distribution : un bon début et c’est tout. Ils veulent aussi 300 € d’augmentation des bas salaires, net d’impôts et veulent tout renégocier : le logement, l’eau, l’énergie. Sous la pression sans faille de la rue, les négociations commencent. Une première leçon, d’Al Capone : on obtient plus en demandant poliment, une arme à la main, qu’en demandant juste poliment. Deuxième leçon : il y avait du lest à lâcher, ce qui confirme que les revendications sont justes. C’est sûr qu’avec des prix parfois trois fois plus élevés qu’en Métropole, la grande distribution a encore pas mal de mou sous la pédale de frein. On peut toujours arguer que c’est le coût du transport qui fait la différence, parce que le gros de la consommation est importé… Sauf qu’en France aussi, on doit bien importer massivement, vu que l’outil de production a été délocalisé off-shore. Comme quoi…

Malik Duranty et Bénédicte di Géronimo ont la petite trentaine sage et déterminée et jusqu’ici, ils n’avaient jamais manifesté. Lui, il est étudiant à Sciences Po, elle, employée de banque. Ils représentent l’un des nombreux collectifs qui se sont créés dans le flux de la contestation, le Collectif Martinique Avenir : Nous ne sommes pas à la recherche de réponses tout de suite, mais de se réunir avec ceux qui se posent les mêmes questions. Au-delà des revendications immédiates, les Martiniquais s’organisent déjà pour penser un avenir durable qui ne se pose pas en terme de quantités, mais de qualité. Interroger le présent, refondre ce qui ne se passe pas comme il faut : engagement et lucidité politique et sociale sont à l’ordre du jour dans les DOM.

Une lutte et des réflexions qui devraient tous nous inspirer.
Vite.

87 réponses
  1. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Salut Birahima,

    Dans ton dernier billet, que tu relaies ici, tu parles d’un parti raciste anti-blanc en Guadeloupe. Je n’en sais pas grand chose. Par contre, lors de l’interview des deux jeunes du collectif Martinique avenir, il est fait allusion à demi-mot d’une probable sortie raciste qui aurait fait tousser en métropole. J’ai bien aimé la réponse des jeunes.

    Ils ont dit que ce qui est le plus facile à changer, c’est soi-même et qu’avant de donner des conseils/consignes aux autres pour changer, il fallait se changer soi-même et que ce changement-là est fort et exemplaire. Ces deux jeunes m’ont franchement impressionnée, par la mesure et la justesse de leurs propos, par leur capacité de se projeter vers l’avenir, vers le faire et le construire, plutôt que vers le critique et le détruire. Leur sagesse m’a poussé à écrire ce papier, parce qu’il faut que les personnes qui ont une vision sociale forte et globale, même si elle n’est fondée pour l’instant que sur le questionnement, il faut que ces gens aient une vraie visibilité, qu’ils puissent se faire entendre.

    Je suppose que nous avons tous un petit fond xénophobe, plus ou moins profondément enfoui en nous. Je ne pense pas qu’il y ait les gros salopards racistes et les gentils universalistes. Le monde ne se peint pas en noir et blanc, mais dans un vaste camaïeu de gris. Chacun de nous est porteur du meilleur comme du pire, les circonstances, les valeurs sociales pousseront l’un ou l’autre à ressortir.
    C’est bien pour cela que le premier des changements commence par soi-même. Ensuite, il ne reste plus qu’à contaminer les autres.

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  2. birahima2
    birahima2 dit :

    Agnès Maillard, bonjour

    écoute
    c’est pas parce que j’ai dit " non exemplaire" en Guadeloupe
    que la Martinique est plus exemplaire
    Non, surtout pas

    c’est important
    S’agit pas de ça

    il y a ceux qui ont le pouvoir des mots
    et ceux qui ne l’ont pas

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  3. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Pendant encore 6 jours : http://franceo.rfo.fr/, sur la gauche, sous le cadre "Sur France Ô", cliquer sur cadre "JT en Vidéo"
    Là, un pop up s’ouvre avec un écran, un calendrier, et un menu déroulant. Dans le menu déroulant, choisis Martinique. Quand c’est rechargé, dans le calendrier, cliques sur le 11 de février (mais bientôt, ce sera inactif). Et hop!

    Sinon, le flux mms est à cette adresse directement : mms://a1977.v101991234422002.c10199.e.vm.akamaistream.net/7/1977/10199/1234422002/ftvigrp.download.akamai.com/10199/horsgv/regions/rfo/jts/martinique_20090212-350k.wmv

    La vidéo pèse dans les 184 Mo, pour ceux que ça intéresse.

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  4. Henry Kanaan
    Henry Kanaan dit :

    Ils sont contre l’exploitation outrancière?

    A partir de quand, l’exploitation devient outrancière?

    Pourquoi pas contre l’exploitation tout court?

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  5. Claudia
    Claudia dit :

    @ à matou

    Le parquet de Fort de France vient d’ouvrir une information judiciaire contre ce béké raciste mais je doute qu’il y ait des suites réelles .
    Cette caste , descendante d’esclavagistes, possède la quasi totalité de l’économie antillaise .
    C’est à ce titre que l’on ne peut réduire le profond mouvement de contestation qui balaie la Guadeloupe et à présent la Martinique à un simple ras le bol contre la vie chère , très chère .
    Il y a du racial pur et dur sous l’injustice sociale .
    PS matou : il ne s’agit pas d’un descendant de béké mais d’un béké .

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  6. comme ça
    comme ça dit :

    L’un des facteurs, je crois du surcoût important des produits (importés pour la plupart), est le système des importateurs exclusifs. Ainsi, le groupe Bernard Hayot (becquets martiniquais), est notamment importateur exclusif de véhicules Renault en Martinique, en Guadeloupe, à Trinidad-et-Tobago et distributeur de véhicules automobiles :
    – en Guadeloupe, où il est concessionnaire Renault, Toyota, Mercedes, Seat et Mitsubishi ;
    – en Martinique, où il est concessionnaire Renault et Nissan ;
    – à Trinidad-et-Tobago où il est concessionnaire Renault.
    Et j’ ai entendu dire qu’il a également repris Guyane Automobile. On se demande comment l’Europe peut laisser faire une telle concentration, et qui donne les dérogations?

    Hayot n’est pas le seul, c’est probablement le plus exemplaire.

    Le marché antillais est un véritable marché captif. Les prix sont donc totalement arbitraires, d’autant que les fameuses 40% de prime des fonctionnaires permettent un élargissement du marché solvable pour des niveaux de prix élevés. Un calcul perso fait il y a quelques années, me montrait que ces 40% repassaient presque intégralement dans les grandes surfaces propriétés de ces mêmes importateurs exclusifs. La notion de "colonie de consommation" des indépendantistes n’est pas si idiote que ça.

    Reste le cas des non-fonctionnaires qui, eux n’ont pas cette prime de 40% mais pour lesquels les prix à la caisse sont les mêmes. Et bien sûr les nombreux chômeurs (28-30%).

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  7. cyclomal
    cyclomal dit :

    Notre bon président va moraliser le capitalisme, y mettre de l’éthique, partager les bénéfices 1/3 salariés 1/3 investissement 1/3 actionnaires. Je suggère qu’il commence son action dans les Antilles, sans tarder: Que des experts se rendent sur place pour analyser la situation économique et donner leur verdict dans un cadre insulaire, restreint, qui va faciliter leur travail.

