Vuvuzela sociale

Sa Minusté est vraiment trop bonne : elle ne vient de nous voler que deux années de vie supplémentaires !


OubliéeEt voilà, la messe est dite : faudra se crever le cul deux ans de plus pour garnir les poches des exploiteurs… enfin, ça, c’est la théorie. Parce qu’en pratique, faudra surtout gratter deux ans de plus à la porte de Paul Emploi, demander l’aumône de quelques miettes de sale boulot pour une poignée de cacahouètes de plus tout en se faisant fliquer, rabrouer, montrer du doigt. Deux ans de plus à ramer, deux ans de plus à trimer, à subir, à s’user, surtout. Et tout ça pour quoi ? Pour une retraite tellement misérable qu’il faudra probablement la cumuler avec un boulot d’étudiant rien que pour pouvoir payer le loyer ou prier pour qu’une grosse vilaine incapacité physique vous sorte définitivement du circuit de l’angoisse et de l’exploitation.

C’est ça que vous voulez ?
Non, mais, franchement, c’est ça que vous voulez ?
C’est pour ça que vous vous levez tous les matins ?
C’est pour ça que vous élevez des gosses ?
C’est ça la société dans laquelle vous voulez vivre ?
Et c’est ça que vous comptez léguer à vos enfants ?
Une vie de labeur, de pauvreté, de peur, avec le tombeau ou le grabat comme seule échappatoire ?
C’est pour ça que vous avez vécu ?

Vous n’avez pas l’impression que vous avez assez avalé de couleuvres comme cela sur la foi de vagues promesses de lendemains plus rieurs ? Ils sont où, les fruits de nos sacrifices ? Ils sont où, les fruits de notre travail à tous, de tout ce temps, de toute cette énergie que nous déployons jour après jour depuis tant d’années ? Sommes-nous des humains ou des hamsters stupides qui tournent frénétiquement dans leur cage parce qu’ils ne savent plus rien faire d’autre ?

Parce que vous les croyez, quand ils disent que ce coup-ci, c’est bon, les retraites sont sauvées ? Vous les croyez encore ? Comme vous les avez crus pour toutes les autres réformes qui ont précédé, porteuses de la même promesse, de la même espérance, forcément démentie, forcément remise en cause, démontée, jusqu’au nouveau coup de canif dans le contrat social, comme à chaque fois, comme maintenant et comme demain.
Vous pensez vraiment que si vous fermez la gueule et faites le dos rond, ils vont s’arrêter là ? Est-ce que vous imaginez vraiment qu’ils ont une seule bonne raison de s’arrêter là, pendant que vous faites collectivement les moules devant vos boîtes à cons, à applaudir les milliardaires en short qui courent plus après les putes et les voitures de luxe que derrière un ballon ?
Non, mais franchement, vous y croyez ou c’est juste que vous avez attrapé une mentalité d’esclaves comme d’autres choppent un mauvais rhume en exposant leur cerveau disponible à des vents mauvais ?

Parce que je ne vais pas faire le prophète en vous annonçant qu’ils vont continuer à nous plumer comme ils le font depuis 30 ans en nous racontant strictement n’importe quoi ! De réformes en délocalisations, d’assouplissements en globalisation, c’est de notre chair, c’est de notre sang, c’est de nos rêves, c’est de nos vies qu’ils se repaissent avidement. Étape après étape, ils nous reprennent tout ce qu’on avait réussi à leur arracher de droits à une vie décente. Et il n’y a absolument rien pour les arrêter tant qu’ils n’auront pas sucé jusqu’à la dernière particule de moelle de nos os. Et quand bien même, ils trouveraient encore le moyen de faire de nos cendres et de celles de nos enfants des savonnettes ou de l’engrais, pour ne pas perdre une miette de leur précieux profit.

Maintenant qu’ils ont enfoncé un coin de plus dans notre droit élémentaire de ne pas crever dans la misère, vers quel autre acquis social vont-ils tourner leur petits regards de gorets avides ? Le SMIC, toujours trop cher, même s’il n’augmente presque plus, écrasé depuis des années sur une sorte de plancher de survie ? Les congés payés, tellement trop nombreux ? Regardez un peu les voisins, comme ils savent se contenter de moins ! La Sécu, les allocs, le droit du travail, l’éducation… Les niches sociales, on a manqué les oublier ? Le moteur grippé de la redistribution des richesses… parce que c’est de cela qu’il s’agit : récupérer, capter, détourner la richesse que nous produisons, l’accumuler, la capitaliser, la financiariser, jusqu’à ce que nous n’en ayons plus rien, plus une miette, nada. Alors, ils se battront entre eux, mais ça, on s’en fout, on ne sera plus là pour contempler l’étendue de leur médiocrité humaine absolue.

Rien ne les arrêtera. Aucun homme (ou femme) providentiel ne va se mettre en travers de leur chemin. S’il y en a eu qui avaient cette idée, ils ont déjà dû les acheter. Rien ni personne ne viendra nous sauver de leur voracité… sauf nous !

La loi du nombre.
Enfin de notre côté.
Parce que sans nous, sans notre résignation, sans notre monstrueux sentiment d’impuissance qu’ils cultivent depuis des décennies, leur plan merdique ne peut pas marcher.
Sans nous, pas de richesses !
Sans nous, pas de profits !
Sans nous, ils ne sont rien.

On ne parle pas là d’une gentille promenade de santé organisée par les syndicats bien proprets pour canaliser la colère légitime de ceux qui se font entuber chaque jour un peu plus. On ne parle pas là de la petite manif’ mensuelle, au parcours balisé, derrière une foutue sono qui vomit ses décibels pour que les organisateurs-bergers soient bien sûrs qu’aucun des moutons bien gardés n’aurait l’audace de gueuler un slogan de nature à réveiller les âmes engourdies. On ne parle pas là des parades dont les gens Du Château se gaussent en déclarant que ce qu’il y a de bien avec nos mouvements sociaux, c’est qu’ils ne dérangent plus personne… et surtout pas la bonne marche de leurs petites affaires.

Non, ce dont on parle, c’est d’un peuple qui prend son destin en mains.
C’est d’un peuple qui refuse de faire un pas de plus vers le précipice.
C’est d’un peuple qui se croise les bras et paralyse la machine à lui écraser la gueule dans la merde tout en lui pompant la substantifique moelle.
C’est d’un peuple qui se rappelle qu’il existe, qu’il vit, qu’il rêve, qu’il aime et qu’il peut se mettre en colère.
C’est d’un peuple qui retrouve sa voix et qui hurle sa révolte.
C’est d’un peuple qui se rappelle qu’il a tout à perdre à continuer de se soumettre à l’ordre injuste.
C’est d’un peuple qui retrouve sa voi(e)x et dont la rumeur, immense, résonne dans les rues, dans les cités, envahit tout, couvre tout et fait saigner les oreilles des bourgeois acculés dans leurs tours d’ivoire !

Ce dont on parle, c’est d’une grande vuvuzela sociale, de ce bruit collectif qui assourdit en ne parlant que d’une seule voix : celle de sa liberté reconquise, ici et maintenant !

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71 réponses
  1. des pas perdus
    des pas perdus dit :

    Je crois plus à l’implosion du système qu’à l’explosion sociale ou à la révolution…

    Le truc va s’effondrer de lui-même sans trompette ni vuvuzelas… Ce sera l’occasion de construire un autre système, ou plutôt un anti système ne reposant plus sur le travail et le productivisme.

    En attendant, on entend les vuvuzelas du pouvoir qui produisent un sacré boucan médiatique avec les cigares de blanc, les frais d’hôtellerie de yade, les logements de fonctions d’estrosi et amara ou encore les "privilèges" des parlementaires… pour couvrir les critiques sur la réforme des retraites…

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  2. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Vi, vi, vi… tu peux toujours attendre que ça s’effondre tout seul, mais ce qu’on voit depuis 2 ans que ça tremblote sur ses fondations de sables, ils sont prêts à tout pour maintenir le bousin à flot et plus spécialement quand il faut nous sacrifier pour ça!

    Au pas-content-du-dessus : JE NE RÉFÉRENCE JAMAIS MES PROPRES ARTICLES DANS REZO, JE LAISSE LE CHOIX AUX AUTRES ADMINS. D’ailleurs, quand ils déréférencent un de mes papiers (ce que je comprends et approuve), on t’entend moins!

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  3. vieil anar
    vieil anar dit :

    J’ai du mal avec cette grande vague d’indignation que tu exprimes , (légitime, certes, oh combien…!) et le parallèle que tu fais avec la vuvuzela "sociale",… "ce bruit collectif qui assourdit en ne parlant que d’une seule voix: celle de sa liberté reconquise, ici et maintenant !"..!!?

    Je me souviens d’un soir de juillet 1998, sur les Champs, où plus d’un million de personnes d’une seule voix, ou presque , ont clamé leur foi en un avenir radieux, multiracial, multiculturel..!

    Plus de10 ans après, c’est la merde…! Alors, la vuvuzela…!

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  4. cultive ton jardin
    cultive ton jardin dit :

    Et le prix Tartuffe à la CFDT qui défend la retraite à 60 ans et accepte l’augmentation de la durée des cotisations!

    J’ai (déjà) travaillé un peu plus longtemps que prévu parce que dans mon cursus boulot (cursus de femme évidemment) yavait pas les fameuses 23 années pleines qu’il fallait avoir pour que la moyenne ne tombe pas trop en dessous de la ligne de flottaison. J’avais pourtant travaillé tôt (18 ans), eu des durées de temps partiel (contraint) limitées, et un peu, un tout petit peu, de chômage. Alors j’imagine pas ce qu’il en sera de la génération qui vient, avec une mise à l’emploi tardive, de longues zones de précarité, et des plages (pas très ensoleillées) de chômage.

    Notez qu’on aurait pu raisonner différemment, RACCOURCIR la durée de cotisation puisque personne ou presque pourra justifier à terme du nombre d’annuités réglementaire.

    Je me demande bien pourquoi on l’a pas fait, zavez une idée?

    PS amical à Paul: c’est vrai, je pensais à toi chaque fois… mais bon, ça va être dur de revenir en arrière, à moins de trouver mieux.

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  5. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Vuvuzela, dans le sens du contre-bruit médiatique. Vuvuzela pour rappeler qu’on peut faire du bruit autrement que pour un sport, mais aussi pour défendre sa peau. Vuvuzela parce que dans le cadre des stades d’Afrique du Sud, d’après ce que j’ai compris en y comprenant rien, c’est le très agaçant bruit du peuple! Vuvuzela, enfin, comme bruit encore plus puissant que les sonos des syndicats qui servent à nous bâillonner!

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  6. Er encore le Monolecte àla Une de Rezo...
    Er encore le Monolecte àla Une de Rezo... dit :

    …et voilà, à mon tour je viens de virer Rezo.net comme homepage au profit de Smallbrother : il y en a plus qu’assez de voir les admins de rezo foutre tout ce qu’ils écrivent à la une de leur site. C’est déprimant de voir ce qu’eest devenu le web indé 10 ans plus tard, copinages et procédés minuscules, dignes de tous ceux que vous feignez de dénoncer. J’avais déjà des commentaires dans ce sens, j’y adhère à mon tour. Sayonara Rezo !

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  7. Denis
    Denis dit :

    P’tain dur!
    Les retraites d’accord mais si "Er encore le Monolecte àla Une de Rezo… " vire le Rezo.net comme homepage qu’est-ce qu’on va devenir????
    Sinon,merci madame Monolecte pour tes textes.Et à l’attaque! en dépit des "vuvuzélés" mediatiques

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  8. des pas perdus
    des pas perdus dit :

    Je te donnais mon ressenti très pessimiste au vu de la mobilisation "générale". Un ressenti de militant…

    Je pratique encore une forme de militantisme basique et classique en attendant que les chantres de la modernité trouvent de nouvelles expressions militantes. 😉

    Une simple distribution de tracts sur les retraites permet de constater que tu as pas mal de nos compatriotes qui sont lobotomisés… et ne veulent même pas sortir les mains de leurs poches…

    Pourquoi s’emmerder à prendre un tract et le lire quand tu as TF1 qui te martèle la vérité vraie 24 heures sur 24 ? Quand tu as les journaux "sérieux" avec de vrais journalistes dedans qui te disent que le gouvernement à plutôt raison de réformer? C’est quand même mieux comme info que les tracts des partis politique qui ne sont même pas objectifs sur la situation,!

    Ils ne se battront ni pour défendre la retraite à 60 ans, ni pour sauver se système inégalitaire qui se fissure. J’espère me tromper.

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  9. Indianagrenoble
    Indianagrenoble dit :

    Excellent !

    Je viens de tomber par hasard sur ton papier et que de joie de voir que ça venait de toi Agniès… Me revoila sur ton blog pour te remercier !

    Je me suis régaler de te lire une fois de plus ;o) !!!

    A bientôt

    Alexandre

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  10. herve_02
    herve_02 dit :

    @vieil anar :

    je ne suis pas certain que la fête de la coupe du monde ait été une clameur d’un avenir radieux blabla

    Mais tout juste un voile du fumé de l’ordre de circenses

    Ce n’est pas le fait d’être ensemble qui en défini la porté mais l’objet de cette réunion.

    Vaut mieux 500 000 personnes qui veulent changer le monde que 5 000 000 qui sont contents d’avoir gagné au foot, enfin, ce que j’en dis…

    Répondre
  11. toff de aix
    toff de aix dit :

    depuis quelques temps je passe tous les matins-en allant au turbin- devant une grande 4X3 de "la TV en 3D, par Sony". Avec un Gros noir peinturluré qui brandit sa stupide trompette.
    Et je ne peux pas m’empêcher de me dire que c’est comme ça qu’ils nous voient, et comme ça qu’ils nous veulent.
    Comme ce connard de miséreux qui trouve rien de mieux pour ne pas voir la réalité en face que d’aller faire du boucan dans un stade. Et dont l’image va même se faire récupérer pour vendre des TVs de MERDE à un prix que lui même ne pourra gagner dans toute sa vie d’exploité.
    Mais aussi comme les connards que nous sommes, nous, devant nos PC, à gueuler dans le vide. Nos claviers, nos écrans sont autant de vuvuzelas. C’est nos trompettes à nous.
    amicalement

    Répondre
  12. NaOH
    NaOH dit :

    Merci beaucoup pour votre article. Mais vous savez, ça rappelle beaucoup ceci :

    L’homme est né pour le bonheur et pour la liberté, et partout il est esclave et malheureux ! La société a pour but la conservation de ses droits et la perfection de son être, et partout la société le dégrade et l’opprime ! Le temps est arrivé de le rappeler à ses véritables destinées ; les progrès de la raison humaine ont préparé cette grande révolution, et c’est à vous qu’est spécialement imposé le devoir de l’accélérer.

    Pour remplir votre mission, il faut faire précisément tout le contraire de ce qui a existé avant vous.

    Jusqu’ici l’art de gouverner n’a été que l’art de dépouiller et d’asservir le grand nombre au profit du petit nombre, et la législation le moyen de réduire ces attentats en système : les rois et les aristocrates ont très bien fait leur métier ; c’est à vous maintenant de faire le vôtre, c’est-à-dire de rendre les hommes heureux et libres par les lois.

    Donner au gouvernement la force nécessaire pour que les citoyens respectent toujours les droits des citoyens, et faire en sorte que le gouvernement ne puisse jamais les violer lui-même, voilà à mon avis le double problème que le législateur doit chercher à résoudre. Le premier me paraît très facile : quant au second, on serait tenté de le regarder comme insoluble si l’on ne consultait que les événements passés et présents sans remonter à leurs causes.

    Parcourez l’histoire : vous verrez partout les magistrats opprimer les citoyens, et le gouvernement dévorer la souveraineté ; les tyrans parlent de séditions ; le peuple se plaint de la tyrannie quand le peuple ose se plaindre, ce qui arrive lorsque l’excès de l’oppression lui rend son énergie et son indépendance. Plût à Dieu qu’il pût les conserver toujours ! Mais le règne du peuple est d’un jour ; celui des tyrans embrasse la durée des siècles.

    J’ai beaucoup entendu parler d’anarchie depuis la révolution du 14 juillet 1789, et surtout depuis la révolution du 10 août 1792 ; mais j’affirme que ce n’est point l’anarchie qui est la maladie des corps politiques, mais le despotisme et l’aristocratie. Je trouve, quoiqu’ils en aient dit, que ce n’est qu’à compter de cette époque tant calomniée que nous avons eu un commencement de lois et de gouvernement, malgré les troubles qui ne sont autre chose que les dernières convulsions de la royauté expirante, et la lutte d’un gouvernement infidèle contre l’égalité.

    L’anarchie a régné en France depuis Clovis jusqu’au dernier des Capets. Qu’est-ce que l’anarchie, si ce n’est la tyrannie, qui fait descendre du trône la nature et la loi pour y placer des hommes ?

    Jamais les maux de la société ne viennent du peuple, mais du gouvernement. Comment n’en serait-il pas ainsi ? L’intérêt du peuple c’est le bien public ; l’intérêt de l’homme en place est un intérêt privé. Pour être bon, le peuple n’a besoin que de se préférer lui-même à ce qui n’est pas lui ; pour être bon il faut que le magistrat s’immole lui-même au peuple.

    Si je daignais répondre à des préjugés absurdes et barbares, j’observerais que ce sont le pouvoir et l’opulence qui enfantent l’orgueil et tous les vices ; que c’est le travail, la médiocrité, la pauvreté, qui sont les gardiens de la vertu ; que les vœux du faible n’ont pour objet que la justice et la protection des lois bienfaisantes ; qu’il n’estime que les passions de l’honnêteté ; que les passions de l’homme puissant tendent à s’élever au-dessus des lois justes, ou à en créer de tyranniques ; je dirais enfin que la misère des citoyens n’est autre chose que le crime des gouvernements. Mais j’établis la base de mon système par un seul raisonnement.

    Le gouvernement est institué pour faire respecter la volonté générale ; mais les hommes qui gouvernent ont une volonté individuelle, et toute volonté cherche à dominer ; s’ils emploient à cet usage la force publique dont ils sont armés, le gouvernement n’est que le fléau de la liberté. Concluez donc que le premier objet de toute Constitution doit être de défendre la liberté publique et individuelle contre le gouvernement lui-même, c’est précisément cet objet que les législateurs ont oublié ; ils se sont tous occupés de la puissance du gouvernement ; aucun n’a songé aux moyens de le ramener à son institution ; ils ont pris des précautions infinies contre l’insurrection du peuple et ils ont encouragé de tout leur pouvoir la révolte de ses délégués.

    J’en ai déjà indiqué les raisons ; l’ambition, la force, et la perfidie ont été les législateurs du monde ; s’ils ont asservi jusqu’à la raison humaine en la dépravant, et l’ont rendue complice de la misère de l’homme ; le despotisme a produit la corruption des mœurs et la corruption des mœurs a soutenu le despotisme.

    Dans cet état de choses, c’est à qui vendra son âme au plus fort pour légitimer l’injustice et diviniser la tyrannie. Alors la raison n’est plus que folie ; l’égalité, anarchie ; la liberté, désordre ; la nature, chimère ; le souvenir des droits de l’humanité, révolte : alors on a des bastilles et des échafauds pour la vertu, des palais pour la débauche, des trônes et des chars de triomphe pour le crime : alors on a des rois, des prêtres, des nobles, des bourgeois, de la canaille, mais point de peuple et point d’hommes.

    Voyez ceux mêmes d’entre les législateurs que le progrès des lumières publiques semble avoir forcés à rendre quelque hommage aux principes ; voyez s’ils n’ont pas employé leur habileté à les éluder lorsqu’ils ne pouvaient plus les raccorder à leurs vues personnelles ; voyez s’ils ont fait autre chose que varier les armes du despotisme et les nuances de l’aristocratie ! Ils ont fastueusement proclamé la souveraineté du peuple, et ils l’ont enchaîné ; tout en reconnaissant que les magistrats sont des mandataires, ils les ont traités comme ses dominateurs et comme ses idoles ; tous se sont accordés à supposer le peuple insensé et mutin, et les fonctionnaires publics essentiellement sages et vertueux. Sans chercher des exemples chez les nation étrangères ; nous pourrions en trouver de bien frappants au sein de notre révolution, et dans la conduite même des législateurs qui nous ont précédé. Voyez avec quelle lâcheté elles encensaient la royauté ! avec quelle impudence elles prêchaient la confiance aveugle pour les fonctionnaires publics corrompus, avec quelle insolence elles avilissaient le peuple ! avec quelle barbarie elles l’assassinaient ! Cependant voyez de quel côté étaient les vertus civiques : rappelez-vous les sacrifices généreux de l’indigence, et la honteuse avarice des riches ; rappelez-vous le sublime dévouement des soldats, et les infâmes trahisons des généraux ; le courage invincible, la patience magnanime du peuple ; et le lâche égoïsme, la perfidie odieuse de ses mandataires !

    Mais ne nous étonnons pas trop de tant d’injustices. Au sortir d’une si profonde corruption comment pouvaient-ils respecter l’humanité, chérir l’égalité, croire à la vertu ? Nous, malheureux, nous élevons le temple de la liberté avec des mains encore flétries des fers de la servitude ! Qu’était notre ancienne éducation, si une leçon continuelle d’égoïsme et de sotte vanité ? Qu’étaient nos usages et nos prétendues lois, sinon le code de l’impertinence et de la bassesse, où le mépris des hommes était soumis à une espèce de tarif, et gradué suivant des règles aussi bizarres que multipliées ? Mépriser et être méprisé, ramper pour dominer, esclaves et tyrans tour à tour, tantôt à genoux devant un maître, tantôt foulant aux pieds le peuple, telle était notre destinée, telle était notre ambition à nous tous tant que nous étions, hommes bien nés ou hommes bien élevés, honnêtes gens ou gens comme il faut, hommes de loi et financiers, robins ou hommes d’épée. Faut-il donc s’étonner si tant de marchands stupides, si tant de bourgeois égoïstes conservent encore pour les artisans ce dédain insolent que les nobles prodiguaient aux bourgeois et aux marchands eux-mêmes ? O le noble orgueil ! ô la belle éducation ! Voilà cependant pourquoi les grandes destinées du monde sont arrêtées ! voilà pourquoi le sein de la patrie est déchiré par des traîtres ! voilà pourquoi les satellites féroces des despotes de l’Europe ont ravagé nos moissons, incendié nos cités, massacré nos femmes et nos enfants ! Le sang de trois cent mille Français a déjà coulé ; le sang de trois cent mille autres va peut-être couler encore afin que le simple laboureur ne puisse siéger au sénat à côté du riche marchand de grains, afin, que l’artisan ne puisse voter dans les assemblées du peuple à côté de l’illustre négociant ou du présomptueux avocat, et que le pauvre intelligent et vertueux ne puisse garder l’attitude d’un homme en présence du riche imbécile et corrompu ! Insensés, qui appelez des maîtres pour ne point avoir d’égaux, croyez-vous donc ne que les tyrans adopteront tous les calculs de votre triste vanité et de votre lâche cupidité ? Croyez-vous que le peuple, qui a conquis la liberté, qui versait son sang pour la patrie quand vous dormiez dans la mollesse ou que vous conspiriez dans les ténèbres, se laissera enchaîner, affamer, égorger par vous ? Non. Si vous ne respectez ni l’humanité, ni la justice, ni l’honneur, conservez du moins quelque soin de vos trésors, qui n’ont d’autre ennemi que l’excès de la misère publique, que vous aggravez avec tant d’imprudence ! Mais quel motif peut toucher des esclaves orgueilleux ? La voix de la vérité qui tonne dans les cœurs corrompus ressemble au sons qui retentissent dans les tombeaux, et qui ne réveillent point les cadavres.

    Vous donc à qui la liberté, à qui la patrie est chère, chargez-vous seuls du soin de la sauver ; et puisque le moment où l’intérêt pressant de sa défense semblait exiger toute votre attention, est celui où l’on veut élever précipitamment l’édifice de la Constitution d’un grand peuple, fondez-la du moins sur la base éternelle de la vérité ! Posez d’abord cette maxime incontestable que le peuple est bon, et que ses délégués sont corruptibles, que c’est dans la vertu et dans la souveraineté du peuple qu’il faut chercher un préservatif contre les vices et le despotisme du gouvernement.

    De ce principe incontestable tirons maintenant des conséquences pratiques, qui sont autant de bases de toute Constitution libre.

    La corruption des gouvernements a sa source dans l’excès de leur pouvoir et dans leur indépendance du souverain. Remédiez à ce double abus.

    Commencez par modérer la puissance des magistrats.

    Jusqu’ici les politiques qui ont semblé vouloir faire quelque effort, moins pour défendre la liberté que pour modifier la tyrannie, n’ont pu imaginer que deux moyens de parvenir à ce but : l’un est l’équilibre des pouvoirs, et l’autre le tribunat.

    Quant à l’équilibre des pouvoirs, nous avons pu être les dupes de ce prestige dans un temps où le mode semblait exiger de nous cet hommage à nos voisins, dans un temps où l’excès de notre propre dégradation nous permettait d’admirer toutes les institutions étrangères qui nous offraient quelque faible image de la liberté ; mais pour peu qu’on réfléchisse on s’aperçoit aisément que cet équilibre ne peut être qu’une chimère ou un fléau ; qu’il supposerait la nullité absolue du gouvernement s’il n’amenait nécessairement une ligue des pouvoirs rivaux contre le peuple ; car on sent aisément qu’ils aiment beaucoup mieux s’accorder que d’appeler le souverain pour juger sa propre cause : témoin l’Angleterre, où l’or et le pouvoir du monarque font constamment pencher la balance du même côté ; où le parti de l’opposition même ne paraît solliciter de temps en temps la réforme de la représentation nationale que pour l’éloigner, de concert avec la majorité qu’elle semble combattre ; espèce de gouvernement monstrueux, où les vertus publiques ne sont qu’une scandaleuse parade, où le fantôme de la liberté anéantit la liberté même, où la loi consacre le despotisme, où les droits du peuple sont l’objet d’un trafic avoué, où la corruption est dégagée du frein même de la pudeur.

    Eh ! que nous importent les combinaisons qui balancent l’autorité des tyrans ? C’est la tyrannie qu’il faut extirper : ce n’est pas dans les querelles de leurs maîtres que les peuples doivent chercher l’avantage de respirer quelques instants, c’est dans leur propre force qu’il faut placer la garantie de leurs droits.

    C’est par la même raison que je ne suis pas plus partisan de l’institution du tribunat ; l’histoire ne m’a pas appris à la respecter. je ne confie point la défense d’une si grande cause à des hommes faibles ou corruptibles ; la protection des tribuns suppose l’esclavage du peuple. Je n’aime point que le peuple romain se retire sur le Mont-Sacré pour demander des protecteurs à un sénat despotique et à des patriciens insolents : je veux qu’il reste dans Rome, et qu’il en chasse tous ses tyrans. Je hais autant que les patriciens eux-mêmes et je méprise beaucoup plus ces tribuns ambitieux, ces vils mandataires du peuple, qui vendent aux grands de Rome leurs discours et leur silence, et qui ne l’ont quelquefois défendu que pour marchander sa liberté avec ses oppresseurs.

    Il n’y a qu’un seul tribun du peuple que je puisse avouer, c’est le peuple lui-même : c’est à chaque section de la République française que je renvoie la puissance tribunitienne ; et il est facile de l’organiser d’une manière également éloignée des tempêtes de la démocratie absolue et de la perfide tranquillité du despotisme représentatif.

    Mais avant de poser les digues qui doivent défendre la liberté publique contre les débordements de la puissance des magistrats, commençons par la réduire à de justes bornes.

    Une première règle pour parvenir à ce but, c’est que la durée de leur pouvoir doit être courte, en appliquant surtout ce principe à ceux dont l’autorité est plus étendue ;

    2° Que nul ne puisse exercer en même temps plusieurs magistratures ;

    3° Que le pouvoir soit divisé ; il vaut mieux multiplier les fonctionnaires publics que de confier à quelques-uns une autorité trop redoutable ;

    4° Que la législation et l’exécution soient séparées soigneusement.

    5° Que les diverses branches de l’exécution soient elles-mêmes distinguées le plus qu’il est possible, selon la nature même des affaires, et confiées à des mains différentes.

    L’un des plus grands vices de l’organisation actuelle c’est la trop grande étendue de chacun des départements ministériels, où sont entassées diverses branches d’administration très distinctes par leur nature.

    Le ministère de l’intérieur surtout, tel qu’on s’est obstiné à le conserver jusqu’ici provisoirement, est un monstre politique, qui aurait provisoirement dévoré la République naissante si la force de l’esprit public, animé par le mouvement de la révolution, ne l’avait défendue jusqu’ici et contre les vices de l’institution et contre ceux des individus.

    Au reste, vous ne pourrez jamais empêcher que les dépositaires du pouvoir exécutif ne soient des magistrats très puissants ; ôtez-leur donc toute autorité et toute influence étrangère à leurs fonctions.

    Ne permettez pas qu’ils assistent et qu’ils votent dans les assemblées du peuple pendant la durée de leur agence. Appliquez la même règle aux fonctionnaires publics en général.

    Eloignez de leurs mains le trésor public ; confiez-le à des dépositaires et à des surveillants qui ne puissent participer eux-mêmes à aucune autre espèce d’autorité.

    Laissez dans les départements, et sous la main du peuple, la portion des tributs publics qu’il ne sera pas nécessaire de verser dans la caisse générale, et que les dépenses soient acquittées sur les lieux autant qu’il sera possible.

    Vous vous garderez bien de remettre à ceux qui gouvernent des sommes extraordinaires, sous quelque prétexte que ce soit, surtout sous le prétexte de former l’opinion.

    Toutes ces manufactures d’esprit public ne fournissent que des poisons : nous en avons fait récemment une cruelle expérience, et le premier essai de cet étrange système ne doit pas nous inspirer beaucoup de confiance dans ses inventeurs. Ne perdez jamais de vue que c’est à l’opinion publique de juger les hommes qui gouvernent, et non à ceux-ci de maîtriser et de créer l’opinion publique.

    Mais il est un moyen général et non moins salutaire de diminuer la puissance des gouvernements au profit de la liberté et du bonheur du peuple. Il consiste dans l’application, de cette maxime, énoncée dans la Déclaration des Droits que je vous ai proposée. La loi ne peut défendre que ce qui est nuisible à la société elle ne peut ordonner que ce qui lui est utile.

    Fuyez la manie ancienne des gouvernements de vouloir trop gouverner : laissez aux individus, laissez aux familles le droit de taire ce qui ne nuit point à autrui ; laissez aux communes le pouvoir de régler elles-mêmes leurs propres affaires en tout ce qui ne tient pas essentiellement à l’administration générale de la République ; en un mot, rendez à la liberté individuelle et tout ce qui n’appartient pas naturellement à l’autorité publique, et vous aurez laissé d’autant moins de prise à l’ambition et à l’arbitraire.

    Respectez surtout la liberté du souverain dans les assemblées primaires. Par exemple, en supprimant ce code énorme qui entrave et qui anéantit le droit de voter sous le prétexte de le régler, vous ôterez des armes infiniment dangereuses à l’intrigue et au despotisme des directoires ou des législatures ; de même qu’en simplifiant le code civil, en abattant la féodalité, les dîmes, et tout le gothique édifice du droit canonique, on rétrécit singulièrement le domaine du despotisme judiciaire.

    Au reste, quelque utiles que soient toutes ces précautions, vous n’aurez rien fait encore si vous ne prévenez la seconde espèce d’abus que j’ai indiquée, qui est l’indépendance du gouvernement.

    La Constitution doit s’appliquer surtout à soumettre les fonctionnaires publics à une responsabilité imposante, en les mettant dans la dépendance réelle non des individus, mais du souverain.

    Celui qui est indépendant des hommes se rend bientôt indépendant de ses devoirs : l’impunité est la mère comme la sauvegarde publique, et le peuple est toujours asservi dès qu’il n’est plus craint.

    Il est deux espèces de responsabilité, l’une qu’on peut appeler morale, et l’autre physique.

    La première consiste principalement dans la publicité ; mais suffit-il que la Constitution assure la publicité des opérations et des délibérations du gouvernement ? Non, il faut encore lui donner toute l’étendue dont elle est susceptible.

    La nation entière a le droit de reconnaître la conduite de ses mandataires. Il faudrait, s’il était possible, que l’assemblée des délégués du peuple délibérât en présence du peuple entier ; un édifice vaste et majestueux, ouvert à douze mille spectateurs, devrait être le lieu des séances du corps législatif ; sous les yeux d’un si grand nombre de témoins, ni la corruption, ni l’intrigue, ni la perfidie n’oseraient se montrer ; la volonté générale serait seule consultée ; la voix de la raison et de l’intérêt public serait seule entendue. Mais l’admission de quelques centaines de spectateurs encaissés dans un local étroit et incommode offre-t-elle une publicité proportionnée à l’immensité de la nation, surtout lorsqu’une foule d’ouvriers mercenaires effraient le corps législatif pour intercepter ou pour altérer la vérité par les récits infidèles qu’ils répandent dans toute la République ? Que serait-ce donc si les mandataires eux-mêmes méprisaient cette petite portion du public qui les voit, s’ils voulaient faire regarder comme deux espèces d’hommes différentes les habitants du lieu où ils résident et ceux qui sont éloignés d’eux, s’ils dénonçaient perpétuellement ceux qui sont les témoins de leurs actions à ceux qui lisent leurs pamphlets, pour rendre la publicité non seulement inutile, mais funeste à la liberté ?

    Les hommes superficiels ne devineront jamais quelle a été sur la révolution l’influence du local qui a recelé le corps législatif, et les hommes de mauvaise foi n’en conviendront pas ; mais les amis éclairés d bien public n’ont pas vu sans indignation qu’après avoir appelé les regards du peuple autour d’elle pour résister à la cour, la première législature les ait fuis autant qu’il était en son pouvoir lorsqu’elle a voulu se liguer avec la cour contre le peuple ; qu’après s’être en quelque sorte cachée à l’Archevêché, où elle porta la loi martiale, elle se soit renfermée dans le Manège, où elle s’environna de baïonnettes pour ordonner le massacre des meilleurs citoyens au Champ-de-Mars, sauver le parjuré Louis, et miner les fondements de la liberté ! Ses successeurs se sont bien gardés d’en sortir. Les rois ou les magistrats de l’ancienne police faisaient bâtir en quelques jours une magnifique salle d’Opéra, et, à la honte de la raison humaine, quatre ans se sont écoulés avant qu’on eût préparé une nouvelle demeure à la représentation nationale ! Que dis-je ? celle même où elle vient d’entrer est-elle plus favorable à la publicité et plus digne de la nation ? Non, tous les observateurs se sont aperçus qu’elle a été disposée avec beaucoup d’intelligence par le même esprit d’intrigue, sous les auspices d’un ministre pervers, pour retrancher les mandataires corrompus contre les regards du peuple. On a même fait des prodiges en ce genre ; on a enfin trouvé le secret, recherché depuis si longtemps, d’exclure le public en l’admettant ; de faire qu’il puisse assister aux séances, mais qu’il ne puisse entendre, si ce n’est dans le petit espace réservé aux honnêtes gens et aux journalistes ; qu’ils soit absent et présent tout à la fois, la postérité s’étonnera de l’insouciance avec laquelle une grande nation a souffert si longtemps ces lâches et grossières manœuvres, qui compromettaient à la fois sa dignité, sa liberté et son salut.

    Pour moi, je pense que la Constitution ne doit pas se borner à ordonner que les séances du corps législatif et des autorités constituées seront publiques, mais encore qu’elle ne doit pas dédaigner de s’occuper des moyens de leur assurer la plus grande publicité ; qu’elle doit interdire aux mandataires le pouvoir d’influer en aucune manière sur la composition de l’auditoire, et de rétrécir arbitrairement l’étendue du lieu qui doit recevoir le peuple ; elle doit pourvoir à ce que la législature réside au sein d’une immense population, et délibère sous les yeux de la plus grande multitude possible de citoyens.

    Le principe de la responsabilité morale vent encore que les agents du gouvernement rendent à des époques déterminées et assez rapprochées des comptes exacts et circonstanciés de leur gestion ; que ces comptes soient rendus publics par la voie de l’impression, et soumis à la censure de tous les citoyens ; qu’ils soient envoyés en conséquence à tous les départements, toutes les administrations et à toutes les communes.

    A l’appui de la responsabilité morale il faut déployer la responsabilité physique, qui est en dernière analyse la plus sûre gardienne de la liberté ; elle consiste dans la punition des fonctionnaires publics prévaricateurs.

    Un peuple dont les mandataires ne doivent compte à personne de leur gestion n’a point de constitution ; un peuple dont les mandataires ne rendent compte qu’à d’autres mandataires inviolables n’a point de constitution, puisqu’il dépend de ceux-ci de le trahir impunément, et de le laisser trahir par les autres. Si c’est là le sens qu’on attache au gouvernement représentatif, j’avoue que j’adopte tous les anathèmes prononcés contre lui par Jean-Jacques Rousseau. Au reste, ce mot a besoin d’être expliqué, comme beaucoup d’autres, ou plutôt il s’agit bien moins de définir le gouvernement français que de le constituer.

    Dans tout état libre les crimes publics des magistrats doivent dire punis aussi sévèrement et aussi facilement que les crimes privés des citoyens, et le pouvoir de réprimer les attentats du gouvernement doit retourner au souverain.

    Je sais que le peuple ne peut pas être un juge toujours en activité, aussi n’est-ce pas là ce que je veux ; mais je veux encore moins que ses délégués soient des despotes au-dessus des lois. On peut remplir l’objet que je propose par des mesures simples dont je vais développer la théorie.

    1° Je veux que tous les fonctionnaires publics nommés par le peuple puissent être révoqués par lui, selon les formes qui seront établies, sans autre motif que le droit imprescriptible qui lui appartient de révoquer ses mandataires.

    2° Il est naturel que le corps chargé de faire les lois surveille ceux qui sont commis pour les faire exécuter : les membres de l’agence exécutive seront donc tenus de rendre compte de leur gestion au corps législatif. En cas de prévarication, il ne pourra pas les punir, parce qu’il ne faut pas lui laisser ce moyen de s’emparer de la puissance exécutive ; mais il les accusera devant un tribunal populaire, dont l’unique fonction sera de connaître ces prévarications des fonctionnaires publics. Les membres du corps législatif ne pourront être poursuivis par ce tribunal pour raison des opinions qu’ils auront manifestées dans les assemblées, mais seulement pour les faits positifs de corruption ou de trahison dont ils pourraient être prévenus. Les délits ordinaires qu’ils pourraient commettre sont du ressort des tribunaux ordinaires. Dans l’un et dans l’autre cas ils pourront être jugés, ainsi que les autres fonctionnaires et les autres citoyens, sans qu’il soit nécessaire que le corps législatif ait déclaré qu’il y a lieu à accusation contre eux ; seulement l’accusateur public du tribunal sera tenu d’informer le corps législatif des poursuites dirigées contre les membres prévenus.

    A l’expiration de leurs fonctions les membres de la législature et les agents de l’exécution ; ou ministres, pourront être déférés au jugement solennel de leurs commettants : le peuple prononcera simplement s’ils ont conservé ou perdu sa confiance. Le jugement qui déclarera qu’ils ont perdu sa confiance emportera l’incapacité de remplir aucune fonction publique. Le peuple ne décernera pas de peine plus forte ; et si les mandataires sont coupables de quelques crimes particuliers et formels, il pourra les renvoyer au tribunal établi pour les punir.

    Ces dispositions s’appliqueront également aux membres du tribunal populaire.

    Quelque nécessaire qu’il soit de contenir les magistrats, il ne l’est pas moins de les bien choisir : c’est sur cette double base que la liberté doit être fondée. Ne perdez pas de vue que dans le gouvernement représentatif il n’est pas de lois constitutives aussi importantes que celles qui garantissent la pureté des élections.

    Ici je vois répandre de dangereuses erreurs ; ici je n’aperçois qu’on abandonne les premiers principes du bon sens et de la liberté pour poursuivre de vaines abstractions métaphysiques. Par exemple, on veut que dans tous les points de la République les citoyens votent pour la nomination de chaque mandataire, de manière que l’homme de mérite et de vertu qui n’est connu que de la contrée qu’il habite ne puisse jamais être appelé à représenter ses compatriotes, et que les charlatans fameux, qui ne sont pas toujours les meilleurs citoyens ni les hommes les plus éclairés, ou les intrigants portés par un parti puissant qui dominerait dans toute la République, soient à perpétuité et exclusivement les représentants nécessaires du peuple français.

    Mais en même temps on enchaîne le souverain par des règlements tyranniques ; partout on dégoûte le peuple des assemblées ; on en éloigne les sans-culottes par des formalités infinies : que dis-je ? on les chasse par la famine, car on ne songe pas même à les indemniser du temps qu’ils dérobent à la subsistance de leurs familles pour le consacrer aux affaires publiques.

    Voilà cependant les principes conservateurs de la liberté que la constitution doit maintenir : tout le reste n’est que charlatanisme, intrigue et despotisme.

    Faites en sorte que le peuple puisse assister aux assemblées publiques, car lui seul est l’appui de la liberté et de la justice : les aristocrates, les intrigants en sont les fléaux.

    Qu’importe que la loi rende un hommage hypocrite à l’égalité des droits, si la plus impérieuse de toutes les lois, la nécessité, force la partie la plus saine et la plus nombreuse du peuple à y renoncer ? Que la patrie indemnise l’homme qui vit de son travail lorsqu’il assiste aux assemblées publiques ; qu’elle salarie par la même raison d’une manière proportionnée tous les fonctionnaires publics ; que les règles des élections, que les formes des délibérations soient aussi simples, aussi abrégées qu’il est possible ; que les jours des assemblées soient fixés aux époques les plus commodes pour la partie laborieuse de la nation.

    Que l’on délibère à haute voix : la publicité est l’appui de la vertu, la sauvegarde de la vérité, la terreur du crime, le fléau de l’intrigue. Laissez les ténèbres et le scrutin secret aux criminels et aux esclaves : les hommes libres veulent avoir le peuple pour témoin de leurs pensées. Cette méthode forme les citoyens aux vertus républicaines ; elle convient à un peuple qui vient de conquérir sa liberté, et qui combat pour la défendre : quand elle cesse de lui convenir la République n’est déjà plus.

    Au surplus, que le peuple, je le répète, soit parfaitement libre dans ses assemblées ; la Constitution ne peut établir que les règles générales, nécessaires pour bannir l’intrigue et maintenir la liberté même ; toute autre gêne n’est qu’un attentat à la souveraineté.

    Qu’aucune autorité constituée surtout ne se mêle jamais ni de sa police, ni de ses délibérations.

    Par-là vous aurez résolu le problème encore indécis de l’économie politique populaire, de placer dans la vertu du peuple et dans l’autorité du souverain le contrepoids nécessaire des passions du magistrat et de la tendance du gouvernement à la tyrannie.

    Au reste, n’oubliez pas que la solidité de la Constitution elle-même s’appuie sur toutes les institution, sur toutes les lois particulières d’un peuple ; quelque nom qu’on leur donne ; elles doivent toutes concourir avec elle au même but ; elle s’appuie sur la bonté des mœurs, sur la connaissance et sur la sentiment des droits sacrés de l’homme.

    La déclaration des Droits est la constitution de tous les peuples ; les autres lois sont muables par leur nature et sont subordonnées à celle là. Qu’elle soit sans cesse présente à tous les esprits ; qu’elle brille à la tête de votre code public : que le premier article de ce code soit la garantie formelle de tous les droits de l’homme ; que le second porte que toute loi qui les blesse est tyrannique et nulle ; qu’elle soit portée en pompe dans vos cérémonies publiques ; qu’elle frappe les regards du peuple dans toutes ses assemblées, dans tous les lieux où résident ses mandataires ; qu’elle soit écrite sur les murs de nos maisons ; qu’elle soit la première leçon que le pères donneront à leurs enfants.

    On me demandera peut-être comment, avec des précautions si sévères contre les magistrats, je puis assurer l’obéissance aux lois et au gouvernement. Je réponds que je l’assure davantage précisément par ces précautions là même : je rends aux lois et au gouvernement toute la force que j’ôte aux vices des hommes qui gouvernent et qui font les lois.

    Le respect qu’inspire le magistrat dépend beaucoup plus du respect qu’il porte lui-même aux lois que du pouvoir qu’il usurpe, et la puissance des lois est bien moins dans la force militaire qui les entoure que dans leur concordance avec les principes de la justice et avec la volonté générale.

    Quand la loi a pour principe l’intérêt public, elle a le peuple lui-même pour appui, et sa force est la force de tous les citoyens, dont elle est l’ouvrage et la propriété. La volonté générale et la force publique ont une origine commune : la force publique est au corps politique ce qu’est au corps humain le bras, qui exécute spontanément ce que la volonté commande, et repousse tous les objets qui peuvent menacer le cœur ou la tête.

    Quand la force publique ne fait que seconder la volonté générale, l’état est libre et paisible ; lorsqu’elle la contrarie, l’état est asservi ou agité.

    La force publique est en contradiction avec la volonté générale dans deux cas : ou lorsque la loi n’est pas la volonté générale, ou lorsque le magistrat l’emploie pour violer la loi. Telle est l’horrible anarchie que les tyrans ont établie de tout temps sous le nom de tranquillité, d’ordre public, de législation et de gouvernement ; tout leur art est d’isoler et de comprimer chaque citoyen par la force pour les asservir tous à leurs odieux caprices, qu’ils décorent du nom de lois.

    Législateurs, faites des lois justes ; magistrats, faites-les religieusement exécuter : que ce soit là toute votre politique, et vous donnerez au monde un spectacle inconnu, celui d’un grand peuple libre et vertueux.

    Maximilien Robespierre, Sur la constitution à donner à la France,
    Discours prononcé devant la Convention le 10 mai 1793

    source : http://www.royet.org/nea1789-1794/i

    Mais aujourd’hui, la plupart a encore peur de ça !

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  13. RiGeL
    RiGeL dit :

    2 commentaires à ton billet : 1 positif et un négatif.

    Le positif, d’abord : Tu écris vraiment très bien, et c’est un plaisir de te lire.

    Le négatif, maintenant : Mais quelle touchante naïveté ! Les gens ( et j’en fait malheureusement partie) sont anesthésiés bien au delà de ce que tu imagines. Tu parles "d’un peuple qui refuse de faire un pas de plus vers le précipice.", je te répondrai que le peuple avance déjà bien sagement vers l’abbatoir. Qu’une petite, mais non négligeable du peuple a déjà été hachée, et que les suivants sur la liste continuent à avancer gentiment vers la boucherie. Il serait temps d’arrêter de rêver. Personne, parmi le peuple, ne se lèvera plus pour "crier son indignationn", et les rares qui pourraient être tentés de le faire à titre individuels seront juste abbatus un peu plus vite que prévu, rien d’autre. Ils y aura bien quelques courageux, un peu plus organisés que les autres, qui reformeront des "brigades rouges", "action directe" ou "bande à Baader", et que le peuple lui-même se fera un plaisir de clouer au pilori, aidé en cela par les médias, alors même que ces courageux tenteront de les faire sortir du rang (celui qui mène au fameux abbatoir). Et lorsque, comme tu les dis "nous n’en [aurons] plus rien, plus une miette, nada." Alors, ils NE se battront PAS entre eux, comme tu le crois, mais s’arrangeront pour nous monter les uns contre les autres afin que nous nous égorgions joyeusement à leur place. Ca a déjà été fait, et je tiens les paris que le stratagème fonctionnera à nouveau sans problème. Et ça, on s’en fout que très moyennement, parce que dans notre misère, et avant de se faire égorger, on sera là pour contempler l’étendue de leur victoire.

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  14. RiGeL
    RiGeL dit :

    15. Le mercredi 16 juin 2010, 13:36 par NaOH

    Robespierre ? Robespierre…. Voyons…. Wikipedia ….. R O B E S P I E R R E… Ah, voilà !

    Maximilien Marie Isidore de Robespierre[1], ou Maximilien Robespierre[2], né le 6 mai 1758 à Arras…

    Bla bla bla… sa vie, son oeuvre (lire quand même, c’est pas inintéressant, et on se couche moins con le soir), Ah, voilà ce que je cherchais :

    "Ainsi Robespierre fut condamné sans procès et guillotiné l’après-midi même du 10 thermidor (28 juillet 1794), sous les acclamations de la foule[… …] Ceux qui avaient organisé la Terreur et en avaient largement profité [… …] chargèrent Robespierre de tous leurs méfaits, n’hésitant pas à falsifier les documents historiques.

    Mouaip ! C’est bien ce que je disais : "le peuple lui-même se fera un plaisir de clouer au pilori". Remarquez, il a quand même tenu (presque) un an et demi, après son magnifique discours, c’est pas si mal.
    Mais bien sur, une telle chose n’aurait aucune possibilité de se reproduire actuellement. Les gens sont devenus bien trop intelligents et trop réfléchis !
    Si ? Ca pourrait ? Ah bon…….

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  15. CLKM
    CLKM dit :

    Parce qu’il faudrait se battre pour sauver un système inégalitaire ?

    A la limite, si on a pas d’enfants, pas d’amis, personne à aimer ET qu’on est du bon côté de l’inégalité, pourquoi pas ?

    Mais quand on a soit un minimum de sens de la justice sociale, soit qu’on se demande ce qu’on va laisser à ses enfants, soit tout simplement un minimum de sens de l’idéal, hé bien, non, on ne se bat pas pour sauver un système inégalitaire : on garde son énergie pour les combats porteurs d’espoir de progrès.

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  16. Yasunari
    Yasunari dit :

    Ni dans le débat sur les retraites, ni dans les analyses sur le trou de la sécurité sociale, je n’entends nos grands media mentionner les 10 ou 12 points de valeur ajoutée qui sont passés en 30 ans de la rétribution du travail à celle du capital…
    Pourtant, ce sont bien les cotisations sur le travail qui financent les deux…
    Enfin, il faut bien financer les bulles spéculatives, que les traders s’amusent. Avant de finir au bout d’une pique…

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  17. phitros.
    phitros. dit :

    ils ont peur… ça tremble sur des fondations de sables… bien! bien ! Mais au final on reste a en discuter. La question reste donc où et quand cette vuvuzela sociale en dehors des discutions.

    Répondre
  18. niamreg
    niamreg dit :

    C’est vrai, ils n’ont plus peur des manifs syndicales (je partage totalement la détestation des sonos syndicales). Mais ils ont peur des apéros facebook!! Réunion avec le ministre de l’intérieur, plein de flics partout (pas vu un à la dernière manif). A quand un apéro facebook "prise de l’élysée"?

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  19. bozo
    bozo dit :

    Jolie plume je l’avoue, mais uniquement des mots…malheureusement.
    Agnès Maillard à quand le passage au concret?, car c’est bien joli de mettre son voisin face au miroir et de faire un bilan sans concession…à quand les actes? on me dit dans l’oreillette "jamaisss" ahhh le romantisme moderne…du vent pour du vent, si seulement cela pouvait alimenter quelques éoliennes on en verrai le résultat.

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  20. B.L.
    B.L. dit :

    Bien sûr, RiGel a raison (y compris sur le point n°1) … J’ai quand même signé ton truc sur fesse de bouc, mais quand je lis les commentaires, ça craint …
    Sinon, les vieux comme moi, avec une retraite décente, sinon somptueuse, on n’est plus menacés de grand chose …
    Vous autres, les jeunots, numérotez vos abattis !

    (Mais dis-donc, comment donc que ça se fait-il que Passant réponde à Pas perdus avant que le commentaire d’icelui soit paru, hein, dis-donc, mère Agnès ?)

    Répondre
  21. brigitte Celerier
    brigitte Celerier dit :

    bien d’accord, malheureusement avec Pas perdus – et quand ils protestent c’est pour la forme et sans bien savoir pourquoi (mais y a de quoi)

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  22. podarcis
    podarcis dit :

    @Agnès Maillard
    Ce qui frappe c’est vos propositions…

    je sais c’est ironique mais c’est le sentiment général que j’ai quand on écoute bien le vuvuzela franco-français.

    bon et puis je me dit que vous avez raison sur un point: on a pas fini de le réformer notre superbe modèle sociale.

    Plus modestement: qui doit-on écouter vous ou Fillon? j’en sais fichtrement rien, mais là votre horizon n’est pas très attirant.

    Répondre
  23. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Vu la manière dont sont parallèlement réformés le Code et la médecine du travail, la Sécu et le reste, je pense que, non, ce n’est pas la prévention qui va l’emporter. Et quand on pense à la sous-estimation chronique des pathologies liées au travail… Bien sûr que tout cela est cynique, monstrueusement cynique, mais il y en a encore qui ont envie de danser au son du pipeau.

    Quant à faire tout de suite, à lancer le mouvement, c’est moins que je me sente impuissante que totalement incompétente. La compétence des mouvements sociaux, ce sont les syndicats qui l’avaient. Et on voit bien ce qu’ils en font aujourd’hui : un appareil de contrôle des masses au profit du patronat. L’histoire nous enseigne que non seulement la grève générale marche à tous les coups, mais que c’est surtout la seule chose qui marche pour équilibrer le rapport de force. La difficulté est de trouver l’élément déclencheur, le catalyseur sur lequel vont se greffer et s’unir toutes les exaspérations, toutes les aspirations.

    Répondre
  24. Jéricho
    Jéricho dit :

    Un duel : pipeau politicien contre vuvuzela sociale ? 😉

    Et d’ailleurs, pourquoi des vuvuzelas ? Il y a un tas d’autres instruments avec lesquels on peut aussi faire du "bruit" … ou pourquoi pas tout simplement des casseroles ! LOL

    Non mais c’ que j’ trouve incroyable c’est cette idée d’examen (médical ou je ne sais quoi) au cas par cas pour "prouver" la pénibilité ! Mais quel esprit tordu et pervers peut imaginer un truc comme ça ? Bon, déjà, ils font le coup pour les arrêts maladie ou le chômage… et on voit à quoi ça sert. Mais j’ trouve que c’est d’un monstrueux mépris, c’est incroyablement insultant… Ah, et puis c’est donc exiger d’être totalement cassé pour pouvoir prendre sa retraite ! Parce que j’imagine bien qu’ils ne vont pas faire dans la "prévention" … ils vont attendre que la pénibilité ait "fait son œuvre". Comme un citron, il faut presser jusqu’à la dernière goutte… après on peut jeter la peau (mais surtout pas avant).

    Répondre
  25. Giramundo
    Giramundo dit :

    Merci Agnès pour ce texte superbement écrit, et qui parvient à nous faire entrevoir autre chose que le trou noir qu’on nous promet.

    Trouver l’élément déclencheur d’une révolte populaire n’est effectivement pas une mince affaire.

    Il me semble cependant que les attaques contre les syndicats sont si ce n’est injuste, du moins déplacées dans la mesure où on se trompe de cible.

    C’est vrai qu’on a l’impression qu’une grande normalisation syndicale est à l’oeuvre depuis quelques années, dans le sens du "syndicalisme responsable" d’une CFDT … Et ce n’est pas la pseudo grève générale de FO d’hier qui fera illusion (un syndicat à la botte de l’Etat RPR pendant tant d’années et qui appelle à la grève générale … sur une seule journée).

    Pour autant les syndicats et leurs confédérations ne sont que le produit de leur histoire et de leurs militants. Le problème n’est pas tant la trahison des grandes confédérations que le faible taux de syndicalisation, surtout dans le privé (ceci dit, dans le public, c’est pas le pied non plus en la matière).

    Aux gens de se saisir de l’outil qu’est le syndicalisme qu’il faut plus considérer comme un acquis social à défendre – au même titre que la retraite à 60 ans) par un investissement dans les sections de base, que comme un allié objectif du pouvoir passant son temps à trahir les classes populaires.

    A nous d’y prendre le pouvoir pour commencer à faire entendre la vuvuzela sociale que tu appelles de tes vœux, plutôt que dire de l’extérieur "ils font vraiment n’importe quoi".

    A+

    Répondre
  26. alain maronani
    alain maronani dit :

    Tout ca c’est bien gentil…plein de remarques intelligentes, de rage bien comprise, etc…etc.. mais l’histoire nous enseigne ce qui peut se passer a moins qu’elle ne se répète pas et les déclarations de Barosso (Commissaire Européen)

    Jason Groves a écrit un grand papier dans le Daily Mail où il rapporte que Baroso commence à se poser des questions graves d’existentialisme face à des apocalypses politiques qui peuvent se déclencher en Grèce, Portugal et Espagne face à un système financier devenu exsangue: "Democracy could ‘collapse’ in Greece, Spain and Portugal unless urgent action is taken to tackle the debt crisis, the head of the European Commission has warned. In an extraordinary briefing to trade union chiefs last week, Commission President Jose Manuel Barroso set out an ‘apocalyptic’ vision in which crisis-hit countries in southern Europe could fall victim to military coups or popular uprisings as interest rates soar and public services collapse because their governments run out of money". Et c’est aussi mon sentiment pour la France, que seule l’armée pourra sauver quand le système financier (distributeurs vides) finira par exploser. Car ce jour là, je n’aimerais pas être banquier. Trois années ne passeront pas avant que le système s’écroule, et il est déjà en train de s’écrouler par pans entiers. "The stark warning came as it emerged that EU chiefs have begun work on an emergency bailout package for Spain which is likely to run into hundreds of billions of pounds … Mr Monks … said: ‘I had a discussion with Barroso last Friday about what can be done for Greece, Spain, Portugal and the rest and his message was blunt: “Look, if they do not carry out these austerity packages, these countries could virtually disappear in the way that we know them as democracies. They’ve got no choice, this is it.

    Utilisez Google pour la traduction mais en gros il pense à l’apparition de régimes totalitaires ou quasi fachisant (Franco, Salazar…) pour permettre a ces braves gens de continuer à s’enrichir. A la pointe de tout ceci, comment s’en étonner, les Etats-Unis ou le tea-party a comme programme de tout privatiser tout en renforcant la présence de l’armée américaine aux frontières et a l’intérieur des états américains….

    Le lien sur le Daily Mail…

    http://www.dailymail.co.uk/news/wor

    1984…..ou 1931 (Hitler)…ou 1932…(Franco)….etc….

    Et effectivement il vaut mieux ne pas compter sur DSK sur Martine ou sur la CFDT…..

    Répondre
  27. Fred., de L.
    Fred., de L. dit :

    Hello,
    Le message à propos de SmallTruc me semble être une publicité éhontée pour un portail commercial qui tente de draîner du monde vers les médias mainstreams habituels. Ce portail a sa société originelle qui a été radiée en avril dernier, et impossible de savoir qui gère ce truc depuis… sûrement racheté par les mêmes pour leur profit et faire "comme rezo"… Mais pas vraiment.

    Pour le reste… Y-en a qui attendent que ça s’écroule tout seul… et y-a les autres qui attendent le déclencheur de la prochaine grève générale :-)))

    Répondre
  28. GRRRRRR
    GRRRRRR dit :

    "Trouver l’élément déclencheur d’une révolte populaire n’est effectivement pas une mince affaire."

    Je me souviens, en 1995, avoir grévé, manifesté, tant et plus.

    Je me souviens très bien des promesses de la "Gauche", alors.

    Je me souviens très bien avoir un peu tiqué en découvrant la composition du gouvernement Jospin.

    Je me souviens très bien de chaque déception, l’une après l’autre, en voyant ce que la Gauche avait fait de la mobilisation des français de l’époque.

    Vous ne m’aurez plus, sales politocards : je n’aurai peut-être pas de retraite, mais je suis encore assez jeune pour vous promettre d’aller vous regarder dans vos tombes de plus haut que vous ne nous prires jamais.

    Et vous, quasi-retraités, petits épargnants, rentiers de la République, vous, leurs meilleurs soutiens d’alors, veuillez agréer l’expression de mes plus distantes salutations confraternelles : mais *vous* paierez les dettes que nous lèguent ceux qui vous voulurent voir au pouvoir.

    Maintenant, à vous de chialer.

    Répondre
  29. dominique
    dominique dit :

    Bonjour
    Joli billet qui resume bien
    je lance une idee au lieu des sonos assourdissantes pourquoi ne pas des le 7 septembre jour de l’ouverture des debats a l’assemblee ouvrir un terrain de camping sur l’esplanade des invalides et le maintenir jusqu’au retrait de cette loi inique injuste
    j’ai 55 ans et je suis partant

    Répondre
  30. paul r
    paul r dit :

    ben oui hein…
    j’ai entendu le sinistre à la radio…
    c’est pas du même genre que l’appel du 18 juin par exemple… pas forcément un bonne exemple d’ailleurs puisque d’autres avaient été lancés avant et totalement occultés par la suite…

    bon… réaction primaire, la colère, puis moins primaire l’analyse, puis… la frustration… l’image d’une ombre gigantesque de menace qui pointe un doigt accusateur autoritaire impérieux pour commander de se soumettre, de se replier sur soi… en espérant que le couperet tombe…

    la grève générale… techniquement y’a pas grand chose d’autre qui viennent à l’idée en effet… mais dans la pratique… mes voisins me disent bonjour gentiment, discutent de choses locales en arrondissant les angles dès qu’on risque de nommer un responsable municipal… qui d’une façon ou d’une autre fait parti de leur réseau de copains… eux, ils ont un emploi. et sont plus jeunes que moi… qui n’ait jamais pu aligner les 23 années minimum… et j’ai cinquante ans… je suis une merde à qui l’on fait charité d’un sourire en se croisant en allant déposer un sac d’ordures à la benne du coin… et je suis loin d’être dans les pires situations…

    alors la grève générale… faite par qui ?

    ceux qui sont déjà exclus des ressources de travail ?

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  31. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Pas mal, le sabotage, quand on n’arrive pas à la masse critique. On rappelle que le sabotage, c’est faire strictement son boulot, de telle sorte que ce soit assez parfaitement improductif sans que l’on ne puisse rien te reprocher. Exercice grandement facilité par l’absolu stupidité des méthodes manageuriales et organisationnelles actuelles!

    Sabotons, sabotons, c’est toujours ça qu’ils n’auront pas! Je crois même que j’avais écrit un papier, y a un moment, sur l’idée qu’il fallait strictement leur en donner pour leur argent! 🙂

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  32. Denis
    Denis dit :

    j’irai le 24 à la manif’…..même si mon voisin me dit qu’il ira pas parce qu’il n’y aura personne…..il me dit ça chaque fois….il n’y va pas et découvre le lendemain à la télé qu’il n’y était pas…..j’irai à la protestation ambulatoire….en attendant mieux….et en attendant aussi je sabote ,sans fracas ,sans esclandre,tranquille….
    "convoqué" par facebook ou par les "centrales"? peu importe je viendrai

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  33. Denis
    Denis dit :

    Tout à fait.
    j’ai repris ça ,cité par J.Ranciere « Ce mot de « sabotage » naguère inconnu et qui a fait une étonnante fortune comporte des significations très variées ». Il ne signifie pas nécessairement l’acte de détruire (auquel cas il tombe sous le Code Pénal) …mais tout acte qui consiste à rendre le travail improductif, soit par nonchalance ( On dit en Anglais faire ca’ canny), par excès d’application (c’est ce qu’on appelle perler le travail ) ou par une observation méticuleuse des règlements (exemple dans une grève des chemins de fer en Italie), qui a pour résultat de rendre le service impossible. Sous ces diverses formes, le sabotage échappe évidemment à toute répression »

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  34. Jéricho
    Jéricho dit :

    En même temps, l’atmosphère autour de cette "réforme des retraites", elle est bizarre… je trouve. Tout a l’air paradoxal.

    Je ne suis pas un expert, mais être (ou voter) "pour" ressemblerait à un suicide politique, pourtant certains élus n’hésitent pas à défendre cette "réforme des retraites". Et aussi, depuis quand nos dirigeants se soucient de l’avenir, c’est pas crédible. Et cette sorte de silence assourdissant aussi… à part deux ou trois, et encore, très polis. Et puis, faire une réforme qui va prendre aux gens… sans rien donner en échange (même de la pacotille, du faux, etc.), ça ne peut être qu’extrêmement impopulaire. Et puis surtout, ça va concerner tout le monde… et les premiers intéressés sont ceux qui ont un emploi, justement ceux qui pourraient faire la grève générale.

    C’est vraiment bizarre cette impression : atmosphère paradoxale, silence assourdissant, calme avant la tempête… ou peut-être apathie ? C’est vraiment curieux !

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  35. John
    John dit :

    Quand Reagan est arrivé au pouvoir, le taux marginal de l’impôt sur le revenu était de 90%, proprement confiscatoire. Au même moment, le taux marginal français était de 75%. Presque confiscatoire. Ces prélèvements étaient jugés supportables tout au long des « trente glorieuses » et ils étaient supportés, tant et si bien qu’ils n’empêchaient pas le capital de prospérer ni les gros de s’engraisser.

    Aujourd’hui, pour sauver les retraites, comme exemple des efforts qu’on va demander aux riches (notez la formule : « tout le monde va payer, les riches aussi », le monde à l’envers !), on parle de rehausser le taux marginal de l’IRPP. Il passerait de 40% à 41%, oui, oui, de quarante pour cent à quarante-et-un pour cent !

    Si c’est pas du foutage de gueule…

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  36. cultive ton jardin
    cultive ton jardin dit :

    Avez vous noté qu’ils parlent tous du chiffre, symbolique évidemment, de 60 ans, mais plus personne ne parle de la durée de cotisation, même pas les syndicats! Et plus personne ne parle du calcul de la retraite en proportion des salaires réellement touchés les 23, 24 ou 25 meilleures années.

    Or, ce sont ces deux éléments qui vont faire baisser, lourdement, les retraites. Parce que, partis comme sont les actifs actuels, aucun n’aura son taf d’années de cotisation. Chacun et surtout CHACUNE aura dans son cursus des années maigres qui seront intégrées dans le calcul final et feront baisser la moyenne.

    Et c’est pas en faisant bosser les vieux à la place des jeunes qu’on améliorera la situation.

    Répondre
  37. chtisuisse
    chtisuisse dit :

    Magistral! comme souvent! merci! Un article qui relève du domaine de la santé publique ou tout du moins qui favorise une bonne hygiène mentale. A lire de temps à autre, matin midi et soir, madame Michu!!

    Continues Agnès!!

    Répondre
  38. John
    John dit :

    « Et c’est pas en faisant bosser les vieux à la place des jeunes qu’on améliorera la situation. »

    Les vieux ne bosseront pas plus longtemps, il chômeront plus longtemps. Et ça fera encore baisser la pension. C’est bien de ça qu’il s’agit, non ?

    Répondre
  39. Croa
    Croa dit :

    Hé bé, ça part du coeur !

    Qu’es aquo une «vuvuzela» ? Comme truc efficace je connaissais la grève (la vrai) mais bon il existe peut être aussi un truc magique, après tout, une martigale sociale qui sauvera de la misère ce peuple de larves incapable de la moindre réaction !

    à "Cultive ton jardin" (12)
    Tu as raison «RACCOURCIR la durée de cotisation » est bien ce qu’il faut faire. Mais tout dépend du vrai but recherché comme je l’expose ici:
    http://www.agoravox.fr/actualites/p

    Répondre
  40. Michel
    Michel dit :

    Merci Agnès,
    mais souviens toi, il y a quelques années une manif à Auch, tu avais suivi la délégation reçu par le préfet…
    Peu de chose ont changé… ce qui n’exclut pas une révolte, un jour… je pourrais parler des "gens", mais je fais parti de cette masse, il y a une minorité grossissante qui en a marre de ces promenade encadrées par la "force publique" au son des sonos, p’tre qu’un jour tu verra un pavé volera, puis deux, puis…
    et viendra la liberté qu’il faudra garder contre "l’avant garde soit disant éclaireuse" se sera pas facile, le pouvoir est si prisé !
    Amistats .

    Répondre
  41. Croa
    Croa dit :

    Oups ! :-/

    J’aurais du regarder le lien du commentaire précédent (53). C’est donc une trompette…

    Comme celles qui ont fait tomber les murailles de Jéricho ?

    Répondre
  42. speedy
    speedy dit :

    A titre de comparaison, une manifestion pour la défense de l’école privée (http://www.ina.fr/economie-et-socie…) avec de 860.000 (police) à 2.000.000 manifestants (organisateurs).

    Un appel à la grève générale de FO (http://paris-ile-de-france-centre.f…) avec de 23.000 (police) à 70.000 personnes (organisateurs).

    La messe est dite en quelque sorte…

    Un début d’explication peut-être : les culs-bénis ont des relais (églises, écoles, Dies Irae, etc.), des sympathisants dans toutes les sphères (ex.: chanoine NS, enfant de choeur FF, mère Christine B.), etc.

    Les syndicats de leur côté ont des vendus comme X, Y et Z (mettez votre syndicaliste favori), achetés par des prébendes (honneurs, formations, etc.) payées par le contribuable et par des gars comme DGS (ex-MEDEF/UIMM) et autres individus du même acabit.

    Simpliste mais vérifiable au quotidien sur le terrain pour celui qui veut bien voir.

    Répondre
  43. Meson
    Meson dit :

    Bonjour monolecte :

    J’ai salué ton texte sur un autre blog où tu te manifestes rarement et sincèrement je comprends pourquoi…!

    Via le blog de méluche, j’ai trouvé un lien qui t’ intéressera sûrement si tu ne le connais pas…

    http://www.lespetitspoissontrouges….

    PS : tes petits poissons sont sur ma table de chevet ! Mais je constate comme uil est difficile d’avoir une bonne mémoire du net !

    Répondre
  44. laetitia
    laetitia dit :

    Vous connaissez l’apologue de la grenouille cuite ?

    SOMMES NOUS DÉJA A MOITIE "CUITS" ? d’Olivier Clerc

    Il s’agit du principe de la grenouille chauffée.

    "Imaginez une marmite remplie d’eau froide dans laquelle nage tranquillement une grenouille. Le feu est allumé sous la marmite, l’eau chauffe doucement. Elle est bientôt tiède. La grenouille trouve cela plutôt agréable et continue à nager.
    La température continue à grimper. L’eau est maintenant chaude. C’est un peu plus que n’apprécie la grenouille, ça la fatigue un peu, mais elle ne s’affole pas pour autant.
    L’eau est cette fois vraiment chaude. La grenouille commence à trouver cela désagréable, mais elle s’est affaiblie, alors elle supporte et ne fait rien.
    La température continue à monter jusqu’au moment où la grenouille va tout simplement finir par cuire et mourir.
    Si la même grenouille avait été plongée directement dans l’eau à 50°, elle aurait immédiatement donné le coup de patte adéquat qui l’aurait éjectée aussitôt de la marmite.

    Cette expérience montre que, lorsqu’un changement s’effectue d’une manière suffisamment lente, il échappe à la conscience et ne suscite la plupart du temps aucune réaction, aucune opposition, aucune révolte."Si nous regardons ce qui se passe dans notre société depuis quelques décennies, nous subissons une lente dérive à laquelle nous nous habituons. Des tas de choses qui nous auraient horrifiés il y a 20, 30 ou 40 ans, ont été peu à peu banalisées, édulcorées, et nous dérangent mollement à ce jour, ou laissent carrément indifférents la plupart des gens.
    AU NOM DU PROGRÈS et de la science, les pires atteintes aux libertés individuelles, à la dignité du vivant, à l’intégrité de la nature, à la beauté et au bonheur de vivre, s’effectuent lentement et inexorablement avec la complicité constante des victimes, ignorantes ou démunies. Les noirs tableaux annoncés pour l’avenir, au lieu de susciter des réactions et des mesures préventives, ne font que préparer psychologiquement le peuple à accepter des conditions de vie décadentes, voire DRAMATIQUES. Le GAVAGE PERMANENT d’informations de la part des médias sature les cerveaux qui n’arrivent plus à faire la part des choses…
    Lorsque j’ai annoncé ces choses pour la première fois, c’était pour demain.

    Là, C’EST POUR AUJOURD’HUI.

    Alors si vous n’êtes pas, comme la grenouille, déjà à moitié cuits, donnez le coup de patte salutaire avant qu’il ne soit trop tard."

    Répondre
  45. Croa
    Croa dit :

    à Agnès:

    J’ai vu que tu as posté le même billet sur AgoraVox.

    Il est en ligne depuis deux jour (Actu/Citoy.)

    Il y a des intervenants qui t’y interpelle…
    et attendent 😐 !

    Répondre
  46. Ploutopia
    Ploutopia dit :

    Ce qui me chagrine dans tout cela, c’est la méconnaissance de la question monétaire par monsieur tout le monde. Dans 20, 30 ou 40 ans, ce ne sont pas des billets qui s’occuperont de nous mais des humains, des personnes. Toute cette mascarade autour d’une vulgaire retraite capitalisée avec laquelle les « grands » de ce monde jouent comme on joue au casino… Il nous faudra bien réapprendre à vivre de manière solidaire. De toute façon, ce sera ça ou crever.
    http://ploutopia.over-blog.com/arti

    Répondre
  47. vieille dame
    vieille dame dit :

    faisons un syndicat des pauvres (interdit aux privilégiés qui prétendent nous représenter).
    A bas les privilèges de toutes nature !
    Vive la vie ! Droit au bonheur ! (pas forcément avec beaucoup de sous : juste asse pour avoir de quoi acheter des livres, des disques, des places de concert, de théatre, des endroits pour danser sans forcément s’alcooliser, de quoi manger (mais pas trop – mais bon) – et de quoi s’habiller (mais pas trop) et se loger et se vêtir et se chauffer (mais pas trop) et un bout de gazon pour que tous les enfants petits puissent se rouler dans l’herbe et connaître ce plaisir peu couteux, et un bout de rivière pas polluée, pour que tous les enfants connaissent la joie du gout de l’eau pleine d’argile et pas de pesticides : c’est pas si compliqué, non ?

    allez, on fait un syndicat ? une toute petite cotisation pour se payer des avocats (chômage, CAF, huissiers, restos du coeur arbitraires, toutes ces petites joies de chômeurs et précaires) et plus si affinités ?

    Répondre
  48. paul r
    paul r dit :

    @ vieille dame.

    oui, d’accord avec vous sur cette idée. sérieusement.

    comment faire ce montage en pratique ? comment le lancer ? comment le diffuser ?

    qui contacter pour ça ?

    moi je suis partant : y a t il d’autres gens qui se joindraient à nous ? ici, sur ce site bénéficiant d’une certaine aura ? ou ailleurs ?

    Répondre
  49. frep
    frep dit :

    Article saisissant . . Les gens se font plumer jour après jour , et ils ne réagissent pas vraiment, car ils croient qu’il leur en reste encore suffisamment malgré la crise . . Lorsque vraiment ils auront été dépouillé jusqu’à l’os sans espoir de retour , alors ils se révolteront . .Je ne suis pas sur qu’il faille attendre longtemps . .

    Répondre
  50. taliesin
    taliesin dit :

    bonjour à tous et spécialement à agnès

    il faut se rappeller que c’est un avant projet, amendable avant le vote et pendant l’aller-retour assemblée sénat, néanmoins comme d’habitude le gouvernement essaie de camoufler des présupposés idéologiques en pragmatisme…

    sans être d’accord avec cette politique, il faut se rappeler que ce président et cette assemblée ont été élus par NOUS, et sont donc légitimes durant leur mandat pour passer les lois qui leur chantent ou presque

    pourquoi nos concitoyens sont presque atones? pour moi c’est dû au contexte du chômage de masse, les employés ne sont pas en position de force pour revendiquer quoi que ce soit, individuellement ou collectivement, et sans parler de complot, les employeurs et les actionnaires n’ont pas intérêt finalement à une amélioration de cette situation.

    on peut remarquer aussi une panne des espérances classiques collectives (politiques et /ou religieuses), ce qui amène l’individualisme et la peur, l’instrument principal de toute manipulation qui se respecte.

    que faire pour y remédier? débattre inlassablement, tout en abandonnant l’illusion qu’un seul individu (soi ou un autre) peut changer le cours des choses, l’homme (ou la femme) providentiel(le), c’est un doux rêve qui permet à tout un chacun de se déresponsabiliser, mais c’est un autre débat. et surtout exercer ses droits de citoyens de "façon préventive" par le vote, les manifs je trouve ça caricatural et somme toute assez improductif, je vis dans un milieu essentiellement encore droitier, et je pense avoir plus d’impact par le débat raisonné que par des slogans automatiques et, pardon de me répéter, caricaturaux.

    le plus difficile dans tout ça, c’est la confusion entre le débat, où chacun apporte sa pierre à la réflexion commune, et le combat, où la finalité est d’imposer sa vérité, l’exemple type de ce nouveau genre de gladiateur c’est frédéric lefèbvre, et en plus soft mais tout aussi efficace xavier bertrand. de plus les médias ne laissent pas beaucoup de place à la réflexion de profondeur, logiquement ils traitent des sujets vendeurs (people, faits divers), peu d’entre eux place la déontologie en première place, et cela joue un rôle dans le déclin de la démocratie.

    bref je ne suis ni pessimiste ni optimiste car je ne connais pas l’avenir, par contre j’ai abandonné l’idée que je puisse faire pencher à moi seul la balance, et malgré un réel intérêt pour la chose publique, je m’en détache doucement et sûrement, je ne peux pas passer ma vie à vouloir régenter celle des autres, fut-ce pour leur bien…

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