La fin et les moyens

Ange déchuJ’avais un ami, gentil et discret, qui aimait le couscous-coca, la purée sur-beurrée — et au demeurant délicieuse — de sa mère, créer des trucs sur son Commodore 64, jouer au bowling le samedi soir et tuer le temps en ma compagnie. Comme il avait suivi sa scolarité dans le même établissement que moi, je lui ai demandé un jour quel était son souvenir le plus marquant de ce lycée privé où la petite bourgeoisie locale envoie sa progéniture bien gendarmée pour en faire la future élite de notre contrée. Il m’a répondu que c’était la fois où un groupe assez important de ces braves cathos lui avait enfoncé la tête dans un tas de feuilles mortes en lui gueulant : « bouffe, sale arabe! »

 

Dimanche dernier, nous avons coupé du côté du quartier du Garros pour rejoindre plus vite la route qui nous conduirait au repas d’adieu avec un autre ami gentil et discret. C’est à ce moment que nous avons remarqué une assez grosse caméra sur le bas-côté. On s’est demandé si la télévision tournait un nouveau reportage sur le quartier rural le plus pauvre de France, quand nous avons aperçu, de l’autre côté de la route, un petit attroupement et une voiture de policiers. On a levé les yeux et vu que le toit de la très pimpante mosquée du quartier était effondré.
On a tout de suite compris qu’il y avait eu un attentat contre les musulmans de la ville, probablement en rétorsion de celui du Thalys.

Il semble qu’il ait fallu nettement plus de temps au procureur du département pour en arriver à cette conclusion, lui qui a affirmé sans sourciller que dans notre ville, il n’y a jamais eu de tensions communautaires, tout au plus quelques blagues de potaches, comme un jeté de lardons sur la même mosquée dans le grand élan de charlisation du monde du début de l’année.

C’est pourtant dans cette même ville que mon ami a été étouffé par des feuilles en décomposition, dans cette même ville que d’autres amis nous ont un jour fièrement servi à table une « cuvée Front National ».
C’est une petite ville de province tout ce qu’il a de plus ordinaire. Une petite ville comme il y en a des centaines d’autres en France et où les gens ne sont ni meilleurs ni pires qu’ailleurs. Une petite ville où globalement, ils sont même plutôt plus à gauche qu’ailleurs.

Les gauchos et les fachos

Je crois que j’ai toujours pensé qu’être de gauche était le meilleur antidote contre le fascisme. Encore une de ces évidences dont il va me falloir me débarrasser ou, pour le moins, sérieusement passer au crible du doute raisonnable.

Non, monsieur Sapir, non : le FN n’est pas plus fréquentable aujourd’hui qu’il y a 25 ans. Même si l’on ne peut qu’être impressionné par le boulot de ripolinage intensif qu’a entrepris Marine Le Pen depuis qu’elle a repris l’héritage familial, même si les cadres du parti ont une maitrise du markéting politique de nature à faire pâlir d’envie nos présidents démagogues récents et actuels, il n’en reste pas moins que l’assise idéologique de ce parti n’a pas varié d’un iota et que son fonds de commerce est de fournir, encore et toujours, le même exutoire à ceux que la compétition économique menace ou fracasse : la haine de l’autre.

Détournement photo en vogue sur les réseaux sociaux fachos ces derniers jours.

Détournement photo en vogue sur les réseaux sociaux fachos ces derniers jours.

 

Je viens de recevoir l’exemplaire de correction du livre sur lequel j’ai travaillé cet été et je me demandais hier soir encore s’il était vraiment opportun que je le sorte du tiroir après 20 ans. La seule personne à qui je l’ai donné à lire n’a plus donné de signe de vie depuis et je suis même allée vérifier qu’elle ne s’était pas désabonnée de mon profil Twitter entretemps.

Rien qu’avec la couverture, j’ai eu le droit à un flot de jugements à l’emporte-pièce, sans qu’un seul mot ait été encore lu. À se demander si cela vaut vraiment la peine de continuer.

 

Mais voilà, il y a la tentation du pire de Sapir et de beaucoup d’autres derrière lui. Il y a cette photo au message dégueulasse qui rappelle de quoi le FN est le nom. Il y a la nécessité de rabâcher que tous ceux qui instrumentalisent la haine des autres ne sont porteurs d’aucun espoir pour les démocraties. Il faut continuer à démontrer que le FN a beau ratisser large en détournant les thématiques de la lutte des classes parce qu’il a besoin de petit peuple qu’il méprise pour arriver au pouvoir, il n’en reste pas moins un parti porteur d’une idéologie mortifère au service des intérêts de la même bourgeoisie qui nous a plongés dans le chaos il y a plus de 70 ans.

Et qu’il est donc plus que jamais nécessaire de connaitre notre histoire si nous voulons éviter de la reproduire, une fois de plus.

 

L’Europe actuelle s’avère toujours plus capitaliste, néocolonialiste, productrice d’armes, autoritaire, raciste et mortifère. J’ajoute perverse. Oui, perverse. En effet, quand on fait souffrir d’un côté et qu’on empêche de fuir de l’autre, le tout en culpabilisant les victimes et en faisant de beaux discours souriants et vaniteux, on se comporte de façon perverse, tant à l’égard des migrants que des Grecs, par exemple, dans une direction comme dans l’autre. Cette Europe est sans doute le (petit) continent le plus pervers à l’égard des autres dans toute l’histoire de l’humanité.

Source : LE VIEUX MAL EUROPÉEN ET LA TENTATION DE L’EXTRÊME-DROITE | Blog YY

 

132 réponses
  1. chris
    chris dit :

    Mouai,

    Par où on commence, pour sortir de la bisounourserie. Racisme, xénophobie, serait l’apanage d’une pensée politique; peut-être, mais pas que, quand ils ne font que surfer, récupérer des phénomènes naturels. Donc allons voir dans une prison, un quartier, une salle de boxe, un marché, une discothèque, là où on aperçoit un peu l’underword. Ben, y a des clans, parce que si t »es seul, t’es mort. Alors, avant, onav

    Répondre
    • chris
      chris dit :

      ET voila, on frappe trop vite et hop…

      Bon, je continue : avant, on avait les Corses, quelques algériens, voire des marocains, quelques sénégalais, et on se partageait le gâteau, même en prison. Quand aujourd’hui, tout le monde s’embrouille, les Tchétchènes, les Albanais, les rebeux, les africains ( par exemple entre les Tunisiens nouvellement arrivés et les Algériens ,c’est la guerre), j’avais oublié les manouches, d’ailleurs.

      Pas vraiment de haine, puisque selon les circonstances, chacun peut s’associer pour une affaire oud eux avec le clan d’en face, mais juste un gâteau avec plus de monde autour. Alors le FN, mazette…

      Répondre
      • chris
        chris dit :

        Bon, comme je suis de sortie, je ne relèverai les copies que tard ce soir. Donc, allez y, j’attends de l’indignation, des Nous sommes Charlie, bref des arguments…

        Répondre
        • Sombre Hermano
          Sombre Hermano dit :

          Professeur Chris, je vous livre votre première copie. Soyez indulgent : je ne fais que paraphraser mes professeurs (marxistes-léninistes) dont les propos avaient quand même une autre tenue que votre verbiage pseudo-sociologique digne d’une émission de télé-réalité. Vous devriez poser votre candidature à « Koh Lanta ». Vous y trouveriez un rôle à votre mesure : celui qui divise pour mieux régner. Faites quand même gaffe de ne pas offenser un de vos adversaires/partenaires en le traitant de « tchétchène » …

          Répondre
          • chris
            chris dit :

            Koh Lanta se révèle assez réaliste sur la nature humaine, en effet. Moi, j’évoquais le peuple d »en bas, celui si bien décrit par London, déjà à l’époque, mais en effet, vous prenez de bons citoyens moyens, même pas des chômeurs, et vous les collez dans un bocal avec peu de nourriture, et ils se bouffent entre eux, se trahissent, deviennent lâches, abjects. Il y a avait ce film, des années 70, qui disaient : vous prenez un aquarium et vous y mettez dix poissons rouges avec de la nourriture pour 20 poissons, puis vous rajoutez 10 poissons mais bleus. Tout se passe bien, ils se partagent la nourriture et vivent ensemble malgré la différence de couleur. Puis vous rajoutez des verts, mais sans la nourriture, puis des oranges, et là les rouges s’allient avec les bleus qu’ils connaissent mieux , pour tenter de tuer les autres, les verts et les oranges qui s’allient à leur tour pour se défendre.
            Alors personne n’est obligé de participer à ce jeu débile de Kho Lanta, surtout pas moi, d’ailleurs, mais les poissons, eux n’ont pas le choix, ils doivent survivre.

      • sortilege
        sortilege dit :

        A mon avis .
        C’est pour ça que « la case vide » sous l’impulsion du pouvoir ,s’emploie a nous désarmer .
        De toute façon, dans la vie, ça restera a mon avis, chacun pour sa peau .
        Il y a très longtemps que l’humain s’associe pour défendre ses intérêts,mais lâche ses allies lorsque ça ne lui rapporte plus rien .
        Le pouvoir s’emploie a voler les richesses hexagonales et se débarrasser des inutiles qui pénalise ses bénéfices.
        Comme il est malin, il s’emploie aussi a susciter des haines entre les différents groupes d’intérêts .Une guerre civile l’arrangerait ,ainsi il pourrait faire de beaux carnages sans avoir a rendre des comptes .

        Répondre
    • Sombre Hermano
      Sombre Hermano dit :

      Chris, donc pour toi, la vie c’est survivre en meute, mordre tout ce qui bouge et essayer de s’arracher avec le meilleur morceau ? Les Néndertaliens faisaient ça aussi, il me semble ; à moins que ces fichus sous-hommes aient su développer une conscience morale. Ils offraient déjà une sépulture à leurs défunts, parait-il. Tout cela, ce sont peut-être des légendes après tout. A-t-on vraiment des preuves qu’ils aient pu avoir un comportement « humain » ?
      Tout comme les exemples que tu cites : as-tu vraiment approché dans toutes leur dimensions ces clans de sous-hommes qui fréquentent les marchés, les salles de boxe, les discothèques et autres « lieux de perdition » ?
      Finalement la seule vérité que tu énonces dans ton argumentaire indigent, c’est quand tu parles de « clans » : c’est malheureusement ce vers quoi nous sommes entraînés quand nos résignations, nos lâchetés, nos peurs de perdre ce qu’il nous reste de confort matériel nous dictent cette conduite de nous blottir dans nos petite coquilles merdeuses en attendant que le gros de l’orage soit passé.
      Je ne suis pas un grand penseur ; ma philosophie de vie s’appuie souvent sur des paroles de chansons : je t’en livre un petit exemplaire et te laisse à ton cynisme.

      « Ils commémorent au mois de juin,
      un débarquement d’Normandie,
      ils pensent au brave soldat ricain
      qu’est v’nu se faire tuer loin d’chez lui.
      Ils oublient qu’à l’abri des bombes,
      les Français craient : vive Pétain,
      qu’ils étaient bien planqués à l’ombre,
      qu’y’avait pas beaucoup d’Jean Moulin. »

      Répondre
      • chris
        chris dit :

        Machiavel a succédé aux Néandertaliens, et ce fut pire encore…

         » Nous vivons assurément plus longtemps et ne succombons plus aux mêmes maladies. Mais allons-nous mieux pour autant ? Et valons-nous mieux ? Sommes-nous meilleurs parce que nos conditions de vie le sont ? Tout porte à croire que non : en dépit des avancées scientifiques et du progrès technologique, l’homme est plus veule, plus cupide et égoïste que jamais. Pourquoi ? Parce qu’à chaque fois qu’il a eu à choisir entre devenir meilleur et améliorer ses conditions de vie, il a préféré la seconde option. Parce que, comme l’écrivait Orwell, le but de l’homme n’a jamais été de demeurer humain mais de rester vivant, à n’importe quel prix.  »
        Percy Kemp (Noon Moon – 2010)

        Répondre
        • Sombre Hermano
          Sombre Hermano dit :

          Alors comment expliquez-vous que dans toute l’Europe, des humains aient résisté contre les Nazis en prenant les armes ou en protégeant les persécutés. Ne pas y voir une autre dimension que le simple instinct de survie serait malhonnête, non ?

          Répondre
          • chris
            chris dit :

            Voila bien une vison idéalisée de la Résistance, des Résistances le plus souvent manipulées, incorporant des gens aussi divers que des communistes, des catholiques, et des voyous. Bref des idéalistes et des pragmatiques, qui sans Staline, les ricains et le bulldog, n’auraient eu aucun moyen hors des fourches et des fusils de chasse. Moulin, ce héros, mais les autres héros, combien ont fini criminels de guerre en Indochine puis tortionnaires en Algérie.