    On se balancera Césaire à la figure plus tard, le pauvre, et on ne regardera la couleur de personne tant que la faisabilité des impératifs présidentiels n’aura pas été analysée sur le terrain. Chiche?

    Répondre
  8. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    @fnur : si tu n’es même pas foutu de remettre en question tes propres certitudes et automatismes, tu n’es qu’un foutu donneur de leçon [je me rends compte à la relecture que mon "tu" généraliste peut passer pour une attaque personnelle. Il va sans dire que je ne te connais pas, donc, je ne parle pas de ton aptitude personnelle au changement! 🙂 ]. Se changer soi-même ne veut justement pas dire se bricoler son petit monde à soi tout seul dans son coin. En bon animal social, en changeant tes pratiques, tu influes directement sur celles des tes voisins et proches. Se changer soi-même, c’est ne pas compter sur l’homme providentiel, ne pas attendre le cul sur son siège une solution toute cuite, c’est faire et contaminer le tissu social.

    L’un des exemples les plus fameux de la contagion sociale par le changement de pratique en petit groupe, c’est le programme britannique d’incitation à la consommation d’abats pendant la Seconde Guerre mondiale. Les difficultés d’approvisionnement inhérants à l’état de guerre faisaient que beaucoup d’enfants anglais souffraient de malnutrition, ce qui est toujours merdique pour l’avenir d’une nation. Or, le gouvernement s’est rendu compte que la pénurie concernait les morceaux nobles de barbaque, pas les abats, moins chers, nutritionnellements plus riches, mais dont l’usage n’était pas répandu dans les foyers, parce qu’étant peu connus et ayant une mauvaise réputation auprès des femmes, celles qui cuisinent. Le gouvernement aurait pu faire une campagne nationale de sensibilisation aussi naze que les injonctions comme celle que nous subissons à longueur d’antenne avec bouffez au moins 5 fruits et légumes, même chers, bande de gros tas!

    Mais les Britanniques du milieu du 20e siècle étaient moins cons que les markéteux du 21e : ils ont recruté des femmes volontaires pour organiser des réunions type tupperware sur la cuisine des abats. Au lieu d’un mot d’ordre qui n’aurait convaincu personne et produit peu d’effet, les nouvelles pratiques de cuisine des abats se sont répandues comme une trainée de poudre, de proche en proche, avec un discours, certes, mais surtout des démonstrations-dégustations et des échanges de recettes. Les femmes se sont mises à acheter et cuisiner des abats et les enfants anglais ont globalement moins souffert de malnutrition…

    Répondre
  9. Céleste
    Céleste dit :

    @Agnès, ton texte et tes commentaires sont superbes, bravo et merci de si bien, si clairement, si fortement exprimer ta pensée.

    cet extrait, j’adore:
    "Le monde ne se peint pas en noir et blanc, mais dans un vaste camaïeu de gris. Chacun de nous est porteur du meilleur comme du pire, les circonstances, les valeurs sociales pousseront l’un ou l’autre à ressortir.
    C’est bien pour cela que le premier des changements commence par soi-même.
    Ensuite, il ne reste plus qu’à contaminer les autres."

    baci

    Répondre
  10. fnur
    fnur dit :

    Cette injonction de se changer soi c’est vraiment tomber dans le panneau de la domination idéologique ambiante depuis des décennies voire des siècles.
    Complètement à côté de ses pompes de proclamer haut et fort ce genre de slogan, démontrant l’emprise de l’aliénation y compris chez ceux se disant de gauche. Le prélude aux messes du nouvel homme, supérieur si possible, génétique ou bionique par exemple.

    Nous sommes définis par une société et son système d’environnement, on intériorise ça, donc les seuls changements sont ceux de la société qui est commune et non pas le changement de l’individu, ce qui est une apologie de la domination et de la soumission.

    Répondre
  11. Gilles Delouse
    Gilles Delouse dit :

    Salut Agnès !

    Bel article, juste un point. Plutôt qu’utiliser le terme "exploitation outrancière" de nos beaux journalistes métropolitains, pourquoi n’utilises tu pas directement le mot créole "pwofitasyon", quitte à le transformer en "profitation".

    C’est tellement plus beau et plus parlant !

    Répondre
  12. fnur
    fnur dit :

    Remettre en cause mes automatismes, voilà là bien le langage simpliste des sectes, Gurdjieff a été l’un des précurseurs de ce type d’industrie machinique, un automatisme slogan qui prolifère dans le monde du développement personnel. Évidemment non, je ne sais pas ce que c’est que de me remettre en cause et il faudrait me donner beaucoup de leçons pour y parvenir et encore me payer pour y consentir du temps, d’avance je concède être très borné et très souvent con.

    Automatisme, voilà un mot qui sonne beau comme l’efficacité d’un thermostat de frigo, c’est techno et pédagogique de propreté, donc imparable.

    Aptitude au changement, change we need etc… Bon ben t’es prête pour les human ressources de la new society. Le vocabulaire y est, bien calé.

    Les abats de volaille contre les 5 fruits et légumes, je sens qu’on fait des pas de géant.

    Répondre
  13. fnur
    fnur dit :

    J’oubliais, se changer soi même c’est ne pas compter sur l’homme providentiel.
    Ben si, c’est compter sur l’homme providentiel que je suis sensé devenir après le changement parousique préconisé. La contamination de mes voisins résultant de mes bonnes pratiques, ça me laisse rêveur sur les possibilités d’un tel lobbyisme.
    Le charisme bienfaisant de mes pratiques irradiant mon entourage, non merci, je ne suis pas un lampadaire attirant les mouches.

    Non vraiment, cette hypothèse est désuète et donc devrait être obsolète.

    Répondre
  14. birahima2
    birahima2 dit :

    Le collectif Martinique-A-Venir
    Qu’est-ce-que c’est beau d’avoir 30 ans

    Bénédicte
    Mwen anmé kwé-w toubolman

    Malik
    Mwen anmé kwé-w toubolman

    Adan ondot soley

    Confiance
    à d’autres soleils
    ( désolée pour les accents sur les "o", mais je le dis, vous l’entendez)

    AM
    évé meci
    cimer
    en te remerciant

    Répondre
  15. cyclomal
    cyclomal dit :

    @Yves J.

    J’ai compris l’humour mais même les bananes sont chères, malgré les subventions si elles sont locales ou surtaxées si elles ne le sont pas. Cette économie de la plantation et de la consommation est une catastrophe pour les Antilles françaises. Elle assoit la position dominante (profitation) des potentats Beke blancs, héritiers de la colonisation, elle pollue un milieu ilien fragile, met en péril sa population et veut interdire la réflexion sur un développement alternatif. Ceux que le modèle métropolitain attire continueront de regagner le continent. Un mouvement dans l’autre sens doit rester possible, je ne suis pas naïf, certains ne le souhaitent pas, échaudés par l’exemple qu’ils ont sous les yeux et sur lequel on se refuse à faire la lumière comme à porter réellement l’accusation.

    Sans prendre partie dans le vif débat porté par fnur, il est bien possible que le travail sur soi-même prôné par ces deux personnes ne tente qu’une infime partie des martiniquais et surtout pas ceux qui n’ont aucun intérêt au moindre changement dans leur suprématie actuelle et sont confits dans des idées aussi révoltantes qu’archaïques. Remarquons que cet inamovible complexe de supériorité blanc apporte aussi la contagion, ou plutôt l’infection d’ailleurs.

