Le retour des bons Français

Ou quand le fond de l’air effraie.

SécheresseL’autre jour, nous fêtions dignement la fin du monde en bonne compagnie. Comme il se doit. Parce que la vie étant ce qu’elle est, particulièrement courte et aléatoire, il est important de ne fréquenter que des gens à côté desquels cela ne me dérangerait pas trop de mourir.

Juan — appelons-le Juan — fait partie de ces personnes dont je peux me faire assez facilement des amis. Il se définit lui-même comme une créature tropicale, venue tout droit d’un de ces pays éminemment exotiques où les couleurs dont se parent la faune et la flore défient l’étroitesse de nos roues chromatiques et où le plan grand froid se déclenche généralement autour de 12° C. Au-dessus de notre zéro. C’est un intellectuel, dans le bon sens du terme, quelqu’un qui raffole des joutes verbales jusqu’au milieu de la nuit, qui aime creuser ses questionnements internes, curieux de tout, très ouvert à la discussion et à la critique, qui prend un temps fou à choisir le bon mot pour exprimer le plus fidèlement possible ce que son esprit vient d’arracher frénétiquement au chaos de la pensée. C’est un exilé volontaire, quelqu’un qui vit en France par choix et non par défaut. Et c’est donc quelqu’un qui doute. Beaucoup.

L’autre jour, donc, alors qu’on torchait un Petit Chablis de bonne tenue, Juan nous raconte avec son petit accent traînant qu’il a croisé la voisine en descendant les poubelles. Certes, il faut avoir descendu pas mal de bouteilles de jaja pour embrayer sur le tri sélectif, mais la question n’était pas là. La voisine fait comme beaucoup de vieux du coin : elle n’y comprend rien à ces conneries de tri des déchets — elle n’a probablement pas très envie de comprendre non plus —, aussi balance-t-elle tout et n’importe quoi n’importe comment. Juan entreprend donc de la convertir aux joies du recyclage et au casse-tête quotidien de savoir pourquoi on peut mettre le pot de yaourt dans le bac jaune, mais pas le gobelet de la cafetière automatique. La vieille a coupé court à ses tentatives d’évangélisation par un très définitif :

— Je suis une bonne Française, moi.

Depuis, ces quelques mots hantent mes journées et mes pensées. Il y a, dans cette petite phrase, tout ce que j’exècre et que je redoute dans la nature humaine. C’est comme si une sorte de long malaise qui m’englue et m’obsède depuis des mois venait brusquement de prendre corps. J’ai eu honte, sur le coup. Honte de faire partie, de par ma seule naissance, de ce club très fermé des bons Français.

Les bons Français, les bons citoyens, les braves gens. Quelque chose de sombre et de rampant sous la surface des jours. Comme une béance qui nous tire vers le bas et englue nos pensées. Quelque chose qui n’a pas de nom, pas de visage, pas d’époque et qui est toujours là, attendant son heure.

Ce n’est pas juste une vieille crispée du ciboulot qui crache sa haine au visage de son jeune voisin qu’elle ne trouve pas assez BBR. C’est toute une ambiance qui me pèse depuis des mois et qui éclate froidement au détour d’un local à poubelles. Ça n’a l’air de rien et c’est tout en même temps.

Cela me raconte comment j’ai cessé d’argumenter. Comment j’ai cessé de discuter. Comment j’ai cessé de vouloir échanger. Comment j’ai cessé d’écrire. Comment les débats sont morts, noyés sous l’invective et l’anathème. Celui qui n’est pas d’accord avec nous, celui qui n’est pas comme nous, celui qui ne pense pas exactement comme nous, celui qui ne vit pas comme comme nous, celui qui n’aime pas les mêmes choses que nous, celui-là est contre nous. La dialectique du western du fond de la cour de récré. La récession de la pensée, la déflation des idées, la médiocrité des temps incertains.

Il y a quelques jours, CSP a décidé d’exclure tous ceux qui n’ont pas les bonnes lectures, les bonnes fréquentations, les bonnes idées. J’aime beaucoup CSP. Comme personne. Et comme penseur. Bien plus radical que moi depuis le début. Aux prises avec ses propres contradictions, ses propres démons. Comme nous tous. Nécessaire. Qui a aussi nourri mes réflexions, qui m’a poussée dans certains retranchements idéologiques, qui m’a permis d’ouvrir le champ de mes explorations politiques, sociales et humaines. Mais là est la limite. Je n’ai pas autorisé ma famille à choisir mes amis quand j’avais 13 ans, je n’autorise personne à me dire ce que je dois aimer, penser, apprécier, discuter, détester 30 ans plus tard.

Et puis voilà un papier sur Reflets au sujet des gourous politiques. Qui épingle quelques penseurs un peu douteux qui habillent un fond de commerce plutôt ancré du côté de La Marine des oripeaux de la mouvance antimondialiste. Et qui oublie d’autres absolutistes de la pensée. Peut-être plus légitimes parce que plus omnipotents dans les médias. Et voilà l’auteur qui se vautre dans des amalgames douteux et jette l’anathème sur un autre de mes potes, sous prétexte qu’il n’a pas les bonnes fréquentations.

Je connais suffisamment Étienne Chouard pour savoir qu’on ne peut le soupçonner de connivence de près ou de loin avec des remugles idéologiques moisis ancrés dans la xénophobie ou le fascisme. Étienne est profondément démocrate, profondément humain et il fait partie, comme moi et comme d’autres, de ce courant de pensée qui considère que la lumière naît du choc des esprits, qui ne néglige aucune piste, aucun apport, aucun échange, qui ne se complaît pas dans l’entre-soi et l’autocongratulation.

Il y a eu une époque où des ultralibéraux lisaient et commentaient mon blog. J’en avais même quelques-uns de plutôt fidèles qui ne pouvaient s’empêcher de mettre leur grain de sel à chacune de mes publications. Je trouvais ça très stimulant. Il s’agissait là de personnes avec lesquelles j’avais assez peu de choses en commun, à part, peut-être, un goût assez prononcé pour le débat contradictoire. Leurs commentaires argumentés étaient pour moi une petite gourmandise en ce qu’ils me poussaient dans mes retranchements intellectuels, me forçaient à justifier mes prises de position, à creuser mes démonstrations, à remettre en cause mes certitudes et donc, me permettaient d’évoluer, d’élargir mes horizons, d’agrandir ma pensée. Et puis, petit à petit, les positions ont commencé à se cristalliser, à s’enliser, le dialogue est devenu difficile, pesant, et les insultes et les jugements de valeur ont pris le pas sur le débat. De part et d’autre, on ne critiquait plus la pensée, mais les personnes. Tout s’est radicalisé. Et mes contradicteurs sont partis.

Je pense à présent que ce malaise est une sécrétion de notre époque, que les crispations économiques ont contaminé tout le corps social d’une colère et d’une frustration croissante qui ne trouvent pas à s’exprimer. C’est Le Yéti, encore de mes potes, qui a su enfin mettre un nom à mon long malaise : le temps de la chasse aux sorcières est revenu et il n’annonce rien de bon pour la suite.

Chacun est sommé de choisir son camp et de désigner les boucs émissaires sur lesquels la frustration des peuples trompés va pouvoir bientôt se déchaîner.

Choisir son camp. C’est toujours ce que l’on fait quand la guerre est déjà dans tous les esprits, dans tous les cœurs, comme une évidence indépassable. Non pas la guerre des classes (dont j’aimerais bien récupérer le livre homonyme que j’ai prêté) qui nous met tous à genoux, mais la guerre de tous contre tous, la guerre des gueux, organisée par et pour les puissants, afin qu’ils continuent tranquillement leurs petites affaires entre eux pendant que l’on se déchirera pour les miettes.
Le temps des brebis galeuses est revenu.
Et j’en suis.

116 réponses
  1. smolski
    smolski dit :

    "Le temps des brebis galeuses est revenu."
    C’est le temps symptomatique où les élites soumises aux pouvoirs sont dépassées par les peuples.
    Elles tentent de raffermir leur situation en s’accouplant au tintamarre nauséeux proclamant le chaos de l’anarchie sur la perte des repères que constituent la nécessité d’existence de leurs petites personnes onéreuses et somptueuses.
    Laisser la pensée anarchiste se développer dans le peuple leur est insupportable parce qu’elle les prive des fruits de la pensée unique qu’ils représentent.

    En ce sens, j’invite chacun à lire :
    Une histoire de la révolution française – Eric Hazan – Edition La Fabrique.
    Où ce processus y est décrit pas à pas avec un ensemble de citations d’époque savoureuses pour le démontrer plutôt qu’avec de pompeuses théories fatiguées d’exister encore.

    Amis restons toujours unis
    Ne craignons pas nos ennemis
    S’ils viennent nous attaquer
    Nous les ferons sauter.
    LOL

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  2. Tom
    Tom dit :

    (je te ‘rassure’ on a les mêmes voisins etc.) par contre, dans les Alpes, on a le dahut .. tu sais, le bestiau qui a une paire de pattes plus courtes que l’autre et qui navigue à flanc de coteaux, tu l’appelles, le siffles, il se retourne, et hop! se casse la gueule ..
    pour la moralité faut pas me demander (chuis pas doué)

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  3. Marco
    Marco dit :

    La guerre. On n’entend plus que ça. La guerre, la vrai, celle qu’on ne connait que dans les livres d’histoire ou au cinéma, j’ai la conviction que notre génération la verra malheureusement de près… Ca ne peut finir qu’ainsi. Le précédent président a largement contribué à l’instauration de ce climat délétaire en radicalisant un discours déjà nauséabond. Bien que remercié, son oeuvre se poursuit en douce et plus les jours défilent, plus le malaise grandit entre les bons et les méchants français. Et que dire de ceux qui n’ont pas la chance d’être français !
    Je ne sais plus qui est bon, qui est mauvais, je ne distingue déjà plus que des affameurs et des affamés, et la distance grandissante qui les séparent ne me dit rien qui vaille. Quand on tire exagérément sur l’élastique, le retour est inévitablement violent.

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  4. Cobab
    Cobab dit :

    bientôt sur Indymedia Paris : « nous ne publions plus le Monolecte, dont une voisine a un beau-frère qui connaît quelqu’un ayant signé une pétition au côté de membres d’un club de pétanque auquel appartient un cousin d’un lecteur du Grand soir »

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  5. Sammy
    Sammy dit :

    A propos de Reflets, je les lis beaucoup moins qu’avant car j’aime de moins leurs points de vue doctrinaires. C’est dommage, car ils avaient des articles et des scoop détonnant (Amesys…)

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  6. lô
    dit :

    Etienne Chouard , ses réflexions et doutes sur la valeur de nos démocraties, le comment et le pourquoi d’une VRAIE constitution, ses efforts pédagogiques louables pour nous faire comprendre les dessous malodorants de la création monétaire contemporaine et les nombreux malheurs qui en découlent … Oui, si vous ne connaissez pas … de nombreuses vidéos sont disponibles sur la toile …. Aucun doute à avoir, Mr Chouard s’y connait en tri sélectif !

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  7. polux
    polux dit :

    Fallait pas faire chier la vieille sur le tri sélectif, qui est au passage un système pour attrape couillon permettant aux uns de virer des gens dans le secteur et aux autres de se donner bonne conscience en descendant les poubelles. Sachant qu’une erreur de tri suffit à envoyer tout le sac au four, ce qui ne manque pas d’arriver très régulièrement. Quant au retour du bon français, allez en Suède ou au Venezuela et au détour d’un vieux con ou d’une vieille conne dans la rue vous aurez droit à votre remarque bien stupide et xénophobe qui vous hantera nuit et jour comme vous le dites. Tout ça pour dire que pour faire un rapprochement entre un mec qui amalgame Soral et Chouard et votre voisine frontiste, faut en vouloir et c’est faire bien trop d’honneur au "bons français" en tablant sur l’existence d’une possible faculté de penser chez ceux là. Tut tut, y’a un moment faut se reposer et arrêter le pif.

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  8. Delphine
    Delphine dit :

    Article que j’ai adoré et dont je partage le fond… sauf les deux dernières phrases (enfin le lien qui est entre eux). Ca va plus loin, beaucoup plus loin.
    Tu dis "Le temps des brebis galeuses est revenu.
    Et j’en suis."

    Moi, qui probablement suis assez différente de toi sur pas mal d’idées, je peux dire la même chose. Et autour de moi, rare sont les gens qui ne le disent pas (malgré des situations personnelles plutôt sympathiques…). Bien sûr il y a le fait que de nos jours on préfère se dire "brebis galeuse" que "winner du système" parce que le système génère tant d’injustices si visibles que même du bon côté de la barrière on ne peut plus se les cacher, alors on a un peu mauvaise conscience.

    Mais il y a aussi le fait beaucoup plus grave que la guerre de tous contre tous est là. Que nous sommes tous la brebis galeuse d’un autre groupe, et que nous résistons mal à la tentation de désigner des brebis galeuses.

    Parce que débattre sans se détester est devenu très dur. Parce que débattre via les réseaux sociaux mais déjà avant via des échanges minutés par la télé amène forcément à remplacer la réflexion par le slogan. Et donc à quitter l’intellectuel pour rentrer dans l’affectif. Et un jour on finit par virer ses amis Facebook qui ne pensent pas comme vous, parce qu’ils ont fini par passer du désaccord à l’invective, et que avant vous vous sentiez "contredite", ce qui est acceptable, et maintenant vous vous sentez "agressée", ce qui l’est beaucoup moins.

    Voilà, enfin je ne sais pas si je me fais comprendre. La semaine dernière j’ai discuté 3 heures du "mariage pour tous" avec un gars, et on n’était pas d’accord. Mais on avait du temps, des références et des arguments.

    A la fin on était plus amis qu’au début et touchés de tout ce qui peut passer dans ce genre de discussion. Et c’est là que je me suis rendue compte que ce phénomène-là ne m’était plus arrivé depuis tellement longtemps… ce qui m’amène la réflexion ci-dessus, que tu as aussi par d’autres voies.

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  9. Swâmi Petaramesh
    Swâmi Petaramesh dit :

    Fais gaffe Agnès, à force de ne pas être bonne française, Valls va finir par te reconduire à la frontière du gauchistan 😉

    Tiens des bons français et du tri sélectif, dans mon bled y’en a aussi… Jusqu’à Yapalontan, y’avait 3 containers "à recyclable & verre etc" en bord de route, juste en face du château du coin.

    Le chastelain a du trouver que ça défaçait trop ses abords, ou la DDE penser que les bagnoles arrêtées là pour vider leurs kils de rouge et leurs cartons de pizzas, ça faisait dangereux en sortie de virage, va savoir.

    Ils ont fini par terrasser et goudronner une petite esplanade tranquille un peu en retrait, où tu peux garer ta caisse pépère pour alimenter les conteneurs jaunes z’et verts, cool !

    Je précise que le tout se passe à largement 3 kilomètres de la déchetterie GRATUITE du coin où tu es censé bazarder tes encombrants et ce qui ne rentre pas dans un container à recyclage?

    Et que crois-tu qu’il arriva ? Une semaine après, les bons français étaient venus vider sur la zoulie esplanade des remorques ou des estafettes entières de machines à laver, frigos, pots de peinture, vieux matelas & sommiers, et toutes ces sortes de choses, et vu le nombre de filtres a air de tracteurs et de merdouilles issues des J9 et C15D des artisans du cru que j’ai pu décompter sur cette aire, aucun doute, c’est bien des bons français, pas des touristes, et même certainement des indigènes du coin de plusieurs générations qui ne se font pas chier à faire faire à leur camionnette les 3 kilomètres de plus qui les séparent de la déchetterie, à moins qu’ils ne soient fâchés avec ses horaires d’ouverture…

    Y sont comme ça les bons français d’ici, on les voit mercredi et week-end au bord des routes avec le bonnet orange, le nez tout aussi vermeil pour d’autres raisons, le fusil sous le bras, et ça n’hésite pas à te balancer en pleine route de la balle à sanglier à 3 mètres devant ton capot à la barbe de tes gosses (et à rater 4 fois de suite le brave sanglier qui traverse sans se presser tellement près que j’aurais pu lui cracher par la fenêtre mon chewing-gum dans le trou de balle).

    Y’a aussi des moins bons français, les "néo" qu’on les appelle, tous des écolos et des anarchistes ces gens-là : ils vivent à la campagne parce que c’est joli (!), et ils vont à la déchetterie, pour que ça reste joli. Ils chassent rarement le sanglier, les pleutres ! Sale engeance !

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  10. des pas perdus
    des pas perdus dit :

    J’ai constaté à mes dépends combien il est difficile d’instaurer un dialogue serein au sein même de la gauche… L’époque est aux raccourcis et dans le lot beaucoup comptent sur une certaine inculture pour draguer ou ostraciser.

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  11. Martin Scriblerus
    Martin Scriblerus dit :

    Je vous lis souvent avec plaisir. J’aime bien votre ton ancré dans le quotidien et le réel.

    J’ai essayé de comprendre de quoi il retournait aujourd’hui. J’ai suivi vos liens. Et j’avoue que je me suis trouvé plongé dans un abime d’ennui insondable. Je ne suis pas parvenu à lire jusqu’au bout un seul texte de « CSP ». Ce côté « je suis de plus de gauche que toi » et fier-à-bras sent trop son médicament de confort. C’est sûr, il vaut mieux être du côté des bons que des méchants. Le problème, c’est que les méchants pensent la même chose. Ils ne savent pas que les méchants, c’est eux : ils croient que c’est nous !
    Pour les vidéos de monsieur Chouard, cela a été pire encore. Je ne goûte pas du tout ce genre de didactisme.
    Les deux – et tout ce milieu en général – m’évoquent un marigot de certitudes et de fourvoiements assez lamentables, de limites intellectuelles, d’éblouissement et de manque d’esprit critique, d’esprit critique très mal digéré. Un mélange de naïveté et de complaisance, de simplismes – eux, nous ! – et d’ambitions – le Grand Soir, Camarades ! – complètement déplacées, de précipitation et d’imprudence, en un mot, un manque outrancier d’entendement, qui me crèvent les yeux. L’enrobage ronronnant d’autodérision triste chez quelques uns n’arrange rien.

    Les Bonnes Grosses Intentions, les Grandes Causes et les groupuscules, cela va bien quand on a qunze ans, tandis que l’on découvre la pensée politique. Mais au delà de vingt, une telle attitude est à mes yeux le signe d’une irrémédiable inconsistance intellectuelle. Cela n’est pas très grave en soi, si l’on se tient à distance des discussions politiques : mais si l’on s’en mèle, l’on y sera le jouet des plus lamentables manipulations, l’on donnera dans les panneaux les plus grossiers, et l’on ne cessera d’y courir derrière le dernier miroir aux alouettes en date.

