Donneurs de leçons!

Une fois de plus, les représentants de la France aurait mieux fait de se tourner sept fois le mulot dans le gosier avant d’en sortir une plus grosse qu’eux.

Il est vrai que depuis Midnight Express, je ne suis pas d’une turcophilie transcendentale, mais les Turcs, qui se font déjà fait refouler comme des malpropres des marches de l’Europe, ont beau jeu de nous enfoncer le nez dans notre propre merde.

Bien sûr qu’il est très malséant de génocider son voisin, ou même de juste regarder ailleurs quand quelqu’un se charge du sale boulot à votre place. Bien sûr que le peuple arménien à le droit à la reconnaissance historique du mal qui lui a été fait. Mais était-ce bien notre rôle de jouer les donneurs de leçons dans cette affaire? Qui nous sommes-nous donc pour prétendre faire le travail de maturation historique d’un peuple à sa place? En quoi sommes-nous légitimes en docteurs es génocide?
Est-ce vraiment très sain d’attaquer un pays sur sa cécité historique lorsque l’on a soi-même égaré ses lorgnons depuis fort longtemps?
Et à quoi rime cette sorte de super compétition du peuple qui a le plus souffert et de peuple le plus coupable?

Les Turcs ont bien raison de souligner nos propres turpitudes et de nous renvoyer à la gueule le Rwanda, d’autant qu’il ne s’agit pas là de la faute de nos arrières-grands-parents.

S’il faut vraiment faire appel au devoir de mémoire, autant que nous commencions par balayer devant notre porte.
J’aimerais alors beaucoup que nous sortions de dessous le boisseau toutes nos archives sur les guerres coloniales, comme l’Indochine ou l’Algérie.
Mais par-dessus tout, j’aimerais vraiment que l’on sorte des oubliettes de l’Histoire notre vrai sale petit génocide rien qu’à nous et que les gens de mon âge et les plus jeunes apprennent enfin ce qu’il s’est réellement passé à Madagascar en 1947.

26 réponses
  1. JC
    JC dit :

    Je suis tout à fait d’accord avec vous, la France devrait balayer devant sa porte avant de donner des leçons, même si l’époque est à la valorisation des aspects "civilisateurs" de la colonisation.
    C’est d’autant moins le moment de se coller à dos un grand allié musulman… Et d’ajouter de la tension à une siuation générale pour le moins au bord de la rupture.

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  2. JC
    JC dit :

    Je suis tout à fait d’accord avec vous, la France devrait balayer devant sa porte avant de donner des leçons, même si l’époque est à la valorisation des aspects "civilisateurs" de la colonisation.
    C’est d’autant moins le moment de se coller à dos un grand allié musulman… Et d’ajouter de la tension à une siuation générale pour le moins au bord de la rupture.

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  3. Anièry
    Anièry dit :

    "Oui, il vaudrait la peine d’étudier, cliniquement, dans le détail, les démarches de Hitler et de l’hitlérisme et de révéler au très distingué, très humaniste, très chrétien bourgeois du XXe siècle qu’il porte en soi un Hitler qui s’ignore, que Hitler l’habite , que Hitler est son démon, que s’il le vitupère, c’est par manque de logique, et qu’au fond, ce qu’il ne pardonne pas à Hitler, ce n’est pas le crime en soi, le crime contre l’homme, ce n’est pas l’humiliation de l’homme en soi, c’est le crime contre l’homme blanc, et d’avoir appliqué à l’Europe des procédés colonialistes dont ne relevaient jusqu’ici que les Arabes d’Algérie, les coolies de l’Inde et les nègres d’Afrique.

    Et c’est là le grand reproche que j’adresse au pseudo-humanisme : d’avoir trop longtemps rapetissé les droits de l’homme, d’en avoir eu, d’en avoir encore une conception étroite et parcellaire, partielle et partiale et, tout compte fait, sordidement raciste.(…)"

    Aimé Césaire, "Discours sur le colonialisme".