    Quoi qu’il en soit, dans le contexte d’une île en lutte, les bonnes résolutions et attitudes seront dures à tenir. Elles restent saines et attirent la sympathie au moment où la réaction cherche des "ismes" dans la tonsure crépue (indépendantisme, macoutisme, racisme). Parions qu’elles resteront énigmatiques pour le plus grand nombre qui rêve d’en découdre plutôt que de s’accommoder philosophiquement à l’injustice qui lui est faite depuis la déportation esclavagiste.

    Ici, comme à Gaza, l’effort sur lui-même de notre société pourrait commencer par nommer clairement les choses…

    Répondre
  16. comme ça
    comme ça dit :

    "Quand les nègres auront faim, ils cèderont!"

    En mai 67, en Guadeloupe, en pleine époque indépendantiste, les ouvriers guadeloupéens demandent une augmentation salariale de 2,5%.
    Les négociations échouent et débouchent sur un mouvement de révolte.
    Les forces de l’ordre appelées sur les lieux tirent.

    Les affrontements s’étendent.

    Les jours suivant donnent lieu à une vague d’arrestations, surtout les indépendantistes qui sont inculpés, et envoyés en France pour atteinte à l’intégrité du territoire.

    Le nombres de victimes est important (plusieurs dizaines).

    La presse et les médias métropolitains n’en ont pas parlé à l’époque (on m’a dit que le Monde en avait parlé?).

    Les documents concernant cette page peu glorieuse de la France coloniale sont classés secret défense et pas accessible avant 2017.

    On vient d’apprendre que deux escadrons de gendarmes sont envoyés en renfort aux Antilles.

    Je mets en garde le Gouvernement contre la tentation d’un règlement de type "colonial". La situation géostratégique n’est plus celle de 67.

    Le Gouvernement doit choisir. Et bien choisir. La classe des becquets (békés), si elle reste fermée sur elle même et ses prérogatives, n’a pas d’avenir.

    Quant aux blancs métros, fonctionnaires et autres, ils doivent comprendre qu’ils ne sont que des salariés (même avec les 40%, ils restent des salariés), et que leur solidarité ne doit pas être déterminée par un choix coloriste en faveurs des békés qui d’ailleurs les méprisent.

    "Quand les nègres auront faim, ils cèderont!" aurait dit un béké en 67.

    Et s’ils ne cédaient pas? On envoie les gendarmes?

    Le soutien de la métropole est plus que jamais nécessaire. Nous ne devont pas laisser faire un remake de mai 67.

    Répondre
  17. birahima2
    birahima2 dit :

    Certaines personnes désoeuvrées aux Antilles font l’objet du plus grands mépris
    Pour beaucoup, c’est de la racaille qui ne devraient même pas avoir le droit de se reproduire.
    ces personnes sont encore pire que celles dans l’esprit de l’UGTG en Guadeloupe
    il y en a qui leur donne du crack, des drogues de toutes sortes
    il y en a qui commettent des crimes " sur commande"
    Je suppose que certaines personnes verraient d’un bon oeil que la police leur tire dessus…
    comme ça, ça effacerait leurs propres crimes à eux , n’est-ce-pas ?

    Répondre
  18. birahima2
    birahima2 dit :

    "La première secrétaire du PS Martine Aubry craint une propagation des événements qui secouent les Antilles à la métropole, dans une interview publiée vendredi par le Parisien"

    Martine Aubry est fâchée
    fâchée

    si on identifie la "maladie" aux Antilles
    on a le remède pour tous

    Répondre
  19. pazmany jeune garde 87
    pazmany jeune garde 87 dit :

    Le problème c’est que tout le monde critique Total mais que personne ne fait rien et ça dure depuis que le pétrole a fortement augmenté. Monsieur Sarkozy a dit l’autre soir à la télé que les richesses des entreprises devaient être redistribuées selon la régle des 1/3 : 1/3 actionnaires – 1/3 salariés – 1/3 l’entreprise pour les investissements. Autrement dit chaque salarié devrait toucher 50 000 euros ! Mais là on va crier au scandale alors qu’un patron touche des millions.

    Répondre
  20. Claudia
    Claudia dit :

    Je viens de faire un tour sur des supports antillais .
    Une pétition contre la grève générale a déjà recueilli plus de 4600 signatures en 5 jours et est en ligne en différents endroits .
    4600 signatures pour des populations de quelques centaines de milliers de personnes , c’est important .
    Bref , rien n’est gagné et j’ai bien peur que le pourrissement voulu de la situation soit payant .

    Répondre
  21. birahima2
    birahima2 dit :

    une pétition contre la grève générale
    ou une pétition qui dénonce les méthodes autoritaires avec la population et l’organisation stalinienne du mouvement dans son organisation interne ?

    Guadeloupe ?
    Martinique ?

    De quoi tu parles Claudia ?
    Les cancans , y’en a assez
    Non ?

    Répondre
  22. birahima2
    birahima2 dit :

    c’est pétition à béké

    Faut pas signer :

    elle fait plus le jeu de la droite
    anti-syndicale et anti-grève qu’elle n’éclaire les ambiguités de ce
    mouvement aux dérives xénophobes.

    je te donne mon billet du 11 février

    Ici on a entendu Alex

    Répondre
  23. Claudia
    Claudia dit :

    <<une pétition contre la grève générale
    ou une pétition qui dénonce les méthodes autoritaires avec la population et l’organisation stalinienne du mouvement dans son organisation interne ?>>

    Le problème , c’est que celà se recoupe , non ?
    La grève n’est pas née de la génération spontanée et pour ce que j’ai lu sur différents sites , un certain nombre d’antillais veulent reprendre le travail. Je me contente de rapporter ce que je lis sur les espaces de discussion , si tu appelles ça "cancans" tu es un peu gonflé .
    Je ne sais si il y a eu des méthodes vraiment autoritaires envers la population mais je sais que lorsqu’on veut tuer son clebs , on dit qu’il a la rage .

    extrait :
    A peine paradoxal….comme si pour faire une omelette , on ne cassait pas d’oeufs .

    "Objet de la pétition : NON AU BLOCAGE EN GUADELOUPE / MARTINIQUE
    Oui au droit de grève mais :
    Oui au droit du travail
    Oui à la libre circulation
    Oui au droit à l’éducation de nos enfants
    Non aux menaces envers les entreprises qui désirent travailler.
    Non au blocage actuel de la livraison et de la distribution du carburant.
    Oui aux négociations libres."

    http://www.domactu.com/actualite/92

    Répondre
  24. birahima2
    birahima2 dit :

    OK thé
    ceci dit les médiateurs qu’ils envoient en Gwada
    bin qu’ils aillent se faire baptiser sur les rives du Jourdain !!!!!
    pour pas dire autre chose
    l’UGTG doit revoir ses méthodes
    mais si il y a que celles-là qui marchent ?

    et puis nos dirigeants qui programment en mars, la prochaine grève
    à l’opposé de ce qu’il faudrait faire

    que conclure
    there is no alternative a commencé en 1944 à bretton Woods ?

    alé alé alé
    we think it of
    avec philosophie

    Répondre
  25. Christine
    Christine dit :

    Il y a 132 points dans la plateforme de revendications http://www.lkp-gwa.org/, pas seulement un slogan

    Je vois qu’après les accusations de racisme anti-blanc on passe aux accusations sur les méthodes. C’est vrai qu’un syndicat qui fait respecter ses grèves, ça fout la trouille.

    Sur le racisme, extrait de l’interview de Elie Domota, leader de l’UGTG et du LKP (Mediapart)

    "Pourquoi les patrons guadeloupéens sont-ils sourds à vos revendications ?"