    Je l’avoue, je fréquente un peu plus d’auteurs morts que de vivants, et certainement pas ces vivants là. Pour les auteurs décédés, la distance aide peut-être à faire la part de leurs fourvoiements respectifs, de leurs faiblesses théoriques. Et puis cela tient à l’écart des déchirements entre sympathie humaine et rigueur intellectuelle qui peuvent survenir avec un ami.
    L’un de ces auteurs, disparu récemment, pastichant il y a 15 ans les Dialogues d’exilés de Brecht, faisait remarquer (Je paraphrase assez sommairement) que les gens les plus sympathiques et les plus raisonnables, les plus sensés qui soient, se mettaient à dire et penser des bêtises plus grosses qu’eux sitôt qu’ils se laissaient aller à disputer de sujets sur lesquels ils n’avaient pas prise.

    Un révolutionnaire à propos des conseils ouvriers en Allemagne exposait comment des fonctionnaires de l’administration avaient su prendre au dépourvu des conseillistes perplexes devant la vacance du Pouvoir: en leur soumettant des problèmes que cette même administration seule pouvait résoudre… "il va y avoir 2 000 000 de soldats qui vont rentrer au pays… comment allez-vous organiser cela?" Et voilà nos honnêtes révolutionnaires perdus devant l’ampleur de la tâche – et qui s’en remettent au dit fonctionnaire et à son administration… je ne sais plus aujourd’hui chez lequel j’ai lu cette anecdote (Mühsam? Toller?) et je suis trop loin de ma bibliothèque pour vérifier.

    Mais je pourrais en évoquer d’autres.

    Pris chez Karl Kraus, chez Gunther Anders, chez Hannah Arendt, par exemple. Sur l’écart irrémédiable qu’il y a dans la société depuis près d’un siècle entre les actes d’un individu et la conscience qu’il peut en avoir.

    Ou chez les critiques de la poignée de représentants anarchistes espagnols qui jouèrent un temps avec tant d’étatistes le jeu du Pouvoir et qui n’eurent d’anarchistes que le nom.

    Chez Maurice Joly ou chez les situationnistes.

    Nous ne manquons pas d’amis dans les bibliothèques. Leur conversation est parfois un peu poussiéreuse, mais certains se sont donnés assez de mal, et ont payé assez cher pour nous aider à ne pas nous retrouver à faire n’importe quoi n’importe comment là où nous sommes invités à le faire, et à nous perdre.

    Quand quelqu’un, qui que ce soit, essaie de proposer de nouvelles formes de constitution d’un Pouvoir légitime, quand des citoyens se masturbent en discutant du degré de démocratie de tel ou tel traité européen, ou de la politique économique ou migratoire ou policière de l’Etat français, ou de quoi que ce soit de ce calibre, pour ma part, je les laisse assez vite à leur jeu stérile et à son désespérant sérieux. C’est une question d’échelle. Les soucis de l’Etat, les soucis des gestionaires de la société, les soucis de la société ne sont pas les miens, et je ne me sens aucunement tenu à chercher à l’aider à les résoudre, et pas même à chercher à les résoudre à sa place. Les problèmes qu’elle se pose, qu’il pose en ses termes ne sont pas les miens. Ses termes sont assez mortifères, et je veux bien être modeste, mais je répugne à jouer le jeu idiot de me penser ou à penser quiconque comme un quantième de statistique. Je refuse de parler cette langue là, et j’en utilise une autre pour penser.
    J’ai tout à gagner à chercher partir de mes soucis et de ceux de mes proches, de mes voisins et , (qu’ils viennent d’arriver du Mali ou d’Afghanistan ou qu’ils soient souchiens bon teint, qu’elles soient lesbiennes, végétariennes, cruciverbistes, jardiniers du dimanches ou bouddhistes orthodoxes) et surtout à m’en tenir à des formulations que je maîtrise un minimum parce qu’elle correspondent à des faits à mon échelle, avec lesquels je suis en rapport direct. Le langage du Pouvoir est un piège redoutable. On ne peut pas penser en ses termes et penser contre lui longtemps. On ne peut même pas penser sa propre condition avec son vocabulaire.

    Je l’avoue, je n’attends rien, et certainement pas de la lucidité ni de la pertinence de la part de cette extrême gauche qui surjoue inlassablement la même histoire entre son engagement révolutionnaire fétichisé et sa néo-responsabilité citoyenne, et qui se plaint régulièrement de trouver de la vilaine récupération d’extrême droite sous ses semelles. Il n’y a rien de plus stérilisant que leurs vieilles étiquettes. Ils me font penser à des pots de confiture.
    J’avoue, j’aime bien encore m’engueuler un peu avec des libertaires à l’occasion. Avec eux, les désaccords peuvent encore parfois s’avérer féconds. Parfois. Leur statut d’ennemis officiels de l’état et de l’autorité est un autre piège.

    Mais à tout le reste du spectre politique, jusqu’à l’extrême gauche, il l y a bien longtemps que je n’ai plus rien à dire.

    Excusez moi, j’ai été long, et puis j’entends de grands intellectuels et de bons médias de France nous expliquer que, si les couples homosexuels ne doivent pas avoir le droit de se marier, c’est parce qu’il faut un ovule et un spermatozoïde pour faire un môme.

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  12. smolski
    smolski dit :

    "Le langage du Pouvoir est un piège redoutable. On ne peut pas penser en ses termes et penser contre lui longtemps. On ne peut même pas penser sa propre condition avec son vocabulaire."
    Merci 🙂

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  13. Swâmi Petaramesh
    Swâmi Petaramesh dit :

    La citation de Martin Scriblerus #14 que Smolski relève en #16 est une perle rare. Je me la mets sur l’oreille pour la fumer plus tard.

    Répondre
  14. Laffreux
    Laffreux dit :

    "(…)mais la guerre de tous contre tous, la guerre des gueux, organisée par et pour les puissants, afin qu’ils continuent tranquillement leurs petites affaires entre eux pendant que l’on se déchirera pour les miettes."

    Il y a un truc que je ne saisis pas, pour ma part, c’est qu’on oppose souvent ceux qui contestent les idées d’E. Chouard, ses références extrêmement douteuses, avec ceux qui luttent contre l’ultra-libéralisme.

    Il n’est absolument pas incompatible de s’interroger sur ses fréquentations, les endroits où il choisit de s’exprimer, les groupes qu’il fréquente ET d’être réellement "anti-capitaliste".

    Procéder de la sorte est finalement un peu la même chose que ce que l’on reproche aux gens en question.

    Et une façon, finalement, aussi, de dénigrer leur opinion, d’invalider leurs questions quant aux buts réels poursuivis par E. Chouard (ou d’autres, aux "méthodes" un peu similaires).

    Sinon, sur le fond, oui, je suis d’accord, on a de plus en plus de mal à échanger sur la Toile sans finir, au bout de quelques posts, par se faire insulter.

    Certains n’ont même plus que ce seul mode d’échange.

    Ce qui devient pénible.

    Répondre
  15. smolski
    smolski dit :

    "Sinon, sur le fond, oui, je suis d’accord, on a de plus en plus de mal à échanger sur la Toile sans finir, au bout de quelques posts, par se faire insulter."
    Avant la toile, c’était au bistro et on ne manquait pas de s’y insulter tout autant et même de s’y tabasser alors !
    Quitte à choisir, je préfère la toile, parce que les insultes et les gnons, en prendre et en donner, cela n’est pas de tout repos et beaucoup moins significatif en fin de compte.

    "Il n’est absolument pas incompatible de s’interroger sur ses fréquentations, les endroits où il choisit de s’exprimer, les groupes qu’il fréquente ET d’être réellement "anti-capitaliste"."
    À côté de cette remarque, j’aimerai souligner combien il est aussi important d’exprimer ses idées dans les lieux mêmes où elles seront contestées. Voire très salutaire.
    🙂

    @Swâmi Petaramesh
    Fumer tue ! La preuve, c’est marqué sur la marchandise concernée (en un mot, mais j’hésite tout de même un peu…). LOL

    Répondre
  16. Laffreux
    Laffreux dit :

    @smolski

    C’est carrément pas faux. Mais je déplorais déjà qu’on puisse pas discuter au bistrot sans finir par se faire insulter ou taper sur la gueule (j’te rassure, en même temps, ça m’empêche pas de dormir non plus et par ailleurs, lorsque le mec avec qui tu tentes de débattre en arrive là, c’est que finalement, il est sans doute à court d’arguments…). Et j’ai tout de même l’impression que les noms d’oiseaux fusent vachement plus vite sur le Ternet. Mais c’est p’t’ête qu’une impression.

    Ok aussi avec ta deuxième idée et son côté "salutaire". Sauf qu’en l’occurrence, chez "Radio Courtoisie", à la Cobema, sur le forum de "La Dissidence Française" ou le site d’E&R, les idées d’E. Chouard ne sont absolument pas contestées. Bien au contraire.

    Répondre
  17. smolski
    smolski dit :

    "Sauf qu’en l’occurrence, chez "Radio Courtoisie" […] les idées d’E. Chouard ne sont absolument pas contestées. Bien au contraire."
    L’avantage du bistro c’est que les idées battues et débattues restaient dans l’enceinte et s’éclairaient directement plutôt de se trouver mise à l’emporte-pièce à l’extérieur.
    Cela dit, il est probable que les propos de chouard dans les bistros qui castagnaient, c’est même pas qu’ils z’auraient poussés la porte, tandis qu’ici, n’importe quel personne peut en prendre connaissance pour en débattre, à preuve !

    Sur la toile le voilà trimbalé hors de tout jugement possible, je suppose qu’il vaut mieux se tenir à ce qu’il dit selon notre entendement plutôt que sur les lieux où ils sont exprimés et les personnes qui les utilisent.
    Quelque part, c’est aussi son métier de les fréquenter semble-t’il ?

    Les coups :
    "lorsque le mec avec qui tu tentes de débattre en arrive là, c’est que finalement, il est sans doute à court d’arguments…"
    Cela ne lui donne pourtant pas toujours tort, comme la mémé avec le tri selectif qui a pu se trouver sans argument pour exprimer son impuissance à saisir toutes les explications et les raisons données. C’est aussi recevoir un coup que de se trouver à ne pas pouvoir répondre selon sa volonté.

    Ah ! C’est comme l’indique également l’intervention « abusive » de Martin Scriblerus post#23 😉

    À la vôtre… Joel 😀

    Nota :
    Martin, je me suis permis de transcrire votre post#14 sur le site debian-facile.org là :
    http://debian-facile.org/viewtopic….

    Au bar, comm’ hips… il se doit.

    Répondre
  18. Martin Scriblerus
    Martin Scriblerus dit :

    Je me dis que je suis toujours responsable de la formulation, et de la récupérabilité de mes idées

    Pour ma part, si une de mes idées est bien accueillie par un membre de parti politique, j’en conclus que soit il n’a rien compris à ce que je disais, soit je me suis fourré le doigt dans l’oeil jusqu’au coude – voir même les deux simultanément.

    Bien sûr, en matière de détournement, recyclage et récupération, l’extrême droite est une vieille spécialiste.
    Mais elle récupère bien souvent une pauvre extrême gauche fascinée elle aussi par la farce tragique du Pouvoir, qui a elle-même du pour exister dans un paysage politique qui n’existe que comme politicien, récupérer et phagocyter tant d’efforts luttes et d’expressions autonomes… J’ai du mal à plaindre ces récupérés là.
    Le problème de tous nos chers politiciens experts es récupération, c’est qu’il leur faut impérativement vampiriser chacun des efforts des êtres humains pour prendre conscience de ce qu’ils vivent.
    Je soutiens que la politique doit impérativement étouffer le moindre germe de politique.

    Enfin, c’est mon avis, et j’ai fait court, parce que je me suis déjà laissé aller à dire "je" sur ce fil bien trop à mon goût.

    Répondre
  19. smolski
    smolski dit :

    En premier abord, moi non plus Swâmi mais j’aime partager ce que j’aime sous n’importe qu’elle prétexte et ce bar df est rafraîchissant au possible !
    Et puis, d’habitude, « on fait bien passer » sans façon quand c’est du bon plutôt que de le consommer par devers soi, non ? 😉

    Répondre
  20. Laffreux
    Laffreux dit :

    @LeMonolecte

    Ait été libéré plutôt que prévu, du coup, je précise:

    Je fais, pour ma part, une grosse différence entre voir les idées de quelqu’un reprises par certains, et le fait, par le quelqu’un en question, d’aller exprimer lesdites idées directement dans les lieux de prédilection des gens qui les récupèrent.

    Plus clairement, il y a une différence, selon moi, entre le fait que les idées de Chouard soient reprises par les gens de la Cobema, par "Radio Courtoisie", etc, et le fait de s’y rendre en personne pour y développer ses idées.

    Je me pose toujours la question de savoir comment un amoureux transi de la Démocratie peut supporter d’entendre les propos qu’il a dû y entendre, en clair.

    Et je ne parle même pas de travailler avec "La Dissidence Française" sur leur manifeste. Ou de déclarer que Blanrue est quelqu’un de courageux.

    Dans le sens inverse, reprendre certaines idées, partiellement, mises en avant par des groupes "rouges-bruns" est une chose, citer régulièrement ses sources, et donc faire la promotion de ces groupes là en est une autre.

    Répondre
  21. Lô
    dit :

    toujours à propos de Mr Chouard, et de la création monétaire qui est gérée pas le privé en france depuis 73, puis de la dette colossale qui s’ensuivie, on trouve même sur le net une petite interview de M Rocard, sur Europe 1, ou il dit une chose étonnante pour un homme politique : " oui, dans les années 70 c’était à la mode, mais maintenant qu’on a signé … il faut payer la dette ! Allez, encore quelques mois, et mr Chouard fera le 20 heures de TF1 … Enfin, j’espère !

    Répondre
  22. til
    til dit :

    La loi de 73 dénoncée par Chouard, façon complot ourdi digne de mythos comme Meyssan ou Soral, n’est pas la raison des dettes publiques. Mais bon, il y tient, c’est son fond de commerce médiatique, comme d’autres ont pour dada que les banques ne créent pas de monnaie :

    "En effet, entre 1945 et 1971, la forte régulation financière, "grâce" entre autre aux accords Bretton Woods et à la faible ouverture internationale de l’époque, a permis une forte diminution de la dette dans les pays développés. En effet, à cette époque, la "répression financière", concept introduit dans les travaux de Shaw et McKinnon (1973), permettait aux Etats de se financer à très bas coût (en termes réel) dans la plupart des pays, non pas via un financement direct et sans intérêt par une banque centrale, mais grâce à :

    – La mise en place de plafond de taux d’intérêt par le gouvernement, indiquant un niveau maximum de taux d’intérêt contraignant pour les investisseurs.

    – Le captation des investissements domestiques des fonds de pensions ou des banques, via des mesures prudentielles obligeant ces institutions à détenir de la dette souveraine domestique, le contrôle des capitaux ("forced home bias"), un niveau de réserve élevé et la taxation des autres produits financiers.

    – Le contrôle ou le management direct des banques dans des pays comme la Chine et l’Inde."

    http://www.captaineconomics.fr/theo

    Répondre
  23. smolski
    smolski dit :

    En reprenant le premier lien de til post#31 dans les commentaires :
    http://www.captaineconomics.fr/theo

    "Etienne Chouard ne désigne pas la loi de 73 comme la cause principale du gonflement de la dette, mais comme une des causes explicatives de la dérive globales. […]
    Ce que Chouard désigne en priorité a travers cette loi est l’entrée des Etats dans le jeu de deconnexion entre l’économie réelle et l’économie virtuelle."

    "En cas de possibilité de financement direct de l’Etat par sa Banque Centrale, de nombreuses dérives sont possibles. Le principal risque de la monétisation de la dette est en effet l’inflation."
    L’inflation d’aujourd’hui n’en est pas une ?
    Ne participe-t’elle pas elle-même avec une part d’acceptation de son inéluctabilité à son aggravation incessante ?

    "la création monétaire est une arme bien trop puissante pour être laissée dans les mains de politiciens, dont la vision est bien souvent court-termiste (—> direction les prochaines élections…). Honnêtement, laisseriez vous ce pouvoir de création monétaire (et ses dérives) à un Silvio Berlusconi, à un Papandreou ?"
    Je ne comprends pas que l’on soupçonne DAVANTAGE les élus que les non-élus dans leurs intentions et leurs capacités de décision.
    Et quitte à s’en remettre à l’un ou à l’autre, pourquoi ne pas utiliser le suffrage pour au moins en décider CHACUN ?
    On peut penser justement que l’échafaud électoral peut conduire les élites élus à reconsidérer leurs actes alors que pour l’élite des professionnels de l’économie dont le statut est assuré, ils ne risquent rien, surtout puisqu’ils participent à l’explication de leur non échec.
    Ou alors on leur coupe à tous un doigt avec leur coupe cigare pour chaque jour passé en inflation ! Et la main, et le bras, et le reste… crâne de piaf ! LOL
    Nota :
    Je signale que je n’ai rien contre les piafs et qu’ils ne sont cités ici que pour faire image, des fois queue…

    Bref, faut-il vraiment adopter la politique de l’autruche à s’enfouir l’esprit dans le akoibon plutôt que de tenter malgrès tout de saisir par n’importe quel bout possible la réalité qui nous dépasse ?

    Répondre
  24. lô
    dit :

    un dernier chiffre, toujours de Mr Rocard, et à propos de la création monétaire via les banques privées VS les banques centrales : Taux d’endettement de la france à ce jour 91 % ( soit + ou – 1800 milliards d’euros ) ——> contre 17 à 18 % dans le deuxième cas de figure ( soit + ou – 350 milliards d’euros ) …. La différence mérite bien un début de débat, non ?
    Mais …. " maintenant qu’on a signé … il faut payé ".
    Décidément, le tri sélectif s’impose !
    Mme Monolecte, toutes mes excuses pour mes digressions ….

    Répondre
  25. til
    til dit :

    smolski

    L’inflation ça n’a pas toujours été payant, Allemagne années 20, Argentine années 2000, Zimbabwe, modérément ça eu payé dans les années 50-60. Mais on est en 2012, contexte différent où la désindexation des revenus va rendre l’inflation désagréable pour beaucoup, et pas les plus fortunés :

    Si une inflation forte sans qu’elle puisse être accompagnée d’augmentation de salaire devait venir se greffer sur la reprise économique naissante, cela aurait un impact dévastateur sur le pouvoir d’achat de nos concitoyens et donc paradoxalement sur la reprise qu’elle viendrait très vite étouffer.

    http://www.tribuforex.fr/forum/view

    Répondre
  26. smolski
    smolski dit :

    @til

    Je le redis, au lieu de se laisser conduire par des élites non élues ne répondant d’aucune sanction, je préconise la voix du suffrage qui nous responsabilise individuellement.
    Je ne dis pas de tout laisser partir à vaux l’eau, mais entre toutes les alternatives je demande moi, citoyen, à être consulté directement et d’en payer le prix communautairement plutôt que d’être plumé privativement corps et boyaux en sus.

