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Tête de piaf

Par Agnès Maillard
30 juin 2007

Mouvement fugace détecté en vision périphérique. Coup de frein. Rotation de la tête de 90° sur la droite.

Et je vois une petite boule d’indignation emplumée qui vrombit sur un rétroviseur de voiture.

C’est un petit oiseau noir et blanc, plus fin qu’une mésange, qui piaille de colère. Régulièrement, il descend vers le miroir du rétroviseur de la voiture et entreprend de latter son propre reflet. Quelques secondes de pure frénésie, puis il se repose prestement sur le cache du rétroviseur, le poitrail tout ébouriffé, les plumes en bataille, dardant le monde d’un œil courroucé.

Je ne pensais pas qu’une si petite chose pouvait exprimer autant de colère. Plus que son comportement guerrier, c’est son indignation de petite créature dérisoire qui a attiré mon attention. Et il recommence. Encore et encore.

Je sors mon appareil photo, qui est toujours dans mon sac, au cas où. Vu la taille de l’appareil, c’est plutôt un choix contraignant. Mais la vie est une succession de surprises. Grandes ou petites. Comme ce petit oiseau vindicatif.
Il est tellement préoccupé par son désir de virer son reflet qu’il ne me voit pas approcher. Il me rappelle les poissons combattants du Siam qui ne supportent aucun concurrent et qui, au labo d’éthologie, se lattaient pratiquement jusqu’à la mort avec leur propre reflet.

Au moment où j’allais immortaliser cette belle scène naturaliste, arrive la propriétaire du véhicule. Le piaf s’envole et mon cliché est raté.

  • Bah, je ne sais pas pourquoi, chaque fois que je me gare ici, il vient s’en prendre au rétroviseur.

Ainsi donc, c’est le comportement territorial d’un oiseau qui vit dans le coin.
Mais je sais qu’il ne s’en prend pas à la voiture, mais à son reflet. À lui-même, en sorte. Pensant éloigner un congénère envahissant.

Bien sûr, il n’apprend rien de ses échec répétés avec le miroir. Peut-être même pense-t-il dans sa tête de piaf que quand la voiture s’éloigne, c’est lui qui a gagné. Peut-être a-t-il un moral de vainqueur dans sa tête de piaf. Et qu’il renforce sa victoire à chaque visite de la jeune femme à la vieille femme qui vit dans la maison devant laquelle elle se gare.
Mais comment pourrait-il seulement appréhender la complexité réelle de la situation, l’enchaînement des causalités et des conséquences? Il se perçoit forcément au centre du dispositif, comme celui qui décide du déplacement des objets dans son territoire, alors qu’il n’est qu’un petit figurant dérisoire trompé par un effet d’optique et un certain manque de perspectives.
Il pense contrôler son environnement et sa certitude ignorante perdurera jusqu’à son dernier souffle de petit oiseau courageux.

J’ai trouvé le Don Quichotte des moineaux.

Et je me demande combien d’entre nous se battent contre des illusions en croyant gagner à la fin.

41 Commentaires

  1. Tiens, on dirait moi… :-}

    Agnès, te lire est toujours un enchantement 🙂 (J’ignorais cependant qu’un petit piaf pût "reconnaître" un piaf dans un miroir. Il me semblait que cette caractéristique était propre aux primates ? Ou est-ce seulement la capacité de se reconnaître en tant qu’image de soi-même ?)

    Réponse
  2. C’est justement parce qu’il ne se reconnaît pas qu’il attaque. De son point de vue de piaf, il affronte un envahisseur.

    Réponse
  3. il est tout mignon celui la aussi 🙂

    Réponse
  4. il est tout mignon celui la aussi 🙂

    Réponse
  5. C’est précisément parce qu’il ne se reconnaît pas que le piaf attaque son reflet. Il n’a pas conscience de lui-même.
    Sinon, il tenterait de regarder derrière le miroir.
    Les orques, les dauphins, certains singes, peut-être les éléphants, arrivent à passer ce test que les éthologues nomment "comportement auto-dirigé".