  2. Martin scriblerus
    Martin scriblerus dit :

    « Nous vivons dans une société raciste » signifiant des rapports sociaux structurés autour d’une hiérarchie sociale ayant produit ces races, qui n’ont jamais été autre chose que des catégories politiques, on n’échappe pas à ces rapports sociaux. Même antiraciste, même de gauche. (Je trouve très éclairantes les analyses qu’Albert Memmi proposait, il y a près de soixante ans déjà, des colons « de gauche », dans son « Portrait du colonisé »)

    Cela ne signifie évidemment pas qu’il n’y a rien à faire.

    Mais que l’on part de loin, de très loin.

    De plus loin que pourrait le laisser croire, me semble-t-il, votre conclusion telle qu’elle est formulée, quant à la « nécessité de connaitre notre histoire si nous voulons éviter de la reproduire, une fois de plus ».
    Je veux dire par là que cette formule un peu éculée a le défaut de laisser croire que cette histoire serait peut-être déjà connue, qu’il pourrait ne s’agir que d’une question d’accès à une connaissance déjà établie et disponible, prête à l’emploi. Il n’y aurait qu’à faire l’effort de la diffuser.

    Alors que c’est le contraire: comme en témoignent (par exemple) et les récents (et plus que remarquables) travaux sur la blancheur, le racisme et le colonialisme de Rosa Amelia Plumelle-Uribe, et leur réception, il y a tant de notre histoire qui reste à produire: tant du passé qui est notre passé qui demeure nié, omis, tu. Que les rapports sociaux actuels voudraient ne jamais voir exhumé et objet de réflexion.
    Il n’est que de voir les récentes tentatives universitaires de minimiser le contenu déshumanisant du Code Noir et l’inhumanité, le caractère ouvertement criminel, de l’esclavage, de la traite des noirs – et les calomnies dont un homme de la valeur de Louis Sala-Molins a été l’objet pour avoir osé, il y a presque trente ans, contextualiser et lire le Code Noir avec conséquence.

    <ne parlons pas des tombereaux de calomnies déversés depuis une quinzaine d'années sur quiconque ose recourir au concept d'islamophobie.

    La connaissance historique, pour reprendre le titre d'un article plus ancien encore d'une féministe radicale, Colette Guillaumin, est "l'une des conséquences théoriques de la colère des opprimés".
    Et son quasi homonyme Henri Guillemin écrivait, une décennie plus tôt, à l'occasion du centenaire de la Commune de paris, que lorsqu'elle déplaisait au pouvoir et aux gens de bien, "pamphlet" était le nom que l'on donnait à l'histoire…

    Connaître notre histoire demande de chercher d'abord le courage d'en regarder en face toute l'ignominie. Cela nous demande de regarder en face notre position sociale présente, et les rapports sociaux actuels, qui en sont le produit. Cela demande tellement plus que seulement "être de gauche", ou que seulement "ne pas être de droite", en effet…

    (Je suis néanmoins curieux sinon de lire votre bouquin, au moins d'en savoir un peu plus quant à son contenu).

    Répondre
  3. Martin scriblerus
    Martin scriblerus dit :

    Par ailleurs, j’ai trouvé tout aussi convaincante qu’éclairante la façon dont rosa Amelia Plumelle Uribe a montré dans « La férocité blanche » que l’on peut comprendre l’antisémitisme moderne et la Shoah comme la continuité et le produit des siècles colonialistes qui ont précédé le XXème et du racisme que ce colonialisme a élaboré, mais cette fois sur le sol européen.

    (Et je me demande ce que vous en pensez.)

    Répondre
      • Zorg
        Zorg dit :

        Dans la même veine, je conseille vivement la lecture de « Exterminez toutes ces brutes ! » de Sven Lindqvist : http://www.arenes.fr/spip.php?article28

        Extrait d’une critique du livre en question :

        « (…) Il s’agit d’une véritable recherche dont le but est de mettre en évidence les racines des massacres par les colons européens en Afrique : il s’agit d’une véritable démonstration, utilisant la forme d’un récit, une approche tout à fait novatrice qui est sans doute un exemple à suivre. Il montre – et c’est bien là la puissance et le moteur profond du livre – que les racines des massacres et des crimes contre l’humanité des Européens en Afrique avaient un fondement et une « justification » idéologique. Cette idéologie était raciste, et indiquait que les « sauvages » rencontrés par les « hommes blancs » n’étaient pas humains ; leur extermination rapide était un service à leur rendre, étant donné que dans la lutte du plus apte, ils n’étaient pas armés face à la civilisation occidentale. L’origine de cette idéologie raciste était un « darwinisme social » appliqué aux civilisations : seuls les plus aptes pourraient survivre.

        Sven Lindqvist montre bien que, en fait, la seule supériorité européenne était d’ordre militaire. Il montre que la colonisation s’est opérée par la force brute et l’extermination, le génocide, de peuples entiers, par la puissance militaire. L’idéologie raciste était en fait une justification de l’extermination par la force militaire. L’auteur cite des récits abominables de cruauté et de barbarie, qui ont été prononcés devant des sociétés savantes et des assemblées royales et princières (en Angleterre et en Belgique) devant un public « civilisé », en ne recevant que peu de critiques. Certaines rares critiques semblent avoir été le fait de quelques députés travaillistes britanniques. En somme, Sven Lindqvist montre de façon magistrale et étourdissante dans ce livre que le génocide de « races inférieures » fondé sur des idéologies racistes était une invention essentiellement anglaise au cours du XIXe siècle. Il rappelle que les Allemands avaient peu de colonies à l’époque, et que les mêmes idéologues ayant inspiré les crimes anglais en Afrique ont ensuite inspiré les nazis à une plus grande échelle. Il cite par exemple Frederick Farrar, membre de l’Ethnographical Society de Londres, qui indiquait en 1866 : « De même, toutes ces myriades fourmillantes n’ont jamais produit un seul homme dont le nom est d’une quelconque importance dans l’histoire de notre race. Si elles étaient toutes noyées demain par un immense déluge, elles ne laisseraient aucune trace derrière elles, si ce n’est leur trace organique. Et je les appelle des sauvages irrécupérables…[parce que] bien loin d’être influencées par la civilisation, celle-ci les fait disparaître, aussi sûrement et nettement que la neige bat en retraite sous l’avancée des rayons du soleil. » Comme en écho lointain, l’allemand Paul Rohrbach écrivait en 1912 : « Nulle philanthropie ou théorie raciale ne peut convaincre des gens raisonnables que la préservation d’une tribu de Cafres de l’Afrique du Sud … est plus importante pour l’avenir de l’humanité que l’expansion des grandes nations européennes et de la race blanche en général. »

        L’auteur montre en fait que les nazis se sont inspirés de l’Empire britannique, et que dans leur ensemble, les Européens, dans leurs rapports coloniaux, ont été des précurseurs des nazis. C’est bien là la puissance du livre pour un lecteur européen : on ressent tout d’un coup sur les épaules le poids de l’histoire que supportent les nouvelles générations d’Allemands. Ils ne sont pas seuls à supporter ce fardeau. Tous les Européens, et particulièrement les Britanniques, doivent être amenés à méditer sur les crimes de leurs ancêtres. Exterminez toutes ces brutes est un livre contre l’amnésie, c’est un livre puissant, nécessaire, passionnant, qui nous invite à nous regarder autrement. La culpabilité qu’il met en évidence est globalement européenne (l’auteur suédois montre que son propre pays était également un participant enthousiaste du processus de pillage et d’exploitation) et les Français ne se sont pas particulièrement illustrés par leur ouverture d’esprit à cette époque. Les Français, qui aiment (à juste titre) se reposer sur les Lumières, devraient aussi reconsidérer les racines idéologiques de leurs colonisations. »

        http://www.larevuedesressources.org/sur-exterminez-toutes-ces-brutes-de-sven-lindqvist,103.html

        Lecture indispensable

        Répondre
    • Valere
      Valere dit :

      @Martin Scriberius
      Perso, au risque de paraître radoter, je continue d’en penser comme Césaire:

      il vaudrait la peine d’étudier, cliniquemcnt, dans le détail, les démarches d’Hitler et de
      l’hitlérisme et de révéler au très distingué, très humaniste, très chrétien bourgeois du XXème
      siècle qu’il porte en lui un Hitler qui s’ignore, qu’Hitler l’habite, qu’Hitler est son démon, que
      s’il le vitupère, c’est par manque de logique, et qu’au fond, ce qu’il ne pardonne pas a Hitler, ce
      n’est pas le crime en soi, le crime contre l’homme, ce n’est pas l’humiliation de l’homme en soi,
      c’est le crime contre l’homme blanc, et d’avoir appliqué à l’Europe des procédés colonialistes
      dont ne relevaient jusqu’ici que les Arabes d’Algérie, les coolies de l’Inde et les nègres d’Afrique.

      Et c’est là le grand reproche que j’adresse au pseudo-humanisme : d’avoir trop longtemps
      rapetissé les droits de l’homme, d’en avoir eu, d’en avoir encore une conception étroite et
      parcellaire, partielle et partiale et, tout compte fait, sordidement raciste. (…)

      Au bout de l’humanisme formel et du renoncement philosophique, il y a Hitler. Et dès lors, une
      de ses phrases s’impose à moi : « Nous aspirons non pas à l’égalité mais à la domination. Le pays
      de race étrangère devra redevenir un pays de serfs, de journaliers agricoles ou de travailleurs
      industriels. Il ne s’agit pas de supprimer les inégalités, mais de les amplifier et d’en faire une
      loi. »
      Cela sonne net, hautain, brutal et nous installe en pleine sauvagerie hurlante.

      Le « Discours sur le colonialisme » reste essentiel pour qui veut saisir toute la duplicité de l’Europe, continent le plus humaniste de l’Histoire par le discours mais le plus barbare dans l’action.

      Répondre
  4. Chabian
    Chabian dit :

    madame maillard,
    Je crois que le contexte est bien celui d’une montée d’un populisme nationaliste, comme nous en avons connu en 1914 et 1939 (et avant). CE populisme est un fonds de commerce du FN et il est une tentation des partis au pouvoir, de droite certainement (Sarkosy, Berlusconi surfaient sur cette vague), de gauche possiblement (tout le Parti socialiste belge (appelé parti ouvrier) a suivi son secrétaire national DE MAN sur les voies de la planification nazie…; il a fallu quatre années de résistance pour construire un nouveau parti socialiste avec quelques anciens et d’autres partis convenant d’un ‘programme de la résistance). Mais ce contexte est particulier en ce qu’il est anti ‘islamiste’ cad anti arabe dans les faits, rejetant nos nationaux d’origine arabe dans les bras du sectarisme d’en face, Daesh.
    De sorte que les aggressions racistes que votre ami a connues jadis (quand les belges traitaient de Macaronis les fils des italiens amenés à travailler dans nos mines) sont à voir autrement aujourd’hui.
    Votre livre peut être intéressant historiquement, certainement (je lisais récemment sur le camp de Gurs, l’enferment des ‘étrangers indésirables’ par les socialistes d’avant Pétain), mais je pense qu’il sera manipulé dans le contexte d’aujourd’hui. Je le crains.

    Répondre
  5. L'ours
    L'ours dit :

    – Un peu étonné de Jacques Sapir, peut-être que cette phrase est sortie de son contexte et/ou que ce n’est qu’une constatation considérant l’augmentation du nombre de sympathisants du FN, des français qui expriment quelque chose par cette prise de position (à propos deSapir http://www.les-crises.fr/grece-apres-laccord-du-11-aout-2015/)
    – Joseph Goebbels, chargé de la propagande au sein du parti nazi depuis 1929 s’est énormément inspiré des travaux (« Propaganda ») de Edward Berneys, le neveu de…Freud…(lire l’excellent « petit cours d’autodéfense intellectuelle » de Norman Baillargeon et écouter Noam Chomsky)
    – Certains disent de l’Histoire que ce sont les vainqueurs qui l’écrivent…
    En voici un extrait concernant le P.S. et ses ancêtres
    Parti socialiste : il y a presque un siècle que cette gauche-là nous déçoit et nous trahit (je précise que je suis/étais de la « génération Mitterand »…):
    – socialistes votant les crédits de guerre en 14/18,
    – socialistes approuvant l’occupation de la Ruhr,
    – socialistes appelant avec Blum à une pause sociale en 1936,
    – socialistes abandonnant les républicains espagnols aux bons soins de Franco,
    – socialistes applaudissant aux Accords de Munich,
    – socialistes prenant le décret de dissolution du PCF en 1939,
    – socialistes accordant en 1940 les pleins pouvoirs à Pétain,
    – socialistes faisant tirer sur les Malgaches en 1947 puis réprimant les mineurs grévistes,
    – socialistes organisant les guerres coloniales en Indochine et en Algérie,
    – socialistes approuvant la torture,
    – socialistes imposant la rigueur en 1983,
    – socialistes supprimant des dizaines de milliers d’emplois dans la sidérurgie et ailleurs au nom de la modernisation de l’industrie,
    – socialistes privatisant plus que les gouvernements de droite,
    – socialistes réhabilitant le monde de l’entreprise et les champions du CAC-40,
    Passée complètement inaperçue du grand public, la Loi Beregovoy Naouri “La Bourse au coeur de notre économie” a des conséquences dévastatrices sur la crise actuelle en débridant la spéculation. Aussi importante que la Loi Pompidou Giscard de 1973, mais peu de gens la citent. link to w41k.info « « Dans la vie, il y a deux choses : le pouvoir et l’argent. Nous avons eu le pouvoir, maintenant il nous faut l’argent (12) », aurait expliqué M. Naouri lors de son départ du ministère de l’économie en 1986. Quelques mois plus tard, il créait un fonds d’investissement. En 2008, il devenait la 38e fortune de France.. Naouri a préparé à Bercy sa carrière de financier et Beregovoy qui n’a jamais eu de compétences économiques aurait mieux fait de rester tourneur fraiseur.
    – socialistes organisant la casse du service public,
    – socialistes organisant la dérégulation des marchés,
    – socialistes approuvant Maastricht, la guerre du Golfe, les Traités de Lisbonne et de Barcelone,
    – socialistes applaudissant au Pacte de stabilité, socialistes abandonnant en toute bonne conscience les milieux populaires mais faisant les yeux doux au Medef.
    La litanie des désillusions serait trop longue pour être complète. Socialistes d’en bas et socialistes d’en haut ne valent pas mieux.

    Répondre
  6. Allonh Bon !
    Allonh Bon ! dit :

    Pour quiconque a un peu de mémoire, il faut se souvenir qu’en son temps, l’immonde truand Chirac, alors inspiré par les anecdotes de l’éternel innocent alors élu local de la Goutte d’Or Alain Juppé racolait l’électeur en évoquant « le bruit et l’odeur » des immigrés touchant 50.000 Fr de prestations sociales….

    Depuis, Chirac a gouverné la France pendant douze ans.

    Douze ans pendant lesquels la construction européenne, soutenue par tous les partis de gouvernement et même à l’époque Mélenchon peut se vanter de grands succès dans sa lutte contre une certaine manière de vivre ensemble. Le repli nationaliste et culturel, la xénophobie généralisée, le paternalisme moral sont devenus ce qui caractérise la politique française.

    Autant dire qu’il est un peu tard pour crier au loup : les raisons de s’opposer au FN valent depuis plus de vingt cinq ans pour la plupart des autres partis et notamment PS, PC, FN. Peut-être y-a-t-il quelque chose de spécifique au FN sur la question juive, et encore… mais de là à justifier un ostracisme qui ne s’étende pas à l’ensemble de la classe politique, bah : ça valait sans doute avant 1995 : désormais, vingt ans de politique constante en faveur de l’oligarchie (si souvent blanche, masculine, chauve, grasse) contre les travailleurs (si souvent moins blancs, sauf pour les contremaîtres, profs, etc…) ont établi aux yeux de tous je pense qu’il n’y a pas de raison d’accorder au PS, à l’UMP ou au PCF une grâce qu’on accorderait pas au FN.

    Pareillement, prétendre que le FN se révèlerait à l’usage pire que le PS reste à démontrer. Pour l’instant, on a plutôt le sentiment de voir le PS tenter de dépasser l’électorat FN sur son aile droite.

    Répondre
  7. babelouest
    babelouest dit :

    FN, PS ou autres, ce ne sont que des étiquettes comme aiment s’en donner des personnes qui ne s’affirment qu’en s’opposant. Les oppositions, parmi ces personnes, ne sont que de pure forme malgré les apparences. Le PS de la guerre d’Algérie avait le même goût infect que ce qui deviendra plus tard le FN. La Françafrique de Foccart n’est pas moins nauséabonde. Il s’agit toujours de la suprématie de « la race blanche », et parmi celle-ci, des brasseurs d’argent. Argent et pouvoir sont les deux tenailles d’un même outil d’oppression.

    La seule nuance vient du fait que le FN comme ses prédécesseurs des années 20 ou 30 se glorifie de ses positions CONTRE d’autres humains désignés comme inférieurs. Les autres, plus cauteleux, appliquent sans rien dire des méthodes similaires, des assassinats allant de Ben Barka à Kadhafi, et j’en oublie. La politique se nourrit de sang comme de billets pas toujours verts, pas toujours propres.

    L’humain, n’hésitons pas à le constater, ne voit qu’en binaire : sa propre lignée (et encore pas toujours) et le reste du monde, considéré comme hostile. Les amis ne sont que des wagons accrochés tant bien que mal à son ego. Rares sont d’ailleurs ceux qui ne se décrochent pas au fil du temps. Est-ce une vision pessimiste ? A chacun d’y réfléchir.

    Pour les nations, généralement, et du moins c’est le cas pour la France, ce sont des lieux au départ géographiques, auxquels peuvent se superposer des langues, vecteurs et moteurs de la pensée, et plus rarement le sentiment d’un destin commun. La France de la Révolution en avait une conception très ouverte, judicieusement exprimée dans le chant révolutionnaire du film Les Mariés de l’An II par Michel Legrand, « Les sans-patrie sont français ». C’est exactement l’inverse de ce frileux nationalisme que professe le FN, mais auquel adhèrent les autres « grands partis ». C’est d’ailleurs pourquoi « Je ne suis PAS Charlie ». Il s’agit d’être du fond du cœur jusqu’à la pointe des cheveux Internationaliste, conception violemment contre le mondialisme des capitalistes. Ces capitalistes qui ruinent nos frères d’Afrique, leur arrachent les cultures vivrières à leur seul profit, vont ensuite s’étonner que des survivants crevant de faim frappent à la porte de l’Europe, vue comme l’Eldorado qu’elle n’est plus guère.

    Le parti nationaliste dans le mauvais sens du terme, c’est le FNUMPSUDI, renforcé par une aberration plus grande encore qu’est l’européisme ombrageux d’EELV.

    Répondre
    • Agnès Maillard
      Agnès Maillard dit :

      La seule nuance vient du fait que le FN comme ses prédécesseurs des années 20 ou 30 se glorifie de ses positions CONTRE d’autres humains désignés comme inférieurs.

      C’est une putain de GROSSE nuance, quand même. Et pour moi, elle n’est pas anecdotique. C’est le maitre étalon de la pensée dégueulasse. Ce qui fait qu’effectivement, ceux qui pactisent avec cette pensée dégueulasse pour des fins électoralistes, tu vois à peu près la confiance que tu peux leur accorder d’un point de vue humain. Des gens qui se prétendent partager des valeurs humanistes mais qui peuvent le faire sans difficulté en éliminant — dans un premier temps symboliquement — une partie de leur semblables sous prétexte que, finalement, ils ne sont pas si semblables qu’eux…

      Il ne s’agit pas de décerner des diplômes de pureté politique, mais bien de savoir quel genre d’humain nous sommes, chacun de nous.

      Répondre
      • Christine
        Christine dit :

        Tu as raison c’est une putain de grosse nuance, et hier soir en voyant le camion frigorifique hongrois avec son joli dessin de poule dessus,j’aurais bien aimé que la porte soit ouverte et qu’on les voit les humains entassés et morts dans des conditions atroces dans notre belle Europe,et j’aurai bien aimé aussi que ça réagisse un peu plus contre Vidalies et son contrôle au faciès,pour ne parler que de l’actualité.
        Ca fait déjà longtemps que médias et politiques s’autorisent un discours raciste sous couvert d’arguments fallacieux.Ca me fait penser à Moreira( il a fait un docu sur le FN ) qui racontait qu’un type qui votait FN avait fait le ramadan avec son collègue parce qu’il voulait pas manger tout seul devant lui; je me dit que parfois la vraie vie reprend ses droits.
        Face à la violence sociale,économique dans laquelle on est englué les réactions vont en fonction de la singularité de chacun et de sa conscience politique,de la haine (des immigrés ET des nantis) à l’analyse distanciée et dysphorique de la situation.Nous sommes tous faits de ces 2 extrêmes à des degrés divers.
        Mais si le racisme évite de poser les questions en terme de classes sociales, je pense ,faute de réponses adaptées,qu’elles vont inexorablement s’incruster dans le débat.A nous de nous en saisir dans notre quotidien déjà dès que l’occasion se présente et essayer de fédérer la colère dans ce sens là.

        Répondre
      • Allonh Bon !
        Allonh Bon ! dit :

        Pour l’instant, les partis qui revendiquent une supériorité, notamment morale, de leurs consanguins sur le reste de la planète incluent UMP et PS (et le PCF par vocation).

        Il faudra un jour qu’on m’explique la différence fondamentale entre une idéologie qui désigne l’étranger comme inférieur et celle qui affirme détenir la vérité contre le peuple. S’il s’agit de diaboliser ceux qui désignent la religion ou l’origine ethnique des individus pour les catégoriser, force est de constater qu’il n’existe aucune force politique en France qui ne pratique cette catégorisation. Et je ne prendrai pas ici le temps d’énumérer les innombrables exemples trouvables dans toutes les forces politiques françaises de xénophobie assumée, y compris chez les potes à Charlie (Pasqua) du FG.

        Et de ce point de vue, la République n’a pas de solution à proposer : la République est le problème.

        Répondre
    • Panouille
      Panouille dit :

      « Le parti nationaliste dans le mauvais sens du terme, c’est le FNUMPSUDI, renforcé par une aberration plus grande encore qu’est l’européisme ombrageux d’EELV. »

      Tu n’y vas pas avec le dos de la cuiller… Mais je crains fort que tu ne sois dans le vrai !

      Répondre
      • Agnès Maillard
        Agnès Maillard dit :

        Oui, mais non. Le truc, c’est que confondre les cyniques des partis de gouvernement qui ratissent sur les terres xénophobes par simple calcul électoraliste et des gens dont toute la vision du monde est profondément fasciste, mais qu’ils maquillent habilement pour devenir fréquentable, brouille totalement la pensée politique et banalise la pensée raciste jusqu’à la naturaliser, la rendre normale… ce qui est monstrueusement dangereux pour notre démocratie.

        Bien sûr que les partis de gouvernement ont cyniquement utilisé le FN pour se maintenir au pouvoir et qu’à l’instar de ceux qui armaient les islamistes intégristes pour maintenir leur mainmise sur les zones de production énergétiques, ils se retrouvent aujourd’hui harcelés, acculés — voire assimilés — par le golem qu’ils ont créé.

        Mais il ne faut pas perdre de vue ce qu’une pensée politique fondée sur le racisme (cela reste tout de même la tête de gondole de l’offre markéting du FN) implique réellement dans notre société, notre histoire et notre humanité.

        À moment donné, il te faut bien délimiter ce qui acceptable ou non en cynisme politique et tractations de cuisines, ce qui est vaguement compatible avec une démocratie et ce qui ne peut pas l’être, en aucun cas.

        Le FN draine la pensée et les énergies politiques vers l’horizon de son trou noir conceptuel, avalant tout le paysage politique. En devenant incontournable, en se banalisant, il se légitime. Mais il ne peut cacher son substrat idéologique réel. Dès que le FN prend le pouvoir quelque part, il redevient clairement ce qu’il n’a jamais cessé d’être : un putain de parti fasciste qui hait l’art, la culture, la diversité… toutes les valeurs de la République dont il se parait des atours à l’heure courtisane et qu’il foule aux pieds dès les noces prononcées.

        Répondre
        • Pierre M. Boriliens
          Pierre M. Boriliens dit :

          Bonjour,

          « Le FN draine la pensée et les énergies politiques vers l’horizon de son trou noir conceptuel »

          C’est très juste, mais tout seul il n’y arriverait pas.

          En réalité il bénéficie surtout de l’air du temps où tout concoure à empêcher la formation d’opinions éclairées.

          Opinions éclairées ? Qu’ai-je encore dit ? On sait bien que « éclairé » ça nous vient des philosophes des Lumières qui sont la matrice des totalitarismes…
          Bon, utilisons donc la raison. Vous n’y pensez pas ! Qu’y a-t-il de plus rationnel que le troisième Reich ? C’est ça que vous voulez ?
          Mais enfin tout de même, il y a des choses qui sont vraies et d’autres qui sont fausses. Pas du tout, d’ailleurs à chacun sa vérité… Même Einstein…
          Je caricature à peine, et de toutes manières l’analyse de ces phénomènes a été développée en long, en large et en travers par des gens très sérieux.

