Jusqu’à ce que mort s’en suive

Rien de tel que de poser un faux problème pour obtenir de mauvaises réponses !


OubliéNe sentez-vous pas comme un vent mauvais de panique qui souffle rageusement sur les braises de notre ignorance ? N’avez-vous pas comme un sentiment de déjà vu, comme un effet de rémanence rétinienne, comme l’impression tenace d’être tombé dans une faille spatiotemporelle ? D’un seul coup, d’un seul, un peu comme en octobre 2008, on découvre qu’il y a le feu au lac et que les pompiers ont été virés depuis longtemps. On nous refait le coup du tam-tam dans la volière, on nous refait le coup de la crise, énÔrme, imminente, indépassable. Bien sûr, cette fois, ce ne sont pas les bas de laine qui sont visés, tant ils ont été proprement essorés lors de la dernière campagne triomphale de stratégie du choc qu’a été le braquage international opéré par les bankdits sur les caisses des nations, non, cette fois, ce qu’ils veulent, ce ne sont ni nos revenus, ni nos économies, ce qu’ils veulent, c’est notre droit élémentaire à ne pas crever sous le joug, c’est notre droit élémentaire à goûter quelque repos après une vie de travail éreintante, voire stressante ou invalidante, ce qu’ils veulent, c’est le fric qu’on n’a pas encore touché, ce qu’ils veulent, c’est nous ôter le pain de nos bouches édentées depuis la dernière "réforme" du système de santé.

Ce n’est même plus un braquage de classe international, ce sont juste de petites frappes en réunion qui ont décidé de détrousser les petits vieux à la sortie de la Caisse d’Épargne. Et ils sont tellement gloutons, qu’ils n’attendent même plus qu’on soit vieux.
Pathétique.
Monstrueux.
Révoltant.

Les caisses sont vides !

Si celle-là, on ne nous l’a pas encore faite vingt fois, c’est qu’on ne nous l’a jamais faite. Et vas-y qu’on nous balance des chiffres faramineux à la truelle, des gouffres abyssaux, propres à donner le vertige aux gagne-petit qui peinent à boucler leur budget de crève-la-dalle dès le deuxième jour du mois. Tu n’as plus rien ? Tu es à sec ? Ce n’est pas grave, on pourra toujours te prendre le fric que tu n’as pas encore gagné. Parce que la retraite, ce n’est rien moins que cela : du salaire! Différé, certes, dans le temps, mais du salaire. Du salaire que ton patron sort chaque mois de TON revenu de crevard. Il ne faut jamais perdre de vue que si tu es un crevard, c’est aussi et surtout parce que ton patron, lui, il a tout intérêt à te laisser sur le plancher gluant du précariat, dans la mesure où lui, il ne met pas au pot commun. Exonérations de charges, qu’ils appellent ça. Confiscation de salaire, détournement de ressources sociales, je dirais. Regarde attentivement ta feuille de paie qui ne rembourse pas tout le mal et tout le temps que tu donnes, regarde-la bien, surtout les petites lignes cryptiques qui détaillent les cotisations diverses et variées qui sont retirées du salaire de la peur en échange d’une promesse à venir : le pacte social qui fait qu’en échange de cette part de ton labeur, tu as le droit à la santé, à l’assurance chômage, à la solidarité nationale, à ne pas vieillir dans la douleur et la misère. Regarde bien ces petites lignes et compare les deux colonnes : ce que tu rétrocèdes et ce que ton patron donne. Regarde bien et médite sur tout ce qu’on ne cesse de te seriner sur les déficits des comptes sociaux, c’est-à-dire sur le pillage des ressources communes des travailleurs. La vérité, mon gros naïf qui doit apprendre à fermer ses esgourdes aux cris stridents des experts pickpockets, la vérité, c’est que le déficit des comptes sociaux est organisé depuis des années par les empilements invraisemblables d’exonérations de la part patronale sur les salaires, soit quelque chose de l’ordre de 42 milliards d’euros en 2009 de niches sociales.

Tout ce fric, mon grand, il est resté dans les poches de ton patron qui était censé investir et embaucher avec et qui s’est offert un 4×4 ou des vacances aux Antilles. Tout ce fric, c’est maintenant à toi d’en assumer la disparition, en étant toujours moins bien soigné, moins bien payé, moins bien protégé. Et bientôt, tout ce fric qui manque, il te faudra le rembourser avec ton sang et tes larmes, quand tu devras traîner au turbin ton corps tordu par les douleurs que l’âge finit toujours par te donner.
Parce que c’est toujours la même histoire, toujours la même opération qui consiste à prendre le pognon des peuples et à les exhorter ensuite à se serrer toujours plus la ceinture pour rembourser la dette des autres!

L’éternel problème de la répartition des richesses

En gros, la stratégie du choc appliquée aux retraites consiste à rester le museau dans des approximations comptables alarmistes en ne proposant qu’une seule solution : l’allongement de la vie active, c’est à dire le recul de l’âge auquel un travailleur peut prétendre à se reposer. L’argument massue pour justifier l’injustifiable, c’est de s’appuyer sur les chiffres, encore eux, de l’allongement de l’espérance de vie, avec une logique qui peut avoir l’air imparable au premier abord : puisqu’on vit plus vieux, il est normal de travailler plus longtemps.
Et fin du débat.

Sauf que, bien sûr, c’est tout sauf un argument valable, parce que, comme d’habitude, il s’agit de réduire l’immense agencement de la réalité à quelques petits faits qui arrangent bien les fossoyeurs du système social.

Il n’est même pas nécessaire de démonter patiemment l’argumentaire purement comptable et hypothétique qui sert de fondation à tout ce branlant édifice de spoliation sociale, Jean-Luc Mélenchon pourvoit fort bien à cette tâche ingrate en démontant l’alarmisme de petits boutiquiers perdus dans de vaines spéculations. Il suffit  de regarder le corps social dans le blanc des yeux pour comprendre que le vrai débat est ailleurs.

Nous vivons plus vieux ?

Enfin, ça dépend qui et comment. Par exemple, on ne vit pas autant de temps dans le Pas de Calais et le Gers. Même chose entre les cadres et les ouvriers. Les hommes et les femmes. Ceux qui ont la chance de passer à travers les mailles du cancer et les autres. Bref, même si la ligne d’arrivée fait mine de reculer, il y en a déjà pas mal d’entre nous qui n’y arriverons pas. Et parmi ceux qui feront de vieux os, nombreux sont ceux qui n’en profiteront pas vraiment, comme en témoigne la hausse croissante des dépenses de dépendance.
Ensuite, pourquoi vivons-nous plus vieux ?
Déjà, parce qu’on meurt moins étant jeunes. Entre les guerres, les accidents, les maladies, les jeunes mourraient pas mal à certaines époques que nous ne souhaitons pas revivre et du coup, ils plombaient pas mal la fameuse espérance de vie. En moyenne, on vivait moins longtemps, mais en moyenne seulement. Les vieux vivaient souvent aussi vieux qu’aujourd’hui.
Ensuite, nous sommes plus nombreux à avoir la chance de devenir vieux… parce que nous sommes mieux soignés et que nous arrêtons de nous user la santé plus tôt. Hé oui, à partir de la grosse cinquantaine bosser use nettement plus que quand on est jeune et en bonne santé. On peut même dire qu’en terme d’usure, de stress, de fatigue, passé un certain âge, chaque année de boulot tend à compter double ou triple. Il y a de fortes chances que l’espérance de vie a augmenté parce qu’on a abaissé l’âge légal du départ à la retraite. Nous faire faire le chemin inverse est une escroquerie intellectuelle criante.
La retraite, c’est bien, surtout quand on peut en profiter. Quand on est encore capable de bouger, de faire des choses, d’avoir des envies. S’il faut attendre d’être trop usé et ne s’arrêter qu’à l’antichambre de la mort, quel intérêt de se faire chier à payer toute sa vie pour une agonie de merde, je vous le demande?

Confiscation salariale massive

En fait cette pseudo réforme ne s’occupe guère de la réalité vécue quotidiennement par des millions d’entre nous. Elle fait l’impasse, sur les conditions de travail, sur le sens du travail, sur la répartition des revenus, sur la dégradation salariale qui nourrit la dégradation des comptes sociaux. Elle n’a en fait qu’un seul et unique objectif : réduire encore et toujours le montant des pensions perçues.

Politiquement, il serait suicidaire d’avouer que la précédente réduction du montant des retraites n’a pas suffi à nourrir les appétits de la finance. Ha bon, vous n’aviez rien remarqué ? Pour le coup, ce sont des mathématiques élémentaires, pas de vaines spéculations.

Les retraites, c’est du salaire différé. C’est donc une part de ce que vous gagnez aujourd’hui qui est injectée dans une caisse qui, en échange de ce financement, s’engage à vous reverser un revenu quand les vieux jours seront arrivés.
Ce revenu est calculé en fonction du montant des sommes prélevées et du temps de prélèvement. Ce système marche très bien dans une société de plein emploi où les salaires suivent une gentille courbe ascendante. Ce même système marche nettement moins bien dans une société caractérisée par le chômage de masse, le précariat et la compression de la masse salariale.

La clé de la spoliation est le temps de cotisation. Dans une réalité où les gens doivent se former longtemps (études longues), peinent à accrocher le premier emploi, connaissent de faibles progressions de salaire et des décrochages de carrière (chômage de masse) et sont considérés comme des boulets en entreprise à partir de 40 ans, il devient extrêmement difficile de cotiser la durée fixée pour une pension à taux plein. Et du même coup, chaque allongement de la durée de cotisation revient mathématiquement à une baisse du montant de la pension finale.

Au total, en quinze ans, le taux de remplacement (niveau de la retraite par rapport à son salaire) a baissé de 10 points.
Olivier Bonnet, Retraites : le chemin de la reconquête.

Et bien sûr, le problème des retraites reste une urgence, puisque la potion n’est pas calibrée pour soigner le mal !

Dix points dans ta face ridée de pruneau, ce n’est pas rien, quand même ! C’est même, strictement, la part de richesse passée du travail au capital ces 30 dernières années. Ce sont ces milliards d’euros disparus de l’assiette salariale pour aller goinfrer l’ogre financier, lequel, jamais repu, en demande toujours plus et finit toujours par nous présenter le tour de vis suivant comme l’ultime solution pour sauver les meubles, alors qu’il ne s’agit que d’une saignée de plus, une de celles qui affaiblit le malade et assure la rente du médecin-profiteur.
Ces milliards prétendument absents des caisses que tu alimentes pourtant de ton temps, de ton talent, de ta santé, de ta vie, ces milliards, il va bien falloir un jour aller les chercher et les rendre à tous ceux à qui ils appartiennent de droit!

 Retraites //  

Powered by ScribeFire.

44 réponses
  1. Laurent
    Laurent dit :

    Excellent ! Juste une subtilité, je pense que la retraite n’est pas un salaire différé. On ne cotise pas pour ses vieux jours (à moins d’une épargne personnelle par capitalisation), on cotise pour les vieux jours des vieux de maintenant, pour nous ce seront les jeunes de plus tard qui cotiseront pour nous (enfin en théorie). Cela nous ouvre un droit à la retraite.

    Répondre
  2. delay
    delay dit :

    Résistance, oui mais comment ? hein ?
    Ils vont continuer de nous tondre, et ce ne sont pas manifs, pétitions, blogs, internet, etc… qui les feront reculer !
    Alors on fait quoi pour arrêter ce massacre ?
    c’est désespérant, et cette envie d’aller tous les virer…

    Répondre
  3. enzo d'aviolo
    enzo d'aviolo dit :

    si si, c’est bien un salaire différé puisqu’il est prélevé sur le salaire brut. Certes les montants prélevés sur le salaire des actifs sert à faire vivre les retraités actuels, mais ils représentent bien une part du salaire versé pour le labeur fourni contre la garantie d’une retraite future.
    A part la grève générale et continue, je ne vois pas d’autres solutions, les cheminots l’ont bien compris!

    Répondre
  4. fenouillard
    fenouillard dit :

    Rectifications :
    1. les pensions de retraites seraient un salaire différé si nous versions l’équivalent de nos cotisations à des fonds de pension. Or ce n’est pas le cas, puisque nous (les salariés) sommes dans le cadre d’un régime de répartition: les actifs "payent" pour les "inactifs". Dans le cadre d’un chômage de masse. les cotisations recueillies seront insuffisantes, donc impôts et nécessité d’une réforme fiscale.
    2. Il semble que le microcosme politique et médiatique mettent en avant l’espérance de vie des gamins naissant aujourd’hui, alors que la donnée à prendre est l’année de notre naissance. Selon l’INSEE, un homme né en 1955 a une espérance de vie de 65 ans en moyenne (calculs datant de 2007). Amitiés

    Répondre
  5. denis
    denis dit :

    Merci Agnès pour ce beau billet. C’est beau mais ça décourage un peu j’avoue.
    Pour répondre à la question de Delay :
    Pour résister je propose d’essayer de comprendre, d’analyser et d’informer.
    On nous présente toujours le système (financier, politique, judiciaire) comme trop compliqué, et donc on nous raconte n’importe quoi, le fameux story telling, le "c’est comme ça et maintenant la seule solution c’est …" (remplacer les trois point par toute réforme libérale de votre choix, traité de lisbonne, retraite, sacage du service publique, sauvetage des banques, sécurité sociale, immobilier, financement de la recherche, éducation, privatisation, ouverture de marché, intervention militaire dans un pays, délocalisation etc). Mais tout ce foutoire, tout ce surplus d’analyse et de chiffre ne fait que cacher les choses sur lesquelles nous devrions avoir un droit de décision : les axiomes de ce putain de système, la base, le fondement , l’idéologie, les postulats. Après les spécialistes font ce qu’ils veulent pour essayer de l’appliquer, tout en essayant que ça reste compréhensible au citoyen lambda du bout de chaine.
    Pourquoi n’aurait on pas un mot a dire sur l’utilisation des profits d’une entreprise? Quelle est le but de l’économie sinon de rendre la vie meilleure et de facilité les échanges? Pourquoi tout le gain de productivité due à la technologie ne se transforme pas en plus de retraite et moins de temps de travail,ou alors en produit moins cher, mais se transforme en plus de profit, plus de croissance pour rembourser une dette absurde crée de toute part par les banques avec l’aide des gouvernements? Pour que la main invisible du marché puisse faire sa bonne oeuvre me répondrait le néolibérale fanna de keynes. En trente en de dérégularisation, quelqu’un a déjà vu cette main régler quoi que ce soit de bien, à part pour les banquier, actionnaire et homme politique (+ grand patrons)? Pourquoi cette connerie de croissance perpétuelle de tout, cette compétition permanente à tout les niveaux qui nous bouffe jusqu’à notre air, croissance injustifiée supérieure à la croissance de la population? Pourquoi cette augmentation d’argent exponentielle, pourquoi cette économie gloutonne dont le comportement à tout de similaire à l’analyse physique d’une explosion? Si elle ne bénéficie qu’a une poignée de nantis ou ne sert qu’a réinvestir dans le système pour alimenter cette boulimie de production-croissance-bénéfice, ou est le but?
    La résistance se fait sur les postulat de ce système pourrit, en y pensant, en les étudiant, les comprenant, en informant les gens de partout, en regardant comment ils sont noyés dans cette boue journalistique ambiante pour pouvoir les extirper , en regardant comment ils influent sur notre vie de tout les jours? La résistance c’est étudier le système pour montrer de façon simple qu’il est absurde,qu’il ne tient pas debout. La résistance c’est avoir des argument à mettre en face de ces réforme et changement, c’est avoir des idées solides à opposer, afin de ne pas voir ses effort réduit par un "mais ça ne peux pas marcher mon cher" prononcé par un technocrate quelconque assit sur son gros derrière et ses principes qui lui rendent bien service.
    Parce que les virer tous pour en remettre d’autre qui referont pareil, ça ne changera rien si on ne donne pas aux gens le moyen de savoir, d’étudier par eux même , d’avoir du temps pour s’intéresser (plutôt que de regarder la ferme célébrité) et pour comprendre.
    La résistance se fait en soutenant les gens qui analysent, qui ne cherchent pas le raccourci d’analyse servile à l’idéologique, mais qui tente d’expliquer vraiment, s’ouvrent à la critique, qui citent leurs sources et qui vont jusqu’au bout de leur raisonnement. Jean Luc Mélenchon en fait partie.

    Répondre
  6. FSo
    FSo dit :

    Mmmmh…
    D’accord avec tout ce qui dénonce ce scandale [un de plus] ; Melenchon – que je n’apprécie pas plus que ça par ailleurs, il dit beaucoup de conneries sur d’autres sujets – a fort bien démonté le bidule lui aussi, l’apogée de sa démonstration étant l’aveuglante évidence : si on travaille plus longtemps, on ne lache pas son poste pour les djeuz, qui sont donc au chômage, chômage qu’il faut bien payer avec…. ce qu’on gagne en bossant plus longtemps.
    Ecrasant.

    J’ai juste une doléance. Je déprimerai un peu moins, pour autant que ce soit possible, si on ( "on" intégrant toute personne qui cause publiquement, blog[eur|euse], éditorialiste, humoriste même, mais avec une nette avance pour la masse grouillante des *journalistes* ) si, disais-je, on arrêtait de parler de "patron" quand on veut parler de "pdg".

    Ou alors, trouvez un autre nom pour ceux/celles qui, la nuit, se réveillent toutes les heures en se demandant où il/elle va trouver de quoi payer ces fameux salaires de misères dont vous parlez, puisque ce *cher* état est déjà passé à la caisse avant, que son chiffre d’affaires lui interdit, et de très loin, de profiter du bouclier fiscal (qui s’adresse, rappelez-vous, aux entreprises pourvu d’un "pdg" ainsi qu’aux "pdg" eux-mêmes), et sachant que son propre salaire passera en dernier, s’il en reste (ce qui n’est pas toujours le cas, pour beaucoup plus qu’on ne pense).
    Et qui, le jour, essaient de se remémorer à chaque minute ce qui a bien pu lui arriver pour qu’elle/il s’embringue dans un truc pareil, peut-être cette foutue tête de bois qui fait, bizarrement, qu’il/elle continue malgrès tout.
    Quant à sa propre retraite…………..

    Mais je n’ai pas trouvé d’autre mot que "patron", pour l’instant. Alors je doléance.

    Je sais : soit je suis un employé, et donc facilement classable dans la section "lèche-cul", soit je suis ce patron dont je parle et on peut à l’envie me ranger dans la section "cause-toujours-enfoiré" ou "arrête-de-te-plaindre-connard".

    La vie n’est pas simple.

    Répondre
  7. vieille dame
    vieille dame dit :

    je suis d’accord sur la plupart de ce qui est dit ici, mais il me semble que la retraite, ce n’est pas du salaire différé : quand on a commencé à payer les retraites, a-t-on attendu que les gens aient cotisés ? je l’ignore. En tout cas, personne n’a mis de côté l’argent pour le reverser aux heureux gagnants (je veux dire, ceux qui n’étaient pas mort).

    Il me semble que une petite retraite, c’est bien. Je ne vois pas pourquoi des gens qui se reposent auraient en plus des pensions pléthoriques (ce qui est le cas d’un bon paquet de fonctionnaires et professions libérales) : ce serait tout de même mieux que les jeunes, quand ils démarrent dans la vie, aient assez pour nidifier, élever leurs enfants, etc…

    Moi, j’ai une ASS (en attendant le minimum vieillesse) de 450 euros par mois. Avec 600 ça irait, à condition qu’on me maintienne l’allocation logement (240 euros) et la CMU complémentaire gratuite. Il y a beaucoup de petits bonheurs qui ne coûtent pas cher : 20 euros : un jardin partagé pour l’année, zéro euro : une chorale du 3 e age, zéro euro : un oiseau qui chante à la tombée du soir… zéro euro : une partition de bach sur internet…
    j’aimerais seulement pouvoir m’acheter souvent des légumes, et aller à un spectacle ou au cinéma de temps en temps – et là ça n’est pas possible… mais pas dramatique…
    bon, qu’est-ce que je fais, là, je vous raconte ma vie ? ah oui, petites retraites raisonnables, oui, mais cessons d’étouffer les jeunes… et à bas les privilèges et les retraites "spéciales" si aucun danger, ou aucune pénibilité ne les justifie…
    non, non, je ne suis pas de droite…

    Répondre
  8. chris
    chris dit :

    @Fso

    D’autant qu’un PDG est un salarié, et non point un entrepreneur. Il me semble d’ailleurs que l’on compte de moins en moins d’entreprise personnelle dans ce pays, contrairement à des voisins européens.

    Répondre
  9. FAIL
    FAIL dit :

    Moi, cette histoire des retraites, je la trouve assez proche de réaction à la tempête Xynthia. C’est-à-dire que les faits sont là (des inondations pour Xynthia, et, de futurs problèmes de financement pour les retraites), mais le problème c’est la réaction apportée. Dans un premier temps, l’état (gouvernements, institutions, etc.) n’a pas fait son travail, en ne prévoyant pas voire même parfois en sabordant. Ensuite, une fois au pied du mur, quand c’est pas un choc, ils cherchent parfois des boucs émissaires. Et enfin, ils proposent leurs solutions à eux (qu’ils espèrent imposer unilatéralement et de manière autoritaire), des solutions incohérentes et injustes (pour Xynthia, démolir des maisons épargnées et conserver des villas luxueuses qui été inondées, et, pour les retraites, privilégier par exemple les députés et les sénateurs au détriment de professions pénibles), précipitées et qui gaspillent (pour Xynthia, mettre de l’argent dans la démolition plutôt que dans les digues, et, pour les retraites, retarder l’âge d’entrée à la retraite), etc. On aurait tendance à oublier que ce qui est important c’est le choix des solutions à apporter.

    Et puis aussi, ce "sonnage de tocsin" (sur les retraites), moi, il ne me fait plus autant d’effet qu’avant. Je trouve, ces derniers temps, que la valeur des mots, des déclarations, des promesses… que ce soit politique, économique, professionnel, commercial, etc. ça a bien baissé. Après toutes ces trahisons, toutes ces promesses non tenues, tous ces mots utilisés en faisant abstraction de leur importance et de leur sens… Le mot, le verbe est devenu futile. C’est pour ça que quand un humoriste plaisante sur le crash (virtuel !) de l’avion du président de notre brave patrie… ça ne me choque pas. Je ne sais pas si c’est bon signe, une situation où il n’y a plus de confiance en la parole des uns et des autres…

    Répondre
  10. peuples
    peuples dit :

    Je ne sais pas si c’est le montant des retraites ou plus prosaïquement le champagne pour mes 41 ans qui sont mal passés, ou peut être même les deux. mais j’ai passé deux jours difficile.

    Au gnouf! puisque Jésus les fait exprès pour nous, de ses petites pognes expertes. les choses sont bien faite tout de même.

    Au boulot !

    Répondre
  11. personne
    personne dit :

    @denis
    1. Résister ne saurait se réduire à comprendre, analyser et informer. Même si résister réellement ne peut se passer de ces trois.
    2. Je trouve criminel votre dernier paragraphe. Non seulement vous osez donner des indications aux soit disant personnes à soutenir, mais plus grave, des personnes qui représentent le système et qui ne feraient que des REFORMES équivalentes à ce que l’autre partie de droite de pouvoir est entrain de faire ! Vous appelez ça résister ?! Peut être ça l’est pour vous. Certainement pas pour moi. Soutenir ou plutôt collaborer avec ses tortionnaires n’est nullement ce qu’on pourrait appeler résistance.

    Répondre
  12. JCC
    JCC dit :

    Ce que je pense…
    Les charges patronales n’existent pas. La seule charge que paye le patron est le cout de revient du salarié. Les charges sociales sont donc prélevées uniquement sur le salarié.
    Le problème majeur que connaissent nos sociétés s’appelle le capitalisme.
    Celui-ci n’arrivant plus à faire croitre le gâteau (rendement décroissant, concurrence…) pour dissimuler le vol que constitue la rémunération du risque ou de la propriété (qui ne produisent rien), il se voit contraint, pour maintenir la rémunération indue, de diminuer la part des travailleurs (chomage, surqualification, baisse des revenus différés ou des droits, etc). Or ceux-ci sont les consommateurs qui servent à écouler la production, lorsqu’ils en ont les moyens. Comme c’est de moins en moins le cas, la machine se grippe bien que l’échéance ait été repoussée par le crédit (c’est à dire la création de monnaie qui peut être assimilée à de l’inflation déguisée, la production de richesse n’augmentant pas) . Mais cela ne parle que la répartition de la richesse.
    Au delà de la vision anthropocentrique, si l’on considère la richesse comme tout ce que l’humain produit à son bénéfice à partir de la nature grâce à son travail, on peut envisager que c’est l’accès à une source d’énergie colossale qui a décuplé notre capacité de travail et donc notre richesse. La source d’énergie et les ressources naturelles tendant à disparaitre et le nombre d’humains tendant à augmenter, nous sommes peut être aussi confrontés à une limite????

    Répondre
  13. Pouyoul
    Pouyoul dit :

    Ah, que ça fait du bien de lire ça ! Tout kif kif pareil à ce que je pense !

    J’ajouterais ceci : nous, en face, de mémoire de quadra ayant vécu pas mal le nez dehors, on n’a jamais été à ce point désemparé, désorganisé, démoralisé. C’est aussi de ça qu’ils profitent pour nous dépouiller jusqu’à l’os. On parle beaucoup de la prétendue décomposition du sarkozysme (à laquelle je ne crois guère, et puis de toute façon : avec Juppé, Villepin, DSK ou même Aubry en ultime recours, on sera bien avancé), on parle beaucoup moins de notre décomposition à nous autres, vaincus à peine en sursis, fourbus et abattus, qui avançons parmi les mains gourmées qui nous font les poches comme si la défaite avait déjà sonné, ou comme si nous attendions un miracle venu d’on ne sait où – une grève d’usine qui tournerait vinaigre ? une manifestation spontanée de chômeurs mettant le feu aux pôles emploi ? une insurrection de futurs retraités occupant les bureaux de poste, les banques, les mairies et les bistrots ? – pour enfin redresser le nez par dessus la déglingue et reprendre possession de nos pavés.

    Vous trouvez pas qu’il y en a marre de faire le compte de nos proches fâchés, divorcés, déprimés, tourmentés ? Parce que pendant ce temps, en effet, comme Agnès l’explique fort bien, les autres là haut nous détroussent jusqu’à la doublure de nos blousons Emmaüs.

    Ce qui explique d’ailleurs, et c’est là où je voulais en venir, que je ne sois pas en mesure de virer quelques euros délicieux sur le compte du Monolecte – ce que je regrette beaucoup, mais en espérant que d’autres le feront à ma place !

    Répondre
  14. personne
    personne dit :

    @Pouyoul
    Je ne crains qu’il faille attendre le chaos, et encore… Pas sur qu’on soit de ce monde. Et c’est peut être une maigre consolation de ne pas voir la destruction des dernières bribes de pseudo-liberté, enfin, c’est comme ça qu’un démocrate lucide voyant l’État comme un moindre mal le disait il y a… environ deux siècles (Jefferson Davis, président de la Confédération des États Unis). Apparemment la conscience de classe révolutionnaire disséminée par mai ’68 ou plutôt par les situationnistes a été exploitée par le système jusqu’à la dernière goutte par quelques arrivistes de la trempe de D. Cohn Bendit et de ces fâcheux syndicalistes qui ont, jadis, vendu la révolte. Enfin, il parait que la société marchande s’accomode très bien de… la marchandise.

    Répondre
  15. Tsé
    Tsé dit :

    De facto, les retraites sont bien du salaire différé comme le disent Agnès et Enzo d’Aviolo (8) malgré tous les bobards que les syndicats vous mirent dans le crâne. Nous avons cotisé à "l’assurance vieillesse", répartition ou pas, assurance pourrie dans un système pourri qui nie les répercussions de l’accroissement de la précarité de l’emploi et du fait qu’à 40ans, vous figurés dans les listes des jetables… surtout si vous êtes une bonne femme !!!
    Texte à faire circuler auprès de TOUS les salariés, dans toutes les entreprises, partout.

    Répondre
  16. Pilou.44
    Pilou.44 dit :

    un petit clic pour se faire entendre : http://www.france.attac.org/spip.ph
    C’est la pétition commune Attac-Corpernic pour ouvrir des champs de discussion sur la réforme des retraites autres que celles secouées en permanence devant nos yeux. Je ne sais pas si ça changera quoi que ce soit, mais c’est un premier pas…

    Répondre
  17. denis
    denis dit :

    @ personne
    "Je trouve criminel votre dernier paragraphe. Non seulement vous osez donner des indications aux soit disant personnes à soutenir, mais plus grave, des personnes qui représentent le système et qui ne feraient que des REFORMES équivalentes à ce que l’autre partie de droite de pouvoir est entrain de faire ! Vous appelez ça résister ?! Peut être ça l’est pour vous. Certainement pas pour moi. Soutenir ou plutôt collaborer avec ses tortionnaires n’est nullement ce qu’on pourrait appeler résistance."
    ??? Oula vous en voulez à cet homme dite donc.. Désolé de vous avoir paru criminel, ce n’était pas mon but. Je suis d’accord avec votre 1, et j’avoue ne pas avoir trouver la solution pour résister convenablement, je me contente d’eesayer de comprendre, pour un jour essayer d’expliquer. Mais par contre je trouve normal de donner des indications quand on explique ce que l’on pense, je n’oblige personne. Et je ne faisais pas du militantisme forcé, je soulignait juste que j’apprécie la propension qu’a JLM de donner des explication et des solutions, ce qui est mieux que de rester juste dans la critique pour un homme politique.
    Dans l’absolu, on peu espérer un espèce de mouvement de masse autogénéré, une prise de conscience collective, mais sans idée ou sans nouveau mode de fonctionnement, cela ne marchera pas ou n’aboutira sur rien. Je ne crois pas à la possibilité d’une vie collective auto-organisée, je pense que cela ne fonctionne pas de part la diversité de pensée et de comportement des gens.
    Les propositions de réforme de JLM pour le moment n’ont rien à voir avec les réformes effectuées par le gouvernement en ce moment. Le principe de la réforme en soi reste le même (ce que porpose cet home est de changer le mode de fonctionnement en s’y intégrant pour le changer de l’intérieur, c’est une approche que je trouve pas rop mal, et qui me plait plus que des solutions telles que les révolutions type putch, ou soulèvement populaire), mais le contenu et les conséquence en sont différentes, je ne pense pas que l’on puisse nier ça.
    "collaborer avec ses tortionnaires" hou… De qui parlez vous? Quand est ce que je collabore avec mes tortionnaires ?

    Répondre
  18. cultive ton jardin
    cultive ton jardin dit :

    Quand les retraites n’existaient pas, soit les gens continuaient à marner jusqu’à ce que mort s’en suive (titre fort approprié), soit ils mourraient de faim, soit leurs enfants les entretenaient de plus ou moins bon gré, quand ils ne les poussaient pas dans l’escalier.

    La généralisation des retraites, avec les cotisations payées par les jeunes en état de travailler pour les vieux qui ne l’étaient plus, c’est une façon de lisser le système, de gommer ses injustices et ses loupés.

    C’est basé sur un contrat de confiance, je paie pour les vieux d’aujourd’hui, en compensation les jeunes de demain me laisseront pas crever. C’est ce contrat qui est menacé.

    Les cotisations sont prises sur un surplus, sur une marge entre ce qui est produit par l’ouvrier et ce dont il a besoin pour vivre. Donc ça entre en concurrence avec ce que les patrons voudraient bien garder pour eux. Ils en ont besoin pour leurs petites parties de poker menteur, pour se piquer les uns aux autres les entreprises, et que je te rachète ceci, et que je te concentre cela…

    D’où l’offensive majeure pour nous faire croire que ça va pas être possible. Si ça marche, si on se laisse convaincre, héhé! gagné!

    Ou alors c’est nous qui leur disons "Ah, non, ça va pas être possible!"

    Répondre
  19. personne
    personne dit :

    @denis
    Bon d’accord, "collaborer" peut sembler fort de premier abord mais, le fait de choisir un moindre mal entre les deux pôles n’aboutit généralement à grand chose. Bien sur, vous semblez ne pas être né de la dernière pluie pour que je vous dise que les-promesses-électorales-n’engagent-que-ceux-qui-choisissent-d’y-croire.
    Vous conviendrez que quelque soit la version libérale du partie au pouvoir… la marche vers la libéralisation n’a jamais été remise en cause. D’accord, je ne dis pas que les deux versions sont identiques. Quitte à choisir un moindre mal, je préfère ne pas choisir un moindre mal structurel.
    Vous pouvez, bien sur, ne pas croire à l’autogestion. Mais de quelle, version, autogestion parlez-vous ? On a tendance à sortir la phrase qui tue comme "l’avenir c’est l’autogestion". Mais laquelle ? Si on parle d’autogestion politique, des pistes sérieuses ont déjà été développées sous l’appellation démocratie participative (Parpolity ou Participative democray ou même Participative politics, c’est ici [eng] http://www.zcommunications.org/part…) qui est une variante d’une démocratie directe mais, n’est pas une démocratie directe par referendum. Ce n’est pas une démocratie par referendum parce que, comme la démocratie représentative, elle a ses propres limites ou plutôt des inconvénients notoires trop nocifs aboutissant trop vite à une dictature (majorité ou oligarchie). On pourrait dire qu’elle situe entre les deux extrêmes en essayant d’éviter la non représentativité à laquelle on débouche par une démocratie représentative. Les représentants du peuples qui ne le sont que par le nom promettent toujours des choses pour finir par faire ce qu’ils veulent une fois élu. Mais elle n’est pas une démocratie directe par referendum qui indurait une perte de temps trop importante s’il fallait décider de tout. Ici, les représentants qui sont en fait des délégués, ont un mandat plutôt court et révocable à tout moment en plus de permettre de suspendre et d’annuler le vote si un nombre suffisant de citoyens qu’il représente trouve que le vote ne leur correspond pas. L’article explique plus en détail et mieux.
    Bien sur, certains paramètres sont à ajuster selon les besoins des citoyens. En plus rien n’est gravé dans la pierre. Certaines choses peuvent être ajoutées ou omises selon le besoin.
    Inutile de vous dire que c’est cette version de démocratie participative qui est entrain d’être implémentée au Venezuela. Encore faut-il que l’Oncle Sam leur laisse assez de temps pour finir la transition. Ce qui explique le souhait affiché de vouloir accélérer la transition avec la pression supplémentaire induite par l’occupation d’Haïti, offrant une plate forme idéale pour une invasion.

    Répondre
  20. personne
    personne dit :

    @denis
    J’allais oublier quelques chose.
    Vous semblez être un adepte convaincu du there’s no alternative. Le problème c’est d’ajouter capitalisme après comme nos soit disant représentants et leur bras médiatique le martèlent depuis suffisamment longtemps pour que ça soit vrai. Certainement, there’s no alternative, mais certainement pas la néo-libéralisme ni une quelconque autre variante du capitalisme. Je ne sais combien d’exemples historiques il vous faut pour aussi balancer la sociale-démocratie dans la benne à ordure. Pourtant, vous devriez savoir que mieux vaut se débarrasser d’un membre pourris que d’essayer de le sauver en le pansant régulièrement en risquant le décès du patient. Waouh, la métaphore médicale s’impose d’elle même à notre époque des "frappes chirurgicales" hein. Après tout les mêmes appellent à chaque rendez-vous pour "panser", si je puis me permettre, les soit disant accidents du capitalisme, mais seulement dans un seul sens – du bas vers le haut -, en démontrant à chaque fois la socialisation des pertes et la privatisation des bénéfices. Pourtant les mêmes insistent toujours pour ne pas laisser l’État intervenir dans l’autre sens.

    Répondre
  21. FAIL
    FAIL dit :

    De toute façon, je crois que le but c’est aussi de mettre dans la tête des gens que les vieux (ou les retraités) devront travailler : pour l’employeur, il y aura tout plein d’avantages. Le sans-papier devenant difficile à obtenir : ils ont presque atteint l’autre bout du monde ! Ils ont commencé avec (entre autres) les Bretons et ils sont arrivés jusqu’à la Chine… Et en plus des retraités, ils feront travailler les prisonniers… ça devrait aller ! En mettant un pourcentage suffisant d’innocents en prisons… Et ça "relocalise" l’industrie dans notre brave pays… c’est bon pour l’image, ça !

    Répondre
  22. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Ben non, tu oublies le paramètre principal : les entreprises ne veulent pas des vieux. Donc, il ne s’agit pas d’augmenter le temps de travail (lequel, entre productivité et chômage, ne cesse de diminuer naturellement), mais bien de réduire le montant des pensions… ce qui va impliquer que ceux qui en auront les moyens vont être de plus en plus sollicités pour s’acheter des pensions complémentaires. Quant aux autres… ben, comme d’hab’, qu’ils crèvent!

    Répondre
  23. FAIL
    FAIL dit :

    Oui, elles n’en veulent pas avant la retraite… quand ils ont de l’expérience (etc.) et surtout au moment dans la vie (professionnel) où le salaire est plus élevé. Mais elles en voudront juste après, où ça sera très intéressant financièrement et où le retraité ne sera pas en situation d’avoir son mot à dire. Dans le salaire, il n’y aura plus certaines "charges" (salarié déjà à la retraite). L’offre de retraités cherchant un emploi sera supérieure à la demande, et les pensions seront assez basses… tout sera fait pour que le retraité n’ait pas le choix, et qu’il accepte sans rechigner ce qu’il y a (tout comme le "filet de sécurité" de notre brave président, pour les "fins de droits"). J’ leur fais confiance, je pense qu’ils vont très facilement trouver des moyens pour que faire travailler le retraité soit très intéressant (sauf pour le retraité, évidemment).

    J’imagine bien le "tableau" : les prisonniers pour les travaux physiques, et les retraités pour tout le reste…

    Quel monde merveilleux ils nous préparent !

    Répondre
  24. personne
    personne dit :

    @denis
    L’autre sens étant, bien sur, socialiser les bénéfices et privatiser les pertes, j’ajoute. Je l’ajoute parce que ça pouvait laisser entendre : conserver la socialisation des pertes et la privatisation des bénéfices en "pensant" de temps à autre légèrement du haut vers le bas comme c’était le cas dans les trente glorieuses.

    @FAIL
    Vous ne pouviez mieux le dire. Le travail en prison est plus qu’une image, une réalité. Les prisonniers doivent travailler pour vivre contrairement à une idée reçue de logé/nourri/blanchi aux frais de la princesse.
    En plus, le travail en prison c’est un travail 7 jours / 365 jours, sans contrat de travail ou une quelconque protection sociale (cella va de soit), autour de 3 euro de l’heure (concurrençant par la même une externalisation en Chine en comptant la logistique et autres frais associés).

    Répondre
  25. FAIL
    FAIL dit :

    @personne
    Oui, oui, oui… ça fait déjà un certain temps que j’entends les histoires de comment ça se passe.

    Ce qui m’a fait "tiquer", c’est quand (récemment) j’ai entendu je ne sais plus qui dire du bien des prisons ouvertes, ou "sans murs" (je ne sais pas quel terme ils employaient) … ça ne m’a pas paru incohérent avec ce qu’ils avaient fait jusqu’à présent. Je me suis dit que ça cachait quelque chose. Et j’imagine que l’explication, c’est que les "travaux physiques" il y en a une partie qu’on peut faire enfermé entre 4 murs… mais il y a une autre partie qu’on ne peut faire que "dehors" !

    Et puis j’imagine bien qu’on leur dira que c’est parce que les étrangers / "sans-papiers" ils ne veulent plus faire de travaux pénibles, etc. Comme on leur a dit à eux avant, etc. Et puis pour flatter l’électorat de retraités obligé de travailler, ils ne pourront plus dire que ce sont les étrangers qui prennent le travail… LOL … ils diront que c’est à cause des étrangers (qui ne veulent plus travailler) que les retraités sont obligés de travailler, pour subvenir au "train de vie" de ces étrangers. Bref, toujours le même bouc émissaire… rien ne change.

    On le voit un peu quand même… la tendance actuelle est au travail que le travailleur ne peut refuser, où il ne peut négocier son salaire, etc. Comme si le but était une sorte de travail obligatoire.

    Répondre
  26. denis
    denis dit :

    @personne
    Merci de votre réponse constructive, je vais regarder un peu plus en détail vos infos que vous avez fournit. Je ne suis pas un adepte convaincu du "there’s no alternative", mais plutôt en recherche de "is there an alternative?" avec des fondements qui vont dans le sens du bien être des gens et d’une économie qui va dans le sens de l’amélioration des conditions de vie, sans but d’enrichissement ou de compétition. Cela nécessite beaucoup de changements que je n’ai pas encore vu proposés par des groupes ou partis, ou alors pas de façon suffisamment construite pour proposer un système stable et viable.
    "Certainement, there’s no alternative, mais certainement pas la néo-libéralisme ni une quelconque autre variante du capitalisme"
    Je suis totalement d’accord avec vous, sans une refonte bien pensée de ce modèle économique et politique, ce mode de fonctionnement, même avec tout les pansement que l’on peut lui trouver, ne fera que continuer à diverger puisque les principes qui l’anime ne pousse que dans ce sens. Et c’est sur que dans le paysage politique actuel, les socialistes font un peu figure de goutte de mercurochrome appliqué sur une hémorragie…

    Répondre
  27. PMB
    PMB dit :

    Trouvé hier dans un vide-grenier le tome 5 de Le Baron Noir, 1980. Page 5, cette bande d’une totale actualité :

    Un mouton, enfin enragé, lance au Baron :
    – Les temps ont changé, il faudra vous y faire… Désormais, c’est la compétition acharnée, la bagarre…
    Le Baron, imperturbable :
    – Je ne suis pas contre… A condition que ça se passe entre moutons.

    Parisot and Co ne disent pas autre chose.

    Répondre
  28. herve_02
    herve_02 dit :

    @denis

    Bien entendu qu’il y a une alternative, le soucis, c’est que cette alternative ne se fera pas sans douleur ni violence. Non, il n’y a pas d’alternative au sein du système politique actuel. Pour le cas Mélanchon, il suffit de se rappeler de sa position sur le cas du Tibet au moment des JO. Il ne veut pas changer le système de l’intérieur, il veut être à l’intérieur, ce qui est bien différent.

    Il faut changer complètement le système politique actuel pour pouvoir changer les axiomes de notre vivre-ensemble. Malheureusement ceux qui sont en place actuellement (et ceux qui attendent leur tour juste en dessous ne veulent pas que cela change (en plus ils savent rien faire d’autre, que pourrait-on faire de ces personnes dans un ‘nouveau monde’ ?). De plus, ceux qui ont concentré la richesse ne veulent pas que cela change non plus. Ils préféreraient massacrer la moitié de l’humanité plutôt que de perdre une partie de leurs fortunes (la preuve est le renouveau du malthusianisme).
    Sachant ceci, comment voulez-vous que l’on puisse changer le système de l’intérieur ? comment trouver une alternative autre que la "tabula rasa" avec ce que cela implique comme douleurs et sacrifices. La seule chose positive, c’est que la désespérance qu’ils créent a pour "avantage" de relativiser le coût douleur-sacrifice en maximisant l’actuel niveau d’intenabilité.

    Répondre
  29. personne
    personne dit :

    @herve_02
    Et j’ajoute que, comme <i>on</i>, <i>on</i> une certaine partie de ceux qui veulent et sont près à faire le nécessaire pour changer, aussi bien que ceux qui sont depuis trop longtemps abreuvés au "there’s no alternative", a tendance à minimiser les chances de réussite de transformation de l’intérieur, on peut le comprendre par la fait que… oui, il n’y a véritablement ou presque pas d'<i>organisation</i> ni de <i>révolte populaire</i> pour, et même si elle existait celle ci se retrouve inévitablement récupérer et étouffer par quelques promesses de pansements, l’exemple de l’Amérique latine et le Vénézuela en particulier montre que transformer de l’intérieur est encore possible. Mais est-ce-encore-possible dans ces vielles démocraties ?

    Répondre
  30. erca57
    erca57 dit :

    Tout un chacun qui se creuse un peu la tête ne peut qu’abonder dans le sens d’un changement radical du système politique, l’actuel ayant amplement fait la preuve de son inefficacité et de sa corruption. Mais ce qui manque sur les blogs et les forums, ce sont des propositions concrètes.

    Identifions les problèmes un par un, et recherchons les solutions, en commençant par les plus criants.

    Par exemple le problème de la non-représentativité et de la professionnalisation des politiques. Des élus professionnels : une aberration ! On nous demande de choisir parmi des "aristos de la République". Un représentant élu devrait être un citoyen ordinaire délégué pas ses pairs et obligatoirement choisi parmi eux (et non parachuté de Paris) . Un élu n’a pas de salaire (ce n’est pas un métier) mais il peut être indemnisé pour son manque à gagner et les frais engagés et dûment constatés par ses électeurs (ou un "comité de surveillance"). Sa représentativité doit pourvoir être remise en cause à tout moment. Quand on s’engage à siéger dans une assemblée, l’assiduité aux séances est un devoir.
    etc, etc, etc
    (que des évidences !)

    C’est peut-être utopique, mais ce n’est même pas révolutionnaire, dans la mesure où cette révolution a déjà été faite. Mais certains l’ont confisquée. Qu’ils nous la rendent !

    Répondre
  31. miha
    miha dit :

    Et plafonner les retraites ? Pourquoi personne n’en parle ? D’autant plus que ceux qui ont droit aux pensions les plus élevées ont déjà un patrimoine qui leur permet de vivre confortablement.

    Par ailleurs, dans une société où même ce qui est vital, comme la nourriture, est payant, il faut instaurer un REVENU MINIMUM D’EXISTENCE, comme le préconise l’économiste Serge Latouche.

    Répondre
  32. herve_02
    herve_02 dit :

    @miha
    oui pour le revenu d’existence. Le plafonnement des retraites ? pourquoi pas, mais c’est une assurance : un contrat, des cotisations, des versements. on peut changer le contrat pourquoi pas. on peut aussi changer d’axiomes.

    Il faut faire attention quand on commence à poser des limites. Aujourd’hui elles seront plafonner à 50 000 euros par an, mais demain, qui dit qu’elle ne seront pas plafonner à 6000 euros par an. Le truc du plafonnement, c’est que suivant ton point de vue, le montant n’a pas la même implication.

    Compare la retraite d’un smicard disons 800 euros par mois au seuil de pauvreté de 2 $ par jour. ca en fait un homme riche.

    Répondre
  33. Didier
    Didier dit :

    A quoi cela vous sert-il de toujours gueuler contre le capitalisme, si c’est pour lui mendier le peu que vous croyez qu’il vous doit ?

    Non la retraite ce n’est pas un "salaire différé", pas plus que des "éclairs au chocolat virtuels". Arrêtez de plagier les discours de Marc Blondel !

    Vous voulez une retraite ? Vous avez déjà légitimé le capitalisme.

    A toujours attaquer le capitalisme sous un angle moral, il n’a plus qu’à vous répondre "les caisses sont vides".
    En réalité leurs petits calculs comptables n’ont aucun fondement. Leur répondre sur ce terrain est incompréhensible pour des gens simples.

    Répondre
  34. Le Journal de Chrys
    Le Journal de Chrys dit :

    Merci pour ce coup de gueule qui fait écho en moi. Je pense à une discussion récente avec mon père qui vient juste de prendre sa retraite à 64 ans. 49 ans de travail, oui il a commencé tôt. Comme il dit: j’ai payé des impôts comme on m’a demandé, j’ai pris une semaine de maladie en 49 ans, j’ai fait tout ce qu’il fallait, et maintenant ils nous disent qu’il n’y a plus de fric!!! Mais donner du boulot à tous, cela ne le fait pas pour nos politiques. Après les gens réfléchissent à autre chose qu’à trouver du boulot. Ils pensent! Et c’est pas bon pour eux quand on pense trop"

    Bref quand il entend nos "grands penseurs" parler, il éteint la radio ou la télé. De colère de tant de mensonges!!!!

    Répondre
  35. Verel
    Verel dit :

    Qui veut tuer son chien l’accuse de la rage..
    Article bien vindicatif, mais essentiellement sur des coups de gueule bien peu argumentés
    Le plus beau étant bien sûr le chapitre consacré à essayer de nier l’augmentation de l’espérance de vie
    Parmi les plus beaux arguments, celui expliquant qu’on vit plus vieux parce qu’on a avancé l’âge de la retraite
    Une preuve? allons donc, pourquoi faire!
    Il suffit d’affirmer "Il y a de fortes chances que l’espérance de vie a augmenté parce qu’on a abaissé l’âge légal du départ à la retraite."
    les chiffres ne le disent pas, la belle affaire, s’il fallait en plus croire aux chiffres
    Alors, parce que moi, je pense que ce genre de sujet peut être regardé plus sérieusement, je vous informe que l’espérance de vie a augmenté en France très régulièrement de 3 mois par an depuis 1919!!!
    et que le passage de la retraite à 60 ans n’y a rien changé (d’ailleurs la tendance est la même dans tous les pays européens)
    Voir le site de l’INED
    http://www.ined.fr/fr/tout_savoir_p
    Mais effectivement, votre article n’est pas d’aussi mauvaise foi que celui de Mélenchon…lui est trop fort!
    http://verel.typepad.fr/verel/2010/

    Répondre
  36. j.ph.
    j.ph. dit :

    J’arrive vraiment trop tard ? Pas de ma faute, c’est que je n’ai découvert ce blog que très récemment. Pourtant je tiens absolument à dire bravo mille fois à la blogeuse ! Enfin quelqu’un qui jette à la tête des escrocs et des malfrats qui nous gouvernent toute leur duperie dégueulasse si bien emballée dans un mépris abyssal des masses. Hormis l’erreur rectifiée dans les commentaires sur le salaire différé on ne saurait décrire les véritables enjeux avec plus de netteté et de décision. Et cette précision que je voudrais également apporter : Agnès oublie de ramener cette réforme des retraites, comme d’une manière générale de toutes les manœuvres dictées aux gouvernants par le Capital pour contrecarrer la baisse tendancielle du taux de profit, à une tentative toujours renouvelée d’abaisser le prix de la force de travail, c’est à dire les salaires.

    Répondre

Répondre

Se joindre à la discussion ?
Vous êtes libre de contribuer !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *