La loi des riches

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Quand j’entends dire que le Code du travail est trop compliqué et que ses lois sont trop contraignantes, je me demande souvent de quoi on parle.
Et surtout QUI parle.

Parce que bizarrement, dans ma vie de salariée qui remonte pourtant à des temps où le droit du travail était nettement moins assoupli qu’aujourd’hui, je n’ai jamais eu l’impression que les patrons étaient tellement brimés dans leurs élans dictatoriaux.

De l’intériorisation de la loi

Toute cette Loi travail est bâtie sur un immense malentendu : celui qui voudrait nous faire croire que la vraie vie se passe comme sur le papier et que chacun d’entre nous se comporte exactement comme cela est prescrit dans les modèles économiques, les études de marché ou les Tables de la loi.

Il est vrai que lors de plusieurs séjours chez nos voisins teutons, j’avais été éberluée par leur tendance lourde à vouloir tendre le plus possible vers la conformité règlementaire et j’avais été impressionnée par l’absence de piétons anarchistes traversant une rue déserte quand le petit bonhomme est rouge.
Cela dit, ils ont quand même une police, des prisons et des syndicats qui laissent penser que tout ne se déroule pas dans le calme et l’ordre auxquels l’humain civilisé peut légitiment aspirer.

Étant gosse en zone frontalière, j’avais aussi remarqué que nos voisins suisses — tellement policés dans leur pays à vaches violettes — relâchaient nettement leur autodiscipline dès qu’ils passaient la frontière et se permettaient des comportements délinquants dès qu’ils respiraient notre anarchique air latin, comme jeter des papiers par terre ou griller les feux rouges en passant par les trottoirs, selon l’inspiration du moment.

Raymond Boudon — que j’ai eu comme directeur de recherche — a beaucoup travaillé sur la manière dont les agents et les sociétés se comportent vis-à-vis des règles qu’ils sécrètent si abondamment. Il disait fort justement que le respect des règles ne pouvait se limiter à la peur du gendarme et que pour qu’une loi soit respectée, il fallait avant tout que la population la juge nécessaire et surtout, légitime.

Il donnait pour exemple le respect de la signalisation routière : si beaucoup de gens s’estiment brimés par les limitations de vitesse et les transgressent donc régulièrement, l’écrasante majorité des conducteurs choisit de respecter systématiquement les feux tricolores. Boudon attribuait la différence moins à la peur du gendarme qu’au fait que tout le monde est implicitement d’accord pour penser qu’il est immédiatement plus prudent et rentable de respecter cette signalisation plutôt que d’y déroger.

Dans sa vision de la société, les bonnes règles étaient intériorisées et totalement respectées pendant que les mauvaises étaient systématiquement transgressées.

L’esprit et la lettre

Concrètement, le Code du travail souffre d’une profonde contradiction interne et c’est ce qui le rend si contraignant aux yeux des exploiteurs et si peu efficace à ceux des exploités. D’un côté, il confirme la subordination de l’employé à l’employeur et de l’autre, il prétend borner ce pouvoir pour ne pas le rendre trop insupportable.

Dans les faits, les entreprises sont avant tout des sociétés ultra hiérarchisées qui fonctionnent strictement sur un modèle féodal et forcément, le législateur y est essentiellement vu comme un perturbateur, un empêcheur d’exploiter en rond. On a un peu le même problème avec le concept de propriété privée qui est fondamentalement incompatible avec une démocratie réelle.

Donc, il y a le Code du travail, avec son temps de travail, son salaire minimum, la sécurité, la santé, la formation, et de l’autre, il y a l’entreprise et les milliers de gus qui grattent à la porte pour y décrocher le contrat qui leur permettra de survivre un peu dans une société où tous les besoins fondamentaux sont marchandisés.

Alors, sans qu’il y ait forcément la mise en place d’un rapport de forces très voyant, tout le monde se met assez rapidement d’accord sur les petites entorses que l’on peut faire à la loi. Et on le fait tous : on reste 10 minutes avant ou après l’horaire, parce qu’on n’est pas des robots. On pointe au doigt mouillé, on accepte de fermer les yeux sur telle période de bourre. On échange des jours contre de la récup’. Bref, on se fait de petits arrangements entre ennemis, ce qui bétonne une paix sociale qui s’avèrera finalement factice le jour où l’on demande le retour d’ascenseur, comme partir plus tôt parce que le gosse a la grippe : ah, mais voilà, ça tombe mal, on a besoin de vous et puis il y a des horaires quand même

En fait, le Code du travail tel qu’il existe est déjà relativement peu respecté de part et d’autre, parce que l’on aime croire — justement — qu’il est possible d’aménager des assouplissements de gré à gré, parce qu’on n’est pas des sauvages quand même et que l’on peut toujours négocier.
Et de fil en aiguille, la réalité du travail, ça revient quand même beaucoup à l’émergence de zones de non-droit à divers degrés, en fonction du bon vouloir du prince.

Cet effacement de la règle et de la loi est d’autant plus simple que le régime des contrôles et des sanctions est lui, distant, complexe et démuni. Les rangs de l’Inspection du travail ont été réduits à la portion congrue et la représentation syndicale reste purement une vue de l’esprit dans la majorité des entreprises, dont la taille leur permet précisément de déjà déroger à nombre de contraintes pseudodémocratiques.

La loi du marché

Au final, nous avons déjà un corpus législatif considéré comme peu légitime par tous ceux qui croient mordicus à la loi du marché et qui se sentent d’autant plus habilités à contourner et à tricher. Et là-dessus, nous avons une peur du gendarme totalement inexistante, tant l’impunité est la règle dans le monde des entreprises, y compris quand il y a mort d’hommes.

Mon tout fait du monde du travail une jungle immonde où la majorité des millions de salariés est malheureuse, fatiguée, malade, déprimée, insatisfaite et doit se droguer pour continuer à supporter ses conditions de travail et où le patronat obtient satisfaction quand il demande d’avoir les coudées franches. C’est-à-dire un monde où la seule loi est la loi du marché. La loi du marché étant très concrètement la loi des plus riches.

Autrement dit, ça va forcément mal finir.

 

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69 réponses
  1. Melody
    Melody dit :

    Hello,
    J’ai lu ton article et je suis d’accord avec la majorité de celui-ci.
    Je voulais juste rebondir sur ta phrase « j’avais aussi remarqué que nos voisins suisses — tellement policés dans leur pays à vaches violettes — relâchaient nettement leur autodiscipline dès qu’ils passaient la frontière »
    En fait, je ne suis pas vraiment d’accord sur le « tellement policés dans leur pays à vaches violettes ». Ayant vécu les 5 dernières années à Paris et le reste de ma vie en Suisse, je ne trouve pas que nous ayons plus de police en Suisse qu’en France. Je ne peux pas expliquer pourquoi en Suisse les gens respectent davantage les lois car il est toujours difficile de faire des généralités. Il y a des français et des suisses qui respectent les lois et d’autres qui ne le font pas. En 5 ans à Paris, j’ai cherché pourquoi nous avions tant de différences entre deux pays pourtant si proches. Je pense que l’explication se trouve sûrement dans le fait qu’en Suisse, il y a 7 millions d’habitants alors qu’il y en a dix fois plus en France. Plus un pays est grand, plus c’est difficile à gérer et plus les problèmes sont compliqués. J’ai travaillé dans une entreprise qui ne respectait pas du tout la loi à Paris. Quand j’ai vu la quasi impunité dont elle bénéficiait, les démarches prennent tellement de temps, les gens finissent par se dire qu’ils peuvent faire n’importe quoi, de toute façon, ils ne seront pas sanctionnés. Peut-être que ça a un lien. Je ne sais pas, c’est une hypothèse comme ça.
    Qu’en penses-tu ?
    A bientôt !

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    • Agnès Maillard
      Agnès Maillard dit :

      Sur l’impunité des entreprises qui est déjà un blanc-seing à déroger à la loi, c’est le sujet de mon papier (même si ce n’est peut-être pas très clair).
      Pour la Suisse, comme je vivais en zone frontalière avec Genève, si, je voyais tout de même bien les différences de comportements civiques de manière générale. Après, comme partout, les Suisses ont aussi des prisons. Et comme ça date de près de 40 ans, peut-être que nos comportements ont convergé…

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    • ti suisse
      ti suisse dit :

      hello, certes la population suisse égale celle de Paname, ce qui ne l’empêche pas d’entretenir qql différence.. variété, contradiction, distinction, nuance.. le vaudois/valaisan, genevois/bâlois, ‘pire’ que parigot/auvergnat ?!
      aussi, un pays « qui jette ses mégots par terre » m’invite à l’imiter ? je n’en suis pas certain (mais ça aide !)

      connaissant (aussi) les Pays bas, qql similitude apporterait Melody, peut-être un bout d’explication ?
      Les deux pays, à part un antagonisme géographique: l’un tout plat pas l’autre, partagent qqls caractères communs issus du calvinisme.
      Flash back: l’homme, esclave du péché, sans mérite, vertu ou foi, ..est égal dans le repentir.. (Dieu accorde la miséricorde) on connait son intolérance, anti corruption (dépravation) puritanisme (etc.)
      4-5 siècles plus tard et qql éthique en héritage: pudeur je dirais, retenue, réserve, pondération.. j’y vois ainsi !

      ps, tutti va bien à Ambilly city ! sinon qu’ils font des trous par-ci & par-là: tram ! et le CEVA (Genève A’sse)

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    • Laurent
      Laurent dit :

      Bjr,
      Quand l’auteur voulait dire « policé »… il voulait sans doute dire : tellement respectueux des normes et des lois que ça en devient mielleusement trop pour être honnête.

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  2. Brigite
    Brigite dit :

    Agnès, vous pourriez pas traficoter la banderole de la photo avec photoschnock ?
    et mettre à la place :
    Les Talibans, ils m’emmerdent pas, eux.

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  3. Sombre Hermano
    Sombre Hermano dit :

    Ce matin, je suis tombé là-dessus :

    https://www.youtube.com/watch?v=oZGU9jgmeDo

    Et je n’ai pu m’empêcher de faire le rapprochement avec l’expérience de Milgram, dans les années 60 monté par le psychologue états-unien Stanley Milgram pour mettre en évidence la soumission à l’autorité
    Pour en savoir plus sur l’expérience :
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Exp%C3%A9rience_de_Milgram
    A la différence près que les chocs électriques étaient simulés par un volontaire devant se prêter au jeu alors qu’ici, les coups de baguette sont bien réels.
    Bien que la dame au premier plan semble désapprouver le procédé, personne ne bronche. Soumission à l’autorité d’un chef en plein délire de toute puissance. Si ne serait-ce qu’une personne s’était levée et avait protesté, cela aurait entraîné d’autres à le faire jusqu’à la salle entière qui se serait soulevée et le chef se serait trouvé bien con.
    Manque de soutien dans l’entreprise, manque de solidarité, tels sont les paramètres qui minent la santé des salariés car le travail n’était pas moins tendre avec l’employé-e il y a 50 ans. Non, ce qui a changé et qui modifie toute l’équation du lien de subordination employeur-employé-e-s, c’est l’isolement dans lequel on tient le-la salarié-e, coupé-e de toute instance représentative qui le cas échéant pouvait défendre ses droits. Et ne me dites pas que la CGT qui essaie de reprendre la main dans le conflit social que nous connaissons depuis trois mois pourra y changer quelque chose.
    Je ne crache pas sur l’action syndicale bien au contraire, j’ai connu des militant-e-s vraiment honnêtes et désintéressé-e-s dans ce domaine. Et pour garder espoir, je ne saurais trop vous conseiller de revoir « Bread & Roses » de ce vieux Ken Loach.
    http://culture.revolution.free.fr/critiques/Ken_Loach-Bread_and_Roses.html

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  4. jep
    jep dit :

    Les principes métathéoriques du travail de Boudon (individualisme méthodologique) ne sont-ils pas comparables à ceux qui fondent l’économie néo-classique, ce paravent pseudo-scientifique qui légitime l’idéologie ultra-libérale, base intellectuelle d’un texte comme la loi travail ? Traiter une question comme celle de la légitimité en terme de rationalité (alors que la rationalité est précisément une forme possible de légitimité selon Max Weber) semble le démontrer..

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    • Agnès Maillard
      Agnès Maillard dit :

      Si, si, J’avais eu une discussion avec Boudon sur le fait que je ne partageais pas spécifiquement sa grille de lecture, tout comme il ne partageait pas non plus ma tendance bourdieusienne. Cela dit, il faut mettre à son crédit qu’il m’avait tout de même acceptée dans son séminaire, qu’il ne m’a pas saqué pour mes travaux, même s’ils critiquaient certains de ses postulats et que j’ai aussi trouvé des choses intéressantes dans son enseignement.

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      • jep
        jep dit :

        Vous aurez compris que je partage votre tendance bourdieusienne mais, comme vous, je pense qu’il y a des éléments à conserver chez lui, ne serait-ce que l’exigence d’en revenir aux agents, leurs actions et leurs motivations, ce qui permet d’éviter le piège de la réification des concepts de la sociologie. Comme le disait Giddens, il n’est de structure qu’actualisée par les agents sociaux..

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    • Henry
      Henry dit :

      Non. L’individualisme méthodologique n’est qu’une méthode, un outil d’analyse, pas un postulat politisé. D’ailleurs biens des sociologues militants de gauche radicale l’utilisent, ce n’est pas mutuellement incompatible.

      Ensuite l » « ultra »-libéralisme est un terme critique, pas un courant de pensée revendiqué. Le libéralisme existe (19ème siècle, Bastiat, Say, Constant, etc.) mais « ultra », non. Et en l’occurrence, les libéraux ont été (et sont toujours) de farouches opposants à la théorie néo-classique, relire Ludwig Von Mises pour s’en rendre compte. Leur approche de la liberté humaine s’inscrit en faux de la rationalité axiologique du néo-classicisme en économie, et ils n’ont pas manqué de critiquer la propension à l’économétrie et à la caricature (homo-economicus) des néo-classiques. En d’autres termes, vous mélangez des concepts qui sont pourtant bien distincts.

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  5. Henry
    Henry dit :

    Je trouve caricatural, et surtout profondément arbitraire et dogmatique, de voir l’emploi uniquement comme une relation d’exploitation avec des oppresseurs et des opprimés. La plupart des « patrons » sont des travailleurs tout à fait normaux, et il est risible de mettre dans le même sac les PDG du CAC 40 (qui sont d’ailleurs des salariés !) et le boulanger / plombier / entrepreneur / indépendant du coin de la rue qui eut aussi sont des « patrons ». Qu’il existe des individus incompétent, et des jobs mal payés est un fait, mais à vous lire tous les salariés vivent Germinal: c’est absurde. Il faut faire preuve de nuance et non pas essentialiser les gens selon leur position sociale (qui est variable: plein de gens évolueront, à divers moment de leur vie, entre être salariés, indépendants, employeurs, etc. – ete c’est une excellente chose). Bien des salariés sont très contents de leur job, de leur entreprises, s’entendent bien avec leur direction: de grâce évitez les généralisations hâtives et les tentations de penser à la place des autres, si certains sont insatisfaits de leur emploi, merci mais ce n’est pas le cas de tous.
    De surcroît, il est important de noter que le salariat de masse est une tendance relativement récente, l’économie s’étant largement développée à travers des grandes quantités de travailleurs indépendants et de partenariats avant la révolution industrielle. Et aujourd’hui, ceux qui n’aiment pas le salariat sont de plus en plus nombreux à se reconvertir en indépendants, entrepreneurs, et autres modes de travail collaboratif: il est fondamental de respecter la liberté de ces personnes, et la pluralité des statuts et formes de collaboration / commerce de services.

    Enfin le clou de ce triste spectacle réside dans la pique à la « propriété privée » qui empêche la « démocratie réelle »: la propriété est un droit inaliénable, précisément parce que c’est la condition absolument nécessaire à la vie privée, à l’existence d’une sphère d’indépendance vis à vis du groupe, vis à vis d’autrui, vis à vis de l’Etat et du Pouvoir. Sans droit de propriété, l’humain est à la merci des lubies de la foule, voire du premier tyran venu. Chacun a un droit inaliénable à une sphère privée dans laquelle la « société » n’est pas toujours conviée, et oui cette sphère privée concerne les relations entre adultes consentants, fussent-elles sexuelles ou économiques. La démocratie – si l’on choisit par exemple le gouvernement des plus nombreux plutôt que le gouvernement des meilleurs – concerne la chose publique; or des individus libres ont le droit de créer des organisations privées, par définition pas publique. Et personne ne force quiconque à y rentrer, ni même à interagir avec elles. Si vous trouvez que certaines personnes n’ont vraiment pas d’autre choix que de chercher des revenus auprès des méchantes entreprises privées, posez vous la question de comment les aider à créer de la valeur autrement, plutôt que d’interdire à autrui d’être salarié s’il le fait volontairement et en est très content. « Je n’aime pas X => Il faut interdire X » est une pensée qui peut prêter à rire (ou plutôt à pleurer) mais certainement pas à réfléchir.

    Critiquons les voyous et les abus, bien évidemment, mais prenons garde à ne pas sacrifier les libertés fondamentales sur l’autel d’un utilitarisme ou d’un égalitarisme béat: toutes les dictatures du passé et du présent (coucou Chavez) ont suivi ce chemin de perdition.

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    • smolski
      smolski dit :

      Henry : « Critiquons les voyous et les abus, bien évidemment, mais prenons garde à ne pas sacrifier les libertés fondamentales »

      Nous sommes d’accord, et donc en quoi l’article d’Agnès y déroge plus précisémment ?