          Ce n’est évidemment pas le FN qui est à l’origine de ces modes de « pensée », mais ce sont des « philosophes » (les nouveaux philosophes, type BHL, Glucksmann et cie, mais aussi Heidegger et ses épigones), des historiens (Furet & all. et, en Allemagne, Nolte), bien sûr des journalistes (rares sont ceux qui y échappent), des écrivains, etc. Et ça se retrouve, plus ou moins masqué, dans les programmes scolaires…

          A quoi on peut encore ajouter des choses techniques comme twitter, la « pensée » en 140 caractères, et d’autres…

          Le FN (au sens large, parce qu’on peut évidemment ajouter Soral et tous ces gens) a très bien compris ces nouvelles règles et ça d’autant plus facilement qu’à l’extrême-droite on a toujours été anti-intellectualiste, etc.

          « A qui doit s’adresser la propagande ? Aux intellectuels ou à la masse moins instruite ? Elle doit toujours s’adresser uniquement à la masse. Toute propagande doit être populaire et placer son niveau spirituel dans la limite des facultés d’assimilation du plus borné parmi ceux auxquels elle doit s’adresser. Dans ces conditions son niveau spirituel doit être situé d’autant plus bas que la masse des hommes à atteindre est plus nombreuse. Plus sa teneur scientifique est modeste, plus elle s’adresse exclusivement aux sens de la foule, plus son succès sera décisif. L’art de la propagande consiste précisément en ce que, se mettant à la portée des milieux dans lesquels s’exerce l’imagination, ceux de la grande masse dominée par l’instinct, elle trouve en prenant une forme psychologiquement appropriée le chemin de son cœur. »
          Adolf Hitler, Mein Kampf (1926)

          Voyez ça : Hitler pense qu’il vaut mieux éviter la science (ie, la raison), pour lui préférer du baratin qui s’adresse aux sens, à l’imagination, à l’instinct, au coeur… Parce que ça marche beaucoup mieux !
          Mais c’est le type qui réfléchit aux meilleurs moyens de duper les gens.
          Aujourd’hui, ce sont les gens qui ne veulent surtout pas entendre parler de science ni de raison, – les sources de tous nos maux -, et qui considèrent comme pertinent le baratin qui s’adresse exclusivement à leur sens, à leur imagination, à leur instinct, à leur coeur (Nous sommes tous Charlie, pour un exemple récent)

          En conclusion, sommaire et trop rapide bien sûr, il me semble que le FN est un problème politique sérieux au cas où il arriverait au pouvoir, mais qu’il n’est de loin pas le coeur d’un problème beaucoup plus vaste qui touche l’ensemble de nos sociétés et dont les conséquences sont probablement bien plus graves encore. On peut appeler ça post-modernisme, relativisme, etc.
          Parce que dans le fond, il reste une question sans réponse très convaincante : comment les Allemands (les gens) sont-ils tombés aussi facilement dans le nazisme ? Comment pensaient-ils ?
          Et du coup, ne risquons-nous pas des dérives de la même sorte ? Et pas nécessairement seulement via le FN…

          Répondre
          • Simon Chalumot
            Simon Chalumot dit :

            Pierre M.Boriliens

            « En conclusion, sommaire et trop rapide bien sûr, il me semble que le FN est un problème politique sérieux au cas où il arriverait au pouvoir, mais qu’il n’est de loin pas le coeur d’un problème beaucoup plus vaste qui touche l’ensemble de nos sociétés et dont les conséquences sont probablement bien plus graves encore. On peut appeler ça post-modernisme, relativisme, etc.
            Parce que dans le fond, il reste une question sans réponse très convaincante : comment les Allemands (les gens) sont-ils tombés aussi facilement dans le nazisme ? Comment pensaient-ils ?
            Et du coup, ne risquons-nous pas des dérives de la même sorte ? Et pas nécessairement seulement via le FN… »

            Je cite votre conclusion car tout ce que vous énoncez là de manière brillamment synthétique, est la substifique moelle si je puis dire, l’essence des problèmes auxquels sont confrontés celles et ceux qui désireraient construire une société sinon égalitaire, du moins viable et constructive. Les dérives que vous craignez dans votre dernière phrase nous y sommes. Le fascisme nous y sommes englués, mais personne n’a le courage de l’avouer, parce qu’on a le droit de blablater sur internet sans que la gestapo vienne nous offrir le petit déjeuner. Mais le fascisme sait s’adapter, et à dans nos temps post moderne il n’a plus besoin d’uniforme de parade, de discours exaltés, de SA, de veillée aux flambeaux et de corporatisme old school. On peut très bien exalté de la haine collective, la guerre, et l’écrasement des droits socaiaux sans tout ça. Le FN a servi de catalyseur à l’époque de la grand offensive néo-libérale il y a 30 ans. Le terrain était redenu favorable, pour que ces thématiques redeviennent tendances. Le boulot ayant été fait, il ne sert désormais plus que de repoussoir bien pratique permettant de légitimer les politiques néo-fascistes soft de commis politiques de l’UE qui se partagent le pouvoir en menant à l’extérieur et à l’intérieur une guerre impitoyable aux pauvres. Si la thématique de préférence nationale est moins visible au FN, ces dernières années, c’est parce que insensiblement mais surement, c’est devenu une norme tacite dans l’ensemble de la société de l’extrème-gauche à l’extrème droite, le tout avec la bonne conscience de la lutte contre l’obscurantisme. Et evidemment dans ce contexte on manipule des haines, et des ressentiments, on ressort des vieilles théories du complot ringarde du 19 ème siècle…. c’est cela la victoire du FN, pas son arrivée au pouvoir. C’est aussi en cela que sapir se trompe, c’est dans l’impasse de ce Républicanisme laïcard d’opérette qui empoisonne tout le champs politique depuis des années à coups de CNR et autres billevisées qui font croire qu’il peut y a voir une différence entre un Philippot et une Maréchale. Mais le souverainisme qu’il soit chevènementiste ou carrément facho n’est qu’une illusion d’un retour vers un passé mythique qui n’a jamais existé. c’est une impasse, et il faut sortir de cette dualité ou l’Euro, ou la Patrie. On doit être capable de construire autre chose sur des échelles locales, de vraies altenatives concrètes et viables au nihilisme capitaliste.

          • smolski
            smolski dit :

            Pierre M. Boriliens « comment les Allemands (les gens) sont-ils tombés aussi facilement dans le nazisme ? Comment pensaient-ils ? »

            Aujourd’hui, via internet, la propagande n’est plus aussi domestique, seule reste l’extrême domestiquité tele et presse.
            Il y a donc une voie pour échapper à qui le veut bien, et nous sommes de plus en plus nombreux à le faire, notamment via des blogs comme celui du monolecte.

            Pour le nazisme, le peuple n’a pas répondu de plus en plus nombreux à ses doctrines avant qu’il ne soit porté au pouvoir, bien loin de là même. Ce sont les mécanismes des alliances gouvernementales qui ont porté le fruit là où, ensuite, il s’est égrenné contre la volonté du peuple qui en a ressenti le premier les cruelles morsures et le venin putride.

        • Clocel
          Clocel dit :

          En somme, tu stigmatises ceux qui dévoilent « leur jeu » et tu donnes un blanc-seing à ceux qui pipent la partie !
          T’es pas facile à suivre…
          Il n’y a pas plus d’idéologie au FN qu’il n’y en a au PS ou à l’UMP, juste de la cuisine de électoraliste et une juteuse entreprise familiale concernant les Le Pen, c’est tout, arrête de brandir l’épouvantail FN, les mecs vraiment dangereux n’y sont plus.
          Les scores du FN sont dus, plus à la médiocrité des « parties traditionnels » qu’à l’efficience de son discours…
          Marre d’entendre, « c’est la faute de l’Europe » par des gens qui nous y fourvoient de plus en plus…
          C’est un échec, économique, politique et idéologique, sortons du poker infâme, reprenons nos billes et sortons-nous le cul des ronces !
          Mais ça, ça demande des couilles, on en manque cruellement, en tous cas, pas celles des bonobos priapiques qui sortent des urnes.

          Répondre
          • Simon Chalumot
            Simon Chalumot dit :

            Clocel, tu ne vas tout de même pas reprocher à Agnès de ne pas avoir de couilles… Justement , à lire les débats divers et variés, je pense que les couilles et la testostérone sont bien trop présentes au point de parasiter les cerveaux.

          • Clocel
            Clocel dit :

            @ Simon
            « tu ne vas tout de même pas reprocher à Agnès de ne pas avoir de couilles…  »

            Du tout !
            Les couilles dont je parle notre Monolecte n’en manque pas ! :o)
            Faut juste pas se tromper d’adversaire, le FN n’est pas au pouvoir, sa politique merdeuse, si, Valls a un boulevard devant devant lui pour l’Elysée, Marine rampe dans les faubourgs…

            On médie beaucoup sur la testostérone, à voir la répartition de la connerie, cela ne serait être une explication valable pour certains comportements de la part de nos gérontes z’et autres ovaires travesties pour les besoins du pouvoir… :o)

  8. Yannick Patois
    Yannick Patois dit :

    Merci pour tes billets Agnès, toujours aussi intéressant.

    Je voudrais juste te reprocher l’image du « détournement de photo ». Il me semble bien qu’en effet ce soit un détournement, le texte ayant été réécrit, et présentant un message différent (voire carrément opposé) à celui initialement affiché. Or, ces personnes sont identifiables.
    Ce pourrait être toi, ou moi. J’avoue que cela me plairait moyen.
    Il me semble qu’un minium de décence et de respect (sans parler de l’aspect légal) devait faire reconsidérer la pertinence de cette publication telle quelle.

    L’argument « y’en a plein qui le font quand même, donc c’est pas si grave », ne m’a jamais paru moralement suffisant, si toutefois c’était le tien, le fait qu’une recherche google image inverse ne renvoie que deux sites (en comptant celui-ci), devrait quand même faire réfléchir.
    Merci.

    Répondre
    • Agnès Maillard
      Agnès Maillard dit :

      Je précise que c’est un détournement de photo. Je peux éventuellement flouter la tête des participantes involontaires, mais ce qui compte, de mon point de vue, c’est que d’autres personnes puissent penser|écrire|diffuser ce genre de message de nos jours.

      Répondre
  9. des pas perdus
    des pas perdus dit :

    Bien d’accord, le FN n’a pas changé au fond, il suffit de lire le vomi de ses soutiens comme les Identitaires pour se rendre compte que le danger est plus que jamais présent, le musulman a juste remplacé le juif pour promouvoir un capitalisme national.

    Répondre
    • Allonh Bon !
      Allonh Bon ! dit :

      Autrement dit, appliquer le programme proposé par Montebourg, le PCF ou le FdG : revenir au bon vieux ou les ingénieurs blancs, héritiers des Schneider, commandaient des bataillons de miséreux d’ici et d’ailleurs pour la glore de la France.

      Répondre
    • babelouest
      babelouest dit :

      Non, le FN n’a changé en rien : ce sont les autres « grands partis » qui s’efforcent de le rejoindre dans l’ignominie (voir Le Samaritain). Analyser ainsi me paraît judicieux. Le vocabulaire peut différer, les prétextes se révéler plus sournois, c’est bien la même horreur.

      Répondre
  10. lik
    lik dit :

    Sapir est un manipulateur en quête de gloriole militaire poutiniste.

    Ce pauvre type castré s’imagine dans sa névrose de petite bite en grand Tsar.

    Il a certes, comme tous les gourous potentiels, un gros baratin tordu.

    Ce mec est porteur d’une saloperie immonde, beaucoup se méfier de ce type de pourriture tordue.

    Et puis, un peu d’histoire et d’air alpin, loin de ces connards du FN ou souverainistes :

    https://www.youtube.com/watch?v=usNxKk5nJpo

    Répondre
  11. chris
    chris dit :

    Parfois, on trouve des gens pour résumer votre pensée, comme cet ami FB ce matin ( par contre, son Cercle des Volontaires mis en lien suite à son commentaire, pas trop, dans la mesure où j’ai trouvé ce lien chez des réacs rageant contre l’action des gens du voyage d’hier sur l’autoroute).

