Pornographie cathodique

Les sondages nous apprennent que les Français plébisicitent les chaînes culturelles, comme Arte ou France 5.
Les mesures d’audiences nous confirment qu’ils passent l’essentiel de leur temps cathodique vautrés devant TF1, un léger filet de bave dégoulinant de la commissure de leur bouche béate.

On aura bien compris qu’il y a loin des déclarations aux pratiques réelles et qu’il est bon de regarder les sondages avec la plus grande circonspection, pour ne pas dire un large sourire narquois. Mais ceci n’est pas mon propos.

Comme la plupart de mes contemporains, j’aime à penser qu’un bon usage de la télévision peut réhausser le niveau culturel général et pourtant, tout comme eux, je me fais régulièrement racoler et captiver par le meilleur de la trash TV

Morphologie du conte

En ce moment, le summun de la fascination morbide télévisuelle est atteint sans conteste par l’émission venue tout droit du pays de tonton Bush : Relooking Extrême. Il m’arrivait parfois de tomber dessus en zappant mollement un soir de coup de mou et de rester scotchée, hésitant entre la répulsion et l’enthousiasme. Mais maintenant que Teva se le programme en Première Mi-temps[1] le dimanche soir, c’est exactement ce qu’il me faut en attendant Urgences sur France 2.

Bien que sachant qu’il ne s’agit là que d’un gigantesque spot de pub à la gloire des maîtres du bistouri, je suis totalement fascinée par le spectacle[2], complètement dans le mouvement de banalisation de la chirurgie esthétique.

Tout le show repose sur la très traditionnelle comparaison avant/après.
Avant, c’est le festival du pou, la parade des grosses vaches complexées, des veaux marins ascendant meule de foin. C’est du Freaks light, on appuie sur notre tendance compationnelle avec l’acharnement qu’un acnéique peut mettre à vider un bubon purulent. Leur vie est un enfer. Personne ne peut le nier. Il est particulièrement infâme d’être moche dans un monde de superficialité. Leur vie sociale ressemble au désert des tartares, le pain, le vain et le Boursin en moins. Quand on voit Heather, avec sa peau d’ancienne obèse qui plisse sur elle comme sur un sharpei, son cou de grenouille, ses yeux de cocker et sa chevelure toute plumée de sphynx, on se dit que 30 millions d’amis est une drogue dure qu’on a bien fait de laisser tomber.

Et c’est au milieu de cette totale bérézina que surgit l’équipe de Relooking Extrême, comme le génie bondit de sa lampe, ou la bonne fée de sa citrouille, à moins que ce ne soit l’inverse. Et l’on bascule dans le merveilleux… à peu de choses près.

Notre vilain petit canard est téléporté en grosse limo jusque sur les hauteurs de Beverly Hill où il est immédiatement pris en main par une tribu de docteurs de l’apparence. Tout y est répertorié : dents pourries, oeil myope, tissus flasques, menton fuyant, poitrine en berne, brioche triomphante et mauvaise peau. Une fois la check list complétée, direction le billard, avec une bienvenue ellipse sur la phase post op’, qui tient plus de la clinique du docteur Moreau que du remake de Cendrillon. Silence radio aussi sur les risques opératoires et leurs complications.
Est refait tout ce qu’il est possible de refaire.

Ensuite, on finit le boulot : le coach gym pour raffermir les muscles, le coach bouffe, histoire de ne pas foutre en l’air ce chef d’oeuvre en recommençant à se goinfrer de malbouffe et de chocogras de retour à une vie normale, le coiffeur pour regonfler les toisons anémiques et redynamiser le tiff, le coloriste pour le rayon de lumière dans la crinière de lionne, le looker qui réapprend à s’habiller[3] et la maquilleuse qui pose la touche finale d’enduit lissant pour mauvais crépis.
Tout cela pour arriver au climax du show, quand la souillon du début devient le centre d’attention, la princesse merveilleuse qui tiendra la vedette du grand bal de fin d’histoire.

On se doute que tout cela sera moins flamboyant par la suite, mais le gros du boulot de revalement devrait quand même tenir un bon moment et permettre à la maintenant gracieuse Heather de faire enfin sauter son pucelage. Elle vivra sûrement heureuse et elle aura peut-être même beaucoup d’enfants, pourvu que la cicatrice de son bide tienne le choc.
En dernier ressort, pendant que celle qui est devenu tellement hot[4] tournoie de bonheur et se pavanne dans son nouveau corps devant ses amis et parents, on a tout de même une petite pensée émue pour son éventuelle descendance qui sera propulsé dans la vie avec le patrimoine génétique de l’ancien crapeau buffle.

La vie de château

Maintenant que la magie moderne a réparé les outrages conjugués d’une certaine inégalité génétique et d’une hygiène de vie plutôt improbable en transformant le crapeau en princesse, on passe sur France 5 pour l’étape 2 du conte de fée moderne : Question maison ou la quintessence du rêve petit bourgeois.

Il faut savoir qu’en ces temps d’incertitude, le jackpot cathodique, c’est la déco, le repli sur son petit chez soi bien douillet, sauf que là, on est tout sauf petit.
Quand on rame comme des boeufs pour boucler les fins de mois, avec des arbitrages aussi subtiles que chauffage ou fromage, Question maison, c’est un peu le collier d’histoires que Shéhérazade murmurait à l’oreille du sultan. Nous voici en plongée sans filet dans des intérieurs cossus et soignés, parcourant d’un air gourmand l’enfilade de pièces décorées avec ce goût que la maîtresse des lieux a du mettre une vie entière d’oisiveté à cultiver.
C’est beau, c’est accueillant, c’est reposant. On aime ces espaces retravaillés avec force de lumières et de couleurs, ces boiseries artistiques, la cheminée d’architecte, les envolées de marches qui défient l’apesanteur, les tissus plissés iréels ou cet évier d’une tonne, taillé dans une seule pièce de marbre fin importé à grand frais d’un pays lointain et exotique. On raffole de la petite chaumière qui titre 10 millions d’euros à l’argus de la bulle immobilière, où la maîtresse de séant a mis un point d’honneur à chiner chacun des meubles livré à l’envie du spectateur. C’est là une plongée stupéfiante dans la France des Français moyens, enfin, tels qu’ils sont racontés par la pub et les discours politiques, ceux chez qui le travail et/ou une succession bienvenue équivaut à une inscription d’office sur la liste de l’ISF.