      « Posons donc de bonne foi les principes du droit de propriété ; il le faut d’autant plus qu’il n’en est point que les préjugés et les vices des hommes aient cherché à envelopper de nuages plus épais.
      « Demandez à ce marchand de chair humaine ce que c’est que la propriété ; il vous dira, en vous montrant cette longue bière qu’il appelle un navire, où il a enchaîné et ferré des hommes qui paraissent vivants : “voilà mes propriétés, je les ai achetées tant par tête.”
      Interrogez ce gentilhomme qui a des terres et des vassaux, ou qui croit l’univers bouleversé depuis qu’il n’en a plus ; il vous donnera de la propriété des idées à peu près semblables.
      Interrogez les augustes membres de la dynastie capétienne ; ils vous diront que la plus sacrée de toutes les propriétés est, sans contredit, le droit héréditaire, dont ils ont joui de toute antiquité, d’opprimer, d’avilir et de pressurer légalement et monarchiquement les 25 millions d’hommes qui habitaient le territoire de la France, sous leur bon plaisir.
      « Aux yeux de tous ces gens-là, la propriété ne porte sur aucun principe de morale.
      « Article 1er – La propriété est le droit qu’a chaque citoyen de jouir et de disposer de la portion de biens qui lui est garantie par la loi.
      « Article 2. – Le droit de propriété est borné comme tous les autres, par l’obligation de respecter les droits d’autrui.
      « Article 3. – Il ne peut préjudicier ni à la sûreté, ni à la liberté, ni à l’existence, ni à la propriété de nos semblables.
      « Article 4. – Toute possession, tout trafic qui viole ce principe est illicite et immoral. »
      « Article 27. – La résistance à l’oppression est la conséquence des autres droits de l’homme et du citoyen.

      Robespierre – Convention le 24 avril 1793

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      • smolski
        smolski dit :

        L’Histoire de la révolution française a été écrite par les vainqueurs, c’est à dire les bourgeois contre les révolutionnaires, dont Robespierre. Vous pourrez trouver des réponses et des documents historiques dans le livre d’Eric Hazan edition la Fabrique : Une histoire de la révolution française.

        Ceci dit, vous reprochez le lien de ces articles avec Robespierre, mais, ormis ce fait, quant est-il de leurs contenus pour vous ?

        Enfin, je suis anarchiste et je n’ai donc pas de modèle, ni de maître, ni de dieu, sinon à quoi bon, hein ?

        Répondre
    • smolski
      smolski dit :

      Henry : « Si vous trouvez que certaines personnes n’ont vraiment pas d’autre choix que de chercher des revenus auprès des méchantes entreprises privées, posez vous la question de comment les aider à créer de la valeur autrement, plutôt que d’interdire à autrui d’être salarié s’il le fait volontairement et en est très content. »

      Les élites n’ont jamais eu de mal à faire passer ceux qui contestent leur pouvoir pour des perdants et des grincheux.

      Astra Taylor – Diplo de juin 2016.

      Bonsoir chez vous Mr Henry

      Répondre
    • MARTIN
      MARTIN dit :

      Merci Henry de nuancer ! En effet en tant qu’ancienne « petite patronne », j’avais plutôt l’impression de me sacrifier pour les salariés !! Et aussi d’être persécutée par les Administrations qui, elles, ne savent pas nuancer…

      Répondre
      • smolski
        smolski dit :

        MARTIN : « Merci Henry de nuancer ! […]me sacrifier pour les salariés »

        Eh ben voilà qui est sans nuance vis à vis des salariés !!
        Et en quoi les salariés ne sont pas sacrifiés eux-mêmes en entreprises, petites, moyennes, grandes, etc. par le capitalisme ?

        Cette façon de voir en scindant les exploitants individuels de leurs employés ne fait que perdre des deux bouts.
        Unité dans la spolliation de nos vies, unité dans la revendication pour tous. C’est en nous divisant que les pouvoirs s’étendent.

        Répondre
        • Henry
          Henry dit :

          Arrêtez de voir du sacrifice partout, il y a plein de salariés et de patrons qui s’entendent, et qui passent des contrats mutuellement bénéfiques. Oui il existe des abus, et il est sain de les dénoncer et de les combattre, mais ne mettez pas tout le monde dans le même sac. Et le « capitalisme » n’est pas un concept valide, personne ne s’entend sur sa définition. Ce qui existe, par contre, c’est la distinction entre les société libres, où les gens peuvent commercer entre eux comme ils le souhaitent, comme faire tout autre chose, et puis les sociétés totalitaires où les individus sont entièrement asservis à l’Etat qui décide de tout à leur place. Le progrès, c’est d’aller vers la société libre, et non vers la société étatisée.

          Répondre
          • smolski
            smolski dit :

            Henry : « les société libres, où les gens peuvent commercer entre eux »

            A condition d’avoir de quoi commercer, c’est à dire se faire rouler et rouler autrui. Belle liberté, merci !
            Je suis pour l’instauration d’un système social de partage à l’opposé du système de conquête qui caractérise ce que vous préconisez ici.

    • butadaie
      butadaie dit :

      Sacré Henry, t’as bien raison, fô tous qu’on deviennent auto-entrepreneur et les fainéants qui veulent pas bosser z’ont que s’qu’ils méritent.
      Sa$@#%* de salariés pauvres, veulent en plus emmerder les patrons en les culpabilisant…
      Courage Henry, c’est grâce à des gens comme toi qu’on tient encore le coup.

      Répondre
    • Laurent
      Laurent dit :

      Votre retorique semble très engagée pour le maintien du système…
      Beaucoup d’inepties et d’amalgame dans vos arguments…
      Le droit de propriété que dans notre société et leurs ersatz post coloniaux.
      La plupart des peuples amérindiens ne connaissaient pas la propriété. Certains amazoniens beaucoup plus heureux que nous ne la connaissent pas voyez vous.
      La justification d’un travail juste pour accumuler 200 ans de smic par an n’est pas tenable. Le terme de propriété devrait être redéfini.
      L’avidité détruira ce monde.
      Il n’est pas nécessaire de peindre un monde merveilleux de l’entreprise en réaction à la caricature inverse.
      Si le chômage de masse n’existait pas, beaucoup de patrons n’auraient plus de salariés à faire travailler tellement ils les voient comme des machines à pognons en oubliant les règles élémentaires de bienveillance. Alors quand ces gens, là pour bosser (et enrichir les exploiteurs), ne sont même pas reconnaissants de la chance qu’on leur donne de les faire survivre se plaignent, ça devient pénible .
      Notre société se déséquilibre et l’article le souligne avec une grande pertinence.
      Merci à l’auteur