    "Nous avons les chefs d’entreprises les plus réactionnaires de France. Une bonne frange du patronat local vient de métropole et sont des arrière-petits-fils d’esclavagistes qui pratiquent ouvertement la discrimination raciale à l’embauche. Malgré un taux de chômage de 40%, ils continuent de faire venir leur personnel de métropole.
    L’économie de la Guadeloupe est organisée autour de l’import-distribution aux mains de quatre familles « béké » (descendants des colons blancs antillais), parents entre eux, et tous descendants d’esclavagistes. La famille Hayot (GBH) qui construit et exploite les hypermarchés sous l’enseigne Carrefour est la huitième fortune de France. Ces familles possèdent tout et pratiquent ouvertement une discrimination à l’embauche.
    Chaque année, environ 1000 hectares de terres agricoles disparaissent au profit de hangars ou d’entrepôts pour ces grands groupes. De plus, la canne à sucre et la banane sont des produits d’exportation, loin de pouvoir remplir les besoins alimentaires de la population. La colonie est là pour servir la métropole. La canne à sucre n’est même pas raffinée sur l’île mais en métropole d’où elle est ensuite réexpédiée et revendue aux Guadeloupéens. Les lois de défiscalisation et d’exonération, qui n’ont eu que des conséquences négatives sur l’emploi, ne sont ni plus ni moins qu’un blanchiment légal d’argent. Sans compter les hôtels qui ouvrent et qui ferment juste pour que les grosses fortunes puissent bénéficier de remises fiscales et qui ont coûté 1500 emplois à la région en dix ans.
    Comble de l’absurde, il existe un projet de circuit automobile financé par le Qatar et les Emirats arabes unis de construire un circuit automobile sur un terrain agricole. Soyons sérieux. Plusieurs personnalités politiques ont fait part de leur intention de relancer le débat sur une assemblée unique, mais ce n’est pas le changement de statut de l’île qui réduira les problèmes des Guadeloupéens. Il faut remettre à plat les choix désastreux qui ont été faits par le passé et qui ont consolidé la structure coloniale de la Guadeloupe."

    Répondre
  26. thé
    thé dit :

    Bien eu du mal à me faire une idée.
    Eu de la sympathie, au départ, pour ce mouvement.
    Quand j’ai vu que c’était noyauté par l’UGTG, cela m’a paru moins évident.
    Je pense que ce qu’a fait Bira, sur son blog, est succint, mais explicite
    Le jeu de l’UGTG est ambigu. Ils ont réussi à rassembler sur un motif simpliste et populiste.
    Halte à la vie chère n’arrangera rien. Si t’as 200 euros de plus mais que les prix augmentent en conséquence, t’as rien gagné. Ils demandent pas un changement de société, mais institutionnel. La population a déjà répondu non à ce changement.
    J’ai vu aussi circuler la pétition. Ils postent partout pour la faire signer. C’est pétition à béké.
    On va pas rentrer dans ce jeu-là.

    Répondre
  27. Christine
    Christine dit :

    @thé : ton analyse est fausse quand tu les qualifies de racistes alors qu’ils sont (seulement 😉 très anticolonialistes

    Ce qui fait peur c’est ton assimilation UGTG-MEDEF, fondée sur ta connaissance des "racines du problème". Bon, je crois que je vais en rester là, les dialogues dans les fils de comm, c’est pas forcément intéressant.

    Répondre
  28. Tan
    Tan dit :

    Salut,
    Pour tous ceux qui sont en Martinique, nous organisons une réunion demain, samedi 14 Février 2009 à 16 heures, à la maison des syndicats.

    Thème: Les jeunes en réflexion sur l’avenir, dans le cadre de la mobilisation générale.

    Appel à toutes les associations de jeunes de Martinique.
    Si qqun peu m transmettre les coordonnées de Martinique avenir svp.
    Merci à tous de faire passer le mot

    Répondre
  29. thé
    thé dit :

    Christine
    Je cherche. J’ai pas dit que j’y voyais très clair, certaines choses restant ambigües. J’ai posté que deux fois. Si c’est cela que tu appelles de l’obstination…
    Par contre, tu dis :
    "C’est de l’UGTG, Union générale des travailleurs de Guadeloupe que parle birahima. Un syndicat, pas un parti. Et son analyse est fausse."
    En quoi est-ce faux ?
    Sur le syndicat, ok. On sait que c’est pas un parti, ne serait-ce que le sigle.
    En quoi est-ce faux ?
    Et ça fait peur pourquoi ?

    Répondre
  30. Tan
    Tan dit :

    Ben parsk on n voi pa bocou de jeunes ds les manifestations et c regretabl
    L’initiative de Martinique avenir est super, mé impossibl de trouver leurs coordonées sur internet
    Et les + agés, ils se concertent tjs et ns pa,, ns aussi ns avons droit à la parole.
    Je parle aussi bien de jeunes travailleurs, que de chomeurs ou d’étudiants.

    Répondre
  31. Christine
    Christine dit :

    @thé : " L’analyse fausse" de mon comm 8 est celle de birahima, qui dit l’ugtg raciste. Il m’a semblé que tu soutenais ce billet, mais effectivement ce ne sont pas tes mots. J’ai donné dans ce même comm 8 un lien qui expliquait pourquoi je pense que c’est une erreur de les penser racistes. J’ai renouvelé l’explication dans le comm 45.

    Quant à l’assimilation ugtg-medef, elle fait peur par son peu d’analyse. Je sais pas moi, lis les positions des deux camps, tu verras probablement la différence.

    @birahima : décidément, c’est une manie de vouloir faire la police dans les blogs des autres. Mes convictions m’interdisent de tirer sur les ambulances.

    Répondre
  32. thé
    thé dit :

    Christine
    Je n’ai fait aucune analyse. J’ai dit que j’essayais d’y voir clair.
    Il suffit pas de dire "ton analyse est fausse", il faut dire pourquoi.
    Je n’ai jamais parlé de "racisme".. Pourrais-tu lire avant de répondre ?
    Apparemment, tes deux seules phrases sont :
    "tes analyses sont fausses
    ce qui fait peur"
    C’est pas avec ça qu’on peut avancer.

    Répondre
  33. thé
    thé dit :

    christine
    je ne comprends pas à qui tu t’adresses
    Si tu me réponds, tu me réponds à ce que j’ai dit et non à ce que tu croyais penser quant à une approbation que je n’ai pas donnée.

    Les seuls liens que tu aies donnés sont ceux de l’UGTG
    Je peux, de la même façon, te donner des liens où l’UMP se dit le chantre du progrès social.
    C’est pas une réflexion.

    Arrête de dire" ça fait peur". C’est là que s’arrête ton analyse. C’est quoi qui fait peur ? Quoi ?

    J’ai pas assimilé. J’ai dit, c’est le même combat.

    Répondre
  34. thé
    thé dit :

    les commentaires sont coupés ? saturés, je ne sais, essaie de continuer
    Car demander 200 euros de plus sur les salaires, c’est pas une révolution.. C’est pas un changement de société.. Les békés de Martinique s’y retrouveront très bien. Ils augmenteront les prix tout autant. Ils tiennent tout et la grande distribution et les bananes et le reste.
    Peu est dit des Haïtiens qui vivent là-bas, et qui sont exploités par moins noirs qu’eux.
    Des revendications légitimes, il y en a. Sûr. Ici, aussi.
    Ils remettent pas en cause la gestion de la société. Ils font les gros bras. C’est facile. Ils sont "en grève " mais non-grévistes. C’est pas une grève, ça
    Par contre, oui, gestion colonialiste, oui.
    Mais seul l’UGTG ne peut donner la réponse. Et je condamne ses méthodes.

