Tempus fugit

Les jours se suivent et se ressemblent, dans une grande diarrhée médiatique qui dégueule d’un épiphénomène à l’autre, sans relâche, comme un automate dont on aurait remonté le ressort jusqu’à l’extrême limite de la rupture…

L’homme-orchestre continue sans relâche d’imposer son tempo infernal au reste du pays : un jour, une connerie! Et courent les petits journalistes empressés et s’indignent les professionnels de la politique et s’abrutissent les péquenots de la France du sous-sol, dans un zapping dément vide de toute substance, de toute distance. C’est la déferlante de l’indignation continue mise en musique par le clone moche du lapin blanc de Carla au pays des vermeils! Tempo accelerando, agitato, affannato pour les agitateurs du vide. Des cerveaux rendus totalement disponibles à force de pilonnage staccatissimo.
Panique au Mangin Palace, comme dirait l’autre…

Ne pas commenter.
Ne pas se laisser happer par la farandole folle.
Respirer à fond.
Posément.
Tranquillo.

La musique n’est pas qu’une cascade de notes.
C’est aussi des silences.

Et des soupirs.

Parce que le temps, finalement, on l’a toujours.
Suffit de le prendre. Et pas seulement dans la gueule.

Tempus edax, homo edacior

Tout à l’heure, j’ai croisé à la boulangerie du coin une camarade de pension. Bon, ce n’est pas comme si je ne l’avais pas vue depuis un quart de siècle. Le dernier croisement remonte à 5 ou 6 ans. Juste avant la naine. C’était la même que 18 ans plus tôt, mais en plus grand.
Tandis qu’aujourd’hui, c’est la même que 6 ans plus tôt, mais en plus vieux. Comme si elle avait passé le Rubicon : elle ressemble maintenant plus à une mère de famille lambda dans la force de l’âge qu’à la petite fille que j’ai connu.

D’un autre côté, ça marche aussi pour moi. Jusqu’à présent, je me ressemblais. Mais là, brusquement, le temps me rattrape. Ce n’est pas méchant, c’est plutôt soudain, comme une digue qui cède. J’ai deux cheveux blancs gros comme des poireaux qui pointent comme des cornes et que je défends âprement contre les velléités roundupiennes de ma coiffeuse. La pesanteur est clairement en train de gagner la partie, de mèche avec la cellulite. Mes nichons, naguère offensifs, rampent mollement vers un bide qui s’affirme et s’amplifie, pendant que mes fesses bloblottent comme deux vagues pâtés de fruit jelly. Ma taille s’épaissit pendant que mes traits se durcissent et que des douleurs cervicales et dorsales fulgurantes et inédites me forcent à revoir près de 40 ans d’avachissement glandouillaire. Le cocktail hormonal intérieur change et modifie tout. Les poils, qui me font chier depuis toujours, colonisent de plus en plus de peau, le goût change, l’odorat change… Les seules choses qui ne changent pas, ce sont les trucs les plus merdiques que j’ai gagné à l’adolescence : une peau de merde avec un teint d’œufs brouillés et une aptitude comédogène qui me fait toujours qualifier par les vendeuses en cosmétiques de peau jeune à problèmes. Restent surtout les problèmes.

Du coup, je suis totalement heureuse et détendue : je m’achemine fermement vers le grand mystère de la quarantaine et voit se mettre en place les ingrédients secrets de la grande crise qui va avec. Je suis en train de quitter le palier de la trentaine resplendissante et commence à expérimenter dans ma chair l’alchimie subtile du vieillissement.

Je pourrais me teindre les cheveux, m’inscrire dans un club de gym, me ruiner en soins esthétiques, ce genre de choses… alors qu’en fait, je suis sur le point de totalement m’affranchir de la dictature de l’apparence.

Oleum perdidisti

L’autre jour, c’est ma belle-mère qui a coulé une bielle quand j’ai utilisé le mot "vieux". Je ne parlais pas d’elle, bien sûr, juste d’une formation informatique Linux dont le public était très majoritairement composé de vieux. Personnellement, je trouve plutôt ça bien que les vieux se connectent en Open Source.

Mais voilà, pour ma belle-mère, le mot "vieux", c’est péjoratif.

D’ailleurs, dans la frénésie jeuniste actuelle, je crois que c’est le cas de beaucoup de gens. On ne doit pas dire "vieux". Comme si être vieux, ou le devenir, c’est tabou : ton corps change, mais ce n’est pas sale! Ils sont tellement à ne pas supporter de vieillir. À refuser de vieillir…
Comme s’ils avaient le choix…

Alors, ils font semblant. Se comportent comme des ados, vivent comme des étudiants, s’habillent comme des Lolitas. Et enrichissent Liliane Bettencourt. Démesurément.
Et votent bling-bling…

Les vieux!

Monsieur Monolecte propose de les appeler personnes chronologiquement contrariées. Pour ne vexer personne.
Pourtant, je continue à penser que vieillir est un privilège dans un monde où tant d’autres ont déjà tellement de mal à juste grandir.
La récompense des survivants.

Bien sûr, vieillir, c’est aussi se dépouiller, une à une, de toutes les couches de superficialité que l’on a érigées entre nous et le reste du monde. C’est aussi le corps qui lâche, lentement et sûrement. C’est la perspective d’un monde qui se rétrécit, se ratatine, jusqu’à n’être plus qu’un petit couloir vert et anonyme imprégné de cette odeur reconnaissable entre toutes, mélange de potage de poireaux, d’urine et de désinfectant. Vieillir, c’est mourir. Parfois à petit feu, souvent salement. Comme Odette, que je suis allée voir il y a quelques jours, sorte de fétu parcheminé, clouée depuis plus d’un an dans son lit de mort par un AVC qui l’a laissé prisonnière d’un corps qu’elle ne contrôle plus. Elle bouge encore une de ses mains, avec laquelle elle agrippe convulsivement le drap qui semble écraser son corps trop maigre. De sa bouche ne sort qu’une bouillie de mots ou parfois un long hululement lugubre quand elle pleure. Car elle pleure souvent. Elle mange des aliments spéciaux qui ne sont pas sans rappeler les petits pots pour bébés et dont une part non négligeable coule de la commissure de ses lèvres toujours sèches. Une perfusion, chaque soir, lui permet de s’hydrater dans la nuit. Des nuits bien longues où elle ressasse sans cesse sa jeunesse perdue, ses chers disparus, ses regrets. Surtout ses regrets.

Elle représente très exactement ce qui fait peur à chacun de nous quand on parle de vieillesse. Sauf qu’elle le vit. Depuis plus d’un an. Et que cela peut durer encore longtemps.