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  4. Little Big Horn
    Little Big Horn dit :

    Agnès,

    Il ne s’agit pas de reprocher à la France de dénoncer les turpitudes des autres.

    En revanche, tu as raison de rappeler nos propres exactions car même si nous ne sommes pas comptables des actes des générations précédentes, en tant que Farnçais nous avons une part de responsabilité dans le fait de reconnaître les souffances infligées à très large échelle à d’autres peuples placés sous notre domination.

    Et il en va ainsi de part le monde pour tous les peuples coupables de cruautés planifiées à l’encontre de populations civiles désarmées.

    Alors ne nous arrêtons pas en chemin, et poursuivons avec humilité le travail de vérité.

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  5. Dominique
    Dominique dit :

    Notons cependant que peu de personnalité étrangères se montrent hélas capables de faire la différence entre liberté d’expression au sujet d’un fait historique et négation de ce même fait (cf Courrier International)…apparemment.
    Or, le négationnisme n’est pas une opinion, puisqu’il empêche lui-même toute expression d’opinion sur l’interprétation d’un fait. Vis-à-vis de la démocratie, qui doit garantir la liberté d’expression, c’est donc un délit.
    Seulement, il est bien maladroit de légiférer au coup par coup à propos de chaque événement historique… faisons donc une loi qui réprime le négationnisme en général, c’est-à-dire la négation grave d’un fait authentifié : la "gravité" s’appréciant en fonction de l’importance du fait et de celle de sa négation, dans la mesure de ce qui est incontesté à propos de ce fait ; et nous aurons tous les instruments juridiques qu’il nous faut, sans toute cette vaine agitation.

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  6. Anièry
    Anièry dit :

    "En réalité les nations qui entreprennent une guerre coloniale ne se préoccupent pas de confronter les cultures. La guerre est une gigantesque affaire commerciale et toute perspective doit être ramenée à cette donnée. L’asservissement, au sens le plus rigoureux, de la population autochtone est la première nécessité.

    Pour cela il faut briser ses systèmes de référence. L’expropriation, le dépouillement, la razzia, le meurtre objectif se doublent d’une mise à sac des schèmes culturels ou du moins conditionnent cette mise à sac. Le panorama social est déstructuré, les valeurs bafouées, écrasées, vidées.

    Les lignes de forces, écroulées, n’ordonnent plus. En face un nouvel ensemble, imposé, non pas proposé mais affirmé, pesant de tout son poids de canons et de sabres.

    La mise en place du régime colonial n’entraîne pas pour autant la mort de la culture autochtone. Il ressort au contraire de l’observation historique que le but recherché est davantage une agonie continuée qu’une disparition totale de la culture pré-existante. Cette culture, autrefois vivante et ouverte sur l’avenir, se ferme, figée dans le statut colonial, prise dans le carcan de l’oppression. A la fois présente et momifiée, elle atteste contre ses membres. Elle les définit en effet sans appel. La momification culturelle entraîne une momification de la pensée individuelle. L’apathie si universellement signalée des peuples coloniaux n’est que la conséquence logique de cette opération. Le reproche de l’inertie constamment adressé à "l’indigène" est le comble de la mauvaise foi. Comme s’il était possible à un homme d’évoluer autrement que dans le cadre d’une culture qui le reconnaît et qu’il décide d’assumer."

    Frantz Fanon, "Pour la Révolution Africaine".

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  7. marmalow
    marmalow dit :

    Attention, le lien que vous proposez dans votre post sur l’insurection malgache de 1947 semble donner des chiffres inexacts (il parle de 300 000 insurgés tués). Or, une rapide recherche sur Google montre que les historiens, même les plus sévères évoquent 89 000 à 100 000 victimes. Ce qui est déjà énorme et scandaleux…
    Le chiffre de 300 000 morts n’est en fait cité que par un site: "mutation-radicale.org" qui mélange religion et anarchisme dans un délire verbal limite sectaire (et ne cite évidemment pas ses sources). L’ouvrage de référence sur l’insurection est celui du père Jacques Tronchon, "L’Insurection Malgache de 1947", publié en 1974. A noter que depuis, les travaux de certains universitaires estiment que le bilan de Tronchon (89 000 victimes) est surestimé.
    Tout ça n’enlève rien aux exactions des forces coloniales françaises, mais je ne suis pas sûr que le qualificatif de génocide
    (1 500 000 arméniens exterminés) soit le mieux adapté. Un peu de précision ne nuit pas au débat…

