Créatures célestes

C’est bête à dire, mais j’ai eu plus de peine à la mort de mon chat qu’à celle de ma grand-mère.

Quand mon vieux pote me dit ça, je n’ai pas un sourire goguenard et compassé et je sais qu’il n’a pas irrémédiablement plongé dans la sensiblerie déshumanisante de tant d’autres de nos congénères, ceux qui aiment à clamer : plus je connais les gens, plus j’aime mon chien. Je sais que l’Ours n’est pas un blaireau insensible et vaguement sociopathe, mais juste quelqu’un de sincère avec lui-même et qui a expérimenté le concept de proxémie affective. L’Ours vient de la campagne, il sait comment on enlève le pyjama de Jeannot Lapin, et contrairement à beaucoup d’entre nous, il sait tuer sa nourriture et cela ne lui pose pas l’ombre d’un problème.

Mon chat, je le voyais chaque jour que ce soit au déjeuner ou au dîner. Ma grand-mère, une fois tous les deux mois. Ça ne veut pas dire que je ne l’aimais pas, bien au contraire, mais parce que je la voyais moins souvent, sa disparition a laissé moins de vide dans ma vie, tout simplement.

C’est aussi un peu pour la même raison de distance que le mort du bled touchera plus que celui de la grande ville et qu’un seul défunt national, plus que 100 victimes au Bangladesh. L’éloignement physique favorise la relativité émotionnelle et du coup, nous hiérarchisons nos peines et nos attachements.

Si loin, si proches

Samedi, je devais photographier la parade des camions. J’ai réussi à négocier une fenêtre au premier étage avec vue plongeante sur la place principale du bled. J’étais donc en embuscade à mon poste d’observation privilégié et je regardais mes congénères vivre leur vie en contre-bas, pratiquement avec la distance de l’entomologiste.
Cette distance scientifique de l’observateur ne remonte pas juste à ma formation d’éthologue. J’y réfléchis tout en vérifiant les réglages de mon appareil photo. Cela remonte bien plus loin dans le temps, dans la petite enfance, dans ces circonstances un peu particulières qui avaient fait de ma famille et de moi par ricochet, un intense sujet de curiosité de la part des autres. Je repense à ce sentiment d’étrangeté que le regard des autres avait construit chez moi, de l’intense solitude que l’enfant que j’étais ressentait, de cette distance affective terrible qui me rendait étrangère en mon propre pays. Et je me dis que c’est probablement de ce point de vue que surgissent les meilleurs observateurs, avec juste ce qu’il faut de détachement pour ne pas s’impliquer.

Je regarde donc les gens du bled vaquer à leurs occupations en attendant le défilé tonitruant. Je me rends compte en ce faisant qu’à force de couvrir la plupart des événements importants du village, j’ai fini par connaître la plupart de ces trognes. Et que l’inverse doit aussi être vrai. Ceci est donc la communauté humaine à laquelle j’appartiens de fait. Et pourtant, je sais aussi avec une cruelle acuité que je ne serai jamais des leurs. Parce que je ne suis pas d’ici. Parce que même si je partage beaucoup de leurs activités, même si la plupart me connaissent, même si je suis le plus souvent aimable et souriante, je ne participe pas réellement au réseau dense et subtil des rituels qui cimentent les réseaux sociaux dans les petites communautés humaines. Je ne suis pas au troquet le samedi soir, ne supporte pas l’équipe locale de rugby, n’arsouille pas aux fêtes patronales, ne lance jamais aucune de ces réunions-gâteaux où convergent les mères de famille-copines. Et monsieur Monolecte ne porte pas les oreilles en chou-fleur et ne chasse pas le week-end.

Je les regarde donc tracer leurs trajectoires convergentes sur la place, se saluant de la main ou s’embrassant, parlant des gosses ou mimant quelques exploits à grand renfort de moulinets des bras. Je me dis que malgré tout, je fais partie de leur décor à défaut de leur communauté. J’envie un peu leur capacité à se retrouver jour après jour, à partager du temps et des émotions ensemble, à traverser la vie dans le joyeux brouhaha du groupe. D’un autre côté, je sais pour avoir recueilli quelques confidences au vol, que certaines embrassades sont des baisers de Judas, que bien des amitiés ont tourné court pour des histoires de fesses ou de bornage, qu’il y a dans toute cette humanité grouillante des inimités dont on hérite, génération après génération, des guerres de famille qui n’ont pas de fin. Et ma place d’observatrice me paraît soudain bien moins inconfortable.

Bien sûr, je me dis que cette distance que je n’ai pas franchement choisie ne doit pas beaucoup me protéger du ragot, grand sport à la mode dès qu’il y a trois humains qui se côtoient, mais au moins, cela ne trouve jamais assez d’intermédiaires pour revenir à mes oreilles. Parfois, l’ignorance protège. Je sais aussi que de ne pas laisser grand-chose filtrer de ma vie privée ne coupe pas la source d’inspiration des pipelettes, mais stimule leur imagination bien au contraire.
Mais c’est le prix à payer pour être un humain parmi les humains. À la périphérie du groupe, mais tout de même pas l’extérieur. Pour l’instant.

Je sais que la gosse est populaire. La plupart des gamins de l’école la connaissent. Souvent, quand je fais mes courses, je ne suis pas interpellée par mes lecteurs, mais par leur enfant. Parce que je suis la mère de…
Du coup, je me demande si elle a sa place dans le groupe. Si elle fait partie de la communauté du bled. Comme un trait d’union entre eux et moi. Une connexion avec ma propre humanité. Et mes congénères. Regardez, je suis comme vous, cette petite créature délicieuse est entrée dans ma vie il y a seulement cinq ans et c’est déjà comme si elle avait toujours existé, comme si tout a pris sens avec son arrivée.

Condition de l’Homme

Je les regarde donc tracer des diagonales sur le bitume, rire et s’étreindre et je me dis que chacun d’entre eux est capable du meilleur comme du pire. Ce n’est qu’une simple question de circonstances. Tant que tout va bien, que rien ne frustre cette abstraction tangible qu’est la communauté des hommes, il y a des fêtes, de l’entraide, des soirées plancha entre amis, des petits mots amicaux, des petits gestes pour rien. Mais que l’adversité survienne et bien des portes et des visages se fermeront. Je suis toujours pitée dans l’embrasure de cette fenêtre enrubannée de toiles d’araignées et je me demande combien, parmi tous ces gens souriants, pourraient se transformer en bourreaux implacables, combien, si un quelconque tribun appuyait sur le bon levier, iraient découper leurs amis d’hier, leurs voisins à coups de pioche. C’est bizarre ce qu’un peu d’altitude et d’attente peut faire survenir comme pensées insaisissables.
Les barbares ne viennent jamais d’ailleurs. Ils vivent parmi nous. Ils sont en nous. Ils sont nous.