    Répondre
  35. fnur
    fnur dit :

    cyclomal,

    bien sûr qu’il ne faut rien changer à ce que vous êtes et ne pas écouter les bonnes sœurs eucharistiques lénifiantes, ni même les béké ne doivent rien changer à ce qu’ils sont, seule la confrontation actuelle est utile et peut apporter une modification des rapports de force. Je ne connais pas le vécu des iles suffisamment, mais j’entrevois les abus qui doivent s’y produire.

    Répondre
  36. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Contente de voir que le débat se poursuit ici.

    Ce serait bien, effectivement, que Martinique Avenir ouvre un blog (ou autre) sur le net, afin que leur travail de réflexion puisse s’afficher et s’étendre. Je leur conseille, éventuellement, de claquer 15€/an et de prendre un nom de domaine sur Gandi.net qui leur ouvre l’accès très simple à un Gandiblog comme Le Monolecte (facile d’entretien et bon référencement) ou, s’ils sont fauchés (et encore, ça peut vraiment s’arranger!) d’ouvrir un blog wordpress.com gratuit et sans pub.

    Dans tous les cas de figure, ils peuvent me contacter (des fois, je suis longue à répondre pour cause de boulot et/ou déplacement) pour conseil ou aide. Et s’ils ont déjà un truc, de ne pas hésiter à laisser le lien ici pour que tout le monde puisse les trouver!

    Répondre
  37. comme ça
    comme ça dit :

    Le non-photographe pense souvent qu’en mettant un filtre rouge devant l’objectif, on colorie en rouge la photo. En réalité, le filtre rouge empêche la transmission des autre couleurs.

    La lecture des évènements de Guadeloupe à travers le fitre "raciale" ne permet-il pas d’occulter les autres problèmatiques?

    Il y a du racisme aus antilles? sans doute. Racisme anti-blanc? Certainement. Exprimé plus ou moins suivant les circonstances. Mais enfin, en plus de trente ans de présence aux antilles, j’en suis quand même ressorti vivant, et en bonne santé. Et finalement, si je compte bien, ayant subi peu de qualificatifs relatifs à ma "blanchitude". Avec de nombreux amis gardés là-bas.
    Il y à aussi (et surtout) la xénophobie vis à vis des haïtiens. Importante et assez généralisée. Mais aussi des prises de positions "courageuses" de certains antillais (Démocrite par ex). Il y a aussi l’utilisation de cette xénophobie. Par exemple par le populiste Ibi Simon drivé par le béké Viviès.

    Il y a aussi et encore, du racisme en Italie (les roumains), en Angleterre, en France même (le pays des droits de l’homme).

    Brefs, les antillais sont des "gens". Comme nous. La belle découverte!

    Le fait de poser la problématique du racisme antillais, en ce moment de luttes sociales en Guadeloupe et ailleurs dans les DOM, me fait penser aux accusations d’antisémitisme lors de la critique de la politique d’Israël. Un filtre rouge posé sur l’objectif.

    L’UGTG est-il une syndicat raciste? Il y a probablement des racistes au sein de l’UGTG. Mais pour avoir été délégué syndical (pas UGTG) pendant de nombreuses années en Guadeloupe, ce que je peux dire, c’est que sans l’UGTG, le paysage syndical serait bien plus sombre pour les salariés. Et que dans bien des cas, le rôle de l’UGTG à été déterminant.

    Pour terminer, je me souviens de ce message des Black Panthers, souvent accusés de racisme: "Nous ne combattons pas le racisme par le racisme. Nous combattons le racisme par la solidarité. "

    Répondre
  38. birahima2
    birahima2 dit :

    c’est tout l’intérêt de garder une grille de lecture marxiste comme le fait Alex Lollia
    ou disons une grille de lecture classique du mouvement ouvrier

    meilleure défense
    ma kom 35
    t’avais peut-être pas mis tes lunettes ?

    Répondre
  39. damien
    damien dit :

    "Je crains (…) que le sentiment de ras-le-bol des Guadeloupéens et des Martiniquais se diffuse ici" Mme Aubry.

    Ben tiens, ça flippe grave hein !!

    Bravo à nos amis et compatriotes, et suivons l’exemple !!

    Répondre
  40. Claudia
    Claudia dit :

    "Je crains (…) que le sentiment de ras-le-bol des Guadeloupéens et des Martiniquais se diffuse ici" Mme Aubry."

    Assez lamentable , la mère Aubry.
    Le PS craint les mouvements sociaux à présent ?
    Elle a perdu une occasion de se taire .

    Répondre
  41. loloster
    loloster dit :

    pour enregistrer la video du journal de RFO Martinique du 11/02/09, on peut utiliser l’outil open source mplayer http://oss.netfarm.it/mplayer-win32

    une fois l’installation de mplayer effectuée, en ligne de commande taper l’instruction suivante dans le répertoire d’installation de celui-ci :

    ./mplayer.exe -nocache -dumpfile martinique.wmv -dumpstream mms://a1977.v101991234422002.c10199.e.vm.akamaistream.net/7/1977/10199/1234422002/ftvigrp.download.akamai.com/10199/horsgv/regions/rfo/jts/martinique_20090212-350k.wmv

    c’est long (le temps du visionnage de la video en fait, soit presque une heure), on ne voit rien défiler, la taille du fichier résultant (martinique.wmv) restant à zéro jusqu’à ce que le transfert se termine tout seul

    s’il existe une méthode plus simple… je veux bien l’essayer aussi 😉

    Répondre
  42. Bertrand
    Bertrand dit :

    Je suis l’avenir sans avoir le droit de fuir

    TEXTE proposé par La-Convergence-Ethique, et portant sur un:

    CODE D’ÉTHIQUE POLITIQUE DES INSTITUTIONS DE L’ÉTAT FRANCAIS

    CHAPITRE I: PRÉAMBULE

    CHAPITRE II: FINALITÉ DE L’ÉTAT
    Article 1 – BIEN COMMUN.

    CHAPITRE III: CHAMPS D’APPLICATION
    Article 2 – INSTITUTIONS CONCERNÉES.
    Article 3 – CITOYENS CONCERNÉS.
    Article 4 – CHAMPS D’APPLICATION ÉLARGI.

    CHAPITRE IV: PRINCIPES GENERAUX
    Article 5 – L’ÉTHIQUE COMME OBLIGATION.
    Article 6 – ENGAGEMENT.
    Article 7 – CONSULTATION.
    Article 8 – L’ÉTHIQUE COMME COMPÉTENCE PROFESSIONNELLE.
    Article 9 – PROBITÉ.
    Article 10 – PRUDENCE.
    Article 11 – JUSTICE.
    Article 12 – TEMPERANCE.
    Article 13 – LÉGITIMITÉ.
    Article 14 – RESPONSABILITÉ.