    «  »je parle du peuple et pas de ses soi-disant dirigeants. Là où je suis en porte-à-faux avec Sapir, c’est sur l’idée de fédérer les partis anti-européens dans la perspective de prendre le pouvoir. Je suis persuadé que le jeu des partis est terminé. Il faut passer à une autre forme d’action politique. C’est ça l’enjeu. Je ne vote pas pour le FN, je ne voterais jamais pour lui. Mais la stigmatisation de ce parti par la canaille du PS me laisse pantois. D’autant que c’est bien la démission des partis de gauche PCF et PS qui a permis cette montée. Se donner comme programme la lutte contre le FN relève de la paresse intellectuelle. «  » »

    Répondre
    • Simon Chalumot
      Simon Chalumot dit :

      « je parle du peuple et pas de ses soi-disant dirigeants. Là où je suis en porte-à-faux avec Sapir, c’est sur l’idée de fédérer les partis anti-européens dans la perspective de prendre le pouvoir. Je suis persuadé que le jeu des partis est terminé. Il faut passer à une autre forme d’action politique »

      Oui Chris, c’est tout à fait ça , j’ai aussi beaucoup aimé la justesse de ton discours sur la Résistance plus haut…

      Pour en revenir à ce que tu dis, il y a malheureusement beaucoup de résistances concernant le jeu des partis qui est encore considéré par beaucoup comme l’alpha et l’omga de la politique. Je suis convaincu pourtant qu’effectivement c’est du passé….Il faut reprendre les choses à la base, dans la vie quotidienne dans ce qu’elle a de plus triviale et de plus apolitique en apparence, dans le social, et la construction d’alternatives. Je suis de plus en plus convaincu que c’est cela notre planche de salut.

      « Se donner comme programme la lutte contre le FN relève de la paresse intellectuelle ».

      Exactement cet antifascisme d’opérette depuis le temps qu’il est utilisé me gonfle au plus haut point, d’autant qu’il est totalement hypocrite, si l’on considère que le FN est un repoussoir bien commode pour préserver un système politique commis d’une oligarchie financière dont les principes sont de moins en moins démocratiques. Et la perversité ultime du truc, c’est que cela conforte le vote FN, cela légitime la posture « rebelle » de ce parti, les valeurs de gauche étant considérées dans l’air du temps, du comptoir et des médias touite et autre comme des valeurs bobo de privilégiés qui ne connaissent pas la vie. Et c’est la qu’arrive Sapir pour appeler à des mélanges chimiquement douteux, des additions politicardes boiteuses, avec en perspective la sortie de l’OTAN et l’alliance avec la Russie. Comme si c’était à la hauteur des enjeux actuels…De plus une telle alliance conforterait l’éditocratie dans ces prêt à penser, vous voyez les extrèmes se rejoignent, le philippe valisme s’en donnerait à coeur joie, et une réaction de ceux qui croient encore aux mérites du système Européiste (et j’ai bien peur que leur nombre soit suffisant pour maintenir tout ça intact et debout) telle qu’il est incarné politiquement se précipiteraient pour sauver le démocratie. Ce serait se tirer une balle dans le papier en pariant sur un hypothétique court circuit du système politique Français qui favoriserait tout ce cancer identitaire qui ronge la société depuis quelques années à droite comme à gauche, ainsi que ce besoin lancinant d’autorité et de pouvoir fort, revendiqué par beaucoup.

      Répondre
      • smolski
        smolski dit :

        Simon Chalumot « cet antifascisme d’opérette depuis le temps qu’il est utilisé »

        C’est le fond de l’enjeu social pourtant.
        Toute la démocratie repose sur la particularité que représente le fascisme :
        La loi du plus grand nombre est tout bêtement celle du plus fort, c’est à dire celle du fascisme.

        Stifmatiser le fascisme c’est stigmatiser la source de l’anti-social en cours.

        Répondre
  12. chris
    chris dit :

    Brigitte,

    C’est beau l’ouverture d’esprit envers les religions, mais des musulmans , en côtoyez-vous assez pour être aussi magnanime….

    Je m’entraine depuis des années dans une salle de sport de notre brave république, boxe et haltérophilie, plus une ouverture à toutes les disciplines ( amateurs en préparation physique pour passer pro). Au fil des années, nous ne sommes plus que 10 % de petits blancs, parce que les autres blancs préfèrent des salles mieux fréquentées, on dira, ou faire Ping Pong ou Judo. Pas grave, ce sont de bons sportifs, nos blackos et nos rebeus, on s’entend même très bien, malgré nos petites différences. C’est même enrichissant, j’en ai jamais autant su sur l’Afrique, et je connais un peu d’arabe. Mais au fil des années , un souci nouveau est arrivé, insidieux et sournois, avec les Tchétchènes et les Tunisiens, par exemple. Au début , de simples réflexions au niveau des douches, puis des problémes avec les quelques jeunes femmes sportives qui passent parfois, puis des histoires de prêches au niveau des plus jeunes, etc, etc, jusqu’à des tensions palpables.
    Et vous savez, les plus virulents contre les mosquées ( nous avons un record à Nantes) ? Certains africains, comme mon ami Ibrahim (qui n’est pas Mouride, sic), parce qu’ils ont vu, eux , les dégâts chez eux, et le danger potentiel.

    Répondre
    • Simon Chalumot
      Simon Chalumot dit :

      Tout ce que tu racontes Chris n’est que le reflet des conséquences de la misère sociale, morale, culturelle la plus sordide dans laquelle baigne la société, et l’évolution de celle ci en 10-15 ans. Et des crispations sur l’identité et la religion que ce soit la France éternelle ou le Coran, parce qu’on veut s’y retrouver dans ce bordel post moderne, et qu’en situation de chaos, on se rapproche de son groupe et de son clan pour se défendre; Et puis rien de tel pour dépolitiser une population que d’entertenir des guerres de communauté, tout en condamnant le communautarisme et en montrant du doigt des gamines ou des mamans voilées qui ne demandent rien à personne. Et je ne m’étendrais même pas sur les liens entre la France et le Qatar qui comme l’ensemble des monarchies pétrolières financent cet intégrisme. Tout le système de communication, les discours et les actes sont incroyablement pervers.

      Répondre
      • smolski
        smolski dit :

        Simon Chalumot « en situation de chaos, on se rapproche de son groupe et de son clan pour se défendre. »

        C’est un point de vue opportuniste.
        Le chaos au contraire est la source, la vie de tous et celle de chacun.

        Par exemple lors d’un cataclysme, les humains ne sont plus des clans antagonistes, ils survivent parce que majoritairement chacun se met librement au service de chacun sans discrimination particulière.

        Répondre
  13. chris
    chris dit :

    Sur le grand marché nantais du samedi matin, les barbus oranges sont très marrants ; ils clament, regardez comment les gens sont malheureux, ils ont la machine à laver, la télé, la bagnole, mais il leur manque quelque chose pour être enfin heureux, il leur manque Allah !
    Le marché est aujourd’hui à 75% maghrébins, sans compter récemment les Tchétchènes très prisés pour leur connaissance des épices et graines rares ( les Roms en raffolent, et ma mexicaine aussi), et pour la plupart, ils respectent les prédicateurs, ou les craignent. Seuls les jeunes rigolent, par en dessous, parce que les barbus tiennent le business de la contrefaçon.

    Répondre
  14. chris
    chris dit :

    Oui, Simon, mais comment dire, comment expliquer ces mouvements fonds, ce chaos comme tu dis…

    Mon pote Maurice, il fait encore le marché, en attendant une maigre retraite, et comme il dit : sur la marché , nous ne sommes plus les boss, ce sont eux, comme dans les prisons, et eux, leurs boss, ce sont les Imams. Ils me respecte encore qu’il dit, un peu à cause du calibre 12 dans le fourgon et beaucoup parce qu’ils voient bien que je suis vieux, que je finis mon temps.

    Moi, son pote Chris, je ne vis plus en caravane. Je suis passé à autre chose, on dira pudiquement. Je vis au Mexique, en Espagne, et un peu chez moi, en France. En Espagne, à Puerto Banus, je côtoie les Quataris, les autres musulmans. Je discute avec des anglais, qui me disent vivre désormais en Espagne, avoir laissé le business chez eux aux Pakis, comme ils disent. Des russes, aussi, beaucoup. Je ne parlais que le français et le manouche, et désormais je dois parler anglais espagnol, russe, c’est le nouveau monde. Je ne crois donc plus au nationalisme, qui fait rêver les pauvres dans le vote FN, donc plus à la politique non plus, comme le commentaire de cet ami FB plus haut.

    Répondre
  15. lik
    lik dit :

    Mr Ça empire est d’une crédulité incroyable. Le FN au pouvoir ne sortirait jamais de l’Euro, ça mettrait en péril les intérêts de ses nouveaux partenaires, petits et gros patrons, financiers, ralliés de la dernière heure.

    Le FN s’attacherait à faire trinquer les immigrés, les chômeurs, sous prétexte d’austérité incontournable. Une politique comme celle d’Orban en Hongrie.

    La fable d’un rassemblement FN et d’autres partis est ridicule, sitôt au pouvoir, le FN larguerait vite fait ses alliés de circonstance pour mettre en place sa vision ségrégationniste de la société.

    Mr Ça empire, dont les thèses économiques sont assez ridicules par ailleurs, est le « scientifique » de service pour rabattre de l’électorat vers le FN, un idiot utile, mais dangereux.

    Répondre
  16. lik
    lik dit :

    « Quand Sapir affirme publiquement que « le FN a changé » et qu’il n’est plus raciste ni xénophobe, il fait exactement la même chose que d’autres passerelles qui siphonnent la gauche radicale depuis des années (même de vieux copains libertaires se sont laissés convaincre et ont changé de trottoir). Par exemple, quand Chouard défend mordicus que « le FN a changé », que « grâce à l’influence de Soral, ce parti est passé à gauche, vraiment à gauche » ou encore qu’il n’est « pas un parti fasciste », cela rappelle évidemment la déclaration de Sapir au Monde : « Vous savez bien que le FN n’est pas un parti fasciste. Laissez tomber les grands mots ! » »

    http://blogyy.net/2015/08/27/lecho-dune-sirene-dans-le-crepuscule-de-la-raison/

    Répondre
  17. Dominique Filatre
    Dominique Filatre dit :

    Agnès, cher Monolecte,

    J’ai parfois du mal à te comprendre. Je ne suis pas sûr d’avoir compris par exemple le rapport entre le titre et l’article.

    « Je crois que j’ai toujours pensé qu’être de gauche était le meilleur antidote contre le fascisme ». Oui, ben non, les Montagnards de la Révolution française ont installé le droit de propriété, Bonarparte a massacré les paysans de Vendée, Doriot vient du parti communiste, etc. Il y a des trajectoires complexes. Bien entendu, on sait de quel côté est Orwell et toute son oeuvre, mais Bernanos vient de l’Action française et finira avec les Grands cimetières sous la lune…

    Il y a des débats impossibles, des traquenards morbides et je ne comprends pas très bien pourquoi s’y perdre. Les historiens disent aujourd’hui que, malgré le régime de Vichy beaucoup de français ont protégé des juifs. Médiapart a fait une petite série de reportages sur les gens engagés à Calais et à la frontière italienne pour aider les migrants. Ce sont des gens au bonheur communicatif, et je t’avoue, Agnès, que la contemplation morbide des antisémites, de la haine et de la démagogie du FN me saoule un peu.

    Regardons le cas d’Hénin-beaumont, tout le monde connaît. Mais qui connaît Loos-en-Gohelle ? Ce qui devrait nous faire réfléchir, c’est que ces 2 communes sont à une quinzaine de kilomètres l’une de l’autre. Dans le fond, ce qui compte vraiment, c’est comment ceux de Loos trouve un chemin d’espoir.

    La photo des quatre filles peut aussi faire rire, un peu comme les affiches de Marine Le Pen. Celle-ci m’a paru particulièrement bête et drôle. J’ai eu, il y a longtemps, un professeur de philosophie politique qui disait que le rire était le début de la prise de conscience. Effectivement, l’étape suivante est tragique, c’est la confrontation avec cette épaisse bêtise, la 2ème prise de conscience que dit le dialogue n’est pas toujours possible, à tout moment avec n’importe qui, dans n’importe quelles conditions. Mais il y a encore d’autres étapes dans la vie avant la mort : attendre sans doute un peu pour le dialogue, mais surtout entreprendre suivant ses convictions sans chercher à convaincre, agir vraiment. « Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde » comme dit Gandhi.

    L’action génère l’optimisme, cessons de vouloir être légitime, et on retrouvera l’envie de rigoler un peu… Elles sont jolies ces 4 filles, ce sont elles qui font rêver, pas la France ! Et qui est sûr de savoir qui les feront rêver ces filles ?

    Répondre
    • Pierre M. Boriliens
      Pierre M. Boriliens dit :

      @Dominique Filatre
      « les Montagnards de la Révolution française ont installé le droit de propriété »

      Jusqu’à un certain point les contre-vérités sont explicables, mais là vous dépassez les bornes !
      Lisez ceci pour vous en convaincre : https://fr.wikisource.org/wiki/%C5%92uvres_de_Robespierre/Sur_la_propri%C3%A9t%C3%A9._Projet_de_d%C3%A9claration_des_droits_de_l%E2%80%99homme_et_du_citoyen

      Et j’ajoute qu’il s’agit là, bel et bien, d’un vrai discours de gauche !