      Répondre
    • chb
      chb dit :

      Respecter la reconversion en indépendant ? Certes. Je respecte aussi profondément les gens qui jouent au loto.
      Plus de 60.000 entreprises indépendantes ont fermé l’an dernier, principalement parce que ces patrons d’eux-mêmes-tout-seuls n’ont pas gagné leur croûte avec cette soi disant indépendance. La plupart vivotent quoiqu’en se crevant au boulot.
      Exemple d’indépendance : un routier ou un taxi «auto-entrepreneur» va pouvoir gagner (un peu) plus, mais en faisant des heures complètement folles voire illégales, en payant à son donneur d’ordres la location de son « propre » véhicule qu’il entretient à ses frais, etc. Il va sans dire que cet arrangement gagnant gagnant rapporte plus au patron réel de ces pseudo indépendants.
      Un peu moins de chômage (= concurrence entre détenteurs de force de travail = dumping social assuré) et magiquement les AE seront moins nombreux.

      Répondre
  6. Robert Spire
    Robert Spire dit :

    Chavez n’a fait assassiné personne, déclaré la guerre à aucun pays (coucou G.W.Bush)
    Chavez n’a colonisé aucun territoire ni enrichi son pays grâce à l’esclavagisme (coucou la France)
    Chavez a été élu président comme tous les présidents des Etats dits démocratiques.

    Répondre
    • Henry
      Henry dit :

      Chavez est un immonde dictateur socialiste qui a amené la ruine de son peuple, et peut-être bientôt la guerre civile. Il n’y a absolument rien à garder de son idéologie et de ses pratiques nauséabondes qui ont fait s’écrouler son pays.

      Répondre
    • smolski
      smolski dit :

      Henry : « Chavez est un immonde dictateur socialiste qui a amené la ruine de son peuple »

      Oui Bush et Obama ont enrichi leur peuple par contre, plus de pauvres dans leur pays, c’est ça ?
      Y z’ont pas non plus assassiné, déclaré des guerres, bombardé des hopitaux, des écoles et des habitations civiles… Hein ?

      Et vous voulez les mettre en exemple ?
      Fasse que les enfants ne vous jugent jamais des points de vue que vous professez ici.

      Répondre
      • Henry
        Henry dit :

        Personne ne parle de Bush ou d’Obama à part vous. On peut les critiquer autant qu’on veut, et je ne m’en prive pas, mais les mettre sur le même pan que Chavez le dictateur vous décrédibilise totalement.

        Répondre
          • Henry
            Henry dit :

            Muselage de l’opposition, effondrement économique organisé et cris au complot de la CIA pour éviter d’assumer ses politiques mortifères, destruction de l’économie par pure idéologie socialiste, etc, etc., on peut jouer sur les mots autant qu’on veut les faits demeurent: la politique de Chavez est une catastrophe humanitaire et sociale, une destruction en règle de toutes les libertés individuelles fondamentales (notamment sur le plan économique) avec les conséquences dramatiques que cela suppose logiquement. Tout le monde savait ce qui allait se passer, ce sont les mêmes errements étatistes qu’on a déjà vu trop de fois au XXè siècle. Causer des émeutes de la faim dans le pays avec les plus grandes réserves de pétrole au monde, il n’y a que les folies socialistes pour arriver à un tel niveau d’échec, et c’est entièrement la faute au chavisme. Alors dictateur ou pas, j’ai envie de dire: osef, Chavez a ruiné son pays avec une idéologie dont tout le monde savait qu’elle allait droit dans le mur. Si on ne tire pas les leçon de l’Histoire, on est condamnée à la répéter, la catastrophe humanitaire du au socialisme Vénézuelien en est un dernier, horriblement tragique, exemple.

            Je vous en donne un, de pays qui écoute son peuple, la Suisse. Comparez ses lois et son modèle politique et économique, et le succès qui va avec.

      • Henry
        Henry dit :

        « A condition d’avoir de quoi commercer, c’est à dire se faire rouler et rouler autrui. Belle liberté, merci ! »
        >> Comme tout le monde, vous avez des compétences, ça suffit pour commercer et gagner sa vie. Les peuples se sont sorti de la misère par le travail et l’épargne, pas par la politique.

        « Je suis pour l’instauration d’un système social de partage à l’opposé du système de conquête qui caractérise ce que vous préconisez ici. »
        >> Personne ne parle de conquête, par contre vous vous parler bien de créer une dictature violente ou l’individu est asservi au collectif, un système où vous forcez les autres à « partager » (le flingue sur la tempe) le fruit de leur travail avec vous. Et vous vous dites anar ? LOL. Vos idées sont appliqués au Vénézuela, on voit le résultat. Allez bye.

        Répondre
        • smolski
          smolski dit :

          Henry : « vous parler bien de créer une dictature violente »

          Je parle de la violence faite aux pauvres par les riches via le commerce qui est par nature une civilisation de conquête.
          Lire l’histoire du monde et suivre l’actualité devraient suffire à vous instruire sur ce qu’est la violence des accapariteurs faite contre les plus démunis et, en contre-poids, ce qu’est le partage des ressources vitales entre tous.

          « Et vous vous dites anar ? »

          Pour ce qui est de l’anarchie, si vous en avez une définition raisonnée, je veux bien l’entendre de votre part.

          Répondre
          • Henry
            Henry dit :

            « le commerce qui est par nature une civilisation de conquête » >> Cette simple absurdité, la nième dans toutes vos récitations du catéchisme collectiviste, finit de détruire le peu de crédibilité qu’il vous restait. deux adultes consentants ont un droit inaliénables de commercer entre eux si ça leur chante, et vous n’avez absolument rien à y redire. Je ne me fatiguerai pas à démonter les autres inepties que vous prenez pour des arguments, bien d’autre l’ont déjà fait avant moi. Restez dans votre haine et votre ressentiment , et laissez les autres tranquilles. Adieu.