    PS: un article du monde diplo de Philippe Leymarie sur la question est aussi disponible en ligne

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  8. les marques du plaisir
    les marques du plaisir dit :

    comme je le soulignais ailleurs, le seul argument recevable concernant la turquie, à partir du moment ou l’on est parti dans une spirale d’intégration européenne à tout crin, c’est qu’on ne peut engager de négociation tant que l’état de guerre entre la turquie et un membre de la CEE persiste .
    C’est marrant, c’est le seul argument que personne n’utilise …
    seraient ils racistes ?

    Répondre
  9. Anièry
    Anièry dit :

    « L’armée faite féroce par l’Algérie. Le général Le Flô me disait hier soir, le 16 octobre 1852 :

    "Dans les prises d’assaut, dans les razzias, il n’était pas rare de voir les soldats jeter par les fenêtres des enfants que d’autres soldats en bas recevaient sur la pointe de leurs baïonnettes. Ils arrachaient les boucles d’oreilles aux femmes et les oreilles avec, ils leur coupaient les doigts des pieds et des mains pour prendre leurs anneaux. Quand un Arabe était pris, tous les soldats devant lesquels il passait pour aller au supplice lui criaient en riant : cortar cabeza !. Le frère du général Marolles, officier de cavalerie, reçut un enfant sur la pointe de son sabre, Il en a du moins la réputation dans l’armée, et s’en est mal justifié."
    Atrocités du général Négrier. Colonel Pélissier : les Arabes fumés vifs. »

    Victor Hugo,"Choses vues", Œuvres complètes, Robert Laffont, op. cit., Histoire, p. 662.

    http://www.ldh-toulon.net/spip.php?…

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  10. birin
    birin dit :

    @Dominique.
    « faisons donc une loi qui réprime … la négation grave d’un fait authentifié »
    Et surtout, empressons nous d’oublier par quel genre de personnages et régimes de telles lois ont été édictées, et dans quel but elles ont systématiquement été utilisées … dans l’histoire justement.
    C’est quoi un "fait" ?
    Authentifiés par qui ?
    Quand est-ce qu’une négation est "grave"

    J’espère que ton message n’était que du second degré. Sinon, je te conseille de le relire, encore et encore, jusqu’à ce que tu perçoives sa dangerosité.

    Répondre
  11. Anièry
    Anièry dit :

    "Vous savez bien que nous sommes des exploiteurs. Vous savez bien que nous avons pris l’or et les métaux puis le pétrole des «continents neufs» et que nous les avons ramenés dans les vieilles métropoles. Non sans d’excellents résultats: des palais, des cathédrales, des capitales industrielles; et puis quand la crise menaçait, les marchés coloniaux étaient là pour l’amortir ou la détourner. L’Europe, gavée de richesses, accorde de jure l’humanité à tous ses habitants: un homme, chez nous, ça veut dire un complice puisque nous avons tous profité de l’exploitation coloniale. Ce continent gras et blême finit par donner dans ce que Fanon nomme justement le «narcissisme».

    Quel bavardage: liberté, égalité, fraternité, amour, honneur, patrie, que sais-je? Cela ne nous empêchait pas de tenir en même temps des discours racistes, sale nègre, sale juif, sale raton. De bons esprits, libéraux et tendres—des néo-colonialistes, en somme—se prétendaient choqués par cette inconséquence; erreur ou mauvaise foi: rien de plus conséquent, chez nous, qu’un humanisme raciste puisque l’Européen n’a pu se faire homme qu’en fabriquant des esclaves et des monstres.

    Nous reculons chaque jour devant la bagarre mais soyez sûrs que nous ne l’éviterons pas: ils en ont besoin, les tueurs; ils vont nous voler dans les plumes et taper dans le tas. Ainsi finira le temps des sorciers et des fétiches: il faudra vous battre ou pourrir dans les camps."

    Jean-Paul Sartre, Extraits de la Préface au "Damnés de la terre", de Frantz Fanon, Paris, Éditions Maspero, 1961.

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  12. bartson
    bartson dit :

    Petit rappel du contexte au lieu de philosopher sur n’importe quoi :
    le génocide arménien de 1915 : 1,5 Millions de morts : les turcs inventent l’expression "solution finale"
    une diaspora éparpillée sur toute la planète
    Une turquie qui nie depuis toujours, qui est alliée au pacte atlantique et que la communauté internationale ne veut pas vexer.
    Une diaspora qui se démène tant bien que mal pour faire entendre sa voix, y arrive, comble de l’horreur, par le terrorisme (ASALA debut des années 80).
    La communauté intenationale reconnait finalement le génocide arménien, la France en tête, mais curieusement, même aujourd’hui, les journalistes parlent rarement de génocide, préfèrant utiliser le mot "massacre".
    La turquie veut rentrer dans l’europe, fait semblant de s’ouvrir à un examen de conscience mais il faudrait être naïf pour croire qu’elle est prête à reconnaitre le génocide.
    Inauguration du monument commémorant le génocide à Lyon en Avril 2006 et manifestation négationniste turque organisée par le gouvernement turc ("les loups gris").
    Je me fous pas mal de savoir si la loi doit réécrire l’histoire ou pas, mais si cette loi est le seul moyen pour interdire ce genre de manifestation blessante pour les arméniens alors c’est une nécessité. Reconnaître le génocide c’est y mettre un terme, le nier c’est en perpétuer l’horreur, comme une lame plantée dans la chair et que l’on ne veut pas retirer.

    Répondre
  13. brigetoun
    brigetoun dit :

    surtout ce n’est pas ça qui va faciliter la tâche de ceux qui en Turquie essaient de faire venir la vérité à la surface, ou de permettre de l’évoquer.
    et la première loi aurait du, mais je me trompe peut-être, permettre de sanctionner les organisateurs de défilés négationistes
    ensuite, désolée pour les camarades et ceux d’en face, mais cette mesure sent tellement l’électorialisme qu’elle en perd toute valeur

    Répondre
  14. Dominique
    Dominique dit :

    @birin

    Veux-tu dire qu’un tribunal serait incapable d’apprécier la gravité d’un acte négationniste quelconque ?
    Mais beaucoup de jugements ne reposent que sur ce pouvoir d’appréciation d’un magistrat indépendant : la mise en danger de la vie d’autrui, par exemple, ne répond à aucun critère prédéfini ; c’est au seul tribunal d’en apprécier la gravité. Or, à tout prendre, on peut imaginer qu’un régime dictatorial pourrait utiliser ce délit pour faire emprisonner n’importe qui : est-ce une raison pour supprimer cet article du code pénal ? De toutes façons, un régime dictatorial fera les lois qu’il voudra…

    Personnellement, je trouve beaucoup moins dangereux de laisser l’appréciation d’un fait de négationnisme à un tribunal (lorsqu’il est, en démocratie, indépendant) que de demander à une assemblée législative de définir au coup par coup et selon les humeurs politiques ce qui est négationniste et ce qui ne l’est pas… comme c’est plus ou moins le cas actuellement.

    …à moins que tu ne veuilles dire qu’il ne faudrait en aucun cas pouvoir réprimer un discours négationniste : abrogeons la loi Gayssot, en ce cas ! Mais j’estime que ce serait un sale coup pour la démocratie que certains puissent court-circuiter le débat en niant les faits mêmes sur lesquels se construisent les débats.

