Au-delà des verts paturages

Sur toutes les questions économiques et sociales, on ne cesse de nous faire miroiter l’idée que l’herbe est toujours plus verte ailleurs.
Mais cela dépend pour qui.
J’ai donc choisi de publier le long témoignage de Diety, un chômeur d’origine allemande, sur la manière particulièrement édifiante dont les différents gouvernements de son pays ont décidé de lutter contre le chômeur chômage… Comme le dit le proverbe chinois :

Quand on tape sur le dos de ton voisin, prépare le tien!

Bons baisers de Germanie

Le plan Hartz x[1] est un ensemble de mesures, résultat de concertations de la commission prestations modernes de service au marché du travail, validé et mis en œuvre par le gouvernement et les administrations compétentes.

  • Alg1 (abréviation de Arbeitslosengeld 1) est l’allocation que reçoit un salarié qui a perdu son emploi « durable ». Le montant se calcule en fonction du salaire brut et de sa durée. Il correspond à peu près à l’ARE en France.
  • Alg2 est l’allocation qui remplace l’Alg1 quand il est arrivé à son terme. Il est similaire à l’ASS en France. Un demandeur d’emploi peut être obligé de recourir directement au Alg2, s’il n’a pas travaillé suffisamment longtemps avant la perte de son emploi.
  • La Sozialhilfe est le RMI, une allocation qui est sensée protéger le citoyen de la pauvreté. Dans le passé, il n’y avait pas de lien direct entre le travail et la Sozialhilfe, mais elle devenait opérante uniquement si une personne n’avait pas ou peu de ressources.
  • Le marché premier de travail (Erster Arbeitsmarkt) est l’ensemble des emplois correctement payés avec des cotisations sociales, non subventionnés par l’état.

Les idées

Pour minimiser les dépenses dans la gestion de la Sozialhilfe et de l’Alg2, Monsieur Hartz et sa commission ont eu l’idée de fusionner les deux administrations en une, ce qui revient à inclure l’aspect de travail dans la Sozialhilfe. Publiquement il explique cette mesure par une meilleure efficacité et réactivité. Ce qu’il ne dit pas et qui est le sens de cette réforme : faire travailler à tout prix les allocataires de la Sozialhilfe. Depuis la réforme, on ne distingue plus entre Alg2 ou Sozialhilfe, mais entre des personnes aptes et inaptes à travailler. Pour les personnes aptes au travail il n’y a plus de Sozialhilfe, mais l’Alg2, donc l’obligation de s’inscrire à l’ANPE avec tout ce que cela implique. Officiellement apte au travail est une personne qui peut travailler au moins trois heures par jours.
Depuis 2005, ce critère a été modifié. Seulement des malades chroniques, des préretraités, des enfants et des personnes temporairement inaptes seront considérées dans le dispositif de la Sozialhilfe. Tous les autres se retrouvent dans le Alg2.

Dans un sens, cette modification de critère a été courageuse dans la mesure où elle augmente les statistiques du nombre de chômeurs, et ces personnes, auparavant invisibles dans un contexte de travail, deviennent visibles. Mais l’impact sur la vie réelle est que même des personnes gravement dépendantes de drogues, des malades mentaux et des invalides avec un taux de handicap au dessus de 80% se retrouvent devant un conseiller de l’ANPE qui exprime envers eux des exigences qui sont totalement irréalisables. Cette exigence génère soit une grande souffrance chez ces personnes incapables de répondre positivement aux projets demandés, soit les expulse du dispositif (radiation) ou diminue significativement la hauteur de l’allocation. C’est donc une baisse de qualité de vie énorme, du côté financier comme du côté humain.

Sachant que l’Alg1 coûte cher au Arbeitsamt (ANPE), la réforme a réduit considérablement les droits dans la durée. Avant la réforme, une personne qui avait travaillé pendant 5 ans ou plus pouvait prétendre à l’Alg1 jusqu’à trois ans. Maintenant c’est terminé. Vous pouvez avoir travaillé et contribué à l’assurance chômage pendant 20 ou 30 ans, à la perte de votre emploi, vous aurez l’Alg1 pendant 1 an maximum, après c’est la dèche.

Une autre « astuce » du plan Hartz 4 est un système de motivation à la réussite pour les agences de l’emploi grâce à une sorte de punition. Si les agences de l’emploi (ou les Job Center tels qu’ils sont rebaptisés maintenant, comme en Angleterre : ça sonne plus professionnel) ne réussissent pas à insérer le DE dans le marché premier du travail dans les 12 mois qui suivent, ils doivent s’acquitter d’une somme de 10.000 euros auprès des länder. L’allocataire Alg1 coûte donc doublement cher s’il reste au chômage au-delà des douze mois. Cette épée de Damoclès fait l’effet d’un coup de bâton dans une fourmilière. On s’excite entre des entretiens, des formations à la va vite et des carottes en forme de récompenses : pour chaque lettre de motivation le DE recevra 5 euro (dans un nombre limité quand même pour éviter que le DE pose sa candidature uniquement dans le but de recevoir les 5 euro.)

La grande réforme vise à raccourcir le temps nécessaire pour retrouver un travail. Le salarié est obligé d’informer l’ANPE de son licenciement même s’il effectue encore un long préavis. De même, s’il n’y a que menace de perdre son travail, il doit en informer son agence sous peine de revoir à la baisse ses allocations si la menace se concrétise.

Il y a de nouveaux critères d’acceptabilité d’un travail au niveau géographique, matériel, fonctionnel, social. La situation de famille sera prise en compte. On demandera une mobilité géographique quasi-totale à un célibataire sans enfant, ce qui ne sera pas le cas pour un DE qui a une responsabilité devant des membres de sa famille.