          • smolski
            smolski dit :

            Henry : « Restez dans votre haine et votre ressentiment »

            Vous inversez, la haine est dans la guerre et la prévarication des ressources, pas dans ceux qui les dénoncent.

            « « le commerce qui est par nature une civilisation de conquête » >> Cette simple absurdité »

            Je vous invite à consulter la documentation fournie par David Graeber dans son ouvrage : « La Dette – 5000 ans d’histoire ».

            « deux adultes consentants ont un droit inaliénables de commercer entre eux »

            Oui un patron et un ouvrier sont égaux en droit et en pouvoir l’un envers l’autre… Vous parliez de crédibilité ? Le Panama est là pour vous contredire, sans parler de l’USBC, du Luxembourg, etc…

            Bonjour chez vous, pauvre « Petit homme. »

            « Ecoute, petit homme ! La misère de l’existence humaine s’éclaire à la lumière de chacun de tes petits méfaits. Chacun de tes petits faits repousse plus loin l’espoir d’une amélioration de ton sort. C’est là un sujet de tristesse, petit homme, de profonde tristesse ! Pour ne pas sentir cette tristesse, tu fais de petites plaisanteries minables et tu les appelles l’humour du peuple. On fait les mêmes plaisanteries sur toi et tu ris à gorge déployée avec les autres. Tu ne ris pas pour te moquer de toi. Tu te moques du petit homme sans même savoir que c’est de toi que tu te moques »

            Ecoute petit homme.
            Wilhelm Reich
            http://www.passant-ordinaire.com/chroniqueLivre.asp?id=16

        • smolski
          smolski dit :

          Henry : « vous avez des compétences, ça suffit pour commercer et gagner sa vie. »

          Oui c’est aussi ce que pensaient Al Capone, Hitler, Attila, Staline, Papon, …

          Et pour Bhopal :
          Le PDG de l’époque de l’entreprise, Warren Anderson, est accusé de « mort par négligence » pour cette catastrophe et déclaré fugitif par le chef judiciaire de Bhopal le 1er février 1992 pour ne pas s’être présenté à la Cour lors d’un procès. Décédé le 29 septembre 2014, à Vero Beach en Floride aux États-Unis, il n’a jamais été jugé par la justice indienne

          Et encore en france :
          En avril 1991, la journaliste Anne-Marie Casteret publie dans l’hebdomadaire L’Événement du jeudi un article prouvant que le Centre national de transfusion sanguine (CNTS) a sciemment distribué à des hémophiles, de 1984 à la fin de l’année 1985, des produits sanguins dont certains étaient contaminés par le virus du sida.

          L’ancien Premier ministre socialiste Laurent Fabius et les anciens ministres socialistes Georgina Dufoix et Edmond Hervé ont comparu du 9 février au 2 mars 1999 devant la Cour de justice de la République pour « homicide involontaire ». Cette cour a rendu son verdict par un arrêt qui innocente Georgina Dufoix et Laurent Fabius

          « Le commerce rend libre… »
          Ça me rappel aussi un truc marqué à la devanture de certains camps nazis, ça…

          Répondre
      • smolski
        smolski dit :

        Henry : « Bush ou d’Obama à part vous. On peut les critiquer autant qu’on veut, et je ne m’en prive pas, mais les mettre sur le même pan que Chavez »

        Je suis d’accord, y sont bien pire car ils agissent au niveau mondial, sur toutes les générations à venir et de bien façon bien plus absolue, mais bon…

        Je prends cet exemple pour montrer que Chavez et consorts ne sont que des sous-produits d’un établissement beaucoup plus tentaculaire que vous ne le soulignez dans votre intervention, ou que vous oubliez de considérer.
        Pensez-vous que les dictateurs ne sont pas tout autant les jouets des quelques gredins financiers qui nous broient vous et moi ?

        Répondre
  7. gweb
    gweb dit :

    excellent!
    Il y a dans la boîte à outils un truc qui s’appelle la grève du zèle. C’est précisément l’application stricte de toutes les règles qui devraient s’appliquer, mais qu’on n’applique pas pour la machine fonctionne, et c’est, de toute évidence, un outil redoutable pour le système tout entier. Pas d’arrangement, intransigeance sur la sécurité, les formulaires, les règles, les horaires, les pauses…. et il apparaît très clairement que, sans notre coopération, rien ne marcherait très longtemps!….

    Répondre
  8. Pierre M. Boriliens
    Pierre M. Boriliens dit :

    @Henry

    Sauriez-vous expliquer précisément ce que signifie l’expression que vous employez : « créer de la valeur » ? Faire pousser des carottes, je sais, mais la valeur me paraît aussi insaisissable dans les carottes obtenues que le corps du Christ dans une hostie consacrée…

    Répondre
    • Henry
      Henry dit :

      Bien sûr, la valeur en économie se mesure par le prix. Concrètement, un bien ou un service « vaut » ce que les clients sont prêts à payer pour l’avoir, et rien d’autre. C’est le résultat de la confrontation entre l’offre et la demande (par nature subjective et souvent peu rationnelle) pour ce bien ou service précis. En pratique, la valeur est fluctuante, au gré des changement d’humeur des clients, ou des contraintes physiques qui peuvent venir influer l’offre (par exemple si le pétrole devient plus difficile à extraire, sa valeur va mécaniquement monter. A l’inverse si la demande en pétrole chute parce que les technologies de voitures électriques se développent, son prix va baisser). Donc valeur = rapport offre / demande, rien d’autre, et surtout rien d’intrinsèque ou d’objectif, c’est juste un accord collectif entre acheteurs et vendeurs aux volontés subjectives à un instant t, et ça change tout le temps.

      Répondre
      • smolski
        smolski dit :

        Henry : « Donc valeur = rapport offre / demande, rien d’autre, et surtout rien d’intrinsèque ou d’objectif, c’est juste un accord collectif entre acheteurs et vendeurs aux volontés subjectives à un instant t, et ça change tout le temps. »

        Si on parle de superflu, peut-être, mais la valeur s’applique surtout sur le nécessaire et là, il n’y a plus d’égalité entre le monopole du vendeur (le marché, etc.) et la survie du quémandeur.