Que demain éclate une guerre civile et chacun d’entre nous sera sommé de se révéler, dans toute sa splendeur ou son hideux égoïsme. Je me dis, pour me rassurer, que la plupart d’entre nous choisiront probablement la fuite ou tout au moins une habile servilité et une totale soumission au vainqueur, quel qu’il soit, rentrant la tête entre les épaules et espérant que la tempête passera plus haut. Une très grosse minorité (à moins qu’il ne s’agisse d’une petite majorité) y verra de grandes opportunités pour sauver ses fesses et améliorer sa condition initiale et beaucoup seront volontaires pour les pires exactions. Parce que toujours dans le groupe finalement, noyés dans la masse, où l’expression du pire de chacun d’entre nous peut se diluer dans la masse de l’ignominie. C’est toujours dans ces spasmes violents de l’histoire que les comptes se règlent, que les ardoises se vident que les rancœurs secrètes s’exposent au grand jour.
Je me demande ce que l’on me reprochera, alors, mais cela importe peu, il n’y a que le résultat qui compte.

Et puis, dans la tourmente, une poignée d’hommes et de femmes se grandiront bien au-delà de leur condition initiale. Ils feront le choix d’être des justes au cœur du chaos. Ils se mettront au service d’idéaux plus grands qu’eux, de la communauté des hommes qui ne leur sera même pas reconnaissante ensuite.
Je regarde en contrebas et je me demande combien il peut y avoir de héros en gestation dans cette foule bourdonnante et joyeuse. Je me dis aussi qu’il m’arrive souvent de laisser mon esprit dériver bien loin de la réalité et du temps présent.

Que la fête commence!

81 réponses
  1. wallaye
    wallaye dit :

    Elles sont où tes racines? T’es un arbre migrateur?
    Et si tu cherches des héros, c’est que tu regarde trop de films peut être?
    Par contre moi aussi j’ai peur de voir les choses et les gens se radicaliser. Fini le flou artistique, chacun va choisir son camp.

    Répondre
  2. Nathalie
    Nathalie dit :

    Hé bé ma belle, tu penses aux mêmes trucs que moi, en ce moment… Glp… Je suis convaincue en effet qu’en chacun d’entre nous sommeillent conjointement d’ignobles capacités de destruction et de sublimes aspirations… Et je pense aussi que nous risquons très bientôt de les voir se révéler au grand jour.

    Répondre
  3. Nathalie
    Nathalie dit :

    Hé bé ma belle, tu penses aux mêmes trucs que moi, en ce moment… Glp… Je suis convaincue en effet qu’en chacun d’entre nous sommeillent conjointement d’ignobles capacités de destruction et de sublimes aspirations… Et je pense aussi que nous risquons très bientôt de les voir se révéler au grand jour.

    Répondre
  4. Kilroy
    Kilroy dit :

    Avez-vous lu "l’Humanité Disparaîtra, Bon Débarras" d’Yves Paccalet ?
    Il consacre un chapitre intitulé "on à tous en nous quelque chose d’un peu nazi" au même sujet que celui évoqué dans le dernier paragraphe de ce post.

    Répondre
  5. Kilroy
    Kilroy dit :

    Avez-vous lu "l’Humanité Disparaîtra, Bon Débarras" d’Yves Paccalet ?
    Il consacre un chapitre intitulé "on à tous en nous quelque chose d’un peu nazi" au même sujet que celui évoqué dans le dernier paragraphe de ce post.

    Répondre
  6. Hauver
    Hauver dit :

    Belle envolée lyrique.

    La Quète du Héros est une constante chez l’Humain.
    Le chat de ton ami lui se fout des héros, il vit c’est tout.

    Quand arrive les situations de crises, soit nous faisons parler notre instinct de survie, soit nous nous sublimons et devenons Héros.

    Ca c’est la théorie.

    Dans le monde réèl, nous ne sommes jamais seul, et nos réactions sont bien souvent en fonctions de celle de notre environnment.

    J’ai souvenir d’une grand mère à qui, enfant, j’avais demandé si elle avait resistée pendant la 2nd guerre mondiale.
    Elle m’a repondue qu’elle avait préféré assurer la survie de sa famille en se noyant dans la masse (elle vivait seule avec ses 4 enfants, son mari ayant préféré jouer les héros comme elle disait). Elle n’avait pas commis d’actes répréhensibles, mais n’avait pas non plus fait preuve d’héroîsme, préférant l’anonymat, le Je-vois-mais-ne-dis-rien-pour-survivre.

    Les choix de chacuns sont souvent plus difficiles a faire que les jugements après coups. Ne l’oublions pas.

    Répondre
  7. Hauver
    Hauver dit :

    Belle envolée lyrique.

    La Quète du Héros est une constante chez l’Humain.
    Le chat de ton ami lui se fout des héros, il vit c’est tout.

    Quand arrive les situations de crises, soit nous faisons parler notre instinct de survie, soit nous nous sublimons et devenons Héros.

    Ca c’est la théorie.

    Dans le monde réèl, nous ne sommes jamais seul, et nos réactions sont bien souvent en fonctions de celle de notre environnment.

    J’ai souvenir d’une grand mère à qui, enfant, j’avais demandé si elle avait resistée pendant la 2nd guerre mondiale.
    Elle m’a repondue qu’elle avait préféré assurer la survie de sa famille en se noyant dans la masse (elle vivait seule avec ses 4 enfants, son mari ayant préféré jouer les héros comme elle disait). Elle n’avait pas commis d’actes répréhensibles, mais n’avait pas non plus fait preuve d’héroîsme, préférant l’anonymat, le Je-vois-mais-ne-dis-rien-pour-survivre.

    Les choix de chacuns sont souvent plus difficiles a faire que les jugements après coups. Ne l’oublions pas.

    Répondre
  8. pingouin
    pingouin dit :

    OUi, c’est l’éternelle question de la place des autres et de leurs role dans la vie du groupe. Au travers de tout cela apparait l’idée de notre propre place et notre role dans la communauté. Chacun doit se voir à part du groupe et j’ai aussi cette impression d’identité et de personnalité en dehors des autres gens. Je pense que c’est normal.

    Répondre
  9. Lory
    Lory dit :

    Remarquablement bien écrit. On croirait lire le passage d’un roman, et on se laisse prendre par la qualité littéraire de ton texte.

    Ceci dit,je ne pense pas que comme tu le suggères, une petite majorité ou une grosse minorité de gens mettent à mal leurs congénères dans l’hypothèse d’un glissement vers le chaos. Je pense davantage qu’une petite minorité de personnes qui en ont les moyens ont véritablement le gout de le faire. C’est ce qui c’est produit lors de la 2° guerre mondiale. Evidemment, quand ils tiennent les rènes du pouvoir, rien ne les arrete plus et ils peuvent organiser des destructions de masses selon leur bon plaisir.

