Second life

Puisqu’il paraît qu’il va falloir travailler plus longtemps ou, tout au moins, attendre plus longtemps le droit de se reposer d’une vie de travail, explorons le no future que l’on nous vend à la hache.

  • AloneMais c’est normal qu’on ait le droit de continuer à travailler si on le souhaite !

C’est sûr que vu des USA, le débat français sur la retraite doit sembler bien exotique. Là-bas, le travail est une valeur centrale, le pilier de la société américaine, la perfusion à laquelle s’abreuve le mythe de l’american way of life, celui qui dit que tout le monde a sa chance, suffit juste d’être prêt à travailler dur. Et ce ne sont pas quelques dizaines de millions de déclassés et autres mal soignés ou évaporés de la crise des subprimes qui vont faire mentir ce beau rêve laborieux.

  • Hmmm et vous, vous en avez, des vieux qui bossent ?
  • Oui, plein, un peu partout. Ils ont des emplois qui leur sont réservés, des emplois statiques.
  • Ha bon?
  • Ben, il y a une charmante vieille dame de 75 ans qui me sert mon pain, à la boulangerie du quartier.
  • 75 ans !!!
  • Oui, elle a un peu de mal avec son arthrose, mais elle est vraiment très gentille. Et sinon, il y a tous ceux qui font les dégustations de produits, dans les supermarket…

Chez nous, les animatrices de ventes sont surtout des femmes dans la force de l’âge qui élèvent seules des mômes et qui ne peuvent pas vraiment refuser ce genre de bout de boulot payé au lance-pierre. Pour l’instant.

  • Et c’est bien payé, les boulots pour vieux ?
  • Je ne sais pas, mais non c’est le genre de boulot qui ne doit être super bien payé.
  • Ha ouais, et sinon, y a des boulots qualifiés, pour les vieux ? Parce que je vois mal le gars qui a été cadre dans l’informatique pendant 40 ans trouver très intéressant de faire goûter des barquettes de pâtes dans des hypermarchés bondés.
  • Oui, enfin, bon, avec les retraites qu’ils ont, ils n’ont franchement pas le choix.

Et voilà, on y est. On commence toujours par un beau couplet sur la liberté de choix des uns ou des autres et ça finit toujours par un truc bien merdique qu’on doit bouffer à la louche pour ne juste pas crever de faim !

Soleil vert et peaux de grenouille

L’autre argument qui tourne en boucle comme un jingle de mauvaise soupe musicale dans un supermarché bondé un jour de soldes, c’est qu’il est nécessaire de travailler plus longtemps pour compenser le fait que l’on vit plus vieux. Sauf que l’on passe un peu rapidement au-dessus de la notion pourtant essentielle de l’espérance de vie en bonne santé par rapport à l’espérance de vie tout court. Parce que c’est bien beau de vivre en moyenne 10 ans de plus qu’il y a 40 ans, encore faut-il savoir dans quel état on le fait.
La retraite, c’était quand même l’idée d’avoir le droit à quelques petites miettes de temps libre après une longue vie essentiellement vouée à un labeur pas forcément glorieux, passionnant ou juste un peu supportable. Et que nous apprend la notion statistique d’espérance de vie en bonne santé ? Que si tu arrives à 63-64 ans sans trop pécloter, t’es déjà bien content de toi et tu peux estimer, à juste titre, que tu as quand même le cul bordé de nouilles.
Et si on regarde bien le tableau, on constate qu’il y a même des pays où cette fameuse espérance de vie en bonne santé a carrément diminué… alors même que l’âge de la retraite y est suffisamment reculé pour que seuls les miraculés et les teignes puissent espérer finir leur vie professionnelle autrement qu’avec un déambulateur et un titre de handicapé. Mais bien sûr, il faudrait être sacrément tordu pour y voir un quelconque lien de cause à effet.

Ma grand-mère (qui est toujours là, à bientôt 99 ans, à pomper sans vergogne son minimum vieillesse directement dans la jugulaire de la solidarité nationale !) a commencé à bosser vers sept ans en gardant des oies. À 14 ans, c’est la promotion sociale : elle accède aux vaches. Et à 20 ans, elle doit s’exiler à la Capitale pour s’extirper de son destin paysan en devenant boniche pour bourgeois. Quand elle est partie, son idée était de revenir au pays à la retraite pour couler des jours heureux dans le pays de son enfance, retour et repos qu’elle pensait gagner à l’issue d’un demi-siècle de labeur et pas des plus faciles. Elle a pris sa retraite juste à 60 ans, sans attendre d’avoir tous ses droits, parce que son corps, fourbu d’années de grattage de parquets, perclu de rhumatismes, essoufflé par un cœur à peine suffisant à la tâche, n’en pouvait plus. Elle a jeté l’éponge au bout de tout, juste pour quelques bonnes années à faire ce qu’elle n’avait jamais pu se permettre. Elle est rentrée au pays, a fait deux ou trois voyages organisés en Espagne, au soleil, puis le grand-père a commencé à se faire bouffer les os par un cancer. Terminés les voyages et le repos, la voilà embarqué pendant plus de 15 ans comme garde-malade bénévole et contrainte à plein temps d’un vieil homme aigri par une vie de merde qui lui a toujours refusé la moindre compensation.

Mon père, lui aussi, a commencé tôt, vers 14 ans, à la ferme. Bien sûr, ce n’était pas du travail, mais des coups de main, contre un peu d’argent de poche, comme cela se fait dans les familles paysannes. Et ça a continué, plus ou moins comme ça, jusqu’à ses 30 ans, pas franchement déclaré, pas franchement payé, pas du tout cotisant. Il a quitté la terre et a fait sa petite carrière dans le commerce. Une bonne petite carrière dans un boulot pas trop dur physiquement… si on excepte la station debout à longueur de journée et les nécessaires déménagements de meubles, réguliers, logiques aussi, quand on vend des meubles en chêne massif. Donc, pas un boulot très physique, mais quand même un dos pété bien avant l’âge de la quille. Il choisira de continuer à bosser comme indépendant après avoir liquidé sa retraite à 60 ans, in extremis, juste avant de sombrer dans l’infamie du RMI. Parce que sa retraite est toute petite, grâce aux années floues du début de carrière et au chômage envahissant à partir de la cinquantaine, il cumule sa pension avec des missions. Mais pas longtemps. À 63 ans, il est sèchement rappelé à l’ordre par un cancer de la vessie, le truc inexplicable pour lui qui n’a jamais touché une cigarette de sa vie. Même son chirurgien n’avait pas trop envie d’y croire. Mon père y laisse un bon paquet de kilos, sa vessie et une bonne part de son autonomie.

Bernard était notre facteur. Un type gentil et dur à la tâche. À la fin, il en avait ras le cul de La Poste, de ses réformes en rétropédalage, des contraintes de plus en plus stressantes et du boulot, de moins en moins intéressant. Il n’y avait plus qu’un truc qui le faisait tenir : la quille ! Encore deux ans, et à moi les voyages et les parties de pêche ! Il ne pensait plus qu’à ça : sa seconde vie, une vraie vie après le travail !
Quand il est parti à la retraite, il était radieux. Ils se sont organisé un pot avec les copains du boulot et il a fait une dernière tournée, celle de ses bons clients. Il est parti ensuite pour son premier voyage, en Grèce ou un truc dans le genre. Et paf, il a eu un AVC, avant la fin de sa première année de retraite. Directement à la case chaise roulante. On ne comprenait plus trop quand il parlait. Il a dépéri au fond de son fauteuil et il est mort tout doucement au bout de deux ans. On ne peut pas vraiment dire qu’il a eu le temps d’en profiter, de sa seconde vie.

Et puis, il y en a eu d’autres. Plein d’autres. Qui décompensent dans l’année ou choppent un crabe sur le finish. Ou auxquels il arrive des bricoles.
Comme celui qui n’avait jamais le temps de rien. Avec plein de trucs qui traînent dans sa maison payée par une vie de travail. Des trucs toujours remis à plus tard. À la retraite.
Il est monté sur le toit pour réparer un truc qu’il avait trop longtemps laissé en plan.
Il est tombé.
Je me demande s’ils lui ont versé son premier mois de pension ou pas.

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58 réponses
  1. saxo
    saxo dit :

    Ouaip,
    Joli regard un peu aigre sur l’avenir des retraités…
    Maintenant,
    Qu’est qu’on fait, on prend sa retraite entre 18 et 50 ans, histoire de pouvoir en profiter et on rentre dans la vie active après ? 😉
    Comme ça, au moins, vue que la vieillure c’est dur, ben on la cumule avec le travail pour que ça passe mieux.

    Plus sérieusement, retraites ou pas, vieillir, c’est vieillir… on peut pas lutter. On va quand même pas s’en plaindre, non ?
    Ensuite, Etant donné ce que chacun d’entre nous consomme par jour (en bouffe, vêtements, habitation, outils, moyen de transport, hi tech et produits de consommation tous aussi critiquables les uns que les autres), ben si on veut un équilibre, il faut que durant la période relativement courte durant laquelle on est "actifs", on produise l’équivalent de ce qu’on consommera sur la durée de notre vie (en moyenne au moins).
    On peut dire que la technologie et nos "esclaves énergétiques" nous filent un coup de main, mais si on veut pas détruire notre environnement, il va falloir réduire le nombre de nos "esclaves énergétiques".

    Là où je veux en venir, c’est que même si la façon dont ça nous est présenté est désespérante, ben sauf à continuer de piller le reste du monde pour pouvoir mourir en pêchant (des poissons), il va falloir qu’on arrête de rêver à des trucs qu’on peut simplement pas se permettre, et se retrousser les manches pour se donner les moyens de ce qu’on revendique.
    Et de toute façon, ça sera pas le modèle de société duquel on sort (à mon humble avis, on surconsomme énormément)..
    Va falloir réinventer avant que tout ne s’effondre.

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  2. cultive ton jardin
    cultive ton jardin dit :

    Un homme chassait son père de chez lui, vieux et malade il ne servait plus à rien. Il envoya son fils chercher, quand même, une couverture pour le vieillard. L’enfant coupa la couverture en deux et n’en donna que la moitié à son grand père. Soufflé quand même de voir son gosse encore plus rapia que lui, il protesta.
    "Je garde l’autre moitié pour toi quand tu seras vieux."

    On peut faire l’inverse, s’obstiner à assurer aux vieux d’aujourd’hui et de demain une retraite décente, en espérant que nos enfants et petits enfants auront à coeur de faire de même. Car ce sont les valeurs que nous leur transmettons aujourd’hui qu’ils appliqueront demain.

    C’est d’ailleurs une bonne raison de résister aux tentatives sournoises de monter les générations les unes contre les autres, ces enfants de trois ans délinquants potentiels, ces vieux égoïstes qui se gobergent (100 euros de plus!!!) à nos frais, ces jeunes qui ne respectent plus rien, et gna gna gna.

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  3. Euterpe
    Euterpe dit :

    "Là où je veux en venir, c’est que même si la façon dont ça nous est présenté est désespérante, ben sauf à continuer de piller le reste du monde pour pouvoir mourir en pêchant (des poissons), il va falloir qu’on arrête de rêver à des trucs qu’on peut simplement pas se permettre, et se retrousser les manches pour se donner les moyens de ce qu’on revendique.
    Et de toute façon, ça sera pas le modèle de société duquel on sort (à mon humble avis, on surconsomme énormément)..
    Va falloir réinventer avant que tout ne s’effondre".

    Entièrement d’accord avec saxo.

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  4. matou
    matou dit :

    Ces réformes sont contre-productives. Des tantes souhaitaient continuer à travailler même si elles pouvaient prendre leurs retraites c-a-d en sachant qu’elles pouvaient à tout moment décider de "passer" le pas. Maintenant, elles ont tellement peur de ne plus y avoir droit, qu’aucune n’est prête à faire 6 mois de plus et risquer d’avoir des conditions moins favorable.

    Ensuite, pour répondre aux commentaires précédents, je ne vois pas pourquoi vivre avec moins et/ou différement nécessiterait de travailler plus longtemps. Il y a un lien de cause à effet que je ne vois pas. Il va falloir m’expliquer.

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  5. Décadence
    Décadence dit :

    Oui, et puis j’ le vois venir l’argument "qui tue". On va nous sortir aux (futurs) retraités : "si vous n’êtes pas content, vous n’avez qu’à vous suicider !".

    Ouais, ils se gardent bien de parler de la partie humaine de cette "réforme des retraites"… ils s’acharnent à n’exhiber que la partie comptable, et uniquement la partie comptable. Elle est pas belle à montrer la conséquence sur la partie humaine… À part quelques cas particuliers, quelques exceptions… qui confirment la règle. Mais c’est sûr que si ces politiciens sont tous des cumulards, comme ils ont bien l’air de l’être, ça ne va pas changer grand-chose, cette "réforme des retraites", pour eux…

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  6. Pierre jc allard
    Pierre jc allard dit :

    La solution, elle est facile. Un travail revenu garanti qui se transforme en retraite tout aussi garantie… C’est d’en parler aujourd’hui qui est difficile. Parce que rien n’est garanti et que l’anecdote qui finit mal désole et que celle qui finit bien ne console pas. Dire qu’on s’en sort bien, c’est donner une image d’embusqué. C’est le petit cochon ‘"Babe", un peu gêné de ne pas se mettre en rang pour l’abattoir, par solidarité…. Il faudra en finir avec les abattoirs

    Pierre JC Allard

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  7. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Tu sais, on s’en fout un peu du pantin qui sera chargé l’appliquer les décisions et le calendrier des ONG internationales non démocratiques comme l’OCDE ou le FMI. Nous, ce que l’on veut, c’est de la place pour créer un nouveau projet de société où l’humain ne serait ni une ressource, ni une variable d’ajustement, où l’on ne cacherait pas la barbarie derrière des chiffres soit-disant neutres.