        Répondre
        • Henry
          Henry dit :

          La distinction nécessaire / superflu n’a pas lieu d’être ici (et il est subjectif !), le mécanisme d’offre / demande s’y applique pareil. Et le monopole du vendeur est un cas rare et problématique. Il faut bien évidemment encourager la concurrence au bénéfice du client. L’élévation du niveau de vie n’est jamais apparue ailleurs que dans les zones où le commerce était suffisamment libre.

          Répondre
        • smolski
          smolski dit :

          Henry : « La distinction nécessaire / superflu n’a pas lieu d’être ici (et il est subjectif !) »

          Mais non !
          Il faut distinguer tout ce qu’entraîne l’acquisition des ressources vitales de celles du superflu car l’une et l’autre entraînent une consommation qui, si elle atteinte à la vie d’autrui (en englobant les générations futures), doit pourtant être estimée différemment.

          Pour du vital, comment différer ou améliorer la redistribution ?
          Pour du superflu (via la monnétisation notamment) rien ne peut le justifier, ce sont des crimes et pi cé tou !

          Henry : « L’élévation du niveau de vie n’est jamais apparue ailleurs que dans les zones où le commerce était suffisamment libre. »

          Si le commerce rend libre alors…

          Comment parler d’élevation de vie avec la somme mondiale des morts, malades, accidentés, assassinés, fusillés, bombardés, violés, etc. sur la planète que l’actuelle profusion pour quelques-uns implique ?
          Si vous avez un miroir, je vous invite à le contempler fissa vous pourrez y voir l’assassin et le bourreau de ce qu’il en est de votre « élevation de vie ».

          Répondre
      • herve_02
        herve_02 dit :

        @Henry

        « La valeur étant le rapport entre l’offre et la demande. »

        Ça semble tellement simple sur le papier, c’est le credo des libéraux, mais cela ne résiste pas à l’observation dans la vraie vie réelle. Il suffit de lire impostures économiques pour s’apercevoir que toute les théories économiques (mathématiques) sont fausses. Elles partent de postulats qui sont faux.

        on peut CONSIDÉRER que la valeur est le rapport offre demande et PARTANT de là, DÉCIDER que…, mais cela n’en fait pas une vérité. Une fois cette hypothèse, on peut DÉCIDER d’autres choses comme la néfasteté (apport personnel à la langue) du rôle de l’état, de l’importance de la propriété _illimité_ (le problème n’est pas la propriété, mais son absence de limites) des moyens de production (on parle pas de sa maison, mais des usines). Toutes ces règles pourraient _peut être_ fonctionner dans un état de marché. On l’appelle marché parce que cela doit ressembler à un marché.

        Avez-vous déjà été sur un marché ? Si oui, y avez-vous vu un marchand avec un étal occupant 50% de la surface ? avec 95% de la place du marché monopolisé par 3 marchands ? avec la police du marché qui vient expliquer que tel ou tel petit n’a pas le droit de vendre des salades ? avec les gros producteurs qui demande de l’argent aux petits qui vendent leurs salades sous prétexte qu’ils ont acheté un droit sur le nom du légume ? Nous ne sommes pas en économie de marché, depuis très longtemps, et je ne pense pas que l’on ait connu cette économie.

        Dès lors tout le reste de vos affirmations ne se justifient plus dès lors que le postulat de départ qui les sous-tend est faux. Nous sommes dans une prédation d’une classe dominante avec un pouvoir politique vendu à cette classe dominante. Nous avons une exploitation économique qui est relayé et amplifié par un pouvoir ‘politique’ qui n’est en fait qu’une autre forme d’exploitation.

        Répondre
  9. Simon Chalumot
    Simon Chalumot dit :

    @henry
    Enfin le clou de ce triste spectacle réside dans la pique à la « propriété privée » qui empêche la « démocratie réelle »: la propriété est un droit inaliénable, précisément parce que c’est la condition absolument nécessaire à la vie privée, à l’existence d’une sphère d’indépendance vis à vis du groupe, vis à vis d’autrui, vis à vis de l’Etat et du Pouvoir. Sans droit de propriété, l’humain est à la merci des lubies de la foule, voire du premier tyran venu. Chacun a un droit inaliénable à une sphère privée dans laquelle la « société » n’est pas toujours conviée, et oui cette sphère privée concerne les relations entre adultes consentants, fussent-elles sexuelles ou économiques. La démocratie – si l’on choisit par exemple le gouvernement des plus nombreux plutôt que le gouvernement des meilleurs – concerne la chose publique; or des individus libres ont le droit de créer des organisations privées, par définition pas publique. Et personne ne force quiconque à y rentrer, ni même à interagir avec elles. Si vous trouvez que certaines personnes n’ont vraiment pas d’autre choix que de chercher des revenus auprès des méchantes entreprises privées, posez vous la question de comment les aider à créer de la valeur autrement, plutôt que d’interdire à autrui d’être salarié s’il le fait volontairement et en est très content. « Je n’aime pas X => Il faut interdire X » est une pensée qui peut prêter à rire (ou plutôt à pleurer) mais certainement pas à réfléchir.

    Il est important de distinguer propriété lucrative et propriété d’usage des moyens de production et de logement. La reconnaissance de chaque individu en tant que producteur créateur de valeur à travers l’ensemble de ses activités lui donne le droit à un salaire à vie et à la propriété d’usage. Cela lui donne aussi le droit d’être décisionnaire collectif dans la production sans entrave de son droit de propriété à condition que celle ci ne soit pas lucrative.

    Bon j’avoue que Bernard friot m’a bien aider sur ce coup là, mais c’est fichtrement convainquant et séduisant son travail.