    CHAPITRE V: PRINCIPES PARTICULIERS
    Article 15 – APTITUDE.
    Article 16 – COMPÉTENCES.
    Article 17 – FORMATION.
    Article 18 – LEGALITÉ.
    Article 19 – RÉFLEXION.
    Article 20 – AUTHENTICITÉ.
    Article 21 – DISCRÉTION.
    Article 22 – TRANSPARENCE.
    Article 23 – OBÉISSANCE.
    Article 24 – INDÉPENDANCE DE JUGEMENT.
    Article 25 – ÉQUITÉ.
    Article 26 – IMPARTIALITÉ.
    Article 27 – EXEMPLARITÉ.
    Article 28 – RESPECT DES BIENS ET RESSOURCES DE L’ÉTAT.
    Article 29 – RESPECT DU TEMPS DE TRAVAIL.
    Article 30 – ESPRIT DE SERVICE.
    Article 31 – UTILISATION DE L’INFORMATION.
    Article 32 – HONNEUR.
    Article 33 – TOLERANCE.
    Article 34 – DEVOIR D’INFORMER.

    CHAPITRE VI: RÉGIME DE BÉNÉFICES PROHIBÉS

    TITRE I: BÉNÉFICES D’ORIGINE EXTERNE
    Article 35 – BÉNÉFICES PROHIBÉS.
    Article 36 – PRÉSOMPTIONS.
    Article 37 – EXCEPTIONS.

    TITRE II: BÉNÉFICES D’ORIGINE INTERNE
    Article 38 – BÉNÉFICES PROHIBÉS.
    Article 39 – EXCEPTIONS.

    CHAPITRE VII: INCOMPATIBILITÉS FONCTIONNELLES
    Article 40 – CONFLITS D’INTÉRÊTS.
    Article 41 – CLIENTÉLISME ET OU FAVORITISME.
    Article 42 – CUMUL DE FONCTIONS ET MANDATS.
    Article 43 – ACTIVITÉS PRIVÉES.
    Article 44 – PÉRIODE DE CARENCE

    CHAPITRE VIII: CONSÉQUENCES
    Article 45 – SANTIONS.
    Article 46 – PROCÉDURES.
    Article 47 – ENREGISTREMENT.

    http://www.la-convergence-ethique.o

    Répondre
  43. birahima2
    birahima2 dit :

    http://www.humanite.fr/Quelques-ver
    cet article

    mais il est conseillé d’acheter l’Huma ce lundi
    voir aussi en dernière page
    Danik Ibrahim Zandowis, rédacteur en chef des Nouvelles étincelles ( hebdo du parti communiste guadeloupéen
    (…)
    Sur le plan de l’éthique, l’Etat français et ses représentants, y compris le locataire de l’Elysée, ont géré ce conflit avec la plus grande désinvolture. Au cours de derniers jours, ils ont fait preuve d’une si grande légèreté qu’on en vient à s’interroger sur la morale de nos dirigeants. Même si nous voulions faire mine de n’être pas esclaves de notre histoire, récente ou lointaine, tout a été fait pour qu’elle remonte par pans entiers dans notre quotidien" ( …)

    il a écrit : "tout a été fait…"

    là je comprends

    Répondre
  44. Claudia
    Claudia dit :

    6/02/2009
    Manifeste pour les «produits» de haute nécessité : Martinique, Guadeloupe, Guyane, Réunion

    par Ernest BRELEUR, Patrick CHAMOISEAU, Serge DOMI, Gérard DELVER, Edouard GLISSANT, Guillaume PIGEARD DE GURBERT, Olivier PORTECOP, Olivier PULVAR, Jean-Claude WILLIAM •

    C’est en solidarité pleine et sans réserve aucune que nous saluons le profond mouvement social qui s’est installé en Guadeloupe, puis en Martinique, et qui tend à se répandre à la Guyane et à la Réunion. Aucune de nos revendications n’est illégitime. Aucune n’est irrationnelle en soi, et surtout pas plus démesurée que les rouages du système auquel elle se confronte. Aucune ne saurait donc être négligée dans ce qu’elle représente, ni dans ce qu’elle implique en relation avec l’ensemble des autres revendications. Car la force de ce mouvement est d’avoir su organiser sur une même base ce qui jusqu’alors s’était vu disjoint, voire isolé dans la cécité catégorielle — à savoir les luttes jusqu’alors inaudibles dans les administrations, les hôpitaux, les établissements scolaires, les entreprises, les collectivités territoriales, tout le monde associatif, toutes les professions artisanales ou libérales…

    Mais le plus important est que la dynamique du collectif Lyannaj — qui est d’allier et de rallier, de lier, relier et relayer tout ce qui se trouvait désolidarisé — est que la souffrance réelle du plus grand nombre (confrontée à un délire de concentrations économiques, d’ententes et de profits) rejoint des aspirations diffuses, encore inexprimables mais bien réelles, chez les jeunes, les grandes personnes, oubliés, invisibles et autres souffrants indéchiffrables de nos sociétés. La plupart de ceux qui y défilent en masse découvrent (ou recommencent à se souvenir) que l’on peut saisir l’impossible au collet, ou enlever le trône de notre renoncement à la fatalité.

    Cette grève est donc plus que légitime, et plus que bienfaisante, et ceux qui défaillent, temporisent, tergiversent, faillissent à lui porter des réponses décentes, se rapetissent et se condamnent.

    Dès lors, derrière le prosaïque du «pouvoir d’achat» ou du «panier de la ménagère», se profile l’essentiel qui nous manque et qui donne du sens à l’existence, à savoir : le poétique. Toute vie humaine un peu équilibrée s’articule entre, d’un côté, les nécessités immédiates du boire-survivre-manger (en clair : le prosaïque) ; et, de l’autre, l’aspiration à un épanouissement de soi, là où la nourriture est de dignité, d’honneur, de musique, de chants, de sports, de danses, de lectures, de philosophie, de spiritualité, d’amour, de temps libre affecté à l’accomplissement du grand désir intime (en clair : le poétique). Comme le propose Edgar Morin, le vivre-pour-vivre, tout comme le vivre-pour-soi n’ouvrent à aucune plénitude sans le donner-à-vivre à ce que nous aimons, à ceux que nous aimons, aux impossibles et aux dépassements auxquels nous aspirons.

    La «hausse des prix» ou «la vie chère» ne sont pas de petits diables-ziguidi qui surgissent devant nous en cruauté spontanée, ou de la seule cuisse de quelques purs békés. Ce sont les résultantes d’une dentition de système où règne le dogme du libéralisme économique. Ce dernier s’est emparé de la planète, il pèse sur la totalité des peuples, et il préside dans tous les imaginaires —non à une épuration ethnique, mais bien à une sorte d’«épuration éthique» (entendre : désenchantement, désacralisation, désymbolisation, déconstruction même) de tout le fait humain.

    Ce système a confiné nos existences dans des individuations égoïstes qui vous suppriment tout horizon et vous condamnent à deux misères profondes : être «consommateur» ou bien être «producteur». Le consommateur ne travaillant que pour consommer ce que produit sa force de travail devenue marchandise ; et le producteur réduisant sa production à l’unique perspective de profits sans limites pour des consommations fantasmées sans limites. L’ensemble ouvre à cette socialisation anti-sociale, dont parlait André Gorz, et où l’économique devient ainsi sa propre finalité et déserte tout le reste.

    Alors, quand le «prosaïque» n’ouvre pas aux élévations du «poétique», quand il devient sa propre finalité et se consume ainsi, nous avons tendance à croire que les aspirations de notre vie, et son besoin de sens, peuvent se loger dans ces codes-barres que sont « le pouvoir d’achat » ou «le panier de la ménagère». Et pire : nous finissons par penser que la gestion vertueuse des misères les plus intolérables relève d’une politique humaine ou progressiste. Il est donc urgent d’escorter les «produits de premières nécessités», d’une autre catégorie de denrées ou de facteurs qui relèveraient résolument d’une «haute nécessité».