      Répondre
      • Pierre M. Boriliens
        Pierre M. Boriliens dit :

        J’ai oublier de préciser qu’il s’agit sans doute du discours qui explique le mieux la haine que suscite encore aujourd’hui celui que l’on surnommait l’Incorruptible de son vivant…

        Répondre
        • smolski
          smolski dit :

          Bien joué Pierre.

          J’avais pour ma part une autre référence sur Robespierre, son article sur le droit à la propriété :

          « Le droit à la propriété s’arrête devant le droit à l’existence de chacun. Tout superflu s’assimile alors à du brigandage. »

          Répondre
      • Dominique Filatre
        Dominique Filatre dit :

        Oui, ben j’ai peut être eu tort d’écrire cela…

        « Pour les révolutionnaires de 1789, la propriété n’était pas du tout le « droit de jouir » qu’il devient
        dans le Code civil, et encore moins celui de jouir conformément aux lois et aux règlements. C’était
        le droit d’être à l’abri des exactions des puissants. Une aspiration utopique : le propriétaire, seul
        maître de son terrain, comme de son petit royaume, pour faire contre poids au roi de Versailles qui
        sera bientôt destitué, un propriétaire qui doit même librement consentir à l’impôt.
        La propriété napoléonienne de mars 1807 est tout le contraire. Ces contours sont à définir par des
        règlements étatiques et, en même temps que la figure du propriétaire est quasiment sacralisée par
        rapport aux non propriétaires, l’exercice de ses droits est placé sous la tutelle de l’administration
        impériale. »
        Source : http://www.comby-foncier.com/droit_de_propriete.pdf

        … mais ce n’est pas sûr ! Car, au fond, cet exemple montre bien ce que je voulais fondamentalement exprimé sur la complexité des trajectoires. J’avoue avoir une passion limitée pour la mémoire de l’Incorruptible, aujourd’hui c’est plus le rassemblement de tous les droits d’usage dans un concept unique que l’on appelle propriété privée qui fait discussion que la question fiscale.

        Répondre
          • Dominique Filatre
            Dominique Filatre dit :

            Eh bien fait, Pierre, je ne veux pas spécialement en venir sur Robespierre et la question de la propriété – qui m’intéresse assez par ailleurs avec un grand sujet autour du « retour des communs » pour reprendre le titre d’un bouquin dirigé par Benjamin Coriat que je lis en ce moment…

            Non, moi je voudrais comprendre pourquoi Agnès dont tout le monde ici apprécie l’engagement – en tous cas, moi c’est à cause de cela que je suis ici – pourquoi, disais-je Agnès s’enferme dans les plis morbides du débat sur le FN ou sur l’anti-sémitisme. Je suis d’accord sur le caractère exécrable, et invariablement exécrable du FN, et de l’entreprise familiale Le Pen. Mais malgré cette constance dans l’abomination, il reste que les gens ont des trajectoires, que certaines sont sinistres et que d’autres sont positives.

            Dans le fond, la question centrale pour moi est de savoir s’il faut mettre l’accent sur les abominations comme semble vouloir le faire Agnès, ou au contraire sortir cette univers morbide et mettre en avant les trajectoires positives. Que faut-il faire pour emmener les gens dans le positif ? Parler d’Hénin-Beaumont ou de Loos-en-Gohelle ? Je prends cette image un peu simpliste sans doute, mais bon voilà deux communes du même bassin minier, l’une avec un maire député européen FN, l’autre avec un Maire EELV (élu la dernière fois à 82% !)…

            Je ne suis pas sûr que dramatiser soit la bonne voie, et en plus ça fait mal, c’est tout de même un peu maso. Mais, pour l’instant, j’ai l’impression que ma façon de problématiser ne fait pas recette…

            Cordialement.

          • Agnès Maillard
            Agnès Maillard dit :

            Y a aucun pli morbide, mais une nécessité absolue de comprendre comment se construit une pensée raciste. Parce qu’en ce moment, on en produit à la chaine et c’est un danger majeur pour nos démocraties. Il faut comprendre pour déconstruire et passer à autre chose. C’est ce parcours que je raconte dans mon bouquin qui est en train de sortir. Voilà.

  18. smolski
    smolski dit :

    Dominique Filatre : « J’avoue avoir une passion limitée pour la mémoire de l’Incorruptible »

    Sans faire de sacralisation sur les personnes, il faut comprendre que cette mémoire est celle écrite par les vainqueurs de la Révolution Française, c’est à dire les bourgeois.

    Ref : Une Histoire de la Revolution Française. Eric Hazan

    « Les héritiers des thermidoriens qui nous gouvernent sans discontinuer depuis lors cherchent à travestir l’histoire de la Révolution. Contre eux, gardons vivante la mémoire, gardons l’inspiration de ce moment où l’on put entendre que les malheureux sont les puissances de la terre, que l’essence de la république et de la démocratie est l’égalité, et que le but de la société est le bonheur commun ».

    http://www.lafabrique.fr/catalogue.php?idArt=705

    Répondre
  19. chris
    chris dit :

    Robespierre est bien en dessous de Saint Augustin, voyons…

    «  »La cité de Dieu : « Que sont les empires, sinon de grandes bandes de brigands ? De même, une bande de brigands est-elle autre chose qu’un petit empire, puisqu’elle forme une espèce de société gouvernée par un chef, liée par un contrat, et où le partage du butin se fait suivant certaines règles convenues? Que cette troupe malfaisante vienne à augmenter en se recrutant d’hommes perdus, qu’elle s’empare de places pour y fixer sa domination, qu’elle prenne des villes, qu’elle subjugue des peuples, la voilà qui reçoit le nom de royaume, non parce qu’elle a dépouillé sa cupidité, mais parce qu’elle a su accroître son impunité. C’est ce qu’un pirate, tombé au pouvoir d’Alexandre le Grand, sut fort bien lui dire avec beaucoup de raison et d’esprit. Le roi lui ayant demandé pourquoi il troublait ainsi la mer, il lui repartit fièrement « Du même droit que tu troubles la terre. Mais comme je n’ai qu’un petit navire, on m’appelle pirate, et parce que tu as une grande flotte, on t’appelle conquérant ».

    Répondre
  20. saxo
    saxo dit :

    Je ne sais trop quoi penser de ton article Agnès.

    D’un côté, je suis entièrement d’accord, le FN est une grosse daube qui véhicule la haine et l’intolérance et qui la pérennise, d’un autre, la stratégie de diabolisation du FN a simplement empêché toute forme de récusation de ses arguments.
    Depuis 1990, toute la classe politique, et en particulier le PS, a abandonné le débat d’idée. Le grand mot d’ordre, l’idée fixe et centrale a été la désignation de ce nouveau « bouc émissaire » pour souder la gauche (et même une partie de la droite) autour d’une idée fixe: le FN et la montée des extrémismes dans toute l’Europe est la chose à combattre. C’est le danger du temps présent, c’est un retour vers 1936! Serrons nous les coudes face à ce fléau. Ne réfléchissons plus. Ne discutons pas des questions que peut soulever un parti aussi nauséabond, l’union sacrée face à ce mal est nécessaire.

    Non seulement cette stratégie a échoué, mais pire, elle a légitimé en partie ce parti qui a pu se poser en victime.
    Elle a en outre totalement fait passer le débat d’idées aux oubliettes.
    Pour finir, elle a désigné à tous ceux qui cherchaient le meilleur vote possible pour dire merde à l’ensemble de la classe politique un bulletin idéal.

    Bref, il ne me semble pas judicieux aujourd’hui de continuer sur le même ton. Les racismes, anti-jeunisme et autre anti- tout ce que tu veux, existent dans la population. Plutôt que de les montrer du doigt et de désigner ceux qui en sont les vecteurs comme les grands méchants, le mieux est, je pense, de s’attaquer (comme tu le fais souvent ici) aux racines de ce mal, en désignant ceux qui divisent pour régner et qui surfent sur ces sentiments, et en philosophant avec les intolérants pour les mettre devant leurs contradictions.

    Quelqu’un de raciste, d’antisémite ou de haineux de façon plus générale n’est surement pas ma panacée, mais pas forcément quelqu’un à exclure du débat d’idées pour autant. Nier son existence ne sert à rien si ce n’est à augmenter les clivages, ce qui le sert, lui et ses idées…
    Ce qui fait la force du FN, c’est précisément de fédérer tous ceux qui se sentent stigmatisés, étouffés parce que certaines questions sont inabordables et inabordées par les autres partis (quoique chez les républicains, certains se décomplexent…).
    Il serait peut être temps, plutôt que de nier leurs sentiments, de les mettre sur la place publique et de les disséquer pour les désamorcer plutôt que de les diaboliser.
    On peut avoir peur des jeunes, des étrangers ou des roms ou autre, sans devoir nécessairement tomber dans l’escarcelle du FN pour entériner ses à priori… Or aujourd’hui le FN fédère parce qu’il récupère toutes les peurs générées par notre modèle absurde de société.

    En clair, dénoncer le FN ne sert à rien à soi tout seul. Il faut travailler en amont, même si sur le fond je rejoins ta dénonciation.

    Répondre
    • smolski
      smolski dit :

      saxo : « la stratégie de diabolisation du FN a simplement empêché toute forme de récusation de ses arguments. »

      On ne le diabolise pas en soulignant la haine que portent ses arguments, c’est ce qui est dénoncé et démontré, tout simplement.

      Répondre
    • saxo
      saxo dit :

      Oui Joël,

      Peut-être que ce qui est dit ici, c’est que même si la devanture change, le fond de commerce reste le même.
      Ce que je dis c’est qu’il y a des clients pour ce fond de commerce (des gens haineux), qu’ils sont suffisamment nombreux pour qu’on songe à les soigner plutôt qu’à les nier…

      Répondre
    • Pierre M. Boriliens
      Pierre M. Boriliens dit :

      @Saxo
      la stratégie de diabolisation du FN a simplement empêché toute forme de récusation de ses arguments

      Mais il n’y a pas d’arguments à récuser. Le discours du FN, ou en tous cas ce qui plaît en lui, c’est du baratin qui s’adresse aux sens, à l’imagination, à l’instinct, au coeur… Que voulez-vous récuser là-dedans ?
      Je n’aime pas les tomates. Essayez donc de récuser ça !

      Et ce qui serait récusable l’a été en long en large et en travers. Evidemment, comme ce n’est pas publié dans les médias mainstream, il faut chercher… En plus, c’est très facile de sortir des âneries au kilomètre, mais ça demande en général de longs développements pour récuser, arguments solides à l’appui, une seule d’entre elles. Autant dire qu’il est plus difficile, aussi, de lire une réfutation forcément un peu austère, plutôt que le propos d’origine dont la seule fonction est de flatter les bas instincts de l’interlocuteur.
      Et en cette période de narcissisme généralisé et pathologique, on devine sans peine ce qui passe le mieux…

      Répondre
      • Pierre M. Boriliens
        Pierre M. Boriliens dit :

        J’ai oublier de préciser qu’il n’y a pas que le FN qui fonctionne sur ce terrain, et même loin de là.
        En fait la connaissance de l’histoire, de l’histoire des idées, et des idées politiques en particulier, tout ça c’est d’un ringard… Aujourd’hui, il suffit d’exprimer n’importe quoi et ça vaut parce qu’on le vaut bien…

        Répondre
        • babelouest
          babelouest dit :

          Non, Pierre, il n’y a pas que le FN qui fonctionne ainsi, même s’il met cyniquement en avant cette façon de réagir. Tous les autres partis connus, y compris ceux de « gouvernement », se lancent dans cette spirale démagogique, qui cache la forêt de la lutte des classes et du vol de la vie des citoyens par des accapareurs fort bien soutenus. Je l’ai déjà dit, le FN ne s’est en rien amendé, ce sont les autres qui l’ont rejoint avec appétit.

          Répondre
      • Agnès Maillard
        Agnès Maillard dit :

        Frédéric Lordon m’avait dit pourquoi il n’était pas fan des médias : parce qu’une grosse connerie bien balancée sous une forme de slogan peut faire mouche en moins de 10 seconde, alors que l’argumentaire pour la démonter prend au moins une heure. Donc il s’agit d’un format propice à la diffusion des conneries et pas du tout à la réflexion et aux débats construits.

        Répondre
        • saxo
          saxo dit :

          Si tu veux répondre par médias interposés, bah oui, c’est compliqué, ça demande un effort et ça risque d’être inutile.
          Mais tu peux t’adresser à tes voisins, à ta famille, aux gens que tu côtoies.
          A toi de te montrer convaincante (ou de te laisser convaincre d’ailleurs, parce que si tu pars du principe que tu as raison et que l’autre a tort, bah autant arrêter le débat tout de suite).

          Je n’ai jamais adhéré aux médias de masse.
          Je n’ai pas d’antenne télé, et je ne supporte plus le petit écran, bien que travaillant pour lui…

          Répondre
        • lik
          lik dit :

          Le problème, c’est que Lordon raconte pas mal de conneries, et pas qu’en quelques secondes, mais depuis des années.