    Répondre
    • Henry
      Henry dit :

      Non, justement, cette distinction n’a aucun sens, et elle est le fait d’un fou stalinien: Friot, dont les idées totalitaires n’ont rien à envier aux pires bolchéviques.
      La propriété, c’est juste le contrôle sur un actif. Si je ne peux décider d’en faire ce que je veux, fusse-t-il de gagner de l’argent, alors je n’en pas suis pas propriétaire, je suis simplement locataire du Seigneur, bref je ne suis pas libre. Si j’ai envie de louer mon apparement le weekend, et d’y habiter la semaine, c’est mon choix, pas celui de l’Etat ou de Friot. Si je décide de faire usage de mes talents de peintre (= ma propriété) à titre d’usage personnel, ou à but lucratif en tant que carrière, ou les deux à la fois, là encore ça ne regarde que moi, et pas la société, l’Etat ou Friot. Enfin, si j’épargne une partie de mon salaire pour le prêter à celui qui en a besoin pour créer sa boîte, là encore c’est mon droit le plus inaliénable, me l’interdire comme le voudrait Friot est la marque d’une tyrannie des plus ignobles.
      Deux adultes consentants sont libre de coucher ensemble, ou de commercer ensemble si ça leur chante, et Friot n’a rien à dire: ce ne sont pas ses oignons. Ses idées n’en sont pas, ce ne sont que des resucées des absurdités collectivistes du début XXè, précisément ce qui a amenée les dictatures type URSS. Tout ce qu’il prétend être scientifique est d’ailleurs aisément réfutable: rien à garder, ce mec est un fou dangereux.

      Répondre
      • smolski
        smolski dit :

        Henry : « La propriété, c’est juste le contrôle sur un actif. Si je ne peux décider d’en faire ce que je veux, fusse-t-il de gagner de l’argent, alors je n’en pas suis pas propriétaire »

        Oui, c’est ce que pense aussi les esclavagistes de leurs marchandises…

        Répondre
  10. Pierre M. Boriliens
    Pierre M. Boriliens dit :

    @Simon Chalumot
    Bernard Friot ne dit pas davantage ce qu’il entend par « producteur créateur de valeur ». Comme si ça allait de soi…

    Répondre
    • Simon Chalumot
      Simon Chalumot dit :

      Friot distingue la valeur captée et accumulée par le capitalisme à travers la mesure du temps de travail, produisant la survaleur et le profit, d’une nouvelle valeur qu’il appelle salariale. Le combat du salaire a été un combat syndical instaurant un rapport de domination améliorant la condition des travailleurs. Ce que dit Friot , c’est que les institutions comme la Sécu et le Comité d’entreprise sont du salaire socialis&é en dehors du capitalisme, et sont l’ébauche du salaire à vie reconnaissant chaque personne producteur de valeur et contribuant au PIB : les parents font le même travail qu’une assistante maternelle, préparer un repas pour des amis est le même travail que celui d’un cuisinier ou un serveur. Il crée de la valeur dans le sens ou il participe à la richesse et à l’activité économique et mérite donc salaire, socialisé par la cotisation. Il est une alternative au marché de l’emploi ou l’on se vend pour un propriétaire lucratif dégageant du profit et une valeur capitaliste.

      Le malheur du système capitaliste est qu’il nie la valeur de tout ce qui ne passe pas par son évaluation spécifique de valeur. Des tas d’activités et de travaux ne sont pas salariées. Le remède : le salaire à vie. Ce qui me parle dans ce que dit Friot, c’est que je ne suis pas un parasite social vivant de solidarité, mais un producteur de valeur même si non soumis à un empoyeur. Et je revis et vois un ailleuirs possible de subversion du chancre capitaliste.

      Répondre
      • Brigite
        Brigite dit :

        eh ben, ça se voit bien que t’en as rien à branler des victimes de l’amiante…

        DROIT DE REGARD SUR LES LICENCIEMENTS, POUVOIR D’ACHAT, RETRAITES.

        Répondre
      • lik
        lik dit :

        Friot est ridicule, on se croirait retournés à l’état tout puissant, quasi stalinien, qui veut fonctionnariser l’ensemble de la population avec des grilles salariales qu’il sort d’on ne sait quel chapeau magique, encore un vendeur d’illusions technocratiques.

        Répondre
        • Pierre M. Boriliens
          Pierre M. Boriliens dit :

          Ce n’est pas parce que Friot dit peut-être des âneries qu’il faut en profiter pour ramener une supposée impuissance de l’état et par conséquent prendre pour acquise la victoire des idées les plus libérales…

          Répondre
          • lik
            lik dit :

            L’état tel qu’il est conduit est effectivement impuissant, car occupé par des arriérés mentaux. L’état n’est pas la solution, n’est plus la solution, il faut arrêter de croire au père Noël.

            Notre civilisation n’a pas inventé grand chose, à part le numérique et quelques énergies. Les Romains avaient déjà tout compris du monde actuel et de sa stratification sociale :
            http://www.arte.tv/guide/fr/048172-000-A/monuments-eternels

      • Yvan Fayt
        Yvan Fayt dit :

        Bien courageux Henry face à la doxa gauchisante…. Point de grands discours… Mme Maillard vous êtes héritière d’un disours manichéen qui gangraine la France depuis des décennies… Un peu de recul permet malheureusement de prendre la mesure des dégâts occasionnés par cette idéologie sans fond mais gravée de méthode.

        Répondre
        • smolski
          smolski dit :

          Un peu de recul permet malheureusement de prendre la mesure des dégâts occasionnés par cette idéologie sans fond mais gravée de méthode.

          Il est pourtant bien plus difficile de défendre la méthode actuelle complètement gangrénée elle par une idéologie sans fond active et toujours plus vigoureuse.

          Pour ma part, je préfère bien d’autres choses, voire l’inverse que cette liberté que vous défendez dans votre intervention, liberté pour les uns qui nous assassinent méthodiquement tous, nous et chacun de nos enfants.
          Belle planète que votre penchant idéodologique entraîne toute entière chaque jour un peu plus dans l’abîme avec lui !

          Bonjour chez vous cher Reichsführer Yvan Fay.

          Répondre
    • Brigite
      Brigite dit :

      à la fin, il faudrait arriver à clamer le même slogan.
      (en cette époque individualiste c’est possible)

      retrait, retrait, retrait de la loi travail
      la soirée ne fait que commencer…

      DROIT DE REGARD SUR LES LICENCIEMENTS, POUVOIR D’ACHAT, RETRAITES.

      Répondre

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