La fin de la Gauche?

Petit rebond au saut du lit (ou presque) à la lecture d’un billet de Jean Quatremer.

Le fait que Quatremer ne partage pas vraiment ma vision du monde ne m’empêche pas de lire avec une belle régularité ce qu’il dévoile des Coulisses de Bruxelles. Il est aux premières loges pour ce qui est de son domaine de compétences, à savoir… les coulisses de l’Europe, précisément.

Ce matin, Quatremer commence par remarquer le net recul de la gauche de gouvernement en Europe ces 10 dernières années, avant de focaliser sur le déclin du PS et la montée de la gauche radicale. Et c’est bien sûr à ce moment que nos points de vue divergent :

L’apparition de partis d’extrême gauche – qui refusent toute alliance gouvernementale ou, s’ils l’acceptent, pratiquent une surenchère qui paralyse toute action — ne fait qu’empirer la situation de la gauche : en Allemagne, « Die Linke » va interdire pour longtemps le retour du SPD aux affaires. En France, le Nouveau parti anticapitaliste de Besancenot pourrait avoir le même effet sur le PS. Bref, la crise que traverse la gauche est historique, même si elle n’est pas mondiale comme le montre le triomphe des gauches en Amérique latine.

Ainsi donc, le déclin de la gauche n’est pas tant la disparition des idéaux de gauche que le siphonnage de la gauche respectable et présentable (le socialisme, donc) par une gauche un peu plus musclée (le NPA et ses confrères européens comme Die Linke). Ce qui, de mon point de vue, est plus une histoire de vases communicants et l’exact reflet sur la gauche de l’échiquier politique de la radicalisation des partis de droite. Car il faut bien le dire, il y a un sacré glissement vers la droite dure entre l’UDF de Giscard et l’UMP de Sarko. Or personne n’y voit là le signe du déclin de la droite…

L’idée qui structure le billet de Quatremer, c’est que la Gauche (maintenant réduite à sa seule composante socialiste) a cédé du terrain face à la force du capitalisme

François Hollande partage largement ce constat : « la gauche connaît une crise profonde en Europe depuis une décennie : elle n’est pas liée à une personne ou au jeu normal de l’alternance politique » : « il y a bien eu un décrochage entre la gauche et les citoyens, mais je ne pense pas que la gauche disparaîtra pour autant ». Pour lui, il y a trois raisons à ce déclin : « d’abord, cela tient au fait que l’on a imposé l’idée qu’il n’y avait qu’un seul monde, un seul système économique ». Ensuite, « la droite s’est restructurée » en s’appuyant sur « l’individualisation des rapports sociaux » et sur la remise en cause de l’État providence.« La droite n’est pas seulement libérale, elle est aussi autoritaire et populiste et donne à des sociétés déstructurées un modèle d’ordre ». Enfin, « la gauche est sans modèle de référence ». « Même en 1997, lorsque la gauche était majoritaire en Europe, il y avait en réalité plusieurs gauches ».

C’est sur l’idée de décrochage entre la gauche et les citoyens que je rejoins Hollande, encore que trahison me semble un terme un chouia plus adapté.
Quatremer termine son billet sur une sorte d’oraison funèbre de la gauche, avec tout de même une petite touche d’espoir pour ne pas désespérer Boulogne-Billancourt, comme on disait autrefois :

Certes, mais on ne voit pour l’instant aucun réarmement idéologique de la gauche, notamment en France, celle-ci continuant à hésiter entre repli national et ouverture au monde, entre gestion et vulgate pseudo-révolutionnaire.

Voilà une analyse intéressante tout de même en ce qu’elle traduit bien la manière dont on peut confondre la gauche et le PS quand on ne se situe pas à gauche précisément.
Du coup, je me suis fendue d’un petit commentaire dont je ne suis pas totalement convaincue que Quatremer autorisera la mise en ligne. Je le copie donc ici.