    Répondre
  10. Lory
    Lory dit :

    Remarquablement bien écrit. On croirait lire le passage d’un roman, et on se laisse prendre par la qualité littéraire de ton texte.

    Ceci dit,je ne pense pas que comme tu le suggères, une petite majorité ou une grosse minorité de gens mettent à mal leurs congénères dans l’hypothèse d’un glissement vers le chaos. Je pense davantage qu’une petite minorité de personnes qui en ont les moyens ont véritablement le gout de le faire. C’est ce qui c’est produit lors de la 2° guerre mondiale. Evidemment, quand ils tiennent les rènes du pouvoir, rien ne les arrete plus et ils peuvent organiser des destructions de masses selon leur bon plaisir.

    Répondre
  11. Lory
    Lory dit :

    Oui mais on n’est pas au Rwanda. On est en Europe et ça me parait difficile. C’est meme parce que l’Europe existe qu’il n’y a plus eu de guerres depuis 60 ans.

    Répondre
  12. Lory
    Lory dit :

    Oui mais on n’est pas au Rwanda. On est en Europe et ça me parait difficile. C’est meme parce que l’Europe existe qu’il n’y a plus eu de guerres depuis 60 ans.

    Répondre
  13. Lory
    Lory dit :

    L’ex Yougoslavie était un résidu de la guerre froide et de la contraposition des blocs. Il est probable que si cette région s’était trouvée à l’ouest elle n’aurait probablement pas connus ces problèmes.

    Personnellement, je ne crois pas en un scénario apocalyptique comme ce que laisse présager Agnès. Je redoute davantage une catastrophe écologique qui, une fois enclanchée et devenue incontrolable, entrenerait des déplacements de population, massifs, des épidémies, des désordres en tous genre que nous serions bien incapables de maitriser si nous n’y prenons garde avant qu’il ne soit trop tard.

    Répondre
  14. Lory
    Lory dit :

    L’ex Yougoslavie était un résidu de la guerre froide et de la contraposition des blocs. Il est probable que si cette région s’était trouvée à l’ouest elle n’aurait probablement pas connus ces problèmes.

    Personnellement, je ne crois pas en un scénario apocalyptique comme ce que laisse présager Agnès. Je redoute davantage une catastrophe écologique qui, une fois enclanchée et devenue incontrolable, entrenerait des déplacements de population, massifs, des épidémies, des désordres en tous genre que nous serions bien incapables de maitriser si nous n’y prenons garde avant qu’il ne soit trop tard.

    Répondre
  15. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Il n’y a pas le trou du cul d’une vision apocalyptique dans mon récit. Je parle juste de la condition humaine qui fait que nous nous révélons forcément quand les circonstances nous y poussent.
    Ici, nous n’avons pas Radio Mille-Collines, mais nous avons TF1 and co qui montrent à longueur de temps des pauvres profiteurs, des jeunes voyous, des arabes terroristes. Aujourd’hui, dans le bled où vivent tous ces gens charmants qui sont mes concitoyens, il vaut mieux que personne ne sache que tu es RMIste : le dernier qui a fait un coming out sur le sujet au bistrot d’en bas a manqué se faire lyncher par les braves travailleurs.
    Le feu couve sous les cendres. Les esprits se radicalisent. Cette campagne électorale a exacerbé la haine de l’autre, l’a presque légitimée.

    Il n’y a pas de guerre et pourtant, c’est la fête du slip chez les marchands d’armes. Notre programme militaire va probablement être encore renforcé.
    Les frustrations s’expriment sporadiquement, mais de plus en plus violemment.

    Il ne faudrait pas grand chose pour catalyser toutes ces pulsions nauséabondes et se prendre la bombe à crottes en pleine poire…

    Répondre
  16. Swâmi Petaramesh
    Swâmi Petaramesh dit :

    Magnifique billet, Agnès, qui me parle à un point que tu n’imagines sans doute pas, et c’est un éternel martien toujours "corps étranger" dans tout groupe humain (allez, sauf une fois dans ma vie 😉 qui te le dit… Quels drôles de z’animaux, tout de même…

    Répondre
  17. Steph. K
    Steph. K dit :

    Allons bon, on m’aurait menti à l’insu de mon plein gré. Vl’a ti pas que l’ex Yougoslavie ne ferait plus partie de l’Europe.

    Répondre
  18. Steph. K
    Steph. K dit :

    Allons bon, on m’aurait menti à l’insu de mon plein gré. Vl’a ti pas que l’ex Yougoslavie ne ferait plus partie de l’Europe.

    Répondre
  19. speedy
    speedy dit :

    Amusant, j’ai eu l’impression de lire une description de mon village. On reste un estranger forever, quel que soit le temps passé sur place. Pour s’intégrer, il faut faire comme les autres : aller boire des verres au café, aller à la chasse, etc.

    Pour la soumission à l’autorité (nazi, collabo ou quidam) voir http://fr.wikipedia.org/wiki/Exp%C3

    Répondre
  20. speedy
    speedy dit :

    Amusant, j’ai eu l’impression de lire une description de mon village. On reste un estranger forever, quel que soit le temps passé sur place. Pour s’intégrer, il faut faire comme les autres : aller boire des verres au café, aller à la chasse, etc.

    Pour la soumission à l’autorité (nazi, collabo ou quidam) voir http://fr.wikipedia.org/wiki/Exp%C3

    Répondre
  21. Lory
    Lory dit :

    C’est une "paix locale" étendue à une échelle assez vaste sur un continent qui a connu 2 guerres mondiales à distance de 25 ans. Donc 60 ans de paix je trouve que ce n’est déjà pas mal, et meme que c’est un progrès. Et je n’ai pas parlé d’Homme Nouveau mon bon Yogi, je te laisse l’expression.

    Je n’aime pas trop les transpositions hasardeuses, Chris. Mettre les RMIstes sur le meme plan que les victimes du Rwanda, ça me parait un peu… déplacé.

    Répondre
  22. Lory
    Lory dit :

    C’est une "paix locale" étendue à une échelle assez vaste sur un continent qui a connu 2 guerres mondiales à distance de 25 ans. Donc 60 ans de paix je trouve que ce n’est déjà pas mal, et meme que c’est un progrès. Et je n’ai pas parlé d’Homme Nouveau mon bon Yogi, je te laisse l’expression.

    Je n’aime pas trop les transpositions hasardeuses, Chris. Mettre les RMIstes sur le meme plan que les victimes du Rwanda, ça me parait un peu… déplacé.

    Répondre
  23. chris
    chris dit :

    Oui mais on n’est pas au Rwanda. On est en Europe et ça me parait difficile. C’est meme parce que l’Europe existe qu’il n’y a plus eu de guerres depuis 60 ans."""""""