    Je parle de l’espérance de vie en bonne santé parce qu’en Europe, elle plafonne entre 58 et 64 ans, alors qu’ils parlent tous de retraite à 67 ans. C’est pour bien comprendre l’absolu cynisme de ces fausses réformes qui n’ont pour objectif que de siphonner encore plus l’argent des travailleurs vers la finance, de créer de la pauvreté et donc, de la souffrance, comme dégât collatéral. Je donne quelques exemples bien concrets de la réalité de la retraite, loin des clichés lisses des publicités pour conventions obsèques. La réalité, c’est que c’est autour de 60 ans que la machine commence à lâcher et que ce n’est pas réservé aux maçons et aux manœuvres. On a amélioré l’espérance de vie globale en soignant mieux les maladies qui tuaient les vieux avant, et aussi en limitant la mortalité infantile, en n’ayant pas de guerre, ce genre de chose qui ruine une courbe, le temps de le dire.

    Certes, ceux qui arrivent à 60 ans en bonne santé existent et certains, parce qu’ils ont un mode de vie convenable, une bonne base génétique et pas mal de fion, arriveront à avoir jusqu’à 20 ans de vie en bonne santé, à faire des trucs intéressants, voire du sport, même s’ils doivent bien faire gaffe à ne pas se claquer bêtement. Mais c’est une petite minorité riquiqui.

    Vous savez pourquoi on est majoritairement partis d’une retraite à 60 ans? C’était le modèle de Bismark, pas un grand philanthrope devant l’éternel. Quand il a fallu fixer un âge pour pensionner les gens, il a demandé à ses conseillers :

    • Bon, quel est l’âge moyen de décès dans notre pays?
    • 60 ans.
    • Bien, on mettra donc l’âge de la retraite à 60 ans!
    Répondre
  8. cultive ton jardin
    cultive ton jardin dit :

    Bien contente d’avoir la confirmation de ce que je pensais intuitivement: l’âge de la retraite fixé en fonction de l’age moyen de décès. C’est tout simplement ce qu’ils essaient de nous vendre, avec leurs arguments sur l’espérance de vie. Mourir, au travail, mourir DU travail, ya que ça de vrai.

    (Bismarck, c’est vieux ça, tu es sûre de tes sources? En plus, ya pa si longtemps que la retraite était encore à 65 ans, non?).

    Répondre
  9. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Au temps pour moi. C’est Bismark qui fonde le premier système de retraite en 1889. La phrase est : "A quel âge faut-il fixer l’âge de la retraite pour qu’on ait jamais à la verser ?" ou un truc comme : "Ầ quel âge tout le monde est-il mort ou presque?", la réponse est bien 65! Bismark voulait un peuple plus heureux (donc, moins chiant et plus productif) et peuple avait peur de deux choses : ne plus avoir la force de travailler et de sombrer dans la misère. D’où la sécu, pour indemniser les malades et la retraite, pour ceux qui ne pourraient plus arquer.

    Répondre
  10. Proximarc
    Proximarc dit :

    Et oui ! Nous avions un avocaion et une fille de l’ENA qui brigaient la Présidentielle.
    Un qui avait augmentait la dette de la France de 40%
    Un enarque qui avait une région qui fonctionnait et qui fonctionne toujours à merveille.
    Que croyait vous que les Français ont choisi ???
    Et, j’espère que ces gens là se plaignent pas

    Répondre
  11. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    @baudat Je ne parle pas de mort, mais de capacités de travail amoindries, de maladie, de handicap, ce qui est le lot de la majorité des gens autour de la soixantaine. Quant aux exemples "larmoyants", il s’agit de ma famille, de mes proches.

    Répondre
  12. bruckeb
    bruckeb dit :

    Merci de parler de cette notion d’espérance de vie en bonne santé. Gérard Filloche, inspecteur du travail et conférencier en parle de plus en plus. Bien que socialiste son discours est intéressant. Vous pouvez trouver des vidéos de lui sur youtube.

    Répondre
  13. cultive ton jardin
    cultive ton jardin dit :

    Baudat nous amuse avec cet intervalle négligeable entre 60 et 63. Pas été si négligeable que ça la différence entre mourir à la tâche et profiter un peu de sa vie pendant trois ans.

    C’est vrai que la vie des petites gens ne vaut pas cher, et que les larmes qu’on verse sur eux sont… larmoyantes.

    Répondre
  14. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Je fais de la randonnée en montagne avec des sexa et septuagénaires en pleine forme que j’ai le plus grand mal à suivre sur la longueur. Cela dit, il leur arrive aussi d’avoir des trucs qui craignent, comme un cancer, un infarctus, ce genre de truc. Certains pètent la forme et c’est tant mieux! Maintenant, je vis dans un bassin où les gens ont tendance à vivre parmi les plus vieux de France, des gens qui vivent dehors, qui vivent bien aussi. Un bassin vieillissant aussi et si la plupart des sexta sont valides, il y en a une grosse proportion qui ne sont pas en super bonne forme : des douleurs, des maladies, des tas de petits trucs qui font qu’ils arrivent à avoir une vie oisive à peu près normale, mais je ne les vois pas se coller 7 ou 8 heures de boulot par jour. Physiquement, ça ne peut pas passer. Ce n’est pas pareil d’être bénévole dans l’association du coin, de faire un peu de sport et quelques voyages que de se coller sur un boulot 35 heures par semaine. Pas du tout la même usure, la même fatigue. Ces gens vivent bien, mais le stress, la compétition, le speed, la pression, tout ça, ce n’est plus du tout pour eux.

    Et n’oublions pas que nous croisons dans notre vie quotidienne essentiellement les vieux en forme, les valides, les pas dépressifs, les sociaux. Parce qu’il y a aussi tout les autres qu’on voit moins parce que pour eux, la vieillesse, ça se paie cash et ça les coince à la maison, à l’hosto ou à l’hospice. Je côtoie assez les vieux pour dire qu’un allongement de la vie de travail est plutôt irréaliste et hypocrite. La réalité, c’est que la plupart ne pourraient pas tenir le rythme quelques années de plus, qu’ils arrivent à l’âge où chaque années compte double ou triple. La réalité, c’est qu’allonger la vie de travail dans un monde de chômage massif, c’est juste un gigantesque bond en arrière, à l’époque où les gens se tuaient au boulot ou crevaient dans la misère.