En tant que gaucho-crypto-bolchévique, je peux donner un point de vue de gauche, voire de plébéienne qui a voté PS pendant plusieurs générations et qui a arrêté.
Le PS implose en plein vol… parce qu’il a cessé d’être le PS, tout simplement. L’embourgeoisement du personnel politique n’est pas une nouveauté, le fondateur du PS, Jaurès lui-même, n’avait rien d’un vanupied et ce serait bien restrictif de s’arrêter à ce constat. Non, ce qui a changé, c’est que le PS a abdiqué idéologiquement en rase campagne, partout en Europe et a caché cette soumission à l’ordre économique mondial (profondément élitiste, injuste, inégalitaire et confiscatoire) sous un vernis de real politic.
Ce n’est pas tant par populisme ou force de promesses que les conservateurs ont raflé les voix des prolos, c’est juste que pour le même prix, le petit peuple qui n’est pas plus bête qu’un autre, préfère encore se payer l’original que la copie.
Le PS a oublié depuis longtemps que sa base électorale, ce sont les ouvriers et les employés, les sans-grade, les scotchés au SMIC et l’indifférence des cadres du Parti à leur sort après 30 ans de chômage massif qui ont bien sabré les bases du salariat, cette trahison idéologique et sociologique en a jeté plus d’un dans les bras du FN, puis dans ceux de Sarko, dont l’équipe a parfaitement analysé la situation et a taillé un discours sur mesure pour récupérer un max de déçus de la gauche.

Le PS en Europe s’est tiré une balle dans le pied et crève de l’hémorragie. Sa trahison ne mérite même pas une oraison funèbre.

La gauche européenne est donc en train de se reconstruire à la gauche du PS moribond et sur les entrailles fumantes du PC. La crise capitaliste majeure qui s’apprête à nous frapper de plein fouet (comme Lagarde a dit que le pire est derrière nous, on peut à coup sûr s’attendre à l’inverse!) devrait jeter dans les bras du NPA et des autres les déçus des promesses creuses et du libéralisme triomphant, dont on avait juste oublié de leur dire qu’il a tendance à se construire sur le sang et la sueur de plus grand nombre pour le profit d’une poignée de profiteurs.

Le PS est mort!
Vive la Gauche!

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67 comments for “La fin de la Gauche?

  1. jean-christophe
    24 septembre 2008 at 23 h 49 min

    Et comme disais Coluche : Ils ont raison parcequ’ils sont les plus nombreux mais parcequ’ils ont raison. Ou un truc dans le genre

  2. Diety
    25 septembre 2008 at 9 h 26 min

    Salut Agnès,

    > De ce constat découlent tous les autres. Les classes populaires votent de moins en moins
    > parce que l’offre politique les a tout simplement oubliés et que la défiance est encore vive face aux
    > partis de la gauche du PS (défiance bien entretenue par les mass médias)

    C’est impressionnant comment ta remarque convient à Die Linke, enfin presque. Le mot défiance est un peu faible. Je suis, comme tu le sais, un peu ce qui se passe en Allemagne, et j’aime bien écouter une émission hebdomadaire qui s’appellel "Der Presseclub". Souvent je n’aime pas du tout les intervenants, et c’est exactement pour ça que je trouve l’émission intéressante. Tous les dimanches, pendant 30 à 40 minutes, des journalistes, la plupart du temps des redacteurs en chef des grands journaux allemands discutent sur l’actualité. L’émission du 14 septembre s’intitulait "le SPD en lutte avec lui-même".

    D’abord, presque tous les intervenants ont cette distance au peuple, aux gens, et ils sont si loin des "petites gens" que c’en est devenu du dédain qui me révolte. Après leur intelligente discussion, il y a des gens qui appellent et posent une question, font une remarque, et un journaliste répond. Assez souvent il y a 2 à 3 personnes qui déplorent justement cette distance qu’ils ont, qui est complètement en dehors de toute réalité terre à terre. Ils parlent de la réforme Hartz comme une chose absolument nécessaire, incontournable, et quand un intervenant leur reproche qu’ils ne savent même pas de quoi ils parlent, ces journalistes se moquent presque de lui. Un Hartzi est évidemment trop bête s’il ne comprend pas que l’essor de l’économie allemande a eu besoin de lui, et maintenant lui aussi profite de ses sacrifices, même s’il ne s’en rend pas compte. Toujours le discours "mieux vaut travailler pour 4 euros de l’heure que pas du tout". C’est facile de dire ça quand on ramène ses 8000 euros par mois (ou plus) à la maison. Un type de la sorte, a-t-il déjà fait un travail imposé sans intérêt, sans aucune perspective, tout en pointant tous les mois à l’Anpe ? Doit-il élever ses enfants dans ces conditions ? Une fois c’est cette question qui est venu presque texto. Réponse du journaliste: Moi quand j’ai fait mes études, j’ai aussi vécu avec 200 euros par mois, donc histoire de dire arrête de te lamenter. Et ce grand savant, il n’a pas eu l’idée qu’à 22 ans, un avenir prometteur devant soi, c’est autre chose qu’une vie avec 10 ans de brimades anpéennes puis retraite dans la pauvreté comme trajectoire assurée. Pour moi, ces "journalistes" sont aussi irrécupérables humainement parlant que les Hartzis le sont à leurs yeux, capitalistement parlant.