Bien sûr, à aucun moment, Stéphane Thebaut, qui se répend en compliments devant tant de grâce, de goût et de talents réunis, n’évoque l’aspect purement prohibitif de ces petits intérieurs cousus main. Tout au plus avons-nous droit au quart-d’heure du prolo de service avec SOS maison. D’un seul coup, retour à la vrai vie, où les gens s’entassent comme ils le peuvent dans des appartos trop chers, trop petits et mal foutus. Arrive alors le providentiel Philippe Demougeot et sa petite gomme magique qui efface les cloisons surmunéraires et qui en trois coups de crayon, Deux pots de peinture, un grand jeté de rideau plissé et un lot planches astucieusement montées, transforme l’infâme bouiboui en couverture d’Art et Décoration.

Parce que c’est cela l’ultime pornographie de la télévision : offrir du rêve et de la magie à la masse gélatineuse qui déchoit sans fin, continuer à nous bercer de contes de fées et de légendes urbaines, emprisonner nos regards et nos espoirs dans la petite lucarne, pendant que le monde continue sa course folle et se fait sans nous.

Notes

[1] Les anglophones chevronnés préfèrent parler de Prime Time

[2] Car il ne faut pas s’y tromper, il s’agit bien là d’un énorme et monstrueux spectacle, pas fondamentalement différent de l’exibition de la femme à barbe à la fête foraine.

[3] Fastoche, son boulot, dans des boutiques de luxe, avec quelqu’un qu’on a retaillé pour rentrer dans des sapes pour minces qui tombent bien. Qu’il essaie un peu avec moi, à la Halle aux vêtements, et on verra s’il fait toujours le fier…

[4] Le truc le plus drôle de cette émission qui se déroule dans la très conservatrice et puritaine Amérique contemporaine, c’est que tout le monde souhaite devenir hot, ce qui est faiblement traduit par sexy en français…

49 réponses
  1. Swâmi Petaramesh
    Swâmi Petaramesh dit :

    Ben quand je vois l’envie de vomir qui me monte rien qu’à lire ta description d’un relooking extrême, je suis bien content de n’avoir jamais vu même pas 3 secondes d’aucunes des émissions pollutions que tu mentionnes ici.

    P.S.: 2 participes passés mal t’à propos à la place de deux infinitifs, à la fin du deuxième paragraphe du corps, juste avant le premier inter-titre. Ooops.

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  2. prevalli
    prevalli dit :

    Salut agnes

    j’espére que tu es sorti de la galére, je viens de réouvir mon blog. Mon précédent s’appelait Utopie(s) maleureusement un migration forcée (pas de la faute a sarko cette fois) l’a rendu inopérant. J’en ai recrée un appelé Lune Hiver Cité.
    Je serais ravi de te voir y mettre un mot de temps en temps et encore plus reconnaissant si tu mettait ton lien sur Utopie(s) à jour.

    J’adore ton blog.

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  3. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Pourquoi? Mon temps doit forcément être rentable? 😀
    En plus, c’est très fascinant, tout cela : en filigrane, ça nous en apprend beaucoup sur la société dans laquelle nous vivons et sur nous-même.

    Ce que je n’ai manifestement pas réussi à mettre en lumière, c’est que fondamentalement, on reste dans quelque chose d’intemporel : la métamorphose magique de la grenouille en princesse, et la fascination du peuple pour les châteaux de ses tyrans…

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  4. Actustragicus
    Actustragicus dit :

    Après la lecture de ce papier, j’ai un peu de mal à en comprendre la phrase initiale : "j’aime à penser qu’un bon usage de la télévision peut réhausser le niveau culturel général"… je crois qu’il n’y a qu’une seule chose raisonnable à faire avec la télé : poubelle. Le reste n’est que littérature et bonnes excuses pour bonne conscience… Même les meilleures émissions ont besoin d’une heure nous montrer ce qu’un livre ou Internet explique en 5 minutes.

    Répondre
  5. brigetoun
    brigetoun dit :

    une chose que je comprends mal. Je n’ai pas de télévision, n’en ai jamais eu et n’en veux pas avoir mais je ne lis que des critiques de ceux qui l’ont. Alors, pourquoi l’ont-ils ?

    Répondre
  6. brigetoun
    brigetoun dit :

    une chose que je comprends mal. Je n’ai pas de télévision, n’en ai jamais eu et n’en veux pas avoir mais je ne lis que des critiques de ceux qui l’ont. Alors, pourquoi l’ont-ils ?

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  7. galunto
    galunto dit :

    Bonjour Agnès (je me permets de vous appeler par votre prénom bien que ce soit la première fois que je poste un commentaire sur votre blog)

    A mon sens vous faites une petite erreur d’interprétation du graphique publié dans le rapport d’information du Sénat. Les courbes n’illustrent pas les « déclarations » des personnes interrogées quant aux chaînes de télé qu’elles regardent, mais leur satisfaction à les regarder. A ce sujet, le rapport souligne bien quelques lignes au dessus du graphique, l’écart entre cette satisfaction et les pratiques réelles.
    Que cela veut-il dire ? Et bien simplement que les gens regardent la télévision pour un certain nombre de raisons différentes, parmi lesquelles la satisfaction éprouvée ne figure pas forcément parmi les plus importantes.