Ce week-end, je l’ai prise en photo sur son lit de souffrance. Cela faisait longtemps que je voulais le faire, sans trop oser le demander, sans trop savoir comment justifier ma démarche. Finalement, c’est son mari qui me l’a demandé, assez naturellement, comme on le ferait pour un baptême ou un anniversaire. Quelque chose qui fait partie de la vie en somme. Parce que c’est exactement cela que je voulais saisir : une étape de la vie.

Le temps fuit et ne revient pas. Il coule comme un fleuve imperturbable vers une mer infinie dont personne n’a jamais vu l’autre rivage. Qu’importe qu’on s’y agite ou qu’on se laisse porter par le courant, le fleuve poursuit sa course inexorable. Notre seule issue, c’est d’occuper au mieux cet étrange voyage au lieu de perdre notre temps et notre énergie à tenter de remonter le courant.

Tempus fugit, utere

Je m’y emploie…

57 réponses
  1. dominique
    dominique dit :

    De 30 a 40 et tout se passe tranquillement, tu verras, pas de craintes, le vieillisement nous gagne en douceur…le premier symptome c’est quand tu trouves que 32 , 38, finalement c’est pas si mal que ça..et puis 40 , j’en voulait pas, mais on se fait une raison, celle de continuer de vivre, car faudrait-il tout arreter pour autant..
    donc la vie continue, et de cheveu blanc en cheveu blanc, masqué illico presto par une couleur, on arrive vite à la dizaine suivante..mais l’essentiel c’est d’être vivante
    Pas de merveilles, ni quoi que ce soit d’exceptionnel, mais juste un parcours de vie…la maladie loin quand on peut…et a demain..

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  2. céleste
    céleste dit :

    oui, le temps passe et on change…
    mais si on devient vieux c’est parce que l’on a vécu.
    j’aime la sérénité que m’ont apportée les années.
    j’aime mes souvenirs.
    j’aime avoir vu grandir mes enfants, tous les enfants que j’ai connus et qui sont devenus adultes.

    vieillir est bien un privilège, nos corps en portent les marques et je ne ferai jamais rien qui puisse les effacer.

    ton texte est superbe

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  3. Minium
    Minium dit :

    41 dans un mois, un gros bide, des cheveux blancs qui se sont donnés rendez-vous au milieu du sommet de la tête. Forcément j’adore ton billet (d’ailleurs j’en ruminais un dans le même style mais je pense qu’il cèdera la priorité à d’autres).
    Sauf pour Odette. Alors je m’empresse de penser à la nôtre d’Odette, qui trayait une chèvre dans un biberon avec un sucre pour moi quand j’étais petite, et qui s’écrie maintenant à la vue d’un film sur la vie rurale : "Oh, mais il a pas l’ISO 9002, lui !".

    Le temps ne fait peut-être que s’étirer, et je ne pense pas que ce soit…juste une illusion de penser qu’on reviendra en arrière. Sur le poids, sur des manières de vivre, et peut-être parfois malgré nous.
    Ce qu’il ne faut pas oublier de dire non plus pour ne pas inquiéter les jeunes filles, c’est que les années n’apportent pas que des inconvénients. On peut être mieux dans sa peau à 25 ans qu’à 15, plus installée dans sa vie à 37 ans qu’à 27, plus indépendante de l’avis de sa belle famille ou de l’institutrice à 38 ans qu’à 28…

    Et apprendre plein de recettes bios et les conseiller aux vieux qui n’utilisent pas internet :o)

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  4. A.N.Onyme
    A.N.Onyme dit :

    Hé bien, c’est bête, mais je vais te dire quelque chose que je me suis pris en pleine poire il y a 2 mois environ : j’ai 41 piges et je suis plus heureux maintenant qu’à aucun autre moment de mon existence.

    Je suis marié avec une femme formidable, j’ai deux enfants adorables, un boulot qui me passionne. Je gagne ma vie honnêtement (sans plus), et j’emmerde les couillons bling-bling. Je suis ce que je suis et je suis bien dans ma peau d’adulte.

    Pourquoi ce bonheur ? Parce que mon enfance, mon adolescence et une bonne partie de ma vie de "jeune" adulte ont été une longue succession de drames et de déglingue. La mort de ma mère quand j’avais un an, les abus (sexuels et psychologiques) de ma famille, des études complètement ratée, presque 13 ans passés dans une secte bien facho, tout cela m’a sérieusement tabassé, comme on peut l’imaginer.

    Alors, aujourd’hui, les 40 piges derrière moi, je me dis que la petite bouée autour de la taille, les cheveux blancs, les os qui craquent le matin, tout cela me dit simplement que je suis (1) en vie et (2) heureux de l’être. Je me sens parfois beaucoup plus jeune que je ne le suis, parce que je suis libre. Libre, enfin, de toutes ces merdes et de toutes ces apparences.

    Et comme j’ai connu aussi bien le luxe le plus répugnant que la pauvreté la plus crasse, je peux à la fois comprendre ceux qui sont dans la mouise et plaindre ceux pour qui le fric et la réussite sont la seule mesure. La seule vérité c’est que le bonheur il est là, devant moi, à chaque instant de ma vie. Rien que de regarder mon gamin dormir, ça me donne la pêche pour toute une semaine. Penser à celle que j’aime suffit à me faire sourire, même dans les moments de folie au taf. Et pour les yeux de ma petite, j’ai décidé de garder la rage contre tous les imbéciles qui écrasent, polluent et gaspillent, dans tous les domaines.

    Attention quand même : cela ne veut pas dire que je suis un vieux con : juste un vieux con qui se croit jeune !

    Vieillir en se ratatinant, en se focalisant sur ses regrets, c’est une tragédie. Vieillir en s’ouvrant aux autres et en appréciant la vie à chaque instant, c’est une fête. Comprendre que chaque chose est à la fois totalement importante et totalement passagère, c’est aussi ce qui m’aide à vieillir. Mais là, je deviens un vieux con boudhiste… ça craint ! 🙂

    J’espère juste que j’aurais le temps de préparer ma fin avant de finir sur un lit d’hôpital, comme la personne que tu décris dans ton post. Personne ne devrait être condamné à mourir à petit feu comme cela.