Pour encourager l’embauche de DE plus âgés, il y a deux voies possibles : Une baisse des charges sociales des entreprises qui recrutent un senior, accompagné avec un complément de salaire par l’état si le senior prend un travail dans le secteur des bas salaires. La deuxième voie est une sorte de préretraite, où le senior ne sera plus suivi par l’ANPE et recevra une allocation (de misère) d’un autre organisme, et il garde la sécurité sociale.[2]

Les encouragements des "SARL solo" ou des "SARL famille" n’ont pas fait leur preuve. Beaucoup de DE s’y sont essayés, désespérés ou dégoûtés du suivi musclé et arbitraire de l’ANPE, pour déposer le bilan un an plus tard et se retrouver au même point de départ avec un échec en plus.

Vous avez échoué dans votre but de retrouver un vrai emploi dans les douze mois : votre vie va changer. Votre conseiller vous en veut, car il n’a pas pu empêcher la perte de 10.000 euros à « sa boîte », son directeur l’en tient personnellement responsable et lui fait la gueule, ce qui ne vous sera pas favorable par la suite.

La vie d’un « Hartzien » (Alg2)

Vous êtes apte à travailler et vous avez besoin d’aide de l’État pour vivre :

  • Lors de votre demande de Alg2, vous devez vous mettre à nu. On vous posera plein de questions sur votre vie personnelle, votre famille, vos relations et vos ressources. On vous demande des extraits de vos comptes, parfois 6 mois rétroactifs[3]
  • Vous devez accepter n’importe quel travail que vous êtes capable d’effectuer physiquement, psychiquement ou moralement (et c’est d’abord le conseiller qui en décide)
  • Vous devez accepter toutes les mesures d’insertions proposées par votre conseiller[4]
  • Si vous ne suivez pas les ordres d’insertion de votre conseiller[5], votre allocation sera baissée de 30%. (Il y a des possibilités quasiment illimitées de vous pousser hors du système)
  • Vous vivrez avec 345 euros par mois si vous habitez à l’ouest, et avec 331 euros à l’est.
  • Votre loyer et les charges seront payés si votre appartement est "conforme" aux exigences de l’ANPE (beaucoup ont très froid en hiver)
  • Vous devez répondre présent dans les 24 heures qui suivent une convocation par courrier. (Encore un bon moyen de radier, car si la lettre arrive un jour plus tard, vous ne pouvez pas venir à la convocation et serez radié)
  • Vous vendez votre voiture si elle a une valeur supérieure à 5 000 euros pour en acheter une moins chère, et vous vivrez de la différence = (voiture + de 5 000 euros) moins (voiture moins de 5 000 euros). Pendant que vous vivez de votre "plus-value" sur votre voiture, vous ne recevrez rien
  • Vous habitez dans un appartement trop grand aux yeux de l’ANPE (environ 45m² pour une personne seule), alors on vous demandera de trouver un appartement plus petit dans une période de six mois[6]
  • Vous avez économisé pour votre retraite, comme le gouvernement vous le demande depuis des années : On vous laisse vos économies à hauteur de 200 euros par année de vie. [7]

Il y a des juristes qui travaillent sur le sujet pour trouver des astuces pour "sauver" votre retraite.

  • Vous avez un petit boulot pour mettre un peu de beurre dans les épinards. Vous avez le droit de garder 20 % !! de votre fruit de travail, les 80 % restants seront déduits de votre allocation Alg2. Si vous travaillez plus que 15 heures par semaine, vous ne recevrez plus l’Alg2 (peu importe combien vous gagnez), car vous ne serez plus considéré comme un DE
  • Votre conseiller vous demande d’effectuer un travail à 1 euro. C’est un travail à intérêt général[8], payé à 1 euro par heure que vous avez généreusement le droit de garder en plus de votre Alg2. Pendant ce travail, vous n’avez pas le droit de grève, vous n’avez pas de contrat de travail, vous n’avez pas de vacances et vous n’avez pas le droit de décliner cette "offre" d’activité sous peine de voir vos 345 euro soumis à une baisse de 10 à 30%
  • Pour vous il n’y a plus de secret bancaire. L’ANPE peut se renseigner (et se renseignera) sur les mouvements de tous vos comptes même sans que vous en soyez informé. Si l’ANPE découvre un versement que vous n’avez pas déclaré, on vous punit par une baisse d’allocation et vous accuse de fraudeur[9]
  • Vous aurez parfois de la visite de "fouineurs sociaux" qui exigent de voir votre chambre à coucher et compter les brosses à dents dans la salle de bain pour savoir si vous vivez vraiment seul. Une brosse à dents de trop, et vous êtes soupçonné de vivre en couple et aurez des problèmes
  • Vous ne vivez pas seul(e) pour partager un appartement comme le font toujours nombre d’Allemands : l’exigence de preuve que votre colocataire (trice) n’est pas votre amant(e) est renversé. C’est vous qui devez démontrer à l’ANPE qu’il s’agit d’une simple colocation. Et comment le prouver? En laissant entrer les "fouineur sociaux" qui chercheront des traces de "vie de couple". Votre appartement n’est plus votre espace privé et inviolable, comme c’est garantie par la loi. Ce droit fondamental est réservé aux gens qui travaillent
  • Vous avez des biens de valeurs, alors vous devez les vendre et en vivre avant de toucher quelque chose.[10]
  • Votre oncle décède et vous héritez d’une somme de 20.000 euros. Votre allocation sera alors interrompue jusqu’à la fin de la consommation de cet héritage.
  • Recevant l’Alg2, vous cotisez à votre retraite. Vous aurez une retraite de 2,64 euros par année de chômage en Alg2.

Bon, pour l’instant j’arrête la liste, mais sachez qu’elle est plus longue. Il y a encore des informations du même style concernant des héritages et des obligations alimentaires envers la famille. Je les réserve peut-être pour un autre épisode.

Puis il y a un document sur les méthodes d’une agence ANPE à Bochum, révélé sans complexe et publiquement dans une interview par un expert du marché du travail avec le directeur de l’agence, qui raconte tranquillement comment il radie, par exemple, des personnes qui élèvent seules leurs enfants :
le vendredi, il leur envoie une convocation pour le lundi matin, pour participer à une action qui durera toute la jounée, sachant qu’il y a de fortes chances pour que la personne ne puisse pas trouver de garde d’enfants dans ce délai serré et ne puisse donc pas se présenter à la convocation. Pour lui c’est une "preuve" que la personne n’est pas immédiatement disponible sur le marché de l’emploi, comme cela est exigé, donc elle n’a pas de raison de figurer dans les statistiques et de revevoir l’Alg2. Oui, C’est une sorte de brimade, mais ce directeur d’agence n’a pas d’états d’âme et ne voit aucun problème d’ordre moral dans cette "méthode" : il fait seulement son travail.