    Dans l’émission du 14, ils ont analysé le déclin du SPD, et j’ai été également choqué comment ils avaient, tous, vomi sur Die Linke. Carrément des insultes – populistes, menteurs, manipulateurs, extrémistes dangereux et ça y va. Le SPD va bientôt arriver à 20% et Die Linke aussi. On soutient à font les réformes Hartz (les journalistes rédacteur en chef), ils ont carrément dit que les quelque millions de travailleurs pauvres + les chômeurs de longue durée, de toute façon, seraient "perdus", irrécupérable en quelque sorte, qu’ils feraient partie d’un dommage collatéral inévitable. C’est comme ça. Mais le pays va mieux. Il fallait faire ces réformes. Puisqu’ils sont irrecupérable, bon on ne peut pas les laisser crever, mais ce n’est pas la peine de trop s’en occuper. Il faudrait s’occuper de choses "plus importantes". S’occuper des gens "qui valent la peine". Je te jure je croyais halluciner, mais non ils croient à ce qu’ils disent, ils ont la conviction.

    En fait, c’est la même façon comme, 30 ans auparavant, ils ont vomi sur les Verts, les "cinglés", "rêveurs", "idéalistes", "pas capables de gouverner" etc. et puis les Verts font aujourd’hui bien parti du paysage politique.

    Des journalistes qui parlent comme ça des vies humaines, je ne peux pas les prendre au sérieux. Impossible. C’est ça qui me "fascine" – l’ampleur de l’ "à coté de la plaque" de la soi-disant élite, intelligentia. Je crois qu’ils vont m’inspirer encore longtemps.

    Bises

  3. vlg
    25 septembre 2008 at 10 h 16 min

    Tiens puisque ça parle de Quatremer, son dernier billet est bien révélateur de son honnêteté (et de l’intérêt de le lire)

  4. Saxo
    25 septembre 2008 at 10 h 38 min

    un p’tit mot à mr Goujat…
    Toutes ces comparaisons sur le temps de parole au NPA ou au PC, sur la publicité des deux partis dans les médias etc… ça ne sert que les diviseurs… Et dans le genre "je divise pour mieux régner", le clown de l’Elysée est un expert.
    Je n’en tirerai pas de conclusions hâtives, mais une simple, la division de ce qui reste de la gauche sert le PS et l’UMP.
    Je ne suis ni chez les uns, ni chez les autres, mais simple sympathisant . Et, dans cette période de temps obscurs ou on brade tout ce qu’on a pu obtenir, ou on spolie les citoyens, faudrait s’activer à comprendre qu’on est d’accord plutôt que de se chercher des poux…

    @ souvarine…

    Ne penses tu pas qu’adhérer à un parti qui prône le libéralisme comme système économique est contradictoire avec l’idée d’un système de redistribution.
    Au fond, tout le problème est là, c’est bien gentil de penser qu’une petite dose de libéralisme a du bon, mais les socialos ont depuis longtemps dépassé ce problème. Ils admettent le système capitaliste dans son ensemble avec une argumentation du genre, rien d’autre n’est possible, la seule chose qu’on peut faire, c’est coller des rustines…
    Moi, je sais pas mais devant une telle audace de la pensée, je m’insurge. Ce sont les plus grands contributeurs de la dégringolade des pensées de la répartition, de la redistribution.
    Ils ont rendu le peuple neurasthénique, y’a pas d’espoir de voir les notions d’égalité et de fraternité au cœur de nos sociétés puisque c’est l’individualisme et l’appât du gain qui sont moteur, et on y peut rien … force est de le constater.
    Résultat, après avoir distillé cette philosophie pendant vingt ans, on voit aujourd’hui toute notre organisation sociale démantelée et y’a plus personne pour broncher.
    C’est pas à la droite qu’on peut reprocher ça. Elle, elle est relativement claire sur son fonds de commerce, mais bien au PS.
    Je dis pas qu’il y a pas au PS des gens de bonne volonté, des gens qui ont une perspective assez proche de la mienne, ceux qu’on appelle "gauche du PS". Non, ce que je dis c’est que ceux ci (dont toi, souvarine) servent à justifier du positionnement "à gauche " du PS. Et rien d’autre. Sans, eux, le PS serait clairement un parti de centre droit.
    En ce qui me concerne, je ne vois pas l’intérêt d’aller servir de faire valoir à un parti qui prône l’inverse de mes idées…

