Franchement, l’année 2014 était médiocre pour la plupart d’entre nous. En dehors de la poignée de profiteurs pour lesquels le pillage des biens communs s’est traduit par un enrichissement personnel totalement indécent, pour la grande majorité des gens, ils peuvent s’estimer heureux que leur situation ne se soit pas plus aggravée qu’en 2013. Voilà à quoi nous en sommes réduits : nous réjouir de n’avoir pris que de petites fessées !

La grosse bonne nouvelle, c’est que cette année va finir, comme les autres. La mauvaise, c’est qu’il n’y a rien dans le périscope qui nous encourage à faire la danse du ventre… en dehors d’espérer une stabilisation de la médiocrité ambiante.

En fait notre situation globale dégénère lentement mais surement et on en est à se réjouir d’aller dans le mur au ralenti : c’est plus pire, mais pas trop. Ça donne vachement envie de décapiter une putain de roteuse pour le changement de calendrier, non ?

Balançons la purée de vœux !

Pour 2015, je souhaite qu’on se sorte enfin la tête de la raie du cul et qu’on admette une bonne fois pour toutes qu’ils n’ont aucune bonne raison de cesser de nous faire les poches… tant que nous ne les arrêtons pas. Parce que là, je n’ai pas besoin d’être la voyante préférée du président pour te dire qu’au programme, on a une nouvelle bonne excuse pour nous niquer sur les retraites, la santé, l’éducation, le logement, l’énergie et toutes ces conneries anecdotiques dans la vie d’une bonne grosse démocratie et que par contre, il est super urgent de construire plus d’aéroports, d’autoroutes, de barrages à la con et de centres de vacances hors-sol pour les 12% de baltringues qui vivent aux dépens de ceux qui les écoutent.

Ce que je nous souhaite, c’est que de plus en plus de gens du ventre mou de la République se rendent compte qu’on les prend pour de gros moutons destinés à la tonte perpétuelle et qu’ils vont carrément se piquer une bonne grosse colère bien méchante et bien rouge, de celles qui font avancer le monde dans la bonne direction plutôt qu’au fond du gouffre.

Ce que je nous souhaite ce n’est pas du pognon qui rend tout mou, tout veule et tout satisfait de sa merde, mais une grosse envie de reconstruire du collectif, du partagé, du gratos, du bienveillant, du solidaire, quelque chose qui balaie l’égoïsme flatté chaque minute par les marchands et qui nous permette de nous rendre compte que non, l’essentiel n’est pas et ne sera jamais à vendre !

Ce que je nous souhaite, ce sont des luttes, des bonnes grosses luttes où la classe des exploités a enfin pris la mesure de l’arnaque et a bien compris que pour ne pas tout perdre, il faut nécessairement gagner face aux confiscateurs et aux affabulateurs et que pour cela, il ne faut jamais rien lâcher. Qu’il n’y a que la lutte qui paie. Encore et toujours.

Je veux que 2015 soit l’année des teignes, des casse-couilles, des gratte-culs, des emmerdeurs⋅ses, des gueux, des grains de sable, des saboteurs⋅ses, des empêcheurs de bétonner en paix, des défendeurs⋅ses de zones sensibles et pas celle des banksters, des larbins, des kapos, des spoliateurs, des menteurs et des accapareurs.

Pas sure que ça en fasse une année plus plaisante que les autres, mais déjà, on s’y ferait moins chier et on commencerait à pouvoir espérer que les années à venir seront meilleures !

Rien que ça !