    Répondre
  8. galunto
    galunto dit :

    Bonjour Agnès (je me permets de vous appeler par votre prénom bien que ce soit la première fois que je poste un commentaire sur votre blog)

    A mon sens vous faites une petite erreur d’interprétation du graphique publié dans le rapport d’information du Sénat. Les courbes n’illustrent pas les « déclarations » des personnes interrogées quant aux chaînes de télé qu’elles regardent, mais leur satisfaction à les regarder. A ce sujet, le rapport souligne bien quelques lignes au dessus du graphique, l’écart entre cette satisfaction et les pratiques réelles.
    Que cela veut-il dire ? Et bien simplement que les gens regardent la télévision pour un certain nombre de raisons différentes, parmi lesquelles la satisfaction éprouvée ne figure pas forcément parmi les plus importantes.

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  9. Claudius
    Claudius dit :

    Eh bien moi, j’aime bien la télévision. Le tout est de faire comme pour ses bouquins, comme pour ses sorties, comme pour ses "cinémas", comme pour ses restaurants , comme pour ses sites et ses blogs à visiter, le tout est de choisir.

    Les émissions que décrit Agnès, je les connais par l’intermédiaire du zapping de Canal, instants trés pratiques qui vous montrent très souvent le moment débile ou fameux qu’il ne fallait pas louper et vous fait grâce du reste de l’émission.

    La télévision, bien utilisée, est un outil extrèmement utile.

    Répondre
  10. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Mais c’est quoi cette tribu d’ayatollah du tuner? J’ai l’impression d’un coup de n’être lue que par ceux qui se font suffisamment suer le soir, pendant que les autres mattent une bonne grosse série des familles. S’il n’y a que les télespectateurs abstinents qui s’égarent par ici, autant dire que le Grand Soir, c’est pas pour demain!!! 😉

    La télé, c’est exactement comme la langue d’Ésope : c’est la meilleure et la pire des choses.
    Avec vos conneries, je vais être obligée de pondre un billet sur le meilleur! 😎

    Répondre
  11. Tagada
    Tagada dit :

    Salut Monolecte.

    Je n’ai plus la télé depuis longtemps. A mon sens, et même si j’adorais perdre mon temps à regarder des inepties, avoir aujourd’hui une télévision a pour résultat de confirmer ces gens-là dans l’opinion qu’ils peuvent nous montrer n’importe quoi. Nos protestations polies n’ont aucun effet concret.

    Répondre
  12. Anièry
    Anièry dit :

    "A voir toutes ces petites-bourgeoisies se précipiter goulûment, panurgiquement, hystériquement vers tous les mirages de la société de consommation, pour s’étourdir bruyamment de plaisirs fugaces et surfaits et se donner en spectacle à elles-mêmes, on a l’impression d’assister à quelque moderne danse macabre gambadant joyeusement vers le néant au rythme lancinant des sonos déchaînées.

    Les éléments d’analyse sociologique que nous avons rappelés plus haut permettent de comprendre que la "volonté de ne pas savoir" qui caractérise l’attitude actuelle d’une grande partie des classes moyennes ne relève pas tant, à proprement parler, d’une décision rationnelle et réfléchie d’ignorer les aspects dérangeants de la réalité que d’une compétence pratique, une forme de savoir-être commandée en profondeur par nos intérêts les plus incorporés et par nos prédispositions à ne percevoir, ne ressentir, n’examiner et ne rechercher spontanément que ce qui a toute probabilité objective de nous agréer et de nous gratifier; et au contraire à tenir à distance, éluder et contourner, sans davantage de calcul, toute interaction, occurrence ou situation ayant une grande probabilité objective de contredire le rapport personnel que nous nous sommes construit avec nous-mêmes et avec le monde qui nous entoure."

    Alain Accardo, "Le petit-bourgeois gentilhomme. La moyennisation de la société."
    Ed. Labor / Ed. Espace de libertés.

    Répondre
  13. mat-88
    mat-88 dit :

    Perso, j’ai également viré la télé. Mais faut pas se leurrer : avec internet dans 2 ans on a la télévision sans téléviseur avec l’accès au net. Et le bidule que j’ai dégagé par la porte reviendra par la fenêtre.
    Moi qui pensait protéger mes filles des obscènités télévisuelles, va falloir que je revois ma copie.

    a+.
    mat-88

    Répondre
  14. mat-88
    mat-88 dit :

    ayatollah du tuner?

    Effectivement, je pense que la télé est fondamentalement un mauvais média. Non pas pour les images qu’il véhicule, mais pour la manière dont il place les citoyens en position de téléspéctateur/consommateur : assis devant la télé on est entièrement passif, c’est un media monodirectionnel qui tue la possibilité d’expression.

    C’est pour cela que je pense qu’internet, même avec plein de conneries dedans est fondamentalement mieux. Au moins il laisse la possibilité à chacun de s’exprimer, voir l’encourage. Etrangement, je trouve qu’internet à tendance à recréer du ‘lien social’ par écran interposé, alors que la télé coince des individus dans des appartements et brise les contacts.

    Bon, mais en fait cela n’a plus grand chose à voir avec ton post initial… mais un peu quand même 🙂

    a+.
    mat-88

    Répondre
  15. mat-88
    mat-88 dit :

    ayatollah du tuner?

    Effectivement, je pense que la télé est fondamentalement un mauvais média. Non pas pour les images qu’il véhicule, mais pour la manière dont il place les citoyens en position de téléspéctateur/consommateur : assis devant la télé on est entièrement passif, c’est un media monodirectionnel qui tue la possibilité d’expression.

    C’est pour cela que je pense qu’internet, même avec plein de conneries dedans est fondamentalement mieux. Au moins il laisse la possibilité à chacun de s’exprimer, voir l’encourage. Etrangement, je trouve qu’internet à tendance à recréer du ‘lien social’ par écran interposé, alors que la télé coince des individus dans des appartements et brise les contacts.

    Bon, mais en fait cela n’a plus grand chose à voir avec ton post initial… mais un peu quand même 🙂

    a+.
    mat-88

    Répondre
  16. Actustramachin ;-)
    Actustramachin ;-) dit :

    "J’ai l’impression d’un coup de n’être lue que par ceux qui se font suffisamment suer le soir, pendant que les autres mattent une bonne grosse série des familles."

    … ben oui : si je matais tous les soirs de bonnes grosses séries, je n’aurais pas le temps d’aller en plus jeter un oeil dans la blogosphère. CQFD.