    Parce que les peuples qui sont vendus par principes ne sont pas des peuples appauvris, on se communautarise, ne sont pas des peuples esclaves, on se révolte, ce sont des peuples que l’on soumet.

    Répondre
  27. til
    til dit :

    Ca vient de quel calcul ces chiffres ?

    De plus les obligs d’états étaient à faible taux en ZE, sont encore faibles en France. De surcroit, faire tourner l’imprimante entraine une inflation qui plombe le pouvoir d’achat des ménages, écroulement de la conso, baisse des rentrées fiscales pour l’état et dette publique qui fait la ola. Je n’ai pas pour souvenance que Rocard soit un économiste non plus. C’est le problème des politiciens, ils disent qu’il faut faire un truc, l’Euro, et puis ensuite disent que c’était une connerie mais qu’on peut plus en sortir et demerden Sie sich.

    Une BC qui prête à taux 0, et pourquoi pas, soyons larges d’esprit, à taux négatif,
    pendant que l’inflation fait son chemin, ben c’est pas gagné…

    Répondre
  28. til
    til dit :

    smolski

    Ah, parce que les élites élues répondent de leurs âneries ?

    T’as vu jouer ça dans quel film ?

    Est ce que Kohl, Mitterrand et consorts ont été
    traduits en justice pour avoir créé une monnaie Frankenstein.

    De même les élus US pour avoir laissé la finance, ou plutôt poussé la finance à déraper.

    Regarde un peu comment le législatif fonctionne et vote comme une savate :

    Il ne faut toucher à la loi que d’une main tremblante disait Montesquieu (Lettres Persanes, CXXIX). C’est bien ce que fait le législateur, mais hélas, parce qu’il est atteint de la maladie de Parkinson.

    http://www.maitre-eolas.fr/post/200

    L’élection ne garanti pas grand chose, d’où la nécessité de contre pouvoirs.

    Laisser des pouvoirs exorbitants aux élus est d’une naïveté confondante.
    Ca relève du trouble psychiatrique.

    Répondre
  29. Laffreux
    Laffreux dit :

    Est-ce que l’une des clefs ne serait pas de renforcer (et pas qu’un peu) les moyens du contrôle citoyen de l’action des élus, une fois qu’on les a mandatés?

    Ou, dans un premier temps, d’utiliser VRAIMENT ceux déjà à notre disposition?

    Répondre
  30. lô
    dit :

    D’ou viennent les chiffres ? mais de mr Rocard lui même ( dailymotion / europe 1 ) … Mais pour bien comprendre le processus, et les véritables enjeux … il est indispensable de passer par un minimum de formation … sur la création monétaire, sur " l’argent dette ", et ainsi il devient plus facile de comprendre la crise économique, les excès impardonnables mais prévisibles des banques américaines ( remember les subprimes ) ( et ça, c’est à mettre au crédit de … " la main invisible du marché ") … Vous pouvez commencez par Wikipédia ( création monétaire ) … ou directement par les conférences de Mr Chouard ( l’argent dette ) … Bonne lecture !

    Répondre
  31. smolski
    smolski dit :

    @til post #38
    "Ah, parce que les élites élues répondent de leurs âneries ?"
    Ah, parce que les élites économiques répondent DAVANTAGE de leurs âneries ?
    😛

    "L’élection ne garanti pas grand chose, d’où la nécessité de contre pouvoirs."
    Pas grand chose ou RIEN c’est pas la même chose, et des contre-pouvoirs elitistes me paraissent même davantage injustes soumis et bornés que ceux qui sont éligibles.

    Le pouvoir n’appartient plus qu’aux finances actuellement.
    La finance n’est pas un être mais un principe.
    Même ceux qui en font leur lit aujoud’hui en subissent les conséquences, pour eux et pour leurs descendances et on aura beau leur casser la gueule un à un au coin d’un bar, le principe avec ses implications restera le maître de tous en fin de compte parce qu’il soumet chacun de nous à sa loi, à ses droits plutôt qu’à nos convictions.

    Le contre-principe à appliquer est et demeure celui proclamé par les robespierres de 89 et décapité aussitôt :
    Tout abus du droit de propriété sur le droit naturel à la vie de quiconque est du brigandage.
    Plutôt que de persévérer dans les petits arrrangements calculateurs de ceux qui s’entendent très bien à mener ceux qui ne se connaissent pas à s’entretuer.
    Wouap ! 😀

    Répondre
  32. til
    til dit :

    Je sais bien que les temps sont difficiles, mais de là à avaler toutes les inepties
    de prétendus économistes qui balancent des chiffres miracles à base de calculs foireux…

    Vu les politiques de la FED, de la BoJ et de la BoE, on va peut être l’avoir l’inflation et on va la sentir passer, à moins que la BCE reste droite dans ses bottes avec un Euro fort, là ça sera le chomdu où alors des grosses baisses de salaires à la mode grecque et espagnole, cuisine exotique parfois pimentée.

    Pour la mise en bouche, Goldman Sucks annonce la couleur, un tiers de hair cut des salaires, ach du heilige Scheiße !

    http://www.huffingtonpost.fr/2013/0

    Répondre
  33. til
    til dit :

    Pour moi l’évidence, c’est que protectionnisme ou libéralisme sont dans l’aporie. D’une façon ou d’une autre les pays émergents veulent participer au festin, ils ont les bras et cerveaux jeunes pour ça, et aussi les ressources naturelles. Ce sont ces ressources qui deviendront rares qui déterminent, car il y a peu à espérer des sciences pour changer la donne avant plusieurs dizaines d’années.

    Donc 2 soluces, se serrer la ceinture ou faire ses valises pour aller là où ça se passe, forme de nomadisme hérité de nos ancêtres chasseurs cueilleurs migrateurs et autres Touaregs.

    Fini la sédentarité peinarde.

    Répondre
  34. til
    til dit :

    Oui, c’est ça, lutter en racontant des conneries et en ne sachant pas contre et pour quoi on lutte. Un exemple de chiffres aberrants :

    http://blog.francetvinfo.fr/classe-

    Dans mon domaine, j’en ai vu des idioties, des préjugés ne tenant pas compte des mesures, des statistiques, jusqu’à ce que celles ci leur reviennent comme un boomerang dans les gencives. Du coup, on m’en a voulu d’avoir eu raison, quand bien même j’avais sauvé la boutique.

    Répondre
  35. Laffreux
    Laffreux dit :

    "Oui, c’est ça, lutter en racontant des conneries et en ne sachant pas contre et pour quoi on lutte"

    C’est vous qui posez ce postulat de départ, basé sur des éléments que je ne connais pas.

    J’ai le sentiment de savoir contre quoi et pour quoi je lutte.

    "Du coup, on m’en a voulu d’avoir eu raison, quand bien même j’avais sauvé la boutique."

    Pas sûr de comprendre, est-ce que vous pouvez préciser, svp?

    Répondre
  36. En bas à gauche, oui, là !
    En bas à gauche, oui, là ! dit :

    Ben je le connaissais pas et franchement c’était tant mieux !
    C’est pas la moitié d’un naze, le Yovan !
    Vraiment pas de temps à perdre avec ce genre d’enflé du bulbe.

    Répondre
  37. Laffreux
    Laffreux dit :

    @til

    Donc, fin de la discussion parce que je ne saisis pas le sens d’une de vos phrases?

    Je confirme: j’ai le sentiment (j’utilise cette expression pour être le plus précis possible) de savoir contre quoi je lutte, ‘ffectivement.

    Et pour quoi aussi.

    Dommage que vous ne vouliez pas préciser ce que vous vouliez dire. Tant pis.

    Faîtes signe si vous changez d’avis. J’aime bien discuter.

    Répondre
  38. chris
    chris dit :

    «Par exemple, dans les années 70 le monde était convaincu que les réserves de pétrole étaient sur le point d’être épuisées. Des rapports d’experts annonçaient qu’il restait plus que 700 milliards de barils sur la planète, ce qui compte tenu de la consommation d’alors, représentait 35 à 40 ans de réserves. Or, en 1988, les réserves de pétrole avaient augmenté de près de 30% par rapport à celles de 1972 et les spécialistes estimaient les réserves mondiales à 900 milliards de barils, sans compter les 2000 milliards de barils désormais exploitables grâce aux nouvelles techniques de forage. Ainsi, notre capacité de trouver de nouvelles réserves de pétrole a été multipliée par la technologie et de plus celle-ci a eu un grand impact sur l’efficacité avec laquelle nous utilisons le pétrole. La valeur de choses dépend donc d’abord de la technologie. Autre exemple : la technologie peut transformer les déchets industriels en une ressource inestimable.» (INNOVATION TECHNOLOGIQUE ET RENSEIGNEMENT CONCURRENTIEL.Eric Denécé
    01-12-2012 . Article paru chez CF2R).

    😉

    Répondre
  39. til
    til dit :

    Ainsi de l’Allemande Sophie Scholl, décapitée à 22 ans pour avoir fondé l’organisation antihitlérienne La Rose blanche, écrivant peu avant son arrestation : «La peur est en moi, rien que la peur.»

    La troisième, la plus décisive, c’est que, pour tenir seul ou presque contre tous, il faut une ossature morale intérieure extrêmement solide, de puissantes convictions personnelles, la capacité d’être son propre interlocuteur, de «fabriquer seul son électricité», selon le mot de Proust.

    http://www.marianne.net/La-Resistan

    Et puis Anne Frank.

    Répondre
  40. Zorg
    Zorg dit :

    Un autre fait que ces nouveaux maccarthystes ont reproché à Etienne Chouard est d’avoir participé (en compagnie d’Olivier Bonnet) à un débat organisé par ReOpen911 après la projection du documentaire "11-Septembre : un Jeudi Noir de l’Information" qui démonte les manipulations d’un reportage de canal+ censé lutter contre la désinformation !
    http://www.dailymotion.com/video/xa

    Double peine donc pour Chouard qui en plus d’être un fasciste s’avère être un "conspirationniste"…
    "Conspirationniste" car c’est bien connu, toute critique ou remise en question de la thèse officielle sur les attentats du 11-Septembre fait de vous un vulgaire "conspirationniste" voyant des complots derrière tout évènement historique.
    On se demande d’ailleurs quand le juge Trévidic sera dessaisi de ses nombreux dossiers (attentat de Karachi, attentat du 6 avril 1994 au Rwanda…) pour conspirationnite aiguë vu qu’il n’arrête pas de remettre en question les thèses officielles écrites par son prédécesseur, le funeste juge Bruguière…

    Cette accusation de "conspirationnisme" sera évidemment une occasion en or pour tous les Quatremer ravis de pouvoir discréditer aussi facilement le trouble-fête :
    http://bruxelles.blogs.liberation.f

    Etant moi-même membre de ReOpen911 (je suis d’ailleurs le réalisateur du documentaire démontant canal+), j’ai eu l’occasion à quelques reprises de "dialoguer" avec ces soi-disant antifa et ça a été, je dois dire, toujours assez surréaliste.

    Qu’importe les faits que vous avancez, qu’importe vos écrits ou vos réalisations : vous doutez de la thèse officielle alors vous êtes "complotiste" donc vous êtes d’extrême-droite et vous pratiquez le "confusionnisme".

    Le plus surprenant (et consternant) fut de voir comment des gens qui se prétendaient anars et lutter contre les fascistes puissent user de telles méthodes et ce sans le moindre scrupule. Voir ces gens complètement enfermés dans leurs certitudes qualifier Chouard de gourou est assez surréaliste.
    Ce dernier avait d’ailleurs répondu à ces nouveaux torquemada :
    http://etienne.chouard.free.fr/Euro

    La violence d’une partie de l’extrême-gauche vis à vis des sceptiques de la thèse officielle peut s’expliquer je pense par la peur d’être accusé de développer des théories du complot.

    En avril 2004, Arte diffusait une soirée Théma mémorable où la théorie du complot était utilisée comme une arme pour discréditer l’extrême-gauche.
    Le premier reportage e la soirée s’attachait à amalgamer Meyssan avec l’extrême-droite, à le faire passer pour un antisémite notamment grâce à un savant montage vidéo faisant croire qu’il avait relayé la rumeur des 4000 juifs n’étant pas allés au WTC alors qu’en réalité il dénonçait cette intox dans son livre de 2002.

    Dans le second reportage de la soirée le ton est assez vite donné :
    « La fête de Lutte ouvrière. Un terrain d’observation privilégié pour comprendre comment fonctionne la théorie du complot. La technique est toujours la même. On pointe du doigt un ennemi unique, capable du pire : c’est l’Amérique. Le grand Satan version française. Ici, à travers les Etats-Unis, c’est le complot du grand capital qui est visé. Le dogme, c’est que derrière les guerres de l’Oncle Sam, se dissimule un plan de domination économique du monde. Démonstration avec ce directeur d’une revue d’étude liée au Parti Communiste français. »

    Et plus tard lors du "débat", Philippe Val de déclarer que «la rhétorique de la haine de l’Amérique traduit la haine d’un pays qui s’est construit sur l’immigration, d’un pays cosmopolite, ce qui rejoint très vite la haine du juif ».

    Acrimed avait publié un très bon article sur cette soirée :
    http://www.acrimed.org/article1583….

    Aussi je ne suis guère étonné de voir certains (au hasard CSP) réagir aussi violemment dès qu’on s’interroge sur les points troublants entourant les attentats du 11-Septembre mais de là à pratiquer les amalgames et la diffamation, franchement il y a un pas…

    Pas allègrement franchi par la "journaliste" Ornella Guyet (alias Marie-Anne Boutoleau, alias Alice Masami) dont les commentaires sous un article de CQFD (dont elle est très probablement l’auteur) explique les guillemets placés à "journaliste".
    Je vous aurais bien invité à lire mes réponses à ses manipulations, mensonges et autres amalgames mais malheureusement la rédaction de CQFD a censuré par la suite tous mes posts (sans donner la moindre explication) laissant ainsi libre champ à la calomnie…
    Sympa comme tout, j’ai beaucoup apprécié.

    Mais heureusement étant un "conspirationniste" cela implique que je suis aussi paranoïaque, et je dois dire que des fois ça aide : j’avais enregistré tous mes posts ce qui me permit de les recopier in extenso sur le forum de ReOpen :
    http://forum.reopen911.info/viewtop

    J’invite vivement à lire ces quelques pages sur le forum de ReOpen car cela montre assez bien les méthodes utilisées par certain(e)s pour discréditer une personne ou un mouvement.

    Je terminerai ce long post en précisant que je viens de publier sur le blog de ReOpen une longue réponse à Noam Chomsky et Jean Bricmont qui s’étaient évertués à démontrer que la thèse officielle bien que bancale n’était pas discutable.
    Je vous laisse juge de la pertinence de leurs arguments :
    http://www.reopen911.info/11-septem

    Cordialement

    Répondre
  41. til
    til dit :

    Les tenants du complot sont assez mythos, et accordent bien trop de puissance aux services secrets, ils sont comme les religieux qui pensent que Dieu tout puissant ordonne le monde. Les services secrets se plantent en permanence, ratage complet avec Merah, avec l’Afghanistan etc…pour la simple raison qu’ils se tirent la bourre entre eux de façon totalement improductive comme dans un panier de crabe, ce que sont toutes les organisations de ce genre.

    On a un bel exemple de maboule avec Ramadan, le plus croustillant sont les commentaires des abrutis qui suivent le billet :

    http://www.marianne.net/Mali-les-el

    Répondre
  42. til
    til dit :

    Sur l’histoire récente des services de renseignement si performants qu’ils se prennent les pieds en permanence dans le tapi :

    Pour autant, l’on sait que l’ISA fut envoyée au Liban pour tâter le terrain et qu’elle revint en avertissant que les Etats-Unis risquait très gros, qu’il était plus que probable qu’ils soient victimes d’attentats majeurs. Rapport que personne n’écouta. Le 23 octobre 1983, 241 marines et 55 parachutistes français trouvèrent la mort dans deux attentats à la voiture piégée quasi simultanés.

    http://www.tak.fr/my-name-is-bond-j

    Répondre
  43. smolski
    smolski dit :

    À la lecture du dernier lien proposé par Zorg post #53.
    Merci d’apporter une contradiction étayée sur des faits présentés comme avérés par les pouvoirs en place. 🙂

    Par ailleurs, à mon sentiment et pour faire court les réticences de chomsky développés dans le billet me paraissent relever davantage du fait qu’il choisi de ne pas contredire quiconque et comme il ne contrecarre pas directement la thèse du pouvoir cela le montre hypothétiquement plus complice de celui-ci qu’il n’en est dans l’intention de ses propos.

    Toutes les disgressions concernant les manipulations homériques opérées par les pouvoirs en place sur les évènements chaotiques de notre société sont du pur délice !
    J’suis sûr qu’un jour ils démontreront que dieu existe ! Non, là j’déconn’… quoiqueue ? 😉

    Répondre
  44. til
    til dit :

    smolski

    C’est à pleurer de rire et à perdre momentanément le contrôle de ses sphincters.

    Faut que j’aille changer mes couches du coup, c’est malin…

    Répondre
  45. smolski
    smolski dit :

    til post #59
    "le principe de complot planétaire"
    C’est pas du tout cela que j’ai noté d’enrichissant dans le lien de Zorg.
    C’est la manière dont sont utilisés les évènements chaotiques par des factions manipulatrices, gouvernementales et autres, sans juger de la valeur de fond en question.
    Comme le remarque chomsky dans ses interventions, ce que je souligne de probe d’ailleurs.

    "les politiques et services de renseignement sont des pieds Nickelés"
    Pt’ête ben qu’oui, p’tête ben qu’non, c’est pas l’essentiel.
    Qu’ils soient maléfiques et manipulateurs dans leur fonction, cha ch’est chûr alors !
    Ainsi, les descriptions amenées par Zorg prennent un relief nécessaire à entendre et je l’en remercie encore ici, non sans pousser un haricot sous til, des fois que…

    Répondre
  46. til
    til dit :

    Sinon, il faut tout de même garder à l’esprit que le principe de complot planétaire a été utilisé à plusieurs reprises par des partis politiques et/ou religieux extrémistes pour attirer et motiver leurs ouailles. Le top du best off étant le complot juif planétaire utilisé par les nazis. Les islamistes, pas bégueules, tentent le copié collé, sans risque d’assignation en plagia.

    Ce type d’outil de manipulation mentale est couramment utilisé par les sectes.
    J’en sais d’autant mieux sur le sujet qu’une de mes ex est dans un de ce type asiatique d’organisation, qui mélange tout quitte à dire qu’Adolphe n’a pas fini le boulot. Je peux vous dire que ça fait froid dans le dos, que de l’avoir connue avant son embrigadement et après, me prononçant le mot "djirrhad" quand elle parlait de djihad.

    Non, les politiques et services de renseignement sont des pieds Nickelés, ils font bourdes sur bourdes, et n’ont que leur carnet d’adresses pour bouée de sauvetage.

    Répondre
  47. til
    til dit :

    J’avais compris, je ne suis pas encore gâteux, même au sens du mahamoudra.

    J’ai encore le contrôle de mes sphincters, merde alors…nom de Dieu !

    Répondre
  48. Zorg
    Zorg dit :

    Til a écrit :
    "Les tenants du complot sont assez mythos, et accordent bien trop de puissance aux services secrets, ils sont comme les religieux qui pensent que Dieu tout puissant ordonne le monde."

    Pointer les nombreuses incohérences de la thèse officielle (TO) sur les attentats du 11-Septembre n’implique pas qu’on adhère pour autant à une quelconque thèse alternative.
    Enfin, la thèse d’un laissé faire délibéré (dans le but d’en tirer profit) ne suppose guère une toute puissance des services secrets, non ?

    "Les services secrets se plantent en permanence, ratage complet avec Merah, avec l’Afghanistan etc"

    Affirmation bien catégorique à mon goût.
    Evidemment que lorsqu’un service secret se plante ça se remarque (voir l’affaire du Rainbow Warrior par exemple) mais vous pensez peut-être que lorsqu’une agence de renseignement réussit un coup tordu, elle va le crier sur tous les toits ?
    Pour un échec bien visible combien de réussites restent dans l’ombre ?

    "On a un bel exemple de maboule avec Ramadan, le plus croustillant sont les commentaires des abrutis qui suivent le billet :
    http://www.marianne.net/Mali-les-el

    L’auteur évoque à deux reprises la remise en question de la TO sur les attentats du 11-Septembre en parlant de "thèse négationniste"…
    Rien que ça.
    Remettre en cause la TO revient donc à nier la mort de six millions de juifs ! Voir un journaliste user de ce genre de méthodes en dit assez long sur sa probité intellectuelle.
    Ah, et voir un journaliste de Marianne accuser les sceptiques de tenir des "thèses négationnistes" est assez affligeant quand on se souvient que ce journal a tout fait pour dédouaner la France de toute responsabilité dans le génocide des tutsi du Rwanda…
    http://rwandagrandemanip.wordpress….

    Sinon, le but de cet article de Marianne me semble assez clair : rendre ridicule l’idée que la France puisse intervenir pour des raisons autres que purement humanitaires. Le journaliste a donc trouvé en Ramadan le parfait client pour sa "démonstration".

    ReOpen venant de publier en news une sélection d’articles sur l’intervention de la France au Mali, je me permets de vous en donnez le lien :
    http://www.reopen911.info/News/2013

    Je vous conseille tout particulièrement la vidéo de Michel Collon (accusé également par des antifa d’être un rouge-brun [sic]) qui pulvérise Guaino qui venait de le mettre en garde contre la tentation de l’explication de l’intervention de la France au Mali par la théorie du complot.
    🙂

    Et pour compléter cette série d’articles sélectionnés dans cette news de ReOpen voici le dossier d’information rédigée par l’association Survie sur les zones d’ombres de l’intervention française au Mali :
    http://survie.org/francafrique/mali

    Répondre
  49. L'oiseau sur la branche
    L'oiseau sur la branche dit :

    Très bon billet qui me parle, à moi qui ne suis que doute, le cul entre deux chaises, l’identité française et une autre.

    Remarque kamikaze:
    Ta mise au point sur Etienne Chouard me fait penser à quelques réflexes d’autocensure qui sont les miens. Militant, de gauche, il m’arrive plus souvent qu’à mon tour, en public ou sur internet, de taire certaines réflexions qui ne sont pas gauchistement correctes sous peine d’être voué aux gémonies.
    Exemple casse gueule: Existe t-il un "impensé" concernant le fait national au sein de la gauche ?
    Lorsque je commence à dire que l’image du "bon" français, c’est une brèche, une niche politique dans laquelle l’extrême droite prolifère parce qu’elle est seule à la traiter, certains commencent à me regarder de travers. Quand j’ajoute que ma gauche fait presque uniquement référence à l’internationalisme et qu’il me semble que le citoyen lambda assimile ça à l’Europe libérale et technocratique, on me ressort le bréviaire marxiste: prolétaires de tous pays, etc… Je ne m’étonne donc pas vraiment que le "bon" peuple rejette alors l’internationalisme au profit d’un cadre familier, rassurant, national, étriqué et moisi: le petit village des irréductibles gaulois en somme… Si on creuse un peu plus, on se rend compte aussi que l’extrême droite, grâce à ses transfuges issus des troupes communistes articulent un socio-nationalisme qui fait mouche dans une partie de la population parce qu’ils fixent un cadre compréhensible à leurs luttes. Et, alors qu’on se pique pourtant, à gauche, de parler de politique française, le territoire français est ce cadre, non ?

    PS: Quand tu dis que le temps des brebis galeuses est revenu et que tu vas en être, ça me fait penser à ça:
    http://youtu.be/cEKXjHyaUio

    Répondre
  50. Brutus
    Brutus dit :

    @ til #59

    Concernant l’utilisation du principe du complot planétaire, les « démocraties » occidentales disposent également d’un incontestable savoir faire. Dernier croquemitaine en date : le complot « islamo-fasciste » visant à établir le califat sur toute la planète.
    Malgré l’absence totale de précisions sur les moyens des comploteurs susceptibles d’asservir les principales puissances économiques et militaires de la planète, il faut bien reconnaître que ça marche bien dans les opinions publiques sur l’air de « plutôt les combattre à Tombouctou qu’à Poitiers ».

    Avant on avait eu le fameux complot communiste qui avait justifié l’invasion de l’ile de Grenade par les troupes US de Reagan, ou le martyr des Nicaraguayens par les mercenaires à sa solde. Ces deux Etats représentaient en effet dans l’esprit du Président hollywoodien une menace insupportable pour la sécurité des USA !!!

    Célèbre variante de ce dernier complot : la théorie des dominos chère au génial prix Nobel de la Paix et criminel contre l’humanité Henry Kissinger : la chute du Viet-Nam était sensé entraîner le basculement de toute l’Asie dans le communisme. Le Viet-Nam finit par tomber, mais ce fut le communisme qui sombra !!!!

    Répondre
  51. Henri A
    Henri A dit :

    Etienne Chouard est complotiste, antisémite, fasciste et d’extrême droite brun rouge. La cause est entendue pour des journalistes, des élus et des membres plus ou moins actifs de tous les partis politiques.
    Je peux les comprendre, ces gens là ne veulent pas perdre leur boulot, pour certains, leur place et/ou les avantages qu’ils tirent du système.
    Ce qui m’échappe, c’est l’acharnement de personnes qui n’ont rien à perdre et encore moins, rien à gagner, à dénigrer, insulter et mettre au banc de la société certains individus (les "infréquentables").
    Que l’on traite d’infréquentable par exemple, les personnes qui ont poussé à mener la guerre en Libye, je peux le comprendre.
    Que l’on puisse fréquenter ces infréquentables si on en a envie me parait normal.
    Autre chose, nous avons tous plus ou moins eu l’expérience de la propagande, de la démotivation ou de l’incompétence des médias (journalistes). Ne serait-ce qu’un article sur un sujet ou nous avons une certaine connaissances et qui s’avère être du n’importe quoi.
    Et de façon surprenante, pour certains cas, par exemple Dieudonné, Soral, ces mêmes journalistes/médias seraient subitement devenu extrêmement compétents, motivés. La propagande ne s’applique pas dans ces cas là.
    Pour ces personnes qui n’ont rien à perdre et encore moins, rien à gagner, j’ai une chose à leur dire :
    Mais vous vous prenez pour qui ?
    Pour reprendre les cas Dieudonné et Soral, pour la simple raison qu’il sont considérés comme les plus grosses ordures répugnantes française depuis un moment, avaient-ils quelque choses à gagner ( argent, respectabilité, amour ) en prenant les chemins qu’ils ont pris ? Ont-ils perdu quelque chose ( argent, respectabilité, amour + sécurité ) ?
    Je ne comprends même pas le concept de fréquentable et infréquentable.
    Un dernier truc, je vois un point commun au minimum entre Agnès, Etienne et ce Zorg que je découvre, une obsession pour la précision.

    Répondre
  52. Laffreux
    Laffreux dit :

    Vous prenez un raccourci souvent emprunté par de nombreux défenseurs de Chouard, entre autres:

    Critiquer ses points de vue, ses références (et surtout le fait d’en citer abondamment et précisément les sources) est présenté comme un farouche appel à la censure, et une condamnation pour "infréquentabilité".

    Ceux qui sont en désaccord avec Chouard ne font, finalement, que deux choses qu’il prône lui-même:
    Réfléchir par soi-même et exprimer, librement, son opinion.

    Vous avez bien évidemment le droit d’être en total accord avec lui, et de le dire.
    J’ai bien évidemment le droit de ne pas l’être, et de m’exprimer à ce sujet.

    Répondre
  53. til
    til dit :

    Brutus

    Il n’y a de complot qu’à taille limitée pour des objectifs tactiques limités. L’Islamo fascisme ou le communisme URSS ne sont ni n’étaient des complots car ils affichaient et affichent clairement leurs objectifs universalistes.

    De la même façon, il ne peut pas y avoir de complot planétaire, car tôt ou tard une organisation d’envergure qui aurait cette ambition devrait annoncer la couleur, car tout ne peut se faire en coulisses à un certain niveau d’échelle, il faut une propagande aussi, et qu’à ce niveau ça fini toujours par cafouiller quelque part sans pouvoir mettre la poussière sous le tapis.

    De plus dans de grandes organisations, les dissensions existent avec des conflits internes de luttes de pouvoir, ces entités ne sont jamais homogènes et sont toujours susceptibles de voir un de leur joueur tirer contre "son" propre camp pour ses propres intérêts personnels ou idéologiques.

    Ce qui se passe au Mali est la conséquence des politiques occidentales en Afrique avec l’assentiment de quelques "élites" africaines corrompues. L’Afrique subit sa richesse naturelle qui entraine toutes sortes de conflits d’intérêts. Mais elle progresse malgré tout, et ses pays sauront progressivement mettre chacune des puissances extérieures dos à dos lorsqu’il s’agira de négocier l’accès à ces richesses. L’Asie a su reprendre en main sa politique, l’Afrique suivra car elle a de plus en plus de gens formés et éduqués, et malgré tout sa situation et son poids dans le débat international se renforceront.

    Répondre
  54. smolski
    smolski dit :

    til post #70
    "Il n’y a de complot qu’à taille limitée pour des objectifs tactiques limités."
    Le complot se réalise quotidiennement par les profits multipliés qui sont eux bien calculés en tant que tel.
    Je ne vois pas de moteur plus essentiel au cafarnaüm que nous subissons tous ?

    Post #66 du petit piaf
    "Existe t-il un "impensé" concernant le fait national au sein de la gauche ?"
    Nous nous entêtons à ne regarder le monde que par le petit bout de la lorgnette de notre individualité face au Monde entier, une entité globale, plutôt que nous et chacun des autres, tel qu’il en est dans la réalité.
    Nous nous retrouvons alors dans une hiérarchisation des valeurs qui fait que la valeur des personnes de proximité (physiques, sociales, intellectuelles…) nous apparait supérieure à toute autre.

    La déconstruction de cet état d’esprit passe par la reconnaissance de nos valeur individuelles nous permettant ainsi d’en attribuer en retour par empathie (un religieux dirait par compassion) à quiconque, à tout être et même à toute chose par sa singularité identique à la nôtre.
    Et non plus de faire l’inverse, accepter des valeurs globales institutionnalisées à tout et nous y référer pour nous-même par manque de discernement organisé.

    Répondre
  55. Martin Scriblerus
    Martin Scriblerus dit :

    Concernant monsieur Chouart, j’ai fait l’effort d’y retourner.
    Et je suis navré pour lui et ceux qui l’aiment ou l’écoutent, mais des propos comme ceux-ci:
    "À mon sens, l’antisémitisme est, comme le racisme — mais aussi comme l’antiracisme, ou même l’antifascisme, je m’en aperçois aujourd’hui à l’occasion de cette calomnie —, UNE ERREUR DE JUGEMENT QUI CONSISTE À TOUT MÉLANGER, AMALGAMER, simplifier à l’excès : on considère que tous les juifs, ou tous les noirs, ou tous les phallocrates, ou tous les racistes, sont LES MÊMES et méritent LE MÊME TRAITEMENT. C’est manichéen, c’est bête, car le monde n’est pas noir ou blanc.[…] JE NE FAIS PAS, MOI, DE L’ANTISÉMITISME OU DE L’ANTIRACISME L’ALPHA ET L’OMÉGA D’UNE POLITIQUE DE GAUCHE ; JE NE RÉDUIS PAS LA RECHERCHE DE LA JUSTICE SOCIALE À LA DÉFENSE DE QUELQUES COMMUNAUTÉS PARTICULIÈREMENT MALTRAITÉES (les femmes, les étrangers, les juifs, les homosexuels, etc.) : JE CHERCHE (DÉMOCRATIQUEMENT) À DÉFENDRE L’INTÉRÊT GÉNÉRAL, SANS COMMUNAUTARISME" ("Le fascisme n’est pas assimilable à l’antisémitisme – Par Étienne, jeudi 15 septembre 2011"; les hurements en majuscule sont de l’auteur, et je me refuse à proposer un lien vers un tel tissu de confusionnisme)
    sont exactement des propos de "bon français".
    Les rapports de domination ne se réduisent pas à la seule domination économique, contrairement à ce que ce monsieur semble confortablement penser – et du racisme, du sexisme et de l’antisémitisme, on ne saurait prétendre pouvoir juger en faisant appel à un simpliste bon gros bon sens – sauf si, n’étant soi-même ni arabe, ni juif, ni noir, ni asiatique, ni femme, on a les meilleures raisons du monde de nier la réalité et l’ampleur des rapports de domination de race ou de genre. ("en étant démocrate (radicalement), je ne suis évidemment pas l’ennemi des communautés maltraitées, mais — objectivement — leur meilleur allié. […]Le racisme est une errance mentale, certes, mais ÇA SE SOIGNE ET CE N’EST PAS SI GRAVE QUE ÇA […]

    Il en va de la question des rapports de domination de race comme de celle des rapports de domination de genre – et de sexualité: comme pour les opposants au mariage des couples homosexuels. Si les hétérosexistes prétendent ces temps ci grotesquement expliquer que la discrimination ne serait pas l’homophobie, c’est bien parce que justement la société reste encore hétérosexiste et homophobe. Ils ne prétendent qu’à cela: à un bon gros bon sens qui justifie qu’on n’écoute pas les paroles des personnes concernées ou que l’on minimise et méprise la portée de leurs propos – "communautaristes", etc.

    Si l’on veut comprendre ce que signifient les rapports de domination, – et j’insiste ici sur le mot rapport – leur complexité et leur intrication – on peut être à la fois femme, homosexuelle, juive, noire, handicapée, pauvre, étrangère, etc. et les subir tous ou presque – ou n’en connaître que quelques uns – ça n’est certainement pas un homme blanc qui peut les avoir le mieux expérimentés. Désolé, les hommes blancs: la conscience vous viendra peut-être, mais contraints et forcés par les efforts des infériorisés pour ne plus l’être.

    Pour ma part, sur les rapports de domination de race, ce sont des personnes comme, pour n’en citer ici que quelques unes, Franz Fanon, Albert Memmi, James Balwin – ou plus récemment, Houria Bouteldja et les indigènes de la république – qui m’en apprennent le plus, et c’est vers leurs écrits que je renvoie les esprits sincères et curieux.

    Mais je ne fais aucune confiance à quiconque se trouve – en partie malgré lui, parce qu’il s’agit de rapports de domination qui structurent le contexte social, dans lesquels il se trouve pris comme moi – en position de dominant dans les rapports de domination de race pour me les expliquer. (De même, tout ce que je sais des rapports de domination de genre, ce sont des femmes féministes qui me l’ont appris: si je n’avais pas accepté de donner le poids qu’il mérite à leur propos, si j’en étais resté aux considérations du gros bon sens a-sociologique et masculiniste, je serais aujourd’hui aussi féministe que ne l’étaient il y a peu les excités des lois islamophobes – tient, on retrouve là l’emploi par des dominants hommes et blancs, d’un rapport de domination pour taper sur l’autre…)

    Je me fous donc bien des amis ou des livres que lit monsieur Chouart. Les grossières certitudes qu’il affiche me suffisent amplement pour me tenir à distnce de sa "pensée politique", comme de ceux qui ont besoin de ses amis et de ses lectures pour prétendre s’en distinguer.

    Et tant pis pour les non-comprenant qui seraient tentés de venir ici étaler leurs compétences, ou se masturber sur le sens de mots comme "race" – avec le sujet abordé dans cet article, je suis hélas quasi certain d’en voir rappliquer.

    Répondre
  56. saxo
    saxo dit :

    Martin,

    J’ai trouvé ton premier post (14) pertinent. Expliquer selon ton angle de vue que penser politique était penser le pouvoir, et que ce faisant on critiquait le pouvoir en pensant en ses termes, a quelque chose d’assez fascinant (et frustrant, parce qu’on ne voit plus bien ce qu’il nous reste comme solution pour envisager une solution pour penser une structure de société plus juste).
    Par contre, ton post 72 ne me parle pas. Dire que seuls les opprimés peuvent parler de l’oppression est du même ordre que de dire que seules les victimes peuvent juger des crimes (je vais vite, mais c’est le fond de ma pensée)… Pour moi, pour parler avec une totale objectivité de l’oppression, il faudrait soit venir d’un monde où elle n’existe pas, soit avoir été totalement oppresseur et oppressé, à différents moments de sa vie puis avoir dépassé ces stades et en avoir fait la synthèse.

    J’ai lu il y a quelques années "Les maîtres censeurs" d’Elizabeth Levy, qui dénonce le fourvoiement de la gauche dans le seul combat anti-FN durant les années 90 (et tout procès fait à ceux qui s’écartent de cette voie), et au fond, je ne trouve dans ta citation d’E. Chouart qu’une réminiscence du même raisonnement. Exprimé différemment, mais il parle de la même chose.
    Le réduire à du "gros bon sens de bon Français", ou à un "tissu de confusionnisme" est extrêmement réducteur…

    Répondre
  57. Laffreux
    Laffreux dit :

    Etienne Chouard explique également que le racisme n’est, finalement, qu’une résultante de ce qu’il nomme "la cause des causes", en l’occurrence l’absence de réelle Démocratie, et qu’il suffirait de parvenir à en établir une pour qu’il disparaisse.

    Il en serait de même, d’ailleurs, pour nombre de problèmes.

    Outre l’étonnante simplicité d’une telle idée, pour un homme présenté comme un grand penseur, il faut méconnaître profondément la société française, telle qu’elle a évolué ces dernières années, pour soutenir cette thèse.

