La phrase de l’année!

Si le climat était une banque, ils l’auraient déjà sauvé !

Hugo Chavez, conférence climat de l’ONU à Conpenhague, 16 décembre 2009

no comment

33 réponses
  1. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    VENEZUELAN PRESIDENT HUGO CHAVEZ From Reuters

    The rich countries of the north helped bankers, the big banks. I’ve forgotten the figure, but it’s astronomical.

    What they’re saying on the streets is that ‘if the climate was a bank they would already have saved it’. I think it’s true. if the climate was a capitalist bank, a capitalist bank, one of the biggest ones, they would have saved it.

    I think (U.S. President Barack) Obama isn’t here yet. He got the Nobel Peace Prize almost the same day as he sent 30,000 soldiers to kill innocent people in Afghanistan.

    There is an imperial dictatorship in this world, and we continue to denounce it. There is no democracy in the world. The destructive model of capitalism is eradicating life.

    We need to consume less and distribute more. Climate change is certainly the most devastating environmental problem of the last century — droughts, hurricanes, floods the rising sea level, heatwaves and so on.

    Les pays riches du Nord ont aidé les banquiers, les grosses banques. J’ai oublié la somme, mais c’est astronomique. Comme ils le disent dans la rue, "si le climat avait été une banque, il l’auraient déjà sauvé!". Je pense que c’est vrai. Si le climat avait été une banque capitaliste, une banque capitaliste parmi les plus grosses, ils l’auraient sauvée. Je pense qu’Obama n’est pas encore là. Il a reçu le Prix Nobel de la Paix le jour même où il envoyait 30 000 soldat tuer le peuple innocent d’Afghanistan. Il s’agit d’une dictature impériale de ce monde et nous continuons à la dénoncer. Il n’y a pas de démocratie dans le monde. Le modèle destructeur du capitalisme est en train d’éradiquer la vie. Nous devons consommer moins et distribuer plus. Le changement climatique est certainement le problème environnemental le plus destructeur de ce siècle : sécheresses, ouragans, inondations, élévation du niveau de la mer, vagues de chaleur et ainsi de suite.

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  2. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Oui, je crois que tout est dit, qu’il n’y a rien à ajouter, si ce n’est de bien prendre la mesure de ce que signifie concrètement cette phrase et d’en tirer les conclusions qui s’imposent quant à ce que nous devons faire, ici et maintenant.

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  3. Patrig29
    Patrig29 dit :

    Chavez n’a pas fait "Sciences po" ou l"Ena" mais il a tout compris….Pour moi aussi c’est la Phrase de l’année
    P.S J’attends toujours avec impatience vos billets car je vous lis avec gourmandise. Merci encore !!!!

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  4. anteCii
    anteCii dit :

    D’une le climat ne leur rapporte rien. Sauvé ou pas !
    De deux, ils font partie de l’élite, des riches et savent pertinemment qu’ils ne craignent rien. Ni eux, ni leurs enfants. Ils seront toujours au bond endroit au bon moment.

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  5. Neige
    Neige dit :

    @ Patrig29 :

    "Il a pas fait Sciences Po, il a tout compris"… ça me rappelle quelque chose ça… 😉

    Dans le même genre, il y a les sources d’eaux minérales.

    Si j’ai bien compris :
    comme il y a interdiction de filtrer, traiter, etc. l’eau,
    et que l’eau est (je crois) analysée (polluants, etc.)
    les entreprises font des pieds et des mains pour éviter la pollution (en surface notamment).

    Où quand les entreprises ont tout intérêt à éviter la pollution… pour une fois !
    Je ne sais pas si c’est systématique pour toutes les eaux minérales, ou s’il y a un revers (à la "médaille")…
    mais c’est intéressant comme situation, je trouve.

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  6. Simplicissimus
    Simplicissimus dit :

    J’ai regardé tout le discours. Vingt-cinq minutes, il a fait bref…

    L’ensemble est absolument remarquable. Ça fait du bien d’entendre une argumentation charpentée.
    Ça fait un peu bizarre de mener le combat sous un mélange de bannières (c’est tout à la fin : le Christ, Mahomet, l’égalité, l’amour, la justice et l’humanisme).
    Ça fait du bien d’entendre citer Rosa Luxembourg ("Socialisme ou barbarie") juste avant les Béatitudes ("Bienheureux les pauvres…")

    Notez qu’il cite la "phrase de l’année" comme l’ayant vue sur une banderole des manifestants. Manifestants qu’il salue chaleureusement.