    Comme disait un vieux sage zen : à ma mort, enterrez-moi dans une cave, sous une barrique de vin. Avec un peu de chance, il y aura un petit trou dans la barrique…

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  5. bert
    bert dit :

    Natura deficit, fortuna mutatur, deus omnia cernit

    Dire qu’il y a deux mille ans, il fallait déjà le prendre avec philosophie…

    Les sots pleurent les morts, pleuront ceux qui vieillissent
    pleurons l’humaine vie et ses courtes délices,
    et la jeunesse, hélas, qu’un rien fait défleurir,
    vieillir, oh Monolecte, est plus dur que mourir…

    (Je vole Théognis, il est mort il y a si longtemps…)

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  6. Chompitiarve
    Chompitiarve dit :

    Bonsoir, Agnes
    Ça m’emballe : que ce soit dans l’indignation, ou ici, dans un regard plus contemplatif sur vous-même et la vie, vous parlez toujours d’amour;
    C’est cela qui est intéressant;
    Il n’y a même que ça qui soit intéressant, toute la vie et le sens qu’on y peut trouver, ou chercher ou inventer, en découlent, les saumons vont à la source aussi sûrement que la rivière à son estuaire, et l’accord avec cela est un vrai symptôme de liberté !
    Je me souviens il y’a des années (j’ai 49 ans, ça doit dater des années 70, ce que je vais évoquer) d’une émission de TV de Chancel dont l’invité était l’historien Claude Manceron qui s’était mis dans une sainte colère devant la manie déjà grandissante d ‘asseptiser les réalités avec les
    périphrases pince-nez du genre "non-voyant" pour aveugle ou "personne du troisième âge" pour vieux, et il disait sensiblement pareil, qu’il assumait son âge, la vieillesse, que tous les âges sont découvertes, nouveautés, richesses, etc, enfin bref, voilà : dire certaines choses commes elles sont, sans autres atours que le ton d’un constat apaisé est une entrée à la fois simple et souveraine en poésie.
    On doit pouvoir trouver sur le net, une chanson de Frederick Mey (même siècle, hé hé) intitulée "Le premier cheveu gris"
    qui va aussi dans le sens de votre billet.

    Bien amicalement … 🙂

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  7. cultive ton jardin
    cultive ton jardin dit :

    64 ans aux prunes et sans regrets. Moi aussi, ça m’agace ces périphrases autour de la vieillesse comme si c’était une maladie honteuse transmissible par les mots.

    J’ai sacrifié -un temps- au rite du schampoing colorant, et puis basta. Surtout qu’à un moment il faut passer à la coloration. Ca repousse, on voit les racines, faut y retourner, tes cheveux prennent une consistance de vieux foin, on rajoute les soins nutritifs bidons… Et puis, quels produits frelatés on se met sur la tête, fabriqués comment, avec quels rejets toxiques?

    J’ai échappé au THS, quasi obligatoire à l’époque. Pas envie de bouffer encore pendant trente ans des hormones qu’on sait pas trop…d’ailleurs on sait maintenant: "échangerais insupportables bouffées de chaleur contre probabilité accrue de très sympathique cancer du sein". J’espère que les bonnes femmes flouées vont intenter un procès collectif aux labos.

    Quelque chose de la vieillesse que je ne cèderais pour rien au monde, c’est le bonheur des petits enfants. J’en ai un, une merveille comme il se doit, j’en espère d’autres, voir grandir un tout petit, surtout quand on en a pas la responsabilité quotidienne 🙂 est un pur plaisir.

    Répondre
  8. yelrah
    yelrah dit :

    51 ans ,pas toutes mes dents mais pas de cheveux blanc.Bon d’accord je suis chauve mais j’ai pas de bide et si les gamins me surnomme l’ancetre pour les balades en moto…ils viennent me chercher…

    Répondre
  9. Fanette
    Fanette dit :

    Que nous dresses tu comme portrait : tu es bien loin de cette caricature là Agnès !

    L’apparence c’est important pour soi, les autres tu t’en fichtres : fais toi des mèches, ça coûte un peu cher au départ, et ça tient plus longtemps, et pis, fait des mèches olé-olé, oranges, fauves, pourquoi pas ?
    Une couleur et ça repart !
    Je n’ai pas peur de vieillir mais plutôt de me laisser aller, vrai que les nanas entre les hormones et les sucreries, elles ne nous font pas de cadeaux et si nous ne sommes pas vigilantes côté ligne, c’est la bouteille de Perrier qui nous gagne, la Perrier tu la bois, tu prends ton VTT et tu t’élances dans les chemins de campagne, appareil photo autour du cou, lecteur MP3 bourré de Léo Férré entre les oreilles, et vis ton temps, ta vie à pleines dents.

    Monsieur Monolecte t’y aidera et ta poupette, de l’or en barre ces gamines effacera le temps de tes stupeurs, et de la peur de vieillir.
    J’ai un principe qui me dit que si je suis là en bonne santé, c’est bien pour quelque chose, vivons notre vie à pleines dents quand on ne sait pas de quoi seront faits nos lendemains, privilégions, l’amour dans nos foyers, les fêtes entre amis, les parties de poker et de tarots, et le temps, ben il passera, et toi au dessus de lui 😉
    Sincères amitiés 😉

    Répondre
  10. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Finalement, j’ai l’impression d’avoir pondu un truc projectif. J’écris texto que je suis très heureuse de pouvoir expérimenter le début du processus de vieillissement (c ‘est une expérience de vie aussi fondamentale que celle de porter un fœtus!), que je refuse les discours de négation de la vieillesse et que j’observe ce qui m’arrive, sans complaisance ni regret. Je ne veux pas qu’on m’arrache mes deux malheureux cheveux blancs, ni qu’on les camoufle : il m’a fallut patienter 37 ans pour avoir le droit à cette marque de maturité, 37 ans où ma bonne humeur me fait passer pour une personne inconséquente, superficielle, sans stature. Maintenant que je commence à avoir la gueule de mon âge, j’espère bien pouvoir continuer à sourire à la vie sans passer pour un chien fou…

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  11. Lory
    Lory dit :

    La vieillesse, c’est assez subjectif, et c’est différent de l’extrème vieillesse, quand on est au bout du rouleau comme Odette. ça dépend moins du nombre d’années que des conditions physiques.

    Passé la quarantaine, il est certain que les prestations physiques ne sont plus ce qu’elles étaient dans la jeunesse: inutile de faire du jogging jusqu’à l’infactus pour rester "jeune". Cependant, une activité physique adéquate, sans forcer mais régulière garantit un bien etre certain et durable. Par ailleurs, si la tete reste "jeune", le reste suit. Les conditions physiques dépendent beaucoup du psychisme.

    Répondre
  12. Perky
    Perky dit :

    Superbe ton billet ! Et trop drôle 🙂 Je suis vieille et fière de l’être. lol. Mes cheveux blancs sont teint au "Henné", style poireaux oranges. Parce que je le veau bien. J’ai enterré ma mère à dix huit ans, mon père à 30 ans, ma grand’mère de 92 ans à 45 ans et je n’ai pas d’enfant. Ouf.
    Merci Agnès.

