Une fois de plus, les représentants de la France aurait mieux fait de se tourner sept fois le mulot dans le gosier avant d’en sortir une plus grosse qu’eux.

Il est vrai que depuis Midnight Express, je ne suis pas d’une turcophilie transcendentale, mais les Turcs, qui se font déjà fait refouler comme des malpropres des marches de l’Europe, ont beau jeu de nous enfoncer le nez dans notre propre merde.

Bien sûr qu’il est très malséant de génocider son voisin, ou même de juste regarder ailleurs quand quelqu’un se charge du sale boulot à votre place. Bien sûr que le peuple arménien à le droit à la reconnaissance historique du mal qui lui a été fait. Mais était-ce bien notre rôle de jouer les donneurs de leçons dans cette affaire? Qui nous sommes-nous donc pour prétendre faire le travail de maturation historique d’un peuple à sa place? En quoi sommes-nous légitimes en docteurs es génocide?
Est-ce vraiment très sain d’attaquer un pays sur sa cécité historique lorsque l’on a soi-même égaré ses lorgnons depuis fort longtemps?
Et à quoi rime cette sorte de super compétition du peuple qui a le plus souffert et de peuple le plus coupable?

Les Turcs ont bien raison de souligner nos propres turpitudes et de nous renvoyer à la gueule le Rwanda, d’autant qu’il ne s’agit pas là de la faute de nos arrières-grands-parents.

S’il faut vraiment faire appel au devoir de mémoire, autant que nous commencions par balayer devant notre porte.
J’aimerais alors beaucoup que nous sortions de dessous le boisseau toutes nos archives sur les guerres coloniales, comme l’Indochine ou l’Algérie.
Mais par-dessus tout, j’aimerais vraiment que l’on sorte des oubliettes de l’Histoire notre vrai sale petit génocide rien qu’à nous et que les gens de mon âge et les plus jeunes apprennent enfin ce qu’il s’est réellement passé à Madagascar en 1947.