  5. alsospracht
    25 septembre 2008 at 12 h 39 min

    Bonjour
    il me fait rire Souvarine (Boris ?) les socialos ont toujours été des traitres c’est leur rôle principal, comme la cfdtraitres créée par le groupe Reconstruction pour niquer la gauche et introduire grâce à Delors la France "moderne" chère à Jospin. Tout ça se voit dans la sociologie des militants du PS (lire http://www.scienceshumaines.com/ind… ) quiconque est allé voir une réunion d’un Ps local comprend vite où il est tombé, c’est un parti de cadres (majoritairement de la fonction publique) qui s’effraie dès que quelqu’un dit une vérité qui va fâcher le député ou le conseiller et qui parle fort avec l’accent populaire. Ils sont incroyables ces gens faut vraiment aller assister à leurs tractations pour désigner qui sera le prochain baronnet élu : je te refais ton trottoir et tu votes pour untel, ah mais truc, lui, il me plante des arbres en plus.
    La seule question qui se pose avec le PS c’est qui sera le prochain Noske quand, enfin, on remettra les pendules à l’heure.
    Pour l’instant face à la catastrophe qui arrive (vous savez ce qui se passe en ce moment dans le bâtiment ?) il est vrai que les combats à mener ne sont ni de gauche ni de droite : mettons les banques au pas, les bourses à leur place,les traders à la poubelle, les commerçants à l’amende, les sportifs au régime sec, les faux artistes à la gomme au baillon: faisons un moratoire sur les taxes foncières et d’habitations le temps de la crise ainsi que pour les remboursements des prêts immobiliers et des loyers pour ceux qui vont bientôt galérer, ne confondons plus grosses entreprises et petites boites de 3 ou 4 salariés, renversons le sénat, mettons notre nez dans la comptabilité nationale pour en sortir tout ce qui concerne la santé, l’éducation, la sécurité (si on veut) et puis, et puis … en voilà des idées pas socialos du tout.
    Voyons on se donne un rendez vous à quelques millions devant le sénat et, gentiment, on leur dit: "vous n’existez plus, dégagez!" on ne regarde plus de foot à la télé, c’est facile à faire ça, plus personne dans les stades, les concerts de stars et les cinés; pour les banquiers on leur rappelle la vérité " si vous prêtez plus d’argent, vous n’avez plus aucune raison d’exister, disparaissez ! (après on s’occupera des paradis fiscaux
    Facile tout ça et tout le monde du travail devrait logiquement être d’accord, bon OK alors, on se retrouve à 2 ou 3 millions samedi devant le sénat pour commencer.

  6. 25 septembre 2008 at 14 h 41 min

    Il dit :
    """
    L’apparition de partis d’extrême gauche – qui refusent toute alliance gouvernementale ou, s’ils l’acceptent, pratiquent une surenchère qui paralyse toute action — ne fait qu’empirer la situation de la gauche : en Allemagne, « Die Linke » va interdire pour longtemps le retour du SPD aux affaires. En France, le Nouveau parti anticapitaliste de Besancenot pourrait avoir le même effet sur le PS. Bref, la crise que traverse la gauche est historique, même si elle n’est pas mondiale comme le montre le triomphe des gauches en Amérique latine.
    """

    C’est pour le moins curieux que quelqu’un qui semble se réjouir du triomphe des gauches en Amérique latine déplore la montée de partis comme Die Linke en Allemage ou LCR/NPA en France. Ces deux partis semblent pourtant beaucoup plus proche des partis de gauche d’Amérique latine que ne le sont le P"S" ou le SPD.