    Répondre
  13. nchaaa
    nchaaa dit :

    salut,

    vous connaissez peut etre deja cet extrait, mais moi je l’ai accroche dans un coin de chez moi et n’hesite jamais a le relire quand je passe devant:

    Etre jeune

    La jeunesse n’est pas une période de la vie, elle est un état d’esprit,
    un effet de la volonté, une qualité de l’imagination, une intensité émotive,
    une victoire du courage sur la timidité, du goût de l’aventure sur l’amour du confort.

    On ne devient pas vieux pour avoir vécu un certain nombre d’années,
    on devient vieux parce qu’on a déserté son idéal. Les années rident la peau,
    renoncer à son idéal ride l’âme. Les préoccupations, les doutes, les craintes et
    les désespoirs sont les ennemis qui lentement nous font pencher vers la terre et
    devenir poussière avant la mort.

    Jeune est celui qui s’étonne et s’émerveille. Il demande comme l’enfant insatiable. Et après?
    Il défie les événements, et trouve de la joie au jeu de la vie.

    Vous êtes aussi jeune que votre foi. Aussi vieux que votre doute. Aussi jeune que votre espoir.
    Aussi vieux que votre abattement.

    Vous resterez jeune tant que vous resterez réceptif. Réceptif à ce qui est beau, bon et grand.
    Réceptif aux messages de la nature, de l’homme et de l’infini.

    Si un jour votre cœur allait être mordu par le pessimisme et rongé par le cynisme,
    puisse Dieu avoir pitié de votre âme de vieillard.

    Texte de Samuel Ullmann,
    cité par le Général McArthur

    Répondre
  14. jeje
    jeje dit :

    et meeeerde …. fais yeche Agnés ,
    A y est!
    Grâce à ouat je viens de me rendre compte que je suis…
    vieux (36 chandelles) … mal au dos au ventre, au cou ,de tete à la tête .
    Je tousse, j oublie. et OOOh je vais aller voir mon docteur moi …

    J introspecte (dans quelle étagère!) …:" fo ete sérieux mantenant bla bla bla
    et Arrete de boire, de bedave, …Va te coucher y en a qui bosse demain …(22heures ..) etc .. etc … "
    Et Zyva qu on me lance du moeuuussieur gnaggnagna.

    et z aime bien zouer à la playstation avec mon neveu non Mais!

    La vieillesse c est dans le regard des autres … uniquement,
    suffit de fermer les yeux….

    (ps. il y a quand meme les lombaires qui, elles, se font sentir , meme les yeux fermés, ma pov’ dame, si vous saviez)

    J

    Répondre
  15. Hubert
    Hubert dit :

    Bah, pas bien grave tout ça ! Le blues du vieillissement, je l’avais en passant le cap de la trentaine. Et c’était il y a bien longtemps… Avec l’expérience je puis te dire que cela passe en vieillissant. ;o)

    Bises,

    Hubert

    Répondre
  16. chris
    chris dit :

    AGfrff gneu gneu ……comment ca mais je vais m’etouffer la avec tout ces vieux …..comment ca pas forcer !!!

    Le doyen de ma salle a 64 ans ,c’est grace a lui que des jeunes viennent s’inscrire …..comme y disent c’est fou ca ……oui c’est fou ,comme y dit j’ai baisse un peu depuis mes 20 piges mais pas trop …

    Tout les ans y nous rassure sur sa prostate qui a aussi 20 ans a ce qui parait…..comme quoi les hormones de croissance et certains produits veterinaires dont il reconnait avoir …..un petit peu qui nous dit …

    Ya aussi mon pere qui a 71 ans ,qui est prof de danse ,monte encore la corde par la force des bras et est encore pas mauvais au 100 metres …..d’ailleurs tout ceux qui le connaissent disent qu’il peu change en fait ……on lui a juste interdit le parachutisme ..par decence ….

    Moi a 51 piges , je me trouve mieux qu’a 20 en un sens …..bon les cheveux blancs , j’ai commence a 20 ans ,un coup de chaud sous le casque …..donc j’ai toujours ete grisonnant a 30 comme a 40 ,donc ….

    Par contre je vois pourquoi on se chopperait du bide en vieillissant ,ca va pas non !!!

    Ouep Agnes tu m’etonnes la ….

    Répondre
  17. Eric
    Eric dit :

    Ne pas commenter.
    Ne pas se laisser happer par la farandole folle.
    Respirer à fond.
    Posément.
    Tranquillo.

    C’est exactement ça.

    Sinon, concernant la réflexion sur le passage du temps, coïncidence ou pas, j’avais en tête ces derniers temps (et sur un carnet) des idées pour écrire un billet…

    Tu dis bien la difficulté de se recentrer sur l’essentiel.

    Répondre
  18. swing65
    swing65 dit :

    Un extrait de la chanson de Brel "vieillir"

    Mourir de frissonner
    Mourir de se dissoudre
    De se racrapoter
    Mourir de se découdre

    Ou terminer sa course
    La nuit de ses cent ans
    Vieillard tonitruant
    Soulevé pas quelques femmes
    Cloué à la Grande Ourse
    Cracher sa dernière dent
    En chantant "Amsterdam"

    Mourir cela n’est rien
    Mourir la belle affaire
    Mais vieillir… ô vieillir

    Oui, le corps se décatit, mais vieillir, c’est surtout dans la tête…. il y a des vieux à 20 ans et des jeunes de 80…

    Alors peut-être que bien vieillir, c’est accepter que son corps s’afaisse, se plie, se ride, et tout le Botox de la terre ne pourra jamais rien dans le fond.

    Je fais partie des quarantenaires (43 ans aux fraise) qui se sentent tellement mieux aujourd’hui qu’hier, et j’espère moins bien que demain;

    Ca sert à quoi de vieillir si ce n’est pas pour aller mieux ?

    Répondre
  19. cultive ton jardin
    cultive ton jardin dit :

    Pour consoler jeje, et en accord avec Hubert, j’ai eu un terrible coup de vieux vers 40 ans, y compris physique, vertèbres bloquées, je suis même restée coincée en sortant de voiture, déjà plus assise et pas encore debout, cramponnée douloureusement à ma portière entrouverte, horreur et désespoir. Rage aussi, et "vieillesse ennemie", merci Corneille, je t’ai rien demandé.

    Ben ça passe très bien en vieillissant. 64 ans aux prunes (8), pour ceux qui regardent les mouches ou la pendule au lieu de suivre.

    J’ai changé, c’est sûr, je me goinfrais de n’importe quoi sans prendre un gramme, j’ai appris à manger selon ma faim et pas selon mes envies (quoique…). Sur le plan caractère, je me suis améliorée (ça pouvait pas être pire, dixit ma frangine qui sait de quoi elle cause).

    Je m’étais promis, ado, que j’oublierai JAMAIS que j’avais été jeune, cette promesse là, je la tiens (serrée très fort contre mon coeur). Tous les plaisirs, les vrais, ceux qui coûtent rien ou presque et qui font de tort à personne, je les savoure, des trucs tout cons comme une poignée de terre émiettée entre les doigts ou une cuillerée de confiture de framboise.

    J’ai adoré le film d’Agnès Varda, "Les glaneurs et la glaneuse", et l’idée merveilleuse d’une pendule sans aiguilles récupérée au coin d’une rue.

    Répondre
  20. ernesto
    ernesto dit :

    Je n’ai que 45 piges !!!Ce qui ma fait peine dans le fait d’avancer en âge c’est que nous commençons à voir des camarades, ou des gens de notre entourage qui disparaissent. Ne parlons pas de mes parents trop tôt disparus, pour mes enfants je suis donc le seul et dernier vieux de la famille, le dernier gardien du feu de la famille, et putain là c’est dur

    Répondre
  21. Pierre de Mars
    Pierre de Mars dit :

    Un très beau texte, Agnès!
    Un type rencontré il y a bientôt 20 ans s’amusait à dire:
    "Plus le temps passe, plus il passe derrière nous!" ou un truc dans le genre. Ce qui fait qu’il nous pousse au cul (enfin, normalement, je l’espère!).
    Au fait, Agnès, les femmes de ton âge plaisent énormément, (aux hommes)!
    Amitiés.

    Répondre
  22. ko
    ko dit :

    C’est magnifique, Agnès.
    Et quand je lis un texte, et certains des commentaires, qui disent aussi bien des choses que je ressens et que je m’efforce de vivre (je parcours tranquillement la trentaine et savoure les "Madame" qui tiennent compte de mon caractère apaisé), comment dire ? ça tient chaud. On se sent moins isolé.
    C’est que rien n’est perdu, tant qu’il restera des femmes et des hommes de bonne volonté.

    Répondre
  23. Flash
    Flash dit :

    Ces "grains de sel dans tes cheveux" indiquent seulement que le temps universel est à l’oeuvre, le même pour tous, avec cependant de légères différences dues au matériel génétique livré avec chaque nouveau-nain.
    Si comme je le devine, tu as renoncé à faire un procès à tes géniteurs pour vice de forme ou tromperie sur la marchandise, tu as accepté l’état des lieux et te préoccupes plus aujourd’hui du contenu que du contenant, alors oui, tu as gagné une grande liberté,

    pas comme

    ces djeuns et ceux et celles qui les singent, fashion victimes soumises aux diktats successifs et constamment renouvelés du consumérisme idiot.

    Le temps et la gravitation font leur boulot, la paupière et la fesse s’affaissent, le sein qui disait merde au bon dieu vire au gant de toilette et la grève des muscles répartit les graisses qui, telles des arapèdes, se fixent sur les hanches féminines et les abdomens masculins.

    Dès lors que surgit le rêve d’effacer des ans l’insupportable outrage, la cohorte des marchands d’illusions s’avance… Tadaaamm !

    Des chirurgiens autant diplômés que Rachida Dati proposeront de surpasser Bouygues en faisant ressembler Line Renaud à ta petite soeur. Moyennant abonnement ils te prothèseront les pare-choc façon 4X4, te liposuceront de partout et revendront le produit à Maggi pour faire du bouillon-cube. ( J’exagère là hein…quoique ). D’autres marchands de chimie te plâtreront la ridule avec des mixtures plus chères que le caviar. Un coach te drivera dans un relooking center où une société de crédit intégrée financera sur dix ans ta métamorphose vestimentaire, ultime étape de ta mise aux normes du néo-jeunisme.
    Alors jeune tu seras… jusqu’au lendemain au saut du lit.

    Chez les mecs, le port du bide est rédhibitoire, que dis-je, rébiditoire, même pour les politiques. Zyeutez donc la photo officielle d’un gouvernement d’il y a vingt ans et comparez avec la dernière en date. Pfffuitt ! Plus la moindre rotondité post-prandiale. A moins d’être Damartiquement corsetés, ils passent leur temps dans les salles de gym c’est sûr. Du coup, c’est la dette française qui prend du bide.

    ça m’agace de voir des gus de trente balais jeter un oeil inquiet sur leur profil dans chaque miroir rencontré. Autrefois la bedaine rassurait, aujourd’hui elle terrorise.

    Par chance j’ai reçu une éducation familiale où l’apparence et la superficialité étaient dévaluées au profit des beautés naturelles et originales. Chez nous le terrorisme du qu’en dira-t-on n’avait pas cours et j’en ai profité pour développer un très fort sentiment d’indépendance vis à vis des modes de pensées préfabriquées de tous genres. Du bol je vous dis.

    Jusqu’à la cinquantaine, l’addition des années glissait sur mon mental comme un pet sur une toile cirée, puis l’idée du vieillissement est venue s’installer avec la vacherie des problèmes lombaires et autres signes d’usures. Le rythme de mes mouvements a été revu à la baisse et j’ai bien dû apprendre à prendre mon temps et ce faisant, j’en ai gagné. Curieusement, j’ai l’impression de mieux connaitre mon corps aujourd’hui que jadis, étant bien obligé de l’écouter davantage. Quand on est jeune, tout fonctionne, l’effort se récupère vite et on a rarement l’impression d’être fragile d’où ce sentiment d’éternité, d’ailleurs à l’origine de bien des conneries. On vit l’instant et le futur n’existe pas. Les vieux représentent alors tout ce à quoi l’on ne veut pas penser. On a le temps… Tu parles !

    Aujourd’hui je conjugue l’art d’être grand père sur le mode "papi fait de la résistance anti-cons". Quatre petites fillotes m’ont installé dans ce rôle et je biche en leur racontant des histoires de mon cru où les sorcières sont très gentilles et les princesses aussi connes qu’à la starac. J’ai aussi "démonté" macdo en leur montrant les gros américains. Essayez, ça marche !
    Comme il m’arrive souvent de plaisanter sur des sujets sérieux, mes quatre pisseuses ont une bonne approche du deuxième degré qui fait tricoter leurs neurones et elles s’y essaient souvent.

    Vieillesse = sagesse ? Mouarf ! Si vous voulez entendre un éclat de rire en quadri-stéréo, dites-ça à mes petites-filles.

    Agnès, ce grain de sel dans tes cheveux a la couleur du temps, le blanc qui est la somme de toutes les couleurs. ça t’économise les colorations Et puis si toute la salière devait y passer, je sais déjà que tes idées, elles, ne prendront pas une ride.

    Répondre
  24. chris
    chris dit :

    ça m’agace de voir des gus de trente balais jeter un oeil inquiet sur leur profil dans chaque miroir rencontré. Autrefois la bedaine rassurait, aujourd’hui elle terrorise.""""

    Oui sauf que la bedaine n’a rien a voir avec l’age mais plutot avec l’adage ,un esprit sain dans un corps sain ….

    Le bedonnement c’est le signe du relachement de soi ,y a des gens qui se lavent pas aussi …

    On pourrait citer aussi le consumerisme qui mene tout droit a l’obesité ,mal revelateur s’il en est ….

    Bon a part cet eloge des sacs a biere ,votre post est tres joli sur le fond ..

    Répondre
  25. Flash
    Flash dit :

    Ah ah ! S’il est vrai que les sacs à bière n’ont que ce qu’ils méritent il n’en est pas moins vrai que certaines personnes héritent à la naissance d’un type morphologique les prédisposant à l’évolution bidonesque, indépendamment de leur hygiène de vie.

    D’accord pour limiter les dégâts et entretenir la machine par mesure de santé plus que d’esthétique.

    Ceci dit je ne plaidais pas la cause des ventrus puisque j’ai la chance de ne pas faire partie de leur club. Je connais seulement quelques exemples de malheureux qui ont tout tenté pour perdre une protubérance jugée honteuse par des plus égaux que d’autres, jusqu’à s’en rendre malades.

    Importé d’outre-atlantique, le culte du corps est totalitaire et fait des ravages, anorexie…etc. Il vise à réduire l’humain à son apparence et permet d’endormir l’esprit critique. Tout bénef pour les escrocs en tous genre.

    Merci pour votre appréciation.

    Répondre
  26. Colimar
    Colimar dit :

    Ce que je trouve le plus dur, c’est la même chose qu’Ernesto : voir disparaître des amis de mes parents que j’aimais par exemple. Des gens de ma famille qui me semblaient immortels aussi. sans parler de ceux qui partent encore plus tôt, beaucoup trop tôt. Le fait aussi que la vie passée est comme une tentative brouillonne de vivre, de comprendre et d’apprendre, mais on n’aura jamais l’occasion de la vivre "au propre".

    Répondre
  27. chomon
    chomon dit :

    Il est logique que ceux et celles qui pensent qu’aprés la mort ii n’y a rien soient tenté-es par le jeunisme. Vieillir c’est se rapprocher de la fin,( fini de rire.)

    Ceux et celles qui sont suffisemment philosophes pour acquérir de la sagesse en vieillissant doivent être minoritaires.

    Soeur Emmanuelle qui est bientôt centenaire dit qu’elle continue a faire des progrés sur le plan spirituel, bien que sa santé physique se dégrade.

    Il parait que la France est le pays le plus déchristianisé d’europe, c’est aussi le plus gros consommateur d’antidépresseur de la planète. Ce n’est peut être pas un pur hasard, une pure coîncidence.

     Si la France fait partie des 7 pays les plus riches de la planète sur le plan matériel, sur le plan spirituel elle doit faire partie des 7 pays les plus pauvres le la planète. C'est la misère noire. 
    Répondre
  28. ko
    ko dit :
    1. 34 : Bah n’importe quoi.

    Accepter de vieillir, c’est simplement accepter la vie comme elle est, avec son déclin et sa fin. Ça peut se faire avec ou sans croyance religieuse, avec ou sans spiritualité.
    De mon point de vue, cette fin de la vie est sans rien après. Et c’est très bien ainsi. J’aurai juste vécu ce que j’avais à vivre et d’autres viendront après moi… et je goûte chaque âge qui se présente, sans jeunisme, sans regrets, sans gloire non plus. Simplement.

    Répondre
  29. cultive ton jardin
    cultive ton jardin dit :

    @ chomon:

    Bien sûr, cette bande de tricheurs essaie de nous faire croire qu’il y a une vie (forcément merveilleuse) après la mort pour nous faire oublier qu’on voudrait bien, au moins un peu, vivre AVANT notre mort.

    Ils finissent, certains, pas tous, j’en connais qui sont assez furieusement attachés aux biens de ce monde, par croire à leurs propres contes. Si ça leur fait du bien, ça nous fait pas de mal, du moment qu’ils font pas de PROSELYTISME.

    Ce que personnellement je supporte très mal, c’est leur humiliante CONDESCENDANCE. La tienne, chomon, fait remonter des souvenirs anciens mais encore brûlants.

    Répondre
  30. yelrah
    yelrah dit :

    Quitte à rencontrer dieu , j’espère bien que cela sera le plus tard possible et surtout qu’il me laisse tranquille…En attendant je me passe aisément…

    Répondre
  31. jessie
    jessie dit :

    37 ans, une "peau jeune à problèmes dont ne restent que les problèmes" virant à la rosacée malgré mon teint basané (d’habitude ce sont les peaux peu mélanocitées qui font de la rosacée, comme quoi !!!), les seins qui tombent et les poils qui se raffermissent de façon inversement proportionnelle à la peau, des traits de déterrée après la plus mince privation de sommeil, et la fesse en goutte d’huile subissant l’attraction …..

    pour les cheveux blancs on attendra un peu, mes aieules n’en ont eu qu’après la soixantaine et je suis sur le même chemin, un petit privilège génétique

    et le sentiment de commencer tout juste à vivre, à comprendre et accepter et goûter le bonheur de vivre après une jeunesse torturée dans les affres de la mésestime de soi : et puis le temps qui passe dont chaque seconde et me rend plus unique et singulière

    alors forcément ton magnifique texte me parle : j’aime vieillir, je ne sais pas si je changerais d’avis à l’heure des rhumatismes et des couches, n’empêche qu’aujourd’hui j’aimerais bien arriver à cette heure et avoir le privilège de vieillir encore longtemps

    Répondre
  32. enzo d'aviolo
    enzo d'aviolo dit :

    quel beau texte!
    Acceptons de vieillir effectivement mais continuons à nous battre pour qu’elle ne rime pas avec souffrance comme Odette et pour que la liberté de choisir sa mort s’opose à ce que l’on a pas choisit:
    la vie

    Répondre
  33. frednetick
    frednetick dit :

    Je te donnerai bien l’adresse d’un club de sport pour quarantenaire en body, suant toute l’eau de leur corps pour mainetnir ces "nichons" conquérants et ses fesses d’acier mais tu n’y trouverais probablement pas cette sérénité que tu semble avoir.

    Et puis cela te ferait encore moins de temps pour nous écrire des choses censées.. Donc : interdiction de fréquenter ces lieux de perdition !

    Répondre
  34. Bakounine
    Bakounine dit :

    D’habitude, considérant que les croyances relèvent de l’intime de l’individu, je m’abstiens de prendre part à ce genre de débat. Mais là au vu des raccourcis faramineux de chomon…

    Je suis de ceux qui pensent que la vie s’arrête à la mort, point barre. Partant, j’essaie de vivre ma vie le plus pleinement possible, le vieillissement faisant partie de celle-ci.

    Une autre analyse, ni plus ni moins fondée que tes affirmations religieuses, serait d’avancer que l’état dépressif des français est induit par le système social en place. Là, par contre, les religions prennent toute leur signification, elles servent à faire miroiter un au-delà merveilleux qui vaut bien d’être passif et d’endurer toutes les crapuleries des « dominants » pendant notre passage en ce bas monde!

    De tout temps l’histoire de l’humanité est jalonnée de la collaboration des religions avec le pouvoir pour maintenir le peuple sous le joug de l’exploitation. Elles ont été et seront toujours l’opium du peuple. C’est bien cela qui crée cette misère noire.

    Désolé pour le hors sujet.

    Répondre
  35. chomon
    chomon dit :

    Bakounine. Ton commentaire me parait pas hors sujet. Le texte de Monolecte est sur le vieillissement, cela implique la mort. En attendant la mort, il vaut mieux donner un sens a sa vie.

    Tu as choisi pour donner un sens a ta vie la philosophie libertaire. Pour donner un sens a sa vie il y a les philosophies, les arts, les cultures, les politiques, les religions…etc.Mais dans une socièté de consommation la majorité des gens donnent un sens a leur vie par la consommation. Pas pouvoir consommer si on veut consommer c’est frustrant.

    La religion était l’opium du peuple a l’ère industrielle lorsque elle était religion d’état. Ce n’est plus vrai depuis 1905. De nos jours ceux et celles qui pratiquent une religion sont tellement minoritaires , du moins en france qu’on voit pas comment elle pourrait être un opium du peuple.

    Dans une société de consommation l’opium du peuple, c’est davantage les médias des dominant-tes de droâââte et de gôôôche et la publicité que la religion.

    Répondre
  36. Bakounine
    Bakounine dit :

    @chomon:
    Comme tu le dis, encore faut-il pouvoir consommer… C’est bien le problème, aujourd’hui de plus en plus de gens sont exclus de cette société de consommation faute de moyen. Autant d’individus qui ne sont plus sous l’emprise d’une des drogues dispensées par l’État.
    C’est pourquoi on assiste de plus en plus souvent à des tentatives de remettre les religions au premier plan (voir, entre autre, les récentes déclarations de la « talonnette »). En effet cette came là ne coûte pas un rond et a déjà prouver sa très haute toxicité ainsi que son très rapide effet d’accoutumance.

    Encore une fois ceux qui pratiquent une religion dans leur coin ne sont pas bien dangereux. Ils le deviennent très vite dès lors qu’ils veulent l’imposer comme unique façon d’appréhender l’existence. Et de par le monde, c’est malheureusement bien à cette tendance que l’on a faire de nos jours.

    P’tain, je trouve plus l’interrupteur, quelqu’un peut rallumer !

    Bien (re)venu au moyen-âge…

    Répondre
  37. Fin De Partie
    Fin De Partie dit :

    Après 40 ans (j’en ai 43), on commence à avoir un goût de terre dans la bouche (de profundis).

    On ne meurt pas, on s’émiette.
    Pour ma part, ça a commencé par les dents et ca continue avec les cheveux.
    Si ca continue il ne restera plus grand chose à grignoter quand on me mettra en terre 😎

    D’un autre coté, avoir un gros bide c’est aussi un signe que l’obésité et l’hypertension gagne…

    La vieillesse est une maladie contagieuse fatale incurable 😎

    Répondre
  38. diety
    diety dit :

    Je n’oublie pas la première fois que j’ai ressenti un "saut" dans mon vieillissement. À quel age cela s’est passé exactement, je ne me souviens plus, mais j’étais assez jeune (aujourd’hui j’ai la cinquantaine entamée), quelque chose entre 25 et 30 ans. J’avais l’habitude de m’arrêter sur la route pour les gens qui font du stop, et jusque-là j’ai toujours été tutoyé. "Tu vas où ?" "Ben je vais là …". "Ok". Puis un jour le grand événement, le premier auto-stoppeur qui me vouvoie. "Bonjour, vous allez où ?" Ma réaction fut un mélange entre "me réveiller en sursaut" au sens figuré, être étonné et ressentir une petite fierté. Je ne sais pas pourquoi, mais depuis ce jour, sauf exception, on m’a toujours vouvoyé. Ce n’est donc pas d’une façon continue que je vieillis, me suis-je dit, mais par sauts. Bon, pourquoi ce qui est possible pour les particules élémentaires – faire des sauts quantiques d’énergie – ne le serait pas pour mon vieillissement?

    J’ai vécu un autre "saut quantique" d’age physique, cette fois-ci temporaire, quand j’ai eu un gros problème d’un genou qui me faisait souffrir. Pendant deux ans je me suis déplacé avec deux béquilles, j’ai partagé des salles d’attente avec des personnes âgées souffrant d’arthrose, et le monde pour moi avait changé. C’était avec une certaine ironie que j’ai observé des vieux et vielles de 80 ans me doubler sur le trottoir pendant que j’avançais à un rhytme de fourmis. Une autre situation: Je prenais la voiture pour me rapprocher d’un petit chemin dans les champs pour prendre l’air. D’habitude, je faisais ce trajet entièrement à pied, mais je ne voulais pas m’épuiser avec les béquilles sur la route principale pour arriver fatigué dans les champs ayant mal au bras et aux jambes. Je descends de la voiture et avance doucement au milieu d’une belle nature. De loin j’aperçois une vielle femme avec une canne qui s’avance dans ma direction. Quand nous nous croisons et elle voit mon age, elle éclate de rire. C’était un rire sans gêne (je parle pour elle), libérateur, revanchard. Là j’avais perdu cette ironie qui atténue la souffrance personnelle vécue comme une injustice de la nature. Elle jubilait de voir quelqu’un de plus jeune qu’elle être emmerdé par un problème d’articulation qui plus souvent est réservé à la personne agée. Je faisais bonne mine, mais j’étais en pétard, puis la dame, de bonne humeur, engageait une conversation avec moi sur les avantages et inconvénients de prothèses de hanches et de genoux, bavardage quelque peu hallucinant pour moi, ex-sportif et grand amateur coureur de fond. Aujourd’hui cette histoire me faire rire, et c’est avec une conscience aiguë et une certaine tendresse que je double parfois un vieux ou une vielle sur le trottoir en me disant: "pour combien de temps encore?"

    Répondre
  39. Fin De Partie
    Fin De Partie dit :

    (…)
    De plus en plus je me demande

    s’il ne serait pas mieux

    que je mette d’une balle un point final.

    Aujourd’hui

    à tout hasard

    je donne un concert d’adieu.

    (…)

    Pare la nuit en noces ancestrales.

    Verse la joie de chair en chair.

    Je vais jouer de la flûte aujourd’hui

    sur ma propre colonne vertébrale.

    Vladimir Maïakovski (1915)

    Répondre
  40. chomon
    chomon dit :

    @cultive ton jardin
    Avoir une religion n’est pas une assurance pour une vieillesse sereine ou contre les depressions. Ceux et celles qui ont des maladies chroniques n’ont aucune raison d’être serein-nes, et ceux et celles qui ont peur de l’enfer peuvent être angoissé-es.

    Mais statistiquement ceux et celles qui ont une religion consomment moins d’anti-depresseurs. ce qui n’est pas surprenant.Ils n’ont pas a se poser les questions existencielles, metaphysiques , philosophiques, de savoir d’ou ils viennent?, ou ils vont ?, que faire sur terre?…etc Questions qui sont pas faciles a résoudre;

    Les réponses a ces questions ne sont pas que dans les religions (certains les cherchent dans la science) mais dans les religions elles y sont depuis des siècles ,des millénaires.

    Répondre
  41. Flash
    Flash dit :

    A l’existentielle question : " Qui suis-je, d’où viens-je, où vais-je ?

    la raison doit répondre tel Pierre Dac :

    " Je suis moi, je viens de chez moi et j’y retourne. "

    Répondre
  42. François Granger
    François Granger dit :

    Fin De Partie, à 54 ans, je me sent très en forme. Des soucis de santé j’en avais plus jeune, j’en ai aussi maintenant. Mais je profites à plein.

    "La vie est une maladie sexuellement transmissible qui se termine en général par la mort." — Pierre Desproges (?)

    Répondre
  43. cultive ton jardin
    cultive ton jardin dit :

    "Mais statistiquement ceux et celles qui ont une religion consomment moins d’anti-depresseurs".

    La religion EST un antidépresseur. Comme toutes les choses auxquelles nous croyons vraiment et qui nous servent à "donner du sens" à une vie dont nous admettons ainsi implicitement qu’elle n’en a pas.

    Mais je ne blâme absolument pas les personnes qui consomment tel ou tel antidépresseur, et ne souhaite en aucun cas les en empêcher, sous prétexte qu’un antidépresseur serait plus vertueux qu’un autre.

    Je vais même jusqu’à leur reconnaître, si ça leur fait du bien et quoique ça me gonfle terriblement à titre personnel, le droit de se sentir supérieurs aux autres.

    Répondre
  44. Fin De Partie
    Fin De Partie dit :

    @Diety:
    J’ai connu un peu la même expérience il y’a dix ans suite à un accident de ski.
    C’était la deuxième fois que j’allais faire du ski chute, ski qui ne se déchaussent pas, genou droit touché, 15 jours, 3 semaines de béquilles.
    Genou à jamais fragilisé et souvent douleureux depuis.

    Et j’ai compris à ce moment là comment la vie était précaire, un jour tu te déplaces normalement et le lendemain le moindre déplacement devient une expédition. (j’ai toujours la paire de béquille au fond d’un placard, au cas où)

    Répondre
  45. vieil anar
    vieil anar dit :

    Etrange lucidité, sans pudeur feinte,ni nostalgie surfaite, sur l’implacable mécanique de la vieillesse ! On entend rarement les femmes( il n’y a pas ici d’antiféminisme!) se livrer, comme tu le fais à un tel constat personnel, et tu n’as même pas 40 ans, sur l’emprise du temps sur ce pauvre corps triomphant, qu’on voudrait nous faire passer pour tel en tous cas!

    Ca reste triste, malgré tout, Brel a raison quand il dit que "mourir cela n’est rien, mais vieillir..".

    On peut bien essayer de se consoler avec la sagesse, l’expérience et tutti quanti! L’insolente beauté de la jeunesse et son insouciance sont irremplaçables, et on peut déjà avoir tout vécu,(quand on sait ce que vivre veut dire!) à 18, à 25, à 33 ans!!
    Ce qui suit, ce n’est que de l’épargne, un peu comme Harpagon et sa précieuse cassette dont le trésor s’amenuise, même si personne n’y touche!

    Quelques fleurs fanées restent belles un temps, puis les pétales tombent d’un coup!!, mais il y aura une nouvelle floraison au printemps, mais nous mortels, qui ne voulont pas d’une âme en bandoulière! que reste-t-il ?? De beaux vieillards, si rares, peut-être ceux qui acceptent déjà d’emporter leur âme pour un autre voyage !! A plus.

    vieil anar

    Répondre
  46. co
    co dit :

    Le plus troublant… ce n’est pas les seins qui pendent, les premiers cheveux blancs, ni les rides, … ! Ca, on s’y habitue devant la glace, chaque matin, imperceptiblement, on se réapprivoise. Non le terrible, c’est le comportement des autres à ton égard… Toi t’es toujours la même . Finalement on ne change pas beaucoup entre 25 et 45 ans, ! Enfin si on a du "vécu", on a l’expérience des situations, des cheminements, mais au niveau de nos émotions, de nos désirs, on est les memes ! Mais les autres, quand ils te regardent, ils voient une "dame" ! Moi, une dame , alors que je suis encore cette ado révoltée et passionnée, qui a envie de tout casser …
    Et le pire, c’est ce soir… J’ai réalisé que j’etais "sortie" des pannels de consommatrices ! Pour une fois que j’ai eu envie de répondre à un sondage (c’était sur les habitudes de consommation de radio !) ben ils voulaient des femmes entre 17 et 45 ans ! je peux plus éouter radio Nova. Condamnée à Radio bleue !
    privée de sondage. Plus dans le pannel ! et merde !
    😉

    Répondre
  47. cultive ton jardin
    cultive ton jardin dit :

    Plus dans le panel, c’est dur, hein?

    En même temps, si je fais plus partie des "ménagères de moins de 50 ans" qu’on sonde parce que c’est elles qui achètent toutoutou, j’ai cessé de me trimballer des caddies plus gros que moi, pour me faire engueuler en rentrant parce que j’ai pas pris la bonne marque de croquettes, pardon de céréales.

    Je le fais plus que quelques semaines par an, et avec plaisir, quand ils débarquent tous avec conjoint(e)s et enfant (un seul pour l’instant).

    Répondre

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