    Par cette idée de «haute nécessité», nous appelons à prendre conscience du poétique déjà en œuvre dans un mouvement qui, au-delà du pouvoir d’achat, relève d’une exigence existentielle réelle, d’un appel très profond au plus noble de la vie.

    Alors que mettre dans ces «produits» de haute nécessité ?

    C’est tout ce qui constitue le cœur de notre souffrant désir de faire peuple et nation, d’entrer en dignité sur la grand-scène du monde, et qui ne se trouve pas aujourd’hui au centre des négociations en Martinique et en Guadeloupe, et bientôt sans doute en Guyane et à la Réunion.

    D’abord, il ne saurait y avoir d’avancées sociales qui se contenteraient d’elles-mêmes. Toute avancée sociale ne se réalise vraiment que dans une expérience politique qui tirerait les leçons structurantes de ce qui s’est passé. Ce mouvement a mis en exergue le tragique émiettement institutionnel de nos pays, et l’absence de pouvoir qui lui sert d’ossature. Le «déterminant» ou bien le «décisif» s‘obtient par des voyages ou par le téléphone. La compétence n’arrive que par des émissaires. La désinvolture et le mépris rôdent à tous les étages. L’éloignement, l’aveuglement et la déformation président aux analyses.

    L’imbroglio des pseudos pouvoirs Région-Département-Préfet, tout comme cette chose qu’est l’association des maires, ont montré leur impuissance, même leur effondrement, quand une revendication massive et sérieuse surgit dans une entité culturelle historique identitaire humaine, distincte de celle de la métropole administrante, mais qui ne s’est jamais vue traitée comme telle. Les slogans et les demandes ont tout de suite sauté par-dessus nos «présidents locaux» pour s’en aller mander ailleurs. Hélas, tout victoire sociale qui s’obtiendrait ainsi (dans ce bond par-dessus nous-mêmes), et qui s’arrêterait là, renforcerait notre assimilation, donc conforterait notre inexistence au monde et nos pseudo-pouvoirs.

    Ce mouvement se doit donc de fleurir en vision politique, laquelle devrait ouvrir à une force politique de renouvellement et de projection apte à nous faire accéder à la responsabilité de nous-mêmes par nous-mêmes et au pouvoir de nous-mêmes sur nous-mêmes. Et même si un tel pouvoir ne résoudrait vraiment aucun de ces problèmes, il nous permettrait à tout le moins de les aborder désormais en saine responsabilité, et donc de les traiter enfin plutôt que d’acquiescer aux sous-traitances. La question békée et des ghettos qui germent ici où là, est une petite question qu’une responsabilité politique endogène peut régler. Celle de la répartition et de la protection de nos terres à tous points de vue aussi. Celle de l’accueil préférentiel de nos jeunes tout autant. Celle d’une autre Justice ou de la lutte contre les fléaux de la drogue en relève largement…

    Le déficit en responsabilité crée amertume, xénophobie, crainte de l’autre, confiance réduite en soi… La question de la responsabilité est donc de haute nécessité. C’est dans l’irresponsabilité collective que se nichent les blocages persistants dans les négociations actuelles. Et c’est dans la responsabilité que se trouve l’invention, la souplesse, la créativité, la nécessité de trouver des solutions endogènes praticables. C’est dans la responsabilité que l’échec ou l’impuissance devient un lieu d’expérience véritable et de maturation. C’est en responsabilité que l’on tend plus rapidement et plus positivement vers ce qui relève de l’essentiel, tant dans les luttes que dans les aspirations ou dans les analyses.

    Ensuite, il y a la haute nécessité de comprendre que le labyrinthe obscur et indémêlable des prix (marges, sous-marges, commissions occultes et profits indécents) est inscrit dans une logique de système libéral marchand, lequel s’est étendu à l’ensemble de la planète avec la force aveugle d’une religion. Ils sont aussi enchâssés dans une absurdité coloniale qui nous a détournés de notre manger-pays, de notre environnement proche et de nos réalités culturelles, pour nous livrer sans pantalon et sans jardins-bokay aux modes alimentaires européens. C’est comme si la France avait été formatée pour importer toute son alimentation et ses produits de grande nécessité depuis des milliers et des milliers de kilomètres.

    Négocier dans ce cadre colonial absurde avec l’insondable chaîne des opérateurs et des intermédiaires peut certes améliorer quelque souffrance dans l’immédiat ; mais l’illusoire bienfaisance de ces accords sera vite balayée par le principe du «Marché» et par tous ces mécanismes que créent un nuage de voracités, (donc de profitations nourries par «l’esprit colonial» et régulées par la distance) que les primes, gels, aménagements vertueux, réductions opportunistes, pianotements dérisoires de l’octroi de mer, ne sauraient endiguer.

    Il y a donc une haute nécessité à nous vivre caribéens dans nos imports-exports vitaux, à nous penser américain pour la satisfaction de nos nécessités, de notre autosuffisance énergétique et alimentaire. L’autre très haute nécessité est ensuite de s’inscrire dans une contestation radicale du capitalisme contemporain qui n’est pas une perversion mais bien la plénitude hystérique d’un dogme. La haute nécessité est de tenter tout de suite de jeter les bases d’une société non économique, où l’idée de développement à croissance continuelle serait écartée au profit de celle d’épanouissement ; où emploi, salaire, consommation et production serait des lieux de création de soi et de parachèvement de l’humain.

    Si le capitalisme (dans son principe très pur qui est la forme contemporaine) a créé ce Frankenstein consommateur qui se réduit à son panier de nécessités, il engendre aussi de bien lamentables «producteurs» —chefs d’entreprises, entrepreneurs, et autres socioprofessionnels ineptes— incapables de tressaillements en face d’un sursaut de souffrance et de l’impérieuse nécessité d’un autre imaginaire politique, économique, social et culturel. Et là, il n’existe pas de camps différents. Nous sommes tous victimes d’un système flou, globalisé, qu’il nous faut affronter ensemble. Ouvriers et petits patrons, consommateurs et producteurs, portent quelque part en eux, silencieuse mais bien irréductible, cette haute nécessité qu’il nous faut réveiller, à savoir: vivre la vie, et sa propre vie, dans l’élévation constante vers le plus noble et le plus exigeant, et donc vers le plus épanouissant.
    Ce qui revient à vivre sa vie, et la vie, dans toute l’ampleur du poétique.

    On peut mettre la grande distribution à genoux en mangeant sain et autrement.

    On peut renvoyer la Sara et les compagnies pétrolières aux oubliettes, en rompant avec le tout automobile.

    On peut endiguer les agences de l’eau, leurs prix exorbitants, en considérant la moindre goutte sans attendre comme une denrée précieuse, à protéger partout, à utiliser comme on le ferait des dernières chiquetailles d’un trésor qui appartient à tous.

    On ne peut vaincre ni dépasser le prosaïque en demeurant dans la caverne du prosaïque, il faut ouvrir en poétique, en décroissance et en sobriété. Rien de ces institutions si arrogantes et puissantes aujourd’hui (banques, firmes transnationales, grandes surfaces, entrepreneurs de santé, téléphonie mobile…) ne sauraient ni ne pourraient y résister.