Ce qui se discute en ce moment (Hartz 5) est une baisse de l’Alg2, associé avec la possibilité de ne plus garder que 20 % de l’argent que vous gagnez. Donc c’est une obligation de travailler à tout prix pour au moins pouvoir revenir au niveau des 345 euros que vous aviez auparavant. Les critiques posent la question de savoir ce que feront les personnes pour qui il n’y aura pas de travail même dans le secteur des bas salaires. Ils n’ont pas obtenu de réponse des responsables politiques. Devront-ils vivre avec 300 ou 250 euro par mois ?

Donc comme on peut le voir, ces mesures visent à minimiser à tout prix les dépenses et à créer un marché de stages-1euro-bas salaires au profit du capital.

Pour faire passer la pilule très amère, le gouvernement doit recourir à la vieille caricature du "chômeur fainéant" et du "parasite social". La solidarité entre les gens qui ont encore un travail, et les demandeurs d’emplois est quasi inexistante. Dans un jeu politico-médiatique, les gouvernants dressent les salariés contre les chômeurs, les salariés étant eux-mêmes angoissés à l’idée de perdre leur travail et agacés de voir leur salaire à la baisse, tout en ayant l’impression qu’ils soutiennent financièrement les chômeurs. Vous ajoutez à cela les émissions de télévision hebdomadaires (RTL) où l’on présente quelques cas sociaux qui se vantent devant quelques centaines de milliers de spectateurs de ne pas avoir envie de travailler car avec les allocs plus un peu de black ils vivraient bien mieux que les "imbéciles" qui bossent 45h par semaine, et le tour est joué.[11]

Une enquête socio-médical a mise en évidence une augmentation significative de consommations de psychotropes suite à des souffrances psychiques chez des personnes sans emploi et des personnes qui sont menacé de perdre leur emploi.

Un témoignage de Diety, chômeur d’origine allemande et membre d’Actu>chômage

Notes

[1] Le « x » étant un entier naturel qui vaut 4 aujourd’hui et augmente avec le temps

[2] Donc dans les deux cas il y a disparition du DE dans les statistique

[3] ce qui est illégal, mais si vous n’obtempérez pas, le conseiller peut bloquer votre dossier, et avant que vous obteniez raison juridiquement, vous avez le temps de crever de faim. Légal serait un extrait actuel de votre compte

[4] ce sera des stages non rémunérés, des ateliers d’écriture de CV, on vous prépare consciencieusement au marché des bas salaires, l’Allemagne étant un des 4 pays européens des 25 qui n’a pas de SMIC

[5] 30 LM par mois imposées, mais sans vous donner un soutien financier pour ce faire, comme les allocataires de l’Alg1 le reçoivent – maintenant que vous avez une allocation de misère, vous devez payer de votre poche, vos LM, CV, photos, enveloppes et timbres – recherche d’une nounou, stage non rémunéré etc.

[6] on a vu des aberrations de déménagement (payé par l’ANPE) dans un appartement plus petit, donc conforme aux exigences par rapport à la surface habitable, mais plus cher que l’appartement plus grand

[7] Exemple : Vous avez 43 ans et vous avez demandé l’Alg2. De votre capitale retraite vous pouvez garder 43 * 200 = 8 600 euros pour la retraite. Tout capital au dessus de cette somme doit être consommé avant de pouvoir prétendre à quoi que ce soit comme aide financière. Donc si vous aviez eu un bon boulot et économisé 50.000 euros pour votre retraite, vous devez dépenser 41.400 euros avant de pouvoir toucher l’Alg2.

[8] soi-disant! alors que cela fabrique de nouveaux chômeurs car c’est en remplacement d’un travail qui auparavant était effectué dans le cadre de vrais emplois (jardinage, aide soignant etc)

[9] il n’y a pas mal de problèmes si vous avez une activité sur ebay. Vous vendez l’armoire de cuisine de votre mère-grand et lui donnez l’argent de la vente. Pour l’ANPE c’est un revenu non déclaré, donc baisse d’allocation. Vous vendez un truc dont vous n’avez plus besoin pour avoir un petit plus, mais en vain, le fruit de la vente sera déduit de votre allocation.

[10] Il y a néanmoins quelques indulgences, si ce sera une vente avec une grosse perte

[11] Personne n’a jamais eu l’idée de demander si ces cas sociaux provocateurs reçoivent une "indemnisation" de la part de RTL. Ils mériteraient un bon salaire tant ils sont une aide précieuse dans la diffusion de la caricature du chômeur profiteur et fainéant. Et c’est avec ce type d’émission que l’on fait le plus d’audience.

37 réponses
  1. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Oui, très bonne idée que de créer une catégorie de sous-citoyens dont le crime immonde a été de se faire licencier. Regarde, Ford s’apprête à transformer 110 000 honnêtes travailleurs en délinquants sociaux! Quelle bonne idée de les priver de tous leurs droits et de les forcer à se séparer de tout ce qu’ils ont pu accumuler dans une vie de labeur : consommez, bande de cons, de toute manière, il ne vous en restera rien!
    Comme ça, les taches de ton espèce vont se chier dans leur froc à l’idée de péter de travers au boulot et seront les premières à se jeter sous le bureau du gentil patron sur l’air de tout, tout, plutôt que le chômage!.
    Des braves gens qui s’imaginent connement à l’abri, qui sont dépourvues de la moindre once d’empathie, on en voit débarquer sans cesse sur actu>chômage, qui couinent avec des yeux agrandis de terreur : pourquoi moi, pourquoi moi? j’ai pourtant tout fait comme il fallait, j’ai tout accepté : les heures sup’ non payées, les réductions de salaires, les horaires décalés, tout. Pourquoi moi, pourquoi moi???. En plus, ils sont tout étonnés de n’être pas accueillis à bras ouvert par ceux qu’ils méprisaient avec autant de hargne quelques temps plus tôt…

    Et pourquoi pas toi, justement? Surtout quand tu te retrouves en concurrence avec des mecs payés 1 euro de l’heure… tu n’as toujours pas compris????

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  2. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Et qui est ce brave Hartz, qui sait si bien rendre la vie impossible à l’armée des gueux?

    (Encore du Diety, pour éclairer votre lanterne!)

    Qui est l’homme dont la plus importante réforme concernant le marché du travail en Allemagne depuis les « trentes glorieuses » porte le nom ?

    Peter Hartz, manager et membre de la direction de la Volkswagen AG jusqu’au juillet 2005, ami de l’ancien manager du groupe Skòda, Helmut Schuster, contre qui la justice enquête pour détournement de fonds et escroquerie dans le scandale de corruption du groupe Volkswagen, sait comment on affronte des problèmes économiques. De plus en plus dans la ligne de mire de la presse, qui se questionne sur son implication dans le scandale de VW, des articles sur des voyages de luxe de certains membres de la direction dont il fait partie, payés par des frais de déplacements exorbitants (on parle de quelques millions d’euros), édulcorés par la compagnie de prostitués se multiplient. Depuis 2003, le groupe Volkswagen en Allemagne affiche des pertes en hauteur de quelque milliards d’euros, mais ce n’est pas un fiasco financier qui fait partir un manager responsable – en tout cas pas sans « parachute » – c’est sa mauvaise image dans la presse qui pousse Peter Hartz à son départ soi-disant volontaire. Malheureusement la multinationale ne lui accorde pas ce « parachute en or » dont les managers qui génèrent de grosses pertes ont pourtant l’habitude de recevoir. Il doit se contenter d’une simple indemnité de 3 millions d’euros, ce qui correspond juste à son salaire de son contrat chez Volkswagen qui prend fin en 2007.

    Voilà un homme modeste, qui connaît l’économie du marché, et qui doit savoir comment un demandeur d’emploi célibataire peut vivre avec 345 euros par mois. Il est l’homme de la situation : En 2002, le gouvernement allemand le charge à travailler sur le développement de réformes du marché du travail.

    Peter Hartz prend la direction de la commission « prestations modernes de service au marché du travail », et les réformes se précipitent : De « Hartz 1 » en 2003, passant par les stades 2 et 3, arrive « Hartz 4 », entré en vigueur depuis janvier 2005, avec les grandes lignes :

    • réduire le coût du chômage pour les caisses de l’état
    • Rendre plus efficaces les efforts de la « Bundesanstalt für Arbeit » (Agence fédérale pour l’emploi – dont les statistiques accablantes avèrent que 90 % de son personnel travaille en administration et seulement 10 % s’occupe du suivi des demandeurs d’emploi)
    • Fusion des allocataires de chômage Alg2 (comparable à l’ASS) et de RMI (Sozialhilfe)
    • Encouragement (financier) des entreprises qui créent et sécurisent l’emploi (ce qui n’empêche pas l’encouragement financier des grandes entreprises qui en détruisent)

    Monsieur Hartz et l’ancien chancelier Gerhard Schröder courent les caméras et annoncent la victoire avant la bataille, les quatre millions chômeurs officiels de l’époque seraient réduit à deux millions en l’espace de quatre années, la durée de la législature. Schröder affirme, sûr de lui, de ne pas se représenter aux prochaines élections si il ne réussit pas cet objectif ambitieux.

    En 2005, quand la coalition SPD/les Verts a perdu l’élection dans le dernier Land et le chiffre du chômage sont à son apogée, Schröder pose la question de confiance, mesure de dernier recours pour une démocratie en crise, son gouvernement n’étant plus crédible, n’ayant plus de majorité dans aucun des länder. La SPD a fait une politique anti-sociale que jamais encore la CDU/CSU n’a osé la faire auparavant. Voilà l’addition, et malgré sa promesse on n’oublie pas la hargne avec laquelle Schröder s’accroche à sa place de chancelier en Septembre 2005 face à Angela Merkel, et face aux 4.650.000 chômeurs, son but ayant raté de quelques 2.650.000.

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  3. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Certes, mais c’est le genre de connerie que tu entends au troquet du coin. Je n’aurais donc pas de cesse de dire que si tu acceptes que l’on transforme les victimes du chômage en délinquants sociaux, ce qui justifie d’en faire des sous-citoyens tendance esclaves (moi, je ne savais pas pour le régime totalement dérogatoire du code du travail des jobs à 1€), faut pas chialer quand ton boss commence à te trouver trop cher avec ton SMIC.
    Comme souvent, il suffit de remplacer chômeur par juif dans le texte, et on a l’impression de se retrouver dans l’Allemagne de 1933 (Si on remplace par arabe, c’est plus ambiance France 1970, époque Dupont La Joie) : dans les deux cas, on a réussi à stigmatiser une partie de la population, à en faire un bouc-émissaire et à lui faire porter le chapeau du marasme économique créé par les super-profits d’une poignée de braves types au-dessus de tous soupçons!

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  4. Ségolène
    Ségolène dit :

    Mais c’est qu’il y a plein de bonnes idées là !!! Très bonne idée le coup de la bagnole (ça compliquerait la vie des RMIstes wesh-wesh en BM…) ! Très bonne idée le coup du controle bancaire (le "bizness" sera moins facile, va falloir tout traiter en liquide) ! Très bonne idée les "fouineurs sociaux" (pourquoi filer un RMI à quelqu’un qui vit avec une personne ayant des revenus ?) ! Bref, je ne vois ici que des règles pour bien depenser l’argent public, et limiter la truande au maximum. Mais ca, en France, on ne sait (ou on ne veut…) pas faire… Vivement que ca change…

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  5. cyclomal
    cyclomal dit :

    Bravo pour le second degré du premier commentaire qui me pousse à rester au premier degré dans celui ci.QUELLE DEGUELASSERIE ET POURVU QUE CA NE DEVIENNE PAS LA PAILLE DANS L OEIL DU VOISIN.

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  6. kantouta
    kantouta dit :

    merci pour l’illustration germanique qui préfigure ce qui se passera chez nous; c’est bizarre, qu’est ce qui fait que la majorité de nos congénères ne réalisent pas (ne veulent pas peut-être) que tout cela ça procède d’un système qui tire tout vers le bas et vers des salaires de misère pour ceux qui auront comme ils disent " la chance d’encore travailler ", pour les autres c’est à dire un jour nous, on leur crée un statut de plus que corvéables puisqu’il vaudrait mieux pour le système qu’ils n’existent plus du tout : ils sont comme ils disent inemployables, donc 1 € + 345 € pour vivre, ça coûte trop ! on sera bon pour servir pour la prochaine guerre…. tiens je vais aller relire Orwell

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  7. Anièry
    Anièry dit :

    Les livres de Zygmunt Bauman sont une critique virulente de la mondialisation néolibérale. Profondément original, son travail mêle plilosophie et sociologie, observant en profondeur les violences subies par l’individu, qu’il considère comme "assiégé" dans la société moderne.
    Dans "Vies perdues", il dénonce la production sans fin de déchets qui inondent la planète à l’heure de la mondialisation. Le sociologue s’inquiète surtout de la production de ""déchets humains, déversés en quantité sans cesse croissantes", résultat "inévitable de la modernisation et compagnon inséparable de la modernité". Cette modernité dont l’extension à toute la Terre entraîne d’énormes quantité d’êtres humains "dépossédés de ce qui avait été jusque-là leurs moyens de survie, au sens à la fois social et culturel de cette notion".
    Face à cette perpétuelle "accélération", source d’angoisse et de frustrations infinies, l’individu tente de ne pas être rejeté parmi les déchets qu’elle produit chaque jour par milliers: "Le véritable enjeu de la course consiste à être sauvé (temporairement) de la relégation dans les rangs des détruits."
    Ainsi, la société "moderne liquide", atteinte d’un véritable "syndrome consumériste", a-t-elle "anobli l’éphémère", allant jusqu’à faire de l’individu lui-même un "objet de consommation"….
    "Vies perdues. La modernité et ses exclus.", Ed. Payot.
    Source: "Politis", 14 au 20 septembre 2006

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  8. Incanus
    Incanus dit :

    "Comme ça, les taches de ton espèce vont se chier dans leur froc à l’idée de péter de travers au boulot et seront les premières à se jeter sous le bureau du gentil patron sur l’air de tout, tout, plutôt que le chômage!."

    BRAVO!!!! Ca soulage quand on lit des conneries pareilles au premier commentaire^^.

    L’article est trés intéressant, en fait, c’est tellement immonde, qu’on a presque du mal à croire qu’on n’est pas dans 1984, le livre.

    C’est aussi un sacré avertissement: rien ne nous garanti qu’en France, on ne s’oriente pas vers ca (en fait je dirai meme que tout nous garanti que si on ne fait rien, on y va plein pot). Il n’y a que la mobilisation et le refus de ces indignités qui nous permettront d’y échapper, ca et le bulletin de vote entre autre.

    C’est marrant quand on y pense mais nos chers "grands médias" ne font jamais de reportages sur ce genre de "petits détails" hein..comme c’est étrange..C’est sur que meubler le JT avec des faits divers, c’est plusse mieux, et puis dire des conneries sur le système allemand sans avoir été vérifier, aussi tiens. Faudrait pas montrer aux gens que la connerie ultralibérale c’est international, des fois que ca les effraierai!

    Répondre
  9. Claudius
    Claudius dit :

    Témoignage passionnant et "réfrigérant".

    Rien à ajouter pour ce qui concerne le sujet de ce billet, juste une réaction sur "faut-il répondre à une trollerie" comme l’a fait Agnès.
    A mon avis, elle a tout à fait raison, même si une intervention paraît être de la pure provocation, on ne peut pas laisser passer; hélas, beaucoup trop de gens pensent , je dirais presque "sincèrement" de telles inepties, et je crois qu’il ne faut pas passer sous silence les réponses qui s’imposent à ces propos que malheureusement, j’entends assez souvent dans mon entourage professionnel.

    Répondre
  10. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    7 millions de travailleurs pauvres

    7 millions de travailleurs pauvres ( la face cachée des temps moderne ) de Jacques Cotta – était professeur de mathématiques jusqu’en 1985, avant de devenir journaliste – en librairie le 27 septembre

    Plus de 7 millions de personnes qui travaillent et perçoivent un salaire se trouvent dans l’incapacité de se nourrir, de se loger ou de s’habiller décemment, de même que leur famille. Plus de 3 sans domicile fixe sur 10 ont un travail à temps complet, partiel ou précaire, gagnent souvent entre 900 et 1 300 euros, et pourtant cherchent soir après soir où dormir… Nous voilà dans le monde des travailleurs pauvres !
    Alors que jamais le pays n’a été aussi riche, la précarité s’est développée sur un mode exponentiel. En dix ans, l’intérim a augmenté de 130 %, le nombre de CDD de 60 %, les CDI de seulement 2 %. Plus d’un million de personnes bénéficient du RMI, plus de 500 000 de l’allocation solidarité. Les jeunes et les femmes constituent la chair à canon d’un système qui s’accommode fort bien de cette précarité, au point de vouloir l’institutionnaliser. Ainsi, entre la moitié et les deux tiers des femmes qui travaillent ont un contrat au sigle étrange – CES, CIE, CEC… –, touchent moins de 750 euros par mois et vivent seules ou avec un conjoint au chômage. Elles forment 90 % des familles monoparentales.
    Cela n’arrive qu’aux autres ? Erreur ! Tout le monde peut être concerné du jour au lendemain après un drame personnel, un événement familial, un licenciement… Au cours de cette enquête dans la lignée du Peuple d’en bas de Jack London ou de Dans la dèche à Paris et à Londres de George Orwell, Jacques Cotta a rencontré des personnes qui peuvent en témoigner : André, ancien prof surdiplômé, Eric, assureur autodidacte, Jean-François, boucher charcutier, Yves, coiffeur dans la marine reconverti sur la terre ferme, Etienne, informaticien recyclé dans le gardiennage, Roland, manutentionnaire, Jean, jardinier… Autant de travailleurs dont on n’aurait jamais soupçonné, au premier abord, qu’ils pouvaient être touchés par cette nouvelle pauvreté. Ils avaient une famille, une maison, pignon sur rue, et ils ont tout perdu.
    Ce sujet qui dérange, et que les hommes politiques n’abordent que rarement, sera sans doute au cœur des débats dans la perspective des élections de 2007. L’occasion, donc, de poser quelques questions à ceux qui nous gouvernent ou qui en ont l’ambition.
    extrait du site éditions fayard

    Et ça, c’est arrivé près de vous!

    Répondre
  11. Diety
    Diety dit :

    "C’est marrant quand on y pense mais nos chers "grands médias" ne font jamais de reportages sur ce genre de "petits détails" hein..comme c’est étrange."

    Cela me rappelle un reportage en Allemagne. Un journaliste s’est imposé pendant un mois la vie d’un "Hartzi" pour voir comment c’était Il s’est restreint son budget à 345 Euro, a fait la queue dans les Job Centers pour essayer de trouver du travail, et a tenu un journal de bord. Il a décliné les rendez-vous de cinéma ou les sorties avec ses amis, car son budget ne lui permettait plus cette vie sociale. Son journal a été publié dans un hebdomadaire. Mais cette démarche est rare. Et à la télé, cette triste réalité ne fait pas d’audience.

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  12. Alain
    Alain dit :

    L’autre jour je voulais faire une bonne action en embauchant un handicapé physique, paralysie des jambes plus précisément. En fait c’était juste pour toucher des subventions de l’état parce que le boulot peut être fait par n’importe qui et ne demande aucune aptitude physique. Après plusieurs entretiens, aucun ne voulait travailler parce qu’ils ont vite fait le calcul, en travaillant, ils gagneraient 100 euros de plus par mois que si ils ne travaillaient pas, alors pourquoi se faire chier à bosser 7.5h/ jour pour 100 euros de plus par mois alors qu’ils ont une pension à vie ? Je leur ai dit qu’ils avaient complètement raison de ne pas bosser et de profiter de la vie, déjà que leur vie n’est pas simple.
    Moi-même qui suis plutôt libéral, si j’étais handicapé, j’aurais fait exactement pareil, j’aurais profité du système pour profiter de la vie.

    La contrepartie de mon indulgence envers ces gens qui profitent du système et ils ont bien raison de le faire parce qu’ils peuvent le faire, c’est que moi aussi je profite du système en essayant par tous les moyens possibles de payer le moins de charges possibles.

    On ne peut pas tenir les 2 discours contradictoires suivants « ne pas contrôler les chômeurs » et « taxer au maximum les entreprises ».
    Pourquoi les chômeurs n’auraient aucun compte à rendre alors que les entreprises sont taxées au maximum pour payer ces chômeurs ?

    Il y a des abus des 2 cotés, personne ne joue le jeu et chacun veut profiter du système et chacun a raison de tirer la couverture sur lui.
    Ce qui est malhonnête c’est de toujours dire « le gentil chômeur » et « la méchante entreprise ».
    Il y a des chômeurs qui profitent du système comme certains patrons du CAC 40 (je parle pas des petits patrons de PME qui gagnent une misère) se font des parachutes dorés, chacun arnaque à son niveau, pour certains c’est en milliers d’euros, pour d’autres c’est en millions.

    Alors oui, il faut contrôler les chômeurs comme il faut contrôler les grands patrons.
    Mais les gauchistes veulent uniquement contrôler les patrons et laisser faire les chômeurs abuseurs.
    C’est malhonnête et démagogique de tenir ce discours.

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  13. Jm Ben Adeb
    Jm Ben Adeb dit :

    …Ils versent un pauvre miel / sur leurs mots pourris. / Ils te parlent de pénurie / et sur ta faim, sur tes amis, / ils aiguisent leur appétit.
    Leur haleine brûle l’air / comme la chaux / sur le pain.
    La beauté que tu oses , / ils la saluent encore / d’un grognement de porc / fouillant dans l’auge.

     Ils ont raison / comme des cadavres / et la vie les a coulés.… 

    Richard Desjardins, 1998
    Puisses-tu conserver longtemps ton énérgie qui n’est que la vie qui bouillone en toi quand tout nous pousse à accepter les petites morts au quotidien, quand vivre est devenu plus difficile que mourir.
    Puisses-tu laisser éclater de temps à autre, tes colères qui sont aussi les nôtres, car si faits et distance nous sont nécessaires, notre besoin profond est celui d’une objectivité frémissante. Une objectivité qui conserverait le goût de la vie comme lorsque, revenant d’une promenade en forêt, continue de flotter sur nos vêtements, les parfums des sous-bois.
    ¡ Abrazo !

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  14. paquita
    paquita dit :

    Bonjour,
    je lis ce blog depuis quelque temps deja et pour une fois je me fends d’un commentaire (tant pis pour l’orthographe 🙁 ). J’aime beaucoup ta prose et ton cote humain.
    Ce qui est terrible a lire la liste ALG2 est le sentiment poignant d’etre au moment ou on decrete la non-humanite de l’autre, exactement comme les loi juives edites par le 3eme reich. Peut etre que les allemands ne voient rien venir, cependant j’en doute.

    Ceci dit, dans tous systeme il y a des gens qui abusent. Je le sais car habitant Marseille, j’ai eu beaucoup de mal a recruter une nounou declaree (et il faudra que je raconte comment l’ANPE ne m’a PAS AIDE) car il y a une peur des impots et de la perte d’alloc.
    J’espere seulement que la France ne tombera pas au niveau de l’Allemagne.

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  15. Ashram de Swâmi Petaramesh
    Ashram de Swâmi Petaramesh dit :

    Contrôler les chômeurs

    Ce billet vient en écho à un espèce de crétin des Alpes Bavaroises, le genre de type prêt à embaucher un handicapé pour toucher des subventions, selon son propre aveu. Mais ce n’est pas là ce qui motive mon ire. Non, ce qui me m’attire au…

    Répondre
  16. Anièry
    Anièry dit :

    La richesse produite chaque année par l’ensemble des entreprises (valeur ajoutée) est essentiellement répartie en salaires (revenus du travail) et en profits (revenus du capital, argent et machines). Avec les impôts sur la production, l’ensemble forme le produit intérieur brut (PIB).
    Entre 1981 et 1995, la part des salaires s’est effondrée, passant de 71,8 à 60,3% (cité par Thomas Pinketty, "L’économie des inégalités", La Découverte). Le PIB de la France s’élève à environ 1 500 milliards d’euros: 100 à 150 milliards d’euros ont donc ripé des revenus du travail vers les revenus du capital! Un transfert colossal puisque ces 100 à 150 milliards d’euros ponctionné chaque année représentent dix fois le trou de la Sécurité sociale (11 milliards d’euros); neuf fois le déficit de l’assurance-chômage (14 milliards); trois fois celui des retraites (43 milliards).
    Source:Le Plan B,n° 2,mai-juin 2006
    http://www.leplanb.org

    Je donne ces chiffres pour montrer que l’argent existe pour une politique sociale ambitieuse, des formations qualifiantes de longue durée pour les chômeurs, des crèches en plus grand nombre, des transports en commun moins cher (gratuit pour les chômeurs), la construction de logements sociaux etc…

    Répondre
  17. Fred
    Fred dit :

    Alain

    je ne suis pas d’accord, mais je le dirai plus poliment que les deux précédents intervenants. Bien sûr il y a des profiteurs. Seulement un jour un ministre français (pas moyen de me souvenir du nom) a, avec tambours et trompettes, décidé de traquer ces fainéants. Ce qu’il a fait. Jusque là pas de problèmes, rien à redire.

    Sauf le résultats: il n’a rien trouvé de plus que quelques poullièmes de % de gens concernés.
    Quelques pouillèmes ce n’est pas 0 il est vrai, mais c’est pas autant que votre intervention le suggère.

    C’est vrai qu’il y a des profiteurs, c’est vrai aussi que certains patrons vivent aussi avec des revenus de RMIste.

    Le problème est que à 40 ans je fais partie de la dernière génération qui aura reçu plus de ses parents qu’eux même n’ont eu des leurs. Y aurait t’il eu une catastrophe économique?

    Pas du tout.
    Jamais à l’échelle de l’histoire le monde n’a été aussi riche, jamais le travail n’a été aussi productif, jamais les entreprises n’ont gagnées autant d’argent.
    Seulement cette richesses est entièrement captées par ces fameuses société du CAC 40 qui puisent dans l’économie mais ne réinvestissent jamais. L’argent est là, mais il circule dans un seul sens et c’est cela le problème.
    le monde n’est pas en situation de pénurie économique loin de là.

    Et c’est cela qui rend intollérable la situation décrite dans le blog, et c’est cela qui m’enerve lorsque j’entends un dassault dire à la radio qu’une fois retraité il sera obligé de s’exiler en SUISSE (j’invente pas) parce que avec les impôts il n’a pas les moyens de rester en France.

    En somme ce qui tourne pas rond c’est que l’on se préoccupe plus des problèmes de milliardaires dans le besoin que de gens vraiment en difficulté.

    Répondre
  18. Fred
    Fred dit :

    Diety > Cela me rappelle un reportage en Allemagne. Un journaliste s’est imposé pendant un mois la vie d’un "Hartzi" pour voir comment c’était

    Ca ressemble à ce que fait/faisait Günter Wallraf, le journaliste qui s’était notamment fait passer pour un travailleur turc pour observer comment se comportaient les Allemands vis à vis des travailleurs immigrés.

    Cec dit…
    1. le journaliste n’a fait ça qu’un mois
    2. il savait que ce mois terminé, il allait retrouver son confort.

    Rien à voir, donc, avec un mec qui va vivre comme ça pendant des années… sans savoir même si sa situation s’améliorera un jour.

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  19. dark
    dark dit :

    Salutations, chers eclairés.

    Alors on y est au retour des bidons ville en limite de périph, et si vous avez de la chance ils sont cachés dans les bois alors peut être que vous ne les verrez pas.
    Moi je vous le dire en clair car ça ne sert a rien de tourner autour du pot, l’histoire a montrer que le système féodale n’est pas tomber, les 10 familles les plus riches du monde concentre à eux seuls autant de richesse que tout le reste du monde réuni….. c’est normal

    Souvenez vous de Mickeal Moore qui proposait ironiquement dans son documentaire (intéressant d’ailleurs) de faire virer tout le monde, d’attendre qu’on devienne tous délinquant, et enfin de nous faire enfermer en prison pour faire le meme boulot qu’avant pour moins d’un euro de l’heure.

    C’est peut être ce qui nous pend au nez…..
    A moins que enfin nous comprenions qu’il est vraiment temps de reprendre le controle de nos vies, le controle de nos entreprises, le controle du pouvoir.
    Moi je n’est pas perdu la foie qu’un jour on se relevera, mais peut être suis je seul?

    Salutations

    Répondre
  20. valerie
    valerie dit :

    Bonjour,

    je viens de tomber sur votre article. Il était temps qu´on parle de Hartz en France! Je vis en RFA et me suis trouvée sous la coupe de l´agence pour l´emploi, par ricochet, puisque, l´ALG II, prend en compte tous les revenus d´un foyer. (Si vous vivez avec un chômeur de longue durée et avez des revenus irréguliers, type travailleur indépendant p. ex., paf, on vous verse gentiment de l´argent en exigeant des comptes TOUS les mois. En cas de retard, votre "conseiller" vous retire 10% – et à votre compagnon, colocataire etc. par la même occasion. Et si votre compagnon est étranger, alors là, c´est l´enfer. Entre les exigences de l´Office des étrangers et celles de l´agence pour l´emploi, souvent contradictoires, on a vite fait de se choper un ulcère à l´estomac – attention, pas de dépression nerveuse! très mauvais ça pour la prolongation du permis de séjour!