    Il y a une urgence évidente, concernant le racisme, qui s’est répandu et renforcé "à vitesse grand V", sous l’effet notamment du Discours "décomplexé" manié par l’UMP pendant 5 ans de Pouvoir.

    Il est d’ailleurs tout à fait possible de mener cette lutte-ci conjointement à d’autres, chères à E. Chouard.

    Ignorer cette urgence alors même qu’on "pioche" certaines idées, au nom d’une certaine "ouverture d’esprit", chez les pires chantres du racisme, paraît pour le moins étonnant.

    Répondre
  58. til
    til dit :

    Chouard veut un financement permanent de l’économie réelle par la BC. En tant normal, une BC n’a pas à financer l’économie réelle directement. Mais comme la finance ne fait plus son boulot, à situation exceptionnelle, remède exceptionnel, c’est à l’état de prendre le guidon et de passer par dessus la finance, le temps qu’elle soit réformée.

    Donc un plan de relance par l’isolation thermique financé par l’état et la BC :

    http://forumdemocratique.fr/2013/01

    Répondre
  59. smolski
    smolski dit :

    Martin post#72
    "Mais je ne fais aucune confiance à quiconque se trouve […] en position de dominant dans les rapports de domination"
    Et pourtant il existe bien « la conviction du caractère sacré de l’existence humaine » pour nous permettre de franchir cette situation d’oppresseur en regard de celle des opprimés et en tirer des conséquences pour notre compréhension.

    Pouvez-vous avec justice inverser cette idée en prétendant pareillement qu’un opprimé n’aura jamais accès de lui-même à ce qui se produit pour une personne en situation dominante ?
    Je pense que pas plus et pas moins en fait. 🙂

    Répondre
  60. le plébéien bleu
    le plébéien bleu dit :

    Très intéressant et très amer papier : cela fait toutefois parfois un peu de bien de se sentir moins différent. Bref, à mon sens, ce temps des brebis galeuses qui revient ne saurait être qu’un épiphénomène du Grand Désarroi. J’ai beau m’échiner à douter et douter encore, finalement je ne suis peut-être qu’en cela un tantinet différent de la masse moutonnante : et ce doute permanent ne m’éclaire même pas ! Je demeure au fond de moi plus que jamais convaincu que notre vieille Grande Illusion communiste est la seule voie honnête pour combattre la Grande Désillusion. Il y a déjà si longtemps, le camarade Gramsci se le répétait tous les matins : "Il faut savoir tempérer le pessimiste de la raison par l’optimisme de la volonté !"…

    Répondre
  61. Martin Scriblerus
    Martin Scriblerus dit :

    @Saxo

    j’avais commencé à votre intention une longue réponse exposant un peu plus précisément en quoi la prétention à à pouvoir légitimement parler au nom de tous est accaparée jusqu’à la caricature par les hommes blancs hétérosexistes (et aisés financièrement) : lesquels, c’est bien connu, en dehors de leur capacité naturelle à incarner l’universel et le canon de l’humanité, à être l’étalon à partir duquel se constatent et se mesurent l’altérité et les différences, n’ont pas (ou si peu) de revendications particulières: puisqu’ils se trouvent justement être à la meilleure place, dans les rapports de domination!

    Et puis, j’ai vu que vous faisiez remarquer que mes propos trop complaisants envers les récriminations des racisés ne faisaient sans doute pas le poids devant la puissance critique et la lucidité courageuse des écrits d’Elizabeth Lévy.

    Me voici donc contraint de renoncer à argumenter contre vous, et de m’incliner bien bas.

    Répondre
  62. Martin Scriblerus
    Martin Scriblerus dit :

    @Smolski

    Ben… la conviction, non de quelque sacré que ce soit, mais de n’être pour ma part qu’un humain parmi des milliards d’autres, me pousse davantage à me demander ce que d’autres versions de l’humanité que celle que je me trouve incarner ont à me dire, de notre commune et humaine condition, et de ce que nous en faisons ; qui élargisse le petit horizon que me vaudrait mon regard, depuis ma seule position…

    Je ne pense pas que cette conviction me permette le moins du monde de passer, par l’effet de ma seule bonne volonté, par dessus les rapports humains concrets, de m’abstraire de la réalité dans laquelle je me suis trouvé me constituer (J’ai cru un temps en cette pensée magique, à laquelle nous sommes tous plus ou moins fortement incités à croire ; mais depuis, j’y ai renoncé et je m’en suis plutôt bien remis).
    Considérer que j’aurais aussi bien pu être autre que je ne suis, en être un ou une autre, m’aide certes un peu à m’apercevoir parfois que j’ai pu longtemps nier la parole des unes ou des autres au prétexte de ce que je pensais qu’ils et elles devaient être, et que je peux sans peine, ni gloire, essayer de faire mieux.

    Mais il n’est rien de tel que lorsqu’ils où elles prennent la parole et expriment crûment ce qu’ils et elles vivent et perçoivent de leur point de vue de dominé-e-s pour me renvoyer à mon incapacité à commencer de prendre conscience seul, sans cette inconfortable confrontation, de ce qu’impliquent mes privilèges de dominants comme de l’infériorisation qu’ils ou elles subissent, de ces rapports de domination réels au sein desquels nous sommes pris.

    Et je tiens qu’on ne saurait jamais mettre sur un même plan qualitatif le vécu d’un dominant et le vécu d’un dominé : parce que des deux, un(e) seul(e) voit en permanence son humanité déniée, sa parole méprisée, sa personne déconsidérée. Des deux, un(e) seul(e) se voit sans cesse ramené(e) à l’infériorité attribuée à sa condition par les rapports de domination existant. Des deux, un(e) seul(e) doit se battre pour commencer de se connaître elle/lui-même comme un être humain, et se battre en permanence pour imposer le fait qu’ellil l’est dans un contexte qui entend bien, quoi qu’ellil fasse, continuer de le lui refuser cette élémentaire reconnaissance. L’autre – celui qui est en position de dominant  – se voit d’emblée supposé tel, et dispose toujours du repoussoir des dominés.
    Je pense qu’il n’y a pas de commune mesure entre le courage et la combativité, l’abnégation, la patience, les efforts permanents que requiert toute position de dominé-e-s, et les formes de médiocrité et de complaisance auxquelles invite, et que permet, inévitablement, le confort des privilèges. Pour illustrer d’un exemple parlant, et caricatural: mais c’est pour illustrer, songez aux remarquables qualités humaines dont a du, et doit impérativement faire montre quotidiennement, par exemple, un Serge Dassault pour vivre et garantir son lendemain – et songez à ce qu’exige chaque jour pour une femme maghrébine homosexuelle et pauvre.
    Il me semble que si l’on peut toujours, d’une certaine manière, dire que ces deux expériences sont également proches du néant, il se trouve que le néant du premier occupe une part énorme de l’espace public sous le nom de réussite, de création de richesse, de succès, d’exemple, etc – tandis que la seconde doit en permanence s’arc-bouter et mobiliser toute sa personne, toutes ses ressources, pour ce seul résultat: ne pas se voir renvoyée complètement et immédiatement à un néant d’un tout autre ordre, ne pas voir sa vie anonyme entièrement effacée, rendue invisible, de son vivant.

    Répondre
  63. archilok
    archilok dit :

    Les brebis galeuses font partie du troupeau, elles ne prennent sa tête qu’avec l’accord tacite de leurs semblables vers le pays des lanternes, et avec un petit encouragement de nos panurges politiques.
    Il y aura toujours des brebis, des troupeaux et des panurges.
    Einstein a tout dit , On peut distordre l’univers afin que les deux extrêmes se rejoignent, alors si l’on peut faire ça de l’univers, alors des hommes, il m’est facile de penser qu’on peut aisement leur mettre leur cerveau dans dans leur trou de bal.
    Ne vous prenez pas le choux, soignez religieusement votre shyrose et allez voir la reproduction des peintures de Lascau, regardez bien, vous verrez des brebis.
    Déja à l’époque, d’autres avant vous c’étaient posé la question.
    Je crois la gale c’est cosubstantiel de la brebis.

    Bon je suis bourré, je vous laisse

    Répondre
  64. Sven
    Sven dit :

    Martin,

    Merci 1000x pour vos commentaires rafraîchissants.
    On sent un peu de Schopenhauer en vous lisant.
    Et merci aussi pour les références sur James Baldwin et Albert Memmi

    Et bien sur une mention à l’hôtesse de ce lieu qui j’espère continuera à poster des articles de qualité.

    Désolé, je n’ai rien à ajouter de plus intéressant à ce qui a été écrit plus haut, mais je m’abreuve de vos échanges

    Bonne journée

    Répondre
  65. Cincinatus
    Cincinatus dit :

    Chère Agnès,
    Cela fait très longtemps que je n’ai pas participé à ton blog bien que je lise souvent tes articles. Des raisons diverses m’en ont empêché et je tente de m’y remettre. Et non seulement j’ai lu ton article in extenso mais je me suis aussi farci la presque totalité des commentaires qui, cette fois-ci sont très fournis. C’est dire si j’ai la gnac…..
    A la fin de la lecture, et au-delà de tes propos, il m’est venu spontanément à l’esprit cette réplique de l’inspecteur Harry, Clint Eastwood qui, dans « les guignols de l’info », sur Canal+, alors qu’on lui pose une question, répond ceci :
    « Il y a deux sortes de gens, ceux qui ont un pistolet et ceux qui n’en ont pas ». Il se trouve que j’ai un pistolet.
    A la fin de ma lecture, moi, je dirai en pensant à toi :
    « Il y a deux sortes de gens, ceux qui ont du cœur et les autres » : Mais, exprimé ainsi, cela ne peut que créer la polémique car, en fin de compte, qu’est-ce que le cœur ? C’est bien plus que le muscle du même nom. Tu n’as pas le monopole du cœur comme aurait dit un ancien auvergnat coincé mais roublard et tu le sais.
    Au fond, (et je me fous un peu du fond), en lisant ta prose, c’est une jouissance de tous les instants sur le plan de l’esthétique de la phrase. Il y a une élégance spontanée dans ta prose (même si tu parle de la merde) en ce sens que celle-ci coule comme l’eau du ruisseau et c’est souvent cela que les commentateurs apprécient voir recherchent. Ils cherchent ou trouvent dans ta prose qui semble te venir naturellement ce qu’eux-mêmes tentent plus ou moins difficilement d’exprimer. Et, si je parle du fond un moment, alors je crois profondément à l’enrichissement des êtres humains par les contacts non mercantiles. Ton Juan, que je ne connais pas du tout, me plait bien.
    Il y a dans la nature humaine un coté « non classable », « non-scientificable », qui justement fait la richesse de l’être et qui rend ce dernier unique. Pour tous les blogs (et je songe à en créer un moi-même), c’est la même chose, il y a le fond et la forme ; Non, le fond n’est pas neutre et souvent les idées que tu défends sont un peut « enfantines » mais tu as raisons de les défendre car si tu ne les défendais pas, tu ne serais plus toi-même. Et tu es trop avertie pour ne pas le savoir.
    Sois toi-même, c’est cela qu’on aime.
    Amicalement
    Cincinatus

    Répondre
  66. DD
    DD dit :

    Les nombreux liens et références utilisés par Etienne Chouard, figure notoire de la lutte anti-TCE en 2005, créent dernièrement un malaise certain chez nombre de ses anciens (zénouvo) "fans".

    Malaise d’autant plus vif que ce dernier s’engage depuis peu auprès des Indignés, constitués -pour le moment encore- de militants (ou "citoyens" comme ils préfèrent souvent se dénommer eux-mêmes) plutôt diamétralement opposés, sur l’échiquier politique, à ceux d’extrême-droite.

    Il est vrai que ses références, nombreuses et fréquentes; tant que volontiers élogieuses; à Alain Soral, François Asselineau, Jacques Cheminade et/ou aux sites tels que "Le Réseau Voltaire", "Le Grand Soir", "Mondialisation.ca", "Enquête & Débat", et autres "Oulala.net", ont de quoi laissé un fort doute quant à son adhésion aux thèses qui sont défendues par les tristes personnages sus-mentionnés et/ou sur les sites en question.

    Malaise qui n’a pas tardé à se répandre sur "la toile", en ces temps où les frontières extrême-gauche/extrême droite semblent de plus en plus perméables. Et ce, pour diverses raisons. Dont certaines ont déjà été évoquées ici notamment, dans le document relayé par le (court) billet de ce matin.

    Point besoin d’y revenir, donc (ou alors une autre fois. On va pas tout mélanger, non p’u, merci).

    Il peut être intéressant, en revanche, de s’attarder sur les deux billets rédigés par Etienne Chouard, en réponse à ce mini-buzz ternetesque, en ce qu’ils peuvent constituer un début de réponse à la véritable question que pose ledit mini-buzz:

    Etienne Chouard adhère-t-il aux idées prônées par les divers mouvements d’extrême-droite qu’il cite OU est-il victime de ce qu’il présente comme une innocente (et plutôt Xtra-large) ouverture d’esprit?

    Le premier de ses deux billets démarre plutôt maladroitement.

    D’une maladresse dont on peut raisonnablement se demander, aux vues des capacités intellectuelles supposées de l’auteur, si elle n’est pas habilement feinte.

    Ainsi Etienne Chouard se lance-t-il dans une tentative de définition de l’extrême-droite.

    Qu’il base essentiellement sur le sens initial; à proprement parler basique; de ce terme qui désigne une famille politique dont il ne peut ignorer qu’elle n’a cessé d’évoluer, de tous temps.

    Et dont il sait à l’évidence; puisqu’il l’écrit lui-même; qu’il est rigoureusement impossible de la décrire "en deux mots".

    Malgré cette indéniable impossibilité, Etienne Chouard avance un premier argument:

    "(…) le projet d’extrême droite est un projet de domination d’une bande de riches privilégiés, au moyen d’un chef unique pas ou peu contrôlé par "son" peuple : l’extrême droite veut un homme fort, un leader maximo, un duce, un führer, un roi, un dieu."

    Face à cette première affirmation, on est en droit de se demander si l’auteur de ces lignes a bien écouté et regardé les vidéos d’Alain Soral, par exemple, qu’il relaie fréquemment.

    Le personnage en question, sous des discours aux accents faussement "gauchistes", présente tous les symptômes d’une mégalomanie difficilement maîtrisée. Ce qui le fait totalement correspondre avec le portrait du "dieu" brossé par Etienne Chouard, et que l’extrême-droite appelle, effectivement, de tous ses voeux.

    Et si le "mouvement soralien" combat, en apparence, l’autre caractéristique de l’extrême-droite dépeinte par l’auteur, à savoir le "(…)projet de domination d’une bande de riches privilégiés", c’est, justement, parce que celui-ci emprunte sa stratégie d’accession au Pouvoir à l’une des nombreuses variantes des mouvements d’extrême-droite: Le National-socialisme, en l’occurrence.

    Auquel Soral et ses disciples ont apporté quelques "touches personnelles", évidemment.

    Qu’ Etienne Chouard soit dupe de "l’apparent gauchisme" d’un mouvement tel qu’"Egalité & Réconciliation" est pour le moins hallucinant.

    Sinon fortement suspect.

    Et si M. Chouard est réellement convaincu qu’il faut "(…) mettre tous les aspirants chefs sous le contrôle quotidien de ceux qu’ils prétendent dominer", alors ce dernier se trompe lourdement quant au choix de ses "amis". Invitons-le à visionner de nouveau les vidéos qu’il met en ligne sur nombre de ses interventions. Invitons-le à se pencher, vraiment, sur les liens existants entre "Egalité & Réconciliation" et le FN. Et sur les personnages gravitant autour de l’ "UPR", parti de François Asselineau, dont il semble apprécier moultes idées.

    Quant aux revendications nationalistes, pour ne pas dire xénophobes, des mouvements en question, celui-ci devrait s’interroger sur leur compatbilité avec les idéaux qu’il dit défendre.

    Il semble y avoir là quelques incohérences manifestes, indignes d’un défenseur d’une "société radicalement démocratique".

    La dernière partie de la réponse d’Etienne Chouard s’appuie sur le fait qu’on l’accuse d’être "anti-PS"; par le simple fait de minorer l’importance des revendications du parti en question; et donc d’être un "fasciste".

    Nous serons d’accord avec lui sur ce point. Il ne suffit pas d’éxécrer le PS pour être fasciste. Il s’agit là d’un argument au moins aussi faible que ceux qu’il avance afin de démontrer sa non-appartenance à une certaine extrême-droite, convenons-en.

    Pour autant, il écrit à cette occasion certaines "choses" particulièrement troublantes, tant dans le fond, que dans la forme:

    "- je ne suis pas raciste et je pense que le racisme LA PLUPART DU TEMPS est une erreur, une peur mal fondée, une opinion politique qui peut être changée par un débat respectueux et approfondi — alors que cette pensée politique (raciste) s’endurcit quand elle est sottement caricaturée et criminalisée par des Torquemada arborant frauduleusement l’étendard "antiraciste"

    Il y aurait un "bon racisme" et un "mauvais racisme". La "pensée politique (raciste)", basée sur les pires inepties et les plus infondées des considérations, ne doit pas être caricaturée ("sottement"), au risque de la renforcer: ceux qui combattent le racisme le nourrissent, "inversisme" caractéristique du discours extrême-droitier. Premier point… Etonnant.

    La sémantique elle-même, utilisée par M. Chouard, rappelle par ailleurs, celle que l’on trouve quotidiennement dans les commentaires des sites tels que "Fdesouche", pour ne citer que celui-ci. "Torquemada", notamment, est une des insultes favorites de ses commentateurs, notamment. Lorsque l’on cherche à prouver que l’on n’adhère pas aux idées défendues par lesdits sites, il apparaît bien curieux d’en utiliser le vocabulaire. Second point… Troublant.

    Etienne Chouard clotûre d’ailleurs son premier billet en entonnant une rengaine bien connue de ceux qui scrutent les sites d’extrême-droite:

    "On" cherche à le faire taire, ceux qui l’accusent de fascisme sont eux-mêmes des fascistes:

    "(…) il s’agit de salir, par la vieille technique de la calomnie, ceux qui résistent aux projets de domination du moment. La liberté de penser sur les attentats du 11 septembre est un marqueur très intéressant, et je commence à identifier ceux qui traitent les autres de "conspirationnistes" comme des COMPLICES objectifs du système en formation.

    Ce qui devrait conduire à se poser cette question : les auteurs de telles calomnies sont-ils bien "de gauche" ? Ou ne sont-ils, pas précisément, des faux-nez des privilégiés s’affublant de l’étiquette frauduleuse "antifasciste" ?"

    Ne manque que l’emploi des mots "agents de l’Empire" ou autres locutions Dieudonniaises, et la "panoplie" serait complète.

    Curieuse démonstration, décidément, pétrie de troublantes similitudes langagières et d’assez grossières définitions parcellaires…

    Le titre même du second billet d’Etienne Chouard, relatif aux accusations qu’il entend combattre, "Le fascisme n’est pas assimilable à l’antisémitisme", provoque également un indéniable malaise.