          Déjà, le Spinozisme est une belle arnaque depuis des siècles, et Lordon, avec son style ampoulé de grand mère snobinarde en dentelles, est toujours empêtré dans ce truc à la con.

          Répondre
          • lik
            lik dit :

            Le problème c’est que son style assez pitoyablement désuet en triples croches de grand mère mamie nova recouvre un fond de pensée tout aussi périmé, le mec complètement perdu dans ses bibelots philosophiques. Quand la forme et le fond sont en pleine déshérence, on peut aimer, et encore pire adorer dans l’élan d’un symptôme hormonal. Mais après, faut pas se plaindre des conséquences.

            Ce pauvre Lordon nourrit à l’insu de son plein gré la bête immonde depuis quelques années, une sorte de Heidegger francais qui s’ignore.

            Ce type est complètement à la ramasse, les has been never been ont du charme…

          • lik
            lik dit :

            Lordon c’est un peu le Luchini de l’éco, une précieuse ridicule avec un châssis vermoulu antédiluvien.

            Il ferait mieux d’ouvrir un salon de thé pour abandonner la politique et l’économie.

      • saxo
        saxo dit :

        Pierre,

        « En plus, c’est très facile de sortir des âneries au kilomètre, mais ça demande en général de longs développements pour récuser, »

        Pas forcément. Face à un interlocuteur, on peut mettre le doigt sur ses contradictions, sans avoir un discours trop compliqué, ni méprisant.

        Le problème c’est que la récusation des arguments frontistes se fait (s’est faite) essentiellement sur la culpabilité (culpabilité d’être intolérant/haineux/raciste, que sais-je). Et que ça a l’effet contraire de celui escompté.

        L’autre problème, et non des moindres, c’est qu’il n’existe rien dans la classe politique actuelle, qui donne envie de croire en quelque chose.
        Simplement, je pense, parce que notre système politique est dépassé, parce que plus grand monde n’est dupe de l’Etat… De ces institutions gigantesques prétendument démocratiques où quelques oligarques se partagent un gâteau qui n’est pas le leur, et où les plus influents (les financiers) n’ont rien à voir avec le bien commun, ni avec une quelconque forme de légitimité démocratique.

        Le FN, dans ce tableau est une sorte de valeur refuge… Un rêve de France à l’ancienne, de nation souveraine et blanche (pour certains) où il ferait bon vivre, un truc rétro et raciste, mais qui rassure face à ce non-sens dans lequel nous vivons.
        Aussi abject que cela soit (nous paraisse), il est bon d’en tenir compte, et d’être nous même suffisamment solides pour, précisément défaire ce fantasme.
        C’est à peu près aussi difficile de déraciner une religion d’une terre quelle a conquise, parce qu’elle se fonde sur cette même nécessité qu’à l’humain de donner un sens aux choses quand sa construction propre n’est, précisément, pas assez solide, .

        Répondre
        • Pierre M. Boriliens
          Pierre M. Boriliens dit :

          @Saxo
          on peut mettre le doigt sur ses contradictions

          Oui, quand il reste sensible à la logique la plus élémentaire qui veut qu’une chose ne peut être vraie en même temps que son contraire… Mais qu’est-ce que ça devient quand la notion de vérité elle-même est caduque ?

           » Ces modèles [ceux du langage de la pub ou de la propagande] ne sont pas faux : ils ont leur logique et leur cohérence, mais qui ne leur vient plus d’une quelconque réalité – elle leur vient de leur propre code, devenu principe de réalité – et la séduction profonde de ces langages vient sans doute de cette hyper-cohérence d’un code, d’un traitement mythique et structural où la séduction peut enfin s’exercer librement, où le désir peut enfin s’accomplir sans contrainte de réalité. […] Publicitaires et propagandistes sont ainsi des opérateurs mythiques, mais non pas des menteurs. Ce qui est plus grave en quelque sorte, car, s’ils ne faisaient que mentir, ils seraient faciles à démasquer. Alors que tout leur art consiste en l’invention d’exposés persuasifs qui ne soient ni vrais ni faux.  »
          In MASSE (SOCIOLOGIE DE) – Langages de masse (encyclopaedia universalis)

          Répondre
        • saxo
          saxo dit :

          d’accord, Pierre…
          cf les 3 dernières lignes de mon intervention à laquelle tu réponds 😉 (c’est à peu près aussi difficile…)

          Ceci dit, la Raison (sans prétention) ne peut-être que la seule arme efficace contre la déraison…
          Quoi d’autre si ce n’est le chaos?

          Répondre
      • smolski
        smolski dit :

        Il me semble que les outils utilisés par les fascistes peuvent être utilisés contre eux, pour peu que nous nous en donnions la peine…
        Je pense à SINEMENSUEL, à Coluche, à Christophe Alevêque, à Pierre Desproges, par exemple, plutôt qu’à Lordon, même si je suis plutôt en accord avec ce dernier.

        Répondre
  21. chris
    chris dit :

    Le problème étant qu’il faille de l’honnêteté dans la dénonciation.
    Je me réfère à un reportage à charge contre le FN sur Arte ( me souvient plus de qui et j’ai pris en route), où le journaliste rencontre une de ces jeunes femmes seules avec un enfant , au chômage, comme il y a tant, et qui s’est encartée parce que les étrangers, eux, toucheraient des aides. Il l’emmène chez la CAF où une dame lui explique que non, que toucher le RSA nécessite d’être français, etc, etc. Très bien, la jeune femme vacille dans ses convictions, songe à la manipulation.
    Puis, si elle lit FdS, par exemple, assiste à un autre reportage qui explique que pour la rentrée, un étranger illégal en inscrivant son enfant à l’école, touchera l’équivalent du RSA.

    À force de prendre les gens pour des caves, de tenter de les manipuler dans un sens ou dans l’autre, on les renforce dans l’idée que tout est pourri, que tout le monde ment.

    Répondre
      • smolski
        smolski dit :

        Monolecte : « On s’en fout »

        Ben, pour dénoncer les mensonges basiques, il faut aussi rester dans le basique.

        Je relève cela par rapport à ce qu’écrit chris du reportage :

        « À force de prendre les gens pour des caves, de tenter de les manipuler dans un sens ou dans l’autre, on les renforce dans l’idée que tout est pourri, que tout le monde ment. »

        Relever que ce n’est pas le RSA qui sera perçu mais une aide différente qui permet à l’enfant de se scolariser entraîne l’idée que tous les enfants ont les mêmes droits basiques.

        Pour schématiser :
        Que la scolarisation de son enfant est identique à celle des enfants immigrés.

        Cela permet de faire entendre ce qui rapproche toutes les mères des autres mères et leurs enfants des autres enfants, et par là permettre de distancier les propos mensongers du fascisme face à la réalité quotidienne.

        Coluche et consort le font très bien, utilisons cette simplification ou apprenons à le faire pour remettre les faits dans leur contexte.
        « C’est l’histoire d’un mec… »

        Répondre
  22. chris
    chris dit :

    Vi, on s’en fout, parce que dans l’esprit de celui ou celle qui mate le reportage sur la rentrée scolaire, et qui s’est fait sucrer son RSA juste avant, les dégâts sont là, style moi on m’emmerde alors que pour eux c’est facile. Raccourci facile, j’en conviens, mais pertinent néanmoins dans la tête de quelqu’un de déprimé, en révolte.

    À mon avis, la partie du reportage de P Moreira était bonne dans l’enquête concernant ce couple d’ouvriers, qui une fois arrivés dans un conseil municipal FN, se rendait compte de la bêtise crasse du maire qu’ils avaient contribué à faire élire, d’un appareil FN corrompu et grand guignol, entre amateurisme et bêtise. L’autre était moins bonne, car trop sujette à une controverse elle même sujette à un tout autre débat, où comment attaquer le FN sur anti-migrationnisme alors que les gens au pouvoir actuellement appliquent la même politique, pensent la même chose, mais avec une superbe hypocrisie.

    Répondre
    • smolski
      smolski dit :

      chris : « une fois arrivés dans un conseil municipal FN, se rendait compte de la bêtise crasse du maire qu’ils avaient contribué à faire élire »

      Anecdote similaire dans mon patelin.
      La réélection de cet ahuri du fn est peu probable.

      « dans l’esprit de celui ou celle qui mate le reportage sur la rentrée scolaire, et qui s’est fait sucrer son RSA juste avant, les dégâts sont là »

      Il ne sert à rien de baisser les bras devant ces faits.
      Remettre la réalité en place ne se fait pas par un laïus mais en quelques mots, comme de dire que les enfants, de toute façon, ils z’y sont pour rien. D’où l’idée sur ton intervention de remettre le RSA là où il est et l’aide scolaire sur qui elle porte réellement.

      Il y a un article excellent dans le sinemensuel de septembre montrant que les aides à la scolarité ne sont pratiquement jamais détournées par ceux qui en bénéficient. Il faut s’appuyer sur ces constats et les présenter en synthèse, en rigolant, en charriant même, ou en forçant le mensonge genre :
      « Avec tout ça, ils vont faire comme les riches, ils vont les déposer dans les banques des bermudes et couler nos banques ici… » 😀

      Le fait est que si nous rechignons à vulgariser nos contre-vérités de même que les gouvernants et consorts vulgarisent leurs mensonges, nous ne transmettrons jamais rien à quiconque n’est pas déjà convaincu.

      Répondre
  23. chris
    chris dit :

    Le truc, tel que je le ressens chez ceux qui se réfugient désormais vers le FN, n’est sans doute point tant de savoir si cet argent est détourné ou non, mais de considérer comme une injustice pour eux, de devoir subir le contrôle pour obtenir le RSA, qu’ils estiment avec raison comme un dû de la solidarité nationale, alors que pour l’étranger, c’est sans contrôle et pour cause puisqu’on parle de personnes en séjour illégal…

    Répondre
  24. chris
    chris dit :

    Si ce n’était point si dramatique, on aurait envie d’en rire…

    J’ai une amie, très à gauche d’ailleurs, une bonne âme on dira, et qui par chance exerce la délicate mission d’assistante sociale dans un CHU. C’est à dire que le jour où vous n’avez plus que dalle, genre SDF inscrit nulle part mais qu’une douleur vous assaille au point de devoir vous diriger vers le service d’urgence d’un CHU, et ben, c’est vers elle qu’on vous dirigera, là au fond du couloir, après la queue de folie, derrière la représentation de la misère de ce monde, Roms y compris. Alors, à votre avis, que pourrait-on bien demander en matiére de contrôle à quelqu’un qu’on appelle justement un sans papiers ? En Hongrie, mais ce sont des fachos, ils inscrivent des numéros au feutre sur les bras des migrants, mais bon…

    Répondre
  25. chris
    chris dit :

    J’ai une autre amie, d’ailleurs, mais chez Médecins du Monde ( au fond, elle bosse un peu pour moi puisque je suis sociétaire, sic). Une marrante, qui lors de ses courts passages chez nous parce qu’ à chaque fois elle dit qu’elle va arrêter, trop dur, puis elle s’emmerde en Clinique ici, et hop elle repique au truc, partout où ça chie, où on tue des gens, des mômes, qu’elle nous conte comment elle opérait voilée. Elles sont là mes sources, chez ce genre de personnes, ici et ailleurs…

    Répondre
      • Agnès Maillard
        Agnès Maillard dit :

        Le RSA est géré de façon à optimiser le non-recours : inquisition humiliante dans l’intimité des demandeurs, harcèlement régulier et permanent et surtout très grosse dose d’arbitraire quand les dossiers sont suivi par l’AS de secteur, c’est à dire quand une personne mal intentionnée a quasiment un droit de vie et de mort sur des gens stigmatisés et qui ne peuvent la contourner. Si ton AS est une nazie, tu ne peux pas lui échapper, sa hiérarchie la soutien toujours et son emprise peut aller très loin. Autant dire que beaucoup de gens préfèrent bricoler au black que de se retrouver aussi coincés.

        Répondre
  26. chris
    chris dit :

    Oui, à ce qu’il parait, par fierté, pour ne pas subir l’humiliation du regard de l’assistante sociale, ou parfois pire du simple petit employé d’un conseil régional, lui même à ce poste par piston, ou pour avoir collé des affiches pour le bon parti politique.
    D’ailleurs, je ferais de même, quitte à risquer la prison pour me d’emmerder autrement; une autre façon de se battre, seul ou en bande contre le système. Pour survivre, et pour les emmerder bien profond tous ces cons qui ont passé un concours. La sottise consisterait à les prendre de face, genre coller un pain à l’abruti de conseiller de chez Pole, qui n’attend en fait que ça, le doigt sur sa sonnette d’alarme, prêt à exiger son droit de retrait bien planqué derrière son syndicat.