    En tout cas, je trouve que l’argumentation consistant à dire "il y a eu des régimes non démocratiques qui ont fait des lois ressemblant vaguement à ce dont tu parles, donc tu ne sais pas ce que tu dis" est assez légère…

    Répondre
  15. glozons
    glozons dit :

    Ce matin,en écoutant discourir Pascal Bruckner et Ar iel Wizman
    sur I télé, et aprés avoir écouter il y’a 2 samedi Eric Zemour, chez ruquier, dans "nous ne sommes pas couchés"je me suis dit qu’ apré&s le négationnisme de la shoa, un nouveau négationnisme est en marche, un négationnismequi hormis les victimes judéo-chrétiennes de l’histoire, range dans la catégorie des massacres secondaires, cinq siécles d’épopée colonialiste,dont le devoir de mémoire qu’ils exigent est considéres,désormais, par les maitres à penser de l’intelligentsia parisienne, tels que Mr Bruckner, comme un phénoméne freudien de victimisation; ce qui serait désopilant, si le dernier ouvrage de Mr Bruckner n’était une tentative pathétique de refoulement, d’endiguement de la vérité historique.A cet égard je salut la voix de la raison, qui à travers celle d’Agnés ose lever un coin du voile sur les abominations que furent les prouesses humanistes coloniales, depuis la quasi -eradication de la nation indienne, jusqu’au massacre du Rwanda , qui représente une des tragédies à retardement résultant du découpage coloniale de l’Afrique, à travers l’établissement de frontiéres contredisant totalement les réalité ethniques, mais répondant à la volonté des empires coloniaux de se partager le gateau, en divisant pour régner.Jusqu’à aujourdhui encore cette stratégie colniale est source de conflit territoriale sur le continent africain.

    Répondre
  16. enzo d'aviolo
    enzo d'aviolo dit :

    Pour une fois je ne partage pas ton sentiment!
    Ce n’est pas la France qui a qualifié de génocide les massacres des turcs sur les arméniens, ce sont les historiens du monde entier! C’est maintenant clairement reconnu comme un crime contre l’humanité.
    En conséquence, le nier est du négationisme, et comme il a lieu sur notre sol, il me parait tout à fait normal comme pour les juifs lors de la dernière guerre mondiale que cela soit condamnable pénalement.
    Si le négationisme vis à vis du rwanda ou du cambodge existait en France, il faudrait légiférer de même pour le condamner.
    Quand aux massacres coloniaux français, ils n’ont jamais été qualifiés internationalement de génocide par les historiens, ils ne méritent donc pas de loi anti négationisme.
    Il va de soi qu’il sont également fortement condamnables, mais pas pour négationisme.

    Répondre
  17. enzo d'aviolo
    enzo d'aviolo dit :

    Pour une fois je ne partage pas ton sentiment!
    Ce n’est pas la France qui a qualifié de génocide les massacres des turcs sur les arméniens, ce sont les historiens du monde entier! C’est maintenant clairement reconnu comme un crime contre l’humanité.
    En conséquence, le nier est du négationisme, et comme il a lieu sur notre sol, il me parait tout à fait normal comme pour les juifs lors de la dernière guerre mondiale que cela soit condamnable pénalement.
    Si le négationisme vis à vis du rwanda ou du cambodge existait en France, il faudrait légiférer de même pour le condamner.
    Quand aux massacres coloniaux français, ils n’ont jamais été qualifiés internationalement de génocide par les historiens, ils ne méritent donc pas de loi anti négationisme.
    Il va de soi qu’il sont également fortement condamnables, mais pas pour négationisme.

    Répondre
  18. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Tu sais très bien, Enzo, que cette histoire a fort peu avoir avec l’histoire en général et les Arméniens en particulier. Certes, on ne crache pas sur les voix de ceux de la diaspora qui ont le droit de vote, mais c’est surtout une manière un peu grotesque de tenter de justifier le rejet de la Turquie en Europe.