    Pfuttt …..tu parles ;d’abord c’est assez reducteur pour l’afrique ;par experience ;je dirais qu’il ne differe guere de nous autres mise a part la pauvrete .

    Les problemes ethniques ont relativement bon dos a cet effet , on pourrait aisement transplanter a la france d’aujourd’hui avec effectivemernt les rmistes , les manouches , les arabes etc ……un peu de temps encore et nous ne serons guere different de l’ex yougoslavie .

    Le cote ethnique et le communautarisme sont des choses qui sont mouvantes ,qui evoluent dans les deux sens .

    Moi qui ait vu avec ses deux yeux ,senti plein les narines ces odeurs la ,je vous le dis tout net …les st bartethelemy sont transposables a tout contexe toutes epoques .

    Des heros ,il y en a toujours …les conflits c’est revelateur a cet effet .

    Je dirais que d’avoir vu ne m"a pas fait desesperer de la nature humaine ;au contraire …des heros ,il y en a plein au quotidien , on les voit pas ,c’est tout ……des medecins ,des avocats et bien d’autres ,des flics parfois ……et tous ont leur pendant negatif , l’enfoire .

    Des fois l’enfoire peut devenir heros ,c’est complexe .

    Meme un marchand ‘armes , j’en ai connu un qui s’etait enrichi par ce biais ,et puis fatigue de sa nouvelle vie de nanti …il s’est pratiquement suicide les armes a la main dans un fait divers stupide a son niveau …..la nature humaine est complexe .

    Répondre
  24. chris
    chris dit :

    Oui mais on n’est pas au Rwanda. On est en Europe et ça me parait difficile. C’est meme parce que l’Europe existe qu’il n’y a plus eu de guerres depuis 60 ans."""""""

    Pfuttt …..tu parles ;d’abord c’est assez reducteur pour l’afrique ;par experience ;je dirais qu’il ne differe guere de nous autres mise a part la pauvrete .

    Les problemes ethniques ont relativement bon dos a cet effet , on pourrait aisement transplanter a la france d’aujourd’hui avec effectivemernt les rmistes , les manouches , les arabes etc ……un peu de temps encore et nous ne serons guere different de l’ex yougoslavie .

    Le cote ethnique et le communautarisme sont des choses qui sont mouvantes ,qui evoluent dans les deux sens .

    Moi qui ait vu avec ses deux yeux ,senti plein les narines ces odeurs la ,je vous le dis tout net …les st bartethelemy sont transposables a tout contexe toutes epoques .

    Des heros ,il y en a toujours …les conflits c’est revelateur a cet effet .

    Je dirais que d’avoir vu ne m"a pas fait desesperer de la nature humaine ;au contraire …des heros ,il y en a plein au quotidien , on les voit pas ,c’est tout ……des medecins ,des avocats et bien d’autres ,des flics parfois ……et tous ont leur pendant negatif , l’enfoire .

    Des fois l’enfoire peut devenir heros ,c’est complexe .

    Meme un marchand ‘armes , j’en ai connu un qui s’etait enrichi par ce biais ,et puis fatigue de sa nouvelle vie de nanti …il s’est pratiquement suicide les armes a la main dans un fait divers stupide a son niveau …..la nature humaine est complexe .

    Répondre
  25. Le Moralisateur Moustachu Masqué
    Le Moralisateur Moustachu Masqué dit :

    @Agnès
    Très beau billet, bravo.

    C’est parfois cela qui me fait préférer les AUTRES animaux aux humains: les humains sont capables de faire le mal, les AUTRES animaux, non. Ils ne font que (jusqu’à preuve – impossible à fournir – du contraire) agir comme le leur dicte leur instinct. Ils sont donc d’une "neutralité" (j’trouve pas mieux)… inhumaine. Ce qui nous différencie (je n’ai pas dit "nous rend supérieur"!), c’est notre conscience ou morale qui nous permet d’être bon ou méchant.
    Quels veinards ces AUTRES animaux…

    @Swâmi
    "Quels drôles de z’animaux, tout de même…"
    Drôles!? Naaaan…

    Répondre
  26. Le Moralisateur Moustachu Masqué
    Le Moralisateur Moustachu Masqué dit :

    @Agnès
    Très beau billet, bravo.

    C’est parfois cela qui me fait préférer les AUTRES animaux aux humains: les humains sont capables de faire le mal, les AUTRES animaux, non. Ils ne font que (jusqu’à preuve – impossible à fournir – du contraire) agir comme le leur dicte leur instinct. Ils sont donc d’une "neutralité" (j’trouve pas mieux)… inhumaine. Ce qui nous différencie (je n’ai pas dit "nous rend supérieur"!), c’est notre conscience ou morale qui nous permet d’être bon ou méchant.
    Quels veinards ces AUTRES animaux…

    @Swâmi
    "Quels drôles de z’animaux, tout de même…"
    Drôles!? Naaaan…

    Répondre
  27. Yogi
    Yogi dit :

    60 ans de paix locale pour se remettre du plus grand génocide de la planète et après quelques millénaires de guerres … on va attendre un peu avant de jurer que l’Homme Nouveau est apparu en Europe de l’Ouest dans la deuxième moitié du XXe siècle.

    Répondre
  28. chris
    chris dit :

    @lory

    Si tu parcourais un peu plus les blogs et sites de droites ,en considerant la haine engendrée par les rmistes , tu reviserai vite fait le cote deplace ….donne leurs juste le moyen a un moment a ceux la .

    Quelques secondes avant d’etre decoupe , un rwandais etait quelq’un de banal ……sauf que depuis des mois un sarkozysme local excerbe soufflait sur des braises .

    Idem en Serbie ,au Kosovo ou en Croatie et c’est pas des africains ,eux …..tres proche de nous.
    D’ailleurs que ce soit en afrique ou en ex yougo , il y avait des ressortissants francais impliques parfois ,ton voisin peut etre .

    Comment crois tu que l’on viole et que ‘l’on torture a tout va dans les prisons francaises …..est ce que ca derange quelqu’un dans l’hexagone .

    J’ai quitte Kolwezi pour entrer directos dans une prison francaise ,hormis la temperature , j’ai pas ete vraiment ete depayse niveau frequentation des barbares .

    je te ferais grace d’exemples pertinent a cet effet pour pas defigurer l’aspect charmant de ce blog ….mais on peut transposer sans problemes ,j’en ai une pleine besace a cet effet .

    les bourreaux,les tortionnaires sont des gens tout a fait ordinaires ,certains font d’excellents compagnons de cellules

    Répondre
  29. mc
    mc dit :

    C’est étonnant en effet, que chaque fois que les hommes font des trucs abominables que jamais aucun animal aurait pu inventer, on qualifie ça d’inhumain, voire de bestial.