    Répondre
  17. Tomek
    Tomek dit :

    ce qui me gêne le plus dans ce qui est montré à la télé maintenant, c’est le décalage avec la réalité, le clinquant, le show-biz pour tout et tous (ou presque), le superficiel-fait-loi, comme un gouffre, que dis-je, une dorsale atlantique d’avec des valeurs qui sont miennes… dès que j’aperçois une pub, ou une émission à la con (du style décrit par Agnès), je deviens énervé/enragé, au grand désespoir de mon entourage…

    Un simple exemple réducteur : non, la musique / le milieu musical ne se limite pas à la star academy. Il est même très mais alors très différent et multiforme. Et pourtant, en croisant des gens (monsieur tout le monde, le fameux), on s’aperçoit que pour eux la musique n’est rien d’autre que ces pantins manipulés et surexposés. Pouah !

    Bon sans parler des JT, mais là, d’autres en parlent très bien…

    Répondre
  18. Tomek
    Tomek dit :

    ce qui me gêne le plus dans ce qui est montré à la télé maintenant, c’est le décalage avec la réalité, le clinquant, le show-biz pour tout et tous (ou presque), le superficiel-fait-loi, comme un gouffre, que dis-je, une dorsale atlantique d’avec des valeurs qui sont miennes… dès que j’aperçois une pub, ou une émission à la con (du style décrit par Agnès), je deviens énervé/enragé, au grand désespoir de mon entourage…

    Un simple exemple réducteur : non, la musique / le milieu musical ne se limite pas à la star academy. Il est même très mais alors très différent et multiforme. Et pourtant, en croisant des gens (monsieur tout le monde, le fameux), on s’aperçoit que pour eux la musique n’est rien d’autre que ces pantins manipulés et surexposés. Pouah !

    Bon sans parler des JT, mais là, d’autres en parlent très bien…

    Répondre
  19. ragnvald
    ragnvald dit :

    "dès que j’aperçois une pub, ou une émission à la con (du style décrit par Agnès), je deviens énervé/enragé, au grand désespoir de mon entourage…" dit Tomek.

    C’est justement ça qui me sert de critère pour juger d’une émission, d’un film, etc. : "dans quel état psychique je me trouve à la fin." C’est bien pour ça que je préfère voir un film de Kurosawa à un quelqonque JT.

    Mais c’est valable aussi pour le net: à force de privilégier les sites qui pourchassent les obscénités politico-socio-économiques, je n’en ressors pas indemne. "Plus on remue la m…., plus elle pue", dit un proverbe.

    Ne sommes-nous pas confrontés de temps à autre au dilemne: voir la réalité avec toutes ses saletés, passées, présentes et à venir, et en éprouver un dégoût de plus en plus fort, ou bien fermer les yeux sur tout ça et "advienne que pourra, j’en ai plus rien à foutre, et je vis ma vie au jour le jour".

    Dégoût + impuissance + haine: il paraît, je l’ai plusieurs fois entendu dire par je ne sais qui et lu je ne sais où, que le monde est beau et que l’espèce humaine est le chef-d’oeuvre de la vie!

    Répondre
  20. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Je crois que tu as mal lu Z, Mat-88. Il ne dit pas que ça lui permet de connaître les gens, mais la manière dont on les informe collectivement. La nature de la propagande, en sorte.
    Ceux qui vont sur le net ou qui sont curieux de certaines informations on dû finir par entendre les contradicteurs de Ono-Le Point-Thierry X. Les autres, pour se faire une opinion, et guider leur bulletin de vote, ils ont Le Point et la télé… brrrrr.

    Bien sûr que tu as des amis, voisins et collègues avec lesquels tu discutes. Mais en moyenne, tout ce petit monde est relativement homogène socialement (voui, on a toujours 1 pauvre et 1 riche dans l’escarcelle, sans se poser la question de savoir comment ils s’y trouvent) et même idéologiquement. Tu as beaucoup de potes RMIstes? Banquiers? Directeurs Opérationnels? Femmes de ménage industriel? Zonard dans le 93? Agriculteur en artichauds bretons? Pilotes de ligne? Ecrivains? Caissière? SDF? Grands bourgeois?
    Cette énorme diversité de personnes, de lieux, de modes et de niveaux de vie, se retrouve massivement devant les JT de TF1 et France 2 et pensent que ce qui passe dans Envoyés Spécials, c’est forcément juste…

    Répondre
  21. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Je crois que tu as mal lu Z, Mat-88. Il ne dit pas que ça lui permet de connaître les gens, mais la manière dont on les informe collectivement. La nature de la propagande, en sorte.
    Ceux qui vont sur le net ou qui sont curieux de certaines informations on dû finir par entendre les contradicteurs de Ono-Le Point-Thierry X. Les autres, pour se faire une opinion, et guider leur bulletin de vote, ils ont Le Point et la télé… brrrrr.

    Bien sûr que tu as des amis, voisins et collègues avec lesquels tu discutes. Mais en moyenne, tout ce petit monde est relativement homogène socialement (voui, on a toujours 1 pauvre et 1 riche dans l’escarcelle, sans se poser la question de savoir comment ils s’y trouvent) et même idéologiquement. Tu as beaucoup de potes RMIstes? Banquiers? Directeurs Opérationnels? Femmes de ménage industriel? Zonard dans le 93? Agriculteur en artichauds bretons? Pilotes de ligne? Ecrivains? Caissière? SDF? Grands bourgeois?
    Cette énorme diversité de personnes, de lieux, de modes et de niveaux de vie, se retrouve massivement devant les JT de TF1 et France 2 et pensent que ce qui passe dans Envoyés Spécials, c’est forcément juste…

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  22. Z
    Z dit :

    La télé est peut-être fondamentalement un mauvais média, et internet un bon média. Il n’en reste pas moins que l’on ne peut pas, à mon avis, bien comprendre la société dans laquelle on vit si on ne suit pas un peu (même de loin) l’évolution du PAF, ce qui permet de se rendre compte de ce qu’une bonne partie des Français considère comme la réalité, la norme, le modèle.

    Il m’arrive (très souvent) de regarder le JT de 20h de TF1 ou France 2, non pas pour "m’informer" tout court (ce que je fais sur internet principalement), mais pour m’informer de la manière dont on informe les gens lors de ces grandes messes télévisuelles qui constituent encore la source principale d’informations d’une majorité de la population, je crois. Ces JT ne sont plus pour moi sources d’information mais sujets d’information. Refuser de regarder la télé, c’est une façon de se préserver de la médiocrité télévisuelle, mais ça peut aussi être une façon de perdre le contact avec la réalité d’une bonne partie de nos concitoyens, de s’enfermer dans une bulle, de fuire devant l’ennemi plutôt que de le regarder dans les yeux, d’un certain point de vue. Attention, je ne cherche pas à dire insidieusement que ceux qui ont jeté leur télé ont fait preuve de lâcheté (au contraire, il s’agit plutôt d’une sorte de courage, selon moi). Mais les Français qui fréquentent assidûment internet pour s’informer, débattre, etc, sont encore archi-minoritaires, et pour prendre la température de l’opinion (ou de l’absence d’opinion) des Français, la télé me semble encore actuellement un indicateur plus fiable et représentatif que la blogosphère, par exemple.

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  23. mat-88
    mat-88 dit :

    Bon, ben je suis absolument pas d’accord avec toi Z. Mais c’est vraiment pas grave :-).

    Je ne sais pas si internet est un "bon" media. Je pense juste qu’internet est potentiellement mieux.

    D’autre part, j’ai de la famille, des amis, des collègues, des voisins, il faut arrêter de croire que quand on a pas la télé on peut pas comprendre les réactions d’une "partie des français". C’est fou ça de croire qu’on comprend mieux les gens lorsqu’on regarde leur télé que lorsqu’on les cotoient : il n’y a même pas besoin de télé pour suivre l’évolution du paf, il suffit de papoter.

    Ensuite, pour prendre la température des français, les blogs c’est très bien. C’est sûr que si on reste sur 3 blogs de personne avec qui on est toujours d’accord on va être à coté de la plaque, mais quand on voit la masse des skyblogs, les divers forums de magazines divers on a, je trouve, un bon éventail des différentes opinions et de celles dominantes. D’ailleurs on oublie vite que la télé ne représente qu’une partie des français et des opinions, et d’autres parties non-négligeable ne sont absolument pas représentées à la télévision.

    Enfin, et sans démagogie, pour discuter avec beaucoup de personnes qui ont la télé. Je trouve que les téléspectateurs ont des opinions très surprenantes sur les personnes qui n’ont pas la télé par choix. C’est toujours les mêmes clichés : on est hors de la réalité, des intellos, des associaux, alors que moi, je vais au ciné, je vois des amis, je regarde des DVDs, je navigue sur le Net… et je baise. On est comme vous, sauf qu’on a pas la télé, et on a plus de temps pour des trucs qui nous tiennent à coeur.

    Répondre
  24. Z
    Z dit :

    Bravo, Agnès, je n’aurais pas mieux dit que toi!!!

    Renvoi du "bon point" mis à part, mat-88, je t’assure que je rêve d’un monde où tout le monde lacherait la télé comme toi pour aller au ciné, voir des amis et baiser (entre autres choses merveilleuses). Mais tant que ça n’est pas le cas, j’exprime toujours l’envie de me tenir au courant de ce qui s’y passe (à la télé), directement et sans attendre les critiques et analyses "de deuxième main" sur les blogs ou ailleurs.

    Quant à la comparaison télé/internet, c’est un autre débat un peu hors-sujet, je pense pour ma part que c’est un faux débat parce que :
    – les problèmes de la télé sont grosso modo de 3 ordres : la passivité, l’addiction, la désinformation.
    – 2 de ces problèmes (addiction et désinformation) se retrouvent sur internet et de manière amplifiée, à mon sens.
    – le 3è problème (passivité) peut être à peu près absent : si on fréquente les bons sites, on peut sans cesse donner son avis, s’exprimer. Mais cela conduit à un surplus d’informations qui ne sont que rarement très pertinentes. (Ce ne sont pas toujours les plus réfléchis et les mieux informés qui donnent leur avis).

    Donc pour moi, internet reste un merveilleux outil, mais rempli de pièges, tout comme la télé. Le problème n’est pas dans le médium mais dans la volonté ou non d’inculquer un esprit critique à nos citoyens (dès l’école bien sûr).

    Répondre
  25. Tomek
    Tomek dit :

    tout à fait d’accord avec toi, Z (commentaire 21).

    Cela dit, j’ai choisi à un moment donné de ne plus avoir de télé : en effet pour les infos, je m’accrochais encore à la radio (avant qu’elle ne devienne aussi pourrie que la télé) et maintenant à internet.
    Je ne voulais plus me laisser influencer par les pubs² (car bien qu’on le nie, on est forcément influencé) parfois bien faites – il faut l’avouer – et parfois révoltantes ; globalement, bien peu d’émissions retenaient mon attention ; et puis qu’il est bon d’avoir du temps pour vivre autrement…

    A une époque où j’ai travaillé au rayon culturel d’un supermarché – faut bien vivre – j’étais quand même obligé d’entendre parler de tout ce qui se passait à la télé, vu que les commandes et les ventes étaient (et sont toujours) souvent liées au marketing de la chose, promo, passage en émission, pub… De même, le fait d’écouter les conversations des collègues était particulièrement révélateur et instructif sur la TV.
    En conclusion : elle ne m’a jamais manqué.

    Il se trouve que maintenant je vis avec quelqu’un qui apprécie d’avoir la télé pour différentes raisons (se détendre devant un truc débile, notamment, ce que je ne juge pas, enfin j’essaie), ce qui me permet effectivement :
    a) de pouvoir me rendre compte moi-même de l’évolution de ce média depuis 6 ans, et cela va sans dire, je trouve ça pitoyable ;
    b) d’étudier la façon de traiter l’information (pareil pour la radio…).

    Mais c’est vrai que j’ai énormément de mal à résister longtemps (plus de 5 min) devant un programme merdique – les pages de pub en font bien évidemment partie.

    ²il y en a déjà bien assez dans les rues et les centres commerciaux, enfin partout…

    Répondre
  26. mat-88
    mat-88 dit :

    Pas tout à fait Agnès, ce n’est pas seulement ce que Z a ecrit. Il a abordé 2 points :
    1- L’analyse de la télé comme objet de propagande (effectivement).
    2- L’analyse de la télé comme reflecteur de ce qui serait la réalité des croyances (du paradigme?) des français.

    Et pour le point 2 je persiste et signe sur ce que j’ai écrit (même si j’ai fait quelques hors-sujets).

    (Mince, je voulais développer mais je dois foncer chercher mes filles. a+)


    Je ne dit pas que c’est tous des potes, mais je discute effectivement avec des personnes très diverses.

    RMIstes? – Oui.
    Banquiers? – Oui.
    Directeurs Opérationnels? – Directeurs techniques plutot.
    Femmes de ménage industriel? – Oui
    Zonard dans le 93? – Oui
    Agriculteur en artichauds bretons? – Ah là non. Je suis plutot citadin, je connais pas beaucoup d’agriculteurs.
    Pilotes de ligne? – Stewart ? ça compte?
    Ecrivains? – Oui
    Caissière? – Oui
    SDF? – Plus maintenant.
    Grands bourgeois? – Pas sûr de ce que l’on appelle "grand bourgeois".

    Répondre
  27. mat-88
    mat-88 dit :

    Pas tout à fait Agnès, ce n’est pas seulement ce que Z a ecrit. Il a abordé 2 points :
    1- L’analyse de la télé comme objet de propagande (effectivement).
    2- L’analyse de la télé comme reflecteur de ce qui serait la réalité des croyances (du paradigme?) des français.

    Et pour le point 2 je persiste et signe sur ce que j’ai écrit (même si j’ai fait quelques hors-sujets).

    (Mince, je voulais développer mais je dois foncer chercher mes filles. a+)


    Je ne dit pas que c’est tous des potes, mais je discute effectivement avec des personnes très diverses.

    RMIstes? – Oui.
    Banquiers? – Oui.
    Directeurs Opérationnels? – Directeurs techniques plutot.
    Femmes de ménage industriel? – Oui
    Zonard dans le 93? – Oui
    Agriculteur en artichauds bretons? – Ah là non. Je suis plutot citadin, je connais pas beaucoup d’agriculteurs.
    Pilotes de ligne? – Stewart ? ça compte?
    Ecrivains? – Oui
    Caissière? – Oui
    SDF? – Plus maintenant.
    Grands bourgeois? – Pas sûr de ce que l’on appelle "grand bourgeois".

    Répondre
  28. herve
    herve dit :

    Ca me rappelle un truc de Brétécher…

    « il m’arrive, certains soirs… bon, exceptionnellement… quand j’ai eu une journée fatigante au bureau… et je pourrais d’ailleurs dire que je chercher par là à intérioriser les formes de distraction des masses populaires, ce qui ne serait pas tout à faut faux… mais foin de précautions oratoires… il m’arrive de regarder des âneries à la tv »

    Ouaaffff.

    Si on suit le raisonnement de Z, on regarde aussi la tv réalité, on lit Marc Lévy, on va au salon de l’auto, etc, juste pour savoir ce que font « les gens ».

    Désolé, mais ça tient pas en l’air. Quand est-ce que j’ai le temps de finir de lire Alphonse Allais avec tout ça ? Merde alors, je suis portant pas un intello malade, je veux juste bouquiner un truc pour mon plaisir. Si je passe une demi heure devant cette connerie, c’est pou ainsi dire râpé, ma seule chance de regarder le JT c’est de le faire en épluchant les légumes pour la bouffe du soir — ce qui arrive, c’est vrai, quand je pars du boulot trop tard (comme ce soir). Mais franchement, le JT de mes couilles, tu le regardes une fois tous les 6 mois, t’as compris comment ça marchait et ça suffit à le garder à l’esprit. Pour le reste, les discussion de coin café suffisent à apprendre qu‘ils ont montré tel ou tel truc à la con.

    Bon, je réponds au questionnaire d’Agnès, il me fait marrer.

    RMIstes – Au moins un, j’en ai eu beaucoup plus mais je les ai perdus de vue (ou ils sont plus au RMI)

    Banquiers – Euh. Non, je vois pas.

    Directeurs Opérationnels – Qu’ès aco ?

    Femmes de ménage industriel – Hum, une qui s’est recyclée dans la tenue d’un salon de thé / resto, ça marche ?

    Zonard dans le 93 – Non.

    Agriculteur en artichauds bretons – Non, mais des éleveurs, ça le fait ?

    Pilotes de ligne – Non, mais mon beauf bosse chez Airbus, et il pilote pour son plaisir, j’ai un demi point ?

    Ecrivains – Une écrivaine, pas connue, publiée un peu quand-même…

    Caissière – Euh, oui, mais faudrait que je bouge mon cul pour prendre des nouvelles.

    SDF – Y’en ai connu.

    Grands bourgeois – Pareil, y’en ai connu… une fois je suis allé chez une meuf qui m’avait invité, ouaaaah le putain d’appart immense en plein coeur de Lyon avec des vrais Utrillo aux murs… et un autre mec, encore plus richissime… perdus de vue, pas spécialement envie de les revoir…

    En fait, le truc, c’est que je sors plus, je voyage plus, je vois plus personne. C’est chiant.

    Répondre
  29. herve
    herve dit :

    Ca me rappelle un truc de Brétécher…

    « il m’arrive, certains soirs… bon, exceptionnellement… quand j’ai eu une journée fatigante au bureau… et je pourrais d’ailleurs dire que je chercher par là à intérioriser les formes de distraction des masses populaires, ce qui ne serait pas tout à faut faux… mais foin de précautions oratoires… il m’arrive de regarder des âneries à la tv »

    Ouaaffff.

    Si on suit le raisonnement de Z, on regarde aussi la tv réalité, on lit Marc Lévy, on va au salon de l’auto, etc, juste pour savoir ce que font « les gens ».

    Désolé, mais ça tient pas en l’air. Quand est-ce que j’ai le temps de finir de lire Alphonse Allais avec tout ça ? Merde alors, je suis portant pas un intello malade, je veux juste bouquiner un truc pour mon plaisir. Si je passe une demi heure devant cette connerie, c’est pou ainsi dire râpé, ma seule chance de regarder le JT c’est de le faire en épluchant les légumes pour la bouffe du soir — ce qui arrive, c’est vrai, quand je pars du boulot trop tard (comme ce soir). Mais franchement, le JT de mes couilles, tu le regardes une fois tous les 6 mois, t’as compris comment ça marchait et ça suffit à le garder à l’esprit. Pour le reste, les discussion de coin café suffisent à apprendre qu‘ils ont montré tel ou tel truc à la con.

    Bon, je réponds au questionnaire d’Agnès, il me fait marrer.

    RMIstes – Au moins un, j’en ai eu beaucoup plus mais je les ai perdus de vue (ou ils sont plus au RMI)

    Banquiers – Euh. Non, je vois pas.

    Directeurs Opérationnels – Qu’ès aco ?

    Femmes de ménage industriel – Hum, une qui s’est recyclée dans la tenue d’un salon de thé / resto, ça marche ?

    Zonard dans le 93 – Non.

    Agriculteur en artichauds bretons – Non, mais des éleveurs, ça le fait ?

    Pilotes de ligne – Non, mais mon beauf bosse chez Airbus, et il pilote pour son plaisir, j’ai un demi point ?

    Ecrivains – Une écrivaine, pas connue, publiée un peu quand-même…

    Caissière – Euh, oui, mais faudrait que je bouge mon cul pour prendre des nouvelles.

    SDF – Y’en ai connu.

    Grands bourgeois – Pareil, y’en ai connu… une fois je suis allé chez une meuf qui m’avait invité, ouaaaah le putain d’appart immense en plein coeur de Lyon avec des vrais Utrillo aux murs… et un autre mec, encore plus richissime… perdus de vue, pas spécialement envie de les revoir…

    En fait, le truc, c’est que je sors plus, je voyage plus, je vois plus personne. C’est chiant.

    Répondre
  30. Laurent GUERBY
    Laurent GUERBY dit :

    Z, preums !

    Une discussion (prémonitoire) sur libération ici :

    http://bruxelles.blogs.liberation.f

    "

    Jean Quatremer, dans les médias la presse écrite et la télévision ne sont pas véritablement comparables car il faut faire un effort pour lire et pas vraiment d’effort pour regarder la télévision.

    Ensuite, penser ou ne pas penser comme le journal qu’on lit est un faux problème pour moi. Le vrai problème est la trop forte tendance a présenter des faits et chiffres très partiels et hors contexte que la presse a prise. Et aussi ne pas arrêter de ressasser les mêmes idées et opinions creuses (les politiques le font, ce n’est pas une raison pour que la presse suive le mouvement sans aucune critique).

    Personnellement je suis abonné au Monde Diplomatique et le journal que j’achète le plus souvent est le Canard Enchainé (et je suis loin d’être d’accord avec tout ce que ces publications emettent comme opinions). Je n’ai pas la télé. Libération et d’autres publications (via web, ou quand je prends l’avion sur Air France car c’est offert) me servent pour savoir ce que les annonceurs et les riches propriétaires veulent mettre en avant, les blogs me servent à trier cela avec d’autres et à discuter de sujets fondamentaux dont la presse ne parle pas ou extrêmement mal.

    Au passage, pour la presse USA et sur le point de vue économique, un bon blog ici :

    http://beatthepress.blogspot.com/

    Ceci dit blog ne veut evidemment pas dire qualité non plus : debat2007.fr est un bon exemple de blog tres proche de la presse dans ses errements (vu les sponsors qui sont les amis des riches propriétaires c’est sans surprise), mais il y en a suffisament pour qu’on puisse facilement trier.

    Rédigé par: Laurent GUERBY | le 02/07/2006 à 20:30
    "

    Répondre
  31. neige
    neige dit :

    Télé ou pas télé, je m’en fiche un peu à vrai dire. Par contre, je ne me fiche pas du tout du talent du Monolecte (que je salue bien bas) à décrire par le menu les tenants et aboutissants de ces émissions à la c.. qui nous piègent un jour ou l’autre…

     Qu'il est bon de nous aider de manière si humoristique et 

    fracassante à ne pas être dupes de

     ce type de spectacle, qu'on ait une 

    télé ou pas!

    Répondre
  32. neige
    neige dit :

    Télé ou pas télé, je m’en fiche un peu à vrai dire. Par contre, je ne me fiche pas du tout du talent du Monolecte (que je salue bien bas) à décrire par le menu les tenants et aboutissants de ces émissions à la c.. qui nous piègent un jour ou l’autre…

     Qu'il est bon de nous aider de manière si humoristique et 

    fracassante à ne pas être dupes de

     ce type de spectacle, qu'on ait une 

    télé ou pas!

    Répondre
  33. mat-88
    mat-88 dit :

    Salut tous,

    Je souhaitais dans mon post précédent faire un truc super-argumenté mais maintenant j’ai la flegme. Alors j’ajouterais juste que je trouve que ‘vous’ téléspectateur donnez beaucoup trop d’importance à la télé même (surtout?) lorsque vous la critiquez. J’ai souvent l’impression que chaque personne derrière son petit écran se dit la même chose :
    « et dire qu’il y a tous ces c*ns pour gober ce qu’on voit là, heureusement pas moi. ».

    Pour moi le méfait principal de la télé est d’être une drogue très addictive, de nous obliger à revenir systématiquement devant elle, de nous faire croire qu’elle est le centre du monde, qu’on ne peut pas vivre ou penser ou comprendre sans elle, et de nous forcer à organiser notre vie autour d’elle.

    Et voilou.A+

    Répondre
  34. romook
    romook dit :

    Je suis un ancien téléspectateur drogué, mais sevré. Je n’aime pas les programmes télé d’une manière générale. Je n’aime pas non plus les émissions culturelles d’Arte parce que je sais que, quelques jours plus tard, j’aurais oublié les choses intéressantes qu’ils ont dite. Et pendant un temps, je me disais que j’allais poursuivre mon éducation par quelques bonnes lectures sur ce sujet. Mais, faute d’autres émissions à regarder, j’avais des bibliographies complètes à lire mais pas le temps pour lire les livres. Bref.

    Un jour, j’ai quitté le giron familial et me suis retrouvé sans télé. En un mot, libre. Mais si une tv est proche de moi, je salive, je veux tout voir et bien sûr, je me dis, "mais qu’est-ce que c’est con! J’ai bien raison de ne pas avoir de tv." 5h plus tard, je ferme le poste parce que je suis trop épuisé pour continuer à regarder, il est 1h du matin…

    Tout ça pour dire que la TV doit ressembler à un feux de bois, il y a un côté captivant, hypnotique, qui nous rend inconscient et éteint notre volonté.

    Pas de tv, ni de près, ni de loin, c’est la solution. Un conseil : devenez, comme moi, un handicapé social qui ne peut plus converser avec ses contemporains, abreuvés d’une culture de l’éphémère. Supprimez la TV. On est heureux ‘libre’. On est terriblement seul aussi. M’enfin, quand on a un blog, est-on vraiment seul…

    Romook, si la tv n’existait pas…

    Répondre
  35. romook
    romook dit :

    Je suis un ancien téléspectateur drogué, mais sevré. Je n’aime pas les programmes télé d’une manière générale. Je n’aime pas non plus les émissions culturelles d’Arte parce que je sais que, quelques jours plus tard, j’aurais oublié les choses intéressantes qu’ils ont dite. Et pendant un temps, je me disais que j’allais poursuivre mon éducation par quelques bonnes lectures sur ce sujet. Mais, faute d’autres émissions à regarder, j’avais des bibliographies complètes à lire mais pas le temps pour lire les livres. Bref.

    Un jour, j’ai quitté le giron familial et me suis retrouvé sans télé. En un mot, libre. Mais si une tv est proche de moi, je salive, je veux tout voir et bien sûr, je me dis, "mais qu’est-ce que c’est con! J’ai bien raison de ne pas avoir de tv." 5h plus tard, je ferme le poste parce que je suis trop épuisé pour continuer à regarder, il est 1h du matin…

    Tout ça pour dire que la TV doit ressembler à un feux de bois, il y a un côté captivant, hypnotique, qui nous rend inconscient et éteint notre volonté.

    Pas de tv, ni de près, ni de loin, c’est la solution. Un conseil : devenez, comme moi, un handicapé social qui ne peut plus converser avec ses contemporains, abreuvés d’une culture de l’éphémère. Supprimez la TV. On est heureux ‘libre’. On est terriblement seul aussi. M’enfin, quand on a un blog, est-on vraiment seul…

    Romook, si la tv n’existait pas…

    Répondre
  36. Z
    Z dit :

    herve a dit:

    "Mais franchement, le JT de mes couilles, tu le regardes une fois tous les 6 mois, t’as compris comment ça marchait et ça suffit à le garder à l’esprit. "

    Disons que ça doit dépendre des personnes. Pour ma part, autant je trouve que "tous les 6 mois", c’est un bon rythme pour se tenir au courant de l’évolution des émissions style variétoche, autant pour traquer le côté "propagandiste" et son évolution dans les JT, si ça nous intéresse, vaut mieux avoir une surveillance un peu plus accrue, surtout en période pré-électorale. Si je jette un oeil tous les 6 mois, je vois pas passer grand chose et je comprends pas du tout comment c’est possible qu’on soit passé de A à F si j’ai pas vu qu’on est passé par B, C, D et E entre temps.

    mat-88, tu as peut-être un peu raison quand tu dis qu’on donne trop d’importance au pouvoir de la télé. Le côté "qu’est-ce qu’ils sont cons les autres à gober tout ça" a du vrai, mais ce n’est pas chaque personne qui se dit ça derrière son petit écran, tu exagères comme nous mais dans l’autre sens. La vérité doit être au milieu, probablement. Bien d’accord, par contre, avec le côté "drogue", comme développé par Romook.

    Répondre
  37. mat-88
    mat-88 dit :

    Z a dit:
    «mat-88, tu as peut-être un peu raison quand tu dis qu’on donne trop d’importance au pouvoir de la télé. Le côté "qu’est-ce qu’ils sont cons les autres à gober tout ça" a du vrai, mais ce n’est pas chaque personne qui se dit ça derrière son petit écran, tu exagères comme nous mais dans l’autre sens.»

    Oui c’est caricatural, mais c’est un discours que je trouve très/trop répandu chez tout ceux pour qui les ideaux ne se réduisent pourtant pas à la liberté de consommer.

    a+.
    Bonne soirée.

    Répondre
  38. yenayer
    yenayer dit :

    En résumé : je n’ai pas de portable, je n’ai pas de voiture, je n’achète pas de journaux, ni de magazines, je n’achète pas de CD, encore moins de DVD, je n’en loue pas non plus (des DVD)…Je ne suis pas encore parvenu à jetter ma télé.
    Je pense un peu comme Z. Je pense que la télé est l’ennemi number one de l’intelligence. Et pour bien combattre cet ennemi, vaut mieux bien le connaitre. Donc, le regarder de temps en temps. Mais même ça, c’est pas bien .. Je ne peux pas regarder une saloperie à la télé et dire que j’assume. Non, je n’assume pas, je suis con !! 😉 . Je suis aussi con que tous les autres qui regardent la même saloperie que moi.

    Répondre

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