    Sur le négationnisme en particulier, je ne suis sûre non plus que ce soit une bonne idée de faire une loi par génocide. D’ailleurs, la notion de génocide est un peu trop limité. Même celle de crime contre l’humanité. Le massacre des Indiens d’Amériques, c’est un génocide? La déportation des Africains? L’exploitation des Birmans? Et les multiples famines sur cette planète, utilisées comme armes de destruction massive? Ou même le refus de rendre accessibles les médocs qui pourraient sauver la vie de tant de gens sur la planète, particulièrement en Afrique… laquelle reçoit même nos déchets… l’Afrique qui devrait être classée génocide permanent de l’humanité!
    Certes, il ne faut pas tout mélanger, mais il semblerait que la saloperie humaine n’ait pas de limite.
    Dur de légiférer sur l’insondable…

    Répondre
  19. birin
    birin dit :

    @Dominique.

    Oui Dominique, je pense qu’un tribunal est incapable d’apprécier la gravité d’un acte négationniste quelconque, pour la simple raison que je suis incapable de voir la gravité d’un tel acte.
    Contrairement à ce que tu affirmes (la négation court-circuite le débat), je pense que la négation participe au débat ou l’initie. Nier ou affirmer c’est déjà débattre, et les affirmations ou négations fortes engendrent généralement des débats passionnés.
    La négation ne devient dangereuse à mes yeux que quand elle est imposée par des moyens autres que la parole, quand elle ne peut plus être débattue justement, quand elle est imposée par la force ou … par la loi.
    J’ai entendu il y a fort longtemps une expression qui m’a bousculé et fait réfléchir : « l’histoire est écrite par les vainqueurs ».
    Je trouve choquant que la loi punisse le simple fait d’affirmer que les vainqueurs ont écrit ce qui les arrangeait dans les livres d’histoire, car c’est généralement le cas.
    Je repose donc la question : c’est quoi "un fait authentifié" ?
    Si une contre-vérité dictée par les vainqueurs est inscrite dans les livres d’histoire (et ainsi "authentifiée"), la loi que tu préconises interdirait de nier cette contre-vérité.
    Ce serait ainsi le négationnisme qui serait protégé par la loi.
    Et je ne crois pas décrire ici un simple cas d’école.

    Je crains que tu ne te sois mépris. Les régimes dont je parlais n’excluaient nullement les démocraties.
    Les monstruosités coloniales (par exemple) ont souvent été été commises par des démocraties, et les lois instaurant la "véracité" des "bienfaits de la colonisation" aussi.
    Un bon exemple des régimes dont je parlais me semble être celui que nous avons aujourd’hui en France (simple exemple là aussi) qui édicte des lois liberticides et sécuritaires à un rythme effréné.

    Répondre
  20. birin
    birin dit :

    @Dominique.

    Oui Dominique, je pense qu’un tribunal est incapable d’apprécier la gravité d’un acte négationniste quelconque, pour la simple raison que je suis incapable de voir la gravité d’un tel acte.
    Contrairement à ce que tu affirmes (la négation court-circuite le débat), je pense que la négation participe au débat ou l’initie. Nier ou affirmer c’est déjà débattre, et les affirmations ou négations fortes engendrent généralement des débats passionnés.
    La négation ne devient dangereuse à mes yeux que quand elle est imposée par des moyens autres que la parole, quand elle ne peut plus être débattue justement, quand elle est imposée par la force ou … par la loi.
    J’ai entendu il y a fort longtemps une expression qui m’a bousculé et fait réfléchir : « l’histoire est écrite par les vainqueurs ».
    Je trouve choquant que la loi punisse le simple fait d’affirmer que les vainqueurs ont écrit ce qui les arrangeait dans les livres d’histoire, car c’est généralement le cas.
    Je repose donc la question : c’est quoi "un fait authentifié" ?
    Si une contre-vérité dictée par les vainqueurs est inscrite dans les livres d’histoire (et ainsi "authentifiée"), la loi que tu préconises interdirait de nier cette contre-vérité.
    Ce serait ainsi le négationnisme qui serait protégé par la loi.
    Et je ne crois pas décrire ici un simple cas d’école.