    "Et alors?" a-t-on spontanément envie de répondre.

    L’un est-il plus condamnable que l’autre?

    Et à l’inverse, l’une de ces saloperies serait-elle plus acceptable que celle à laquelle l’oppose M. Chouard?

    Il convient toutefois, pour tenter de saisir sa pensée, d’aller plus loin dans la lecture dudit billet.

    L’auteur s’y lance, en premier lieu, dans une longue démonstration visant à prouver que les "antiracistes" ainsi que les "antifascistes" sont, dans le fond, aussi condamnables que les racistes et les antisémites qu’ils combattent:

    "Un mot d’abord de l’antisémitisme. À mon sens, l’antisémitisme est, comme le racisme — mais aussi comme l’antiracisme, ou même l’antifascisme, je m’en aperçois aujourd’hui à l’occasion de cette calomnie —, UNE ERREUR DE JUGEMENT QUI CONSISTE À TOUT MÉLANGER, AMALGAMER, simplifier à l’excès : on considère que tous les juifs, ou tous les noirs, ou tous les phallocrates, ou tous les racistes, sont LES MÊMES et méritent LE MÊME TRAITEMENT. C’est manichéen, c’est bête, car le monde n’est pas noir ou blanc."

    Propos étayés par une habile manoeuvre consistant à pointer le fait, indéniable, qu’une grille de lecture simpliste ne peut rendre compte de la complexité de pareils "phénomènes socio-politiques".

    Toutefois (mais c’est là une opinion toute personnelle, accordons-le à M. Chouard), les éventuels erreurs de jugement des "antiracistes" ou des "antifascistes" semblent, pour le moins, être le fruit de causes bien plus nobles, A LA BASE, dans ce qui les a engendré, que celles qui défendent la supériorité d’une race, ou d’une religion, sur une autre.

    Et mine que rien, c’est une différence de taille…

    Etienne Chouard parle d’ailleurs egalement de "sens du discernement", et écrit que "(…)TOUS LES RACISTES NE SONT PAS DES FANATIQUES. Si l’on veut pacifier le monde, il me semble important de garder son sens du DISCERNEMENT et éviter de diaboliser tout le monde : la plupart des racistes, des antisémites, des phallocrates, des homophobes, etc. le sont modérément et peuvent encore changer d’avis, si on prend le temps de parler, d’argumenter, de démontrer (au lieu d’agresser et d’insulter)."

    Lorsque l’on se réfère régulièrement à l’Histoire pour recontextualiser certaines notions, il paraît évidemment curieux d’oublier qu’historiquement, justement, dédiaboliser certaines idées, peut conduire au pire.

    De la part d’un intellectuel comme M. Chouard, encore une fois, la position paraît difficile à maintenir.

    En poussant son raisonnement jusqu’au bout, les excès de l’antisémitisme et du racisme, seraient aussi nuisibles que ceux du camp opposé.

    Sauf que l’on a rarement vu des "bisounours antiracistes et antifas" alimenter un four crématoire ou procéder à une purification ethnique…

    Lorsque l’on crie sans cesse au "manque de discernement", curieuse posture, une fois de plus…

    Etienne Chouard se fourvoie également, c’est une opinion toute personnelle bis, lorsqu’il énonce qu’il est possible de décoreller la pensée d’un auteur antisémite de certaines de ses thèses.

    Comment imaginer qu’un auteur qui rêve, plus ou moins secrètement, de "casser du youpin" peut écrire un ouvrage sur le système bancaire sans, en arrière plan, avoir en tête l’image de "la pieuvre juive" étendant ses tentacules sur la finance mondiale?

    Encore une fois, lorsque l’on met en avant la nécessité impérieuse de contextualiser certaines idées, la démarche peut paraître, pour le moins, étonnante.

    Une incontournable et impérieuse nécessité de contextualiser "les choses" selon que cela sert son propos ou non?

    Qui pousserait Etienne Chouard à préciser que, OUI, l’on peut relayer les idées d’auteurs antisémites en occultant l’opinion desdits auteurs, mais que, NON, il est impossible de combattre l’antisémitisme sans le replacer dans son contexte socialo-historique:

    "Je voudrais ensuite souligner que la "chasse à l’antisémite" que nous vivons aujourd’hui en France est toute récente et qu’il n’y a pas si longtemps, toute la société était animée par un antisémitisme banal et qu’il n’était donc, à l’époque, pas du tout répréhensible de l’être. Comme en d’autres domaines, il est donc ANACHRONIQUE (ET DONC INJUSTE) de juger les acteurs d’une époque passée avec les valeurs d’aujourd’hui."

    Etonnant grand écart particulièrement périlleux…

    Une fois admise cette absolue nécéssité de ne jamais oublier ce qui a poussé un auteur à écrire certaines choses, à émettre certaines opinions, alors, OUI, celui-ci peut-être lu.

    Mais considérer l’antisémitisme d’un auteur, d’un politicien comme simplement annexe aux idées qu’il avance, NON. Définitivement NON.

    Et affirmer l’inverse est diablement dangereux.

    Parce que ce serait aborder, PARTIELLEMENT, sa pensée.

    Et occulter qu’ "au bout du bout" de celles-ci, les plus dangereuses des idéologies sont tapies.

    Ce serait manquer d’autant de discernement qu’en assimilant les "antifascistes" et les "antiracistes" à "(…)des inquisiteurs intégristes, des fous de dieu à leur manière, intransigeants et intolérants, complètement fermés à l’idée que, peut-être, c’est eux qui se trompent", et qui "(…)considèrent qu’il y a des gens avec qui il ne faut parler —ou qu’il ne faut lire— à aucun prix."

    Ce serait manquer d’autant de discernement qu’en pensant que les "gens de Gauche" font "(…)DE L’ANTISÉMITISME OU DE L’ANTIRACISME L’ALPHA ET L’OMÉGA D’UNE POLITIQUE DE GAUCHE".

    Ce qui, curieusement, est une opinion fortement ancrée sur les rives de l’autre "extrême bord"…

    Ce serait oublier que ceux-ci lisent Proudhon, évidemment, en tenant compte de l’antisémitisme dudit bonhomme.

    Et que, certes, si, comme l’écrit Etienne Chouard, "(…)CETTE APTITUDE À LIRE TOUT LE MONDE EN DISTINGUANT LES IDÉES DE L’AUTEUR NE FAIT PAS DE MOI UN ANTISÉMITE", la démarche de "n’éclairer" que certaines idées de ces auteurs, couplée à un relais et une promotion d’un certain nombre d’autres, finit par apparaître, fatalement, éminemment suspecte.

    Le foisonnement et l’accumulation de certaines références semblant, au final, le fruit d’une certaine volontée, la résultante d’un but pour le moins trouble…

    On pourra penser qu’il s’agit là de l’inévitable éceuil sur lequel finissent par échouer ceux qui, à force de naviguer, finissent par le faire en eaux troubles, totalement perdus au milieu d’une mer de 1500 ouvrages.

    "Je lis et travaille sur (aujourd’hui) plus de 1 500 livres, de façon active, dynamique, quotidienne ; je me sers de ces livres (qui traitent tous, de près ou de loin, du pouvoir et des abus de pouvoir) comme d’un outil formidable pour concevoir et mettre au point une alternative solide et durable aux injustices sociales. Je m’alimente avec ces milliers de livres (en plus des milliers de documents que je trouve sur le net et des milliers de lignes de controverses auxquelles je participe sur les forums)."

    Avant de se vanter de tous ces rivages sur lesquels on accoste, de toutes ces mers qu’on sillonnent, peut-être serait-il impératif de se doter d’une bonne carte, avec de solides repères, lors de l’embarquement?

    Peut-être faut-il se souvenir que la première qualité d’un marin est l’humilité?

    Dans le cas inverse, naviguer à vue peut provoquer un sévère malaise au sein des passagers, et une véritable trouille, voire une franche hostilité, chez les équipages des navires qu’on vient à croiser, voyant bien que les manoeuvres sont peu assurées.

    On pourra considérer qu’il est inéluctable de se perdre totalement, et que, privé d’eau et de vivres, le délire arrive inexorablement. Brutalement.

    Qu’écrire que "(…) NOTRE PROBLÈME, CE N’EST PAS HITLER, NOTRE PROBLÈME C’EST QUI A FINANCÉ HITLER" ne peut-être que le résultat de pareil délire.

    Parce que le problème a été, évidemment, ET Hitler, ET ceux qui ont permis son avènement.

    Par le biais de moyens financiers, politiques, électoraux.

    Et tous ceux qui ont permis qu’il prenne le Pouvoir.

    Qui, avec des visées évidemment idéologiques, n’hésitaient sans doute aucunement à dire des juifs qu’ "(…)il ne faut pas que cette judéité nous empêche de les accuser, n’est-ce pas ? Il n’y a pas de raison pour que le fait d’être juif serve de protection à ceux des juifs qui sont des salauds (car il y en a quelques uns qui le sont évidemment, ce serait quand même aberrant de le nier)."

    Alors qu’il suffirait de dire ou d’écrire que ce sont des salauds.

    Qu’ils soient juifs, musulmans, catholiques, noirs, blancs, ou que sais-je encore. Mais des salauds, avant tout. Dont il n’est nul besoin de qualifier ethniquement, culturellement les origines pour lutter contre les sombres desseins.

    Alors oui, le malaise subsiste, les explications d’Etienne Chouard, énoncées dans les deux billets évoqués ici, paraissant aussi troubles que les eaux dans lesquelles il fait désormais avancer sa frêle embarcation.

    Le naufrage n’est sans doute pas loin.

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  67. smolski
    smolski dit :

    À propos d’Etienne Chouard post #83

    Voir les propos de Martin post #14 :
    "Le langage du Pouvoir est un piège redoutable. On ne peut pas penser en ses termes et penser contre lui longtemps. On ne peut même pas penser sa propre condition avec son vocabulaire."

    En cela, il me semble qu’une personne qui se présente ainsi :
    "je me sers de ces livres (qui traitent tous, de près ou de loin, du pouvoir et des abus de pouvoir) comme d’un outil formidable pour concevoir et mettre au point une alternative solide et durable aux injustices sociales."
    Ne me porte pas à lui chercher plus de poux que nécessaire dans ses référencements ni dans la sémantique imposée qu’il se trouve « contraint d’employer » pour partager sa recherche déclarée.

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  68. Laffreux
    Laffreux dit :

    Personne n’est "contraint d’employer" telle ou telle sémantique, pas plus que de plonger régulièrement dans tels ou tels travaux menés par tel ou tel antisémite notoire pour dénoncer les dérives de la Finance.

    Les mêmes idées peuvent être soutenues sans ces références nombreuses, aussi bien que douteuses, qui finissent par desservir un but initial sans doute plus que louable.

    Comme dit à plusieurs reprises, chacun procède comme il l’entend, lit ce qu’il veut, cite ce que bon lui semble.

    Comme dit à plusieurs reprises également, chacun pense ce qu’il veut de ces choix là, délibérés, et peut s’exprimer sur le sujet, sans, systématiquement, être catalogué "antifa hystérique".

    Clore le débat de la sorte, en taxant ceux qui s’interrogent sur E. Chouard et ses "choix" , c’est finalement procéder de façon identique à celle qu’on leur reproche.

    Paradoxal pour d’ardent défenseurs de "la liberté d’expression à tout prix".

    Répondre
  69. saxo
    saxo dit :

    J’ai vraiment du mal avec la censure… Et avec les jugements.

    En lisant le post de DD (84), je suis au tribunal et je lis la plaidoirie de l’accusation qui cherche à montrer qu’ E. Chouard est passé à l’ennemi.

    En gros, si on prête ne serait-ce qu’une oreille aux idées de l’extrême droite. Si on refuse le combat à mort et qu’on procède à une tentative d’analyse de son discours (sans être dans la recherche de la destruction du discours), on est à clouer au pilori?

    C’est quoi cette chasse aux sorcières?

    Si quelqu’un est xénophobe, ou sexiste, ou antisémite, doit-on en déduire que c’est un nazi. Qu’il n’a pas une once d’intelligence, qu’il ne peut dire que des inepties? Est-ce un sous-homme?
    Finalement, ça fait une nouvelle catégorie de boucs émissaires (et super fournie, vue l’état de la société).
    Attisons la haine, il n’en sortira rien de bon.

    Bref, Martin, remarque analogue.
    Quand je cite " les maîtres censeurs", d’E. Levy, c’est précisément de cette forme de censure dont je parle. Je la dénonce aussi comme contre productive, c’est tout.
    Je ne voue à l’auteur que le respect spontané que je voue à tout le monde. Si le fait de s’appeler "untel" discrédite immédiatement tout ce qu’on peut poser comme argument, je vous salue tous bien bas. La discussion n’est pas possible.

    Pour ma part, Etienne Chouard est quelqu’un qui m’a fait découvrir Montesquieu.
    Notamment la formule " Tout pouvoir tend naturellement vers l’abus de pouvoir" qui remplace maintenant, dans mes propos, celle que j’utilisais avant "le pouvoir rend con".
    Merci Etienne.

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  70. Laffreux
    Laffreux dit :

    Qu’est-ce que je disais…

    Questionnement n’est pas censure.
    Critique n’est pas interdiction.

    Et encore moins haine.
    Raccourcis permettant de mettre ceux qui questionnent dans la catégorie des salauds.

    Pratique.
    Et définitif, surtout.

    Répondre
  71. saxo
    saxo dit :

    Laffreux

    "Questionnement n’est pas censure, critique n’est pas interdiction."

    Ben… jeter l’opprobre sur quelqu’un, c’est peut-être pas une censure directe, mais l’effet est définitif, comme tu dis.
    En ces temps de règne de la finance, désigner un "champion" du camp qui le dénonce comme possiblement d’extrême droite, est une forme de discrédit un brin facile.
    Le réquisitoire de DD n’est pas un questionnement équilibré, c’est une inquisition "à charge".
    Si tu n’appelles pas ça censure, moi, si (c’est du moins une forme de censure).

    La "haine" (dont je parle dans mon post), n’est pas à l’égard d’un individu particulier, mais à l’égard de toute personne assimilée à "l’ennemi" (extrême droite).
    Je pense comme Mr Chouard que le combat contre l’extrême droite ne peut pas se gagner en rejetant en bloc toute idée qui semble en émaner.
    Mais bien en considérant ses arguments et en en faisant l’analyse.

    Dans une société sexiste dans ses racines, dans laquelle la suspicion envers l’étranger reste souvent la norme, rejeter en bloc tout individu véhiculant ces peurs (et valeurs) en le taxant de facho. et enlever par là même, tout crédit à ses propos (sur d’autres sujets) sur ce simple critère est totalement contre-productif.

    A terme, ça ne peut que renforcer les rangs de l’extrême droite en marginalisant ces "bien-pensants" d’extrême gauche, qui les jugent en étant imbus d’eux-même. Non (je vais vite, mais c’est bien ce qu’on observe)?
    Alors dénigrer Chouard, parce qu’il prête une oreille à l’extrême droite, au lieu de la rejeter en bloc me semble effectivement contre-productif.

    Tant qu’à critiquer sa démarche, je préfère le premier argument de Martin qui dit qu’on ne peut penser contre le pouvoir qu’en termes de pouvoir. Pour le reste, je ne suis pas.

    Répondre
  72. Laffreux
    Laffreux dit :

    Petite précision utile:

    Le post de DD est un billet qu’il a copié-collé depuis mon blog.
    Ne sachant pas trop quel était le sens de sa démarche, j’aurais préféré qu’il le précise lui-même…

    Je ne cherche pas à jeter l’opprobre sur E. Chouard.
    Je m’interroge sur sa démarche, et surtout, sur "le chemin" qu’il emprunte pour arriver à ses objectifs.

    Quant à parler "d’inquisition", tu as le droit de percevoir mon billet comme ça, mais ce n’était pas le but initial.

    Je passe (moins ces derniers temps) beaucoup de temps à discuter avec l’extrême-droite et ses divers adeptes (ou victimes de son pseudo-discours anti-capitaliste).
    Le problème principal de cette dernière, depuis quelques temps, c’est qu’elle refuse, tactiquement, d’assumer l’idéologie qu’elle défend.

    On passe finalement plus de temps à échanger là-dessus que sur son "fond de commerce"…

    Mais je veux bien continuer à discuter. Ou au moins essayer.

    Après je comprends qu’on aime pas mon billet.
    Il y en a eu d’autres sur le sujet. Je les assume.

    Répondre
  73. DD
    DD dit :

    Alors dénigrer Chouard, parce qu’il prête une oreille à l’extrême droite, au lieu de la rejeter en bloc me semble effectivement contre-productif.

    Il me semble que le commentaire 83 démontre que c’est un brin plus complexe que cela. Vous restez dans la simplification.

    Répondre
  74. Martin Scriblerus
    Martin Scriblerus dit :

    @ saxo

    "Si quelqu’un est xénophobe, ou sexiste, ou antisémite ", eh! bien, il me semble que cela veut simplement dire que c’est quelqu’un qui prend parti pour la justification et la perpétuation du mépris de l’humanité de ses semblables au prétexte de leur nationalité, de leur sexe, de leur religion, etc. Que cela veut dire que c’est quelqu’un qui pense et tient à ce que l’on pense en classant, hiérarchisant, discriminant les êtres humains.

    Ce qui fait alors que ce quelqu’un m’est profondément antipathique (et je n’en suis pas plus fier que ça pour autant. Mais j’avoue que je dors mal au milieu de gens qui prétendent ainsi juger définitivement de ce que je dois être, et de ce que doivent êtres mes semblables).
    Je ne le traiterai pas de "nazi" pour autant (ce serait stupide) – même si ses pauvres idées peuvent ressembler furieusement à celles que promouvait le NSDAP -: il me suffit amplement de savoir qualifier une prose antisémite, homophobe, sexiste, raciste, etc, lorsque j’en croise une. Et ça n’est pas contre-productif. C’est bien là seulement le minimum requis pour savoir de quoi l’on parle

    Dire que la pensée d’un tel homme est ouvertement hostile et mortifère, qu’elle procède d’une soumission au Pouvoir, et d’un minimum de refus de penser, ça n’est évidemment pas dire qu’il est bête, ou qu’il est un "sous-homme". Il faut vraiment ne parvenir à penser qu’en termes de hiérarchies, ou tenir à se montrer de mauvaise foi pour aller prétendre ça!
    C’est simplement nommer, qualifier l’emploi très particulier, et très servile, très soumis, très misanthrope aussi, qu’il fait ouvertement, publiquement, de ses facultés. Cela peut assurément lui déplaire, surtout s’il s’était imaginé tenir des propos contraires, ou s’il avait escompté que personne ne s’apercevrait de leur teneur. Mais ce déplaisir est assurément son problème. Comme c’est le problème de chacun de choisir ou non de prendre la responsabilité d’exercer sa faculté de discernement, et de critiquer des propos publics. Au risque de se tromper (quelle horreur!), et e devoir se rendre à un argument.

