Femme paysanne

Femme paysanne
Mise en ligne par Le Monolecte


Rencontre impromptue au détour d’une petite route de Gascogne.

  • Mais ce n’est pas trop dur, pour une femme, de travailler la terre ­?
  • Pensez-vous, j’ai fait ça toute ma vie.
  • Vous travaillez encore ?
  • Mais non, maintenant, la terre, elle est à mon fils. Moi, je ne fais que donner un petit coup de main.

Superbe rencontre du haut de mon vélo. Quand je lui ai mimé ma demande de la prendre en photo (je  voyais à quel point cette photo allait marcher), elle a éteint son moteur et s’est dépêchée de planquer le bob qui recouvrait sa tête : du coup, sa tignasse rousse s’est dressée comme une crinière qu’elle a eu un mal de chien à ordonner quelque peu.
Elle était vraiment étonnée de cette drôle d’idée de photographier le Gers et les gens qui y vivent de mon vélo.
Ensuite, comme j’étais quand même un peu paumée, je lui ai demandé mon chemin. J’ai suivi scrupuleusement ses indications… et me suis retrouvée à l’exact opposé de l’endroit où je voulais aller…

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23 réponses
  1. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    En fait, on s’en fout. Peut-être qu’on s’est mal comprises ou alors, elle a voulu me faire découvrir du pays, puisque je voulais en photographier. Du coup, j’ai fait dans les 6-7 km de plus. Et dans cet aller-retour, j’ai pris une belle photo de chevaux que je n’aurais pas vus autrement. J’ai pu aussi engueuler deux fois un chien crétin amateur de mollets : une fois à l’aller, où j’ai vraiment dû beugler pour qu’il arrête d’aboyer et consente à quitter le milieu de la route et une fois au retour où je n’ai eu besoin que de le regarder salement en grognant!

    En tout, j’ai fait 30 km sur ce tour, en sachant que chez nous, c’est rarement plat…

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  2. Carte postale
    Carte postale dit :

    Booorn to beeeee wiiiiiiild !
    🙂

    (Avec la forme des nuages, on a l’impression qu’ y a un vent à décorner les bœufs…)

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  3. Tecnnoplouc
    Tecnnoplouc dit :

    L’itinéraire inverse ?

    Un petit moment de fantaisie et de rêve intérieur ?

    Le sourire interne en t’imaginant ainsi fourvoyée, et la "bonne histoire" à raconter le soir.La farce est une forme d’affection et de communication, non ?

    On peut imaginer cela.

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  4. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    En dehors de 2-3 routes de grande circulation bien balisées, le Gers est un entrelacs inextricable de petites routes plus ou moins carrossables qui serpentent dans tous les sens et se croisent pratiquement sans aucune signalétique : sortir du réseau principal est toujours une aventure. Depuis 9 mois que je pédale à travers les collines de mon secteur, je me suis paumée un nombre considérable de fois et j’ai découvert une étonnante variété de paysages, de sites, de gens, de maisons, tout en dessinant avec précision la carte mentale du secteur. Et je suis loin d’avoir tout parcouru. En fait, j’aime le frisson du pionnier qui découvre un nouveau paysage derrière la colline suivante. C’est pour cela que je préfère repérer mes parcours sur Google Maps plutôt que de m’enchaîner à un GPS.

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  5. paul
    paul dit :

    oui, ben, le vélo, les jambes, le souffle, les reins, les bras, enfin tout le corps hein…
    moi c’est ce qui me fait tenir debout dans un monde où…
    donc bon…
    les GPS…
    c’est comme les portables… des trucs qui coupent du monde au lieu de faire, ou de servir, à ce pour quoi ils sont ventés.
    c’est comme la météo… je m’en suis jamais servi, même quand je vais en montagne, et j’y vais seul à chaque fois forcément… d’ailleurs qui voudrait partir grimper avec un gars qui observe le ciel et la terre et ne regarde pas la feuille météo, n’a pas la télé, ni la radio, couche dans des trous de rocher, n’a pas de trucs micropore spéciaux pour la montagne, et passe pour un plouc du coin du fait de ses vêtements, du hors d’âge de son sac…
    comme de son vélo d’ailleurs !
    j’ai pourtant suivi pas mal de "stages" de formation à tout ça dans ma jeunesse avec les organismes "officiels", genre caf, ffm, armée etc… sans compter mon métier de géologue qui ne m’a jamais permis de gagner ma vie. bon, pour faire une cartographie précise, avec des points et des relevés, la boussole est très efficacement remplacée par le gps effectivement. faut pas non plus cracher sur l’outil quand il a réellement un avantage énorme.
    mais en balade…
    ben, à chaque fois, quand il s’agit de se balader, même très haut, j’ai juste la carte ign et mon flère…
    y’a aussi les gens qu’on rencontre… mais j’demande rarement un chemin… simplement parce que je n’ai aucun but.
    j’écoute ma fatigue aussi. quand j’en ai marre, je rentre. et je retrouve mon point de départ un peu à l’instinct.
    ça m’est arrivé d’être pris par la nuit. là effectivement, les sens sont un peu déroutés.
    mais la solution c’est la patience.
    et puis bon, je suis sur la terre…

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  6. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Je n’ai pas de problèmes avec la technologie, j’en ai avec la dépendance. Une bonne technologie se plie aux besoins de son utilisateur, elle le libère, l’affranchit des obstacles. Une mauvaise technologie rétrécit la palette de ses choix, lui désapprends des savoirs importants et le rends dépendant. Je n’ai pas de GPS parce que je sais lire une carte, lire les niveaux, m’orienter et demander mon chemin. Mais j’aime bien quand un pote trace un trajet improbable en montagne ou un truc hors sentiers dans la cambrousse et me permet d’imprimer la carte de son itinéraire à partir de ses relevés GPS. La météo me donne des tendances, mais la ligne des Pyrénées à l’horizon m’informe plus sûrement de mes chances d’avoir un temps de chien ou pas. Je veux garder la possibilité de découvrir, de me perdre, de m’émerveiller. Le GPS peut être un bon outil de relevés tant qu’on n’abdique pas son cerveau à la petite voix entêtante qui t’ordonne de tourner pour atterrir dans un champs.

    Au final, il n’y a pas vraiment de bonnes ou de mauvaises technologies, il n’y en a que des usages plus ou moins pertinents.

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  7. paul
    paul dit :

    ben, oui, on est bien d’accord sur l’idée que c’est l’utilisation de la techno qui est "douteuse" précisément quand elle induit un désapprentissage fondamental de relation à soi et au monde.
    y’a aussi la question de la pertinence : c’est ce que j’indiquais dans l’exemple de l’utilité du gps dans des situations "professionnelles" comme par exemple la carto en géol.
    par ailleurs, y’a une autocritique que je me fais régulièrement à propos de toute technologie. depuis quelques temps, je remets en cause ma pratique de l’internet et du web par exemple sur des constats simples du genre de voir à quoi ça a réellement répondu et ce que ça a réellement développé à l’égard de ma situation, d’objectifs initiaux, puis d’objectifs ultérieurs.
    c’est pas le seul domaine sur lequel je fais ça : plus "domestiquement", y’a tout ce qui tourne autour de l’utilisation d’outils comme les robots ménagers, le réfrigérateur, le type de cuisinière, de machine à laver, de produits d’entretien etc… y’a aussi le domaine vestimentaire, les loisirs etc…
    j’ai pas attendu d’être chômeur et d’avoir un budget réduit pour ça.
    mais les conditions économiques ont effectivement eu très tôt dans ma vie un impact décisif sur cette attitude critique à l’égard de toute pratique.
    pour beaucoup, ça peut passer pour de l’ascétisme.
    c’est pas faux. mais c’était pas l’intention.

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  8. Petrin
    Petrin dit :

    En 1907, les ouvriers agricoles du midi de la France se révoltaient pour obtenir l’égalité des salaires entre hommes et femmes. Paris enverra l’armée pour les mater qui tirera sur la foule.

    http://cessenon.centerblog.net/2845

    Bizarrement, la notice Wikipedia de l’évènement ne relève pas cet élément comme cause de la révolte de 1907, pourtant mentionné dans toutes les expositions permanentes des musées locaux.

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  9. Carte postale
    Carte postale dit :

    Trop d’outils… oui, juste un marteau, ça suffit largement 😉

    Ça me rappelle la plaisanterie des trois pseudorègles :
    1. Utilisez toujours le bon outil, adapté à l’emploi.
    2. Le marteau est l’outil idéal pour n’importe quel emploi.
    3. Tout peut être utilisé comme un marteau.

    Non… trêve de plaisanterie. Avec le GPS, je crois qu’il faut faire la séparation entre : l’appareil lui-même, et les cartes. Et j’ai l’impression que ce sont les cartes qui ne sont pas terribles. Et puis aussi, utiliser des cartes "propriétaires" (en quelles sortes) … à part des initiatives comme OpenStreetMap, on ne maitrise pas les cartes, on est un peu obligé de prendre ce qu’on veut bien nous donner…

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  10. Patrick
    Patrick dit :

    "Au final, il n’y a pas vraiment de bonnes ou de mauvaises technologies, il n’y en a que des usages plus ou moins pertinents."

    Sommes-nous d’accord pour convenir qu’il n’existe pas de technologies sans intentions ? en ce cas, ce sont les intentions qui sont bonnes où mauvaises (généralités hâtivement manichéenne, je sais…), mais pas les technologies. En un sens, le marteau est arrivé _après_ l’intention de planter un clou.

    Quant aux "usages", compte-tenu de ce que je viens d’écrire, leur "pertinence" peut également s’appréhender en fonction de l’écart plus où moins grand qui les sépare de la destination originelle de l’outil, de son "intention". Ce qui fait que certains "détournements" rendent parfois justice à une invention que l’usage courant aura fait rejeter.

    Tout ça fait que le tracteur, par exemple, se conduit très bien sans permis mais assez mal avec des talons aiguilles. 😉

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  11. paul
    paul dit :

    euh… patrick… vous pensiez à quel exemple d’outils ayant trouvé meilleurs usage par un détournement que par l’intention initiale ?
    j’dis pas que ça n’existe pas ! simplement sur le moment là, j’en n’ai pas en tête.
    alors après…
    le permis et les talons aiguilles… ben dans les deux cas, on peut discuter sur l’intention justement, parce qu’à l’usage, c’est vraiment pas clair !
    j’veux dire qu’on observe partout, et un copain inspecteur du permis de conduire me le raconte souvent, que malgré le permis, le nombre d’incapables d’attention en conduite est énorme…
    et que le nombre de pauvres femmes qui portent des talons aiguilles de façons désastreuses est assez considérable aussi…
    et je pense que certaines virtuoses de la cheville seraient parfaitement capables de conduire un tracteur avec la même élégance qu’elles le font avec leur voiture…
    bon, on justifie rien avec des exceptions ou de l’humour…
    y’a pas que l’intention qui intervient dans l’utilisation de la technique : y’a l’habileté de l’utilisateur qui quand on l’observe est elle-même composée de beaucoup de facteurs…

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  12. Carte postale
    Carte postale dit :

    À propos de "bonne" et de "mauvaise" technologie… j’ dirais qu’ ça peut aussi être "pavé de bonnes intentions". Typiquement (en informatique particulièrement), celui qui a fait l’outil a voulu donner à l’utilisateur la possibilité de faire tout plein de réglages… mais l’utilisateur, en général, i’ sais pas ce qui est bien, ce qu’ i’ faut mettre… Conclusion : bien que pavé de bonnes intentions, c’est un mauvais outil.

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  13. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Peut-être un chouia, mais ça reste dans les limites de l’acceptable.

    Je suis retournée la voir, l’autre jour. Ça m’a fait plaisir de lui raconter que cette photo avait beaucoup plu et que pour la remise de mon prix en Allemagne, c’était celle qui avait été choisie pour être diffusée sur l’écran géant, derrière moi!

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