    Je crains que tu ne te sois mépris. Les régimes dont je parlais n’excluaient nullement les démocraties.
    Les monstruosités coloniales (par exemple) ont souvent été été commises par des démocraties, et les lois instaurant la "véracité" des "bienfaits de la colonisation" aussi.
    Un bon exemple des régimes dont je parlais me semble être celui que nous avons aujourd’hui en France (simple exemple là aussi) qui édicte des lois liberticides et sécuritaires à un rythme effréné.

    Répondre
  21. enzo d'aviolo
    enzo d'aviolo dit :

    Agnès, effectivement si les intentions que tu prêtes à tous les députés de tous bords qui ont voté cette loi, sont des intentions purement contre l’entrée de la turquie et électorales, vu comme cela, cette loi est dévoyée.
    Pour ma part, je ne le pense pas, du moins pas pour tous. D’ailleurs la turquie entrera dans l’europe via un référendum et vu l’esprit des français actuellement sur cette entrée, les politiques ne devraient pas s’inquiéter?

    Sur la qualification de génocide, je crois qu’il appartient uniquement aux historiens de qualifier un crime de génocide ou de crime contre l’humanité! il me semble que parmi ceux que tu cites, il y en a beaucoup qui ne sont pas qualifés de génocides mais de crimes contre l’humanité.
    Il me semble ainsi que si c’est aux historiens de qualifier, c’est aux politiques de légiférer et condamner toute négation de crime contre l’humanité doublé de la qualification de génocide.
    Voilà c’est mon avis mais je comprends qu’on ne le partage pas.

    sinon, comment ne pas être révolté par tous les abandons et crimes impunis que tu cites! ce sont des crimes contre les oubliés. Ceux là ne font pas l’objet de négationisme, ils font l’objet d’aveuglement consentant!

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  22. eric
    eric dit :

    Dans ce pays, nous avons pris la mauvaise habitude de tout regler par la loi, ce qui fait de notre démocratie un champion toutes catégories en matière de promulgation ..
    Vouloir à tout prix réprimer avant de laisser une chance au dialogue, c’est infantiliser les citoyens que nous sommes.. C’est aussi les enfermer dans des barrières idéologiques de peur de ne pouvoir controler leurs réactions..

    Ils faudra bien qu’un jour, nos politiques se rendent compte que nous sommes des adultes à même de faire la diférence entre le bon sens, et une poignée d’abrutis qui nient un massacre qui est une évidence historique, et ce faisant, se discréditent plus éficacement que ne le ferait la médiatisation d’un procès forcément polémique..
    Nul besoins d’une loi..

    Salutations.
    http://blog.pooocontent.fr/post/200

    Répondre
  23. Luc
    Luc dit :

    "S’il faut vraiment faire appel au devoir de mémoire, autant que nous commencions par balayer devant notre porte."

    Sans parler du fond, c’est un argument parfait pour clore toute discussion. Si l’on se doit d’avoir un pas de porte resplendissant pour critiquer/debattre/condamner… on ne va plus entendre grand’chose dans les annees qui viennent.

    Répondre
  24. Réacs de Gauche
    Réacs de Gauche dit :

    C’est quoi, cette allusion au Rwanda, monument monstrueux de la désinformation du style de ce que T. Meyssan peut pondre?
    On y est peut être allés un peu tard, certes, on a peut être pas très bien fait, certes, mais qui, en dehors de Français, a fait cesser cette tuerie abominable?
    On a suffisamment de choses à se reprocher (j’en conviens fort aisément) pour ne pas en rajouter.

    Répondre
  25. chris
    chris dit :

    @Reacs de gauche

    peut etre voir du coté d’un certain paul barril , ex gendarme elyséen !

    ce n’est pas la premiere fois que la france desarme d’une main ce qu’elle avait armée de l’autre .

    de plus comme les formateurs militaires en place etaient ..francais , c’est clair que j’aurais mal imaginer comment les americains auraient pu intervenir ..chacun sa merde dans ces cas la !!!

    Répondre

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