    Si ça embête notre homme qu’il se trouve des méchants pas gentils pour faire remarquer que ses propos antisémites sont tels, que ses propos sexistes sont des propos … sexistes, etc; eh! bien, que ne s’efforce-t-il pas d’apprendre à ne plus dire ce genre de sinistres bêtises et à ne plus essentialiser aussi lamentablement ses semblables? Prétendre en la circonstance qu’il serait victime de « censure » parce que c’est plutôt mal vu de nos jours de tenir de tels propos, c’est évidemment choisir de vider ce mot de son sens, et le mettre au service d’une conception purement politicienne et grossièrement opportuniste de la pensée politique, réduite à la visibilité médiatique, à des étiquettes, à une question de communication. Il ne faut pas nuire à l’image du Penseur !

    Je ne suis pas un représentant de l’Etat, je ne suis pas une personnalité, une figure morale, médiatique, que sais-je ? Je suis un anonyme, mais j’ai appris aussi que j’avais comme tout un chacun un peu de jugeotte, qu’à m’en servir, je courrais surtout le risque de devoir la confronter à celle d’autrui, et que la valeur d’une pensée ne se mesurait pas à son auditoire.

    Et si je dis ici, exemple à l’appui, que Monsieur Chouart – je n’ai pas tenu à m’infliger plus avant d’une prose aussi pathétiquement laborieuse, permettez donc que j’en reste donc à ces considérations-là – méprise grossièrement la question sociale du racisme, la minimise, la dépolitise jusqu’à prétendre grotesquement en faire, quand il prétend la reconnaître, et sans rire, une simple question de santé mentale, j’ai certainement, pour ses amis, le très grand tort de venir mettre en évidence l’une des considérables faiblesses – c’est un euphémisme – de ce qui lui tient lieu de pensée politique, et leur propre complaisance pour une telle indigence.
    Certains peuvent donc choisir, plutôt que de revoir leurs prétentions à penser quelque chose, de m’en vouloir, je n’aurai pas l’innocence de m’en étonner. C’est le jeu habituel de la politique politicienne, avec ses figures de proue, ses petits timoniers, ses têtes de gondoles, sa médiocrité et son anti-intellectualisme permanent, et tous ses suiveurs qui défendront mordicus la gloire du chiffon auquel ils se sont ralliés. Peu leur importe jamais que leur Roi soi nu, haro sur ceux qui auront le front de le dire !

    C’est aussi un jeu que je ne joue pas.

    Je suis navré de devoir le dire, mais la pensée politique de Monsieur Chouart (comme celle de tout bon politicien ou médiatique qui se respecte) est manifestement très pauvre, très sommaire. Et son expression est bien laborieuse, mais peut-être est-ce un artifice médiatique:un moyen de flatter un certain anti-intellectualisme, justement?
    Peut-être devrait-il lire plus? Après tout, 1500 livres de travail, ça n’en fait pas tant que ça. Il se peut qu’il y en ai parmi eux quelques-uns de bons, mais comment en être sûr ? Et, au vu de la médiocrité des résultats, comment savoir si même il a su les lire, si l’emploi qu’il en fait leur rend justice ?
    Mais après tout, cette pauvreté et cette confusion semblent lui garantir, comme à d’autres, une audience certaine, qui y trouve peut-être à boire et à manger, et qui vis très bien, sur un banal mode complotiste et victimaire, qu’on lui fasse remarquer que la pensée de son petit chef charismatique ne vaut tout de même pas tripettes. Peut-être doit-il s’en tenir là ?

    Mais autant vous faire tout de suite à l’idée que le « socialisme des imbéciles » a heureusement fait son temps, que si la société est encore structurellement raciste, ou homophobe, elle ne saurait depuis quelques décennies au moins s’afficher et se revendiquer telle, et que même si cette même société est encore profondément et institutionnellement sexiste, des féministes ont conquis un peu d’accès à la parole, et refuseront de taire ce qu’elles ont à en dire; et qu’il se trouvera aussi des hommes blancs et hétérosexuels à avoir l’esprit assez ferme pour leur donner raison.
    Qu’en conséquence de quoi, les propos sexistes, racistes, homophobes, antisémites et j’en passe, s’ils sont sûrs de flatter et réjouir certains des esprits les plus serviles : de ceux qui aiment tant que l’on répète tout haut ce qu’ils aiment à penser bassement ; ne peuvent toutefois plus passer inaperçus.
    Les temps sont durs, mais on peut encore essayer d’y penser et de parler, de nommer et de qualifier ce que l’on y rencontre. Les temps sont donc parfois durs aussi pour bien de ces petits personnages publics, plus ou moins médiatiques, qui n’aiment rien tant que flatter leur auditoire et se faire une petite situation dans l’impuissance et la gesticulation politicienne. C’est qu’il arrive que la teneur de leurs caresses soit nommée.
    Et ils sont aussi durs, heureusement, pour tous ceux qui ont la très grande lâcheté intellectuelle, la très grande veulerie, la très grande servilité – car c’est tout cela qu’il s’agit – de se convaincre, et de prétendre, qu’il y aurait des armes pour défendre, disons, une conception de la société humaine fondée sur l’égalité et la liberté de chacun, à aller prendre chez quelques amateurs de contrôle et d’inégalités que ce soit, au prétexte du grand nombre comme de la visibilité médiatique de ces derniers.

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  75. smolski
    smolski dit :

    ""Si quelqu’un est xénophobe, ou sexiste, ou antisémite ", eh! bien, il me semble que cela veut simplement dire que c’est quelqu’un qui prend parti pour la justification et la perpétuation du mépris de l’humanité de ses semblables au prétexte de leur nationalité, de leur sexe, de leur religion, etc. Que cela veut dire que c’est quelqu’un qui pense et tient à ce que l’on pense en classant, hiérarchisant, discriminant les êtres humains."
    Et au contraire, si quelqu’un donne un bonbon et invite à faire un petit tour, il est fondamentalement gentil ? 🙂

    Je ne suis pas pour la classification des êtres de ce monde.
    Chacun est une entité unique et reste dépositaire de cette unicité à part entière.

    Partager des relations avec plusieurs personnes implique de se trouver confronté à chercher une explication plutôt qu’une opposition aux points de vue de chacune d’elle, sans globaliser l’affaire en prétendant qu’elles sont tout simplement trop connes pour être entendues sur ces points.
    Cela peut aussi s’appeler de la tôlérance, mais bon, c’est aussi un pretexte à démission, sauf à considérer la personne avérée dans ses intentions plutôt que d’en supposer le but d’après soi.

    À mon avis, rechercher de la maladie mentale dans les faits de discriminations sociales cela procède d’une intention pour en éclaircir un aspect selon un point de vue personnel et non d’en minimiser les contraintes subies ou d’en partager sournoisement la conviction.

    On peut entendre que dans ses résultats cette recherche ne soit actuellement peu ou pas convainquante, mais beaucoup moins qu’elle est d’office intentionnellement nuisible comme on pose un anathème religieux !

    Répondre
  76. John
    John dit :

    « On peut entendre que dans ses résultats cette recherche ne soit actuellement peu ou pas convainquante, mais beaucoup moins qu’elle est d’office intentionnellement nuisible comme on pose un anathème religieux ! »

    Et inversement, disons-le puisque nous sommes libres maintenant !

    Répondre
  77. Martin Scriblerus
    Martin Scriblerus dit :

    @Smolski

    En fait d’anathème, le diagnostique de "maladie mentale" se pose là!

    Prétendre expliquer, au XXIème siècle, une pensée politique (marginale ou pas) par la "maladie mentale" a dans le meilleur des cas quelque chose de tout simplement ahurissant d’inconséquence (ou d’ignorance); s’il ne s’agit pas d’une intention délibérée (et certes étonnamment peu adroite, mais en politique, la médiocrité est aussi un avantage, et les citoyens ont la mémoire courte et confuse) de dépolitiser une question – ici, celle du nationalisme et des rapports de domination de race: des rapports entre les êtres humains encore institutionnels aujourd’hui, des rapports hérités en droite ligne du fait colonial et du colonialisme, qui n’étaient pas seulement le fait de malades mentaux.

    Le moins qu’on puisse dire de monsieur Chouard, c’est qu’il traite par un mépris des plus grossiers la parole des personnes racisées, (c’est à dire, des personnes qui se trouvent infériorisées au prétexte de qualités essentielles prêtées à leur race, à leur ethnie, à leur nationalité ,dans un système de rapports de domination); comme il traite par le mépris la réflexion politique sur les rapports de domination de race. Qu’il entend ouvertement en minimiser, en nier la réalité comme phénomène sociaux, comme système au sein duquel nous sommes tous pris, pour la ramener généreusement à quelques cas pathologiques particuliers; et qu’au contraire, il traite avec complaisance et bienveillance les propos de certains défenseurs avérés de ces mêmes rapports de domination, de certains amateurs de racisme, au prétexte estomaquant que ces gens ne tiennent pas en permanence et seulement des propos racistes, qu’il leur arrive de parler d’autre chose, qu’en plus ils sont un certain nombre, et que sur le nombre, certains pourraient peut-être avoir une idée pertinente et même subversive, mais sur une autre chose, pour peu qu’on la considère séparément – la domination économique, l’assujettissement politique: qu’il serait donc une erreur politique de se priver de cette idée!

    L’argument est singulièrement faible, pour rester poli, et ouvertement orienté dans le sens de ces rapports de domination, du côté des dominants, du côté des plus forts parce qu’ils se trouvent en position de force.
    C’est aussi un argument fortement démissionnaire: intellectuellement, c’est de la lâcheté, une forme de chouardise, en quelque sorte. Qui revient à dire: pourquoi ne pas laisser nos amis racistes penser avec nous la domination économique? Après tout, le racisme, il n’y a guère que les noirs et les arabes pour s’en plaindre, l’antisémitisme, c’est un truc de juif: on voit bien que tout ça, c’est communautarisme et compagnie, tandis que le manque de fric et l’absence de représentation politique, ça, c’est universel.

    Parce qu’il se trouve que ceux qui tiennent des propos que l’on peut qualifier de racistes ou xénophobes ne parlent pas exactement dans le vide. Ils ne parlent pas dans un contexte neutre où ces termes ne rencontreraient pas leur concrétisation à tous les coins de rue sous la forme de faits observables et constatables par tout un chacun. Tout au contraire, ils sont proférés dans un pays qui a une histoire coloniale récente et très mal digérée, un pays qui publie annuellement le chiffre des reconduites aux frontières, où les réalités sociales montrent que, si l’on veut connaître des conditions de survie pas trop déplorables, et lorsque l’on rencontre les forces de l’ordre, il vaut mieux s’appeler Etienne ou Simone que Kader, Aïcha ou Moussa. Un pays où la stigmatisation des Roms et des musulmans – cette mauvaise religion d’étrangers – est un jeu médiatico-politique permanent, et j’en passe. Un pays où le Pouvoir politique – pour le moins, médias et politiciens – font toujours le choix de prendre au moins en compte avec une grande prudence , sinon de flatter, les états d’âmes de ces bons français qui trouvent qu’il y a tout de même trop d’étrangers, et que leurs communautarismes, c’est mal – sauf le communautarisme des bons français, mais celui-là, on le nomme identité nationale.

    Le moins qu’on puisse dire, c’est que ceux qui s’abreuvent aux propos d’Etienne Chouard sont enclins à trouver, eux aussi, lorsqu’on évoque cette posture très orientée, qu’il ne faudrait tout de même pas "jeter d’anathème sur les racistes". Mais ce refus mène assez vite à devoir renoncer à penser le contexte, de rapports matériels de domination de race au sein duquel le discours raciste ne s’inscrit que pour le justifier: puisqu’on ne peut penser ce contexte sans rencontrer et nommer, à un moment ou un autre, les idéologies qui s’efforcent de justifier ces rapports de domination, de justifier en l’exprimant la haine, le mépris et le déni d’humanité des dominants pour les dominés.

    Quand Chouard nie la pertinence qu’il y a à penser des rapports de domination qu’il se trouve justement ne pas à devoir subir lui même comme dominé, il se trouve, naïvement ou pas, parler exactement comme un "bon français", au sens, me semble-t-il, où Agnès Maillard l’entendait: ces bons français d’ici, ces souchiens qui ignorent ce que signifie de subir au quotidien d’être traité en étranger, en noir ou arabe, ces bons français hétérosexistes qui ignorent l’homophobie parce qu’ils la pratiquent et ne la subissent pas, ces bons français qui se demandent si les juifs ne seraient tout de même pas un peu intéressés par l’argent et le pouvoir, ces bons français machos qui jugent les féministes hystériques et qui ne veulent rien savoir des raisons politiques de ces phénomènes concrets. En refusant de penser politiquement ces rapports de domination (sinon sous la forme, risible, de son expertise psychiatrique), il se garde certes bien d’aller les justifier trop ouvertement lui-même: mais c’est bien parce qu’il se trouve s’y inscrire lui-même comme dominant qu’il peut se permettre de nier la nécessité de devoir les penser, (comme tant d’hommes trouvent que les féministes se trompent de combat, et se permettent de le leur dire, et de venir leur expliquer ce qu’elles devraient faire à la place – les féministes, qui comme tous les dominés luttant contre l’infériorisation qui leur est faite, ne manquent pas d’humour, appellent cela une "mecsplication")
    C’est seulement en raison de sa position de dominant – homme, français, blanc – dans les rapports de domination de race et de sexe qu’il peut ainsi prétendre grotesquement voir l’universalité de la condition humaine à sa porte, et prétendre à cet archaïsme philosophique: se trouver en position de penser "objectivement" la réalité politique.

    Seulement, son propos, naïf ou pas, est bien plus fortement marqué qu’il ne se l’imagine par la place depuis laquelle il est proféré: un tel credo s’inscrit benoîtement dans les rapports de domination existant, et concourt à les renforcer.

    Mais il se trouve qu’un CSP n’éprouve guère plus la nécessité de devoir penser en profondeur les rapports de domination autres que la domination économique, et de questionner sa propre idéologie comme les conséquences de sa propre position matérielle à ce sujet. Il lui a suffit d’être déjà antiraciste.

    Les deux s’estiment assez similairement et magiquement au dessus des réalités: l’un parce qu’il serait radicalement "de gauche" et antiraciste, l’autre parce qu’il serait radicalement démocrate; tous les deux depuis la même position de dominant.

    Et cette fois-ci, je n’y reviendrai plus.
    Pour paraphraser James Baldwin, j’ai aussi une vie à vivre, et si je puis parfois prendre le temps comme je l’ai fait ici d’exposer longuement des arguments et de réagir, il n’en reste pas moins qu’accepter ou refuser de penser, c’est d’abord l’affaire de chacun.

    Répondre
  78. smolski
    smolski dit :

    En tout cas, merci de tes interventions Martin.

    Dans les extraits qui sont proposés sur ce blog, je ne lis jamais que chouard prétend à minimiser les faits de pouvoir, domination et obéïssance confondus comme vous l’indiquez ici :
    "il traite par le mépris la réflexion politique sur les rapports de domination de race. Qu’il entend ouvertement en minimiser, en nier la réalité comme phénomène sociaux, comme système au sein duquel nous sommes tous pris"

    Je ne lis cela nul part de lui-même, je n’y vois que des déductions faites par ses détracteurs pour l’établir.
    Il propose seulement (avec ma piètre connaissance de ses travaux) d’ajouter à toutes les reflexions en cours sur le pouvoir celle d’une pathologie psychologique et il axe sa recherche sur cette option ajoutée à toutes les autres.
    Ajoutée et ne réfutant rien des autres constats établis, politiques moraux et tout l’toutim…

    En vrai, on ne peut pas toujours courir tous les lièvres à la fois et il peut paraître opportun pour quelqu’un de privilégier une recherche personnelle sur le choix d’un axe raisonnablement envisageable bien que frappé de divers tabous. Voire à cause de ces tabous même. Il en tire d’ailleurs lui-même l’aspect lorsqu’il dit qu’il est censuré dans la conduite et l’expression libre de cette recherche, recherche que je constate également qu’on la réfute ici aussi sans la débattre pour ce qu’elle se propose d’être.

    Maintenant, si cette recherche peut servir davantage aux fascistes qu’aux libres penseurs, c’est du domaine du fascisme de l’imaginer et pas du chercheur de le croire.
    Marie Curie a concourut directement à la connaissance de la radio activité, cela ne fait pas d’elle une personne attachée aux liberticides et aux homicides qui se sont perpétrés avec cette radio activité.

    Un autre aspect (bien que…) plus directement atttaché à vos interventions Martin, c’est à propos de l’utilisation d’un langage de pouvoir qui peut mener à sa justification contre ses victimes.
    Ne pourrait-on proposer qu’un langage victimaire peut lui aussi concourir à la justification du pouvoir ?
    Que la dissimulation du sens de ces langages opposés dissimuleraient de fait toutes les raisons d’une alternative à l’un comme à l’autre ?

    « Le pouvoir et l’obéïssance participe de la même jouissance. »

    Répondre
  79. saxo
    saxo dit :

    Bon, bon, bon.

    Martin,

    Sur ta critique des propos antisémites \ racistes \ homophobes \ sexistes \ etc…, qu’y a-t-il à redire?

    Bien sûr qu’ils sont condamnables.

    Et c’est pas la foi qui me fais partager ce sentiment, mais un réel attachement à l’égalité, et une véritable aversion pour les "préjugements".

    Maintenant, les individus qui sont le véhicule de ces "valeurs" sont pour la plupart pilotés par la peur.

    Peur de l’autre (avant tout), peur de l’étranger, peur de perdre ses privilèges, peur de perdre ses repères, peur du chaos, peur du vide, peur de la dissemblance, peur de perdre son emploi, peur de perdre son pouvoir d’achat, peur de la mondialisation, peur de perdre son identité, peur de perdre sa virilité, peur du changement, peur de la pauvreté, peur de l’autorité publique (et j’en passe)…

    Ceux (les politiques) qui utilisent ces peurs pour les entretenir et en faire leur fond de commerce, sont peut-être méprisables (bien qu’ils n’agissent finalement qu’en politiques, si c’est méprisable, ce n’est pas très surprenant).
    Mais peut-on reprocher à quelqu’un d’avoir peur? Tout être humain non entièrement psychanalysé (et même les psychanalysés) véhicule des peurs qu’il ne sait même pas forcément reconnaître. Et ces peurs sont le fruit d’une construction sociétale (et individuelle) bien antérieure.