    C’est pas que j’aime particulièrement les animaux, mais les camps de concentration, les fours à gaz, l’agent orange, hiroshima….

    "Ce que nous avons fait, vois-tu, aucune bête ne l’aurait fait"

    C’est comme ça, assumons notre humanité.

    Répondre
  30. michel974
    michel974 dit :

    je partage l’avis de gastiflex.
    un billet de cette qualité là devrait être interdit aux commentaires, histoire de ne pas altérer la prose originale.

    Répondre
  31. michel974
    michel974 dit :

    je partage l’avis de gastiflex.
    un billet de cette qualité là devrait être interdit aux commentaires, histoire de ne pas altérer la prose originale.

    Répondre
  32. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Donc faire le Mal c’est notamment commettre un génocide, un viol, pratiquer la torture,…

    Je crois que là-dessus il n’y a pas débat.

    Il y a toujours débat, comme il y a toujours procès et défense. Ne serait-ce que parce qu’il ne faut pas confondre justice et vengeance.
    Qui se rend coupable de génocide : le mec qui tient la machette ou ceux qui lui ont bourré le mou pendant des mois, excitant ses frustrations et son amertume, désignant des coupables à son courroux et s’arrangeant pour mettre à disposition, le jour j des millions de machettes?
    Qui est le salopard à Abu Graïb? Le soldat de 18 balais, envoyé dans un bourbier infâme de préférence parce qu’il vient des couches pauvres et peu éduquées de la population du grand gendarme du monde ou l’ensemble de sa hiérarchie qui incite à la haine raciale, de par la nature des opérations menées, de par son inertie face aux exactions de ses troupes? Y aurait-il eu Abu Graïb, si les ordres avaient été de strictement respecter les civils, de ne pas se torcher le cul avec la convention de Genève chaque matin? Qu’est-ce qu’un petit con raciste peut avoir à craindre d’un gouvernement qui a mis en place le Patriot Act et Guantanamo?

    Le meilleur comme le pire… tout dépend de ce qu’un pouvoir en place attend réellement de son peuple…

    Répondre
  33. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Donc faire le Mal c’est notamment commettre un génocide, un viol, pratiquer la torture,…

    Je crois que là-dessus il n’y a pas débat.

    Il y a toujours débat, comme il y a toujours procès et défense. Ne serait-ce que parce qu’il ne faut pas confondre justice et vengeance.
    Qui se rend coupable de génocide : le mec qui tient la machette ou ceux qui lui ont bourré le mou pendant des mois, excitant ses frustrations et son amertume, désignant des coupables à son courroux et s’arrangeant pour mettre à disposition, le jour j des millions de machettes?
    Qui est le salopard à Abu Graïb? Le soldat de 18 balais, envoyé dans un bourbier infâme de préférence parce qu’il vient des couches pauvres et peu éduquées de la population du grand gendarme du monde ou l’ensemble de sa hiérarchie qui incite à la haine raciale, de par la nature des opérations menées, de par son inertie face aux exactions de ses troupes? Y aurait-il eu Abu Graïb, si les ordres avaient été de strictement respecter les civils, de ne pas se torcher le cul avec la convention de Genève chaque matin? Qu’est-ce qu’un petit con raciste peut avoir à craindre d’un gouvernement qui a mis en place le Patriot Act et Guantanamo?

    Le meilleur comme le pire… tout dépend de ce qu’un pouvoir en place attend réellement de son peuple…

    Répondre
  34. Swâmi Petaramesh
    Swâmi Petaramesh dit :

    @Le Moralisateur Moustachu Masqué : Je crois que là-dessus il n’y a pas débat.

    Ce genre d’affirmation devrait allumer automatiquement un voyant rouge… Évacuer un débat, c’est toujours s’en remettre à des idées préconçues. Et les idées préconçues, c’est dangereux. Ce sont les chevaux de Troie de l’esprit.

    S’il y a bien un domaine ou le débat philosophique est fort loin d’être clos, c’est bien celui de la nature du bien et du mal, ou plutôt de ce que recouvrent ces concepts et du pourquoi de leur comment…

    Pas débat dites-vous ?

    Répondre
  35. Le Moralisateur Moustachu Masqué
    Le Moralisateur Moustachu Masqué dit :

    @Agnès
    "Qui se rend coupable de génocide : le mec qui tient la machette ou ceux qui lui ont bourré le mou"

    Ceci ne change rien au caractère mauvais de l’acte. Les responsabilités peuvent etre partagées mais l’acte restent mauvais…Non?

    Vous cherchez les coupables, je cherche juste à caractériser un acte…

    "tout dépend de ce qu’un pouvoir en place attend réellement de son peuple…"

    Désolé mais tant que le peuple n’est pas OBLIGE de faire ce qu’attend le pouvoir, il est responsable!

    @Swami
    It effectively ringed a bell!

    Mais je parlais de ces cas partculiers. Mais il est vrai que peut exister des défenseurs de génocides (pour ce qui est des génocidaires je partage le même point de vue que vous, Agnès), de torture, de viol, etc…

    Peut-être pourriez-vous nous fare connaitre quelques arguments en faveur de tels actes. (ceci ne signifife pas que je pense que vous êtes une de ces personnes ;0) ). Juste pour discuter d’un truc (apparemment) indiscutable…

    Répondre
  36. mc
    mc dit :

    Vous pensez que ça a vraiment un intérêt de chercher les cas sur lesquels on pourrait indubitablement mettre l’étiquette "concentré de mal"?

    Je crois bien que quelqu’un a dit qu’on n’avait jamais besoin de choisir entre le bien et le mal (dans ce cas, on ne se pose pas la question, donc on ne choisit pas). Bien plus souvent, on est amené à tenter d’évaluer les conséquences de ses actes. Conséquences lointaines ou immédiates, pour soi ou pour les autres, par rapport à ses familiers mais ils ne sont pas toujours tous sur la même longueur d’onde, conséquences cachées, imprévues, imprévisibles, effets pervers d’un acte plein de bonnes intentions…

    L’étiquette "Concentré de mal" peut d’ailleurs être trompeuse. Je me souviens d’une interview de Jean Faure (un élu isérois) qui racontait sa guerre d’Algérie. L’aumônier les avait très fortement mis en garde contre le mal absolu, c’est à dire le risque de "perdre leur pureté" (entendez profiter de leur liberté pour baiser), et n’avait même pas évoqué qu’ils puissent se trouver face au choix de torturer ou d’accepter que d’autres torturent.

    Répondre
  37. mc
    mc dit :

    Vous pensez que ça a vraiment un intérêt de chercher les cas sur lesquels on pourrait indubitablement mettre l’étiquette "concentré de mal"?