    Il manque pourtant au tableau deux éléments: le mépris des "conseillers", qui ne connaissent rien à votre métier (d´après ce que je sais, c´est le même genre dans les anpe), mais s´emploient (si j´ose dire) à vous montrer que vous ne valez rien et que vous êtes suspect de paresse.

    Et les mesures de "réinsertion" obligatoires: l´idée est que vous n´intéressez pas les employeurs ("Arbeitgeber" en allemand, soit les "donneurs de travail", tout un lexique qui en dit long sur la démarche des agences pour l´emploi) et que vous n´avez de chances de "réinsertion" que sur le "marché du travail secondaire", traduisez du travail quasi-gratuit, subventionné bien évidemment, dans des institutions publiques (musées, bibliothèques, voirie, donc financées par les contribuables) et des ONG, comme Caritas dans la commune ou j´habite (il faut savoir que Caritas n´embauche que des catholiques, donc le "stage" chez eux ne permet pas forcément de retrouver du travail, si tel est l´objectif des agences pour l´emploi). Les personnes en mesure de "réinsertion" travaillent actuellement pour 1, 70 euro de l´heure et n´ont droit ni aux vacances, ni aux congés maladie.
    Voilà pour le modèle allemand!
    Sur la "nouvelle" gauche allemande, j´imagine que vous avez aussi votre petite idée…

    Répondre
  21. jcd-bruxelles
    jcd-bruxelles dit :

    Impressionnante, la liste de mesures Harz.
    Une partie de ces mesures est aussi d’application en Belgique; les fouineurs de l’Onem qui cherche à prouver une cohabitation pour diminuer ou suspendre une alloc de chômage, on connaît; la confusion de l’aide sociale et l’allocation de chômage aussi;
    Par contre, l’obligation de dépenser ses économies avant de toucher des allocs est encore inconnue. Mais dans l’ensemble tous ces plans de réduction du chômage et de pression sur le salaire se ressemblent en Europe; pensés à l’OCDE et dans les directions générales de l’UE (très perméables aux lobbys patronaux), ils sont "conseillés" par les Grandes Orientations politique économique de l’UE et appliqués consciencieusement par les Etats.
    S’informer chez les voisins est toujours instructif : on y découvre toujours des mesures qui un jour ou l’autre nous tomberont sur la tête; mais si on sait à l’avance on peut peut-être réagir plus efficacement ?

    Répondre
  22. Tristram Shandy
    Tristram Shandy dit :

    Bienvenue dans un monde ultralibéral

    Mauvais réveil ce matin… J’ai lu cette note, consacrée aux réformes Hartz allemandes. J’ai bien cru que je dormais encore, et qu’il s’agissait d’un cauchemar. Ma…

    Répondre
  23. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Et si c’est sur toi qu’on appliquait ce joyeux programme, tu trouverais ça toujours aussi génial???
    Moi aussi, je suis indépendante, et oui, il m’arrive régulièrement de gagner moins que le SMIC pour des heures de boulot que je ne compte pas… ce n’est pas une raison pour vouloir avec une joie mauvaise dégrader le sort des autres.
    Et quand tous les autre précaires seront réduits à la misère et aux expédients pour grapiller quelques euros de plus, que crois-tu qu’il adviendra? Ils iront juste se vendre pour toujours moins cher que toi

    Répondre
  24. rick
    rick dit :

    Inapplicable en france car ca demande trop de boulot a l’administration, et nos nombreux chomeurs/assités n’aimeraient pas

    Mais en tant qu’independant, je trouve cela genial

    Répondre
  25. brigetoun ou brigitte celerier
    brigetoun ou brigitte celerier dit :

    mais n’y a-t-il pas une partie de ces règles qui s’appliquent déjà en France ? Nous ne sommes pas encore là mais pas si loin.
    et comme on applique la même technique pour la mise en évidence des tricheurs éventuels (qui mettent plus notre économie en péril que les détournements) pour essayer de monter "ceux qui se lèvent le matin" comme dit Sarkozy contre ces fénéants…

    Répondre
  26. charlie2155 ,rmi plus de vie privée
    charlie2155 ,rmi plus de vie privée dit :

    en France vous ne savez pas combien d’épargne est autorisé pour toucher le rmi, la colocation est surveillée de près, je me retrouve à présenter les feuilles d’impostion 2003-2005, avant de toucher le rmi et à présenter les relevés de banque pour justifier les charges!!!!!

    Répondre
  27. Maridolf
    Maridolf dit :

    Je suis obligée de réduire mon commentaire, y a pas assez de place !!!
    Nous devons non seulement tout afficher sur nos prétendues richesse, mais en plus, tout changement doit être d’abord autorisé par l’ANPE, avant de l’effectuer (déménagement forcé y compris). Après une émission télé sur notre situation, certains ne nous parle plus. Faites gaffe à vos abattis en France !1

    Répondre
  28. Maridolf
    Maridolf dit :

    Je suis obligée de réduire mon commentaire, y a pas assez de place !!!
    Nous devons non seulement tout afficher sur nos prétendues richesse, mais en plus, tout changement doit être d’abord autorisé par l’ANPE, avant de l’effectuer (déménagement forcé y compris). Après une émission télé sur notre situation, certains ne nous parle plus. Faites gaffe à vos abattis en France !1

    Répondre
  29. Himalove
    Himalove dit :

    En prenant connaissance du plan Hartz, les chômeurs d’Allemagne de l’Est vont regretter l’ancien régime de la RDA et ceux de l’Ouest pensaient que la Rote Arme Fraction (RAF) d’Andreas Baader et d’Ulrike Meinhof avaient, peut-être, raison de discuter avec le Grand patronat, un pistolet à la main.

    Répondre

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