    Enfin, sur la question des salaires et de l’emploi.
    Là aussi il nous faut déterminer la haute nécessité.
    Le capitalisme contemporain réduit la part salariale à mesure qu’il augmente sa production et ses profits. Le chômage est une conséquence directe de la diminution de son besoin de main d’œuvre. Quand il délocalise, ce n’est pas dans la recherche d’une main d’œuvre abondante, mais dans le souci d’un effondrement plus accéléré de la part salariale. Toute déflation salariale dégage des profits qui vont de suite au grand jeu welto de la finance. Réclamer une augmentation de salaire conséquente n’est donc en rien illégitime : c’est le début d’une équité qui doit se faire mondiale.

    Quant à l’idée du «plein emploi», elle nous a été clouée dans l’imaginaire par les nécessités du développement industriel et les épurations éthiques qui l’ont accompagnée. Le travail à l’origine était inscrit dans un système symbolique et sacré (d’ordre politique, culturel, personnel) qui en déterminait les ampleurs et le sens. Sous la régie capitaliste, il a perdu son sens créateur et sa vertu épanouissante à mesure qu’il devenait, au détriment de tout le reste, tout à la fois un simple «emploi», et l’unique colonne vertébrale de nos semaines et de nos jours. Le travail a achevé de perdre toute signifiance quand, devenu lui-même une simple marchandise, il s’est mis à n’ouvrir qu’à la consommation.
    Nous sommes maintenant au fond du gouffre.

    Il nous faut donc réinstaller le travail au sein du poétique. Même acharné, même pénible, qu’il redevienne un lieu d’accomplissement, d’invention sociale et de construction de soi, ou alors qu’il en soit un outil secondaire parmi d’autres. Il y a des myriades de compétences, de talents, de créativités, de folies bienfaisantes, qui se trouvent en ce moment stérilisés dans les couloirs ANPE et les camps sans barbelés du chômage structurel né du capitalisme. Même quand nous nous serons débarrassés du dogme marchand, les avancées technologiques (vouées à la sobriété et à la décroissance sélective) nous aiderons à transformer la valeur-travail en une sorte d’arc-en-ciel, allant du simple outil accessoire jusqu’à l’équation d’une activité à haute incandescence créatrice. Le plein emploi ne sera pas du prosaïque productiviste, mais il s’envisagera dans ce qu’il peut créer en socialisation, en autoproduction, en temps libre, en temps mort, en ce qu’il pourra permettre de solidarités, de partages, de soutiens aux plus démantelés, de revitalisations écologiques de notre environnement…

    Il s’envisagera en «tout ce qui fait que la vie vaut la peine d’être vécue».
    Il y aura du travail et des revenus de citoyenneté dans ce qui stimule, qui aide à rêver, qui mène à méditer ou qui ouvre aux délices de l’ennui, qui installe en musique, qui oriente en randonnée dans le pays des livres, des arts, du chant, de la philosophie, de l’étude ou de la consommation de haute nécessité qui ouvre à création —créaconsommation.
    En valeur poétique, il n’existe ni chômage ni plein emploi ni assistanat, mais autorégénération et autoréorganisation, mais du possible à l’infini pour tous les talents, toutes les aspirations. En valeur poétique, le PIB des sociétés économiques révèle sa brutalité.

    Voici ce premier panier que nous apportons à toutes les tables de négociations et à leurs prolongements : que le principe de gratuité soit posé pour tout ce qui permet un dégagement des chaînes, une amplification de l’imaginaire, une stimulation des facultés cognitives, une mise en créativité de tous, un déboulé sans manman de l’esprit. Que ce principe balise les chemins vers le livre, les contes, le théâtre, la musique, la danse, les arts visuels, l’artisanat, la culture et l’agriculture… Qu’il soit inscrit au porche des maternelles, des écoles, des lycées et collèges, des universités et de tous les lieux connaissance et de formation… Qu’il ouvre à des usages créateurs des technologies neuves et du cyberespace. Qu’il favorise tout ce qui permet d’entrer en Relation (rencontres, contacts, coopérations, interactions, errances qui orientent) avec les virtualités imprévisibles du Tout-Monde…

    C’est le gratuit en son principe qui permettra aux politiques sociales et culturelles publiques de déterminer l’ampleur des exceptions. C’est à partir de ce principe que nous devrons imaginer des échelles non marchandes allant du totalement gratuit à la participation réduite ou symbolique, du financement public au financement individuel et volontaire… C’est le gratuit en son principe qui devrait s’installer aux fondements de nos sociétés neuves et de nos solidarités imaginantes…

    Projetons nos imaginaires dans ces hautes nécessités jusqu’à ce que la force du Lyannaj ou bien du vivre-ensemble, ne soit plus un «panier de ménagère», mais le souci démultiplié d’une plénitude de l’idée de l’humain.

    Imaginons ensemble un cadre politique de responsabilité pleine, dans des sociétés martiniquaise guadeloupéenne guyanaise réunionnaise nouvelles, prenant leur part souveraine aux luttes planétaires contre le capitalisme et pour un monde écologiquement nouveau.

    Profitons de cette conscience ouverte, à vif, pour que les négociations se nourrissent, prolongent et s’ouvrent comme une floraison dans une audience totale, sur ces nations qui sont les nôtres.

    An gwan lodyans qui ne craint ni ne déserte les grands frissons de l’utopie.

    Nous appelons donc à ces utopies où le Politique ne serait pas réduit à la gestion des misères inadmissibles ni à la régulation des sauvageries du « Marché », mais où il retrouverait son essence au service de tout ce qui confère une âme au prosaïque en le dépassant ou en l’instrumentalisant de la manière la plus étroite.

    Nous appelons à une haute politique, à un art politique, qui installe l’individu, sa relation à l’Autre, au centre d’un projet commun où règne ce que la vie a de plus exigeant, de plus intense et de plus éclatant, et donc de plus sensible à la beauté.

    Ainsi, chers compatriotes, en nous débarrassant des archaïsmes coloniaux, de la dépendance et de l’assistanat, en nous inscrivant résolument dans l’épanouissement écologique de nos pays et du monde à venir, en contestant la violence économique et le système marchand, nous naîtrons au monde avec une visibilité levée du post-capitalisme et d’un rapport écologique global aux équilibres de la planète….

    Alors voici notre vision :
    Petits pays, soudain au cœur nouveau du monde, soudain immenses d’être les premiers exemples de sociétés post-capitalistes, capables de mettre en œuvre un épanouissement humain qui s’inscrit dans l’horizontale plénitude du vivant…

    http://philosophie.blogs.liberation

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  45. alsospracht
    alsospracht dit :

    Tiens, c’est curieux Claudia (et birahima2), le texte que tu colles en entier à partir de libération est le même que celui dont je parlais et dont je donnais le lien à partir de l’humanité.fr (post 75 un peu au-dessus). Doublement curieux dirais-je même !
    Voilà des gens qui remettent le travail à sa place… Arbeit macht freï.

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  46. birahima2
    birahima2 dit :

    alsospracht
    c’est vrai que tu as mis le lien de l’huma avant
    c’est pourquoi j’ai mis : DUR
    perso je lis cela ds l’Huma
    double page ds l’Huma de mardi
    le contact avec le papier est bon…

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  47. lecmav
    lecmav dit :

    juste pour dire d’aller lire les textes du collectif sur son site internet en perpétuelle construction. n’hésitez à laisser des commentaires.

    tjenbé rèd

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  1. […] éructent leur suffisance tout en se gobergeant de nos souffrances, alors, il n’y aurait pas que dans les Antilles que le peuple souverain exigerait qu’on lui rende des […]

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