  7. Jean Claude Goujat
    25 septembre 2008 at 23 h 42 min

    Die Linke va interdire pour longtemps le retout du SPD aux affaires!tu parle pour ce qu’il y fait aux affaires mis a part baiser les travailleurs,se coller des gamelles de détournements,favoriser les plus riches et des tas de choses pas propres!
    Si c’est pour mener une politique plus à droite que la CSU qu’est-ce que le SPD a à faire aux affaires!
    Il y a t il des gens de gauche au SPD?

  8. Steph.K
    26 septembre 2008 at 17 h 13 min

    Le NPA va interdire pour longtemps le retour du PS aux affaires ! tu parles pour ce qu’il y fait aux affaires mis a part baiser les travailleurs,se coller des gamelles de détournements,favoriser les plus riches et des tas de choses pas propres!
    Si c’est pour mener une politique plus à droite que l’UMP qu’est-ce que le PS a à faire aux affaires!
    Il y a t il des gens de gauche au PS ?

  9. Steph.K
    26 septembre 2008 at 17 h 34 min

    Jean claude Goujat : "Moi j’aime bien Veig,mais ça me fait rigoler parce que les vieilles charrues c’est festif,c’est musical mais ce n’est pas politique ou alors il faut me dire ou étaient les débats politiques à cette fête je n’ai pas trouvé.Alors ne mélangeons pas tout."

    L’an prochain on vire la grande scène, et tous les artistes qui vont avec, de la fête de l’Huma et on refait les comptes.

    [...]
    "Aucun parti,groupement ne peut prétendre gouverner seul en France,il faut bien nouer des alliances."

    On peut tout de même choisir ses alliés.

    "Le PS est très sensible aux rapports de forces dans le mouvement social.Quant je dit sensible,c’est qu’il fluctue de droite à gauche en fonction de ces rapports de force.Plus le mouvement social est puissant,revendicatif,plus il apporte des solutions fortes,plus il est progressiste."

    Le mouvement social fait tout le boulot, le PS s’accroche aux wagons et dès qu’ils sont au pouvoir (les élus socialistes), les acteurs du mouvement social se font baiser dans les grandes largeurs. Non merci j’ai déjà donné.

    "Quant à ceux qui prétendent que le PCF a trahi,qu’ils amènent des preuves plutôt que des affirmations,on est pas obligé de les croire sur parole.On dirait bien que certains considère les militants du PC comme des traitres."

    Pas plus tard qu’à la dernière fête de l’Huma Marie-George Buffet se féliciter des accords passés avec le PS. Alors oui, si l’on considère que le PS nous a trahi très souvent on peut très bien penser qu’un parti qui s’allie avec un parti traître et un traître. Note bien que je parle des partis et non pas des militants.

    Anecdote locale, lors des dernières municipales le PC a passé des accords avec le PS et il y avait une liste commune avec le maire sortant PC en tête de liste. Ca n’a pas dû plaire à tous les militants du PS car certains ont monté une liste en parallèle. Sur l’un de leurs tract on pouvait lire textuellement "Notre première priorité sera de continuer à aider les entreprises car ce sont elles qui apportent la richesse et le développement." A gerber surtout que ces militants sont toujours membres du PS et que tous le monde trouve cela normal.

  10. Bourguignon
    27 septembre 2008 at 1 h 03 min

    @Steph.K

    "Note bien que je parle des partis et non pas des militants."

    C’est quoi la différence?

    Les militants ne font-ils pas le parti?

    Quelque chose m’aurait-il échappé dans le fonctionnement démocratique des partis politiques français?

  11. Steph.K
    27 septembre 2008 at 12 h 56 min

    Bourguignon est-ce que tu aurais un exemple d’organisation réellement démocratique ?
    Le PCF est un traître quand il s’allie avec le PS mais cela ne justifie pas à mes yeux de mettre tous ses militants dans le même sac.
    J’ai souvent rencontré des militants du PCF, du PS et même certains de la CFDT honnêtes et intègres. Ce n’est hélas pas le cas de leurs orgas respectives.
    Si le PCF a décidé en hauts lieux de tout faire pour préserver un nombre minimal d’élus, c’est son choix. J’estime quant à moi que c’est une connerie et vu les résultats des dernières élections je ne dois pas être le seul.