    Je crois bien que quelqu’un a dit qu’on n’avait jamais besoin de choisir entre le bien et le mal (dans ce cas, on ne se pose pas la question, donc on ne choisit pas). Bien plus souvent, on est amené à tenter d’évaluer les conséquences de ses actes. Conséquences lointaines ou immédiates, pour soi ou pour les autres, par rapport à ses familiers mais ils ne sont pas toujours tous sur la même longueur d’onde, conséquences cachées, imprévues, imprévisibles, effets pervers d’un acte plein de bonnes intentions…

    L’étiquette "Concentré de mal" peut d’ailleurs être trompeuse. Je me souviens d’une interview de Jean Faure (un élu isérois) qui racontait sa guerre d’Algérie. L’aumônier les avait très fortement mis en garde contre le mal absolu, c’est à dire le risque de "perdre leur pureté" (entendez profiter de leur liberté pour baiser), et n’avait même pas évoqué qu’ils puissent se trouver face au choix de torturer ou d’accepter que d’autres torturent.

    Répondre
  38. chris
    chris dit :

    La guerre d’algerie a marque ma jeunesse ,c’etait oblige ..ma naissance prematurée n’en fut du probablement qu’a un rapatriement d’urgence vers la metropole …petit ,dans ma campagne ,je portais gaillardement le beret rouge de mon dab sans en comprendre le moindre symbole .

    Cela a du inquiete mon dab ,qui me fit lire Larteguy tres tot …..peut etre pour se dedouaner un peu .

    L’ayant relu bien des années apres fort de mes experiences vecues , je dus reconnaitre qu’il fut l’un des seuls a ecrire correctement ,a etre capable de traduire ce qui se passait dans la tete des gens ,les pourquoi et le comment parfois complexe .

    L’une des histoires qui me rendit le plus perplexe ,qui a ete longtemps un theme de reflexion personnel …….c’est le parcours de ce soldat francais qui rechappa de l’OAS , il y etait tombe non point par vrai conviction mais plutot par fidelite ,amitie ……sa maitresse fut torturée a mort par un capitaine de gendarmerie .

    Oblige de fuir en amerique latine ,il revint deux fois en france ,clandestinement pour executer le pandore qui avait pris du galon …..deux fois une chance incroyable le sauva in extremis ……..la troisieme ,il l’attendit au croisement d’une route mais celui ci ne passa jamais malgre l’exactitude du renseignement .

    Il venait de se tuer dans un accident de la route et notre homme reprit l’avion sans amertume , juste serein d’un reglement immanent .

    Peut etre ca qui pousse les hommes a devenir heroique , une idee ,une conception qu’il se font d’eux memes ….bien au dessus des circonstances et de leurs destins .

    Répondre
  39. chris
    chris dit :

    La guerre d’algerie a marque ma jeunesse ,c’etait oblige ..ma naissance prematurée n’en fut du probablement qu’a un rapatriement d’urgence vers la metropole …petit ,dans ma campagne ,je portais gaillardement le beret rouge de mon dab sans en comprendre le moindre symbole .

    Cela a du inquiete mon dab ,qui me fit lire Larteguy tres tot …..peut etre pour se dedouaner un peu .

    L’ayant relu bien des années apres fort de mes experiences vecues , je dus reconnaitre qu’il fut l’un des seuls a ecrire correctement ,a etre capable de traduire ce qui se passait dans la tete des gens ,les pourquoi et le comment parfois complexe .

    L’une des histoires qui me rendit le plus perplexe ,qui a ete longtemps un theme de reflexion personnel …….c’est le parcours de ce soldat francais qui rechappa de l’OAS , il y etait tombe non point par vrai conviction mais plutot par fidelite ,amitie ……sa maitresse fut torturée a mort par un capitaine de gendarmerie .

    Oblige de fuir en amerique latine ,il revint deux fois en france ,clandestinement pour executer le pandore qui avait pris du galon …..deux fois une chance incroyable le sauva in extremis ……..la troisieme ,il l’attendit au croisement d’une route mais celui ci ne passa jamais malgre l’exactitude du renseignement .

    Il venait de se tuer dans un accident de la route et notre homme reprit l’avion sans amertume , juste serein d’un reglement immanent .

    Peut etre ca qui pousse les hommes a devenir heroique , une idee ,une conception qu’il se font d’eux memes ….bien au dessus des circonstances et de leurs destins .

    Répondre
  40. mot passant
    mot passant dit :

    Notre société occidentale a plongé l’homme dans une sécurité qui l’a en quelque sorte anesthésié. La véritable nature de l’homme se découvre quand il est en danger, quand il doit lutter pour survivre, alors à ce moment là il redevient un animal capable de faire des actes cruels comme des actes de bravoure. Les guerres sont révélatrices de ces changements de personnalités.
    Paradoxalement notre société sécurisante fait de nous des êtres où la notion de courage tend à disparaître.
    Il y a un exemple qui me choque à chaque fois, c’est à l’occasion de grèves menaçant l’approvisionnement en carburant, on assiste à une ruée sur les stations , pareil pour le ravitaillement, à la moindre menace, plus de sucre, plus d’huile et plus de pâte. Pourquoi du sucre plutôt qu’autre chose, je n’ai jamais compris.

    Ceci dit le titre de votre billet m’a fait bien rire.

    Répondre
  41. Déçu du socialisme
    Déçu du socialisme dit :

    @Agnès
    Ce joli titre, le texte, et plusieurs des commentaires, me font penser à ces deux sentiments qui vont souvent ensemble: un sentiment d’étrangeté et d’altérité par rapport à la communauté humaine, et (corollaire du premier?) un désir sans doute excessif de fraternité, bien souvent déçu… comme le sont généralement les désirs excessifs.
    Bon, j’espère que je ne fais pas trop Kafka.

    Répondre
  42. Déçu du socialisme
    Déçu du socialisme dit :

    @Agnès
    Ce joli titre, le texte, et plusieurs des commentaires, me font penser à ces deux sentiments qui vont souvent ensemble: un sentiment d’étrangeté et d’altérité par rapport à la communauté humaine, et (corollaire du premier?) un désir sans doute excessif de fraternité, bien souvent déçu… comme le sont généralement les désirs excessifs.
    Bon, j’espère que je ne fais pas trop Kafka.

    Répondre
  43. Célestissima
    Célestissima dit :

    Je pars

    Voilà, après 3 jours de folie, ma valise est bouclée, mon passeport est dans mon sac, demain, à l’aube, nous nous envolerons vers l’Inde. Mais Célestissima continue, la chronique indienne recommence. Il y a un an j’écrivais : « Dans…

    Répondre
  44. Le Yéti
    Le Yéti dit :

    Voilà plusieurs fois, Agnès,qu’au fil de tes billets je fonce jusqu’à la rubrique "Ajouter un commentaire" et que je ne peux pondre que ces pauvres mots : "Putain, que c’est bien !"

    Un peu perplexe devant la banalité de mon commentaire, je vais jusqu’à "prévisualiser", mais ne me suis pas encore enhardi à "valider".

    Cette fois, c’est trop, faut que je me lâche :

    "Putain, que c’est bien !"

    Répondre
  45. Le Yéti
    Le Yéti dit :

    Voilà plusieurs fois, Agnès,qu’au fil de tes billets je fonce jusqu’à la rubrique "Ajouter un commentaire" et que je ne peux pondre que ces pauvres mots : "Putain, que c’est bien !"

    Un peu perplexe devant la banalité de mon commentaire, je vais jusqu’à "prévisualiser", mais ne me suis pas encore enhardi à "valider".

    Cette fois, c’est trop, faut que je me lâche :

    "Putain, que c’est bien !"

    Répondre
  46. mc
    mc dit :

    @ mot passant

    Le courage, c’est pas que physique.
    Le courage moral contrairement au courage physique, on peut pas trop le confondre avec la trouille, et du coup il donne rarement lieu à des actes de cruauté.

    Pourquoi le sucre (et l’huile, et les pâtes)? Parceque ça se conserve plus longtemps que la salade, et que c’est plus consistant: c’est ki ki fait les courses chez toi?

    Répondre
  47. Grabuge
    Grabuge dit :

    M’en veux pas, Agnès.
    Mais "Créatures Célestes", je sais bien qu’on doit être 1% à avoir tilté…. et tu me fous la seule oeuvre plus ou moins valable de mon ennemi particulier….
    Tu pousses, là !

    Pour le reste : tout d’accord.
    En pire.

    Répondre
  48. Grabuge
    Grabuge dit :

    M’en veux pas, Agnès.
    Mais "Créatures Célestes", je sais bien qu’on doit être 1% à avoir tilté…. et tu me fous la seule oeuvre plus ou moins valable de mon ennemi particulier….
    Tu pousses, là !

    Pour le reste : tout d’accord.
    En pire.

    Répondre
  49. Swâmi Petaramesh
    Swâmi Petaramesh dit :

    C’est rien, Yéti, t’en fais pas, va : Ça le fait à tout le monde. Moi je tente de réfréner les Putain c’est bien ! à tout bout de champ à la lecture d’Agnès pour ne pas trop avoir l’air du groupy mononeuronal de service ;-))

    Répondre
  50. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Mais ce n’est jamais aussi bien que le billet que j’ai gardé trop longtemps en gestation et qui a fini par ne pas sortir à force de se diluer.
    Grosse frustration et des tas de billets qui ont fini coincés dans le clavier…

    Et puis la plus grosse frustration, pour moi, c’est des billets qui ne suscitent pas de débat… Parce que c’est bien de flatter ma vanité, mais c’est bien mieux de nourrir l’échange. C’est ce que je préfère.

    Commentez, bordel de merde!

    Répondre
  51. Anta
    Anta dit :

    Le lieu n’est certainement pas très bien choisit pour débattre de ce qui ce passe sur le blog d’à coté, toujours est il que le post dont tu nous donnes le lien est complètement…. nul:

    Un gros patté pour dire qu’il n’y aucune preuve de la corruption des Chavez au Vénézuela, et qu’il n’y a pas de raison de s’offusquer du nombre de membre de la famille d’Hugo aux postes clefs, étant donné le nombre de "Morin" candidat aux législatives en France…

    Merci "Sébastien", avec ce genre de démontage en règle, le journaliste du monde peut aller se rhabiller….

    Répondre
  52. mc
    mc dit :

    Je crois savoir que Chavez est l’un des premiers à dénoncer la corruption qui sévit au Venezuela (et qui ne date ni d’hier, ni du siècle dernier), en reconnaissant implicitement qu’il n’y peut pas grand chose.

    De même que, s’il incite les paysans sans terre à cultiver pour survivre quelques minuscules parcelles des immenses latifundias en friche, il ne peut leur garantir qu’ils ne seront pas assassinés en représaille.

    Chavez est très loin du dictateur tout puissant qu’on nous peint sur la muraille avec des cornes. Il ne mérite ni l’excès d’honneur dont le couvrent ses admirateurs, ni l’indignité dont l’accablent ses détracteurs.

    Un bouquin de Maurice Lemoine, "Chavez Presidente", écrit sous forme de roman, relativise beaucoup les deux positions, en donnant de précieuses infos sur la complexité de la société venezuelienne.

    Chavez, un humain parmi les humains, voilà qui nous ramène d’un hors sujet au plein coeur du billet d’Agnès.

    Répondre
  53. mc
    mc dit :

    Je crois savoir que Chavez est l’un des premiers à dénoncer la corruption qui sévit au Venezuela (et qui ne date ni d’hier, ni du siècle dernier), en reconnaissant implicitement qu’il n’y peut pas grand chose.

    De même que, s’il incite les paysans sans terre à cultiver pour survivre quelques minuscules parcelles des immenses latifundias en friche, il ne peut leur garantir qu’ils ne seront pas assassinés en représaille.

    Chavez est très loin du dictateur tout puissant qu’on nous peint sur la muraille avec des cornes. Il ne mérite ni l’excès d’honneur dont le couvrent ses admirateurs, ni l’indignité dont l’accablent ses détracteurs.

    Un bouquin de Maurice Lemoine, "Chavez Presidente", écrit sous forme de roman, relativise beaucoup les deux positions, en donnant de précieuses infos sur la complexité de la société venezuelienne.

    Chavez, un humain parmi les humains, voilà qui nous ramène d’un hors sujet au plein coeur du billet d’Agnès.

    Répondre
  54. Le Gai Sextus
    Le Gai Sextus dit :

    C’est beau… on dirait du J-J. Goldman.

    Combien en nous de résistance au péché ? Combien en vrai en nous de résistance au péché ? Attendons l’Épreuve de notre temps, pour accoucher notre Apocalypse personnelle. Alors nous serons révélés !

    Je me demande bien, des tambours blancs ou noirs, derrière lesquels mon chat ira marcher. Et voilà que son regard se projette sur moi. Léviathan ! la belle Épreuve que voici !

    Répondre
  55. Le Gai Sextus
    Le Gai Sextus dit :

    C’est beau… on dirait du J-J. Goldman.

    Combien en nous de résistance au péché ? Combien en vrai en nous de résistance au péché ? Attendons l’Épreuve de notre temps, pour accoucher notre Apocalypse personnelle. Alors nous serons révélés !

    Je me demande bien, des tambours blancs ou noirs, derrière lesquels mon chat ira marcher. Et voilà que son regard se projette sur moi. Léviathan ! la belle Épreuve que voici !