    Répondre
  15. baudat
    baudat dit :

    roooo les petits exemples larmoyant pleins de pathos…
    On peut faire la même chose avec ma petite soeur qui est morte à 4 ans et mon père à 44 ans.
    Bref on meurt à tout age, pas la peine de foutre ça sur le dos d’un gouvernement.
    Et si on suit tes exemples, finalement qu’elle soit à 60 ou 63 ans la retraite, ca change pas grand chose puisqu’on y meurt dans cet intervalle.

    Répondre
  16. galunto
    galunto dit :

    On peut aussi voir que si l’espérance de vie a augmenté c’est justement parce que l’âge de la retraite a été avancé jusqu’à 60 ans. Aujourd’hui, les promoteurs de la "réforme" renversent le lien de causalité en se servant de ce gain d’espérance de vie pour justifier d’un rallongement de la durée au travail.

    Répondre
  17. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Oui, la notion d’espérance de vie en bonne santé est importante et c’est pour cela que l’expression comporte dans l’article un lien qui va directement à l’officine obscure et malconnue des hommes politiques qu’est l’INSEE…

    Après, le déni, c’est facile tant qu’on est jeune et qu’on pète le feu. Le jour où tu t’aperçois que grimper un étage par l’escalier représente un effort, où tu peines à lacer tes grôles, ou ce genre de truc, forcément, tu comprends tout de suite beaucoup mieux ce que je raconte ici.

    Maintenant, je vous rassure tous : je pète le feu ET je me sens concernée par la qualité de vie des vieux, de tous les vieux!

    Répondre
  18. Christine
    Christine dit :

    Je crois que c’est pas tout à fait vrai et que aujourd’hui la majorité des gens qui y arrivent sont en forme à 60 ans (l’espérance de vie en bonne santé à la naissance est de 63/64 ans).

    Mais c’est pas une raison pour ne pas défendre mordicus le droit d’arrêter de bosser, en ayant un revenu qui permette de profiter de la vie. Parce que c’est un morceau de vie arrachée au système capitaliste. Parce qu’il faut partager le travail (en le réduisant autant que possible).

    Il faudrait même lutter pour la retraite à 55 ans et la semaine de 20h !!!!

    Répondre
  19. Décadence
    Décadence dit :

    C’est amusant, on entend pas souvent les gens dire ou se plaindre de l’usage d’exemples "heureux"…

    C’est curieux ce désir de certains de toujours vouloir ne voir que l’exception "heureuse" ! C’est pareil avec le "marché de l’emploi", avec les jeux de hasard, etc. C’est peut-être pour cela que certains sont fâchés avec la Statistique ?

    Répondre
  20. Totoze
    Totoze dit :

    Tu met le doigt exactement la où ça fait mal : ce qui compte c’est l’espérance de vie en bonne santé, pas l’espérance de vie total. Sachant que cette dernière a essentiellement profité de la diminution de la mortalité infantile et plus généralement de celle des maladies, mais pas vraiment d’une diminution de la dégénérescence physique et intellectuelle qui vient avec l’age.

    Sinon est-ce que par hasard tu aurait quelques chiffres sur cette espérance de vie en bonne santé.

    Répondre
  21. saxo
    saxo dit :

    Super D’accord.
    Le problème c’est comment on fait ?
    cf mon premier post.
    On arrête de consommer (comme ça y’a moins à produire). Moi je serais assez d’accord, mais m’est avis que vu toutes les revendications pour avoir plus de "pouvoir d’achat", c’est une idée qui passe mal aujourd’hui…

    Répondre
  22. paul
    paul dit :

    ben…
    "allonger la vie de travail dans un monde de chômage massif…" rien que en soi, ça ne tient pas.
    donc y’a pas besoin d’aller voir les stat et la compta
    c’est forcément un truc profondément malhonnête.

    donc forcément, c’est pas seulement un retour en "arrière" : c’est effectivement directement la volonté indiquée précédemment de faire crever les gens plus vite et plus tôt de misère masquant un suicide généralisé.

    c’est un crime contre l’humanité très bien organisé.

    la réaction de baudat est ignoble de dénie du sens de ce qui est expliqué autant que de bon sens réaliste. elle ne lui est pas propre malheureusement. et c’est ça qui est aussi très inquiétant.

    Répondre
  23. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    @baudat le débat sur les retraites n’est qu’un enfumage de première classe! Parce qu’on ne peut parler des retraites sans avoir mis sur la table les préalables : le travail, les salaires, les revenus et le chômage. Il n’y a pas tant un problème démographique qu’un énorme problème de répartition des revenus, de la productivité. Le problème n’est pas les vieux, mais la manière dont le capital a soustrait 10% de la richesse produite aux salaires en 30 ans. 

    La valeur ajoutée, c’est la somme de tout ce qui est produit dans le pays. En France, c’est environ 2 000 milliards d’Euros. (Inscrit 2000 milliards.) En 1983, environ 75 % (Inscrit 75 %.) partait aux travailleurs – en salaires, mais aussi en retraite, en sécurité sociale, en ASSEDIC. Aujourd’hui, c’est à peu près 65 % (Inscrit 65 %). 75 % – 65 %, égal ? 10 %. 10 % de 2 000 millards, ça fait combien ? 200 milliards. Ca signifie que, si on avait conservé la répartition Capital / Travail de 1983, les travailleurs toucheraient – chaque année – 200 milliards de plus. Soit 5 000 euros de plus par tête ! C’est ça que nos camarades guadeloupéens appellent la profitation.
    Fakir, numéro spécial du 1er mai 2010

    Avec ça, tu comprends bien que le financement des retraites, de la Sécu et même des écoles et des routes, ce serait nettement moins un problème qu’aujourd’hui, non? C’est 10% de la masse salariale nationale qui manque à l’appel, et la masse salariale, c’est l’assiette sur laquelle se prélèvent toutes les cotisations qui règlent les questions de solidarité… Soit largement de quoi payer de bonnes retraites et une bonne santé à tout le monde.

    Et encore, pendant le même temps, la productivité des travailleurs a augmenté! Chaque bonshomme au boulot produit plus de richesse en 2010 qu’en 1983. Et pas qu’un peu. Du coup, on a besoin de moins de temps/bonshomme pour produire la même quantité de biens/services. Sans compter qu’on produit des tas de trucs merdiques qui servent à rien et qui polluent. Si donc, on répartissait toute la productivité actuelle sur l’ensemble des biens et services réellement nécessaire au bon fonctionnement de la société, on se rendrait compte que personne ne devrait avoir à laisser 35h de son temps chaque semaine pour les besoins de tous (et pas seulement des mecs solvables et gaspilleurs) soient satisfaits. Ce qui fait qu’on pourrait déjà passer plein de temps, pendant notre vie active, à faire des tas de trucs intéressants et passionnants au lieu de se tuer la tête et la santé à des tâches parfois absurdes et inutiles. Et si on estime qu’on peut partager équitablement les besoins de productivité entre tous les gens actifs au lieu de concentrer une charge de travail de plus en plus écrasante sur de moins en moins de gens en condamnant les autres à la précarité à vie, on règle du même coup la question du chômage et pas mal de problèmes induits, comme la santé au travail et le bien-être général.

    Mais voilà, au lieu de réfléchir à toutes ces choses essentielles, on te dit que les caisses sont vides (ce que l’on nous racontait déjà avant de les vider plusieurs fois et abondamment pour renflouer les capitalistes en général et les banques en particulier), qu’on est des boulets (alors que nous sommes la seule richesse réelle de ce monde) et qu’il faudra travailler plus longtemps, alors même qu’on n’arrive déjà pas à répartir le travail avec les jeunes et les chômeurs. Autrement dit : ON SE FOUT GRAVEMENT DE NOTRE GUEULE!

    Répondre
  24. cultive ton jardin
    cultive ton jardin dit :

    "Ces gens vivent bien, mais le stress, la compétition, le speed, la pression, tout ça, ce n’est plus du tout pour eux.":

    C’est probablement pour ça que, parfois, on les retrouve en meilleure forme après un an ou deux de retraite. Mis à part le moment de creux qui suit parfois la perte d’activité, parce qu’avec on perd les liens sociaux et le "marche ou crève", le fait de s’occuper à son rythme et avec plaisir n’a rien à voir avec ce qu’on appelle actuellement le "travail".

    Si je suis en difficulté au boulot parce que je ne vois plus à quoi sert ce que je fais, ou parce qu’il y règne une ambiance de merde, je suis obligée de supporter, le congé maladie n’apporte qu’un répit très bref. Si ça se passe dans une association… ben je me barre et je m’investis dans une autre. Je me prends pas la tête, je me ronge pas la santé.

    Ah voui, mais si on travaille pas assez?
    Saxo écrit: "On arrête de consommer (comme ça y’a moins à produire)." On va pas arrêter de manger mais certains pourraient peut-être MIEUX manger (moins de viande, plus de produits locaux et de qualité) et qui sait pour moins cher (Amap, vente directe, auto-production). On stoppe la spéculation immobilière (le logement, c’est indécent ce qu’il coûte désormais, même avec les "aides" qu’on paie bien sûr par ailleurs). Pour le reste, on SUPPRIME tous les gaspillages, en commençant bien sûr par les gaspillages nuisibles.

    Réfléchissez bien ya de quoi faire sans se contraindre beaucoup.

    La meilleure preuve, c’est que sécu, retraites et allocations familiales ont été généralisées au moment où on sortait de la guerre, économie ruinée, pays saigné à blanc. Et soixante ans plus tard, avec en plus les énormes gains de productivité réalisés, on pourrait plus payer?

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  25. dominique
    dominique dit :

    jolie chronique mais c’ets pas un peu surrealiste de parler d’age de la retraitre alors que le probleme c’est l’emploi des jeunes ,des rythmes de vier differents,des parcours individuels,des choix personnels alors on fixe une duree de cotises etpas d’age comme en allemagne citée souvent en exemple et puis allons soyons radical un service public du troisieme age je reve?

    Répondre
  26. paul
    paul dit :

    ce thème est pour moi directement eeeen relation avec la conception que l’on a de la relation à soi ET à l’autre, comment on s’y identifie, comment on reconnait l’autre en soi, et soi en l’autre.
    c’est toute la question du rapport au prochain, de l’altérité.

    cela m’a fait penser au débat qui avait eu lieu lors de la guerre d’algérie, concernant la stratégie de lutte du FLN contre l’armée et les politiques français.

    A la violence guerrière évidente comment fallait-il répondre ? Pas évident du tout quand cela lie aussi toutes les conceptions sur lesquelles ont veux construire un pays, motiver des populations.

    La réponse de Camus a été re-citée récemment : "Je préfère ma mère".

    Pour moi, c’est un point central, fondamental. il y a directement la notion d’afiliation affective qui fonde le social. Ce n’est pas du particularisme filiale. ça va bien au delà.
    Quand on est sensible à l’autre, on ne peut plus répondre aveuglément aux autres. L’autre, c’est aussi ma mère. Même si elle représente la bêtise traditionnaliste des gens adorateurs des uniformes etc… ou des traditionnalismes religieux (c’est le cas de la mienne).

    La question de la retraite, c’est aussi ça, comme celle de la mutualisation ET de la collectivisation des ressources fondatrices des réponses aux besoins que TOUS les humains partagent.

    Ce qui est nié dans toutes ces idées méprisant les ressources communes, les solidarités économiques et sociales, bien plus encore que la souffrance sans limite de cible de toutes conditions biologiques et sociales, c’est l’évidence de l’indispensabilité de tous à chacun à toutes les échelles.

    Ce qui est nié dans ce regard sur la vieillesse, comme sur la maladie, comme sur l’enfance, comme sur le travail etc… c’est "l’autre", et ça va aussi plus loin que l’autre humain, donc bien plus que l’autre en dehors de tout groupe de référence : c’est l’autre en tant que "le monde".

    Ce qui est affirmé dans ces idées, c’est la volonté de puissance, l’esprit de domination, la valorisation de celui qui écrase un capital de victimes.

    Répondre
  27. Baudat
    Baudat dit :

    Oui supprimons les budgets de l’éducation national ou tout autre budget sans importance pour financer les retraites à moins que l’on touche directement aux salaires en doublant les cotisations.

    Certains mormons lecteurs seront (encore) sans doute choqué par cette remarque.

    Ce que je veux dire plus simplement, c’est qu’il est facile de dire ces choses là (que ca soit pour se donner bonne conscience ou pas). Bien sur qu’on n’a pas envie d’executer en masse les + de 60 ans. Bien sur que c’est choquant, mais étonnement, je crois que ça plait au peuple d’être mené en bateau quand il s’agit de passer au bureau de vote.

    Répondre
  28. saxo
    saxo dit :

    Agnès, je partage ton indignation sur la répartition des richesses. Ta sensibilité tournée aujourd’hui vers les personnes agées et énormément d’autres choses.
    Mais
    La productivité par travailleur, qu’est ce que c’est ? Ca pioche dans les réserves pétrolifères quelque part, non ? Dans les réserves nucléaires aussi je suppose, et bien quelques autres tout aussi destructrices…
    Si on doit produire une quantité de biens équivalente à ce qu’on cosomme sur une vie en ne se servant que d’énergies propres, ben va falloir être moins exigeants quant à notre désir de consommation (merci Euterpe de me rappeler que certains sont partants, j’en suis aussi 😉 ).
    Et ça fait aussi partie de l’équation.
    On peut (et on doit) s’en prendre aux banques et à tous ceux qui spolient les autres, mais ce ne sera pas suffisant pour trouver un équilibre, sauf à continuer nous mêmes à voler le reste du monde.

    Répondre
  29. paul
    paul dit :

    Saxo : ben c’est évident que de repenser ce à quoi l’on participe est fondamental.
    le consumérisme a été développé pour répondre à une stratégie du système motivé par la domination des uns sur les autres selon une conception du rapport au monde.
    la grande majorité des produits qui sont "consommés" par "les gens" ont été inventés, à commencer par le besoin de ces produits.
    Donc, la grande majorité des produits qui nous "permettent" de travailler, donc de participer au système pour y "survivre" sont le sujet de notre complicité à ce système dont nous sommes le capital de victime et dont il se valorise.

    Y’a effectivement à abandonner énormément de nos pulsions d’achats, mais aussi de nos illusions sur des besoins… et par la suite donc de sortir du marché en tant que cible marketing sur lesquelles "ils" comptent…

    ça veut dire aussi, perdre son travail tel qu’on l’a toujours conçu et sur lequel on fonde notre identité sociale et notre participation au monde.

    l’idée, c’est de ne plus travailler pour "gagner" sa vie individuelle, mais pour participer à l’entretien de la vie, au delà de la société seule.

    l’idée, ce n’est plus de travailler pour répondre à son identité de consommateur, mais pour "sa mère et son père", pour son prochain.

    parce que je suis le prochain de mon prochain.

    Répondre
  30. rastapopey
    rastapopey dit :

    Ça me rappelle une remarque d’une caissière de supermarché partant à la retraite : "Moi j’ai cotisé toute ma vie pour ma retraite, mais l’automate qui va me remplacer, pour qui va t’il cotiser ?"

    Cette anecdote souligne un fait : la productivité augmente, c’est souvent une bonne chose, parce que certains travaux pénibles ont été remplacés par des machines, mais ce progrès technique mis au point par l’effort de tous ne profite qu’à un cercle restreint…et pour le reste c’est le chômage de masse et maintenant on veut nous faire gôber le recul du départ à la retraite (parce qu’il n’y a plus assez d’actifs pour cotiser ! )

    Bref c’est le système de redistribution qui est en panne.

    Répondre
  31. baudat
    baudat dit :

    Mauvais exemple sur le fait de montrer du doigt l’innovation : les machines ont besoin d’etre pensées, construites, vendus, maintenus, remplacées.
    En revanche, il est clair que l’on a jamais autant produit de richesse avec une meilleure productivité …. Ou va l’argent??

    Répondre
  32. saxo
    saxo dit :

    ok, bon, on pousse un tout petit peu plus loin, pour répondre à Paul et à Cultive ton Jardin…
    D’accord pour dire qu’il faut réduire drastiquement notre consommation.
    Ce que je dis, c’est que c’est un préalable à la restructuration des retraites… Sinon, on avance encore plus dans l’absurde et le déséquilibre.
    Tant qu’on reste dans le modèle de société dans lequel on est, exiger le maintient de la retraite à 60 ans et demander une revalorisation des retraites (ce qui me semble nécessaire aussi) n’aura pour conséquence que de nous précipiter dans le mur un peu plus vite…
    Pour répondre à ta remarque, cultive ton jardin, sur l’après guerre, et le système de répartition meilleur dans un monde moins productif et moins riche qu’aujourd’hui.
    Déjà, à cette époque, on consommait énormément moins qu’aujourd’hui, ensuite, on se foutait de polluer la planète, et on n’avait encore moins de scrupules qu’aujourd’hui à pomper les richesses des pays "sous développés".
    Alors, oui, ça marchait. Et y’avait pas que des trucs à jeter, mais y’en avait aussi.

    Dénoncer l’arnaque qui est faite aujourd’hui, parler de la longévité de vie en bonne santé, super. Bien vu Agnès, merci pour ta pertinence.
    Mais de toute façon la tâche est nettement plus grande que de maintenir un système de retraite qui ne peut pas trouver son équilibre dans la société de surconso dans laquelle nous vivons (même en allant chercher le fric là où il est vraiment parce que c’est pas du fric qu’il nous faut, mais de quoi vivre).

    Répondre
  33. rastapopey
    rastapopey dit :

    @baudat : Je ne suis pas si convaincu : Si la productivité à tant augmenté, c’est bien grâce au progrès technique. Il faut certes du monde pour développer / vendre / maintenir une moissonneuse batteuse mais bien moins qu’il ne faudrait de personnes pour les récoltes avec les moyens d’avant…

    Donc je reste convaincu que la part des cotisants baisse au profit des machines qui représentent en fait un investissement de capital. Ce qui explique en partie la migration des richesses du travail vers le capital.

    Je ne critique pas le progrès technique, il suffit de penser à la révolution qu’à représenté l’imprimerie par rapport au travail de copiste, et des nombreuses possibilités que ça a permis. Mais il me semble pertinent d’envisager de prélever des cotisations là où on en supprime. En l’occurrence de taxer les automates (et donc le capital) qui remplacent les caissières pour contribuer à financer les retraites de ces dernières.

    Répondre
  34. paul
    paul dit :

    ben, Saxo, encore d’accord, ainsi qu’avec la remarque du déplacement des richesses produites vers le capital, par l’intermédiaire du progrès technique, de la mécanisation etc…
    à la base, y’a la propriété privée des ressources et des moyens de productions.
    tant que ce principe de la propriété privée des moyens de productions et des ressources restera tabou, la domination aboutira à son objectif… de se créer un capital de victimes, donc de ne pas nous permettre de quoi vivre.
    ce qu’il faut, c’est que le but de l’économie ne soit plus la domination privée mais d’entretenir la vie de tous. donc de nous donner de quoi vivre et pas du fric.
    de quoi vivre les uns par les autres, chacun selon ses aptitudes, de ceux qui travaillent la terre autant que de ceux qui produisent de la connaissance, de la technologie, de l’art, du plaisir, etc…

    Répondre
  35. H
    H dit :

    Pour bien comprendre ce qu’il se passe, il faut lire cet article de
    FRÉDÉRIC LORDON :
    http://www.monde-diplomatique.fr/20

    Un autre site qui nous informe magnifiquement est celui de
    PAUL JORION :
    http://www.pauljorion.com/blog/

    C’est à un changement de régime auquel nous assistons. Un changement qui nous ramène deux cent ans en arrière. Si nous ne
    comprenons pas qu’il va falloir opérer un " Contre- Choc " pour contrecarrer la nouvelle aristocratie, et bien nous nous retrouverons sinon tous du moins plus nombreux par millions
    au secours populaire ou au secours catholique. Ou dans la rue à bouffer des chats avant les rats. A bientôt donc.

    Vous allez dire que j’exagère. En Argentine aussi, ils n’y croyaient pas
    quand les banques ont fermés et ont volé l’argent des dépositaires.
    Parfois toutes les petites économies des gens en prévision de leurs retraites…………!!!

    Nous avons le choix entre le nouveau servage ou l’honneur retrouvé.
    Misère ou Résistance.
    Le programme des " Jours heureux " du Comité National de la Résistance revu et augmenté ou le retour infâme de l’aristocratie pourvoyeuse de mort, de misère, de décérébrage et d’enfermement.
    Sarkozy annonce la fin des Jury populaires, c’est dire si la fin de la république est partout proclamée –
    Oui, oui nous en sommes bien là : Misère ou Résistance.

    Répondre
  36. Passant
    Passant dit :

    "Tu sais, on s’en fout un peu du pantin qui sera chargé l’appliquer les décisions et le calendrier des ONG internationales non démocratiques comme l’OCDE ou le FMI. Nous, ce que l’on veut, c’est de la place pour créer un nouveau projet de société où l’humain ne serait ni une ressource, ni une variable d’ajustement, où l’on ne cacherait pas la barbarie derrière des chiffres soit-disant neutres."

    Qu’est-ce qui t’en empêche ? On a jamais interdit à qui que ce soit de vivre comme bon lui semble… mais bizarrement, quelque chose me dit que cette vocation altruiste semblerait incapable de s’épanouir sans le confort matériel de cent miséreux par penseur…

    Répondre
  37. cultive ton jardin
    cultive ton jardin dit :

    @ saxo, 35:

    Réduire drastiquement notre consommation… certes, mais yen a qui ont déjà réduit drastiquement, par force: faut il, ceux là, les pressurer davantage? Parce que, quand même, ils sont la majorité, ils ont fait ça toute leur vie, et maintenant ils commencent à rogner sur l’indispensable, la santé en particulier.

    Pour les autres, bonne nouvelle: nos marionnettes politiques ont désormais injonction de ne pas CUMULER leur retraite de parlementaire avec certaines autres ressources publiques. Et ce n’est que la partie visible de l’iceberg. On est dans un très mauvais film comique. Tout l’argent qu’on acceptera de ne pas percevoir, ce sont les plus rapaces qui le gaspilleront à notre place. La planète n’y gagnera rien, au contraire, ces gens-là, avec plus d’argent, auront plus de pouvoir.

    Pas un an de plus, pas un sou de moins, RIEN.

    Répondre
  38. Décadence
    Décadence dit :

    Faut pas se fier à la superficialité des choses, aux apparences ! C’est bon pour les politiciens, ça !

    Parce que bien sûr que les retraités que la plupart des gens croisent sont en bonne santé ! Parce que ceux qui sont en mauvaise santé ou qui sont morts, ils sont "chez les vieux" ou au cimetière… donc, vous n’êtes pas près de les voir ! À moins, bien sûr, de faire l’effort d’aller les voir…

    Parce que c’est un peu facile aussi : les malades, les morts… ils ne peuvent pas donner leur avis, manifester, etc.

    Et c’est petit et mesquin d’en profiter !

    Répondre
  39. speedy
    speedy dit :

    Le point sur la répartition entre travail et capital mériterait d’être mis bien plus en avant dans les discours politiques et pas uniquement par des partis groupusculaires…

    Si MSF est une ONG, par exemple, le FMI et l’OCDE n’en sont pas. Pour preuve, leurs membres sont des états !

    Répondre
  40. blob
    blob dit :

    Une chose auquelle on ne pense pas non plus, c’est que les gens vivent aussi plus longtemps en relative bonne santé parce qu’ils arrêtent de travailler plus tôt: si vous manipulez à longueur de journées des solvants cancérigènes ou que vous ne vous usez plus dans un travail posté répétitif, les quelques années que vous gagnez sur ce genre de labeur vous sauve la vie…

    Autrement dit, l’argument du " vous vivez plus longtemps donc il faut travailler plus" est débile: si vous travaillez plus longtemps, ben, vous mourrez plus tôt…

    Répondre
  41. Alain L.
    Alain L. dit :

    Une chose qu’on ne dit pas non plus : à toujours dire qu’il faut travailler plus longtemps parce qu’on vit plus longtemps, on tend à considérer tout simplement que la vie n’est rien d’autre qu’un capital et le travail un impôt qu’on prélève sur elle. Or, non, la vie, ce n’est pas ça.

    Répondre
  42. fao
    fao dit :

    Ca vous fait pas réagir, 35 versus bientôt 42 annuités en France. Le français n’est plus un coq, fier et braillard, mais un poulet plumé par ses dirigeants. Des fiottes…

    Quand je pense que quand je me suis fait viré, Mme Maillard m’avait argué que j’avais sûrement fait des trucs pas bien.

    Oui, il y a deux ans et demi j’avais relaté mes mésaventures en France sur ce blog et ai eu la réponse de l’auteure de ce blog.

    Les français se comportent comme des poules mouillées, ça braille dans les couloirs, mais dès qu’il faut taper dur, y a plus personne.

    Hallucinant !

    Répondre
  43. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    fao, tu commentes ici depuis juillet 2007 sans aucun soucis. Là, je lis que tu m’accuses de t’avoir pointé du doigt lors de ton licenciement. Je me dis :" merde, c’est bizarre que j’ai sorti un truc pareil, il avait dû me taper sur le système ce jour-là ou un truc dans le genre". Donc, je retrouve un gros tas de commentaires sous ce pseudo et tombe sur la discussion où tu parles de ton licenciement. Là, j’ai bien relu, et je n’ai jamais sous-entendu que c’était de ta faute. Le seul truc, c’est que je soulignais que ton chef devait salement t’en vouloir pour t’avoir collé un congé conservatoire, qui est le top de la saloperie en entreprise. Peut-être l’expression "comme quoi tu avais poussé le bouchon un peu loin" était maladroite, parce que je pensais à la vengeance du chef, pas à toi.

    Bon, si tu l’as mal vécu, je m’excuse, ce n’était pas le but. Maintenant, je ne dois pas être si horrible que cela, depuis le temps que tu reviens animer mes pages 😉

    Répondre
  44. fao
    fao dit :

    Je n"ai pas dit que tu es horrible et j’apprécie tes textes.

    Mais je n’ai jamais poussé le bouchon loin, j’ai seulement pas plié devant les raclures, les ordures, que j’ai eu en face.

    L’affaire continue, après les prudhommes et la court d’appel, maintenant le TGI et probablement la cassation, je vais les disperser ces salopards. Eventuellement, la court pénale USA si l’occasion se présente, ça pourrait arriver…

    Je suis pas méchant, mais quand on me cherche, je cogne, et dur si nécessaire.

    Les salariés de la boite où j’étais, pour la plupart considéraient la direction comme pourrie et le jour où je me suis fait bastonner moralement, il y a eu presque personne, sauf du côté du personnel féminin ouvrier.

    Et ça n’est pas la première fois que je constate que ce sont les femmes avec un statut d’ouvrières qui sont les plus combattantes et qui ont le plus d’honneur. Elles sont souvent admirables, faible salaire, tâches dures, compétentes et résistantes.

    Désolé, mais à situation infecte, il faut mettre les moyens :
    10 000 euros de frais d’avocats à ce jour.

    J’ai gagné une première manche, l’affaire continue.

    En tous cas, mon employeur allemand est autrement plus civilisé et correct que ce que j’ai vu en France.

    Répondre
  45. fao
    fao dit :

    10 000 euros pour faire valoir ses droits, j’insiste sur la somme, car il faut mouiller sa chemise pour se battre.

    Le droit du travail est bafoué, c’est inacceptable.

    Le gouvernement Sarkozy-MEDEF est une saloperie à détruire par tous les moyens.

    Ces deux là sont en train de démolir la société française.

    Il faut les éjecter le plus vite possible et reconstruire.

    Répondre
  46. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Oui, on se rend vite compte autour de soi que même si les gens se font collectivement flouer dans une boite, c’est tout de même chacun pour sa gueule. Résultat : ce sont les patrons qui gagnent. Tu sais, ce n’est pas pour rien que le salariat et moi, ça ne le fait plus depuis longtemps.

    Après 10 000€ pour défendre des droits élémentaires… t’as tout compris : C’est la botte dans la gueule pour les gueux et ils le savent et ils empirent le truc chaque jour un peu plus, parce qu’en face, il n’y a que des piétons isolés.

    Le problème, ce n’est même pas ton ex patron. Le problème, c’est la manière dont fonctionne l’entreprise. Je pense que la fonction fait le larron. Même si t’es un mec super, si on te donne, au boulot, la possibilité de dominer d’autres personnes, forcément, au bout d’un moment, t’es vachement tenté d’utiliser ton pouvoir plutôt que de négocier, de t’expliquer ou de juste demander poliment. En plus, la boite est ainsi faite que ce sont rarement les mecs super qui deviennent chefs… Donc, tant qu’on n’en a pas fini avec cette manière de fonctionner, il y aura des millions de petits chefs qui pourront exercer leur pouvoir sadique sur des millions de subordonnés!

    Répondre
  47. fao
    fao dit :

    C’est bien parce que le pouvoir peut rendre dingue qu’il y a des lois, CE, syndicats, comité d’hygiène, médecine du travail…

    Mais tous ces dispositifs ne fonctionnent presque plus, sous effectifs. Démobilisation, déresponsabilisation sociale des salariés. Situation absurde.

    Actuellement le salariat représente quand même 95% des emplois, c’est pas tout de suite qu’on sera autonomes. Donc, il est nécessaire de rééquilibrer la balance, sinon ça va être de plus en plus le grand n’importe quoi.

    C’est pourquoi Filoche est un des rares types vraiment utiles pour dénoncer cette situation.

    Répondre
  48. fao
    fao dit :

    Sinon, je suis pas chauvin ou nationaliste, mais j’aime bien la France, ses paysages, sa culture etc…

    Mais je constate que les allemands actuels sont bien plus corrects et relax au boulot, polis mais sans obséquiosité.

    Je n’ai encore jamais vu de marques d’agressivité ou de disputes ici dans mon job. Ca n’empêche pas de donner son point de vue et d’être écouté. D’ailleurs je me sens largement mieux compris en Allemagne qu’en France.

    Les altercations et divers dérapages des joueurs de l’équipe de France de foot récemment sont très représentatifs de ce que j’ai pu voir là où je bossais en France. Je ne suis pas très fan de foot, mais je suis un peu les coupes du monde ou européennes, un joli match c’est toujours sympa, même si il y a un peu trop de pognon désormais dans tout ça.

    Tout ça pour dire que l’ambiance de la société française s’est largement dégradée ces 20 dernières années, il me semble, de plus en plus de monde se tire dans les pattes.
    C’est assez écœurant ce comportement de petits coqs fébriles se prenant pour des caïds et qui n’aboutit à rien.

    Alors effectivement, ma défaillance c’est de n’avoir jamais ambitionné le pouvoir, je n’ai même jamais bien compris la soif de pouvoir. En revanche quand on me marche dessus, quelque soit la position hiérarchique de celui ou celle qui le fait, je réponds. Poliment, mais je réponds.

    Répondre
  49. fao
    fao dit :

    Ce qui est navrant, c’est que lors du référendum de 69 de Gaulle avait tenté de promouvoir un rééquilibrage entre salariés et patrons, il n’a pas été suivi.

    Il avait bien compris la nécessité d’équilibrer les pouvoirs dans l’économie, il avait aussi tenté de lutter contre la financiarisation de la société.

    Il était bien placé pour connaitre les dangers du pouvoir.

    J’ai connu un de ses officiers, évadé des prisons du Reich, capitaine de blindés devenu général d’armée par la suite, qui avait investit Berteschgaden, le nid d’Hitler. Il avait le piano du sombre personnage encore chez lui, j’ai un peu joué dessus, quand il m’a dit que c’était le piano du Führer ça m’a refroidit.

    C’est lui même qui m’avait dit que le pouvoir peut rendre fou, et il en avait rencontré des hommes politiques de par le monde.

    Répondre
  50. j.ph.
    j.ph. dit :

    Qui a entendu Woerth déclarer, toute honte bue, à l’émission « C’est-à-dire » de la 5, où il avait été invité à expliquer en quoi il était vital de réformer les retraites ( argumentation évidemment bien emballée dans les abjectes considérations sur l’allongement de la durée de la vie – t’es pas crevé ? Tu peux bosser !.. ) : « Les retraités vivent aux crochets des gens qui travaillent, des actifs »… Oui, il a pu dire ça tranquillement, posément, son placide petit sourire aux lèvres, sans que Thierry Guerrier ne tique le moins du monde, sans que les techniciens présents ne lui écrasent un des nombreux téléviseurs à portée de main sur la tête ou lui plantent un opinel dans le ventre. Il paraît que la réplique de Marie-Antoinette, proposant au peuple privé de pain de manger de la brioche, ne serait pas exacte. Cette remarque de Woerth, elle, elle est historique ! Ne prouve-t-elle pas l’immense profondeur du mépris de nos maîtres à notre égard ?

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