    Enfin, la citation de J. J. Rousseau est, en fait du Lacordaire. L’original dit :

    Entre le fort et le faible, entre le riche et le pauvre, entre le maître et le serviteur, c’est la liberté qui opprime et la loi qui affranchit

    Et dans un contexte (1848, en chaire à Notre-Dame) qui vaut son pesant de cacahouètes et que je vous laisse découvrir.

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  7. John
    John dit :

    @ Patrig29

    Pour calmer ton impatience et satisfaire ta gourmandise entre les billets qui vont, forcément, pendant cette période de fin d’année, se faire ou rares ou brefs ou les deux mon général, tu es fortement encouragé à te reporter au lien en haut à droite de cette page et à commander illico le Monolecte en papier :

    Les Chroniques du Monolecte : Le Syndrome du poisson rouge
    par Agnès Maillard
    Livre broché, 440 pages € 26.48

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  8. NaOH
    NaOH dit :

    Je ne voudrais pas être un rabat-joie, mais le slogan de Cokenhague (de la réunion des "décideurs") pourrait être :

    Le climat n’est pas une banque, mais nous y travaillons…

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  9. Manu
    Manu dit :

    @anteCii : "De deux, ils font partie de l’élite, des riches et savent pertinemment qu’ils ne craignent rien. Ni eux, ni leurs enfants. Ils seront toujours au bond endroit au bon moment."

    Ce n’est pas si sûr. Et le Nain 1er devrait le savoir, lui qui (paraît-il) ne jure que par le livre Effondrement de Jared Diamond : celui-ci narre par le menu la disparition de plusieurs sociétés ou civilisations (Ile de Paques et empire Viking, notamment) confrontées à un moment ou à un autre à un faisceau de problèmes, dont les problèmes environnementaux n’étaient (déjà) pas les moindres. Et il montre que, au sein de ces peuples qui ont disparu jusqu’à leur dernier représentant, les chefs, qui avaient comme de juste tiré à eux un maximum de richesses et de ressources, n’ont ce faisant gagné que le privilège de disparaître les derniers… Savoir qu’"ils" disparaîtraient sans doute aussi ne me console pas mais satisfait la vague idée que je me fais de la morale.

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  10. chris
    chris dit :

    Ouep, sauf que tous ceux qui s’extasie devant la éniéme saillie Chavezienne n’ont jamais foutu les pieds au Venezuela…

    Dommage , ils seraient trés surpris, et probablement trés choqués en tant que braves écolos européens.

    IL y a aussi des français au Vénezuela, bon leur genre ne vous plairaient pas, trop bling bling avec leur Hummer et leurs Bentleys. Bon, ils aiment bien Chavez eux aussi …, y a des intéréts communs, on dira pudiquement.

    Bon, pas le temps de vous expliquer, mais vous trouverez bien quelques vénèzueliens vivant en France qui vous raconteront , tordus de rire en génèral…car ils aiment bien Chavez aussi.

    Moi aussi d’ailleurs, j’aime bien Chavez. Au moins chez lui, il s’occupe de la misére avant l’écologie, pas comme nos mairies de gauche.

    J’ai bien deux ou trois couples vénezueliens de mes amis à qui je pourrais éventuellement demander de venir écrire quelques lignes chez Agnés, mais je crains que ce soit compliqué pour moi de devoir leur expliquer la gauche française ( enfin la droite aussi, puisque Sarko est devenu aussi écolo : sacré Sarko, c’est un marrant, enfin pas trop).

    Ouai, expliquer le monde dans sa diversité , y a du boulot, et je suis trop petit pour ça.

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  11. cultive ton jardin
    cultive ton jardin dit :

    @ Chris:

    On peut citer un discours de Chavez sans en être un admirateur inconditionnel. Je trouve excellente la phrase "Si le climat était une banque, il l’auraient déjà sauvé". Je remarque, comme l’a déjà écrit Simplicissimus, qu’il a lu les banderoles des manifestants, contrairement à nous qui verrons surtout, comme dab, des manifestants à terre et des flics en train de les bousculer. Et contrairement, à tous ses acolytes dirigeants. Ce qui fait que, grâce à lui, nous connaissons au moins un des slogans de ceux qui ont fait, lors de cette farce au sommet, un vrai travail d’information et de réflexion.