    Éprouver de l’antipathie, ou une certaine aversion vis à vis de quelqu’un parce qu’il tient des propos racistes\sexistes\antisémites\homophobes etc…, c’est (selon moi) ne pas dépasser ses propres peurs, sa peur de la peur, finalement.
    Opposer la haine et le mépris à ces peurs primales n’aidera en rien à les éradiquer de la société. A mon avis, il faut soigner le malade, pas lui enfoncer la tête sous l’eau, sinon, c’est se comporter en malade soi-même.

    Ps. Je viens de lire la réponse que tu as faite à Smolski. Ton analyse du rapport dominant\dominé (pertinente) ne change rien à mon propos. Si ce n’est que je peux ajouter à ma liste de peurs, la peur de perdre son rapport de dominant.

    ….

    Deuxième remarque, pour ce qui est d’Etienne.

    Je ne partage pas ton jugement. Mr Chouard fait le buzz sur le net en 2005 en dénonçant le TCE comme antidémocratique.
    A l’époque, Il dit directement qu’il ne fera pas de vieux os en politique, que son truc c’est le vol à voile.
    Ensuite, fort du retentissement qu’a eu son papier, il consacre beaucoup de son temps à essayer d’établir une constitution citoyenne (ou au moins une méthode pour arriver à en pondre une). Tâche effectuée de manière passionnée sur son blog.
    J’y ai notamment découvert le principe de démocratie par tirage au sort, super intéressant. On peut être anarchiste et refuser toute forme de pouvoir. Il n’empêche que l’approfondissement de la question du pouvoir et des contre-pouvoirs, en collaboration avec tous les intervenants, qu’il propose est très enrichissant.

    Tu as tout à fait le droit d’y voir ce que tu veux, de trouver ça pompeux, inintéressant et de t’endormir en lisant son boulot. C’est un travail de chercheur, bien plus qu’un travail de politique. Perso, j’ai plein de respect pour le travail qu’il a fourni.
    De là porter un jugement négatif et méprisant dessus (ton deuxième paragraphe, dans la réponse que tu m’adresses)… Je te trouve bien péremptoire (et dominateur pour reprendre ta terminologie).

    …..

    Concernant les errements supposés de Mr Chouard, et ses accointances douteuses avec l’extrême droite, je reste sceptique.

    J’ai lu l’extrait et l’analyse de Laffreux publié par DD (post 83). La seule chose que j’y lis (je n’y lis peut-être que ce que je veux y lire, ceci dit), c’est un refus manifeste de condamner, de juger, de haïr autrui dès lors qu’il manifeste une des peurs que j’ai spécifiées ci-dessus, et il s’en explique. Sa démarche est proche de la mienne (intellectuellement).

    Est-ce une démarche de dominant? de blanc mâle hétéro n’ayant pas subi de "racisation"?
    Non (selon moi). C’est un peu facile de réduire la parole d’autrui, précisément en le "racisant" justement!

    C’est plus le refus viscéral de la haine, et même de la haine de la haine.
    J’ai bien saisi que tu ne transigeais pas avec le racisme. Mais il y a une nuance entre le racisme et les racistes.
    C’est mal dit. Pour le dire autrement (et prendre une autre image), je suis anticlérical, mais ce sont les religions que je combats, non pas les religieux (qui ne sont finalement que des victimes de ces religions).

    Répondre
  80. Fred., de L.
    Fred., de L. dit :

    Je dois avouer mon étonnement total en constatant la fixation qui est faite sur Chouard. C’est donner beaucoup d’importance à une personne dont les faits d’armes les plus consistants remontent à 2005…

    "On" joue avec les sujets qu’on se sent capable d’appréhender. Et visiblement, certains sont (très) petits bras.

    Répondre
  81. chb
    chb dit :

    Refuserai-je d’entériner la chasse aux sorcières, attitude pourtant nécessaire pour rester socialement acceptable ? Ou oserai-je examiner les faits, les idées, d’une façon plus empathique ?
    Bon courage dans les affres de ce difficile examen. Car c’est délicat, de verser dans l’apologie d’idées partagées par des gens qui connaissent (voire fréquentent!) des sorcières “brun-rouge” et des diables conspirationnistes. Ostracisme assuré.
    Petite contrepartie : en s’affranchissant des Antifas Canal Hystérique, on gagne le droit de critiquer un peu plus commodément (?) les errements récurrents de nos gouvernants.
    De là à dire qu’on s’enfonce dans une pensée unique… pas sûr, car en dehors du mainstream, c’est chacun pour soi : les étiquettes « anti américain primaire », « facho », et autres joyeusetés ne définissent pas une tribu ni une une typologie. A peine a-t-on soupiré d’aise en croisant une sentence judicieuse (il pense comme moi, je ne suis pas tout seul) que redémarre la polémique.

    Répondre
  82. le journal de personne
    le journal de personne dit :

    A qui appartient ce pays qui est le mien ?
    Je n’ose pas dire : à moi, même si ça va de soi
    La France… parce qu’il s’agit bien de la France
    La France appartient aux français
    A tous ceux qui ont la veine d’avoir du sang français
    Qui coule dans leurs veines
    A tous ceux qui sont nés sur le sol français
    Même si leur sang n’est pas de la même veine
    Mais aussi et surtout et par dessus tout
    La France appartient à ceux qui aiment la France
    Il n’y a pas que le droit du sang et le droit du sol
    Pour dire qui a tort, qui a raison
    Il y a aussi et surtout et par dessus tout
    Le droit du cœur…
    Car le cœur a ses droits que la raison ne connait pas
    La France appartient à ceux qui aiment la France
    Même s’ils n’y sont pas nés
    Même s’ils n’ont pas les gènes appropriés
    Leur parti pris suffit pour les déclarer français
    Les couches, les souches et sa majesté les mouches n’y changeront rien !
    La France appartient à ceux qui aiment la France
    Parce qu’avant d’être un bien… la France est un lien
    Un lien avec un coin du ciel
    Qui nous rend ce morceau de terre si essentiel
    Ou devraient couler le lait et le miel
    Pour tous ceux qui l’aiment avec ou sans complément circonstanciel
    Mais comme il n’y a pas d’ordre sans distinction distinguons:
    Parmi les gens qui se posent la question
    En premier, il y a les français qui aiment la France
    En deuxième, il y a les non-français qui aiment la France
    En troisième, il y a les français qui n’aiment pas la France
    Et en quatrième, il y a les non-français qui n’aiment pas la France
    Seuls les deux derniers sont étrangers à notre assentiment
    Pour tous les autres, la porte est grande ouverte
    La porte de France, sur le fronton de laquelle, il est inscrit :
    La patrie de ceux qui veulent en faire partie…
    http://www.lejournaldepersonne.com/

    Répondre
  83. smolski
    smolski dit :

    En premier, il y a les français qui aiment la France
    En deuxième, il y a les non-français qui aiment la France
    En troisième, il y a les français qui n’aiment pas la France
    Et en quatrième, il y a les non-français qui n’aiment pas la France

    Ah ben, on en tient un bon là !
    LOL

    Tu te sens pas trop seul sur la poussière qui te constitue des fois ?

    Répondre
  84. herve_02
    herve_02 dit :

    En fait, moi j’ai fini par réaliser que cela ne sert à rien…. de perdre sont temps a argumenter. Le pouvoir à fait son oeuvre avec intelligence, et il y a tellement de sous-groupe d’exploités qu’il est virtuellement impossible d’opérer un rassemblement tellement il y a de personnes qui seront contre toi pour un point de détail tellement insignifiant que tu as une folle envie de les claquer.

    D’ailleurs il n’est que voir le résultat des élections : les exploités ont voté normal premier qui fait la même chose que nabo premier : élu sur un titre car il est impossible de se faire élire sur une idée. La seule chose que internet et les forums peuvent apporter c’est une peu de "chaleurs humaines" pour ceux qui n’ont pas de vie sociale irl mais rien d’autre : cela ne changera rien du tout. Le peu de connaissance qu’il peut apporter sera toujours superficiel si l’exploité ne va pas continuer seul ailleurs dans la vraie vie avec une vraie personne qui peut lui expliquer.

    Je suis passé de droite à gauche à anarchiste, et j’en arrive à punk (mais sans chien) avec "no futur". malheureusement la seule chose capable de rassembler la foule des exploités est la violence, mais nous savons tous qu’elle ne sera pas tournée contre les bonnes personnes. Alors il ne resterait donc que des groupuscules terroristes comme action directe ou les brigades rouges ou la bande à badher pour un changement ? mais même ça ça ne peut pas changer car le pouvoir arrive très bien à gérer ces cas isolés de "terrorisme". Alors quels espoirs ? je ne sais pas : ma réponse est de faire un pas de coté et de laisser filer, vivre sa vie le plus tranquille possible avec quelques amis et se laisser vivre tranquillement jusqu’à ce qu’il soit temps de quitter ce monde.

    Répondre
  85. smolski
    smolski dit :

    "vivre tranquillement jusqu’à ce qu’il soit temps de quitter ce monde"
    Cela n’empêche pas de s’efforcer à vivre de la manière la plus digne et la plus respectueuse de ce qu’on croit être nous-même en partage avec tous ?
    😎

    Répondre
  86. herve_02
    herve_02 dit :

    oui mais vivre digne n’a aucune incidence sur son environnement.

    Je n’ai besoin de personne pour vivre dignement, je n’ai besoin de convaincre personne.

    Répondre
  87. smolski
    smolski dit :

    "Je n’ai besoin de personne pour vivre dignement"
    Au contraire herve_02, il me semble que la dignité et le respect qui nous maintiennent sont directement en incidence avec notre environnement parce qu’ils ne prennent de sens qu’en partage.
    Comme la faculté du langage qui bien qu’inné en l’humain n’a de sens qu’entendu « distinctement » avec autrui.

    "je n’ai besoin de convaincre personne"
    Oui, et donc de partager ce n’est pas de prendre ou de donner mais d’acquérir mutuellement en toute liberté.

    Répondre
  88. Antoine Block
    Antoine Block dit :

    @herve_02 (com.101) :

    "Alors il ne resterait donc que des groupuscules terroristes comme action directe ou les brigades rouges ou la bande à badher pour un changement ? mais même ça ça ne peut pas changer car le pouvoir arrive très bien à gérer ces cas isolés de "terrorisme"."
    Oui, les groupuscules violents sont totalement contre-productifs parce qu’ils fournissent au pouvoir la menace dont il a besoin pour justifier la répression et la restriction des libertés individuelles. Rien de tel que la peur pour pousser le citoyen lambda dans les bras épais de la réaction. La peur peut être celle du chômage et du déclassement, celle du terrorisme, celle du voile et du hallal, etc. Mais la peur d’une extrême gauche violente, c’est vraiment du pain béni. C’est d’ailleurs parce qu’ils en ont pris conscience que ces groupuscules ont renoncé à l’action directe.

    Répondre
  89. smolski
    smolski dit :

    herve_02 post# 101
    "Alors quels espoirs ? je ne sais pas : ma réponse est de faire un pas de coté et de laisser filer"
    Effectivement, il n’y a que des oppresseurs pour proposer des réponses communes définitives. LOL

    Le développement des communications permettent la libérisation des personnes en les enrichissant de chaque initiative individuelle hors du contexte des situations personnelles.
    Communiquer c’est partager, ce n’est pas instruire, contrairement aux médias de masse, écoles, pub, télé et autres radios qui visent elles à nous convaincre en dérogeant ainsi aux principes de notre liberté individuelle.
    Chacun s’instruit comme il l’entend, maître et élève sont des équivalences et personne n’a le droit de s’en arroger le pouvoir absolu sans conduire à l’ignorance de tous.

    Répondre
  90. rirrirara
    rirrirara dit :

    Je vous trouve bien sectaire . Pourquoi diaboliser cette pauvre femme qui se trouve "bonne française", c’est idiot de sa part mais si on se met à sa place on peut comprendre qu’elle soit déboussolée .
    Elle doit savoir dans son fort intérieur que les Hommes ne sont pas tous bons . Déjà elle a du mal à reconnaître les"bons" des "mauvais" "blancs" (avec beaucoup de guimets"pour blancs mais ça doit être comme ça qu’elle pense)
    Alors on lui remet une couche avec des gens venus de très, très loin , qui n’ont pas les mêmes codes sociaux, etc .
    Changer le monde ce n’est pas applaudir des deux mains quand on bouleverse les vies pour la grande satisfaction du Grand Capital .
    Toute la planète subit les projets absurdes du nouvel ordre mondial et ce n’est pas en tapant sur des gens angoissés de perdre leurs repaires que vous allez réunir les peuples .
    Réunir les peuples avec toutes les différences: des Indiens heureux d’être Indiens , des Kénians heureux d’être Kénians etc. Et non pas malheureux de ne pas ressembler à des Américains ……

    Répondre
  91. Sombre Hermano
    Sombre Hermano dit :

    Bon, voilà, voilà, j’arrive bon dernier pour les commentaires mais j’ai pas le temps de tout lire. Désolé Agnès mais tout ç a pour te dir que ce billet répond à des questions que je me pose depuis un bon moment
    "Je connais suffisamment Étienne Chouard pour savoir qu’on ne peut le soupçonner de connivence de près ou de loin avec des remugles idéologiques moisis ancrés dans la xénophobie ou le fascisme. Étienne est profondément démocrate, profondément humain et il fait partie, comme moi et comme d’autres, de ce courant de pensée qui considère que la lumière naît du choc des esprits, qui ne néglige aucune piste, aucun apport, aucun échange, qui ne se complaît pas dans l’entre-soi et l’autocongratulation."
    Oui, je ne comprends pas les cris de vierges effarouchées que poussent certains quand on mentionne Etienne Chouard. J’ai fait la connaissance de cet homme en 2005 (enfin cyber-connaissance) lors du référendum sur le traité proposant une constitution européenne. J’avais initié une action sur un site tombé aujourd’hui en désuétude : barbarie point org (une action par jour contre la barbarie) mais je ne retrouve pas le lien sur le site.
    Tout comme je ne comprends toujours pas les cris d’orfraie à l’encontre de Noam Chomsky taxé régulièrement de confusionniste et de rouge-brun sous-prétexte que dans les années 80 il "aurait fréquenté un négationniste patenté nommé Robert Faurisson :
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Robert
    Bon très bien me direz-vous mais le monde ne nous a pas attendu pour changer perdus que nous étions dans nos petites querelles de clochers politiques. Le réveil fut très brutal en 2007 à la faveur de l’élection présidentiel puis dans les années qui suivirent où nous découvrions l’étendue des dégâts du néolibéralisme. il y eut pourtant des lanceurs d’alerte comme Viviane Forrester avec son essai intitulé "l’horreur économique", la crise en Argentine de 2001, les grandes grèves de mai juin 2003 contre les retraites à la sauce Fillon sous la présidence de Chirac, les soubresaut de "l’Empire" (je mets des guillemets, hein, je pourrais bien passer pour un conspirationniste) avec les gouvernements Bush junior et les lamentables expéditions guerrières en Afghanistan et en Irak, etc … etc …
    Pas plus tard qu’une semaine, je poste sur un rézosocial dont je préfère taire le nom (parce que il y a aussi des gens bien) un troisième volet du documentaire de Paul Grignon, l’argent dette. je savais que le bonhomme n’était pas en odeur de sainteté surtout par ses théories économiques qui disait-on dans les milieux experts ne tenaient pas trop la route. Mais non, ce n’est pas pour ça qu’on m’a "attaqué" (gentiment, hein, il est vrai) mais parce que son oeuvre était complotiste, antisémite et anti-maçonnique. Gasp ! me dis-je, aurais-mal regardé, écouté le documentaire ? Je fais part de mon étonnement à mon contradicteur. Et là, j’apprends que c’est principalement à cause de l’apparition de symboles comme la pyramide tronquée (maçonnique) et la pieuvre (complotisme contre la "juiverie internationale").
    je dois dire que j’ai préféré ne rien dire sur le coup, me contentant d’une réponse courtoise à mon contradicteur car je suis un brin cyclothymique avec une tendance à partir rapidement en vrille quand je lis ou j’entends des absurdités. Pour l’instant, je me documente. Mais pour conclure, il faudra un jour qu’on se saisisse du problème et qu’on crève l’abcès entre nous, les gens de la "gauchosphère" pour arriver à une discussion sereine même si il doit y avoir des contradicteurs. Ce sera mieux que de s’envoyer des noms d’oiseaux à la figure ou que d’attribuer des "points Godwin", ces fameux petits amuse-gueule qui circule sur le Réseau comme la viande chevaline dans l’Union Européenne. Mais naaan, ch’fais pas d’amalgame douteux. Allez, bon appétit, camarades 😉

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  92. Sombre hermano
    Sombre hermano dit :

    Bonjour à tous, bonjour Agnès !

    "Mais pour conclure, il faudra un jour qu’on se saisisse du problème et qu’on crève l’abcès entre nous, les gens de la "gauchosphère" pour arriver à une discussion sereine même si il doit y avoir des contradicteurs. "

    Je viens de lire tous les commentaires ce matin de bonne heure (j’avais déjà suivi quelques liens hier soir proposés en illustrations des propos ). Pas mal du tout, la lumière commence à se faire dans ma pauvre tête de paysan mal dégrossi. La controverse sur E. Chouard me semble mieux fondée à présent. C’est vrai que notre homme (si on se fie à ce que disent certains ici) a de quoi déconcerter par ses accointances et ses propos. Je ne pense pas que Chouard soit un fasciste mais plutôt qu’il pêche par ignorance et désinvolture. Quand on commence à fréquenter ces gens-là, il faut s’armer d’une grande rigueur intellectuelle sinon ils vous mangent tout crus.
    Et ce n’est pas parce que certaines de leurs idées rejoignent les vôtres qu’il faut leur prêter allégeance. Dites-vous que leurs desseins sont diamétralement opposés aux vôtres. Je pense que ce qui sera toujours le socle commun de toutes les (vraies) gauches, c’est la lutte des classes. Pas vraiment nouveau comme concept mais je ne trouve rien de mieux pour le moment présent.

    Désolé, je file : j’ai du taf.

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  93. smolski
    smolski dit :

    "Tout comme je ne comprends toujours pas les cris d’orfraie à l’encontre de Noam Chomsky taxé régulièrement de confusionniste et de rouge-brun sous-prétexte que dans les années 80 il "aurait fréquenté un négationniste patenté nommé Robert Faurisson :"
    Une interview de chomsky indique plus précisémment sa position :
    « Je suis contre la censure. Voilà pourquoi j’ai signé et signerai encore maintenant en faveur de la liberté d’expression de Robert Faurisson comme en faveur de quiconque la subit. »

    "Mais pour conclure, il faudra un jour qu’on se saisisse du problème et qu’on crève l’abcès entre nous, les gens de la "gauchosphère" pour arriver à une discussion sereine même si il doit y avoir des contradicteurs. "
    Il me paraît sain que nous confrontions nos notions individuelles de liberté plutôt que de nous noyer en commun dans un quelconque dogme.
    La résistance est d’autant plus efficace qu’elle trouve à se diversifier selon les circonstances subies.

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