    Pour le piaf, l’image n’est pas son reflet mais un congénère… et un congénère d’autant plus agressif qu’il "l’attaque" en réponse à ses coups de becs.

    Belle parabole de ce qu’est la "xénophobie", dans un sens.
    L’autre vécu comme étranger et forcément dangereux. Même si dans le fond, il te ressemble comme deux gouttes d’eau.
    La trouille de l’altérité.

    Réponse
  6. C’est précisément parce qu’il ne se reconnaît pas que le piaf attaque son reflet. Il n’a pas conscience de lui-même.
    Sinon, il tenterait de regarder derrière le miroir.
    Les orques, les dauphins, certains singes, peut-être les éléphants, arrivent à passer ce test que les éthologues nomment "comportement auto-dirigé".

    Pour le piaf, l’image n’est pas son reflet mais un congénère… et un congénère d’autant plus agressif qu’il "l’attaque" en réponse à ses coups de becs.

    Belle parabole de ce qu’est la "xénophobie", dans un sens.
    L’autre vécu comme étranger et forcément dangereux. Même si dans le fond, il te ressemble comme deux gouttes d’eau.
    La trouille de l’altérité.

    Réponse
  7. @ Agnès
    Oops ! On s’est croisées !

    PS : je ne te ferai pas la liste de mes griefs contre Peter "Kiwi en short" Jackson… on en aurait pour des plombes !
    Un seul au hasard : avoir conditionné des hordes d’ados pré-pubères hystériques dans l’idée saugrenue qu’un elfe était blond peroxydé et causait en poésie de cuisine quand le soleil était rouge…
    Sinon, je peux te pondre un bouquin entier sur les élucubrations néfastes d’un Jackson massacrant un monument de la littérature du XXème siècle… ;)))

    Réponse
  8. Je me reconnais aussi dans le portrait du piaf…
    Mais allez, en retour, je te cite Rostand dans la bouche de Cyrano : " Que dites-vous ? C’est inutile ? Je le sais ! Mais on ne se bat pas dans l’espoir du succès ! Non ! Non, c’est bien plus beau lorsque c’est inutile ! " 🙂

    En fait je ne sais pas si c’est plus beau, mais tout de même, ça console un peu, et aussi ça défoule. Peut être que ce rétroviseur c’est son punchin’ ball à lui, à c’te pauvre bêêête :-}

    Réponse
  9. Je me reconnais aussi dans le portrait du piaf…
    Mais allez, en retour, je te cite Rostand dans la bouche de Cyrano : " Que dites-vous ? C’est inutile ? Je le sais ! Mais on ne se bat pas dans l’espoir du succès ! Non ! Non, c’est bien plus beau lorsque c’est inutile ! " 🙂

    En fait je ne sais pas si c’est plus beau, mais tout de même, ça console un peu, et aussi ça défoule. Peut être que ce rétroviseur c’est son punchin’ ball à lui, à c’te pauvre bêêête :-}

    Réponse
  10. Cet oiseau, c’est celui de Prévert: il a fui la classe "au fond du couloir".

    Réponse
  11. Cet oiseau, c’est celui de Prévert: il a fui la classe "au fond du couloir".

    Réponse
  12. En fait, beaucoup d’oiseaux sont plus intelligents que les primates, notamment la famille des mainates, et passent le test du miroir avec succès.
    J’avais vu un reportage là dessus sur Arte : ils collent un autocollant sur un oiseau et le placent devant un miroir. Certains oiseaux comprennent et s’aident du miroir pour enlever l’autocollant. Ils faisaient aussi ce genre de test sur des enfants humains, et sur ce test précis, l’oiseau est plus intelligent que l’enfant de 4 ans. Je parle d’oiseaux non dressés, avec dressage, t’as des perroquets qui font des trucs de dingue (pour des oiseaux), comme faire rentrer des figures géométriques dans des trous de la même forme et de la même couleur.