    Ceux qui se renseignent un peu savent que le Venezuela est pas le paradis terrestre, qu’on y tue encore les paysans sans terre qui essaient de cultiver une infime partie de cette terre volée pour tenter de nourrir leur famille, que le peuple, même alphabétisé, même soigné de la cataracte, est, massivement, dans une misère noire.

    Je suis de ceux qui pensent que bouffer à sa faim et avoir un toit sur la tête est une liberté plus importante que celle de regarder TF1 ou son équivalent vénézuelien. Et je suis bien d’accord que cette liberté là n’est pas gagnée au Venezuela. Par contre, celle de regarder une chaîne privée berlusconisée à mort est à peine écornée.

    Ce serait sympa que, de temps à autre, entre deux crachats sur Chavez, on nous parle un peu de la Colombie et des autres pays d’Amérique du Sud où, en plus d’affamer le peuple, on le torture et on le livre aux escadrons de la mort et à leurs variantes locales.

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  12. erca57
    erca57 dit :

    Rien de plus à dire.

    Quand j’ai une idée de commentaire, je lis d’abord ceux déjà postés, et immanquablement je retrouve mon idée dans l’un ou l’autre. C’est donc que je suis parfaitement en phase avec les autres lecteurs de ce blog, me direz-vous.

    Et pourtant j’ai décidé aujourd’hui de poster ce commentaire superflu, juste pour me manifester en tant que fervent lecteur du Monolecte, sur papier et sur écran, et pour témoigner à l’auteur mon admiration et mes encouragements au seuil de la nouvelle année.

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  13. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Si c’est le cas, c’est la consécration pour Ramonet : se faire plagier par un chef d’État. En l’occurrence, Chavez a expliqué qu’il a lu ce slogan sur une banderole de manifestant. S’il faut, c’était celle de Ramonet 😉

    Répondre
  14. Michel
    Michel dit :

    Bonjour,
    J’avais déjà lu cette phrase, mais elle avait été dite par I. Ramonet l’ancien directeur du diplo.

    H. Chavez ne l’aurait-il pas reprise en faisant beaucoup plus de "bruit".

    Faire recherche est l’écrire ici.

    Michel

    Répondre
  15. Michel
    Michel dit :

    (re)Bonjour

    J’ai trouvé !

    Sur cette page,
    http://www.michelcollon.info/index….

    ecrite par I. Ramonet, qui date de septembre 2009, vers le bas il y a :

    "D’où l’urgence d’adopter des mesures pour stopper le glissement vers l’abîme. D’où également, devant le cynisme de nombreux leaders internationaux, la colère des milliers de militants écologistes qui convergent de partout vers la capitale du Danemark en scandant deux slogans mobilisateurs :

    "Changez le système, pas le climat !" et "Si le climat était une banque, ils l’auraient déjà sauvé !"."

    Peu importe finalement, l’essentiel c’est qu’elle ait fait son effet.

    A+

    Michel

    Répondre
  16. Simplicissimus
    Simplicissimus dit :

    @Michel
    Finalement, il ne les a peut-être pas vues les banderoles : les deux qu’il cite sont les deux "slogans mobilisateurs" de Ramonet,…

    En tous cas, le salut aux manifestants est chaleureux : Nous (les vieux) on a le soleil dans le dos, eux (les jeunes) ils l’ont de face.

    @Agnès
    Ramonet est cité nommément (partie 1, 9’00"), c’est lui qui a offert à Chávez le livre d’Hervé Kempf dont il fait une grosse promo "Comment les riches détruisent la planète"

    @Chris
    Oh, le beau gros argument d’autorité que voilà !
    À votre avis, dans quel pays j’ai appris l’espagnol?
    (indice : c’est en Amérique du Sud et ça commence par V)

    ¡Ándate a matar cucarachas!
    comme le dirait le regretté Jorge Tuero
    http://www.youtube.com/watch?v=prPE
    alias Valdomero, el terror del llano, l’une des victimes de la tragédie de Vargas (citée aussi par Chávez) surtout connue en France par les reproches adressés à Dominique Voynet pour l’avoir mentionnée au moment de l’Erika.