  12. Fajua
    27 septembre 2008 at 20 h 06 min

    Je n’ai lu que le billet puis tes échanges avec Quatremer, moi qui n’étais jamais venue chez toi, je me suis régalée ! Chapeau Agnès !

  13. vivretpensercommedesporcs
    28 septembre 2008 at 20 h 35 min

    Et un pavé dans la tronche ! un !

    Jean Quatremer, Sa Bouffissure Européiste

    Au début, j’étais parti pour vous parler de la fête du NPA, que c’était bien et qu’on est content, et que il y avait du monde et surtout plein de nouvelles têtes que c’est la première fois qu’on les voit, et toutes ces sortes de choses…

    Et je tombe sur ça, publié il y a quelques jours.

    Et une noire fumée de me sortir des naseaux…

    Jean Quatremer, européiste béat et ouiouiste hystérique, journaliste qui ne se relit à l’évidence pas et possédant cette qualité particulière d’arrogance boursouflée que semblent partager tous les tenants du "Oui" au TCE, a connu, une fois, un terrible traumatisme : le 29 mai 2005, des tas de gens ont exprimé qu’ils n’étaient pas d’accord avec lui. Le choc dut être terrible, de voir qu’autant de personnes n’ont pas suivi ses consignes de vote, au point que depuis, Jean Quatremer souffre. Terriblement. Il se sent rejeté, il se sent incompris, il se sent le mal-aimé, et c’est dur pour lui, vous comprenez. Mais n’étant que journaliste, et ne disposant donc pas des moyens intellectuels qui permettraient de faire son deuil, il remâche depuis trois ans de noires rancoeurs et épuise son pauvre foie dans une production de bile jaunâtre qu’il tente piteusement d’évacuer dans d’affligeants billets qu’il lâche sur la Toile comme autant de petits crachats dégoûtants.

    En bon névrosé complaisamment installé dans ses petites obsessions mesquines, il n’en finit pas de revenir sur son trauma, et n’a nul problème pour utiliser les habituels raccourcis usés jusqu’à la corde pour accuser les nonistes, ces enculés qui ont osé une fois, rien qu’une fois, ne pas être d’accord avec Sa Bouffissure Européiste, de tout et surtout n’importe quoi. Jean Quatremer s’est enfin trouvé un but dans sa triste existence : il va les faire payer, ces bâtards. Assis devant son clavier, son regard se plisse de haine et sa bouche s’emplit d’une humeur noire et acre quand il évoque le souvenir de ce jour funeste ; c’est désormais son but et sa mission : sa vengeance sera terrible et tous les moyens seront bons. Y compris les plus frelatés, certes, mais Jean Quatremer non seulement est Ouiouiste, mais rappelons le, il est aussi journaliste : c’est dire que le scrupule et l’honnêteté ne sont pour lui que de très lointains concepts.

    Dès les premier paragraphe de son petit tas de vomi froid, tout est dit :

    "Une partie des tenants du « non » à la Constitution européenne a développé, durant la campagne référendaire, des arguments de nature « conspirationnistes », Étienne Chouard en premier lieu(…) Une bonne partie de la gauche extrême (et de la droite extrême) a aussi joué sur le rejet des « élites » qui, bien sûr, ne peuvent que comploter dans le dos du citoyen, innoncente brebis, en vue d’accomplir leurs buts inavouables. L’antilibéralisme, qui n’est souvent que le nouveau nom de l’antiaméricanisme, se nourrit de cette paranoïa. « On » nous ment, « on » nous veut du mal, « on » veut nous mettre au chômage. Le "on" est au choix, l’Europe, les Etats-Unis, le libéralisme, le capital."

    Que les néolibéraux aient des intérêts convergeants et qu’il n’y ait nullement besoin de convoquer la notion de "complot" pour expliquer qu’on puisse se mettre d’accord sur le fond malgré des différences dans les formes, un enfant de trois ans le comprendrait. Jean Quatremer, non. Et le même enfant de trois ans pourrait parfaitement envisager que les mêmes néolibéraux, conscients que ce qu’ils veulent imposer ne sera pas nécessairement bien vu, aient choisi une certaine discrétion et de grandes périphrases pour ne pas être trop frontaux. Jean Quatremer, toujours pas. Il couine "Complot ! Complot !" tout seul dans son coin avant de ricaner devant le bon tour qu’il vient de jouer aux affreux nonistes. Quel genre d’être humain est donc Jean Quatremer ?