    Répondre
  56. Anne-Sophie
    Anne-Sophie dit :

    Petit rectificatif n’ayant rien à voir avec le post suite au message laissé chez "Bleu comme une orange"! La barre d’outils ecolo-Info marche sous Firefox et internet Explorer, sous PC ET Mac (pour avoir conçu la barre d’outil sous Mac je sais de quoi je parle…:-) Par contre, ne marche pas avec safari ni avec la dernière version de Mozilla (si vous utilisez safari par exemple, la version qui se télécharge est celle pour PC parce que le logiciel n’est pas reconnu) Par contre avec Firefox ou IE, sous mac, pas de souci!! N’hésitez pas à me faire des suggestions ou remarques donc!! 🙂 Et à me dire si vous rencontrez un problème en essayant de la télécharger! 🙂 A très bientôt!
    Et le mode d’emploi est ici pour tous les détails!:-)
    http://bhrumeur.blog.lemonde.fr/a-p

    Répondre
  57. Anne-Sophie
    Anne-Sophie dit :

    Petit rectificatif n’ayant rien à voir avec le post suite au message laissé chez "Bleu comme une orange"! La barre d’outils ecolo-Info marche sous Firefox et internet Explorer, sous PC ET Mac (pour avoir conçu la barre d’outil sous Mac je sais de quoi je parle…:-) Par contre, ne marche pas avec safari ni avec la dernière version de Mozilla (si vous utilisez safari par exemple, la version qui se télécharge est celle pour PC parce que le logiciel n’est pas reconnu) Par contre avec Firefox ou IE, sous mac, pas de souci!! N’hésitez pas à me faire des suggestions ou remarques donc!! 🙂 Et à me dire si vous rencontrez un problème en essayant de la télécharger! 🙂 A très bientôt!
    Et le mode d’emploi est ici pour tous les détails!:-)
    http://bhrumeur.blog.lemonde.fr/a-p

    Répondre
  58. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Mierda, Agaagla, t’es aussi dans le Gers?

    S’il faut, t’étais en bas, sur la place! 😉

    Sinon, c’est marrant, les réactions autour de ce texte. C’est juste ce que j’ai pensé et ressenti à ce moment. Je l’ai écrit parce que je rame sur un autre, nettement plus élaboré… qui va peut-être faire pshitt! Finalement, les textes ont une vie bien au-delà des intentions de départ de leur auteur…

    Répondre
  59. Agaagla
    Agaagla dit :

    Aucun complexe à faire la groupie mononeuronale : c’est un magnifique billet, Agnès. La réflexion finale a d’autant plus d’acuité que l’on est avec toi à la fenêtre à regarder nos concitoyens…

    j’éprouve ce genre de sentiments, surtout depuis les campagnes électorales, chaque fois que je traverse le marché le dimanche matin, en voiture et pour quitter ma petite ville à laquelle je n’arrive pas vraiment à me mêler depuis quatre ans… les seules relations durables et de confiance se sont nouées avec des non-gersois, des "pas d’ici". Les autres sont trop liés par de vieilles camaraderies d’école ou de rugby, ou de vieilles inimitiés comme tu le dis, et j’ai eu parfois le sentiment de mettre les pieds dans un entrelacs, une toile d’araignée indépétrable de relations, connivences et trahisons inextricable, dont je ne pourrais sortir sans m’y prendre les pieds, faute de savoir et de connaître.

    Ton texte possède un souffle impressionnant…

    Répondre
  60. Agaagla
    Agaagla dit :

    non, je n’étais sûrement pas sur la place 😉
    quelques kilomètres nous séparent je pense, vu que moi j’avais un député à sortir il y a quinze jours !
    mais il doit m’y arriver d’y être (en bas, sur la place), aux yeux de qui sait qui : on ne sait jamais qui on exclut, ni qui nous observe et philosophe de sa fenêtre…

    Répondre
  61. Agaagla
    Agaagla dit :

    non, je n’étais sûrement pas sur la place 😉
    quelques kilomètres nous séparent je pense, vu que moi j’avais un député à sortir il y a quinze jours !
    mais il doit m’y arriver d’y être (en bas, sur la place), aux yeux de qui sait qui : on ne sait jamais qui on exclut, ni qui nous observe et philosophe de sa fenêtre…

    Répondre
  62. mc
    mc dit :

    C’est bête, hein, chaque fois que je lis un commentaire un peu plus personnalisé, je vais relire ton billet, et chaque fois c’est comme si je le découvrais.
    Je le trouve chaque fois plus profond, plus beau, plus émouvant… et aussi plus inquiétant. Qui sait ce que les circonstances peuvent faire de chacun de nous…

    Comme plusieurs parlent de cette distance, cette impression de ne pas vraiment "faire partie de" et que moi aussi j’ai cette impression, je me suis demandé si finalement, tous ces gens que nous croyons "faire partie de" ne se sentent pas, eux aussi, discrètement distanciés?

    Répondre
  63. mc
    mc dit :

    C’est bête, hein, chaque fois que je lis un commentaire un peu plus personnalisé, je vais relire ton billet, et chaque fois c’est comme si je le découvrais.
    Je le trouve chaque fois plus profond, plus beau, plus émouvant… et aussi plus inquiétant. Qui sait ce que les circonstances peuvent faire de chacun de nous…

    Comme plusieurs parlent de cette distance, cette impression de ne pas vraiment "faire partie de" et que moi aussi j’ai cette impression, je me suis demandé si finalement, tous ces gens que nous croyons "faire partie de" ne se sentent pas, eux aussi, discrètement distanciés?

    Répondre
  64. OAF
    OAF dit :

    Vraiment, vous êtes tous trop contestataires. Un psychologue diplômé et prêtre en psychologie vous dirait que vous avez un problème avec l’Autorité et que, sous entendu, vous n’avez qu’à " régler votre problème " moyennant quelques sous.

    L’Autorité, c’est connu, vous le savez, n’a jamais de problèmes.
    Pourquoi ? Parce que c’est l’Autorité… La psychologie comme moyen de soumission, y a pas mieux parce que ceux qui la prêchent prétendent connaître plus sur les ressorts intimes de chacun, du psy interprétatif au gourou, y a pas loin. Enfin, quand même, certains psy savent l’ampleur de leur ignorance, ce qui leur donne une modeste déontologie et peut les rendre bénéfiques.

    Pour ce qui est des bourreaux, les bureaucrates disciplinés sont très forts dans l’amplitude de leurs nuisances, bien plus que les Rambos musclés dégoulinant de bave enragée et brandissant leur machette ou leur kalach. Le nazisme est un exemple de ces soumis, gentils toutous dociles et génocidaires à l’encéphale atrophié par le formatage comportemental.

    Répondre
  65. Matthieu
    Matthieu dit :

    "quand Brassens est mort j’ai pleuré comme une madeleine,alors que quand ce fut le tour de tino Rossi,bizzarement j’ai repris deux fois des moules"
    P.Desproges.

    Répondre

Répondre

Se joindre à la discussion ?
Vous êtes libre de contribuer !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *