Articles

TOTAL domination

Il s'agit du vestibule discrètement sécurisé d'une de ces nombreuses bijouteries de centre-métropole qui se sont récemment métamorphosées en centrales de rachat d'or.

Amour à mort

Je ne suis pas encore assez cynique pour te souhaiter la bonne année.

Trop courte la vie

Une minute, tu es là ; la suivante, il n’y a plus personne.

L'étrangère

Ce n'est plus une voiture, c'est une psychothérapie.

L'inertie du quotidien

On ne vit que la nuit. Ou pendant les vacances. Pendant nos escapades. Nos fugues. On ne vit réellement que dans les interstices de l'existence.

La vie des lemmings

J'ai su que ça allait être une grande journée dès que je suis sortie de la douche en m'inversant le coude par la faute d'une culotte hargneuse planquée en embuscade devant le caillebotis qui me tient lieu de tapis de lavabo.

Faites des mamans

Une composition originale du Minilecte en ce jour un peu spécial. Ce n'est pas que je prise particulièrement cette fête pétainiste ou que ma fille ne rate jamais une occasion de me faire un petit cadeau, mais, pour le coup, j'ai apprécié…

L'âge de raison

Comme un chardon sur une lande sauvage, petite fleur charmante habillée d'épines, la môme grandit et devient une personne fort intéressante, piquante et délicieuse à la fois.

Que ma joie demeure

Le ciel est tellement bas sur les collines brunies par l'hiver et le manque de soleil qu'il se cogne en de longues larmes froides sur la vitre de mon bureau.

Esprits de fêtes

Voilà le familylecte jeté sur les routes, au gré des hasards, un certain 25 décembre comme tant d'autres.

Popote

Parfois, prendre le temps, hors du temps, juste quelques instants fugaces volés au flux du temps qui passe.

Les enfants de l'esprit

On ne naît pas femme, on le devient, écrivait Simone de Beauvoir dans Le Deuxième sexe. En fait, l'étude de l'éthologie et la longue observation des personnes que j'ai la chance de côtoyer m'ont enseigné qu'on ne naît finalement pas grand chose, ce qui ouvre un vaste champ de possibles, de la même manière qu'on ne naît jamais seul au monde, mais avant tout dans le regard des autres.

L'insoutenable légèreté de l'être

Juste une poignée de mots, quelques inflexions de voix qui tintent aux oreilles et résonnent longuement en notre for intérieur comme une petite musique de l'âme, l'intimité incroyable d'une formule, d'un titre avec ce qu'il y a de plus secret en nous, une familiarité étrange et insaisissable, une pointe de jalousie pas franchement assumée face à l'un des plus beaux titres de la littérature mondiale, une quête intérieure et puis, un jour, la synchronisation parfaite, l'éclat de la compréhension, le moment où l'on acquiert la certitude que l'on sait exactement à quoi pensait l'auteur en écrivant ce titre à la puissance évocatrice incomparable : l'insoutenable légèreté de l'être.

L'exemple, c'est nous

Son petit minois tourné vers le ciel, ma fille ne perd pas une miette de ma patiente reptation verticale. Elle aime l'escalade parce que je la pratique tout comme elle réclame régulièrement des épinards à table, parce que je lui ai dit que j'adorais ça.

Parrainage

C'est en scannant de vieilles photos de famille ce WE pour les soustraire aux outrages du temps que je suis tombée sur lui. Je crois que c'est la seule photo où il apparait, le jour de mon baptême, alors qu'il tient ma version bébé dans ses bras. Je me suis juste demandé s'il savait au moment de cette photo ce qu'il allait me faire, près de 12 ans plus tard.

Le pas précipité de la donzelle

Ça y est, j'ai des devoirs, j'ai des devoirs ! Ma grande petite bonne femme jaillit du bus de ramassage scolaire comme un petit diable tout en traînant son cartable à sa suite, trop grand et trop vide.

L'autodétermination du hamster dans sa roue

Marche ou crève. Voilà le monde dans lequel nous vivons. Voilà le monde dont on a hérité et probablement celui que nous allons léguer à nos enfants. Pas de quoi pavoiser.