    Bref, maintenant que tu sais qu’il vient là systématiquement, tu n’as plus qu’à te mettre en embuscade.

    Réponse
  13. C’est une belle métaphore de certains de nos conflits, ceux qui nous mettent le plus en colère, alors qu’ils apparaissent irrationnels à autrui.
    Nous croyons l’autre haïssable, nous l’attaquons furieusement. En réalité, nous avons retrouvé en lui le reflet que quelque chose qui nous appartient et dont nous ne voulons pas.

    Réponse
  14. A l’instar du piaf d’Agnès, notre tout petit Père du Peuple et son ego XXXXXL pourrait bien nous coûter cher en bris de glaces élyzéennes .

    Je tremble à l’idée de sa visite probable à Versailles où la galerie des glaces vient d’être restaurée. S’y mirant, il pourrait bien y voir une armée de conspirateurs.

    Gare à nos impôts !

    Réponse
  15. j’ai connu des piafs ephemeres d’un autre genre dans une autre vie ,bizarre que ton histoire Agnes me rappelle celle la ,

    """"""Luce .L’endroit était d’une dangerosité extrême, les chiens et les poules s’y faisaient écraser avec une belle régularité mais les enfants de la Nenette y survivaient avec des allures de chiens errants amaigris par la nervosité imposée par la pollution sonore insensée des lieux .De plus , l’endroit était maudit depuis que l’enfant d’une famille de passage était morte ,littéralement pulvérisée par un camion .L’accident était récent , Ludo et Maurice entretenaient de bonnes relations avec la Nenette et venaient régulièrement brûler leur cuivre sur la bande de terrain séparée de la route qui formait la patte d’oie .Curieusement , c’était un emplacement discret au milieu des carcasses de voitures ,et dont l’activité était complètement masquée par la circulation intense , un flot de voitures et de camions lancés a vives allures qui formait un écran a toute observation possible de l’endroit .On s’y arrêtait en freinant un coup sec avec le braquage a droite toute qui convenait ,autrement il ne restait qu’a continuer sur des kilomètres ,traverser le pont pour espérer pouvoir faire demi tour .
    Cette fin d’après midi la, Ludo et Maurice venait de réussir la manœuvre, venant charger du cuivre qu’il avaient laissé finir de se consumer la veille .En général, il faisaient leurs affaires après avoir parqué le J7, puis une fois le feu allumé et les câbles repartis, puis traversait salué et prendre un café chez la Nenette toujours friande des nouvelles colportées du monde nomade.
    Hors la veille ,elle avait offert l’hospitalité du bout de terrain d’en face a des voyageurs de passage , des gens très pauvres et rustres qui vivaient de la mendicité des nombreux enfants et d’un peu du rempaillage de chaises du patriarche . Ludo et son compère les avaient aidé dans les délicates manœuvres a fin d’installer les vieilles caravanes brinquebalantes sur ce bout de terrain étroit puis s’en étaient allé, se disant que même si un peu de cuivre disparaissait a l’occasion, ils n’en feraient pas un drame vu la pauvreté de cette famille avec ces petits sauvageons en haillons souriants et timides qui les guettaient avec des rires enfantins.Maurice s’était alors adressé gravement en manouche au patriarche , puis avait continué son incantation sans même traduire a Ludo avec ce coté bougon qu’il affectait parfois .
    Et en cette fin d’après midi du lendemain, les caravanes avaient disparues alors qu’une étrange animation régnait de l’autre coté de la route .Tout aussi étrangement le cuivre était toujours la mais gisait épars comme si le feu avait été dispersé, mais pourquoi puisque le cuivre n’avait pas été récupéré.Des taches sombres comme du gazole teintaient le bitume jusqu’à l’herbe du fossé et l’atmosphère était bizarre. Ils se depecherent a charger les morceaux noirâtres dans un grand sac de nylons tresses et se décidèrent avec appréhension a traverser la route.
    Ils furent vite renseignés, quelques heures après l’installation de la famille, une des petites dont Ludo se rappela le visage malicieux et crasseux, avait été littéralement happée par un camion .Personne n’avait réellement vu le drame, un crissement de frein horrible et ce qu’il restait d’un petit corps broyé avait suffi a consterner ces gens pourtant habitués a une violence de vie permanente .Apres la constatation des gendarmes , eux-mêmes tant choqués qu’ils semblaient ,dit on , étrangement absents lors des prises de mesure pour calculer le freinage .L’un deux ,un jeune assura la Nenette d’une voix comme emplie de superstition , fut même aperçu vomissant longuement a l’abri d’une carcasse de voiture .
    Apres le drame donc , la famille , des gens rustres et simples ,emplis de superstitions ,décidèrent en jurant le diable sur le mode incantatoire manouche , que l’endroit était maudit et avec cet instinct de survie qui sauve les esprits simples des complications de l’âme , ils partirent sans demander quoique ce soit .
    Ce qui d’après toujours la Nenette avait bien arrangé le maire dépêché sur place, la vie n’avait pas le même prix que celles précieuses de ses administrés, d’ailleurs Ludo allait avoir l’occasion de s’en rendre compte.
    """""