    "plusieurs tenants du « non » de gauche soutenant désormais officiellement les thèses conspirationnistes défendues notamment par Thierry Meyssan à propos des attentats du 11 septembre 2001"

    Jean Quatremer n’en finit plus de frétiller d’aise : il a trouvé un lien sur un site qui revoie à une interview, et détient la preuve formelle que l’ensemble de la gauche radicale pense qu’Elvis est encore vivant et qu’il est détenu par la CIA dans la Zone 51. Le choc du 29 mai a décidément dû être d’une rare violence pour altérer à ce point les facultés cognitives, il est vrai fort peu conséquentes au départ, de notre ouiouiste. Mais tout de même.

    Ces pauvres Ouistes, on en viendrait presque à les plaindre, tellement on les voit ne plus finir de pleurnicher à longueur de temps contre ce con de peuple qui n’a pas voulu les écouter. Presque. Puisque depuis trois ans, il est stupéfiant de constater qu’à aucun, mais alors aucun moment, il ne se sont remis une seule fois en question. Pas une seule fois semble t-il n’a traversé les vastes espaces creux qui leur servent de cortex, l’idée que c’était précisément cette morgue, ces raccourcis puants, ces amalgames à deux balles et ce mépris de classe même pas dissimulé, qui ont constitué un puissant levier de la victoire du Non. Jean Quatremer et tous les autres avec lui se murent dans l’autisme et le déni, sans jamais s’interroger, sans jamais se demander si peut-être éventuellement il pourrait y avoir des raisons à ce rejet de la Constitution européenne, et rabâchent les mêmes pauvres sous-arguments qui ne peuvent convaincre qu’eux-mêmes…

    Et oui, ces gens sont éminemment méprisables, en effet.

    http://comite-de-salut-public.blogs

  14. speedy
    29 septembre 2008 at 19 h 06 min

    @vivretpensercommedesporcs 63

    Et moi qui pensait qu’il ne fallait pas trop critiquer J4M ici ! Ajoutons que J4M est convaincu que la France doit être pleinement dans l’OTAN, sans doute pour qu’elle soit plus indépendante des US, et que la commission, dont certains commissaires sont classés comme ultra-libéraux, ne prend que de bonnes décisions.

    A noter, un article du Monde d’hier (ou du jour) qui explique que l’UE serait bien incapable de sortir un plan Paulson pour sauver le système bancaire du vieux continent s’il en avait besoin. Ou plutôt "quand il en aura besoin" ?

    J4M est peut être de la gauche libérale tendance Bayrou ?

    Et Elvis est bien en Zone 51, je l’ai encore vu la semaine dernière :-)

  15. touchatout
    29 septembre 2008 at 22 h 33 min

    Breaking News Alert
    The New York Times
    Monday, September 29, 2008 — 2:07 PM ET
    —–

    La plan Paulson a du plomb dans l’aile .

    Stocks Plunge as House Votes on Bailout

    With enough "no" votes recorded to defeat the measure,
    barring a change in position by some lawmakers, the Standard
    & Poor’s 500-stock index and the Dow Jones average dropped
    sharply from its already depressed level.

    http://www.nytimes.com/?emc=na

  16. Erik
    1 octobre 2008 at 16 h 59 min

    Monsieur Quatremer dit que "le capitalisme a montré une capacité d’adaptation étonnante". Personnellement, étant ingénieur, et donc sans doute incapable de saisir la logique ineffable des économistes, je constate qu’il a surtout une capacité étonnante à pomper l’argent public pour se refaire une santé après chaque naufrage.

    Comme on dit souvent, le capitalisme, c’est la privatisation des gains et la nationalisation des pertes. La démonstration en est donnée par l’actualité aussi clairement qu’un cas d’école.

    Quant aux gens du PS, leur discrétion montre que cette démonstration incontournable leur déplaît quelque part… Savoir pourquoi ? Peut-être parce que les convertis de fraîche date (à l’économie de marché) sont les plus niais des dévots ?

  17. 3 décembre 2008 at 22 h 11 min

    La gauche est morte. Un peu de respect je vous en prie.

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