    Comme quoi, les écolos européens (en tous cas certains) savent un peu ce qui se passe là-bas.

    Répondre
  17. chris
    chris dit :

    @Simpli

    Je n’ai aucune autorité sur le sujet, d’ailleurs, j’explique à la fin de mon plaidoyer sur la relativisation du truc, que je me sens bien trop petit eu rapport à la moindre explication de texte.

    Mais bon, les avenues de Caracas ont beau s’appeler pour la plupart : Simon Bolivar ! On est pas prêt d’y voir déferler des bicyclettes à l’instar de l’Italie de Berlu -, étrange non !

    Quand aux soutes des beaux voiliers qui trempent du côté de la belle réserve écologique de l’Isla Margarita…, elles contiennent pas souvent du commerce dit équitable.

    Je suis même épaté de voir les écologistes se précipiter aux basques des Sarko et consorts, à quand les postes ministériels ?
    Cette nouvelle race de dirigeants qui recyclent tout, et c’est peut-étre l’explication de leurs elections respectives.

    Répondre
  18. Principe de Peter de la finance
    Principe de Peter de la finance dit :

    C’est intéressant la comparaison avec les banques, je trouve.

    Je ne suis pas un spécialiste, mais je crois que le bouleversement climatique va être, ou plutôt est, comme le bouleversement économique. Il y aura des réfugiés climatiques comme il y a (actuellement) des réfugiés économiques. Mais c’est progressif, ça divise les gens, on va nier à certains le fait d’être victime, alors que d’autres victimes vont être exhibées pour des raisons politiques, etc.

    C’est aussi un peu l’histoire de comment faire bouillir un grenouille, c’est-à-dire que si la température augmente brutalement, la grenouille se sauve, et, si c’est progressif, la grenouille finit ébouillantée.

    Et j’ai l’impression que, justement, à la différence des systèmes économique et écologique, le système financier est instable, il n’y a pas d’équilibre. C’est un système où les bouleversement sont brutaux, pas progressif (à cause de la spéculation, etc. j’imagine).

    Alors, uniquement parce que le bouleversement est grand et rapide, est-ce qu’il faut en conclure que seuls seront sauvés les systèmes qui ne fonctionne pas, qui sont mal-foutus, qui sont détraqués ?

    C’est comme s’acharner à vouloir réparer un appareil qui ne fonctionne pas correctement, et qui même n’a jamais vraiment fonctionné correctement… et ne pas faire attention à ce fonctionne correctement. Ou pire, détraquer ce-qui-fonctionne-correctement pour "réparer" ce-qui-n-a-jamais-vraiment-fonctionné-correctement. Un peu comme un jouet, comme une danseuse, comme une utopie, comme une lubie… qui entraînera la perte de choses importantes.

    C’est étonnant tout de même cette attitude !

    On est pas loin du "capitalisme über alles"… enfin, je dis capitalisme parce que je ne trouve pas de mot. Ça pourrait aussi bien être "profits über alles"… (ou autre chose)

    C’est fou de perdre comme ça le bon-sens, ne plus avoir à l’esprit les choses importantes, les priorités…

    Bon… il ne faut pas être candide aussi, je sais bien que c’est des histoires d’intérêts particuliers, d’égoïsme… de pouvoir et d’argent, quoi. Mais quand même…

    Répondre
  19. Luc
    Luc dit :

    Neige a ecrit:"Si j’ai bien compris :
    comme il y a interdiction de filtrer, traiter, etc. l’eau,
    et que l’eau est (je crois) analysée (polluants, etc.)
    les entreprises font des pieds et des mains pour éviter la pollution (en surface notamment).

    Où quand les entreprises ont tout intérêt à éviter la pollution… pour une fois !
    Je ne sais pas si c’est systématique pour toutes les eaux minérales, ou s’il y a un revers (à la "médaille")…
    mais c’est intéressant comme situation, je trouve."

    Au Japon, les fabriquants de sake ont besoin d’une eau de grande qualite. Pour la preserver, certains achetent les terrains environnant "leur source" pour eviter sa pollution. Quand la bibine sauve l’eau…

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