    Je suis peut etre le seul a me souvenir de ce piaf la aujourd’hui ……le gendarme de ce jour la peut etre aussi .

    Réponse
  16. j’ai connu des piafs ephemeres d’un autre genre dans une autre vie ,bizarre que ton histoire Agnes me rappelle celle la ,

    """"""Luce .L’endroit était d’une dangerosité extrême, les chiens et les poules s’y faisaient écraser avec une belle régularité mais les enfants de la Nenette y survivaient avec des allures de chiens errants amaigris par la nervosité imposée par la pollution sonore insensée des lieux .De plus , l’endroit était maudit depuis que l’enfant d’une famille de passage était morte ,littéralement pulvérisée par un camion .L’accident était récent , Ludo et Maurice entretenaient de bonnes relations avec la Nenette et venaient régulièrement brûler leur cuivre sur la bande de terrain séparée de la route qui formait la patte d’oie .Curieusement , c’était un emplacement discret au milieu des carcasses de voitures ,et dont l’activité était complètement masquée par la circulation intense , un flot de voitures et de camions lancés a vives allures qui formait un écran a toute observation possible de l’endroit .On s’y arrêtait en freinant un coup sec avec le braquage a droite toute qui convenait ,autrement il ne restait qu’a continuer sur des kilomètres ,traverser le pont pour espérer pouvoir faire demi tour .
    Cette fin d’après midi la, Ludo et Maurice venait de réussir la manœuvre, venant charger du cuivre qu’il avaient laissé finir de se consumer la veille .En général, il faisaient leurs affaires après avoir parqué le J7, puis une fois le feu allumé et les câbles repartis, puis traversait salué et prendre un café chez la Nenette toujours friande des nouvelles colportées du monde nomade.
    Hors la veille ,elle avait offert l’hospitalité du bout de terrain d’en face a des voyageurs de passage , des gens très pauvres et rustres qui vivaient de la mendicité des nombreux enfants et d’un peu du rempaillage de chaises du patriarche . Ludo et son compère les avaient aidé dans les délicates manœuvres a fin d’installer les vieilles caravanes brinquebalantes sur ce bout de terrain étroit puis s’en étaient allé, se disant que même si un peu de cuivre disparaissait a l’occasion, ils n’en feraient pas un drame vu la pauvreté de cette famille avec ces petits sauvageons en haillons souriants et timides qui les guettaient avec des rires enfantins.Maurice s’était alors adressé gravement en manouche au patriarche , puis avait continué son incantation sans même traduire a Ludo avec ce coté bougon qu’il affectait parfois .
    Et en cette fin d’après midi du lendemain, les caravanes avaient disparues alors qu’une étrange animation régnait de l’autre coté de la route .Tout aussi étrangement le cuivre était toujours la mais gisait épars comme si le feu avait été dispersé, mais pourquoi puisque le cuivre n’avait pas été récupéré.Des taches sombres comme du gazole teintaient le bitume jusqu’à l’herbe du fossé et l’atmosphère était bizarre. Ils se depecherent a charger les morceaux noirâtres dans un grand sac de nylons tresses et se décidèrent avec appréhension a traverser la route.
    Ils furent vite renseignés, quelques heures après l’installation de la famille, une des petites dont Ludo se rappela le visage malicieux et crasseux, avait été littéralement happée par un camion .Personne n’avait réellement vu le drame, un crissement de frein horrible et ce qu’il restait d’un petit corps broyé avait suffi a consterner ces gens pourtant habitués a une violence de vie permanente .Apres la constatation des gendarmes , eux-mêmes tant choqués qu’ils semblaient ,dit on , étrangement absents lors des prises de mesure pour calculer le freinage .L’un deux ,un jeune assura la Nenette d’une voix comme emplie de superstition , fut même aperçu vomissant longuement a l’abri d’une carcasse de voiture .
    Apres le drame donc , la famille , des gens rustres et simples ,emplis de superstitions ,décidèrent en jurant le diable sur le mode incantatoire manouche , que l’endroit était maudit et avec cet instinct de survie qui sauve les esprits simples des complications de l’âme , ils partirent sans demander quoique ce soit .
    Ce qui d’après toujours la Nenette avait bien arrangé le maire dépêché sur place, la vie n’avait pas le même prix que celles précieuses de ses administrés, d’ailleurs Ludo allait avoir l’occasion de s’en rendre compte.
    """""

    Je suis peut etre le seul a me souvenir de ce piaf la aujourd’hui ……le gendarme de ce jour la peut etre aussi .

    Réponse
  17. Chris, quand tu sors ton bouquin, tu me le dis, que je te fasse de la pub…

    Réponse
  18. Chris, quand tu sors ton bouquin, tu me le dis, que je te fasse de la pub…

    Réponse
  19. Merci Agnes …..mais je suis en retard , c’est long un bouquin ……c’est comme vivre une petite vie a cote !

    Mais bien sur que je t’en offirirai l’un des premiers exemplaires , pour les soirées d’ete ,ca va faire court …..a l’automne peut etre .

    Remarque va peut etre falloir songer a faire quelque chose dans l’edition un jour …..la maison des blogueurs ou un truc comme ca ……..

    Réponse
  20. Merci Agnes …..mais je suis en retard , c’est long un bouquin ……c’est comme vivre une petite vie a cote !

    Mais bien sur que je t’en offirirai l’un des premiers exemplaires , pour les soirées d’ete ,ca va faire court …..a l’automne peut etre .

    Remarque va peut etre falloir songer a faire quelque chose dans l’edition un jour …..la maison des blogueurs ou un truc comme ca ……..

    Réponse
  21. AH ,je fais un hors sujet mais je voulais te dire mon approbation et mon applaudissement …c’est le premier truc militant "coherent "que je lis depuis l’entree en Sarkozie ….la ref a Moore est geniale et je dirais mais bon dieu mais c’est bien sur !

    """""Je suis pragmatique : Actuchômage aide des tas de chômeurs et de travailleurs précaires à défendre leurs droits, simplement en étant mieux informés.
    Bien sûr, dans une société égocentrique, tout le monde tente de profiter de tout sans rien donner en retour.

    La question est : doit-on continuer coûte que coûte à informer chômeurs et précaires pour les aider à faire valoir leurs droits ou doit-on jeter l’éponge?

    Je pense que la priorité est de rester debout et de continuer l’action d’information. Car si APNEE disparaît, c’est le camp d’en face qui marque des points. Eux, ils n’ont pas d’état d’âme!
    Si la pub peut financer le combat et nous permettre de continuer, alors, va pour la pub!

    Je me souviens de Michael Moore qui se marrait de voir son boulot financé par les Networks et les multinationales qu’il pourfend par ailleurs :
    "Ils sont tellement avides qu’ils sont prêt à te vendre la corde avec laquelle tu envisages de les pendre, du moment que ça leur permet de faire plus de fric!"

    De toute manière, ce ne sont pas les pauvres qui ont les moyens de soutenir le combat : prenons le blé où il est!"""""

    Un vrai billet la dessus Agnes ?

    Réponse
  22. @Chris

    Je ne sais pas pour actuchomage et je ne peux pas te donner de conseil. Mais est-il éthiquement bien de frayer avec ceux que l’on combat juste pour continuer à exister ?

    je n’ai pas de réponse du tout et je ne veux pas faire d’analogie foireuse car la réponse fait partie du domaine de l’affect et est donc, par nature, délicate.

    je te soutiens, au moins par la pensée

    Réponse
  23. @Chris

    Je ne sais pas pour actuchomage et je ne peux pas te donner de conseil. Mais est-il éthiquement bien de frayer avec ceux que l’on combat juste pour continuer à exister ?

    je n’ai pas de réponse du tout et je ne veux pas faire d’analogie foireuse car la réponse fait partie du domaine de l’affect et est donc, par nature, délicate.

    je te soutiens, au moins par la pensée

    Réponse
  24. À propos de ne rien apprendre de ses échecs répétés… Il n’y a pas très longtemps, je réfléchissais à « pourquoi la prison ? ». Et j’en concluais que la prison ça ne servais à rien, que ça n’avais pas d’utilité. Mais que par tradition, par routine… on continuais à mettre les gens en prison. On ne savais pas pourquoi, mais c’était comme cela. À l’image du piaf qui entreprend de latter son propre reflet, la société entreprend de latter ses propres individus. Comportement primaire…

    Réponse
  25. @herve

    C’est justement le probleme a mon avis , probleme de coming out et en relation avec l’affect effectivement .

    Agnes l’a fait depuis longtemps elle ,de par son activite peut etre …..de comprendre que commercer n’est pas "frayer " !!!!

    Ou alors l’ecrivain ou le musicien ne pourrait vendre sa musique ,l’ethique l’en empechant …….je vendrai ma prose sans problemes parce que je pense qu’il y a une utilite , une mission a faire connaitre ces tranches de vie que j’evoque ,que ce temoignage peut justifier qu’on le monnaye avec meme du marketing derriere .

    L’underground ne servant a rien pour un livre .

    Par contre ,je n’arriverais pas a vendre ma musique parce qu’ elle a besoin de l’underground pour vivre ,que c’est son essence meme …..c’est trop personnel au point de vue creativite .

    Je suis pas sur que cette émotion soit partageable meme si ca arrive parfois en petit comité .

    Actu ,c’est du domaine de l’edition …ils ont une mission qui les depasse en tant que personne ,c’est cela qu’ils doivent prendre en compte .

    Comme moi ,je suis redevable a la communaute du voyage avec mon bouquin ,mon avis ,ma personne n’y sont qu’anecdotique .

    Ils doivent s’affranchir de leurs propres carcans ideologiques parce qu’ils font deja partie d’une histoire societale et ce ne sont pas quelques pubs qui pervertiront le debat a ce niveau .

    Réponse
  26. @herve

    C’est justement le probleme a mon avis , probleme de coming out et en relation avec l’affect effectivement .

    Agnes l’a fait depuis longtemps elle ,de par son activite peut etre …..de comprendre que commercer n’est pas "frayer " !!!!

    Ou alors l’ecrivain ou le musicien ne pourrait vendre sa musique ,l’ethique l’en empechant …….je vendrai ma prose sans problemes parce que je pense qu’il y a une utilite , une mission a faire connaitre ces tranches de vie que j’evoque ,que ce temoignage peut justifier qu’on le monnaye avec meme du marketing derriere .

    L’underground ne servant a rien pour un livre .

    Par contre ,je n’arriverais pas a vendre ma musique parce qu’ elle a besoin de l’underground pour vivre ,que c’est son essence meme …..c’est trop personnel au point de vue creativite .

    Je suis pas sur que cette émotion soit partageable meme si ca arrive parfois en petit comité .

    Actu ,c’est du domaine de l’edition …ils ont une mission qui les depasse en tant que personne ,c’est cela qu’ils doivent prendre en compte .

    Comme moi ,je suis redevable a la communaute du voyage avec mon bouquin ,mon avis ,ma personne n’y sont qu’anecdotique .

    Ils doivent s’affranchir de leurs propres carcans ideologiques parce qu’ils font deja partie d’une histoire societale et ce ne sont pas quelques pubs qui pervertiront le debat a ce niveau .

    Réponse
  27. Joli post , comme toujours; je me questionne pour ma part sur ces chiens qui aboient, en furie parfois, quand vous longez leur grille sur le trottoir: ils considèrent que vous violez leur territoire, et doivent "penser" que s’ils cessaient cette intimidation, il y aurait foule amassée dans leur impropre "chez eux"…
    Constateront-ils un jour que ces efforts déployés sont inutiles et ridicules? ou continueront-ils de combler l’orgueil d’un propriétaire qui a investi dans un panonceau "attention au chien" pour avertir le passant de sa presque transgression ( circulez y a rien à voir étant le message subliminal)?

    Tel chien, tel maître, me dis-je à la réflexion.

    Réponse
  28. Joli post , comme toujours; je me questionne pour ma part sur ces chiens qui aboient, en furie parfois, quand vous longez leur grille sur le trottoir: ils considèrent que vous violez leur territoire, et doivent "penser" que s’ils cessaient cette intimidation, il y aurait foule amassée dans leur impropre "chez eux"…
    Constateront-ils un jour que ces efforts déployés sont inutiles et ridicules? ou continueront-ils de combler l’orgueil d’un propriétaire qui a investi dans un panonceau "attention au chien" pour avertir le passant de sa presque transgression ( circulez y a rien à voir étant le message subliminal)?

    Tel chien, tel maître, me dis-je à la réflexion.

    Réponse
  29. @ chris
    accepter la pub, n’est ce pas aller vers la facilité ? n’est-ce pas une faiblesse dans la recherche de nouvelles solutions ?
    dans un passé récent, nos canards vivaient de la vente de leur parution. aujourd’hui, c’est la pub qui constitue la plus grosse part de leurs budgets. n’y ont-ils pas perdu en indépendance éditoriale ?
    il y a richesse à créer, même dans les moyens de communiquer et de faire savoir.
    le tout est d’évaluer les besoins. et ceux d’actuchomage me semblent à taille humaine pour trouver une solution qui ne soit pas aussi contradictoire des idées véhiculées.

    @ cyclomal
    jolie l’interprétation des réflexions canines en langue française.

    Réponse
  30. @ chris
    accepter la pub, n’est ce pas aller vers la facilité ? n’est-ce pas une faiblesse dans la recherche de nouvelles solutions ?
    dans un passé récent, nos canards vivaient de la vente de leur parution. aujourd’hui, c’est la pub qui constitue la plus grosse part de leurs budgets. n’y ont-ils pas perdu en indépendance éditoriale ?
    il y a richesse à créer, même dans les moyens de communiquer et de faire savoir.
    le tout est d’évaluer les besoins. et ceux d’actuchomage me semblent à taille humaine pour trouver une solution qui ne soit pas aussi contradictoire des idées véhiculées.

    @ cyclomal
    jolie l’interprétation des réflexions canines en langue française.

    Réponse
  31. coucou 🙂
    Hors sujet, mais vous l’avez entendu celle la :

    Je serai un président comme Louis de Funès dans le Grand Restaurant : servile avec les puissants, ignoble avec les faibles. J’adore

    De NS bien sur.

    Je l’ai mauvaise la tout de suite…

    totoododo.no-ip.info/index.php?2007/07/04/156-je-serai-un-president-comme-louis-de-funes-dans-le-grand-restaurant-servile-avec-les-puissants-ignoble-avec-les-faibles-j-adore

    Réponse
  32. Tiens, à propos de NS… je revoyais http://www.ina.fr/archivespourtous/… et je me suis dit que décidément l’histoire (en France) se répète ! Et le borgne qui dit (il y a plus de 15 ans !) qu’on préférera toujours l’original à la copie… (le pauvre).

    Réponse
  33. Tiens, à propos de NS… je revoyais http://www.ina.fr/archivespourtous/… et je me suis dit que décidément l’histoire (en France) se répète ! Et le borgne qui dit (il y a plus de 15 ans !) qu’on préférera toujours l’original à la copie… (le pauvre).

    Réponse
  34. @michel

    """"le tout est d’évaluer les besoins. et ceux d’actuchomage me semblent à taille humaine pour trouver une solution qui """

    Il semble que cela a ete evalué et a moins de sous entendre une mauvaise gestion ou incompetence …..le probleme est serieux , meme ethiquement ,c’est l’usager qui est en cause la .

    De l’entraide gratos ,merci pour tout et No Pasaran ,hein !

    A ce niveau pour la pub , c’est les adherents qu’y ont peut etre ce qu’ils meritent ,non ?

    Bon pour ma part ,de façon plus personnelle , j’ai bien une autre explication moins politiquement correcte dont je pense qu’Agnes la partage un chouia aussi …..mais disons que c’est plus le sujet du jour .

    Réponse
  35. Heu, mc, c’est moi qui cite Michael Moore et je ne connaissais pas de référence entérieure chez Lénine. Il avait déclaré cela il y a quelques années, je n’ai plus la source, mais la précision et la justesse de sa remarque m’avaient marquée…

    Réponse
  36. Chris (14) qui nous cite Lénine en faisant semblant de croire que c’est du Michael Moore!

    "Je me souviens de Michael Moore qui se marrait de voir son boulot financé par les Networks et les multinationales qu’il pourfend par ailleurs :
    "Ils sont tellement avides qu’ils sont prêt à te vendre la corde avec laquelle tu envisages de les pendre, du moment que ça leur permet de faire plus de fric!"

    Réponse
  37. Chris (14) qui nous cite Lénine en faisant semblant de croire que c’est du Michael Moore!

    "Je me souviens de Michael Moore qui se marrait de voir son boulot financé par les Networks et les multinationales qu’il pourfend par ailleurs :
    "Ils sont tellement avides qu’ils sont prêt à te vendre la corde avec laquelle tu envisages de les pendre, du moment que ça leur permet de faire plus de fric!"

    Réponse
  38. @ Zonzon (21)

    Hélas, Le Pen c’était le brouillon, N(otre) S(eigneur) c’est le chef d’oeuvre!

    Réponse
  39. @ Zonzon (21)

    Hélas, Le Pen c’était le brouillon, N(otre) S(eigneur) c’est le chef d’oeuvre!

    Réponse
  40. Chère Agnès, tu as du lire son interview dans Charlie Hebdo y’a quelques années où il disait exactement cette histoire de corde (mais le dit-il peut-être à chacune de ses entrevues).

    Je m’en souviens parce que depuis quelques années, j’en ai pas lu énormément des Charlie Hebdo.

    Réponse
  41. Chère Agnès, tu as du lire son interview dans Charlie Hebdo y’a quelques années où il disait exactement cette histoire de corde (mais le dit-il peut-être à chacune de ses entrevues).

    Je m’en souviens parce que depuis quelques années, j’en ai pas lu énormément des Charlie Hebdo.

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