Vendredi ou la minute nécessaire d’autopromotion narcissique

Une fois n’est pas de coutume, je déroge à ma règle tacite que je me suis faite toute seule dans mon coin : ne pas me faire mousser!


Mais bon, je reste humaine et il est des voisinages qui me flattent carrément dans le sens du poil, quand bien même un bon shampooing énergique devrait en finir promptement avec ce lévrier afghan qui sommeillait en moi à l’insu de mon plein gré.
Et oui, Vendredi, l’hebdo de fin de semaine qui écume le meilleur du net (si, si, c’est eux qui le disent !) nous fait cadeau d’un numéro spécial de fin d’année. Et me voilà, moi, misérablement petit étron pronétarien, hissé à la force du clavier au milieu des plus illustres penseurs de cette fin de civilisation.
La preuve en image :

Franchement, il y a de pire colistiers que Frédéric Lordon, Emmanuel Todd ou Jacques Sapir, non­­? Qui pourrait résister à la tentation de faire le tour de la cyber basse-cour en braillant, toute roue déployée ? Hein ? Nous ne sommes pas des bêtes, quand même.

Dans sa spéciale fin d’année, Vendredi publie aussi la carte du tendre du Net qui se parcourt à rebrousse-poil, avec plein de cyberpotes dont la toute fraîche renommée me réjouit d’autant plus que leur travail incessant de dénonciation, réflexion, information, sensibilisation me semble indispensable. Beaucoup de ces gens font partie des auteurs que j’apprécie, que je lis quotidiennement et dont je partage régulièrement la prose avec vous via mes fils d’info, que ce soit la sélection via Google reader, Delicious, Rezo et maintenant le tout frais Aaaliens. Signalons aussi au passage SmallBrother.info, même si je n’y participe pas beaucoup, pour une bête question de temps disponible non extensible.

Puisqu’on en est au copinage éhonté, à mon tour de balancer une brassée de liens que j’apprécie, avant la mise en place d’une page dédiée à mes sources principales. Il s’agit là des 40 liens que j’ai le plus partagés avec vous ces 30 derniers jours :

Sinon, Vendredi, c’est bien pour faire découvrir le Net à votre belle-mère technophobe. Et ça peut même se lire aux toilettes!

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21 réponses
  1. Didier
    Didier dit :

    C’est rigolo que tu évoques ce canard car j’étais assez sceptique au moment de son lancement. Je me suis dit, encore un machin qui va tourner en rond avec la république des copains.
    Et puis dans je ne sais quel numéro, j’ai vu un de tes textes.
    Ca m’a du coup semblé crédible et depuis, je l’achète régulièrement. Finalement. Même si c’est un peu trop je ne sais quoi à mon goût.
    Plutôt une réussite et surtout, surtout : tu le mérites !

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  2. chris
    chris dit :

    Que de blog mais que peu de débat….oui, je comprends, c’est Noêl et le moment de s’autocongratuler …..l’imposture du web, quoi.

    L’on en est presque a un web politiquement correct contre le pouvoir impolitiquement correct ….ça fait peur …et j’ai des rêves d’underground d’un coup.

    Bon, je plaisante, autrement on va dire que je crache dans la soupe ….

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  3. Agnès Maillard
    Agnès Maillard dit :

    Comme le fait judicieusement remarquer Chris, il faut mettre des limites à la flagornerie. Donc, l’effet promotion s’arrête là.

    Tout comme lui, j’estime qu’il faut faire gaffe au nécessaire polissage du propos qui ne manque pas de suivre un habile coup de projo. D’ailleurs, combien de fois me suis-je entendu asséner un définitif : Tu écris pas mal, mais ton outrance (ou tes grossièretés) te ferme bien des portes. Autrement dit, un bon coup de polish mirror sur des brodequins soigneusement choisis devrait te permettre d’accéder à une meilleure gamelle (en passant, va falloir que je me calme avec les métaphores canines!). Bref, pourquoi se faire chier à dégainer le spectre de la censure à la hache alors que la perspective de ne plus flipper à l’heure de payer le loyer en a fait rentrer plus d’un dans le rang?

    Sauf qu’une fois le débat débarrassé de ses scories et le propos allégé en idées, il ne te reste plus qu’à rejoindre la cohorte des pisse-copies au kilomètre, tous interchangeables, au point, d’ailleurs, que la gamelle devient de plus en plus aléatoire et inconsistante. En attendant, tu te retrouves le cul au chaud et le verbe en berne, fossoyeur de tes propres aspirations.

    Bien sûr que je me suis posé la question de la flagornerie rectalienne avec cette publication, bien sûr que je me suis demandée si je n’allais pas modifier ma façon de faire pour améliorer mes chances de diffusion. Du coup, j’ai moins écrit, avec la certitude qu’il ne faut se retrouver à servir la soupe que l’on attend de toi. Du genre, écrivons bordel à cul de la pompe à merde, puisque voilà ma marque de fabrique. Ou ne balancer que de l’énervée, puisque c’est ce qui plait. Bref, c’est le piège à con : que j’aille dans le sens de l’attente ou à contrecourant, je perds l’initiative et c’est le regard de l’autre qui guide mes choix. Et me voilà paralysée.

    Au final, il faut rester pragmatique. Ici, je fais ce qu’il me plait et si je veux faire chier tout le monde avec mes problèmes de merlan, je le fais. Maintenant, s’il y a des gens prêts à payer pour mes conneries, je prends le blé et je paie mon chauffage avec. Voilà tout.

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  4. John
    John dit :

    « bien sûr que je me suis demandée si je n’allais… »

    L’euphorie, on se relâche, on ne se relit pas…
    « me » est un datif, demandé ne s’accorde pas
    je me suis demandé_ !

    Pas grave, continuez 😉

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  5. Garcon
    Garcon dit :

    Bravo a toi, non pas pour la publication dans Vendredi (enfin si aussi, mais ce n’est pas une premiere) mais effectivement pour le fait de voir ton nom figurer aupres de Todd, Sapir et Lordon. J’imagine certainement que la lecture de ce chapeau doit faire vraiment plaisir. Ce sentiment de satisfaction par association textuel a des personnes que l’ont cheri est d’ailleurs tres etrange, je le vis a chaque fois que mon nom est a la fin d’un film et je ressens toujours une gene tout en comblant une envie qui s’attache, je ne le sais point, au vice ou a la vertu

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  6. Patrick
    Patrick dit :

    Monolecte : "…je perds l’initiative et c’est le regard de l’autre qui guide mes choix."

    Garçon :"…et je ressens toujours une gene tout en comblant une envie qui s’attache, je ne le sais point, au vice ou a la vertu".

    J’ai du bol, au fond : ma grande paresse me met à l’abri de ces pièges. 😉

    Longue vie au Monolecte, cré-nom de bordel à cul !

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  7. chris
    chris dit :

    """""Maintenant, s’il y a des gens prêts à payer pour mes conneries, je prends le blé et je paie mon chauffage avec. Voilà tout.""""

    Peut etre pour ça que les écrivains ne viennent pas sur les blogs ou les forums, preférent chez Ruquier …les ingrats…

    Parait qu’il y a bien Dantec qui aimait venir se frotter a la vile populace ….

    Faut dire que l’auto promotion pose de sacrées questions ….autant le forumiste lambda se precipite chez la FNAC qu’il prétend pourtant detester, et ce chaque a chaque fois qu’un pretendu blog indépendant lui annonce un haut fait d’une maison d’édition ayant pignon sur rue …….

    Pas comme ces minables auteurs underground qui vendent leur maudite prose sur des sites de vente en ligne…pour pas dire sous le manteau ,quoi.

    Nous qui ramons sur le web, et dire qu’a chaque fois qu’on s’autopromeut ; l’on nous traite de vils marchands …

    Allez, mdame Maillard …..un peu de promotion, zy avez bien droit aprés tout….

    D’autant que dans quelques jours ,c’est la tréve des beaufs, vont s’embrasser tout ça ..beurk …

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  8. ti_cyrano
    ti_cyrano dit :

    Même sur le web 2.0 les trompettes de la gloire seraient mal embouchées ? Kilukru ?
    Ca marche dans les 2 sens et
    turlututu parler d’amour t’est défendu !
    sous peine de mécontenter ton cœur de cible du webographe.

    Fais comme tu sens, on t’aime comme ça 🙂

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  9. Aka 75
    Aka 75 dit :

    Alors comment ça se gère, une publication dans vendredi ?

    Car c’est un peu censuré quand même. il y a une rencontre pour voir avec l’auteur les transformations où vous découvrez les dégats à la publication ?

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  10. enzo d'aviolo
    enzo d'aviolo dit :

    Je ne te lis pas tout le temps, mais quand je passe, j’y reste. pourtant parfois, certains de tes propos me bousculent, me dérangent, mais j’aime ça.
    tu es un petit point dans l’univers du web mais tu en fais sa richesse non formatée, que c’est agréable.
    Après, un peu d’autosatisfaction ne nuira pas le propos, pas d’inquiétude là dessus, vraiment pas.

    Répondre
  11. Zygomatique
    Zygomatique dit :

    Bonjour Monolecte : ça fait bien longtemps que je pense que tu pourrais être une excellente romancière, sans te pousser naturellement à abandonner ton blog…

    Et je profite de l’occasion ,pour ne pas tomber aussi dans la flagornerie, pour saluer le Yéti, Swâmi et d’autres ; Car si dans le doute, il m’arrive de déconner, à leur lecture, et parfois après avoir écrit une connerie, je me sens poussé à " réinitialiser " ma pensée…

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  12. FrédéricLN
    FrédéricLN dit :

    "Ici, je fais ce qu’il me plait et si je veux faire chier tout le monde avec mes problèmes de merlan, je le fais. Maintenant, s’il y a des gens prêts à payer pour mes conneries, je prends le blé et je paie mon chauffage avec."

    Bravo 😉 ce n’est pas "être pragmatique", c’est se faire plaisir, ou bloguer. Longue vie au Monolecte !

    Répondre
  13. JeeHemSey
    JeeHemSey dit :

    Chère Agnès,

    Cela fait déjà longtemps que je donne l’adresse de ton blog à tous ceux qui me disent qu’il n’y a plus d’info, plus de commentaires dur la vie réelle et qui se lamentent de la pauvreté intellectuelle de ce pays ( fallait pas acheter le Nouvel Obs !! ).
    Alors je ne suis pas étonné que tu sois, par l’entrebaillement d’une porte bien sûr, reconnue par d’autres.
    Surtout ne change pas et reste pour longtemps Le Monolecte…

    Répondre
  14. damien
    damien dit :

    A part T:

    Il faudrait faire une analyse psychologique du web, des blogs, et une analyse sociologique. etc… mais ce qu’il ne faut pas oublier c’est que l’Internet n’est qu’un outil, vecteur d’échange et d’information, de savoir, et même de divertissement. Un endroit pour la liberté, celle de l’expression notamment.
    Un outil de propagande aussi.

    Néanmoins n’oubliez pas la virtualité du net, et qu’il ne faut pas en faire un lieu de lutte mais le prendre comme outil, je le répète, pour toutes les luttes – sauf si on subit des lois des restrictions, etc, visant le filtrage notamment la censure, etc., l’outil devient enjeu et lutte, évident –

    Si un blog, comme le tien Agnès, permet de toucher, de sensibiliser, d’ouvrir les consciences (soyons fous ! lol) en touchant un public plus large, et qui surtout pour la part du public qui ne se gave que des grands médias leur ouvre un espace de critique.
    Critique du monde, de notre société et au final, fin du fin, de nous même (bon .. pas tout le monde ! lol)

    Congratule-toi, on n’est jamais mieux servi que par soi-même.

    Et puis en ces temps un peu pourris, saluons au passages les lecteurs, commentateurs, les blogueurs, tous ceux qui d’une manière au d’une autre participent, ceux qui militent pour le logiciel libre, etc., les acteurs du net sont nombreux.

    Et puis une pensée à nos FAI (suppôt du capitalisme, héhé) et qui parce que je paie (culé!!) me "donnent" un accès à ce formidable monde ..

    ahah je ris.

    Bonne fin d’année (pourrie) à tous :p

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  15. Chomp'
    Chomp' dit :

    @Agnès

    Tan nos semblalez son empechez de vanité où chacun se voye glorieux,
    magnyfique ou singulier, qu’ a la fin, semblableman ils vont disan en leur for :
    "Il ne fault nulemen comter sur aultruy pour cultiver une haute idée de nous-mesmes :
    chargeons nous gayeman d’icelle besogne."

    (Chompitaigne : "Les essais" )

    😉

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