    Répondre
  27. Noblejoué
    Noblejoué dit :

    Je pense que Chris a raison et que cela peut se dire encore d’autres manières.
    Si des Français ont besoin de justification pour le RSA, si ce n’est pas un revenu inconditionné de vie, pourquoi les nationnaux ne voudraient-ils pas que les étrangers, surtout illégaux, doivent répondre à des conditions, et des conditions, plus drastiques que les leurs ?
    Chacun valorise ce qu’il a, ici à savoir sa nationalité, contre la concurrence, or les conditions induisent une concurrence de facto entre ayant droit. Les nationaux étant chez eux, peuvent penser avoir un droit d’usufruit sur la richesse produite chez eux, se sentir ravalés à ne pas se voir reconnus une légitimité supérieure.
    Quand votre légitimité est attaquée d’un côté par des conditions, on ne peut que l’accroitre d’un autre, un peu comme les pauvres qui ont moins de jouissance matérielles et dépendent souvent des riches font valoir à juste titre qu’ils sont aussi des hommes avec des droits, droits dont les riches n’ont pas besoin de se prévaloir… Parfois, les pauvres vont plus loin, se disent moralement supérieurs, comme certains Français se disent supérieurs par nature, racistes, aux Noirs, Arabes ou autres.
    On se replie sur ce où on est indéracinable, sentiment de sécurité, parfois on va plus loin en attaquant l’autre de cette position, surtout quand on se sent harcellé, comme l’animal traqué qui se retourne contre la meute.
    Bref, tout ça est inévitable sauf avec un revenu de vie inconditionné et/ou la fin du chômage. La morale ? On peut essayer, mais elle sert plus par nature à légitimer une attaque contre l’autre qu’à être juste.

    Répondre
    • lik
      lik dit :

      Faut arrêter les conneries, un national qui parle le francais depuis des années a bien plus de possibilités d’obtenir le RSA qu’un immigré qui ne parle pas le francais.

      Chris est un enfumeur de première, qui n’a très probablement jamais vécu dans un autre pays que la France.

      [mode modération on] Et voilà, attaque personnelle! Sans déconner, tu peux faire mieux que ça! Et Chris vit à l’étranger… même s’il n’a pas à s’en justifier, ni d’aucun autre point de son parcours pour avoir le droit de d’échanger ici, comme tout le monde, y compris toi, mon troll préféré aux multiples facettes et pseudos, mais aux obsessions curieusement stables 😉 [mode modération off]

      Répondre
    • smolski
      smolski dit :

      Noblejoué : « pourquoi les nationnaux ne voudraient-ils pas que les étrangers, surtout illégaux, doivent répondre à des conditions, et des conditions, plus drastiques que les leurs ? »

      Parce que le nationalisme est une division artificielle imposée par les possédants assurément interlopes, eux.

      « Chacun valorise ce qu’il a, ici à savoir sa nationalité, contre la concurrence »

      C’est un procédé de division que d’utiliser « la concurrence ». On peut penser qu’au contraire, les cultures propres aux peuples sont bien plus valorisantes à défendre et à appliquer sans falsification, par exemple : Liberté – Egalité – Fraternité, tout simplement.

      « Parfois, les pauvres vont plus loin, se disent moralement supérieurs, comme certains Français se disent supérieurs par nature »

      Il ne s’agit pas de moral mais d’accès à la justice.
      C’est un débat déjà abordé ici, la réponse reste la même : Oui l’accaparement superflu qui attente à la vie d’autrui est du brigandage et doit être considéré comme tel.

      Répondre
      • saxo
        saxo dit :

        Joël
        « Parce que le nationalisme est une division artificielle imposée par les possédants assurément interlopes, eux. »

        Si seulement t’avais raison…
        Mais non, le réflexe clanique n’est pas imposé par les possédants (et le nationalisme n’en est qu’une représentation, déjà bien diluée d’ailleurs, le premier réflexe clanique, c’est la famille avant tout, puis le village, puis la région, la nation étant déjà située assez loin).

        L’humain n’a pas besoin qu’on le prenne pour un con pour tomber dans la facilité de l’appartenance à un groupe, même si c’est malheureux.

        Répondre
        • smolski
          smolski dit :

          C’est le sens de la propriété, c’est à dire le monnayage qui crée le clan et le reste.

          Dans les peuples connus sans propriété comme les inuits, il n’y a pas le clan mais l’espèce et seule l’espèce est prise en compte. Il n’y a pas frère, sœur, femme, enfant, ennemi ou ami, mais humain et seulement humain pour se désigner les uns et les autres.
          Genre :
          « Cet humain qui vit là etc.. »

          D’ailleurs, on peut parfaitement l’entendre et le comprendre en nous par tout ce qui concerne l’histoire de l’humanité car tout ce qui nous a précédé est toujours inscrit en chacun de nous aujourd’hui, le même sentiment, la même façon de percevoir notre environnement parce que nous sommes et restons de la même nature que nos premiers ancêtres.

          Et ne me parle pas de culture, quand on voit ce que la culture produit d’inhumanité et de déraison,toujours et encore, comment imaginer que notre espèce aurait pu survivre un seul instant et va survivre encore si ce n’est en raisonnant différemment.

          Répondre
        • saxo
          saxo dit :

          Comme si il n’y avait pas de clans chez les inuits…
          Comme si les indiens pré-colombiens (qui ne vivaient pas selon un modèle monétaire, ni n’étaient possédants) ne se faisaient pas de guerres entre eux…
          Comme si les noyaux d’appartenance (familiale par exemple, ou castiques..) au sein d’un même clan n’existaient pas.
          Comme si l’humain n’était qu’une matière universelle indivisible à la base, que seul l’échange aurait corrompu… C’est mal connaître l’humain.

          C’est ce que tu as envie de croire Joël. Ca n’a pas de rapport avec une quelconque réalité. Et il ne s’agit pas de culture.

          Répondre
        • Agnès Maillard
          Agnès Maillard dit :

          Effectivement, la nation n’est constituée que de ceux qui se sentent y appartenir. L’embrouille héritée du XIXe siècle, c’est la fusion entre l’État et la nation, qui pose la question de la citoyenneté de ceux qui ne se sentent pas inclus dans la nation.

          Répondre
        • saxo
          saxo dit :

          J’ajoute encore, que précisément, il faut bien comprendre ce qu’est l’Humain.
          Même le monnayage et la propriété sont issus tout droit de lui et non des arbres…

          Si tu veux proposer quelque chose, le mieux est de considérer non seulement ce que tu projettes, mais aussi les travers et ce qui s’y oppose… Sinon, tu avances en autiste.

          Répondre
  28. smolski
    smolski dit :

    saxo : « Comme si il n’y avait pas de clans chez les inuits… »

    Ben non, y’en a pas. on le voit dans la dénomination même que ce peuple se donne :
    Le terme « inuit » signifie « gens, » « humain, » ou « personne » en inuktitut et en groenlandais. Rien de plus, rien de moins.
    Ainsi, par exemple, les enfants d’un campement peuvent aller d’eux-mêmes habiter dans un autre campement sans aucun problème. Les unions sont libres aussi. Comment établir des clans dans ces conditions ?

    saxo : « Même le monnayage et la propriété sont issus tout droit de lui »

    Ça c’est la question : D’où sont issus le monnayage et la propriété exclusive qui lui est consécutive ?
    Et si cette question existe, c’est qu’il existe l’alternative de comment c’était avant que ces deux fléaux ne surviennent ? Car, génétiquement, ils n’appartiennent évidemment pas à la génétique humaine mais sont forgés par les circonstances que l’humanité traverse !

    En fait, aujourd’hui, nous vivons prisonniers d’une culture de conquête qui établit exclusivement d’elle-même les règles et l’historique de ces règles afin de se maintenir contre toute raison différente. Ce qui est le propre de la conquête, pour le moins.
    Alors, comment veux-tu… comment veux-tu…

    Agnès : « la fusion entre l’État et la nation, qui pose la question de la citoyenneté de ceux qui ne se sentent pas inclus dans la nation. »

    Exactement.
    Alors qu’à la révolution de 1789, tout habitant en france de plus de quelques années (2 ou 3… ?) devenait sans conteste membre de la Nation s’il le désirait.

    Répondre
  29. Noblejoué
    Noblejoué dit :

    @ Smoski

    Le mariage libre, liberté égalité fraternité voire même qui sait rationalisme chez les Inuits ?

    http://cdarmangeat.blogspot.fr/2015/04/parution-formes-de-domination-sous-le.html

    Enfin, doutant toujours un peu du mirage des peuples premiers si merveilleux car la femme est la dominée de l’homme, parfois il y a d’autres hierarchies, mais ça, c’est semble-t-il toujours comme ça, je me suis dit que même sur Internet je trouverais bien quelque chose.
    Enfin, grâce à vous, j’ai trouvé un site qu’il faudrait que je consulte de temps à autre.

    Le sort m’a récompensé d’avoir voulu prouver que l’eau est humide, en somme.

    Répondre
    • smolski
      smolski dit :

      Noblejoué : « mirage des peuples premiers si merveilleux »

      Qu’il y aie des jeux de pouvoir n’implique pas qu’il y aie des clans.
      Ainsi de ton lien plus explicite sur ce point : « Plus encore que celle du leader cérémoniel australien, l’autorité du chamane, en fin de compte, se limitait à celle que le groupe voulait bien lui accorder. »

      Je parle des débuts de l’humanité, bien plus avant que tout ces témoignages issus des visites des derniers siècles, rapportés par des témoins beaucoup moins lucides à traduire sans à priori la question des pouvoirs et des clans.

      Dans toutes mes interventions je ne prétends pas au bon sauvage, mais d’avoir accès à une culture très différentes de celle qui nous est imposée aujourd’hui, une culture de conquête qui est et reste une culture sans plus de raison qu’hier mais beaucoup plus virulente contre l’humanisme qui nous habite tous.

      Répondre
      • Noblejoué
        Noblejoué dit :

        @ Smoski

         » Ainsi de ton lien plus explicite sur ce point : « Plus encore que celle du leader cérémoniel australien, l’autorité du chamane, en fin de compte, se limitait à celle que le groupe voulait bien lui accorder. » »
        Certes, mais dans les sectes aussi, l’autorité du gourou est celle qu’on veut bien lui accorder, et il en profite pour se servir, notamment sexuellement.
        Franchement, qu’un groupe soit un clan, une secte, un peuple, il est groupe sur territoire avec un chef toujours soutenu par un certain nombre de gens du groupe, non ? D’où, comme pour moi un homme a autant de droit qu’un autre, mon adhésion à la démocratie, et comme il y a des abus là aussi, les droits de l’homme contre lesdits abus. Moins de riques d’abus pour la masse, et un contre pouvoir pour les minorités, ou plutôt les faibles qu’en vérité tout le monde peut devenir.

        Je ne crois pas à l’Homme à l’origine libre et heureux. Comme chez les singes, cela doit dépendre du fait que les faibles peuvent ou non échapper au chef, ce qui dépend, entre autre, de la répartion des ressources.
        A propos de territoire, être propriétaire relativise les rapports de force par ailleurs « charbonnier est maître chez lui ».

        Répondre
      • smolski
        smolski dit :

        Noblejoué : « Je ne crois pas à l’Homme à l’origine libre et heureux »

        Moi non plus.
        Je parle de cultures différentes de celle particulière de la conquête.
        Il y a et il y a eut d’autres cultures établies différemment avant et pendant celle de la conquête délimitée notamment par le monnayage et la propriété privée accaparisseuse des ressources vitales. Car c’est cela la culture de la conquête, non pas accumuler mais accaparrer de la nécessité d’autrui, c’est ce qui singularise cette culture par rapport à toute autre d’essence plus humaine.

        Répondre
  30. Noblejoué
    Noblejoué dit :

    Tant que j’y suis dans les évidences.

    Ici, c’est chez Agnés Maillart car :

    1 Ce blog n’existerait pas sans elle.

    2 A cette légitimité s’ajoute la force : elle peut censurer qui elle veut. Virer qui elle veut. La propriété, c’est le droit d’exclure.

    3 A cela s’ajoute qu’elle est responsable de son blog légalement. Eh oui ! En France, comme on veut, je sais, dans le louable souci de protéger des victimes éventuelles, censurer l’antisémitisme, le racisme et autres choses semblables, on impose donc non seulement aux gens de ne pas étaler leurs préjugés mais on en oblige d’autres à les censurer, ce qui attente aux libertés et en plus alimente les théories du complot, bref… La propriété de ce blog est suspendue au bon vouloir de l’Etat qui peut le fermer s’il veut : c’est la souverainté.

    Répondre

Répondre

Se joindre à la discussion ?
Vous êtes libre de contribuer !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *